Les derniers avis (7654 avis)

Par Gaston
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Spider-Man - Ramenez-moi le Bouffon Vert
Spider-Man - Ramenez-moi le Bouffon Vert

Quel plaisir ce fut pour moi de retrouver cet album qui m'avait marqué durant ma jeunesse. Ce fut pour longtemps la seule histoire de Spider-Man en BD que j'ai lu avant que Panini Comics édite les intégrales. Cette histoire est deux parties est selon moi la meilleure histoire du duo qui a créé Spider-Man: Steve Ditko et Stan Lee. On retrouve le Bouffon Vert à l'époque où son identité était encore secrète. D'ailleurs, il faudra encore une dizaine de numéros avant que Norman Osborn ne soit réellement introduit (avant il faisait quelques apparitions comme un ami riche sans nom de JJJ). Le bouffon Vert s'est allié avec un autre criminel masqué le Maître du crime, mais ce dernier a décidé de faire cavalier seul. En prime, le journaliste Frederick Foswell qui a déjà été un criminel masqué à la tête d'un gang agit de manière étrange et semble cacher quelque chose. C'est donc une histoire de Spider-Man où le mystère domine. L'intrigue m'avait tenu en haleine lorsque j'étais petit et c'est encore le cas lorsque je suis adulte et que je connais toutes les solutions. J'ai dû relire cette histoire une bonne dizaine de fois (que ce soit dans cet album ou dans l'intégrale de Spider-Man) et je ressens toujours les mêmes émotions. C'est le genre d'histoire que je peux relire en gardant mon plaisir intact. Le récit est assez peu conventionnel pour l'époque. La seconde partie commence par une bagarre qui dure quelques pages et le reste est un peu plus un récit policer où on trouve la solution aux différentes énigmes. C'est différent du récit typique de super-héros où ça se termine dans une bataille où le héros vainc le méchant. Le dessin de Ditko est excellent. Il sait créer une ambiance parfaite pour Spider-Man. Je regrette que la couverture reprenne un dessin de Romita Sr d'une autre histoire avec le bouffon Vert. C'est complètement hors sujet et donne une fausse idée de ce que l'on retrouve à l'intérieur. La traduction peut faire peu vieillot comparé à la qualité d'aujourd'hui (Spider-Man est appelé L'araignée par exemple). Il est à noter qu'on retrouve aussi comme bonus l'histoire sur les origines de Docteur Strange et c'est sympathique.

27/01/2017 (modifier)
Par Erik
Note: 5/5
Couverture de la série Le Mari de mon frère
Le Mari de mon frère

Certains esprits étriqués pensent que si on lit un yaoi, on l’est forcément ce qui n’est pas réellement toujours le cas. On peut être ouvert et surtout avoir cet esprit d’ouverture, pas pour le fun ou la mode actuelle, mais le mettre en application vis-à-vis de ce qui nous est étranger. Alors, je tiens à le préciser d’emblée : ce titre n’est pas un yaoi. Il s’adresse justement à cette population de personnes qui a du mal à accepter la différence ou surtout qui fait semblant de l’accepter (ce qui est encore pire à mon avis). Un homme qui élève seul sa petite fille au Japon voit débarquer chez lui un canadien genre gros nounours qui était l’époux de son frère jumeaux récemment décédé sur le continent américain où il vivait depuis une dizaine d’années. Cette irruption dans la vie de cette famille un peu monoparentale va tout chambouler. On va découvrir un homme éperdu d’amour pour un être disparu et qui souhaitait ainsi voir le pays natal du défunt. J’ai rarement vu un titre aussi intelligent pour faire accepter la différence tout en nuances sans faire dans le scandaleux ou le provocateur. C’est à lire absolument pour faire évoluer les mentalités. Il pose également d’autres questions notamment au regard des réflexions de cette petite fille. Les enfants ont souvent plus de bon sens que les adultes. Au final, voilà enfin un manga qui sort du lot, qui ne fait pas dans la pitrerie et dont le sujet est traité avec habileté et une certaine originalité. Il se dégage beaucoup d’émotions de la part des personnages très attachants dont notamment de notre héros qui pourtant n’a pas versé une larme à la mort de ses parents ou de son frère jumeau. On est en effet assez loin des personnages clichés habituels (genre le jeune et beau imberbe) et c’est vrai que cela fait du bien. A noter également des leçons de culture gay dans les intermèdes entre chapitres où l’on apprend tout de même des choses assez intéressantes. D’un point de vue graphique, rien à redire avec une belle finesse du trait et des décors soignés. En tout cas, ce premier tome de ce seinen social est très prometteur. La fin donne tout de suite envie de lire la suite grâce à un gros clifhanger. Homophobe s’abstenir ? Pas forcément, ils peuvent évoluer à la lecture de ce manga qui permet de décoincer leurs esprits étriqués et surtout leurs préjugés que la bonne société leur a inculqué. La famille est bien au centre du récit mais pas de celle qu’idéalise une frange bien à droite de notre échiquier politique qui s’apprête d’ailleurs à prendre le pouvoir. Bref, ce n’est pas un manga comme les autres car il dissipe le mal à l’aise de manière assez pédagogique tout en assurant le divertissement.

19/01/2017 (modifier)
Par yannick
Note: 5/5
Couverture de la série Gnomes de Troy
Gnomes de Troy

Que de mauvaises langues ! Vous avez perdu votre âme potache d'enfant. Bien sûr il ne faut pas lire cette BD avec un regard adulte mais juste pour se relaxer et passer un bon moment de poilade. Mes filles adorent !!! Elles rentrent en douceur dans l'univers de TROY qu'elles liront dans quelques années. Pour moi ...c'est juste FUN

18/01/2017 (modifier)
Par Erik
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série De Cape et de Crocs
De Cape et de Crocs

Voilà une lecture qui détonne ! C'est impétueux à souhait ! J'adore les dialogues et l'humour fin qui s'en dégage. C'est tout à fait mon style ! Le dessin est véritablement somptueux et tout en nuance. Par moment, c'est même incroyablement divin de beauté. Cela apporte un incontestable Les Plus Grands Super-Heros du Monde à ce récit d'aventure. Il est vrai que c'est un véritable monument de la bd largement plébiscité sur ce site que je n'avais pas encore avisé. J'avoue sans conteste avoir eu beaucoup de mal à me décider pour la lire. La raison ? Les 20 premières pages ne m'avaient pas tout à fait convaincu il y a deux ans et j'avais arrêté net ma lecture. J'avais peur d'un verbiage façon comédia dell'arte tout le long qui m'aurait épuisé dans tous les sens du terme. Heureusement, il n'en est rien. Bien m'en a pris de reprendre la lecture. Comme quoi, je donne raison à tout ceux qui pensent qu'il faut juger une oeuvre après avoir tout lu. Pour la petite histoire, mon cauchemar était de mettre une seule étoile à cette bd auquel cas, je me serais fais beaucoup d'ennemis tant l'objet est sacré. C'est dire que j'ai abordé ma lecture avec beaucoup de crainte. Ma note est donc très sincère car j'ai véritablement ressenti la grande aventure mêlée à de la poésie. C'est un savant mélange qui fait la singularité de cette oeuvre unique en son genre, bien qu'on assiste actuellement à la montée en puissance d'autres bd qui tentent d'imiter le style avec plus ou moins de bonheur (Célestin Gobe-la-lune, Spoogue...). Par ailleurs, je n'avais pas l'impression qu'il y a une baisse de régime dans les derniers tomes. Bien au contraire! Cependant, comme pratiquement toutes les séries cultes, ce sont bien les premiers volumes qui sont les meilleurs. Cela est indéniable ce qui n'empêche pas de trouver une suite de haut niveau. Comme la plupart des lecteurs, on attend la fin du cycle lunaire pour espérer le retour de la grande aventure sur Terre. Le 10ème tome marque donc la fin des aventures de cette joyeuse bande. J'apprécie surtout qu'il y ait une fin même si elle reste ouverte. Voilà une série qui ne s'éternise pas et qui sait tirer sa révérence finale comme une vraie pièce de théâtre. Le dessin culmine par sa beauté. Les dialogues sont toujours aussi exquis. En conclusion, nous avons là une série tout à fait originale qui aura fini par nous séduire. C’est un plaisir de retrouver un nouveau diptyque pour cette série mythique. Le récit est censé se passer 20 mois avant la série initiale et cela sera un diptyque. On se concentre sur l’aventure du mignon petit lapin Eusèbe dont le mystère de son passé a toujours été conservé. J’avoue avoir pris du plaisir à revoir ce sympathique personnage dont la gentillesse et la naïveté se confondent pour nous donner des scènes très décalées. Certes, les inconditionnels crieront au scandale surtout ceux qui ont acquis le coffret de l’intégral en 2012. Quand il n’y en a plus, il y en a encore ! On devrait tous le savoir. Le dessin frise encore une fois la perfection. C’est franchement sublime. La poésie est toujours présente. Bref, ce n’est que du bonheur ! En résumé: une richesse de texte et un dessin sublime pour constituer une pure merveille ! Note Dessin : 4.75/5 - Note Scénario : 4.25/5 - Note Globale : 4.5/5

04/10/2007 (MAJ le 17/01/2017) (modifier)
Par Jetjet
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Toxic / La Ruche / Calavera
Toxic / La Ruche / Calavera

Amis de la cohérence et de la logique, au revoir ! Car autant vous prévenir tout de suite que si vous n’êtes amateurs que de récits linéaires et carrés la déconvenue de cette nouvelle œuvre de Charles Burns va en décontenancer et en décourager plus d’un. Bien assis dans sa réputation d’artiste underground au trait si particulier et un noir et blanc qui aura influencé Mezzo et Pirus, je connaissais aussi l’artiste pour sa pochette déjantée de Brick by Brick de l’iguane et ses couleurs barrées. C’est donc avec intérêt et bien motivé que je me suis lancé dans la lecture de ce « Toxic » coloré et dont la couverture renvoie directement à l’ile mystérieuse de Tintin. Outre l’hommage appuyé au reporter d’Hergé et les couleurs inédites, la source d’émerveillement ou le rejet sont constitués par le déroulement sauvage de cette histoire, En effet, l’histoire ou plutôt les histoires partent dans tous les sens, présentant tour à tour un monde parallèle avec un tintin en robe de chambre à la recherche de son chat noir dans un univers complètement barré et loufoque pour revenir à une réalité non moins exigeante avec un jeune adulte solitaire et de son coup de foudre pour une jeune femme à la sensibilité à fleur de peau. Pour ne rien faciliter, Burns nous transporte d’une dimension à une autre mélangeant paradoxes temporels et géographiques pour ne faire qu’une seule et même histoire avec des reflets ne cessant de renvoyer l’histoire d’un point à un autre, mélangeant personnages d’un monde vers un autre et abusant de dialogues qui peuvent vite devenir absurdes une fois sorti de leur contexte. Mais quel contexte ? D’ailleurs cela ne vous rappelle rien ? Moi si avec ce fameux film Lost Highway de David Lynch dont je n’avais rien compris mais avais pris beaucoup de plaisir à essayer d’en extraire la substance… D’ailleurs chacun sera libre d’aimer ou de détester les deux opus de cette trilogie annoncée qui se lit relativement rapidement mais laisse volontairement le lecteur un peu sur place à la marge des évènements qui s’y déroulent. Pourtant pour peu qu’on aime un peu les jeux de réflexion, il est amusant d’y relever les clins d’œil à Tintin, les lieux parallèles et un point d’ancrage dans cette histoire dont j’espère que le dernier tome y amènera certaines clés. Ceux qui apprécient la narration pourtant si évidente des autres œuvres de Charles Burns vont se retrouver perdus car rien n’est classique et le ton froid et détaché des protagonistes du monde réel ne va rien faire pour arranger la compréhension. Pourtant cette histoire me parle davantage que les flottements poétiques de Wazem dans son Mars Aller-Retour récemment lu dont je peux en faire quelque peu le comparatif ici. Nul doute que le prix et la globalité vont en rebuter plus d’un mais pour les initiés ou les plus curieux, le chemin a l’air d’en valoir la peine. Et puis quel style graphique ! Quelle belle mise en page (encore merci à Cornelius pour réaliser de si beaux bouquins). Pour tout cela je n’en recommande pas nécessairement l’acquisition mais laissez-vous tenter par une lecture, aucun risque de s’ennuyer même si l’on s’y sent régulièrement perdu. Et il est parfois de bon augure que de fermer les yeux et se laisser porter par une ambiance inconnue mais pas désagréable…. Alors Charles Burns écrit-il un récit sans queue ni tête ou un diffuseur d’encens narcotiques ? C’est bien dans ce doute et cet esthétisme réussi qu’il réussit le pari de m’intéresser malgré le fait que cette série soit la moins passionnante de toutes celles qu’il a rédigées jusqu’ à présent mais cela sera peut-être révisé à hauteur lorsque l’intégralité de ce délire sera édité. A suivre donc… Mise à jour du 16/01/2017 après lecture de la trilogie complète : Prévue comme une histoire en 3 chapitres où chaque chapitre était publié en suscitant une attente certaine, les choses apparaissent comme beaucoup plus clair une fois l'intégralité relue à la suite. Si Charles Burns ne répond pas nécessairement à toutes les questions, la plupart trouvent une réponse sur les regrets amoureux d'un adolescent devenu adulte et son repli vers un monde intérieur dans lequel son subconscient se cache (le masque en carton de Tintin qu'il porte lorsqu'il énonce sa prose n'est pas là pour rien). Pire, les dernières pages laissent supposer d'une empathie complètement différente pour certains personnage tout en me rappelant un roman qui m'avait bien marqué il y a une vingtaine d'années "Une jeune fille" de Dan Franck. Ce qui est passionnant c'est de voir que même en colorisant intégralement son oeuvre (une première pour Burns), ses dessins restent toujours aussi hypnotiques et fascinants. On comprend en quelques pages toute la symbolique de ces dessins mystérieux ainsi même que le titre des chapitres, finalement rien n'aura été laissé au hasard et la page finale donne furieusement envie de tout relire immédiatement, clés en mains. Malgré la noirceur des propos, la superficialité du héros (qui n'en est pas un vraiment, ni dans la réalité ni dans ses rêves), on ne retient que la mélancolie d'un drame ordinaire, d'actes manqués et de choix capricieux mais Burns a réussi à sublimer l'ensemble pour en dresser une fois de plus un tableau onirique d'une rare beauté. Edifiant.

08/11/2012 (MAJ le 16/01/2017) (modifier)
Par Jetjet
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Ombre de moi-même
L'Ombre de moi-même

Selon le Larousse, la Surprise est définie comme telle : évènement inattendu. Et comment être davantage surpris par une œuvre sortie de nulle part, avec des dessins aussi épurés que celles qui illustrent le Canard Enchainé au pitch d'une banalité affolante et mettant en scène le frère jumeau graphiquement du méchant Gru, nez en pointe et calvitie en prime ? L'Ombre de Moi-Même est un titre qui se lit et se dévore comme on peut apprécier un bon vin sans pour autant être un amateur avisé. Superficiellement, on peut s'attendre à lire le quotidien banal d'un homme mur de 55 ans, à la retraite (donc fort éloigné de nos turpitudes professionnelles mais je m'égare), divorcé et aisé. Vivant à Paris dans un appartement confortable, Serge n'est entouré que d'une ex-femme, d'une petite amie trentenaire et d'un ami écrivain dépressif. Et c'est tout. Martiny divise ce quotidien en autant de petites scénettes journalières de 2 à 6 pages ou plus où Serge est omniprésent. Toujours présent pour les siens mais orgueilleux et fier, Serge a surtout peur de vieillir, de ne plus pouvoir séduire et de se sentir inutile. Je ne sais comment l'alchimie s'est opérée avec un trait si éloigné de mes affinités mais absolument tout le contenu de ce gros bouquin qui se dévore m'a séduit... Petit-Roulet utilise une ligne volontairement épurée mais maitrisée et très agréable finalement à la lecture pendant que Martiny multiplie les lignes de dialogue se succèdant à de longs silences contemplatifs. Face à la mer, à son ex-belle mère ou à son docteur, Serge est loin d'être le con odieux et réac que l'on adorerait détester mais tout simplement un homme pétri de qualités comme de défauts le rendant bien plus humain que d'autres profils plus explicites. On passe constamment du sourire au rire et de la consternation à l'empathie dans un récit rythmé et homogène. Difficile de faire apprécier un vieux bobo Parisien aux apparences égoïstes et capricieuses par un dessin aussi aride et dépouillé et pourtant le pari est remporté haut la main. Ici personne ne juge personne, libre au lecteur d'apprécier des visages si expressifs ou des situations éloquentes sans apport de paroles (une amitié est remise en cause en quelques cases et sans un mots mais chuuut). La fin en suspens pourra décevoir en premier lieu mais après réflexion, il ne pouvait pas en être autrement. Ici la mélancolie se veut réaliste et finalement pudique à défaut d'être joyeuse. Pourtant il peut s'agir d'une Happy End comme d'une fin plus sarcastique. C'est le propre de ce récit unique qui peut être lu comme une Comédie ou une Poésie de prose, le trademark des ouvrages importants indéniablement. Oui, vraiment quelle belle surprise.

11/01/2017 (modifier)
Par BEDELAND
Note: 5/5
Couverture de la série Daredevil - Redemption
Daredevil - Redemption

Au départ, j'étais un peu réticent a lire cet album. C'est vrai qu'en l'ouvrant, le dessin m'a un peu piqué les yeux mais, une fois les deux premières pages lues, j'étais complètement dans la contre-enquête menée par Matt Murdock qui est beaucoup plus présent dans cette BD que Daredevil. La narration est vraiment bien dosée et donne des indices au fur et a mesure ce qui m'a rendu le récit passionnant. Une BD qui mérite d'être lue.

07/01/2017 (modifier)
Par Erik
Note: 5/5
Couverture de la série Un bruit étrange et beau
Un bruit étrange et beau

Qu'est-ce qu'on entend quand on fait voeux de silence ? On peut en une unique occasion entendre un bruit étrange et beau. C'est une ouverture sur la vie réelle pour un homme qui a fuit pour se donner à fond dans la foi et la religion. Ce pauvre homme passe à côté de beaucoup de belles choses comme par exemple les femmes. Il y a tout d'abord sa tante qui va lui faire un cadeau empoisonné. Cependant, il y a également cette rencontre inopinée dans un train qui va le marquer à tout jamais. Le moine reclus et silencieux va découvrir le bruit de la vie. Zep s'éloigne progressivement de son registre. Je n'avais pas été emballé par ses précédents essais à l'exception d'Esmera mais là, je suis plutôt conquis. C'est clair que la fin est d'une très grande simplicité mais c'est à l'image de la vie ou plutôt de la non-existence de cet homme de foi. bref, cela ne pouvait se passer autrement à moins d'être dans le sensationnel ce qui n'est point le cas pour rester crédible. Le dessin est également assez contemplatif et parfois austère ce qui colle à merveille avec le sujet. J'ai finalement succomber à la profondeur de ce récit.

24/12/2016 (modifier)
Par Walran
Note: 5/5
Couverture de la série Johan et Pirlouit
Johan et Pirlouit

Il n’est jamais aisé de d’aviser une série dans sa globalité, certains tomes étant – forcément, inévitablement – inférieurs à d’autres. Cependant, il m’est impossible, en dépit de cette constatation pragmatique, de retirer une étoile à deux de mes plus grands héros d’enfance, Johan et Pirlouit. Située dans un âge médiéval teinté de magie (enchanteurs et sorcières, fantômes et créatures fantastiques, philtres puissants, objets aux pouvoirs inhabituels), la série nous présente les aventures variées et hautes en couleurs d’un chevalier courageux et altier, et de son attachant acolyte, un nain râleur, gourmand et colérique. Un duo d’humour très classique en somme, et qui fonctionne très bien. En dépit de ses réticences, Pirlouit finit toujours, bon gré mal gré, par écouter son bon cœur et suivre Johan dans l’aventure. La grande force de cette BD est de proposer des aventures très différentes les unes des autres. Même si l’on retrouve ponctuellement certains personnages secondaires (la sorcière Rachel, l’enchanteur Homnibus, le Roi, qui apporte aussi une bonne dose d’humour, les schtroumpfs), Peyo fait voyager ses héros sur terre ou en mer, à travers des contrées étranges, des châteaux, des terres lointaines ou simplement dans les forêts qui avoisinent le royaume. Le dépaysement est garanti en toutes circonstances, Peyo disposant d’un talent rare pour la narration et le découpage. C’est fluide, bien rythmé, très inventif, jamais ennuyeux, et les intrigues sont suffisamment intéressantes pour qu’un public adulte puisse prendre plaisir à lire et/ou relire ces albums en boucle. Peu de séries jeunesses peuvent se prévaloir de telles qualités, et c’est selon moi ce qui fait de Johan et Pirlouit un must. C’est simple mais bien écrit, parfait pour nourrir un imaginaire commun et enseigner quelques bases sur le moyen-âge et certains us et coutumes de l'époque. A aucun moment, on n’a le sentiment que les enfants sont pris pour des idiots ou qu’on leur mâche le travail. De plus, même si les trois premiers tomes sont moins bien dessinés (plus naïfs sur le plan graphique), aucun album n'est raté et tous méritent d'être découverts. Seul bémol, qui est apparu à ma compagne lorsqu’elle a lu les albums pour la première fois il y a seulement un an ou deux : avez-vous remarqué que tous les gentils sont blonds (ou presque) et qu’absolument TOUS les méchants (à l’exception d’Acelin, qui a les cheveux blancs) sont bruns ?.... Dingue, non ? Albums favoris : - Le Pays Maudit - La Source des Dieux - La Guerre des 7 Fontaines

24/12/2016 (modifier)
Par Ro
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Sandman - Ouverture
Sandman - Ouverture

Sandman est l'une de mes rares séries culte. Elle me transporte par son fantastique néo-gothique, son imaginaire infini, sa puissance d'évocation, son érudition et l'intensité de sa sensibilité poétique. Autant dire que quand j'ai appris que Neil Gaiman, son auteur, m'offrait la possibilité de faire vivre encore un peu plus ce personnage et cet univers, j'ai bondi sur l'occasion. Sandman - Ouverture se déroule (en partie) en 1915, juste avant le début de la série Sandman. La trame principale de son histoire permet d'expliquer comment le seigneur du Rêve s'est retrouvé si épuisé et sans force qu'il s'est laissé emprisonner dans le tout premier épisode de ses aventures. Et en même temps, elle permet de révéler de nombreux secrets sur Sandman, les Éternels et les différents fils narratifs de la série mère. Oserais-je vous dire notamment qu'on y découvre qui sont les parents des Éternels ? Si j'ai un peu hésité à classer cet album au rang de culte, c'est uniquement car sa trame principale manque un peu de force et sa fin est un peu convenue. Neil Gaiman a su faire preuve de bien davantage d'imagination et d'impact émotionnel par ailleurs. Il donne l'impression de s'être un peu retenu car s'il était allé plus loin il aurait pu déborder du cadre amenant au simple début de la série telle qu'on la connait. Mais au-delà de cette hésitation, bien des éléments de cet ouvrage tiennent du chef d'oeuvre. A commencer par le graphisme de J.H. Williams III. Neil Gaiman adore son style et le dessinateur, en retour, est un tel admirateur de l'auteur qu'ils ont tous les deux donné le meilleur d'eux-mêmes pour plaire l'un à l'autre. Ouverture est une débauche visuelle, un merveilleux recueil de talent graphique et de mise en page narrative. Les essais visuels que comportent chaque chapitre sont innombrables, avec des styles variés et tous impressionnants, des réflexions intenses sur la manière de présenter chaque scène pour leur faire transmettre émotions et impressions. C'est éclatant de force graphique et d'esthétisme. Parmi bien des merveilles, je retiens tout particulièrement la représentation de l'étoile folle que je trouve extrêmement réussie. Et je n'oublie pas au passage le travail de Dave Stewart sur les couleurs qui est grandiose. Ensuite il y a l'univers de Sandman qu'on retrouve ici intact. Son style gothique sombre et beau, cruel et envoûtant. Il y a l'imaginaire infini de Gaiman. Il y a la finesse avec laquelle il nous fait découvrir des secrets qui transforment doucement la vision que les lecteurs pouvaient se faire de la série originale. Il y a les interactions de la fratrie des Éternels les uns avec les autres. Il y a la poésie, la profondeur du fond du récit. Il y a aussi l'originalité de la narration. Bref, il y a dans cet album tout ce que j'aime dans la série Sandman, avec peut-être un tout petit peu moins de noirceur. Et il y a l'intense envie que cet album m'a donné de la relire et de relire Sandman - Nuits Éternelles dont le récit sur Rêve fait fortement écho à quelques-uns de ses passages clés.

18/12/2016 (modifier)