Un album d’exception, tout simplement. Et pas seulement pour les amateurs (éclairés) de la légende arthurienne.
Graphiquement d’abord, je vous invite à voir la galerie, ça se passe de commentaires. C’est pictural avec un jeu d’esquisses où les couleurs finissent par envoûter le lecteur.
Narrativement ensuite (et surtout), la légende arthurienne est complètement revisitée, voire chamboulée, malmenée, maltraitée. La femme qui était jusqu’alors reléguée au second plan et qui servait de potiche (pardon, de faire-valoir) est au centre du récit en la personne de Morgane. Merlin est un vil manipulateur (avec les traits du diable) et Arthur un sombre imbécile. Et … la sauce prend. Très bien même. Tout se tient. C’est bluffant. J’en suis pantois.
Chaudement recommandé !
Je lis très peu de comics. J'ai longtemps été hermétique à la BD américaine mais j'y fais de plus en plus d'incursions. J'ai découvert l'existence de cette série sur ce site et les nombreux avis élogieux m'ont convaincu d'en tenter la lecture en dépit d'un visuel qui, de prime abord, me rebutait quelque peu.
J'ai attendu la sortie du sixième et dernier tome pour lire la saga d'une traite. En fait, je l'ai plutôt dévorée ! Véritable hommage au génial Lovecraft, Locke & Key a su jouer avec les thématiques du maître du fantastique tout en développant un univers singulier et moderne. Le système des clés (que je ne développe pas pour ne pas spoiler) est tout simplement génial et incroyablement original. La créativité de l'écrivain Joe Hill, que je découvre à cette occasion, semble sans limite. Narration, suspense et rebondissements sont parfaitement maîtrisés. Le scénariste arrive à donner une atmosphère toute particulière à son histoire. Les (très nombreux) personnages sont soignés et intéressants et prennent rapidement de la densité psychologique .
Les dessins qui m'avaient un peu gênés au début de ma lecture se révèlent finalement magnifiques et collent avec beaucoup de justesse à cette ambiance horreur / fantastique. Le travail de Rodriguez gagne progressivement en qualité et en audace. Bref, c'est du très beau boulot !
Locke & Key est sans conteste l'une des meilleures séries fantastiques actuelles et comblera tous les amateurs d'imaginaire.
- Mes chers amis internautes, au nom de tout l'équipage, je vous remercie...
- Oh, ne vous fatiguez pas Capitaine. Nous ne figurons même pas parmi les immanquables de Bdthèque.
- Mille milliards de mille sabords ! Que dites-vous là, Tintin ! Quels sont donc ces sapajous, ces moules à gaufres, ces bachi-bouzouks...
- Ne vous énervez pas Capitaine. Peut-être est-ce tellement évident qu'ils n'y pensent même pas. Peut-être aussi sommes-nous un peu trop datés pour les nouvelles générations.
- C'est sûr que s'ils commencent par vos premières aventures, ils ne doivent pas être très enthousiastes pour lire la suite.
- Il est vrai qu'avant « Les cigares du Pharaon », je n'ai pas de quoi me vanter, Capitaine.
- Les cigares, humm...Pour citer le président Clinton, je dirais que le meilleur des cigares ne vaudra jamais une bonne vieille pipe. Après tout, c'est lorsque j'arrive, que vos aventures confinent aux chefs d'oeuvre du 9e Art. Ce grand réalisateur américain ne s'y est pas trompé. D'ailleurs je pense qu'on devrait dire « les aventures de Tintin et du capitaine Haddock ». N'en déplaise à Milou.
- Ho Capitaine ! Vous savez comme ça me rend triste de penser à ce pauvre Milou depuis que je l'ai fait piquer...
- Ah Tintin...je ne voulais pas vous blesser. Je l'aimais bien aussi ce sac à puces. Et vous n'aviez pas le choix, il était impossible que son état s'améliore...
- Ha non ! Pas la Castafiore ! Saperlipopette ! Elle nous les a assez brisés menues avec ses bijoux !
- Je dirais même plus : elle nous a assez bruger les minous avec ses bises !
- Professeur ! Dupond ! Vous êtes réveillés...Nestor, allez chercher leurs médications s'il vous plaît. Et ne vous trompez pas cette fois !
Vous vous rappelez Capitaine lorsqu'il leur a donné par erreur vos pilules bleues...vous savez celles pour la toux.
- La toux, humm...du diable si je m'en souviens ! Après ça, pour faire les zouaves, ils ont fait les zoua...Heu, Nestor ! Amenez les calmants pour Tryphon aussi !
Non, voyez-vous mon vieux Tintin, ce qu'il nous faudrait, ce sont de nouvelles aventures pour nous relancer.
- Ooh, je ne sais pas Capitaine. Quand je vois le résultat avec nos amis Astérix, Luke, Blake et Mortimer...
- Humm, vous n'avez pas tort mon vieil ami, vous n'avez pas tort...allons, tout ceci m'a donné soif...je vous sers un verre ?
J'attendais avec impatience la sortie de cette nouvelle série de Yuki Urushibara, dont j'ai déjà lu et très apprécié la série Mushishi.
Pour rendre hommage au style incomparable de l'auteur, Ki-oon a eu la très bonne idée d'éditer cette série (qui comporte deux tomes) dans sa prestigieuse édition "Latitudes" et c'est une excellente initiative : rien que la couverture et les premières pages en couleur sont une invitation irrépressible à plonger sous l'eau et à suivre Chinami dans son voyage extraordinaire.
Chinami, notre héroïne donc, est une collégienne qui, lors d'un entrainement d'athlétisme en pleine canicule, perd connaissance et se réveille sur les berges d'une rivière inconnue. Il s'avèrera au fil des pages que cette rivière coule à proximité du village natal de ses parents, village immergé depuis des années suite à la construction d'un barrage.
J'ai trouvé le T2 encore plus touchant, poétique et émouvant : il s'agit là de couper le lien avec un être cher disparu trop tôt et ce n'est pas facile.
Entre mystère, traditions, légendes et voyage dans les souvenirs de plusieurs générations de villageois, on découvre l'histoire de ce village et de certains de ses habitants.
J'adore le style graphique de l'auteur, il se dégage quelque chose de zen et de reposant de ces pages, il y a de la poésie et du mystère, mais aussi des émotions fortes (joyeuses ou tristes voire les deux à la fois) : je suis fan et ça mérite un 5/5.
A lire et posséder sans hésitation !
J'ai lu des BD de Picsou toute ma vie. Même si je suis adulte aujourd'hui, j'ai gardé une âme d'enfant pour pouvoir continuer à lire mes BD favorites. Les histoires sont toujours pleines d'aventures et de gags, on ne peut qu'aimer. Et pour les fans de Picsou, comme moi, il est important et surtout intéressant de savoir comment était Picsou quand il était jeune et de savoir comment il est devenu riche. Bonne lecture à tous !
Petits et grands vont l'adorer ! Si vous avez connu le magazine 'Cheval Star' pour les amoureux des chevaux, vous l'avez forcément lu et adopté... Vous pouvez le retrouver aussi dans Cheval Magazine mais aussi sur Facebook sous Caramel Cartoons... N'hésitez plus !
Caramel, "Mel" pour les intimes, n'est pas un cheval ordinaire. C'est LE cheval humoristique par excellence ! Ce que j'aime au niveau du dessin, c'est qu'il ne correspond pas au cheval type... Ces expressions sont tellement diversifiées, qu'elles feraient se tordre de rire n'importe qui ! Il a carrément une bouille trop mignonne ! Les scénarios sont juste extra, à se demander où son auteur va les chercher... Fallait déjà y penser de lui octroyer une chèvre comme "complice" et non pas un âne ou un poney. Même les scénarios qui pourraient être "standard" ne sont pas dénués d'humour. Un vrai régal, inégalé depuis ses débuts. :-)
Qui aurait pu imaginer, après Le Retour à la terre avec scénario autobiographique bien sympa pour un dessin à deux balles, et Le Combat ordinaire avec pas davantage d'investissement graphique que la série précédente - soit le service minimum -, qui aurait pu croire donc, que Manu Larcenet au vu de ce qu'il avait produit, était aussi capable graphiquement tout simplement du meilleur ?
Je n'aurais pas misé un demi-kopek sur cette éventualité.
Et le miracle est bel est bien arrivé ! Quand cette BD est sortie en 2015, pour ma part, elle était tout simplement ma plus belle découverte et lecture de l'année.
Que du noir et du blanc. Au point que le blanc devienne presqu'une couleur, que l'absence par le blanc devienne remplissage, comme le silence en musique qui parfois est encore la musique !
Et les personnages, ... des gueules incroyables, plus vraies qu'on puisse l'imaginer. Pour la plupart de celles de villageois, sombres, taciturnes, inquiétantes, voire mortifères. Pour les autres, un brun de jovialité point.
L'histoire est plus que sombre, quasi noire totale, en parfait accord avec ce choix graphique du noir ou blanc.
La maîtrise du noir ou blanc est parfaite, et Manu Larcenet rejoint ici, voire dépasse, les grands maîtres de cet art que sont Comès – Chabouté – M.-A. Matthieu
Vivement le second volet qui devrait nous parvenir le mois prochain … et chapeau bas Monsieur Larcenet !
Le Cycle de Cyann est l'une de mes séries de science fiction préférées. Il aura fallu plus de vingt ans au perfectionniste François Bourgeon pour achever cette magnifique saga.
J'ai découvert Cyann il y a plus de quinze ans quand seuls les deux premiers volumes étaient parus. Et ce fut une claque monumentale !
Les auteurs ont réussi à créer un univers remarquable... et néanmoins difficile d'accès. Le monde de Cyann est totalement exotique et d'une grande densité. L'action est rare au profit de la découverte de cette civilisation par le lecteur. Bourgeon soigne au maximum la mise en place de son histoire en détaillant le monde d'Ohl dans toute son incroyable complexité (faune, flore, religion, système politique, urbanisme, technologie, coutumes... et j'en passe tant c'est foisonnant). Certes on s'y perd un peu au début mais le scénario n'en est que plus passionnant au fur et mesure que le récit avance (et s'accélère notamment dans le deuxième volume).
Les quatre tomes suivants, s'ils enrichissent davantage l'univers et achèvent la saga, ne sont pas tout à fait du même niveau que les deux premiers. Ils sont moins denses, moins riches, finalement peut être moins ambitieux. Cependant, je ne boude pas mon plaisir car ils restent tout de même très intéressants.
Les personnages, nombreux, sont soignés et variés avec en point d'orgue Cyann qui, de petite peste aristocratique et capricieuse, va devenir une grande héroïne de space opera.
Visuellement, c'est juste superbe ! Outre la qualité et le soin apportés aux dessins, c'est l'incroyable diversité de l'univers qui impressionne le plus.
Le Cycle de Cyann est un monde unique à découvrir et une série majeure de la science fiction.
Son personnage principal de Lester Cockney, Irlandais, n’a sans doute pas été choisi au hasard dès le premier tome « les Fous de Kaboul » .
N’importe quel scénariste l’aurait sans doute vu Anglais, sauf Franz qui l’a d’emblée nationalisé Irlandais. Il devait déjà avoir une affinité pour l’Irlande et très vraisemblablement, l’idée peut-être de le faire revenir au pays en fin de saga Eurasienne.
Plutôt que cela, parvenant ainsi à remonter le temps, il nous livre une aventure de sa jeunesse, et de membres de sa famille. Et c’est un vrai « tableau» de cette contrée qu’il nous sert, socialement, géographiquement, et culturellement, le tout dans une histoire dynamique très juste, et avec les mêmes qualités graphiques que pour la série mère Lester Cockney (voir mon post précédent) ; même qualité ; même note.
Lester Coskney … une longue épopée de 9 tomes + deux sur sa jeunesse en collection « signé », (« Irish Melody » & « Shamrock Song »).
Cette aventure commence aux deux premiers tomes en Afghanistan où notre héros, farouchement et irréductiblement indépendant, rencontre une bien jolie assez sauvage et exotique Taranna qui l’accompagnera dans toutes ses aventures ensuite.
Au tome trois, ils passent en Inde où ils rencontrent Ilonna, une jolie blonde hongroise cette fois aux allures bien plus aristocratiques, et qui aimerait retourner en terre natale. Elle les accompagnera ce tome-ci et les quatre suivants.
Ainsi, dès le tome 3, la petite troupe de Lester et des deux filles au caractère bien trempé, mènera un long voyage pas toujours très cohérent, pour le retour en Europe. Ils passeront au tome 4 en Egypte, puis au tome 5 en Turquie, en Grèce, et en Serbie, et continueront leur périple aux deux tomes suivant où finalement et contre toute attente, ils reviendront en Inde où Ilonna trouvera son âme sœur et laissera les deux premiers protagonistes continuer leurs aventures.
Ce n’est que 12 ans plus tard (attente de 1993 à 2005) , que nous retrouvons sans transition Lester et Taranna en Amérique pour deux tomes de nouvelles aventures western en terre indienne.
Cette longue épopée allant de l'Afghanistan à l'Amérique en passant pas l'Inde, l'Egypte, la Turquie, La Grèce, et les pays slaves du centre de l'Europe, est sans cesse à multiples rebondissements, et l’on dévore cette saga avec réelle avidité une fois qu’on la commence ! Un vrai régal de lecture, de fraîcheur, et d’évasion. Et un invraisemblable voyage anachronique avec trois personnages principaux bien attachants.
Voilà pour la série.
Signalons - en clin d’œil - qu’elle fait furieusement penser à celle de Jugurtha après que Franz ait repris les pinceaux d’Hermann qui en a signé les deux premiers tomes. Il semble, à la lecture de Lester Cockney, que l’influence de Franz sur Vernal a dû être immense, car nous avons exactement le même type de fresque, mais davantage développée en Afrique pour la série sœur.
Pour le dessin, qu’une chose à dire : QUE DU BONHEUR !
Ce que Franz nous donne à regarder est immense. Il ne cherche pas l’esthétisme global de la planche, mais la dynamique de lecture visuelle graphique. Et cette dynamique des scènes est tout bonnement surprenante, ahurissante, inédite. Ce bouillonnement jaillit de chaque case d’action comme un vrai feu d’artifice, dans une esthétique toujours réussie, superbement cadrée et irréprochable. Certaines scènes semblent tellement originales dans leur construction que jamais vues ainsi ni avant … et plus surprenant, ni après, malgré l’eau qui a coulé sous les ponts depuis !
En un mot, son dessin est vivant ! A l’ère actuelle où ca pue de plus en plus l’informatique et le graphisme uniformisé assez figé qui en résulte dans les planches BD, l'on croit rêver en lisant un Franz !
Ce qui ne gâche rien, ces personnages féminins sont également réussis ce qui n’est vraiment, mais alors vraiment pas, une généralité en BD. Suffit en comparaison d’ouvrir la décidément très fort cotée série « le Chant des Stryges » pour voire tout l’abime existant entre un visage féminin réussi (pas exceptionnel comme ceux de Gibrat, Manara, ou Giadino, dont c'est un peu la marque de fabrique, mais réussi tout de même - merci Franz) , et des complètement ratés …
En résumé, pour en revenir au trait de Franz, un très grand maître du crayon et un des meilleurs dessinateurs de composition dynamique.
Avec le recul, l’on pourra lui reprocher certaines cases chargées (mais c’était dans la mode du temps) et parfois un côté brouillon qui est le corollaire de sa dynamique ahurissante.
Il n’aura néanmoins pas toutes les qualités ; Il ne s’occupera jamais de la mise en couleur, et il ne nous donnera jamais les splendeurs colorées de la couleur directe comme Rosinski, Hermann, Follet, Maël, Jarbinet, etc … mais, en dessin pur et dur, en dynamisme des scènes, à mon sens, il les surpasse tous !
A propos des couleurs de la série Lester Cockney … un grand Bof …
Typiquement celles du Lombard des années ’80.
Les coloristes non nommés (sauf pour le dernier tome 9) livrent un travail assez basique, pas toujours des plus inspiré. Le tome 6, " les Conjurés du Danube", voit le dessin fortement diminué par une mise en couleur bien trop sombre et envahissante, où les traits du dessinateur finissent pas ne plus apparaître, et avec des choix de tons pas toujours du meilleur goût.
En conclusion, pour la symbiose du dessin et de l’histoire, tous deux menés de main de maître, et la réussite de cette série très personnelle, un incontournable 5 *
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Morgane
Un album d’exception, tout simplement. Et pas seulement pour les amateurs (éclairés) de la légende arthurienne. Graphiquement d’abord, je vous invite à voir la galerie, ça se passe de commentaires. C’est pictural avec un jeu d’esquisses où les couleurs finissent par envoûter le lecteur. Narrativement ensuite (et surtout), la légende arthurienne est complètement revisitée, voire chamboulée, malmenée, maltraitée. La femme qui était jusqu’alors reléguée au second plan et qui servait de potiche (pardon, de faire-valoir) est au centre du récit en la personne de Morgane. Merlin est un vil manipulateur (avec les traits du diable) et Arthur un sombre imbécile. Et … la sauce prend. Très bien même. Tout se tient. C’est bluffant. J’en suis pantois. Chaudement recommandé !
Locke & Key
Je lis très peu de comics. J'ai longtemps été hermétique à la BD américaine mais j'y fais de plus en plus d'incursions. J'ai découvert l'existence de cette série sur ce site et les nombreux avis élogieux m'ont convaincu d'en tenter la lecture en dépit d'un visuel qui, de prime abord, me rebutait quelque peu. J'ai attendu la sortie du sixième et dernier tome pour lire la saga d'une traite. En fait, je l'ai plutôt dévorée ! Véritable hommage au génial Lovecraft, Locke & Key a su jouer avec les thématiques du maître du fantastique tout en développant un univers singulier et moderne. Le système des clés (que je ne développe pas pour ne pas spoiler) est tout simplement génial et incroyablement original. La créativité de l'écrivain Joe Hill, que je découvre à cette occasion, semble sans limite. Narration, suspense et rebondissements sont parfaitement maîtrisés. Le scénariste arrive à donner une atmosphère toute particulière à son histoire. Les (très nombreux) personnages sont soignés et intéressants et prennent rapidement de la densité psychologique . Les dessins qui m'avaient un peu gênés au début de ma lecture se révèlent finalement magnifiques et collent avec beaucoup de justesse à cette ambiance horreur / fantastique. Le travail de Rodriguez gagne progressivement en qualité et en audace. Bref, c'est du très beau boulot ! Locke & Key est sans conteste l'une des meilleures séries fantastiques actuelles et comblera tous les amateurs d'imaginaire.
Les Aventures de Tintin
- Mes chers amis internautes, au nom de tout l'équipage, je vous remercie... - Oh, ne vous fatiguez pas Capitaine. Nous ne figurons même pas parmi les immanquables de Bdthèque. - Mille milliards de mille sabords ! Que dites-vous là, Tintin ! Quels sont donc ces sapajous, ces moules à gaufres, ces bachi-bouzouks... - Ne vous énervez pas Capitaine. Peut-être est-ce tellement évident qu'ils n'y pensent même pas. Peut-être aussi sommes-nous un peu trop datés pour les nouvelles générations. - C'est sûr que s'ils commencent par vos premières aventures, ils ne doivent pas être très enthousiastes pour lire la suite. - Il est vrai qu'avant « Les cigares du Pharaon », je n'ai pas de quoi me vanter, Capitaine. - Les cigares, humm...Pour citer le président Clinton, je dirais que le meilleur des cigares ne vaudra jamais une bonne vieille pipe. Après tout, c'est lorsque j'arrive, que vos aventures confinent aux chefs d'oeuvre du 9e Art. Ce grand réalisateur américain ne s'y est pas trompé. D'ailleurs je pense qu'on devrait dire « les aventures de Tintin et du capitaine Haddock ». N'en déplaise à Milou. - Ho Capitaine ! Vous savez comme ça me rend triste de penser à ce pauvre Milou depuis que je l'ai fait piquer... - Ah Tintin...je ne voulais pas vous blesser. Je l'aimais bien aussi ce sac à puces. Et vous n'aviez pas le choix, il était impossible que son état s'améliore... - Ha non ! Pas la Castafiore ! Saperlipopette ! Elle nous les a assez brisés menues avec ses bijoux ! - Je dirais même plus : elle nous a assez bruger les minous avec ses bises ! - Professeur ! Dupond ! Vous êtes réveillés...Nestor, allez chercher leurs médications s'il vous plaît. Et ne vous trompez pas cette fois ! Vous vous rappelez Capitaine lorsqu'il leur a donné par erreur vos pilules bleues...vous savez celles pour la toux. - La toux, humm...du diable si je m'en souviens ! Après ça, pour faire les zouaves, ils ont fait les zoua...Heu, Nestor ! Amenez les calmants pour Tryphon aussi ! Non, voyez-vous mon vieux Tintin, ce qu'il nous faudrait, ce sont de nouvelles aventures pour nous relancer. - Ooh, je ne sais pas Capitaine. Quand je vois le résultat avec nos amis Astérix, Luke, Blake et Mortimer... - Humm, vous n'avez pas tort mon vieil ami, vous n'avez pas tort...allons, tout ceci m'a donné soif...je vous sers un verre ?
Underwater - le village immergé
J'attendais avec impatience la sortie de cette nouvelle série de Yuki Urushibara, dont j'ai déjà lu et très apprécié la série Mushishi. Pour rendre hommage au style incomparable de l'auteur, Ki-oon a eu la très bonne idée d'éditer cette série (qui comporte deux tomes) dans sa prestigieuse édition "Latitudes" et c'est une excellente initiative : rien que la couverture et les premières pages en couleur sont une invitation irrépressible à plonger sous l'eau et à suivre Chinami dans son voyage extraordinaire. Chinami, notre héroïne donc, est une collégienne qui, lors d'un entrainement d'athlétisme en pleine canicule, perd connaissance et se réveille sur les berges d'une rivière inconnue. Il s'avèrera au fil des pages que cette rivière coule à proximité du village natal de ses parents, village immergé depuis des années suite à la construction d'un barrage. J'ai trouvé le T2 encore plus touchant, poétique et émouvant : il s'agit là de couper le lien avec un être cher disparu trop tôt et ce n'est pas facile. Entre mystère, traditions, légendes et voyage dans les souvenirs de plusieurs générations de villageois, on découvre l'histoire de ce village et de certains de ses habitants. J'adore le style graphique de l'auteur, il se dégage quelque chose de zen et de reposant de ces pages, il y a de la poésie et du mystère, mais aussi des émotions fortes (joyeuses ou tristes voire les deux à la fois) : je suis fan et ça mérite un 5/5. A lire et posséder sans hésitation !
La Grande Histoire de Picsou (La Grande Epopée de/La Jeunesse de Picsou)
J'ai lu des BD de Picsou toute ma vie. Même si je suis adulte aujourd'hui, j'ai gardé une âme d'enfant pour pouvoir continuer à lire mes BD favorites. Les histoires sont toujours pleines d'aventures et de gags, on ne peut qu'aimer. Et pour les fans de Picsou, comme moi, il est important et surtout intéressant de savoir comment était Picsou quand il était jeune et de savoir comment il est devenu riche. Bonne lecture à tous !
Caramel
Petits et grands vont l'adorer ! Si vous avez connu le magazine 'Cheval Star' pour les amoureux des chevaux, vous l'avez forcément lu et adopté... Vous pouvez le retrouver aussi dans Cheval Magazine mais aussi sur Facebook sous Caramel Cartoons... N'hésitez plus ! Caramel, "Mel" pour les intimes, n'est pas un cheval ordinaire. C'est LE cheval humoristique par excellence ! Ce que j'aime au niveau du dessin, c'est qu'il ne correspond pas au cheval type... Ces expressions sont tellement diversifiées, qu'elles feraient se tordre de rire n'importe qui ! Il a carrément une bouille trop mignonne ! Les scénarios sont juste extra, à se demander où son auteur va les chercher... Fallait déjà y penser de lui octroyer une chèvre comme "complice" et non pas un âne ou un poney. Même les scénarios qui pourraient être "standard" ne sont pas dénués d'humour. Un vrai régal, inégalé depuis ses débuts. :-)
Le Rapport de Brodeck
Qui aurait pu imaginer, après Le Retour à la terre avec scénario autobiographique bien sympa pour un dessin à deux balles, et Le Combat ordinaire avec pas davantage d'investissement graphique que la série précédente - soit le service minimum -, qui aurait pu croire donc, que Manu Larcenet au vu de ce qu'il avait produit, était aussi capable graphiquement tout simplement du meilleur ? Je n'aurais pas misé un demi-kopek sur cette éventualité. Et le miracle est bel est bien arrivé ! Quand cette BD est sortie en 2015, pour ma part, elle était tout simplement ma plus belle découverte et lecture de l'année. Que du noir et du blanc. Au point que le blanc devienne presqu'une couleur, que l'absence par le blanc devienne remplissage, comme le silence en musique qui parfois est encore la musique ! Et les personnages, ... des gueules incroyables, plus vraies qu'on puisse l'imaginer. Pour la plupart de celles de villageois, sombres, taciturnes, inquiétantes, voire mortifères. Pour les autres, un brun de jovialité point. L'histoire est plus que sombre, quasi noire totale, en parfait accord avec ce choix graphique du noir ou blanc. La maîtrise du noir ou blanc est parfaite, et Manu Larcenet rejoint ici, voire dépasse, les grands maîtres de cet art que sont Comès – Chabouté – M.-A. Matthieu Vivement le second volet qui devrait nous parvenir le mois prochain … et chapeau bas Monsieur Larcenet !
Le Cycle de Cyann
Le Cycle de Cyann est l'une de mes séries de science fiction préférées. Il aura fallu plus de vingt ans au perfectionniste François Bourgeon pour achever cette magnifique saga. J'ai découvert Cyann il y a plus de quinze ans quand seuls les deux premiers volumes étaient parus. Et ce fut une claque monumentale ! Les auteurs ont réussi à créer un univers remarquable... et néanmoins difficile d'accès. Le monde de Cyann est totalement exotique et d'une grande densité. L'action est rare au profit de la découverte de cette civilisation par le lecteur. Bourgeon soigne au maximum la mise en place de son histoire en détaillant le monde d'Ohl dans toute son incroyable complexité (faune, flore, religion, système politique, urbanisme, technologie, coutumes... et j'en passe tant c'est foisonnant). Certes on s'y perd un peu au début mais le scénario n'en est que plus passionnant au fur et mesure que le récit avance (et s'accélère notamment dans le deuxième volume). Les quatre tomes suivants, s'ils enrichissent davantage l'univers et achèvent la saga, ne sont pas tout à fait du même niveau que les deux premiers. Ils sont moins denses, moins riches, finalement peut être moins ambitieux. Cependant, je ne boude pas mon plaisir car ils restent tout de même très intéressants. Les personnages, nombreux, sont soignés et variés avec en point d'orgue Cyann qui, de petite peste aristocratique et capricieuse, va devenir une grande héroïne de space opera. Visuellement, c'est juste superbe ! Outre la qualité et le soin apportés aux dessins, c'est l'incroyable diversité de l'univers qui impressionne le plus. Le Cycle de Cyann est un monde unique à découvrir et une série majeure de la science fiction.
Irish Melody (Lester Cockney Jeunesse)
Son personnage principal de Lester Cockney, Irlandais, n’a sans doute pas été choisi au hasard dès le premier tome « les Fous de Kaboul » . N’importe quel scénariste l’aurait sans doute vu Anglais, sauf Franz qui l’a d’emblée nationalisé Irlandais. Il devait déjà avoir une affinité pour l’Irlande et très vraisemblablement, l’idée peut-être de le faire revenir au pays en fin de saga Eurasienne. Plutôt que cela, parvenant ainsi à remonter le temps, il nous livre une aventure de sa jeunesse, et de membres de sa famille. Et c’est un vrai « tableau» de cette contrée qu’il nous sert, socialement, géographiquement, et culturellement, le tout dans une histoire dynamique très juste, et avec les mêmes qualités graphiques que pour la série mère Lester Cockney (voir mon post précédent) ; même qualité ; même note.
Lester Cockney
Lester Coskney … une longue épopée de 9 tomes + deux sur sa jeunesse en collection « signé », (« Irish Melody » & « Shamrock Song »). Cette aventure commence aux deux premiers tomes en Afghanistan où notre héros, farouchement et irréductiblement indépendant, rencontre une bien jolie assez sauvage et exotique Taranna qui l’accompagnera dans toutes ses aventures ensuite. Au tome trois, ils passent en Inde où ils rencontrent Ilonna, une jolie blonde hongroise cette fois aux allures bien plus aristocratiques, et qui aimerait retourner en terre natale. Elle les accompagnera ce tome-ci et les quatre suivants. Ainsi, dès le tome 3, la petite troupe de Lester et des deux filles au caractère bien trempé, mènera un long voyage pas toujours très cohérent, pour le retour en Europe. Ils passeront au tome 4 en Egypte, puis au tome 5 en Turquie, en Grèce, et en Serbie, et continueront leur périple aux deux tomes suivant où finalement et contre toute attente, ils reviendront en Inde où Ilonna trouvera son âme sœur et laissera les deux premiers protagonistes continuer leurs aventures. Ce n’est que 12 ans plus tard (attente de 1993 à 2005) , que nous retrouvons sans transition Lester et Taranna en Amérique pour deux tomes de nouvelles aventures western en terre indienne. Cette longue épopée allant de l'Afghanistan à l'Amérique en passant pas l'Inde, l'Egypte, la Turquie, La Grèce, et les pays slaves du centre de l'Europe, est sans cesse à multiples rebondissements, et l’on dévore cette saga avec réelle avidité une fois qu’on la commence ! Un vrai régal de lecture, de fraîcheur, et d’évasion. Et un invraisemblable voyage anachronique avec trois personnages principaux bien attachants. Voilà pour la série. Signalons - en clin d’œil - qu’elle fait furieusement penser à celle de Jugurtha après que Franz ait repris les pinceaux d’Hermann qui en a signé les deux premiers tomes. Il semble, à la lecture de Lester Cockney, que l’influence de Franz sur Vernal a dû être immense, car nous avons exactement le même type de fresque, mais davantage développée en Afrique pour la série sœur. Pour le dessin, qu’une chose à dire : QUE DU BONHEUR ! Ce que Franz nous donne à regarder est immense. Il ne cherche pas l’esthétisme global de la planche, mais la dynamique de lecture visuelle graphique. Et cette dynamique des scènes est tout bonnement surprenante, ahurissante, inédite. Ce bouillonnement jaillit de chaque case d’action comme un vrai feu d’artifice, dans une esthétique toujours réussie, superbement cadrée et irréprochable. Certaines scènes semblent tellement originales dans leur construction que jamais vues ainsi ni avant … et plus surprenant, ni après, malgré l’eau qui a coulé sous les ponts depuis ! En un mot, son dessin est vivant ! A l’ère actuelle où ca pue de plus en plus l’informatique et le graphisme uniformisé assez figé qui en résulte dans les planches BD, l'on croit rêver en lisant un Franz ! Ce qui ne gâche rien, ces personnages féminins sont également réussis ce qui n’est vraiment, mais alors vraiment pas, une généralité en BD. Suffit en comparaison d’ouvrir la décidément très fort cotée série « le Chant des Stryges » pour voire tout l’abime existant entre un visage féminin réussi (pas exceptionnel comme ceux de Gibrat, Manara, ou Giadino, dont c'est un peu la marque de fabrique, mais réussi tout de même - merci Franz) , et des complètement ratés … En résumé, pour en revenir au trait de Franz, un très grand maître du crayon et un des meilleurs dessinateurs de composition dynamique. Avec le recul, l’on pourra lui reprocher certaines cases chargées (mais c’était dans la mode du temps) et parfois un côté brouillon qui est le corollaire de sa dynamique ahurissante. Il n’aura néanmoins pas toutes les qualités ; Il ne s’occupera jamais de la mise en couleur, et il ne nous donnera jamais les splendeurs colorées de la couleur directe comme Rosinski, Hermann, Follet, Maël, Jarbinet, etc … mais, en dessin pur et dur, en dynamisme des scènes, à mon sens, il les surpasse tous ! A propos des couleurs de la série Lester Cockney … un grand Bof … Typiquement celles du Lombard des années ’80. Les coloristes non nommés (sauf pour le dernier tome 9) livrent un travail assez basique, pas toujours des plus inspiré. Le tome 6, " les Conjurés du Danube", voit le dessin fortement diminué par une mise en couleur bien trop sombre et envahissante, où les traits du dessinateur finissent pas ne plus apparaître, et avec des choix de tons pas toujours du meilleur goût. En conclusion, pour la symbiose du dessin et de l’histoire, tous deux menés de main de maître, et la réussite de cette série très personnelle, un incontournable 5 *