Jusqu'à présent, peu de documentaires et de biographies intimes m'avaient profondément touché. Cet ouvrage est remarquable car il a non seulement provoqué chez moi des torrents de larmes :(( mais il m'a ouvert les yeux sur le phénomène des enfants coréens adoptés à travers le monde depuis la fin de la guerre fratricide. C'est édifiant !
Je pensais jusqu'ici que ces enfants avaient beaucoup de chance d'échapper à la misère et de trouver une véritable famille d'accueil aux States ou en Europe. Cependant, je ne m'étais guère posé la question de la souffrance qu'ils peuvent éprouver par le fait de n'avoir jamais connu leurs propres parents ou encore par la honte qu'ils ressentent d'avoir été ainsi abandonnés. C'est moi qui devrais avoir honte...
L'auteur nous livre des pensées très crues qui sont poignantes mais qu'il relativise aussitôt. On ressent beaucoup de bonté et de sagesse et même finalement de la retenue. En effet, il ne tombe jamais dans une espèce de misérabilisme et de sensiblerie de bon aloi. Je suis franchement impressionné par la qualité de cette oeuvre qui gagnerait à être plus connue.
Malgré la gravité du sujet, il y a des moments de détente grâce à l'humour. Le rythme est excellent : point d'ennui à l'horizon ! Quand on arrive à la 144ème page, on est déçu que cela s'arrête. La deuxième partie qui vient compléter une autre tranche de la vie de l'auteur confirme la qualité de l'ensemble.
Le dessin avec ce trait épuré m'a réellement séduit. On est loin du minimalisme qui règne en maître actuellement sur les récits autobiographique. Bref, cela fait du bien. La couverture est également une pure merveille. Elle exprime la solitude d'un petit garçon avec son matricule au milieu d'une foule anonyme : le thème majeur de la crise d'identité. Cette oeuvre est également très instructive car derrière un récit plein d'humanité, elle ouvre quelquefois des parenthèses sur l'histoire de la Corée du Sud. Une bd indispensable et totalement réussie ! ::
Il est cependant dommage d'avoir fait un second tome qui semble être moins réussi de ce qui aurait pu rester un one-shot. On ne voit pas très bien la raison d'être de cette suite. Cela ne gâchera pas l'avis général qui reste malgré tout très positif.
Je ne m'y attendais pas mais un tome 3 est sorti et cela ne sera pas sans doute le dernier. Ce tome raconte le voyage en Corée du Sud alors que l'auteur a atteint la quarantaine. C'est un retour aux sources mais sans doute pas comme on l'espérait. En effet, c'est également un voyage intérieur...
L'auteur récidive avec un tome 4 où on en apprend davantage sur sa famille adoptive puisque la première partie est consacrée à sa mère adoptive et à la sœur adoptée disparue tragiquement. La seconde partie est un retour aux sources en Corée du Sud. C'est toujours aussi poignant et aussi intéressant même si cela peut laisser l'impression que l'auteur tire un peu sur la corde. Pour moi et afin de dissiper tout doute malsain, il livre sa quête avec sensibilité et humour.
On ressent toujours la souffrance liée à l'abandon et la pudeur qui se dégage de l'oeuvre. Cela reste un témoignage assez poignant sur le parcours d'un homme. C'est un message authentique et universel qui a fait l'objet d'un film d'animation maintes fois récompensé à travers le monde. A-t-on besoin du passé pour se construire ? Bref, une thématique intéressante sans pathos, ni mièvrerie.
Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 5/5 - Note Globale: 4.5/5
Après le pur délire Trondheimien de Mickey que j'avais littéralement adoré et un album de Cosey un peu en deça, c'est au tour du talentueux scénariste de Alice au pays des Singes de reprendre le flambeau pour redorer les aventures contemporaines de la célèbre souris.
Et avec quel brio ! N'en déplaisent aux grincheux déçus par l'album de Trondheim et de Keramidas (tiens tiens le dessinateur du même Alice ...), cette jeunesse de Mickey vu et revu par Tebo (également aux pinceaux ici) est façonnée avec un panache et un dynamisme communicatif.
Faire de Mickey une vieille souris grisonnante, barbichette et lunettes à l'appui raconter ses aventures d'antan à un arrière petit neveu blasé et incrédule Norbert est une idée fantastique permettant de façonner de bouillantes aventures sous formes de mini aventures comiques.
Mickey enjolive ses histoires, les façonne comme un souvenir ce qui nous vaut de chouettes allers retours dans la réalité pour corriger ou interrompre certains détails "inventés".
Western, Première Guerre Mondiale ou même course aux étoiles dans le cosmos, Tebo revisite avec talent les cadres classiques en réinventant les premières confrontations avec Pat Hibulaire, Minnie, Dingo ou même Donald.
Ne manque que Pluto à l'appel qui sera peut-être au rendez-vous avec une suite possible comme le suggère l'épilogue ?
En tous cas ce serait avec grand plaisir tant le trait de l'auteur, simple et efficace m'a littéralement scotché sur les petites vignettes de l'album ou de fameuses doubles pages explosant de détails et d'action.
On rit beaucoup et on s'amuse dans ce divertissement de grande qualité à mettre dans toutes les mains. Voici le cadeau idéal à mettre dans toutes les hottes du Père Noël loin devant tout le reste.
Place à Mickey et vivement l'album de Loisel ! Une belle collection à ne pas manquer qui déride et fait du bien !
Que voilà un bel ouvrage, graphiquement de haut vol, et d'une belle intelligence de scénario.
Le mobile au premier degré peut paraître étrange et d'une crédibilité peut-être relative, mais finalement, il ne sert que de prétexte pour une illustration au sommet des deux artistes qui manifestement se sont fait plaisir, et par là même nous ravissent nous lecteurs aussi graphiquement, tout en parvenant à réaliser scénaristiquement la chose la plus difficile qui soit ; traiter avec tact et finesse et sans peser dans le récit, de la difficile et complexe relation entre les êtres.
L'ouvrage impose sa pagination non calibrée par l'éditeur pour un récit libre très réussi, avec un beau cahier graphique de Follet en fin d'ouvrage.
Un vrai courant d'air frais que la lecture de cet opus. Un must pour cette année, assurément !
Winshluss signe un récit de grande qualité qui ne laisse pas une seconde de répit au lecteur. Une histoire folle avec beaucoup de rythme et de créativité, j’ai été séduit par l’ambiance, le dessin, la colorisation et la sympathie de beaucoup de personnages.
Angelo le personnage central est très charismatique, la plupart des personnages secondaires sont attachants et déjantés. Un conte à mettre entre toutes les mains .
Une des rares series BD de l'ecole "Belge" qui soit encore aujourd'hui produite, et comparable avec les nouveautés de la grande époque des années 50-80...
Ce qui compte, c'est l'esprit d'aventure qui manque désespérément à la production actuelle : l'intrigue compte bien plus que les personnages ou le style, et c'est très bien ainsi.
Les épisodes sont très inégaux. Une histoire très belle comme "Le vol de l"Atlantis" est un peu gâchée par une invraisemblance énorme : que l’épave d'un avion gigantesque ait pu rester cachée pendant des dizaines d’années en flottant sur un plan d'eau (!), même si recouverte par de la végétation, c'est un peu trop...
Un diptyque, extrêmement réussi par ailleurs (à mon avis), voit un hélicoptère de combat détruit par un as du hacking avec l'usage de son laptop, tout en courant et se se cachant dans un arbre en tenant l'ordinateur d'une main... Dois-je en dire plus ?
J’apprécie le soin apporté aux intrigues et aux détails : cela cause parfois un excès d'explications, concentrées sur trop peu de cases, causant parfois un fouillis... Mais le sérieux avec lequel l'histoire est traitée, souvent d'une grande originalité, ou se jouant sur des détails inédits, est ce qui fait la grande qualité de cette série. C'est de la vraie BD de la grande époque, mais produite aujourd'hui !
Certains nouveaux défauts apparaissent dans des épisodes plus tardifs : trop de personnages riches, trop de jet-set, trop d’environnements luxueux... Ce débordement de luxe n’amène pas de personnages attachants, bien au contraire, et certains, qui sont pourtant soit-disant des "bons", ou en tout cas des innocents (!), sont même carrément imbuvables : je ne citerai que cette horrible "pétasse" qui aime écraser des animaux avec son bolide de luxe... Ça finit bien pour elle : à ne pas y croire... Certains albums ont des intrigues tellement improbables que l'histoire elle-même tombe dans l’incohérence complète vers la fin... Il faut l'avoir lu pour le croire... Mais ça n'est pas typique...
Cela dit, beaucoup de poésie, plutôt a la "James Bond" sur les albums tardifs (J'aime moins), mais une touche inimitable qui ne doit pas grand-chose à d'autre séries, malgré les apparences... Certains albums valent largement Tintin, en tout cas sur de longues portions, mais avec une touche osée pas toujours à sa place... Certaines opinions ou dialogues de l’héroïne me laissent plutôt froid à son égard, mais ça fait partie de l'inattendu... "Natacha" sur les 10 premiers albums était comparable en qualité, ce qui n'est déjà pas mal...
C'est une série imprévisible, et ça fait partie de sa qualité. Les personnages manquent souvent de profondeur, mais les intrigues essaient toujours d’être uniques dans leurs détails : ce sont les détails qui font que ce n'est pas du dérive. C'est a chaque fois de l'original assez "risqué", et le risque ne réussit pas toujours...
J'ai découvert Mathieu Bablet avec cette BD, et j'avoue être agréablement surpris!
Cette histoire de science-fiction ne laisse pas de marbre!
Quoique la fin de l'histoire m'ait un peu déçue, dans son ensemble, ce récit réserve plusieurs surprises au lecteur et l'amène dans un monde futuriste assez malheureux qui émouvoit parfois. On suit notre héros depuis son refus jusqu'à son éventuel réveil. Classique dans son ensemble, le récit est tout de même intelligemment ficelé et des questions morales et éthiques sont constamment soulevées. Il y a peut-être une insistance peu subtile sur les dangers de la consommation excessive, mais le reste est très bien abordé.
Qui dit vrai? Qui fait mieux? Qui a raison?
Bablet a assurément de la difficulté avec les visages féminins, mais sinon, les décors sont d'une beauté époustouflante. Les couleurs dont les pages sont saturées sont à couper le souffle, qu'elles soient en bleu, en orange ou en noir.
Bref, un scénario bien ficelé qui fait réfléchir, des décors magnifiques, des personnages nuancés, un univers assez plausible... franchement recommandé!
À lire!
Wow! Quelle BD!
[Lue en V.O., c.-à-d. en anglais.]
Sublime en tous points! L'histoire, à la fois légère et dramatique. Parfois drôle à en rire à gorge déployée. Les dessins sont charmants et agréables à l'oeil. L'héroïne est attachante et on compatit avec elle. Les dialogues sont futés. L'histoire qui déborde dans le fantastique porte à réfléchir.
Grâce à des champignons "magiques", Katie peut effacer une expérience de vie non désirable et recommencer. Mais plus elle efface, plus elle s'enfonce, et plus son monde devient bizarre...
Une méchante bonne lecture!
À lire!
Excellente BD que j'adore depuis mon enfance. De ce fait, je suis peut-être partial, mais je l'ai relue depuis sa réédition et je l'aime toujours autant.
Ceci étant dit, certains tomes sont meilleurs que d'autres. Le tome 4 est, selon moi, le moins bon de la série, même s'il demeure agréable à lire.
Les personnages ne sont pas très développés. Guilio projette sa haine envers sa boule verte sans véritable raison et son compagnon Odi est le bouffon de service. C'est plutôt l'univers qui est charmant et les paysages dessinés par Parcelier qui sont sublimes. De plus, l'histoire demeure fort intéressante, quoique parfois mal narrée. Les mondes inconnus à découvrir et les conséquences de l'immortalité sont des sujets fascinants.
Malgré ses défauts, cette série dégage un charme que je ne saurais expliquer.
À lire!
Les dessins et les textes qui les accompagnent sont excellents !!!
C'est à la fois tendre, trash, absurde, burlesque, dramatiquement cocasse... Des planches aussi surprenantes les unes que les autres.
C'est rare d'avoir d'aussi bons dessins d'humour.
Ca ne se lit pas si vite que ça... et il y a le tome 1 à relire !!!
C’est la première fois que je lis une bd aussi intelligente. Il faut comprendre que les idiots, c’est bien nous qui croyons tous à un Dieu qui n’existe pas. On se laisse bercer par des sermons du style que Diou est partout et il est dans nos cœurs et qu’il faut savoir le ressentir et avoir la foi. Les prières peuvent aider. Les offrandes également ! Un prophète peut même nous montrer le chemin. Il y aura également toutes les dérives autoritaires que peuvent mener une religion basée sur un postulat de départ qui est invisible à l’œil nu. C’est tout le thème de cette œuvre magnifique sous forme de fable animalière.
Oui, c’est la première fois que je lis une bd située de l’autre côté à savoir du côté des non-croyants. L’auteur réussit à démonter mécaniquement chaque rouage. Il le fait en utilisant des singes pour ne pas montrer les hommes et leurs bêtises. C’est tellement vrai. La plupart des guerres dans le monde est basé sur un mensonge car cela parait tellement évident qu’il n’existe pas de force suprême dans l’univers qui aurait un destin pour chacun de nous.
Le crépuscule des idiots devrait être le livre de chevet de la plupart des habitants de la planète. Cela éviterait tant de massacres inutiles qui se sont perpétués depuis des siècles pour une lubie. Dieu est une invention des hommes pour asservir et contrôler les peuples. C’est d’ailleurs assez pratique pour les dominants qui accroissent leur source de pouvoir.
Les hommes ont créé Diou car ils n’avaient pas toutes les réponses à leurs inquiétudes notamment la mort. Alors, ils ont fabriqué un dieu vivant dans les nuages et ils lui ont attribué la création de la Terre et de notre monde. Tout ce que l'on peut dire de façon sûre c'est que l'homme n'a pas toujours été présent dans l'univers, nous sommes là depuis deux millions d'années et l'univers à 13,7 milliards d'années. Ce qui signifie que l'univers a passé le plus clair de son temps sans l'homme.
La création spontanée est la raison pour laquelle il y a quelque chose plutôt que rien, pour laquelle l'univers existe, pour laquelle nous existons. Il est nul besoin d’invoquer Diou pour qu’il allume la mèche et fasse naître l’univers. Par conséquent, Diou et l'Univers c'est un peu la même chose ! L’univers s’est formé selon les lois de la physique. L’univers n’a pas besoin de Diou pour être créer et pour exister puisqu’il y a un phénomène d’autocréation démontrée notamment par le plus célèbre astrophysicien au monde Stephen Hawking. Il nous explique que l’univers s’est formé sans la main d’un créateur mais selon les lois de la physique.
Fort heureusement, le sage singe qui tente d’expliquer cela à ses congénères va plutôt démontrer la manipulation plutôt que d’aller vers ces considérations scientifiques. Est-ce la terrible vérité que nous avons du mal à admettre ? Diou ne serait qu'un concept, une idée, un mot comme un autre qui n'existe pas en dehors des réactions électrochimiques de notre cervelle.
Le lecteur qui aura la foi va avoir beaucoup de mal avec cette lecture. L’auteur pourrait être un impie dans son esprit qu’il faudrait pourchasser, voir même plus selon la religion concernée ou son interprétation. C’est un sujet très sensible auquel l’auteur s’est attaqué avec courage. Je salue la démonstration qui conduit à la manipulation des masses. Cette lecture a été un vrai régal. A méditer !
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Couleur de peau : miel
Jusqu'à présent, peu de documentaires et de biographies intimes m'avaient profondément touché. Cet ouvrage est remarquable car il a non seulement provoqué chez moi des torrents de larmes :(( mais il m'a ouvert les yeux sur le phénomène des enfants coréens adoptés à travers le monde depuis la fin de la guerre fratricide. C'est édifiant ! Je pensais jusqu'ici que ces enfants avaient beaucoup de chance d'échapper à la misère et de trouver une véritable famille d'accueil aux States ou en Europe. Cependant, je ne m'étais guère posé la question de la souffrance qu'ils peuvent éprouver par le fait de n'avoir jamais connu leurs propres parents ou encore par la honte qu'ils ressentent d'avoir été ainsi abandonnés. C'est moi qui devrais avoir honte... L'auteur nous livre des pensées très crues qui sont poignantes mais qu'il relativise aussitôt. On ressent beaucoup de bonté et de sagesse et même finalement de la retenue. En effet, il ne tombe jamais dans une espèce de misérabilisme et de sensiblerie de bon aloi. Je suis franchement impressionné par la qualité de cette oeuvre qui gagnerait à être plus connue. Malgré la gravité du sujet, il y a des moments de détente grâce à l'humour. Le rythme est excellent : point d'ennui à l'horizon ! Quand on arrive à la 144ème page, on est déçu que cela s'arrête. La deuxième partie qui vient compléter une autre tranche de la vie de l'auteur confirme la qualité de l'ensemble. Le dessin avec ce trait épuré m'a réellement séduit. On est loin du minimalisme qui règne en maître actuellement sur les récits autobiographique. Bref, cela fait du bien. La couverture est également une pure merveille. Elle exprime la solitude d'un petit garçon avec son matricule au milieu d'une foule anonyme : le thème majeur de la crise d'identité. Cette oeuvre est également très instructive car derrière un récit plein d'humanité, elle ouvre quelquefois des parenthèses sur l'histoire de la Corée du Sud. Une bd indispensable et totalement réussie ! :: Il est cependant dommage d'avoir fait un second tome qui semble être moins réussi de ce qui aurait pu rester un one-shot. On ne voit pas très bien la raison d'être de cette suite. Cela ne gâchera pas l'avis général qui reste malgré tout très positif. Je ne m'y attendais pas mais un tome 3 est sorti et cela ne sera pas sans doute le dernier. Ce tome raconte le voyage en Corée du Sud alors que l'auteur a atteint la quarantaine. C'est un retour aux sources mais sans doute pas comme on l'espérait. En effet, c'est également un voyage intérieur... L'auteur récidive avec un tome 4 où on en apprend davantage sur sa famille adoptive puisque la première partie est consacrée à sa mère adoptive et à la sœur adoptée disparue tragiquement. La seconde partie est un retour aux sources en Corée du Sud. C'est toujours aussi poignant et aussi intéressant même si cela peut laisser l'impression que l'auteur tire un peu sur la corde. Pour moi et afin de dissiper tout doute malsain, il livre sa quête avec sensibilité et humour. On ressent toujours la souffrance liée à l'abandon et la pudeur qui se dégage de l'oeuvre. Cela reste un témoignage assez poignant sur le parcours d'un homme. C'est un message authentique et universel qui a fait l'objet d'un film d'animation maintes fois récompensé à travers le monde. A-t-on besoin du passé pour se construire ? Bref, une thématique intéressante sans pathos, ni mièvrerie. Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 5/5 - Note Globale: 4.5/5
La Jeunesse de Mickey
Après le pur délire Trondheimien de Mickey que j'avais littéralement adoré et un album de Cosey un peu en deça, c'est au tour du talentueux scénariste de Alice au pays des Singes de reprendre le flambeau pour redorer les aventures contemporaines de la célèbre souris. Et avec quel brio ! N'en déplaisent aux grincheux déçus par l'album de Trondheim et de Keramidas (tiens tiens le dessinateur du même Alice ...), cette jeunesse de Mickey vu et revu par Tebo (également aux pinceaux ici) est façonnée avec un panache et un dynamisme communicatif. Faire de Mickey une vieille souris grisonnante, barbichette et lunettes à l'appui raconter ses aventures d'antan à un arrière petit neveu blasé et incrédule Norbert est une idée fantastique permettant de façonner de bouillantes aventures sous formes de mini aventures comiques. Mickey enjolive ses histoires, les façonne comme un souvenir ce qui nous vaut de chouettes allers retours dans la réalité pour corriger ou interrompre certains détails "inventés". Western, Première Guerre Mondiale ou même course aux étoiles dans le cosmos, Tebo revisite avec talent les cadres classiques en réinventant les premières confrontations avec Pat Hibulaire, Minnie, Dingo ou même Donald. Ne manque que Pluto à l'appel qui sera peut-être au rendez-vous avec une suite possible comme le suggère l'épilogue ? En tous cas ce serait avec grand plaisir tant le trait de l'auteur, simple et efficace m'a littéralement scotché sur les petites vignettes de l'album ou de fameuses doubles pages explosant de détails et d'action. On rit beaucoup et on s'amuse dans ce divertissement de grande qualité à mettre dans toutes les mains. Voici le cadeau idéal à mettre dans toutes les hottes du Père Noël loin devant tout le reste. Place à Mickey et vivement l'album de Loisel ! Une belle collection à ne pas manquer qui déride et fait du bien !
Les Voyages d'Ulysse
Que voilà un bel ouvrage, graphiquement de haut vol, et d'une belle intelligence de scénario. Le mobile au premier degré peut paraître étrange et d'une crédibilité peut-être relative, mais finalement, il ne sert que de prétexte pour une illustration au sommet des deux artistes qui manifestement se sont fait plaisir, et par là même nous ravissent nous lecteurs aussi graphiquement, tout en parvenant à réaliser scénaristiquement la chose la plus difficile qui soit ; traiter avec tact et finesse et sans peser dans le récit, de la difficile et complexe relation entre les êtres. L'ouvrage impose sa pagination non calibrée par l'éditeur pour un récit libre très réussi, avec un beau cahier graphique de Follet en fin d'ouvrage. Un vrai courant d'air frais que la lecture de cet opus. Un must pour cette année, assurément !
Dans la forêt sombre et mystérieuse
Winshluss signe un récit de grande qualité qui ne laisse pas une seconde de répit au lecteur. Une histoire folle avec beaucoup de rythme et de créativité, j’ai été séduit par l’ambiance, le dessin, la colorisation et la sympathie de beaucoup de personnages. Angelo le personnage central est très charismatique, la plupart des personnages secondaires sont attachants et déjantés. Un conte à mettre entre toutes les mains .
Franka
Une des rares series BD de l'ecole "Belge" qui soit encore aujourd'hui produite, et comparable avec les nouveautés de la grande époque des années 50-80... Ce qui compte, c'est l'esprit d'aventure qui manque désespérément à la production actuelle : l'intrigue compte bien plus que les personnages ou le style, et c'est très bien ainsi. Les épisodes sont très inégaux. Une histoire très belle comme "Le vol de l"Atlantis" est un peu gâchée par une invraisemblance énorme : que l’épave d'un avion gigantesque ait pu rester cachée pendant des dizaines d’années en flottant sur un plan d'eau (!), même si recouverte par de la végétation, c'est un peu trop... Un diptyque, extrêmement réussi par ailleurs (à mon avis), voit un hélicoptère de combat détruit par un as du hacking avec l'usage de son laptop, tout en courant et se se cachant dans un arbre en tenant l'ordinateur d'une main... Dois-je en dire plus ? J’apprécie le soin apporté aux intrigues et aux détails : cela cause parfois un excès d'explications, concentrées sur trop peu de cases, causant parfois un fouillis... Mais le sérieux avec lequel l'histoire est traitée, souvent d'une grande originalité, ou se jouant sur des détails inédits, est ce qui fait la grande qualité de cette série. C'est de la vraie BD de la grande époque, mais produite aujourd'hui ! Certains nouveaux défauts apparaissent dans des épisodes plus tardifs : trop de personnages riches, trop de jet-set, trop d’environnements luxueux... Ce débordement de luxe n’amène pas de personnages attachants, bien au contraire, et certains, qui sont pourtant soit-disant des "bons", ou en tout cas des innocents (!), sont même carrément imbuvables : je ne citerai que cette horrible "pétasse" qui aime écraser des animaux avec son bolide de luxe... Ça finit bien pour elle : à ne pas y croire... Certains albums ont des intrigues tellement improbables que l'histoire elle-même tombe dans l’incohérence complète vers la fin... Il faut l'avoir lu pour le croire... Mais ça n'est pas typique... Cela dit, beaucoup de poésie, plutôt a la "James Bond" sur les albums tardifs (J'aime moins), mais une touche inimitable qui ne doit pas grand-chose à d'autre séries, malgré les apparences... Certains albums valent largement Tintin, en tout cas sur de longues portions, mais avec une touche osée pas toujours à sa place... Certaines opinions ou dialogues de l’héroïne me laissent plutôt froid à son égard, mais ça fait partie de l'inattendu... "Natacha" sur les 10 premiers albums était comparable en qualité, ce qui n'est déjà pas mal... C'est une série imprévisible, et ça fait partie de sa qualité. Les personnages manquent souvent de profondeur, mais les intrigues essaient toujours d’être uniques dans leurs détails : ce sont les détails qui font que ce n'est pas du dérive. C'est a chaque fois de l'original assez "risqué", et le risque ne réussit pas toujours...
Shangri-La
J'ai découvert Mathieu Bablet avec cette BD, et j'avoue être agréablement surpris! Cette histoire de science-fiction ne laisse pas de marbre! Quoique la fin de l'histoire m'ait un peu déçue, dans son ensemble, ce récit réserve plusieurs surprises au lecteur et l'amène dans un monde futuriste assez malheureux qui émouvoit parfois. On suit notre héros depuis son refus jusqu'à son éventuel réveil. Classique dans son ensemble, le récit est tout de même intelligemment ficelé et des questions morales et éthiques sont constamment soulevées. Il y a peut-être une insistance peu subtile sur les dangers de la consommation excessive, mais le reste est très bien abordé. Qui dit vrai? Qui fait mieux? Qui a raison? Bablet a assurément de la difficulté avec les visages féminins, mais sinon, les décors sont d'une beauté époustouflante. Les couleurs dont les pages sont saturées sont à couper le souffle, qu'elles soient en bleu, en orange ou en noir. Bref, un scénario bien ficelé qui fait réfléchir, des décors magnifiques, des personnages nuancés, un univers assez plausible... franchement recommandé! À lire!
Seconds
Wow! Quelle BD! [Lue en V.O., c.-à-d. en anglais.] Sublime en tous points! L'histoire, à la fois légère et dramatique. Parfois drôle à en rire à gorge déployée. Les dessins sont charmants et agréables à l'oeil. L'héroïne est attachante et on compatit avec elle. Les dialogues sont futés. L'histoire qui déborde dans le fantastique porte à réfléchir. Grâce à des champignons "magiques", Katie peut effacer une expérience de vie non désirable et recommencer. Mais plus elle efface, plus elle s'enfonce, et plus son monde devient bizarre... Une méchante bonne lecture! À lire!
La Malédiction des sept boules vertes
Excellente BD que j'adore depuis mon enfance. De ce fait, je suis peut-être partial, mais je l'ai relue depuis sa réédition et je l'aime toujours autant. Ceci étant dit, certains tomes sont meilleurs que d'autres. Le tome 4 est, selon moi, le moins bon de la série, même s'il demeure agréable à lire. Les personnages ne sont pas très développés. Guilio projette sa haine envers sa boule verte sans véritable raison et son compagnon Odi est le bouffon de service. C'est plutôt l'univers qui est charmant et les paysages dessinés par Parcelier qui sont sublimes. De plus, l'histoire demeure fort intéressante, quoique parfois mal narrée. Les mondes inconnus à découvrir et les conséquences de l'immortalité sont des sujets fascinants. Malgré ses défauts, cette série dégage un charme que je ne saurais expliquer. À lire!
Bonne Continuation
Les dessins et les textes qui les accompagnent sont excellents !!! C'est à la fois tendre, trash, absurde, burlesque, dramatiquement cocasse... Des planches aussi surprenantes les unes que les autres. C'est rare d'avoir d'aussi bons dessins d'humour. Ca ne se lit pas si vite que ça... et il y a le tome 1 à relire !!!
Le Crépuscule des Idiots
C’est la première fois que je lis une bd aussi intelligente. Il faut comprendre que les idiots, c’est bien nous qui croyons tous à un Dieu qui n’existe pas. On se laisse bercer par des sermons du style que Diou est partout et il est dans nos cœurs et qu’il faut savoir le ressentir et avoir la foi. Les prières peuvent aider. Les offrandes également ! Un prophète peut même nous montrer le chemin. Il y aura également toutes les dérives autoritaires que peuvent mener une religion basée sur un postulat de départ qui est invisible à l’œil nu. C’est tout le thème de cette œuvre magnifique sous forme de fable animalière. Oui, c’est la première fois que je lis une bd située de l’autre côté à savoir du côté des non-croyants. L’auteur réussit à démonter mécaniquement chaque rouage. Il le fait en utilisant des singes pour ne pas montrer les hommes et leurs bêtises. C’est tellement vrai. La plupart des guerres dans le monde est basé sur un mensonge car cela parait tellement évident qu’il n’existe pas de force suprême dans l’univers qui aurait un destin pour chacun de nous. Le crépuscule des idiots devrait être le livre de chevet de la plupart des habitants de la planète. Cela éviterait tant de massacres inutiles qui se sont perpétués depuis des siècles pour une lubie. Dieu est une invention des hommes pour asservir et contrôler les peuples. C’est d’ailleurs assez pratique pour les dominants qui accroissent leur source de pouvoir. Les hommes ont créé Diou car ils n’avaient pas toutes les réponses à leurs inquiétudes notamment la mort. Alors, ils ont fabriqué un dieu vivant dans les nuages et ils lui ont attribué la création de la Terre et de notre monde. Tout ce que l'on peut dire de façon sûre c'est que l'homme n'a pas toujours été présent dans l'univers, nous sommes là depuis deux millions d'années et l'univers à 13,7 milliards d'années. Ce qui signifie que l'univers a passé le plus clair de son temps sans l'homme. La création spontanée est la raison pour laquelle il y a quelque chose plutôt que rien, pour laquelle l'univers existe, pour laquelle nous existons. Il est nul besoin d’invoquer Diou pour qu’il allume la mèche et fasse naître l’univers. Par conséquent, Diou et l'Univers c'est un peu la même chose ! L’univers s’est formé selon les lois de la physique. L’univers n’a pas besoin de Diou pour être créer et pour exister puisqu’il y a un phénomène d’autocréation démontrée notamment par le plus célèbre astrophysicien au monde Stephen Hawking. Il nous explique que l’univers s’est formé sans la main d’un créateur mais selon les lois de la physique. Fort heureusement, le sage singe qui tente d’expliquer cela à ses congénères va plutôt démontrer la manipulation plutôt que d’aller vers ces considérations scientifiques. Est-ce la terrible vérité que nous avons du mal à admettre ? Diou ne serait qu'un concept, une idée, un mot comme un autre qui n'existe pas en dehors des réactions électrochimiques de notre cervelle. Le lecteur qui aura la foi va avoir beaucoup de mal avec cette lecture. L’auteur pourrait être un impie dans son esprit qu’il faudrait pourchasser, voir même plus selon la religion concernée ou son interprétation. C’est un sujet très sensible auquel l’auteur s’est attaqué avec courage. Je salue la démonstration qui conduit à la manipulation des masses. Cette lecture a été un vrai régal. A méditer !