Sortie l’année du centenaire de la première guerre mondiale, Le Chant du Cygne se distingue des autres bd sorties au même moment car il s’agit plus d’une fiction faisant la part belle à l’action plutôt qu’un fidèle récit historique assommant, quand bien même les scénaristes s’appuient sur un postulat de départ on ne peut plus réel, à savoir les mutineries de 1917.
L’association Xavier Dorison – Emmanuel Herzet fonctionne à merveille. Herzet apportant sa crédibilité d’historien (en plus d’être un scénariste reconnu) et la réputation de Dorison comme « scrip doctor » et maître du genre n’est plus à faire. Ils nous mitonnent une formidable aventure humaine pleine de tragédie et de sincérité avec cette section de poilus qui se retrouvent bon gré mal gré à faire route sur Paris et l’Assemblée Nationale dans le but de remettre une pétition réclamant un commandement plus soucieux de la vie des soldats, après la débâcle du Chemin des Dames en avril 1917.
Contrairement à ce qu’on a l’habitude de lire, l’ennemi principal ne se situe pas chez les boches cette fois-ci mais dans le propre camp de nos poilus révoltés qui se retrouvent pourchassés par les hauts-gradés et politiciens opportunistes qui ne souhaitent pas que les français s’alarment des conditions de vie atroces de leurs soldats. Toute l’absurdité de cette guerre est résumée ici : de petits hommes dictés par leurs petites raisons, leurs petits actes aveugles aux conséquences, servis par l’égoïsme, la négligence, l’incompétence, la stupidité et les basses méthodes. Face à ces crevures, Dorison et Herzet brossent le portrait de mecs « vrais » comme le sergent Sabiane droit comme un « i », le lieutenant Katzinski qui prend parti pour ses hommes plutôt que pour sa hiérarchie, Le Boeuf toujours du côté des copains, La Tiff qui aimerait bien rentré chez lui et revoir sa femme et sa gosse, Larzac l’anarchiste qui est le plus lucide et s’est pertinemment que la guerre est l’apanage des ambitions des riches et la tombe des pauvres, et enfin le bleu-bite La Science. Des gars dépassés par les événements qui se retrouvent par la force des choses à devoir accomplir l’impossible.
Une échappé originalement mise en image par Cédric Babouche au graphisme hyper immersif, surtout au niveau des couleurs façon aquarelle où lorsque l’on est sur le champ de bataille il utilise une palette très chaude avec un mélange de marron et de rouge donnant un aspect très crade dès la scène d’ouverture ; puis quelque chose de plus bleu-grisâtre après l’horreur au moment où des soldats prennent la relève et où on enterre les morts, conférant une ambiance brumeuse à la scène ; et aussi des passages plus colorés dans les rares moments champêtres et joyeux. Une colorisation très réfléchies donc, bien embellie par un dessin accrocheur. Il me fait penser à celui d’Alex Alice sur Le Château des étoiles, avec peu d’encrage, et des personnages aux visages arrondis évoquant des types sortis d’un film d’Hayao Miyazaki, ce qui apporte la légère touche d’humour qu’il faut. Les bad guy ne sont pas en reste comme le colonel d’Anjou qui fait penser à un vilain crapaud, ou encore le commandant Morvan, une vraie « gueule cassée ». Mes avis que Dorison a dû puiser dans son autre série Les Sentinelles pour composer pas mal de ces personnages classiques.
Vraiment j’ai absolument tout aimé dans ce diptyque rempli de séquences de bravoures, de rages, d’injustice, etc. Tout le spectre des émotions humaines y passe. Ce n’est certes pas le scénario qui marquera son époque mais pourquoi bouder son plaisir quand les auteurs savent ce qu’ils font, où ils vont, et que le spectacle est au rendez-vous ? En plus si cela peut donner envie de s’intéresser au sujet de manière plus sérieuse, on peut considérer la bd comme une réussite.
J'aime l'univers que Dodier a patiemment construit autour de Jérôme K. Jérôme Bloche.
Chaque année depuis plus de trente ans, il nous gratifie d'un nouvel album et c'est à chaque fois un peu comme si je retrouvais un vieil et fidèle ami. J'ai profité de la sortie du vingt-cinquième tome pour relire l'intégralité de la série et je trouve qu'il n'y a rien à jeter.
J'entends bien les critiques de tous ceux qui ne partagent pas mon enthousiasme… « C'est une série naïve, répétitive, inégale, immature… » Que nenni, mes amis ! Laissez-moi essayer de vous convaincre…
Le personnage de Jérôme, quand il singe Humphrey Bogart avec son imper et son chapeau mou, est un rien ridicule, cucul même, comme un des détectives pour enfants de la bibliothèque verte. Mais je ne peux m'empêcher de ressentir de la tendresse pour cet éternel adolescent, qui traîne ses vingt ans, sa flemme et son immaturité depuis trois décennies, et ressemble surtout à un Monsieur Hulot sans pipe, avec son solex, sa maladresse et ses pantalons trop courts.
Jérôme n'affronte pas de grands truands internationaux, et sa route ne croise que rarement celle de dangereux espions. Il n'est pas héroïque, habitué aux coups de feu et aux cascades spectaculaires. Ses enquêtes tournent souvent autour de faits divers anecdotiques, ou d'histoires de famille banales, dignes d'une feuille de chou de province. Mais par la grâce de Dodier, les personnages qu'on y croise sont vivants, authentiques et attachants. Le coupable nous est souvent connu dès le début de l'album ; en le suivant, on découvre ses motivations et, s'il n'est pas toujours excusable, on parvient à le comprendre. Pas de vrai méchant dans ces histoires, mais des paumés, des déçus, des frustrés qui sont d'abord victimes des circonstances… et de la vie tout simplement.
Et puis, il y a le petit monde de Jérôme, qui s'étoffe et s'enrichit au fil des tomes : son amie Babette, qui a bien du mérite de supporter les frasques et les lubies de son amoureux farfelu, Madame Rose la concierge qui ferme les yeux sur les excentricités de ce locataire hors-norme, Madame Zelda la voyante qui fait appel aux talents de détective de Jérôme pour raconter à ses clients ce qu'ils ont envie d'entendre, Buhran l'épicier arabe du coin qui prend soin des orphelins à ses (rares) heures perdues, le père Arthur le curé boxeur et progressiste…
Jérôme K. Jérôme Bloche s'habille peut-être comme un détective hollywoodien des années 1950, mais ses enquêtes s'inscrivent dans la veine bien francophone du polar social à la Simenon ou à la Chabrol. Le genre est peu usité en bande dessinée, je ne vois guère que les enquêtes du Commissaire Raffini (pas dans les deux premiers opus de la série toutefois), et dans une moindre mesure certains albums de Gil Jourdan pour s'y rattacher. C'est un tour de force de Dodier que d'imposer avec succès une telle approche dans des albums apparemment destinés à la jeunesse.
Car ici, l'enquête n'a que peu d'importance, ce sont les situations et les protagonistes qui font le récit. Les problèmes auxquelles notre détective est confronté (la drogue, l'esclavage moderne, l'exclusion…) n'ont rien de naïf et sont très en phase avec l'actualité. Contrairement à d'autres détectives qui se ne complaisent que dans le sillage des élites sociales, Jérôme évolue dans des milieux divers, du quart monde à la grande bourgeoisie, à Paris comme dans les coins reculés de province. Jérôme K. Jérôme Bloche, c'est l'anti Tony Corso… Lui, malgré son déguisement, il est “vrai” !
Je trouve également qu'Alain Dodier, auteur peu médiatisé, catalogué dans le registre “jeunesse” du fait de son travail pour le magazine Spirou, n'a pas la reconnaissance qu'il mérite. À partir du moment où ses deux scénaristes (Le Tendre et Makyo) le quittent, il reprend seul la série et ses scénarii sont construits au cordeau. Son travail est très cinématographique, dans le découpage, les cadrages, les rebondissements, les ellipses, les dialogues… Finalement, ce qui m'intéresse le moins dans cette série c'est l'humour, un peu trop répétitif (les running-gags autour des traits de caractère préadolescents de Jérôme par exemple).
Bref, Jérôme K. Jérôme Bloche est un personnage dont on peut lire et faire lire les aventures à presque tous les âges. Je trouve aussi qu'il se bonifie en (ne) vieillissant (pas). Longue vie à lui !
C'est un chef œuvre. Un ouvrage intelligent et très documenté en annexe. Dans cette annexe Alan Moore nous explique ses parti-pris et à partir de quels documents il a décidé d'orienter l'histoire dans telles ou telles directions.
L'histoire nous est racontée par le biais de deux personnages centraux : Sir William Gull, le médecin royal de la reine Victoria, et l'inspecteur Frederic Abberline qui enquête sur les meurtres. Tout en suivant l'enquête et l'évolution de ces personnages, Alan Moore arrive à décrire la situation sociale de l'époque victorienne et notamment sur la place de la femme dans cette société. On a aussi de nombreuses informations sur les franc-maçons ainsi que des nombreux symboles mystiques que l'on peut retrouver sur les principaux bâtiments historiques de Londres.
Le point négatif au premier abord peut être le dessin en noir et blanc qui semble brouillon au départ mais qui finit par coller au récit au fil de la lecture du livre. Alan Moore a vraiment ce talent de savoir choisir ses dessinateurs en fonction de ses histoires. C'est une fois de plus le cas avec Eddie Campbell qui, avec son dessin, bonifie la narration de Moore.
Pour conclure, c'est un superbe livre qui réussit à nous instruire en partant d'un des plus grands mystères historiques. Alan Moore nous raconte sa version de l'histoire en fonction des recherches qu'il a faites tout en abordant des thèmes qui lui sont chers comme la lutte des classes.
Je sens que je risque de me faire réprimander par l'administrateur mais zut le étoiles dans les yeux de mon fils quand il lit et relit cette BD vaut bien un cinq sur cinq, je la conseille vivement car elle lie humour et écologie, un mot qui ferait peur habituellement ...
Un homme de goût, ce n’est pas facile à trouver. Il faut qu’il soit raffiné. Là, on peut dire qu’il aime la viande fraîche. Il ne fera pas dans la dentelle avec ses dents acérées. On entre dans une ambiance digne du film Le silence des agneaux avec une sorte d’Hannibal Lecter.
Je n’aime généralement pas ce qui a trait au cannibalisme bien que je sois un amateur de Walking Dead. J’avais détesté par exemple Tony Chu Détective Cannibale. C’est donc avec beaucoup d’appréhension que j’ai commencé cette lecture. Et pourtant, cela a bien pris. J’ai même beaucoup apprécié ce plat.
En effet, la construction de ce récit est réalisée d’une main de maître avec un dessin tout à fait satisfaisant. Le seul point négatif était ce passage en écriture ancienne correspondant à des faits se situant à Paris au milieu du XIXème siècle. Par contre, le passage à Cuba pendant la révolution castriste est quant à lui une pure merveille.
C'est une série passionnante à découvrir car on ne sait pas ce qui se cache derrière le monstre et on a envie de le savoir. C'est tout le paradoxe.
Le second tome va nous permettre de nous placer du côté de l'ogre pour en savoir un peu plus sur son passé et sur ses motivations. En effet, on ne sait pas pourquoi il garde en vie notre héroïne. Je dois dire que j'ai été encore agréablement surpris par l'évolution prise par le récit. Même graphiquement, c'est pensé de manière intelligente selon les époques. J'ai réellement adoré. La fin de ce diptyque est impeccable même si elle arrive très rapidement.
Larcenet est un auteur prolifique et protéiforme, qui produit une œuvre des plus intéressantes, et qui s’éloigne de plus en plus de l’humour plus ou moins con de ses débuts chez Fluide Glacial.
Avec ce « Blast », on est assez proche de ce qu’il publie chez Les Rêveurs, au moins pour ce qui est de la noirceur – des propos comme du trait. J’ai trouvé le dessin très beau – avec des dégradés de gris superbes. Simple, noir, mais aussi lumineux. Un dessin ressemblant parfois à celui de Gipi (en particulier dans Vois comme ton ombre s'allonge). Le côté graphique est vraiment plus que chouette !
Et les dessins des enfants de Larcenet, qui apparaissent pour matérialiser le « Blast » de Polza, avec leur côté atypique et leur explosion colorée, sont bien choisis.
Une bonne claque visuelle donc.
Pour ce qui est de l’histoire, Larcenet prend son temps (quatre album de plus de deux cents pages !), le temps se dilate, au fur et à mesure que Polza raconte son histoire aux enquêteurs : un long flash-back occupant les quarante-huit heures de garde à vue (on n’apprend que très lentement de quoi il est accusé). Mais malgré cette enquête, ce n’est pas un album policier – et on a d’ailleurs du mal à classer cet album…
Alors, même si la fin est un peu brutale, Polza Mancini garde une bonne part de son mystère, et reste, malgré la dureté, la bestialité du personnage, quelqu’un d’intrigant, de sauvage et d’attachant, plein de vie – et d’humanité, si ce terme ne paraît pas trop galvaudé. Le quatrième et dernier tome ne lève donc pas tous les voiles – même si l’on en sait un peu plus sur ces Moaï surgissant au gré des pages et des rêves de Polza.
Le texte est plus « littéraire » que d’habitude chez Larcenet, essentiellement dans le récit de Polza, et il colle parfaitement au dessin et au parti pris graphique.
C’est clairement une des œuvres maîtresses, les plus fortes, de Larcenet, dont je ne peux que vous recommander la lecture. Un lyrisme noir, le triste destin d’un écorché, à découvrir !
Voilà une eau forte, tant par le scénario osé que l'extroardinaire graphisme de Sorel.
Peut-être ma plus belle lecture de l'année.
Un évènement de l'ancien testament revu magistralement, à la mode "Le Tendre" , et c'est bien dans l'esprit et la veine du genre, avec la cruauté et l'impudence digne de l'ouvrage de référence, que ce conte très librement adapté, nous est offert !
Du pareil ouvrage, j'en redemande ...
oui, sans doute, 5, étonante, magnifique, le mellieur dessin, le mellieur scéneario, la mellieure ambientation. Presque la mellieure BD que j'ai lu, sans aucune doute la mellieure du genre. Pour le passionés de la aviation, de l'histoire, de la 2 eme guerre, de la BD
Après près de dix ans de recherches assidues sur le catharisme, je peux dire que je connais bien ce sujet. Cette série est la seule qui peut prétendre rendre correctement la situation et l'état d'esprit, notamment des croyants et des sympathisants de l'époque.
Il est regrettable qu'après avoir largement profité de le vente de la série en 10 albums, la maison d'édition ait fait paraître un seul tome de l'intégrale privant ainsi un nouveau lectorat de la seconde moitié de la saga. Organiser ainsi la mort d'une œuvre est ridicule car parmi les lecteurs il n'y a pas que des personnes désireuses d'acheter pour l'auteur. Il y en a au moins autant qui sont intéressées par le sujet. Du coup je n'ai rien acheté d'autre de cet auteur et j'ai été dégoûté d'acheter quoi que ce soit de Glénat.
Depuis longtemps, les Compagnons du Crépuscule était une série que je considérais comme culte. Néanmoins, je ne l'avais pas lue depuis au moins quinze ans et j'appréhendais de la redécouvrir aujourd'hui, craignant de trouver qu'elle avait trop vieilli ou de découvrir des défauts que mes yeux désormais plus acérés en matière de bande dessinée pourraient trouver.
Je suis heureux de pouvoir dire que mon avis reste inchangé, c'est une bande dessinée véritablement excellente.
Les Compagnons du Crépuscule, c'est une série médiévale fantastique.
Rares sont celles qui mettent autant l'accent sur le terme médiéval car François Bourgeon a effectué un formidable travail documentaire pour redonner vie au Moyen-Âge français de l'époque de la Guerre de Cent Ans. Décors, costumes, architecture, état d'esprit et coutumes sont parfaitement respectées et bien rendues. Cela va jusqu'aux dialogues qui sont écrits en grande partie en vieux français, les rendant parfois un peu plus compliqués à comprendre mais ajoutant nettement à l'ambiance du récit.
Quant au fantastique, il s'insère à des degrés divers de tome en tome. Globalement, il s'inspire des légendes médiévales, essentiellement d'inspiration celtique avec des influences druidiques et l'apparition d'un discret Merlin dans le dernier tome. Mais nous sommes loin d'un récit d'heroïc-fantasy, même si le second tome va un peu plus loin que les autres dans ce domaine.
Chaque tome forme une histoire complète, avec chacun une ambiance assez différente. L'ensemble est relié par les personnages évidemment, par un fil rouge narratif évoquant un mystérieux conflit entre des puissances immortelles et symboliques, Noire, Rouge et Blanche, mais aussi par quelques moments clés se répétant de tome en tome tels que le texte d'introduction, certains dialogues et scènes comme les différentes fois où l'Anicet essaie un casque et se fait successivement traiter de chaudron, marmite et casserole.
Le premier tome met en scène la rencontre entre les 3 personnages principaux. On y trouve d'abord la Mariotte, jolie rousse rebelle et pas toujours très chanceuse. Puis l'Anicet, beau gosse mais très lâche, égoïste et assez détestable. Et enfin le Chevalier, défiguré et sans domaine, poursuivant une folle quête inspirée par ses rêves. L'intrigue de ce tome n'est pas passionnante mais met en place l'ambiance de la série, entre réalisme médiéval et légendes fantastiques à la croisée du rêve.
Le second tome est nettement plus orienté vers l'imaginaire et la poésie. Son récit, aventureux et débridé, est proche de la fantasy avec des créatures surnaturelles et un monde caché. Très beau, j'aime la façon dont il se raconte en parallèle un récit plus druidique, très celtique. Il y règne en outre une légère ambiance hippie tant au niveau des personnages que de certains costumes comme celui de la dame blanche.
Le troisième tome est le plus gros et le plus abouti. C'est le final grandiose de la série. Nos héros arrivent cette fois dans un décor urbain, celui d'une ville et d'un château pleins de vie, de dangers et de personnages divers et variés.
Le Dernier Chant des Malaterre est un chef d'oeuvre ne serait-ce qu'au niveau du dessin, de la recherche historique, de la beauté et du réalisme ultra-fouillé de ses décors. Bourgeon a fait un travail de documentation énorme afin de construire cette bande dessinée. Mais au-delà de cette justesse du détail et du réalisme, l'histoire en elle-même est captivante et envoûtante. Le scénario est complexe car il concrétise des notions acquises dans les deux premiers tomes et ne s'offre pas tout cru au lecteur. Il y a une part de fantastique, de magie et beaucoup d'humanité dans cette oeuvre. Et le final de toute cette aventure médiévale est tout simplement beau et intelligent.
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Le Chant du Cygne
Sortie l’année du centenaire de la première guerre mondiale, Le Chant du Cygne se distingue des autres bd sorties au même moment car il s’agit plus d’une fiction faisant la part belle à l’action plutôt qu’un fidèle récit historique assommant, quand bien même les scénaristes s’appuient sur un postulat de départ on ne peut plus réel, à savoir les mutineries de 1917. L’association Xavier Dorison – Emmanuel Herzet fonctionne à merveille. Herzet apportant sa crédibilité d’historien (en plus d’être un scénariste reconnu) et la réputation de Dorison comme « scrip doctor » et maître du genre n’est plus à faire. Ils nous mitonnent une formidable aventure humaine pleine de tragédie et de sincérité avec cette section de poilus qui se retrouvent bon gré mal gré à faire route sur Paris et l’Assemblée Nationale dans le but de remettre une pétition réclamant un commandement plus soucieux de la vie des soldats, après la débâcle du Chemin des Dames en avril 1917. Contrairement à ce qu’on a l’habitude de lire, l’ennemi principal ne se situe pas chez les boches cette fois-ci mais dans le propre camp de nos poilus révoltés qui se retrouvent pourchassés par les hauts-gradés et politiciens opportunistes qui ne souhaitent pas que les français s’alarment des conditions de vie atroces de leurs soldats. Toute l’absurdité de cette guerre est résumée ici : de petits hommes dictés par leurs petites raisons, leurs petits actes aveugles aux conséquences, servis par l’égoïsme, la négligence, l’incompétence, la stupidité et les basses méthodes. Face à ces crevures, Dorison et Herzet brossent le portrait de mecs « vrais » comme le sergent Sabiane droit comme un « i », le lieutenant Katzinski qui prend parti pour ses hommes plutôt que pour sa hiérarchie, Le Boeuf toujours du côté des copains, La Tiff qui aimerait bien rentré chez lui et revoir sa femme et sa gosse, Larzac l’anarchiste qui est le plus lucide et s’est pertinemment que la guerre est l’apanage des ambitions des riches et la tombe des pauvres, et enfin le bleu-bite La Science. Des gars dépassés par les événements qui se retrouvent par la force des choses à devoir accomplir l’impossible. Une échappé originalement mise en image par Cédric Babouche au graphisme hyper immersif, surtout au niveau des couleurs façon aquarelle où lorsque l’on est sur le champ de bataille il utilise une palette très chaude avec un mélange de marron et de rouge donnant un aspect très crade dès la scène d’ouverture ; puis quelque chose de plus bleu-grisâtre après l’horreur au moment où des soldats prennent la relève et où on enterre les morts, conférant une ambiance brumeuse à la scène ; et aussi des passages plus colorés dans les rares moments champêtres et joyeux. Une colorisation très réfléchies donc, bien embellie par un dessin accrocheur. Il me fait penser à celui d’Alex Alice sur Le Château des étoiles, avec peu d’encrage, et des personnages aux visages arrondis évoquant des types sortis d’un film d’Hayao Miyazaki, ce qui apporte la légère touche d’humour qu’il faut. Les bad guy ne sont pas en reste comme le colonel d’Anjou qui fait penser à un vilain crapaud, ou encore le commandant Morvan, une vraie « gueule cassée ». Mes avis que Dorison a dû puiser dans son autre série Les Sentinelles pour composer pas mal de ces personnages classiques. Vraiment j’ai absolument tout aimé dans ce diptyque rempli de séquences de bravoures, de rages, d’injustice, etc. Tout le spectre des émotions humaines y passe. Ce n’est certes pas le scénario qui marquera son époque mais pourquoi bouder son plaisir quand les auteurs savent ce qu’ils font, où ils vont, et que le spectacle est au rendez-vous ? En plus si cela peut donner envie de s’intéresser au sujet de manière plus sérieuse, on peut considérer la bd comme une réussite.
Jérôme K. Jérôme Bloche
J'aime l'univers que Dodier a patiemment construit autour de Jérôme K. Jérôme Bloche. Chaque année depuis plus de trente ans, il nous gratifie d'un nouvel album et c'est à chaque fois un peu comme si je retrouvais un vieil et fidèle ami. J'ai profité de la sortie du vingt-cinquième tome pour relire l'intégralité de la série et je trouve qu'il n'y a rien à jeter. J'entends bien les critiques de tous ceux qui ne partagent pas mon enthousiasme… « C'est une série naïve, répétitive, inégale, immature… » Que nenni, mes amis ! Laissez-moi essayer de vous convaincre… Le personnage de Jérôme, quand il singe Humphrey Bogart avec son imper et son chapeau mou, est un rien ridicule, cucul même, comme un des détectives pour enfants de la bibliothèque verte. Mais je ne peux m'empêcher de ressentir de la tendresse pour cet éternel adolescent, qui traîne ses vingt ans, sa flemme et son immaturité depuis trois décennies, et ressemble surtout à un Monsieur Hulot sans pipe, avec son solex, sa maladresse et ses pantalons trop courts. Jérôme n'affronte pas de grands truands internationaux, et sa route ne croise que rarement celle de dangereux espions. Il n'est pas héroïque, habitué aux coups de feu et aux cascades spectaculaires. Ses enquêtes tournent souvent autour de faits divers anecdotiques, ou d'histoires de famille banales, dignes d'une feuille de chou de province. Mais par la grâce de Dodier, les personnages qu'on y croise sont vivants, authentiques et attachants. Le coupable nous est souvent connu dès le début de l'album ; en le suivant, on découvre ses motivations et, s'il n'est pas toujours excusable, on parvient à le comprendre. Pas de vrai méchant dans ces histoires, mais des paumés, des déçus, des frustrés qui sont d'abord victimes des circonstances… et de la vie tout simplement. Et puis, il y a le petit monde de Jérôme, qui s'étoffe et s'enrichit au fil des tomes : son amie Babette, qui a bien du mérite de supporter les frasques et les lubies de son amoureux farfelu, Madame Rose la concierge qui ferme les yeux sur les excentricités de ce locataire hors-norme, Madame Zelda la voyante qui fait appel aux talents de détective de Jérôme pour raconter à ses clients ce qu'ils ont envie d'entendre, Buhran l'épicier arabe du coin qui prend soin des orphelins à ses (rares) heures perdues, le père Arthur le curé boxeur et progressiste… Jérôme K. Jérôme Bloche s'habille peut-être comme un détective hollywoodien des années 1950, mais ses enquêtes s'inscrivent dans la veine bien francophone du polar social à la Simenon ou à la Chabrol. Le genre est peu usité en bande dessinée, je ne vois guère que les enquêtes du Commissaire Raffini (pas dans les deux premiers opus de la série toutefois), et dans une moindre mesure certains albums de Gil Jourdan pour s'y rattacher. C'est un tour de force de Dodier que d'imposer avec succès une telle approche dans des albums apparemment destinés à la jeunesse. Car ici, l'enquête n'a que peu d'importance, ce sont les situations et les protagonistes qui font le récit. Les problèmes auxquelles notre détective est confronté (la drogue, l'esclavage moderne, l'exclusion…) n'ont rien de naïf et sont très en phase avec l'actualité. Contrairement à d'autres détectives qui se ne complaisent que dans le sillage des élites sociales, Jérôme évolue dans des milieux divers, du quart monde à la grande bourgeoisie, à Paris comme dans les coins reculés de province. Jérôme K. Jérôme Bloche, c'est l'anti Tony Corso… Lui, malgré son déguisement, il est “vrai” ! Je trouve également qu'Alain Dodier, auteur peu médiatisé, catalogué dans le registre “jeunesse” du fait de son travail pour le magazine Spirou, n'a pas la reconnaissance qu'il mérite. À partir du moment où ses deux scénaristes (Le Tendre et Makyo) le quittent, il reprend seul la série et ses scénarii sont construits au cordeau. Son travail est très cinématographique, dans le découpage, les cadrages, les rebondissements, les ellipses, les dialogues… Finalement, ce qui m'intéresse le moins dans cette série c'est l'humour, un peu trop répétitif (les running-gags autour des traits de caractère préadolescents de Jérôme par exemple). Bref, Jérôme K. Jérôme Bloche est un personnage dont on peut lire et faire lire les aventures à presque tous les âges. Je trouve aussi qu'il se bonifie en (ne) vieillissant (pas). Longue vie à lui !
From Hell
C'est un chef œuvre. Un ouvrage intelligent et très documenté en annexe. Dans cette annexe Alan Moore nous explique ses parti-pris et à partir de quels documents il a décidé d'orienter l'histoire dans telles ou telles directions. L'histoire nous est racontée par le biais de deux personnages centraux : Sir William Gull, le médecin royal de la reine Victoria, et l'inspecteur Frederic Abberline qui enquête sur les meurtres. Tout en suivant l'enquête et l'évolution de ces personnages, Alan Moore arrive à décrire la situation sociale de l'époque victorienne et notamment sur la place de la femme dans cette société. On a aussi de nombreuses informations sur les franc-maçons ainsi que des nombreux symboles mystiques que l'on peut retrouver sur les principaux bâtiments historiques de Londres. Le point négatif au premier abord peut être le dessin en noir et blanc qui semble brouillon au départ mais qui finit par coller au récit au fil de la lecture du livre. Alan Moore a vraiment ce talent de savoir choisir ses dessinateurs en fonction de ses histoires. C'est une fois de plus le cas avec Eddie Campbell qui, avec son dessin, bonifie la narration de Moore. Pour conclure, c'est un superbe livre qui réussit à nous instruire en partant d'un des plus grands mystères historiques. Alan Moore nous raconte sa version de l'histoire en fonction des recherches qu'il a faites tout en abordant des thèmes qui lui sont chers comme la lutte des classes.
Mégamonsieur (Les Aventures de)
Je sens que je risque de me faire réprimander par l'administrateur mais zut le étoiles dans les yeux de mon fils quand il lit et relit cette BD vaut bien un cinq sur cinq, je la conseille vivement car elle lie humour et écologie, un mot qui ferait peur habituellement ...
Un homme de goût
Un homme de goût, ce n’est pas facile à trouver. Il faut qu’il soit raffiné. Là, on peut dire qu’il aime la viande fraîche. Il ne fera pas dans la dentelle avec ses dents acérées. On entre dans une ambiance digne du film Le silence des agneaux avec une sorte d’Hannibal Lecter. Je n’aime généralement pas ce qui a trait au cannibalisme bien que je sois un amateur de Walking Dead. J’avais détesté par exemple Tony Chu Détective Cannibale. C’est donc avec beaucoup d’appréhension que j’ai commencé cette lecture. Et pourtant, cela a bien pris. J’ai même beaucoup apprécié ce plat. En effet, la construction de ce récit est réalisée d’une main de maître avec un dessin tout à fait satisfaisant. Le seul point négatif était ce passage en écriture ancienne correspondant à des faits se situant à Paris au milieu du XIXème siècle. Par contre, le passage à Cuba pendant la révolution castriste est quant à lui une pure merveille. C'est une série passionnante à découvrir car on ne sait pas ce qui se cache derrière le monstre et on a envie de le savoir. C'est tout le paradoxe. Le second tome va nous permettre de nous placer du côté de l'ogre pour en savoir un peu plus sur son passé et sur ses motivations. En effet, on ne sait pas pourquoi il garde en vie notre héroïne. Je dois dire que j'ai été encore agréablement surpris par l'évolution prise par le récit. Même graphiquement, c'est pensé de manière intelligente selon les époques. J'ai réellement adoré. La fin de ce diptyque est impeccable même si elle arrive très rapidement.
Blast
Larcenet est un auteur prolifique et protéiforme, qui produit une œuvre des plus intéressantes, et qui s’éloigne de plus en plus de l’humour plus ou moins con de ses débuts chez Fluide Glacial. Avec ce « Blast », on est assez proche de ce qu’il publie chez Les Rêveurs, au moins pour ce qui est de la noirceur – des propos comme du trait. J’ai trouvé le dessin très beau – avec des dégradés de gris superbes. Simple, noir, mais aussi lumineux. Un dessin ressemblant parfois à celui de Gipi (en particulier dans Vois comme ton ombre s'allonge). Le côté graphique est vraiment plus que chouette ! Et les dessins des enfants de Larcenet, qui apparaissent pour matérialiser le « Blast » de Polza, avec leur côté atypique et leur explosion colorée, sont bien choisis. Une bonne claque visuelle donc. Pour ce qui est de l’histoire, Larcenet prend son temps (quatre album de plus de deux cents pages !), le temps se dilate, au fur et à mesure que Polza raconte son histoire aux enquêteurs : un long flash-back occupant les quarante-huit heures de garde à vue (on n’apprend que très lentement de quoi il est accusé). Mais malgré cette enquête, ce n’est pas un album policier – et on a d’ailleurs du mal à classer cet album… Alors, même si la fin est un peu brutale, Polza Mancini garde une bonne part de son mystère, et reste, malgré la dureté, la bestialité du personnage, quelqu’un d’intrigant, de sauvage et d’attachant, plein de vie – et d’humanité, si ce terme ne paraît pas trop galvaudé. Le quatrième et dernier tome ne lève donc pas tous les voiles – même si l’on en sait un peu plus sur ces Moaï surgissant au gré des pages et des rêves de Polza. Le texte est plus « littéraire » que d’habitude chez Larcenet, essentiellement dans le récit de Polza, et il colle parfaitement au dessin et au parti pris graphique. C’est clairement une des œuvres maîtresses, les plus fortes, de Larcenet, dont je ne peux que vous recommander la lecture. Un lyrisme noir, le triste destin d’un écorché, à découvrir !
J'ai tué Abel
Voilà une eau forte, tant par le scénario osé que l'extroardinaire graphisme de Sorel. Peut-être ma plus belle lecture de l'année. Un évènement de l'ancien testament revu magistralement, à la mode "Le Tendre" , et c'est bien dans l'esprit et la veine du genre, avec la cruauté et l'impudence digne de l'ouvrage de référence, que ce conte très librement adapté, nous est offert ! Du pareil ouvrage, j'en redemande ...
Le Grand Duc
oui, sans doute, 5, étonante, magnifique, le mellieur dessin, le mellieur scéneario, la mellieure ambientation. Presque la mellieure BD que j'ai lu, sans aucune doute la mellieure du genre. Pour le passionés de la aviation, de l'histoire, de la 2 eme guerre, de la BD
Mémoire de cendres
Après près de dix ans de recherches assidues sur le catharisme, je peux dire que je connais bien ce sujet. Cette série est la seule qui peut prétendre rendre correctement la situation et l'état d'esprit, notamment des croyants et des sympathisants de l'époque. Il est regrettable qu'après avoir largement profité de le vente de la série en 10 albums, la maison d'édition ait fait paraître un seul tome de l'intégrale privant ainsi un nouveau lectorat de la seconde moitié de la saga. Organiser ainsi la mort d'une œuvre est ridicule car parmi les lecteurs il n'y a pas que des personnes désireuses d'acheter pour l'auteur. Il y en a au moins autant qui sont intéressées par le sujet. Du coup je n'ai rien acheté d'autre de cet auteur et j'ai été dégoûté d'acheter quoi que ce soit de Glénat.
Les Compagnons du Crépuscule
Depuis longtemps, les Compagnons du Crépuscule était une série que je considérais comme culte. Néanmoins, je ne l'avais pas lue depuis au moins quinze ans et j'appréhendais de la redécouvrir aujourd'hui, craignant de trouver qu'elle avait trop vieilli ou de découvrir des défauts que mes yeux désormais plus acérés en matière de bande dessinée pourraient trouver. Je suis heureux de pouvoir dire que mon avis reste inchangé, c'est une bande dessinée véritablement excellente. Les Compagnons du Crépuscule, c'est une série médiévale fantastique. Rares sont celles qui mettent autant l'accent sur le terme médiéval car François Bourgeon a effectué un formidable travail documentaire pour redonner vie au Moyen-Âge français de l'époque de la Guerre de Cent Ans. Décors, costumes, architecture, état d'esprit et coutumes sont parfaitement respectées et bien rendues. Cela va jusqu'aux dialogues qui sont écrits en grande partie en vieux français, les rendant parfois un peu plus compliqués à comprendre mais ajoutant nettement à l'ambiance du récit. Quant au fantastique, il s'insère à des degrés divers de tome en tome. Globalement, il s'inspire des légendes médiévales, essentiellement d'inspiration celtique avec des influences druidiques et l'apparition d'un discret Merlin dans le dernier tome. Mais nous sommes loin d'un récit d'heroïc-fantasy, même si le second tome va un peu plus loin que les autres dans ce domaine. Chaque tome forme une histoire complète, avec chacun une ambiance assez différente. L'ensemble est relié par les personnages évidemment, par un fil rouge narratif évoquant un mystérieux conflit entre des puissances immortelles et symboliques, Noire, Rouge et Blanche, mais aussi par quelques moments clés se répétant de tome en tome tels que le texte d'introduction, certains dialogues et scènes comme les différentes fois où l'Anicet essaie un casque et se fait successivement traiter de chaudron, marmite et casserole. Le premier tome met en scène la rencontre entre les 3 personnages principaux. On y trouve d'abord la Mariotte, jolie rousse rebelle et pas toujours très chanceuse. Puis l'Anicet, beau gosse mais très lâche, égoïste et assez détestable. Et enfin le Chevalier, défiguré et sans domaine, poursuivant une folle quête inspirée par ses rêves. L'intrigue de ce tome n'est pas passionnante mais met en place l'ambiance de la série, entre réalisme médiéval et légendes fantastiques à la croisée du rêve. Le second tome est nettement plus orienté vers l'imaginaire et la poésie. Son récit, aventureux et débridé, est proche de la fantasy avec des créatures surnaturelles et un monde caché. Très beau, j'aime la façon dont il se raconte en parallèle un récit plus druidique, très celtique. Il y règne en outre une légère ambiance hippie tant au niveau des personnages que de certains costumes comme celui de la dame blanche. Le troisième tome est le plus gros et le plus abouti. C'est le final grandiose de la série. Nos héros arrivent cette fois dans un décor urbain, celui d'une ville et d'un château pleins de vie, de dangers et de personnages divers et variés. Le Dernier Chant des Malaterre est un chef d'oeuvre ne serait-ce qu'au niveau du dessin, de la recherche historique, de la beauté et du réalisme ultra-fouillé de ses décors. Bourgeon a fait un travail de documentation énorme afin de construire cette bande dessinée. Mais au-delà de cette justesse du détail et du réalisme, l'histoire en elle-même est captivante et envoûtante. Le scénario est complexe car il concrétise des notions acquises dans les deux premiers tomes et ne s'offre pas tout cru au lecteur. Il y a une part de fantastique, de magie et beaucoup d'humanité dans cette oeuvre. Et le final de toute cette aventure médiévale est tout simplement beau et intelligent. Une pièce maîtresse dans toute bédéthèque à mes yeux.