Cet album est tombé dans mes mains sans que je réussisse à le lâcher avant de l’avoir terminé. Cela faisait longtemps qu’un western ne m’avait pas autant emballé !
Sur le papier, nous sommes pile poil dans ce que le genre a à proposer de plus classique : de vils salopards tuent des innocents avant d’être pris en chasse par un héros bad ass qui tire plus vite que son ombre.
Fort heureusement, derrière ce pitch déjà vu et revu, se cache un récit véritablement puissant et centré sur le personnage qui va donner son titre et son sel à l’album : le Marshall Sykes. Les outlaws sont d’ailleurs mis au second plan et n’apparaissent que brièvement, ce qui ne rend pas l’histoire moins intéressante, bien au contraire. Charisme fou, vêtements sombres et gueule taillée à la serpe, l’homme de loi chasse le mécréant à travers les grandes plaines américaines en quête de rédemption et d’oubli. Pierre Dubois nous en dit juste assez pour le rendre passionnant, tout en gardant la part de mystère nécessaire à notre imaginaire. Sykes est en plus flanqué de personnages hauts en couleurs et attachants, en particulier le brave O’Malley, gros dur au cœur d’or. Quant au final, il a le mérite de clore ce one shot de manière nette et efficace. Certains vous diront sans doute que c’était cousu de fil blanc. À titre personnel, je me demandais comment ça allait finir, craignant d’être déçu… mais j’ai été conquis !
Ce grand western est d’autant plus réussi qu’il est magnifiquement illustré par un Dimitri Armand que je découvre ici avec admiration. Quel coup de crayon ! La sensation de regarder un film est constante, grâce à un découpage et des gros plans savamment dosés. Grands espaces, bagarres, gun fights, saloon, veille maison abandonnée, souvenirs douloureux… Dimitri Armand sait tout faire pour le plaisir de nos yeux.
Très gros coup de cœur !
L’auteur Timothé Le Boucher est très impressionnant et ce malgré son jeune âge. L’année dernière, Ces jours qui disparaissent avait été pour moi une révélation dans le monde de la bande dessinée. Je considère qu’il réitère nettement son exploit avec « Le Patient ». Il est certainement l’auteur le plus doué de la nouvelle génération. J’ai littéralement sillonné ces pages avec bonheur et contemplation. La légende est en train de s’écrire. Oui, il se passe enfin quelque chose.
L’histoire gagne petit à petit en complexité avec des personnages qui prennent de la profondeur. Il est vrai qu’il y a des fausses pistes mais savamment orchestrées. On dénouera le fil et on déchiffrera les indices avec intelligence. Certes, on se doutait bien du jeu de manipulation. La fin aurait pu être différente et faire dans l’outrance avec un retournement de situation magistral. Cependant, l’auteur évite soigneusement cet écueil non original. Il fait dans le psychologique et cela fonctionne à merveille. On ira jusqu’aux dernières limites de la moralité de l’être humain. On remarquera également une ambiance à la Hitchcock ce que souligne également la magnifique couverture.
En effet, les sentiments y sont justes et sans excès. Ils sont d’ailleurs sublimés par la pureté du trait. De nombreuses pages certes mais qui nous permettent d’apprivoiser les personnages pour en devenir plus proches. Graphiquement, c’est parfait pour une lecture agréable. Cette somptuosité du trait conduit au bonheur. Je suis à la fois convaincu et conquis avec cependant une réserve quant au basculement du récit qui aurait pu être plus subtile.
Courrez acheter ce thriller et vous ne le regretterez pas. Un immense coup de cœur. Il ne reste plus à faire qu’une adaptation au cinéma.
Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 5/5 - Note Globale: 4.75/5
Zaroff sera incontestablement une bd figurant dans le prix des lecteurs de l'année 2019 à n'en point douter. Elle recèle toutes les qualités pour cela.
Je connaissais vaguement ce récit mettant en scène une chasse à l'homme mais j'ignorais jusqu'au nom du compte Zaroff ayant fui la révolution bolchevique. La grande originalité de ce récit est de nous raconter une nouvelle aventure après l'officielle et qui met en valeur ce méchant personnage passionné par la chasse. On va avoir droit à un duel entre psychopathes sans savoir qui est le gibier ou le chasseur. C'est un vrai survival dans le genre.
Le graphisme est véritablement à couper le souffle. J'avoue avoir apprécié les décors de ces îles tropicales au large du Brésil puis du Vénézuela. La jungle est vraiment belle et luxuriante. Je suis véritablement un adepte du style réaliste. Rien à redire par conséquent.
J'ai juste un problème entre deux dates qui me semblent trop rapproché pour être vraiment crédible. En juin 1932 se passe la première partie de l'action qui se solde par un échec pour le comte. Cependant, ce dernier parvient à s'échapper et à reconstruire tout sur une autre île en novembre 1932 de la même année. On nous fait croire qu'il connait tout les recoins de cette nouvelle île alors qu'il n'y a jamais eu de partie de chasse. Dommage pour cette erreur de datation qui aurait pû être évité en laissant tout simplement plus de marge ce qui n'aurait rien changé sur le fond.
Pour autant, j'ai passé un agréable moment de lecture et c'est tout ce qui compte. Et même si c'est un peu cruel et intense.
J'ai lu ce manga pour la première fois dans les années 2000, quand j'avais 14 ans. Une jeune adolescente donc, sortant à peine de l'âge des dessins animés tels que Sakura Chasseuse de Cartes. Je ne connaissais absolument rien du paysage politique Japonais des années 90. Je n'étais donc pas exactement le public visé par Sanctuary.
Et pourtant... de mon point de vue, j'avais l'âge idéal pour découvrir cette oeuvre. Elle m'a bouleversée, moi petite ado vivant dans sa bulle de privilégiée, et m'a fait prendre conscience pour la toute première fois de l'importance de mon futur vote en tant que citoyen. Elle m'a fait comprendre que la politique, c'est pas juste des gens barbants à la télé qui parlent de choses compliquées. Elle m'a fait réaliser que la vie peut être violente et injuste, et qu'il faut se battre, et que la complaisance dans son confort est un dangereux somnifère. Je suis devenue l'adulte que je suis aujourd'hui en partie grâce à ce manga. Et je le conseille 1000x à n'importe quel adolescent sans repère.
Vous voulez booster le taux de participation aux élections? Distribuez ce manga. Je suis sérieuse.
Le charisme incroyable des deux personnages principaux et de leurs plus fidèles alliés pète l'écran (ou plutôt les pages?) et on est happé et impliqué dans leur quête impossible dès le premier tome. On est choqué de leur détermination. On pleure les sacrifices de certains. On enrage de l'injustice du système. Et tout ça forge un foutu caractère de battant et l'envie de changer le monde. En tout cas, c'est l'effet que ça a eu sur moi (les blasés ne seront pas du même avis). Les dessins très beaux et soignés soulignent encore plus l'intensité de l'histoire.
Après, l'oeuvre n'est pas sans défaut, et je dirais que le principal est l'inutilité des personnages féminins (sauf une, mais elle n'apparait que dans des flash-backs, parce qu'elle est morte avant le début de l'histoire...). Alors qu'il y avait pourtant de quoi faire. Elles ont beau être fortes et indépendantes, et occuper des positions prestigieuses, dès le moment où elles sont domptées par leur "love interest", c'est foutu, elles deviennent de braves petites femmes sans défense et sans aucun intérêt scénaristique. C'est récurrent dans les oeuvres de Buronson, et c'est très dommage, car ça veut dire que Sanctuary n'a que très peu de chance de trouver du public aujourd'hui. Car peu importe la qualité de son histoire, les gardiens de la bienséance moderne ne verront que le côté machiste et crucifieront sans état d'âme cette oeuvre pourtant tellement plus riche que ça.
J'espère vraiment qu'elle ne sombrera pas dans l'oubli. Si j'ai des enfants un jour, c'est sûr et certain que je leur ferai lire ce manga.
Raphaël Meyssan s’attaque ici à un beau sujet – injustement occulté par l’histoire officielle, quand il n’est pas travesti – à savoir la Commune de Paris. Il le fait de façon originale et très ambitieuse. En effet, il se lance dans ce premier tome à la poursuite d’un leader communard, qui aurait vécu dans son quartier.
Mais ce qui fait toute l’originalité de son travail, c’est qu’il ne dessine pas, il ne fait qu’utiliser des documents d’époque : journaux, livres, documents officiels (rapports de police par exemple). Au milieu des gravures d’époques, se glissent des encadrés (commentaires off) et des bulles pour faire dialoguer ces personnages de papier.
Le travail préparatoire, de recherche, a dû être énorme, ce que le dossier final confirme. Chaque illustration utilisée – gravure essentiellement – y est référencée.
Si le rendu peut paraître aride, moi qui aime bien la gravure – y compris dans les collages surréalistes (de Max Ernst ou d’autres), ça me convient très bien.
Reste le déroulé de l’intrigue qui, comme pour le titre de la collection dans laquelle il est publié chez Delcourt, mêle Histoire et histoires. Ce premier tome s’étend du début de l’année 1870 à la prise de pouvoir dans Paris de la Commune (après l’échec du gouvernement versaillais de s’emparer des canons parisiens).
On sent bien l’empathie de l’auteur pour les idées communardes, et plus encore pour ceux qui les ont incarnées, jusqu’au bout de la souffrance. En cela le personnage de Victorine, parisienne mêlée aux événements, à la tragédie surtout, est une sorte de relais pour l’auteur, rendant plus vivant ce récit, lui donnant chair et palpitations.
Et l’enquête menée par le narrateur pour retracer la trajectoire de ce communard presque voisin – à un siècle et demi d’intervalle, la vie de Victorine, tout cela est très bien lié aux événements parisiens, Raphaël Meyssan éclairant bien les tenants et aboutissants des décisions des Républicains, mais aussi des Bonapartistes, des monarchistes, et de Thiers et sa clique, prêts à tout pour éviter une révolution populaire, pourtant portée par les idéaux d’une République qu’il était censé diriger (il est vrai élu après une parodie d’élection, entouré d’élus absolument pas représentatifs de la population).
Le tome suivant (et dernier je pense ?) verra l’affrontement entre Communards et Versaillais, et je l’attends en tout cas avec impatience.
**************************
Maj après lecture du deuxième tome.
C'est toujours aussi réussi ! Je suis bluffé par la somme de travail qu'a nécessité cette série, puisque l'auteur n'use que de gravures d'époque pour illustrer ses albums (et en plus cela rend très bien pour "l'intrigue", qui n'est pas corsetée, mais aussi du simple point de vue esthétique, c'est superbe !).
On sent encore toute l'empathie de l'auteur pour la cause des Communards, ce qu'il montre au travers de Victorine, une femme que nous suivons dans les méandres de cette histoire à la fois belle et triste, mais aussi au travers des acteurs majeurs, que l'auteur fait parler avec des archives d'époque. Et le tout est toujours aussi fluide.
Son empathie pour la cause communarde est aussi visible avec les quelques clins d'œil à la période actuelle, certaines citations faisant allusion à Sarkozy, hollande, voire Macron, tenants actuels de l'ordre.
Ce deuxième tome montre la Commune se mettant en place, mettant en avant ses idéaux, au risque de passer pour idéaliste, voire naïve et inconsciente - ce dont va très bien se servir Adolphe Thiers (il est quand même des prénoms qui ne laissent que des trainées de sang dans l'histoire !).
C'est aussi le début de la fin pour la Commune, les combats désespérés pour contrer la supériorité versaillaise laissant augurer la curée de la Semaine sanglante (qui sera traitée dans le troisième et dernier tome, à venir - et très attendu !!!).
L'autre attrait de cet album est de traiter des Communes de Province, en particulier celle de Marseille (qui hélas ont subi le même sort que celle de Paris), ce qui est rarement le cas.
Voilà donc une série en tous points remarquable, et qui semble très injustement méconnue. Je vous encourage donc à réparer cette erreur en la lisant, le travail de Raphaël Meyssan méritant un coup d'œil, un coup de chapeau (et, en ce qui me concerne, un coup de cœur !).
Au passage, je lui attribue la dernière étoile manquante.
Voilà une série où l’ambiance prend le pas sur l’intrigue elle-même. Après un – tout petit – temps d’adaptation, j’ai été véritablement happé par cette histoire.
Découpée en courts chapitres, présentant des personnages qui peu à peu prennent corps et âme, et surtout s’entrecroisent pour créer une histoire, cette série est, à bien des égards, une extraordinaire réussite. Clairement l’album de la maturité pour ces deux auteurs, bien en dessus de leurs précédentes collaborations (qui n’étaient pourtant pas des bouses).
Affaire d’ambiance ai-je dit, mais aussi d’univers. Il y a là du Lynch bien sûr, mais aussi une sorte d’hommage à une culture rock et psychédélique, une introspection de la société américaine (même si ça se passe « ailleurs »), de ses travers, de ses folies. Et une peur de vivre, un désespoir cachés ou alimentés par la consommation d’alcool, de drogues.
Mais surtout il y a une évidente parenté avec l’œuvre de Charles Burns. Graphiquement d’abord, avec des dessins figés, presque stylisés parfois, et une colorisation (que j’adore) où dominent le mauve, le noir, des tons sombres qui attirent le quotidien vers le fantastique, un étrange underground. Mais aussi pour certains thèmes abordés, comme le malaise de la sortie de l’adolescence, la difficulté d’aimer et d’être aimé par exemple. En tout cas les amateurs de l’auteur américain – et tous ceux qui apprécient ce genre d’onirisme noir et torturé – se retrouveront dans ces trois albums.
Les deux premiers albums sont vraiment superbes. La lecture est très agréable, même si la densité des textes nécessite un certain investissement (ils sont majoritairement au style indirect, comme si l’on – c’est-à-dire les auteurs comme les lecteurs – pratiquaient une sorte d’autopsie de la société, du moins des quelques personnages choisis pour la représenter ici).
Je distinguerai un peu le troisième et dernier tome. Le côté graphique est toujours aussi beau, mais j’ai été un peu moins convaincu, et ai été davantage perdu par la logorrhée des textes, parfois bruts (dans tous les sens du terme, puisque souvent simples notes, mots alignés), ce langage saccadé, accéléré comme pour accompagner un mauvais trip, pour prévenir l’overdose, contrastant avec la fin, peut-être moins planante qu’attendu (et du coup un chouia décevante ?). La construction de « l’intrigue » m’est aussi apparue un peu moins claire.
Mais cela reste quand même une très belle réussite, que je vous encourage à découvrir si ce n’est pas déjà fait. Une série culte, malgré les passages obscures, malgré les quelques rares petites baisses de régime.
Il y a des familles aimantes où tout se passe bien dans le meilleur des mondes. Il y en a d'autres où l'on ne peut pas en dire autant. L'alcool est souvent responsable de cette souffrance infligée aux membres de la famille que l'on soit une épouse ou une enfant.
J'ai trouvé ce témoignage de la mangaka assez boulversant. Mariko est aujourd'hui autrice de mangas. Mais elle revient de très loin. Elle a été élevée par un père alcoolique et une mère embrigadée dans une secte qui a terminé brusquement sa vie laissant seules ses deux petites filles.
L'alcoolisme ne sera pas abordée sous l'angle de la maladie mais des douleurs causées à l'entourage qui essaye tant bien que mal à avoir une vie normale. Ce récit autobiographique sera très dur sur le fond mais il est compensé par un graphisme assez enfantin pour en atténuer les effets.
J'admire ce genre de personne qui s'en sort malgré tout. C'est un coup de coeur pour un manga qui passera vraissemblablement inaperçu car personne n'a envie d'évoquer ce sujet triste, complexe et tabou.
Bon mon humble avis ne changera rien à la cote de cette série, je l'ai découverte à son tome 2 et c'est devenu un classique dans ma bibliothèque.
Lecture de très haute qualité, tout d'abord le dessin magnifique, précis et détaillé (avec des petits éléments éparpillés par-ci par-là que l'on avait pas remarqué lors de lectures précédentes), couleur magnifique (mais ambiance un poil trop sombre des fois, il faut lire sous une bonne lumière), des bouilles expressives (ahhh les pirates, Eusebe, Mendoza ...) autour de notre duo à crocs, bref un plaisir pour les yeux, on se plaît à suivre cet univers de capes et d'épées mâtiné de Jean de la Fontaine.
L'autre plaisir coupable de cette série vient des dialogues de très hautes volées, la plume d'Ayroles nous régale (au même titre que Masbou aux pinceaux).
Je dois avouer que la premiers tomes sont à mes yeux une référence (l'aventure lunaire ayant qq longueurs, mais des longueurs de cette qualité j'en redemande), et que les tomes 11 et 12 en forme de préquel sur les déboires d'Eusebe sont comme un retour aux sources, une façon magistrale de conclure la série et de nous permettre de quitter cet univers avec le sourire aux lèvres.
Voilà une œuvre rare concoctée par 2 auteurs exigeants sur leur travail et qui ne peut que ravir le lecteur.
Fabcaro est sans doute actuellement le seul auteur de la bd humoristique dont les œuvres me font vraiment rire. C'est un peu triste devant autant de diversité d'auteurs mais c'est comme cela en ce qui me concerne.
Alors une question se pose : qu'est-ce qu'il a de différents des autres pour pouvoir me toucher à ce point ? Je pourrais répondre le talent mais cela serait sans doute perçu comme une offense pour les autres. La réponse est probablement une raison plus subjective.
Open Bar est dans la droite ligne de Zaï Zaï Zaï Zaï qui est actuellement son plus grand succès assez inattendu bien que mérité. Fabcaro arrive à aborder certains sujets de la société actuelle en distillant une certaine critique au-delà des chutes plutôt marrantes.
Il y a pèle-mêle les retards récurrents de la SNCF, les écrivains qui font des fautes d’orthographe perçu comme de l'art par certains commentateurs assez crétins, les politiciens qui servent de la langue de bois en parlant des français comme s'ils les connaissaient, la radicalisation islamiste qui commencerait si on ne prête pas un crayon à la maternelle traduisant un sentiment d'exclusion, le manque de flexibilité sur le marché du travail, la dramatisation à outrance de l'information ou encore les actualités de la première chaîne sur des événements badins d'un village, les présentatrices météo véritables top model, les délais d'attente téléphonique au hot line des fournisseurs d'accès à internet lors d'une panne de connexion etc...
Bref, autant de sujet de notre quotidien qui nous parlent vraiment. Il y a toujours de l'absurde mais beaucoup de vrais dans les réflexions qui en découlent. C'est open bar et c'est toujours un régal !
Bon, soyons clair et concis :
Après avoir tenté l'expérience avec le premier tome, que j'ai dévoré pratiquement d'une traite,
je n'ai pas hésité à lire les quatre autres tomes.
Comme celui de la série Pierre Tombal, le surprenant fossoyeur et gardien de son cher cimetière,
j'apprécie cet humour noir. Je suis déçu que cette série, présentant et suivant cet attachant tueur,
ait été arrêtée. Avec les avancées technologiques, médicales et les réseaux sociaux d'aujourd'hui + les prototypes en cours de développement, il y a là une belle matière pour imaginer et dessiner un beau lot de gags tout neufs et diablement accrocheurs.
Je trouve que cette série bien méconnue, à tort d'ailleurs, mérite une très bonne place sur le podium des classiques. Néanmoins, je comprends que cet humour ne plaise pas à tout le monde, tant il est si particulier.
Il est vrai qu'un nombre certain de gags de cette série sont prévisibles, tant le ton décalé spécial s'y prête, mais cela n'enlève en rien le charme qui compose cette série.
Le mot de la fin :
Comme vous devez vous en douter à ce niveau-là, je recommande bien évidemment la lecture de cette série.
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Cet album est tombé dans mes mains sans que je réussisse à le lâcher avant de l’avoir terminé. Cela faisait longtemps qu’un western ne m’avait pas autant emballé ! Sur le papier, nous sommes pile poil dans ce que le genre a à proposer de plus classique : de vils salopards tuent des innocents avant d’être pris en chasse par un héros bad ass qui tire plus vite que son ombre. Fort heureusement, derrière ce pitch déjà vu et revu, se cache un récit véritablement puissant et centré sur le personnage qui va donner son titre et son sel à l’album : le Marshall Sykes. Les outlaws sont d’ailleurs mis au second plan et n’apparaissent que brièvement, ce qui ne rend pas l’histoire moins intéressante, bien au contraire. Charisme fou, vêtements sombres et gueule taillée à la serpe, l’homme de loi chasse le mécréant à travers les grandes plaines américaines en quête de rédemption et d’oubli. Pierre Dubois nous en dit juste assez pour le rendre passionnant, tout en gardant la part de mystère nécessaire à notre imaginaire. Sykes est en plus flanqué de personnages hauts en couleurs et attachants, en particulier le brave O’Malley, gros dur au cœur d’or. Quant au final, il a le mérite de clore ce one shot de manière nette et efficace. Certains vous diront sans doute que c’était cousu de fil blanc. À titre personnel, je me demandais comment ça allait finir, craignant d’être déçu… mais j’ai été conquis ! Ce grand western est d’autant plus réussi qu’il est magnifiquement illustré par un Dimitri Armand que je découvre ici avec admiration. Quel coup de crayon ! La sensation de regarder un film est constante, grâce à un découpage et des gros plans savamment dosés. Grands espaces, bagarres, gun fights, saloon, veille maison abandonnée, souvenirs douloureux… Dimitri Armand sait tout faire pour le plaisir de nos yeux. Très gros coup de cœur !
Le Patient
L’auteur Timothé Le Boucher est très impressionnant et ce malgré son jeune âge. L’année dernière, Ces jours qui disparaissent avait été pour moi une révélation dans le monde de la bande dessinée. Je considère qu’il réitère nettement son exploit avec « Le Patient ». Il est certainement l’auteur le plus doué de la nouvelle génération. J’ai littéralement sillonné ces pages avec bonheur et contemplation. La légende est en train de s’écrire. Oui, il se passe enfin quelque chose. L’histoire gagne petit à petit en complexité avec des personnages qui prennent de la profondeur. Il est vrai qu’il y a des fausses pistes mais savamment orchestrées. On dénouera le fil et on déchiffrera les indices avec intelligence. Certes, on se doutait bien du jeu de manipulation. La fin aurait pu être différente et faire dans l’outrance avec un retournement de situation magistral. Cependant, l’auteur évite soigneusement cet écueil non original. Il fait dans le psychologique et cela fonctionne à merveille. On ira jusqu’aux dernières limites de la moralité de l’être humain. On remarquera également une ambiance à la Hitchcock ce que souligne également la magnifique couverture. En effet, les sentiments y sont justes et sans excès. Ils sont d’ailleurs sublimés par la pureté du trait. De nombreuses pages certes mais qui nous permettent d’apprivoiser les personnages pour en devenir plus proches. Graphiquement, c’est parfait pour une lecture agréable. Cette somptuosité du trait conduit au bonheur. Je suis à la fois convaincu et conquis avec cependant une réserve quant au basculement du récit qui aurait pu être plus subtile. Courrez acheter ce thriller et vous ne le regretterez pas. Un immense coup de cœur. Il ne reste plus à faire qu’une adaptation au cinéma. Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 5/5 - Note Globale: 4.75/5
Zaroff
Zaroff sera incontestablement une bd figurant dans le prix des lecteurs de l'année 2019 à n'en point douter. Elle recèle toutes les qualités pour cela. Je connaissais vaguement ce récit mettant en scène une chasse à l'homme mais j'ignorais jusqu'au nom du compte Zaroff ayant fui la révolution bolchevique. La grande originalité de ce récit est de nous raconter une nouvelle aventure après l'officielle et qui met en valeur ce méchant personnage passionné par la chasse. On va avoir droit à un duel entre psychopathes sans savoir qui est le gibier ou le chasseur. C'est un vrai survival dans le genre. Le graphisme est véritablement à couper le souffle. J'avoue avoir apprécié les décors de ces îles tropicales au large du Brésil puis du Vénézuela. La jungle est vraiment belle et luxuriante. Je suis véritablement un adepte du style réaliste. Rien à redire par conséquent. J'ai juste un problème entre deux dates qui me semblent trop rapproché pour être vraiment crédible. En juin 1932 se passe la première partie de l'action qui se solde par un échec pour le comte. Cependant, ce dernier parvient à s'échapper et à reconstruire tout sur une autre île en novembre 1932 de la même année. On nous fait croire qu'il connait tout les recoins de cette nouvelle île alors qu'il n'y a jamais eu de partie de chasse. Dommage pour cette erreur de datation qui aurait pû être évité en laissant tout simplement plus de marge ce qui n'aurait rien changé sur le fond. Pour autant, j'ai passé un agréable moment de lecture et c'est tout ce qui compte. Et même si c'est un peu cruel et intense.
Sanctuary
J'ai lu ce manga pour la première fois dans les années 2000, quand j'avais 14 ans. Une jeune adolescente donc, sortant à peine de l'âge des dessins animés tels que Sakura Chasseuse de Cartes. Je ne connaissais absolument rien du paysage politique Japonais des années 90. Je n'étais donc pas exactement le public visé par Sanctuary. Et pourtant... de mon point de vue, j'avais l'âge idéal pour découvrir cette oeuvre. Elle m'a bouleversée, moi petite ado vivant dans sa bulle de privilégiée, et m'a fait prendre conscience pour la toute première fois de l'importance de mon futur vote en tant que citoyen. Elle m'a fait comprendre que la politique, c'est pas juste des gens barbants à la télé qui parlent de choses compliquées. Elle m'a fait réaliser que la vie peut être violente et injuste, et qu'il faut se battre, et que la complaisance dans son confort est un dangereux somnifère. Je suis devenue l'adulte que je suis aujourd'hui en partie grâce à ce manga. Et je le conseille 1000x à n'importe quel adolescent sans repère. Vous voulez booster le taux de participation aux élections? Distribuez ce manga. Je suis sérieuse. Le charisme incroyable des deux personnages principaux et de leurs plus fidèles alliés pète l'écran (ou plutôt les pages?) et on est happé et impliqué dans leur quête impossible dès le premier tome. On est choqué de leur détermination. On pleure les sacrifices de certains. On enrage de l'injustice du système. Et tout ça forge un foutu caractère de battant et l'envie de changer le monde. En tout cas, c'est l'effet que ça a eu sur moi (les blasés ne seront pas du même avis). Les dessins très beaux et soignés soulignent encore plus l'intensité de l'histoire. Après, l'oeuvre n'est pas sans défaut, et je dirais que le principal est l'inutilité des personnages féminins (sauf une, mais elle n'apparait que dans des flash-backs, parce qu'elle est morte avant le début de l'histoire...). Alors qu'il y avait pourtant de quoi faire. Elles ont beau être fortes et indépendantes, et occuper des positions prestigieuses, dès le moment où elles sont domptées par leur "love interest", c'est foutu, elles deviennent de braves petites femmes sans défense et sans aucun intérêt scénaristique. C'est récurrent dans les oeuvres de Buronson, et c'est très dommage, car ça veut dire que Sanctuary n'a que très peu de chance de trouver du public aujourd'hui. Car peu importe la qualité de son histoire, les gardiens de la bienséance moderne ne verront que le côté machiste et crucifieront sans état d'âme cette oeuvre pourtant tellement plus riche que ça. J'espère vraiment qu'elle ne sombrera pas dans l'oubli. Si j'ai des enfants un jour, c'est sûr et certain que je leur ferai lire ce manga.
Les Damnés de la Commune
Raphaël Meyssan s’attaque ici à un beau sujet – injustement occulté par l’histoire officielle, quand il n’est pas travesti – à savoir la Commune de Paris. Il le fait de façon originale et très ambitieuse. En effet, il se lance dans ce premier tome à la poursuite d’un leader communard, qui aurait vécu dans son quartier. Mais ce qui fait toute l’originalité de son travail, c’est qu’il ne dessine pas, il ne fait qu’utiliser des documents d’époque : journaux, livres, documents officiels (rapports de police par exemple). Au milieu des gravures d’époques, se glissent des encadrés (commentaires off) et des bulles pour faire dialoguer ces personnages de papier. Le travail préparatoire, de recherche, a dû être énorme, ce que le dossier final confirme. Chaque illustration utilisée – gravure essentiellement – y est référencée. Si le rendu peut paraître aride, moi qui aime bien la gravure – y compris dans les collages surréalistes (de Max Ernst ou d’autres), ça me convient très bien. Reste le déroulé de l’intrigue qui, comme pour le titre de la collection dans laquelle il est publié chez Delcourt, mêle Histoire et histoires. Ce premier tome s’étend du début de l’année 1870 à la prise de pouvoir dans Paris de la Commune (après l’échec du gouvernement versaillais de s’emparer des canons parisiens). On sent bien l’empathie de l’auteur pour les idées communardes, et plus encore pour ceux qui les ont incarnées, jusqu’au bout de la souffrance. En cela le personnage de Victorine, parisienne mêlée aux événements, à la tragédie surtout, est une sorte de relais pour l’auteur, rendant plus vivant ce récit, lui donnant chair et palpitations. Et l’enquête menée par le narrateur pour retracer la trajectoire de ce communard presque voisin – à un siècle et demi d’intervalle, la vie de Victorine, tout cela est très bien lié aux événements parisiens, Raphaël Meyssan éclairant bien les tenants et aboutissants des décisions des Républicains, mais aussi des Bonapartistes, des monarchistes, et de Thiers et sa clique, prêts à tout pour éviter une révolution populaire, pourtant portée par les idéaux d’une République qu’il était censé diriger (il est vrai élu après une parodie d’élection, entouré d’élus absolument pas représentatifs de la population). Le tome suivant (et dernier je pense ?) verra l’affrontement entre Communards et Versaillais, et je l’attends en tout cas avec impatience. ************************** Maj après lecture du deuxième tome. C'est toujours aussi réussi ! Je suis bluffé par la somme de travail qu'a nécessité cette série, puisque l'auteur n'use que de gravures d'époque pour illustrer ses albums (et en plus cela rend très bien pour "l'intrigue", qui n'est pas corsetée, mais aussi du simple point de vue esthétique, c'est superbe !). On sent encore toute l'empathie de l'auteur pour la cause des Communards, ce qu'il montre au travers de Victorine, une femme que nous suivons dans les méandres de cette histoire à la fois belle et triste, mais aussi au travers des acteurs majeurs, que l'auteur fait parler avec des archives d'époque. Et le tout est toujours aussi fluide. Son empathie pour la cause communarde est aussi visible avec les quelques clins d'œil à la période actuelle, certaines citations faisant allusion à Sarkozy, hollande, voire Macron, tenants actuels de l'ordre. Ce deuxième tome montre la Commune se mettant en place, mettant en avant ses idéaux, au risque de passer pour idéaliste, voire naïve et inconsciente - ce dont va très bien se servir Adolphe Thiers (il est quand même des prénoms qui ne laissent que des trainées de sang dans l'histoire !). C'est aussi le début de la fin pour la Commune, les combats désespérés pour contrer la supériorité versaillaise laissant augurer la curée de la Semaine sanglante (qui sera traitée dans le troisième et dernier tome, à venir - et très attendu !!!). L'autre attrait de cet album est de traiter des Communes de Province, en particulier celle de Marseille (qui hélas ont subi le même sort que celle de Paris), ce qui est rarement le cas. Voilà donc une série en tous points remarquable, et qui semble très injustement méconnue. Je vous encourage donc à réparer cette erreur en la lisant, le travail de Raphaël Meyssan méritant un coup d'œil, un coup de chapeau (et, en ce qui me concerne, un coup de cœur !). Au passage, je lui attribue la dernière étoile manquante.
Le Roi des Mouches
Voilà une série où l’ambiance prend le pas sur l’intrigue elle-même. Après un – tout petit – temps d’adaptation, j’ai été véritablement happé par cette histoire. Découpée en courts chapitres, présentant des personnages qui peu à peu prennent corps et âme, et surtout s’entrecroisent pour créer une histoire, cette série est, à bien des égards, une extraordinaire réussite. Clairement l’album de la maturité pour ces deux auteurs, bien en dessus de leurs précédentes collaborations (qui n’étaient pourtant pas des bouses). Affaire d’ambiance ai-je dit, mais aussi d’univers. Il y a là du Lynch bien sûr, mais aussi une sorte d’hommage à une culture rock et psychédélique, une introspection de la société américaine (même si ça se passe « ailleurs »), de ses travers, de ses folies. Et une peur de vivre, un désespoir cachés ou alimentés par la consommation d’alcool, de drogues. Mais surtout il y a une évidente parenté avec l’œuvre de Charles Burns. Graphiquement d’abord, avec des dessins figés, presque stylisés parfois, et une colorisation (que j’adore) où dominent le mauve, le noir, des tons sombres qui attirent le quotidien vers le fantastique, un étrange underground. Mais aussi pour certains thèmes abordés, comme le malaise de la sortie de l’adolescence, la difficulté d’aimer et d’être aimé par exemple. En tout cas les amateurs de l’auteur américain – et tous ceux qui apprécient ce genre d’onirisme noir et torturé – se retrouveront dans ces trois albums. Les deux premiers albums sont vraiment superbes. La lecture est très agréable, même si la densité des textes nécessite un certain investissement (ils sont majoritairement au style indirect, comme si l’on – c’est-à-dire les auteurs comme les lecteurs – pratiquaient une sorte d’autopsie de la société, du moins des quelques personnages choisis pour la représenter ici). Je distinguerai un peu le troisième et dernier tome. Le côté graphique est toujours aussi beau, mais j’ai été un peu moins convaincu, et ai été davantage perdu par la logorrhée des textes, parfois bruts (dans tous les sens du terme, puisque souvent simples notes, mots alignés), ce langage saccadé, accéléré comme pour accompagner un mauvais trip, pour prévenir l’overdose, contrastant avec la fin, peut-être moins planante qu’attendu (et du coup un chouia décevante ?). La construction de « l’intrigue » m’est aussi apparue un peu moins claire. Mais cela reste quand même une très belle réussite, que je vous encourage à découvrir si ce n’est pas déjà fait. Une série culte, malgré les passages obscures, malgré les quelques rares petites baisses de régime.
Mon père alcoolique et moi
Il y a des familles aimantes où tout se passe bien dans le meilleur des mondes. Il y en a d'autres où l'on ne peut pas en dire autant. L'alcool est souvent responsable de cette souffrance infligée aux membres de la famille que l'on soit une épouse ou une enfant. J'ai trouvé ce témoignage de la mangaka assez boulversant. Mariko est aujourd'hui autrice de mangas. Mais elle revient de très loin. Elle a été élevée par un père alcoolique et une mère embrigadée dans une secte qui a terminé brusquement sa vie laissant seules ses deux petites filles. L'alcoolisme ne sera pas abordée sous l'angle de la maladie mais des douleurs causées à l'entourage qui essaye tant bien que mal à avoir une vie normale. Ce récit autobiographique sera très dur sur le fond mais il est compensé par un graphisme assez enfantin pour en atténuer les effets. J'admire ce genre de personne qui s'en sort malgré tout. C'est un coup de coeur pour un manga qui passera vraissemblablement inaperçu car personne n'a envie d'évoquer ce sujet triste, complexe et tabou.
De Cape et de Crocs
Bon mon humble avis ne changera rien à la cote de cette série, je l'ai découverte à son tome 2 et c'est devenu un classique dans ma bibliothèque. Lecture de très haute qualité, tout d'abord le dessin magnifique, précis et détaillé (avec des petits éléments éparpillés par-ci par-là que l'on avait pas remarqué lors de lectures précédentes), couleur magnifique (mais ambiance un poil trop sombre des fois, il faut lire sous une bonne lumière), des bouilles expressives (ahhh les pirates, Eusebe, Mendoza ...) autour de notre duo à crocs, bref un plaisir pour les yeux, on se plaît à suivre cet univers de capes et d'épées mâtiné de Jean de la Fontaine. L'autre plaisir coupable de cette série vient des dialogues de très hautes volées, la plume d'Ayroles nous régale (au même titre que Masbou aux pinceaux). Je dois avouer que la premiers tomes sont à mes yeux une référence (l'aventure lunaire ayant qq longueurs, mais des longueurs de cette qualité j'en redemande), et que les tomes 11 et 12 en forme de préquel sur les déboires d'Eusebe sont comme un retour aux sources, une façon magistrale de conclure la série et de nous permettre de quitter cet univers avec le sourire aux lèvres. Voilà une œuvre rare concoctée par 2 auteurs exigeants sur leur travail et qui ne peut que ravir le lecteur.
Open Bar
Fabcaro est sans doute actuellement le seul auteur de la bd humoristique dont les œuvres me font vraiment rire. C'est un peu triste devant autant de diversité d'auteurs mais c'est comme cela en ce qui me concerne. Alors une question se pose : qu'est-ce qu'il a de différents des autres pour pouvoir me toucher à ce point ? Je pourrais répondre le talent mais cela serait sans doute perçu comme une offense pour les autres. La réponse est probablement une raison plus subjective. Open Bar est dans la droite ligne de Zaï Zaï Zaï Zaï qui est actuellement son plus grand succès assez inattendu bien que mérité. Fabcaro arrive à aborder certains sujets de la société actuelle en distillant une certaine critique au-delà des chutes plutôt marrantes. Il y a pèle-mêle les retards récurrents de la SNCF, les écrivains qui font des fautes d’orthographe perçu comme de l'art par certains commentateurs assez crétins, les politiciens qui servent de la langue de bois en parlant des français comme s'ils les connaissaient, la radicalisation islamiste qui commencerait si on ne prête pas un crayon à la maternelle traduisant un sentiment d'exclusion, le manque de flexibilité sur le marché du travail, la dramatisation à outrance de l'information ou encore les actualités de la première chaîne sur des événements badins d'un village, les présentatrices météo véritables top model, les délais d'attente téléphonique au hot line des fournisseurs d'accès à internet lors d'une panne de connexion etc... Bref, autant de sujet de notre quotidien qui nous parlent vraiment. Il y a toujours de l'absurde mais beaucoup de vrais dans les réflexions qui en découlent. C'est open bar et c'est toujours un régal !
L'Effaceur
Bon, soyons clair et concis : Après avoir tenté l'expérience avec le premier tome, que j'ai dévoré pratiquement d'une traite, je n'ai pas hésité à lire les quatre autres tomes. Comme celui de la série Pierre Tombal, le surprenant fossoyeur et gardien de son cher cimetière, j'apprécie cet humour noir. Je suis déçu que cette série, présentant et suivant cet attachant tueur, ait été arrêtée. Avec les avancées technologiques, médicales et les réseaux sociaux d'aujourd'hui + les prototypes en cours de développement, il y a là une belle matière pour imaginer et dessiner un beau lot de gags tout neufs et diablement accrocheurs. Je trouve que cette série bien méconnue, à tort d'ailleurs, mérite une très bonne place sur le podium des classiques. Néanmoins, je comprends que cet humour ne plaise pas à tout le monde, tant il est si particulier. Il est vrai qu'un nombre certain de gags de cette série sont prévisibles, tant le ton décalé spécial s'y prête, mais cela n'enlève en rien le charme qui compose cette série. Le mot de la fin : Comme vous devez vous en douter à ce niveau-là, je recommande bien évidemment la lecture de cette série.