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Couverture de la série Les Rigoles
Les Rigoles

A mon sens Brecht Evans n'est pas un dessinateur, c'est un artiste qui utilise le support de la bande dessinée pour s'exprimer. Il utilisera sûrement d'autres supports un jour je pense. Je le vois comme un auteur qui a une place à part dans la bande dessinée. Chacun des ouvrages qu'il a réalisés sont pour moi une merveille. Seul bémol, un univers dur, presque pathologique, avec des personnages tirés vers le bas (souvent malgré tous leurs efforts), ce qui peut avoir tendance à vous sabrer le moral.

13/02/2019 (modifier)
Par Gaston
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Arabe du futur
L'Arabe du futur

Je mets à jour mon avis après la lecture du quatrième tome qui est le meilleur album d'une série que je trouve de plus en plus excellente à chaque album. Sattouf raconte son enfance entre la Syrie, la Libye et la France et c'est vraiment intéressant. L'auteur sait comment raconter la vie quotidienne et j'ai particulièrement aimé comment il ne fait pas la morale. Il ne fait que montrer ce qu'il a vécu et il laisse les lecteurs juger tous seuls. Du coup les personnages semblent terriblement humains et je me suis surpris à changer d'opinion sur eux selon les scènes. Ainsi, par exemple, j'ai trouvé que le père était vraiment un gros connard durant la majeure partie du tome 4 et puis il y avait quelques pages où je trouvais qu'il faisait un peu pitié. Je pense que Sattouf est vraiment excellent pour caricaturer le genre humain. Le personnage du père de Sattouf est vraiment au centre de cette série. Il est rempli de contradictions (il veut être moderne, mais il est un peu prisonnier du coté traditionnel de sa famille et cela va empirer lorsqu'il va devenir plus religieux) et de préjugés. Disons que je suis bien content de pas l'avoir eu comme père ! La mère est effacée au début, mais elle est plus présente au fil des tomes. Vu que ce sont les souvenirs de Sattouf enfant, la situation devient plus complexe lorsqu'il grandit et qu'il comprend mieux le monde qui l'entoure, notamment que son père est moins honorable qu'il le pensait. Une bonne lecture qui montre la société arabe et française des années 80-90 vécue par un jeune enfant. Toutefois, je n'irais pas jusqu'à dire que c'est la série à lire pour comprendre la situation en Syrie. Pour moi c'est surtout le témoignage d'un auteur qui avait beaucoup de choses à dire et peut-être exorciser certains démons intérieurs. Après réflexion, je monte la note et donne le maximum. Cela faisait longtemps que je n'avais pas autant apprécié une série !

11/07/2015 (MAJ le 04/02/2019) (modifier)
Par PAco
Note: 5/5
Couverture de la série Moi, ce que j'aime, c'est les monstres
Moi, ce que j'aime, c'est les monstres

Voilà sans doute le plus bel OVNI qui nous soit tombé dessus depuis quelques temps ! Et pour du lourd on prend du lourd ! Car hormis ces quelques 400 pages et des poussières, Emil Ferris nous plonge subrepticement dans un univers décalé qu'il va falloir apprivoiser au fil des pages, tant graphiquement que narrativement. Son histoire prend place dans un Chicago des années 60 à travers les yeux de Karen Reyes, jeune fille de dix ans, qui voit des monstres un peu partout et se prend elle même pour un loup garou. Le suicide d'une de ses voisines auquel elle ne croit pas va la conduire à mener l'enquête dans son entourage... Voilà un pitch bien singulier qui n'est pourtant que l'arbre qui cache la forêt d'une imagination débridée mais maîtrisée. Car malgré l'impression de touffeur qui pourrait sembler prendre le dessus au simple feuilletage de l'album (je vous mets au défi de trouver un espace suffisant pour une dédicace !), on est vite subjugué par l'histoire de cette jeune fille et le graphisme qu'impose Emil Ferris. Composé sur une trame de feuillets perforés avec des lignes, ses planches dessinées tout au crayon bic sont d'une rare beauté ! Que ce soit ses nuances de noir ou ses mélanges de couleurs audacieux, certaines de ses planches m'ont littéralement scotché ! Ce n'est certainement pas un hasard que cet album ait déjà été primé à maintes reprises au fil de cette année, tant il ne peut laisser indifférent. Après, c'est typiquement le genre d'album dans le quel on rentre ou on ne rentre pas, il n'y a pas d'entre deux. Alors avant de vous lancer dans son achat, jetez-y un œil pour vous en faire une idée, mais cela reste pour moi un de albums les plus audacieux et envoutant de l'année !

01/02/2019 (modifier)
Par gruizzli
Note: 5/5
Couverture de la série Persepolis
Persepolis

Arrivant bien après la bataille, je me contente modestement d'ajouter ma pierre à l'édifice de louanges que Persepolis a déjà acquis durablement au fil des ans. Que pourrais-je rajouter qui n'ait déjà été dit ? Persepolis est l’œuvre qui a révélé Marjane Satrapi comme une auteure à suivre et qui fait encore date aujourd'hui. Un récit unique et prenant sur la vie de cette jeune femme iranienne, mais qui sait plonger loin dans les détails. Récit de femme, récit d'iranienne, récit de vie, tout se retrouve dans cette œuvre qui s'ouvre avec l'enfance et se finira sur le départ définitif de son auteure pour la France. Un récit qui balaye toute une révolution, pas si loin de chez nous et pourtant très lointaine dans nos esprits. Cette BD a fait date, je ne pense pas surprendre en disant ceci. Adapté en film d'animation (film par ailleurs tout aussi excellent), ce récit a marqué à la fois la bande dessinée et le monde. La BD est devenue une de ces références lorsque sont citées les lettres de noblesse de cet art. Bref, un must-have ! Bien sûr, c'est le mélange du dessin, en noir et blanc tout en rondeur, et de l'histoire, qui mêle récit de vie avec la grande Histoire, qui a fait mouche. La lecture est d'une fluidité sans faille, on rit et on pleure avec cette vie pas si banale. On comprend mieux ce qu'il s'est passé, et peut-être un peu ce qu'il se passe dans ce pays. Les personnages sont attachants, les cases sont parfois superbes ... C'est du tout bon jusqu'au dernier instant, et je ne peux pas en rajouter plus. En tant que BD, Persepolis a fait date.

30/01/2019 (modifier)
Par jul
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Favorite
La Favorite

C'est grâce à bdtheque que j'ai lu cette bd qui ne m'aurait pas attiré en temps normal. La faute à son dessin, qui n'est pas celui que j'affectionne naturellement, enfin au 1er abord. Non c'est surtout le scénario qui m'a interpellé. Un enfant brimé et séquestré dans un vieux manoir familial. Travesti en fille par une grand mère à moitié folle, méchante et acariâtre. Un grand père faible et lâche qui laisse faire, en buvant et écoutant ses disques classiques, perdu dans la mélancolie d'une vie ratée... Malgré cela, le gosse vit tout de même comme un enfant de son âge, enfin essaye... Dans son monde clos et coupé de l'extérieur, rythmé par les leçons et punitions de l'odieuse grand-mère. Le grand jardin où il joue avec les animaux et les livres, très présents dans la grande maison, qu'il dévore avec avidité, chose normale quand on est enfermé et ne voyant aucun autre enfant... Tout en maudissant, tout comme le grand père, cette terrible femme. Ces 2 là aimeraient bien qu'elle meure. De ses parents, l'enfant n'a aucun souvenir, et se demande bien à quoi ils pourraient ressembler. Puis un jour une famille de Portugais embauchée par l'odieuse grand mère s'installe dans la maison du gardien, et Constance (c'est le prénom de l'enfant, enfin celui qui lui est imposé) fait la connaissance des terribles enfants de ces derniers. S'ensuit une espèce d'attirance-rejet entre ces mômes complètement différents. Des petits jeux sadiques, chose classique dans le monde cruel de l'enfance. Constance s’efforçant de cacher son secret (un garçon avec des habits de fille) face à la terrible benjamine de ces nouveaux voisins, dont il commence à tomber secrètement amoureux. Le récit m'a tellement passionné que je me suis tout de suite adapté au dessin assez particulier mais finalement idéal pour raconter cette histoire. J'ai été extrêmement touché du début à la fin, car j'adore ces récits tourmentés de familles dysfonctionnelle et "tarées". L'imagination étant le seul moyen de survie pour ce gamin. De plus cette ambiance de manoir perdu dans un coin de campagne, au milieu des livres poussiéreux, avec la marâtre vociférant telle une sorcière, c'est quasiment du fantastique de conte de fée. Avec la question de l'identité sexuelle en plus. Constance ne se questionnant pas plus que ça sur ses habits de fille, du moins au début car n'ayant pas de point de comparaison avec d'autres enfants. C'est la rencontre avec ceux des voisins (et plus particulièrement la grande) qui va faire s'affirmer, assez difficilement, son statut de garçon et non de fille. Je rapprocherais cette bd d’œuvres comme Graines de Paradis de Makyo, La Saison des anguilles, ou le roman "Vipère au poing" mais avec un trait plus caricatural, + stylisé et presque amateur par moments. Enfin plus proche des romans graphiques où le dessinateur ne s’arrête pas sur de petites faiblesses au dessin et fonce tête baissée dans son récit avec une ambition telle que cela devient vraiment passionnant. Chapeau l'artiste ! 5/5 (quand je parle de la spécificité du dessin, c'est surtout en ce qui concerne les visages. Les décors et la très belle ambiance à la carte à gratter sont extrêmement réussis)

29/01/2019 (MAJ le 30/01/2019) (modifier)
Par Jérem
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Grand Pouvoir du Chninkel
Le Grand Pouvoir du Chninkel

96ème avis… tout a été dit, je vais donc faire court. Le Grand Pouvoir du Chninkel est l’une de mes séries préférées. Cette trilogie de fantasy, particulièrement originale et truffée d’éléments bibliques, est un ovni dans un genre pourtant très codifié. A la fois drôle, tragique et décalée, l’histoire est passionnante de bout en bout, bien portée par une narration maitrisée et une remarquable créativité de l’univers. C’est une bouffée d’air frais dans un genre trop souvent marqué par Tolkien. Les superbes dessins de Rosinski font immanquablement penser à Thorgal. Tout est remarquablement soigné et la virtuosité du visuel sublime la puissance du récit. Le Grand Pouvoir du Chninkel est une œuvre culte. Un grand bravo aux auteurs !

28/01/2019 (modifier)
Par Yaneck
Note: 5/5
Couverture de la série Moi, ce que j'aime, c'est les monstres
Moi, ce que j'aime, c'est les monstres

Il ne manque rien à cet album qui mérite les prix acbd et Angoulême. C'est le meilleur album de l'année 2018. Il y a le dessin d'abord. 400 pages d'expérimentations graphiques, tant dans les outils que le trait ou la narration. Les pleines pages sont impressionnantes. Le travail fourni est démentiel. Il y a l'histoire, les thèmes abordés. C'est tellement riche qu'il serait une perte de temps de chercher à les lister. Ça va de la perception des ados d'eux-mêmes jusqu'au sort des juifs dans l'Allemagne nazie. Tout ça à partir d'une banlieue américaine naze. Et il y a le contexte. L'avc de l'Autrice qui s'est battue pour retrouver sa capacité à dessiner. Une œuvre majeure de la bd américaine dont on attend déjà le tome 2 avec impatience.

26/01/2019 (modifier)
Par jul
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Homme gribouillé
L'Homme gribouillé

Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas été aussi emporté par une bd. Merci bdtheque pour des découvertes de ce genre ! Au début, j'ai tout de même été un peu méfiant par rapport à l'univers ultra-réaliste et ultra parisien. Le petit monde de la littérature parisienne (pour ne pas dire bobo), les us et coutumes d'un type de personnes dans un microcosme un peu élitiste. Mais c'est tellement bien réalisé que c'est immédiatement passionnant. Les vues parisiennes sous une pluie battante, les immeubles gris, les visages et attitudes, une ambiance littéralement fantastique et ultra réaliste en même temps... c'est sublime. En suite on est tout de suite emporté par ce polar ésotérique, me faisant penser un peu à la neuvième porte, du moins au début. J'adore ! Je dévorais les pages à toute allure. Puis nos 2 héroïnes (la mère et la fille) prennent la route pour poursuivre leur enquête et filent vers la Franche Comté dans un petit hameau perdu près de Montbéliard. Atmosphère toujours aussi pluvieuse et mystérieuse et c'est toujours aussi sublime. Je ne me pencherais pas plus sur l’enquête en soi, d'autres l'ont fait bien mieux que je ne puisse le faire, mais sachez qu'il y a un secret de famille remontant à d'obscurs maléfices païens, mélangés à la légende juive du golem. Et bien sûr cet espèce de croquemitaine volatil présent sur la couverture. Les auteurs ont réussi à mélanger tout cela avec une véritable maestria n'ayant rien à envier au cinéma américain. Je suis réellement impressionné par cette lecture que j'ai empruntée à la bibliothèque (à acheter les yeux fermés). Le fait qu'une bd de 328 pages (quel travail titanesque) peut nous passionner autant et être aussi belle en même temps. Chef d’œuvre !

23/01/2019 (modifier)
Par Ro
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Nymphéas noirs
Nymphéas noirs

Nymphéas noirs est à l'origine un roman à succès de Michel Bussi publié en 2011. C'est Fred Duval (Travis, Carmen Mc Callum, ...) qui va prendre soin de l'adapter au format bande dessinée, avec l'aide de Didier Cassegrain (Tao Bang, Code Mc Callum, ...) au dessin. C'est un polar ayant pour cadre la petite ville de Giverny, bourgade normande où Claude Monet avait fait construire ses fameux jardins et son bassin aux Nymphéas. L'histoire tourne autour de trois femmes : une dame âgée vivant en solitaire, une belle institutrice et une fillette douée pour la peinture. Cela commence par un meurtre, celui d'un notable de la ville, et par l'enquête d'un fringant policier décidé à trouver le coupable, et peut-être avant cela d'éventuels témoins. Avec lui, nous allons évoluer dans cette petite ville et son univers presque en huis-clos, marqué par l'empreinte du célèbre peintre impressionniste mais aussi par un drame issu du passé. Le dessin de Didier Cassegrain est proprement superbe. J'aime la façon dont il rappelle en permanence par son ambiance, sa lumière et ses couleurs les œuvres impressionnistes de Monet tout en conservant son propre style pour les personnages. Il le fait de manière suffisamment discrète pour ne pas gêner le récit, en conservant une narration impeccable, tout en plongeant le lecteur dans l’atmosphère des tableaux du maître. Et quand il fait véritablement une référence directe au contenu de ces tableaux, comme dans sa représentation de la Cathédrale de Rouen, je ne peux qu'admirer la beauté de son dessin et de sa peinture. Portée par ces belles planches, l'histoire coule avec plaisir. L'enquête policière en prend la plus grand part mais on suit en parallèle également l'histoire plus légère et artistique de la jeune fille et celle énigmatique de la vieille dame qui semble tout savoir et manipuler son monde dans l'ombre. L'intrigue est complexe et le lecteur se pose dès le départ la question de comprendre le lien entre les trois femmes et ce fameux meurtre, pour découvrir qui est le coupable. Les indices sont disséminés peu à peu mais plongent régulièrement dans la perplexité car les pièces du puzzle semblent ne jamais vouloir complètement s'imbriquer. Cette perplexité va être levée d'un coup dans l'épilogue de l'album. Et là j'ai réalisé que je m'étais fait avoir comme un bleu ! Le retournement final est tel que je suis allé vérifier toutes les planches précédentes pour voir s'il y avait une incohérence. Mais non ! Tout est réalisé à la perfection, et je suis complètement tombé dans le panneau. C'est fait de manière excellente, impeccable ! Je tire vraiment mon chapeau aux auteurs pour avoir réussi ce tour de force dont je ne peux évidemment rien révéler sous peine de gâcher la surprise. Superbe album ! Des planches de toute beauté, une ambiance excellente, une triple histoire prenante, une enquête qui tient la route, et surtout donc ce twist final qui sublime d'un coup l'oeuvre dans son ensemble. Chapeau !

22/01/2019 (modifier)
Par Erik
Note: 5/5
Couverture de la série Horlà 2.0
Horlà 2.0

Voici une nouvelle lecture plutôt audacieuse du Horlà, une oeuvre phare de Maupassant beaucoup étudiée à l'école. Nous sommes dans une tout autre dimension de l'oeuvre à la fois psychologique mais également fantastique. Il est également question de physique quantique. Rien que cela ! Bref, une exploration très originale où l'intelligence et l'élégance fusionnent. Il y a de magnifiques trouvailles comme le fait de se dire Horlà pour se dire bonjour dans une île province un peu éloigné du continent. Notre héros prénommé K a une tête de lapin particulièrement saisissante de réalisme. Il vient de débarquer sur une île après une traversée sur le Bel Ami, un paquebot de croisière. Plein de références et des petits clins d'oeil qui enrichissent cette oeuvre en l'adaptant à notre époque. Il travaille dans l'informatique et plus précisément dans la réalité augmentée. Il doit résoudre un problème de réseau lié à une incompatibilité entre le continent et cette lointaine province. Il va rencontrer trois femmes qui vont entretenir le mystère et presque le plonger dans une espèce de folie qui le ronge de l'intérieur. J'ai adoré le rythme plutôt lent mais qui installe les choses progressivement et tout commence à s'imbriquer jusqu'au final qui sera une véritable révélation. Par ailleurs, on observera une belle maîtrise graphique mais qui reste dans la simplicité. Il ne faudrait sans doute pas passer à côté de ce bel album. Génial !

13/01/2019 (modifier)