Avis sur les trois premiers tomes sortis à ce jour.
Une véritable fresque de fantasy épique et qui en même temps fait preuve d'une réelle sensibilité. L'univers est original, la narration idem : chaque tome est découpé en chapitres entre lesquels s'incrustent des nouvelles fort bien écrites et qui viennent contribuer très judicieusement à la compréhension et à l'atmosphère du récit. Les personnages sont également très charismatiques.
L'histoire raconte la chute du royaume des Ogres-Dieux et le chaos qui en découle, où les humains de différents camps essaient de s'approprier l'héritier légitime du trône : Petit, fils du roi déchu, rejeté par sa famille car il avait presque la taille d'un humain (mais tout de même plus grand que la moyenne et doté d'une force surhumaine), et qui ne cherche lui qu'à protéger l'humaine qu'il aime et à trouver un clan reculé d'ogres dont il a appris l'existence, par-delà les montagnes qui ceinturent le royaume.
Le tout est brillamment servi par le trait fin et élégant de Gatignol, qui maîtrise parfaitement le noir et blanc et les nuances de gris.
J'aurais noté la série franchement bien sur la base des deux premiers tomes, mais le troisième m'incite à donner la note culte, car l'histoire y prend un tour inattendu et dantesque. J'étais happé comme jamais à sa lecture. La seconde partie du livre est vraiment étouffante et magistrale. Impossible de lâcher le livre. Les auteurs confirment tout le potentiel de leur univers. Une des très grandes séries du moment, et sans doute plus que cela quand les tomes suivants auront confirmé son rang. C'est grâce à des séries comme cela que l'on aime la bande dessinée.
Je note Lanfeust de Troy, des Étoiles et Odyssey comme une seule et même série.
Non pas que je considère que le découpage en cycles soit dénué de sens, mais je trouve finalement qu'il serait dommage de se cantonner à celui de Troy et de ne pas lire les deux suivants par exemple. Chaque cycle, chaque album, enrichit l'univers et renforce le caractère des personnages (sauf celui du héros, héhé !).
En refermant le dernier tome de Lanfeust Odyssey (qui sera bel et bien le dernier cycle, dixit les auteurs), je me suis dit qu'il n'y avait pas beaucoup de séries que j'avais suivi avec la même passion durant tant d'années, avec le même plaisir toujours renouvelé à chaque sortie et en me poilant toujours autant, et ce sur pas moins de vingt-six tomes !
Pour résumer mon avis sur les différents cycles, Troy est une grande aventure avec un grand A, drôle et épique; les Étoiles est mon cycle préféré, cela faisait bizarre au premier tome mais j'ai accroché dès le second, un space opera loufoque où les références et les conneries se bousculent au gré des sauts de planète en planète, avec une véritable évolution de Cixi, personnage le plus charismatique de la série avec le troll Hébus; vient enfin Odyssey qui, après un démarrage un peu raté sur les deux premiers tomes auxquels les auteurs ont finalement su trouver une utilité (géniale !), à partir du troisième tome le cycle a retrouvé tous les ingrédients des deux précédents et en a mélangé différents éléments de manière tout à fait savoureuse.
Une BD culte qui a à mon sens marqué l'Histoire de la BD.
Les notes détaillées des albums :
1. L'Ivoire du Magohamoth ****
2. Thanos l'incongru ****
3. Castel Or-Azur *****
4. Le Paladin d'Eckmül *****
5. Le Frisson de l'Haruspice *****
6. Cixi Impératrice *****
7. Les Pétaures se cachent pour mourir *****
8. La Bête Fabuleuse *****
9. Un, Deux... Troy ! ****
10. Les Tours de Meirrion *****
11. Les Sables d'Abraxar *****
12. Les Buveurs de Mondes *****
13. La Chevauchée des Bactéries *****
14. Le Râle du Flibustier *****
15. Le Secret des Dolphantes *****
16. Le Sang des Comètes *****
17. L'Énigme Or-Azur - Première Partie **
18. L'Énigme Or-Azur - Seconde Partie **
19. Le Banni d'Eckmül *****
20. La Grande Traque *****
21. Le Piège des Sables *****
22. Le Delta Bilieux *****
23. La Méphitique Armada *****
24. Tseu-Hi la Gardienne *****
25. Le Stratège Ingénu *****
26. Un Destin Karaxastin *****
Je note Lanfeust de Troy, des Étoiles et Odyssey comme une seule et même série.
Non pas que je considère que le découpage en cycles soit dénué de sens, mais je trouve finalement qu'il serait dommage de se cantonner à celui de Troy et de ne pas lire les deux suivants par exemple. Chaque cycle, chaque album, enrichit l'univers et renforce le caractère des personnages (sauf celui du héros, héhé !).
En refermant le dernier tome de Lanfeust Odyssey (qui sera bel et bien le dernier cycle, dixit les auteurs), je me suis dit qu'il n'y avait pas beaucoup de séries que j'avais suivi avec la même passion durant tant d'années, avec le même plaisir toujours renouvelé à chaque sortie et en me poilant toujours autant, et ce sur pas moins de vingt-six tomes !
Pour résumer mon avis sur les différents cycles, Troy est une grande aventure avec un grand A, drôle et épique; les Étoiles est mon cycle préféré, cela faisait bizarre au premier tome mais j'ai accroché dès le second, un space opera loufoque où les références et les conneries se bousculent au gré des sauts de planète en planète, avec une véritable évolution de Cixi, personnage le plus charismatique de la série avec le troll Hébus; vient enfin Odyssey qui, après un démarrage un peu raté sur les deux premiers tomes auxquels les auteurs ont finalement su trouver une utilité (géniale !), à partir du troisième tome le cycle a retrouvé tous les ingrédients des deux précédents et en a mélangé différents éléments de manière tout à fait savoureuse.
Une BD culte qui a à mon sens marqué l'Histoire de la BD.
Les notes détaillées des albums :
1. L'Ivoire du Magohamoth ****
2. Thanos l'incongru ****
3. Castel Or-Azur *****
4. Le Paladin d'Eckmül *****
5. Le Frisson de l'Haruspice *****
6. Cixi Impératrice *****
7. Les Pétaures se cachent pour mourir *****
8. La Bête Fabuleuse *****
9. Un, Deux... Troy ! ****
10. Les Tours de Meirrion *****
11. Les Sables d'Abraxar *****
12. Les Buveurs de Mondes *****
13. La Chevauchée des Bactéries *****
14. Le Râle du Flibustier *****
15. Le Secret des Dolphantes *****
16. Le Sang des Comètes *****
17. L'Énigme Or-Azur - Première Partie **
18. L'Énigme Or-Azur - Seconde Partie **
19. Le Banni d'Eckmül *****
20. La Grande Traque *****
21. Le Piège des Sables *****
22. Le Delta Bilieux *****
23. La Méphitique Armada *****
24. Tseu-Hi la Gardienne *****
25. Le Stratège Ingénu *****
26. Un Destin Karaxastin *****
Je note Lanfeust de Troy, des Étoiles et Odyssey comme une seule et même série.
Non pas que je considère que le découpage en cycles soit dénué de sens, mais je trouve finalement qu'il serait dommage de se cantonner à celui de Troy et de ne pas lire les deux suivants par exemple. Chaque cycle, chaque album, enrichit l'univers et renforce le caractère des personnages (sauf celui du héros, héhé !).
En refermant le dernier tome de Lanfeust Odyssey (qui sera bel et bien le dernier cycle, dixit les auteurs), je me suis dit qu'il n'y avait pas beaucoup de séries que j'avais suivies avec la même passion durant tant d'années, avec le même plaisir toujours renouvelé à chaque sortie et en me poilant toujours autant, et ce sur pas moins de vingt-six tomes !
Pour résumer mon avis sur les différents cycles, Troy est une grande aventure avec un grand A, drôle et épique; les Étoiles est mon cycle préféré, cela faisait bizarre au premier tome mais j'ai accroché dès le second, un space opera loufoque où les références et les conneries se bousculent au gré des sauts de planète en planète, avec une véritable évolution de Cixi, personnage le plus charismatique de la série avec le troll Hébus; vient enfin Odyssey qui, après un démarrage un peu raté sur les deux premiers tomes auxquels les auteurs ont finalement su trouver une utilité (géniale !), à partir du troisième tome le cycle a retrouvé tous les ingrédients des deux précédents et en a mélangé différents éléments de manière tout à fait savoureuse.
Une BD culte qui a à mon sens marqué l'Histoire de la BD.
Les notes détaillées des albums :
1. L'Ivoire du Magohamoth ****
2. Thanos l'incongru ****
3. Castel Or-Azur *****
4. Le Paladin d'Eckmül *****
5. Le Frisson de l'Haruspice *****
6. Cixi Impératrice *****
7. Les Pétaures se cachent pour mourir *****
8. La Bête Fabuleuse *****
9. Un, Deux... Troy ! ****
10. Les Tours de Meirrion *****
11. Les Sables d'Abraxar *****
12. Les Buveurs de Mondes *****
13. La Chevauchée des Bactéries *****
14. Le Râle du Flibustier *****
15. Le Secret des Dolphantes *****
16. Le Sang des Comètes *****
17. L'Énigme Or-Azur - Première Partie **
18. L'Énigme Or-Azur - Seconde Partie **
19. Le Banni d'Eckmül *****
20. La Grande Traque *****
21. Le Piège des Sables *****
22. Le Delta Bilieux *****
23. La Méphitique Armada *****
24. Tseu-Hi la Gardienne *****
25. Le Stratège Ingénu *****
26. Un Destin Karaxastin *****
Le parangon du western en bande dessinée. Charlier a signé là avec le génie du dessin Giraud sa meilleure série et carrément l'une des meilleures du neuvième art. Au fil des albums, le héros évolue et vieillit, certaines connaissances refont surface, d'autres disparaissent, le tout au milieu d'intrigues palpitantes et haletantes, magnifiquement illustrées par Giraud qui donne dans ses cases des plans dignes des meilleurs réalisateurs de cinéma (ah ! cette chevauchée des Sioux dans la neige dans 'Général Tête Jaune' ).
Commençant de manière très classique mais déjà de très bonne facture (à l'exception de deux albums plus faibles : les tomes 4 et 6), la série va rapidement évoluer, un rebondissement dans le neuvième tome mettant fin à tout manichéisme dans la série. Les albums cultes s'enchaîneront alors : Général Tête Jaune, le diptyque des Monts de la Superstition, puis viendra un grand cycle d'onze albums, qui débutera par un magistral triptyque au Mexique digne des plus grands films d'aventures, les albums suivants ne déméritant pas.
Et puis quelle galerie de personnages ! Autour de Blueberry, lieutenant courageux mais cynique et bougon, gravitent la superbe Chihuahua Pearl (magnifique couverture du treizième tome !), le tonitruant Jimmy McClure, le baroudeur Red Neck, le charismatique Cochise, l'impitoyable général McAllister (clone de Custer), l'inquiétant Angel Face, tueur en série à la mine d'adolescent...
À la mort de Charlier, Giraud réalisera seul un cycle de cinq albums à Tombstone, dans un tout autre style que son scénariste. Ce cycle divise les amateurs. Je fais partie de ceux qui ont adoré. Des scènes comme la dernière planche de 'Mister Blueberry' ou le combat entre Geronimo et Blueberry m'ont profondément marqué.
Bref, un indispensable du western et de la BD en général. Si d'autres westerns ont réussi à s'élever au niveau des aventures du lieutenant (je pense notamment à Comanche), aucun n'a atteint sa longévité.
Je ne conseille en revanche pas les séries parallèles, Jeunesse et Marshall, qui sont sans âme et purement mercantiles.
Les notes détaillées des albums :
1 - Fort Navajo ****
2 - Tonnerre à l'Ouest ****
3 - L'Aigle Solitaire *****
4 - Le Cavalier Perdu ***
5 - La Piste des Navajos *****
6 - L'Homme à l'Étoile d'Argent ***
7 - Le Cheval de Fer ****
8 - L'Homme au Poing d'Acier *****
9 - La Piste des Sioux *****
10 - Général Tête Jaune *****
11 - La Mine de l'Allemand Perdu *****
12 - Le Spectre aux Balles d'Or *****
13 - Chihuahua Pearl *****
14 - L'Homme qui valait 500.000$ *****
15 - Balade pour un Cercueil *****
16 - Hors-la-Loi *****
17 - Angel Face *****
18 - Nez Cassé *****
19 - La Longue Marche *****
20 - La Tribu Fantôme *****
21 - La Dernière Carte *****
22 - Le Bout de la Piste ****
23 - Arizona Love *****
24 - Mister Blueberry *****
25 - Ombres sur Tombstone *****
26 - Geronimo l'Apache *****
27 - OK Corral *****
28 - Dust *****
LA BD d'humour de référence, selon moi. Celle où Goscinny a pu exprimer l'entièreté de son talent comique à travers ses histoires courtes concises, drôles et jamais ni répétitives ni lassantes. Un véritable enchantement treize albums durant où le génial scénariste a décliné à toutes les sauces ce thème simple du méchant grand vizir qui veut être calife à la place du calife en faisant montre d'une créativité sans faille et d'une science inégalée du calembour. Il a été bien épaulé par le non moins génial Jean Tabary qui a su illustrer à merveille la Bagdad des Mille et une Nuits avec un grand sens du détail et un art dans les trognes pas possibles de ses personnages.
À la mort de Goscinny, Tabary, grâce à son savoir de scénariste acquis sur ses travaux en solo sur ses autres séries Totoche ou Valentin le Vagabond, a su maintenir seul le haut niveau de qualité de la série en proposant des grandes aventures de 44 pages où quiproquos et situations tarabiscotées se succèdent tout azimuts.
Seuls quatre tomes font un peu tâche dans cette brillante série : les Cauchemars, adaptations dispensables en gags de courts sketchs télévisuels de l'émission Iznogoud commente l'actualité, sorte de Guignols de l'info des années 70.
En 2008 et trois ans avant sa mort, Jean Tabary a cédé le pinceau à son fils Nicolas. Les trois albums qu'il a produits épaulé de ses frères et sœurs puis de Canteloup et Vassilian sont très médiocres et ne sont clairement pas de vrais Iznogoud. Ironie du sort, c'est donc la série de Goscinny qui aura le mieux supporté le décès de ce dernier qui se sera vue infliger la reprise la plus nulle suite à la retraite de son dessinateur.
Il va donc de soi que ma note culte se cantonne aux albums de Goscinny et Tabary puis de Jean Tabary seul, soit les vingt-sept premiers tomes (desquels on peut exclure les cauchemars).
Les notes détaillées des albums :
1 - Le Grand Vizir Iznogoud *****
2 - Les Complots du Grand Vizir Iznogoud *****
3 - Les Vacances du Calife *****
4 - Iznogoud l'infâme *****
5 - Des Astres pour Iznogoud *****
6 - Iznogoud et l'ordinateur magique *****
7 - Une Carotte pour Iznogoud *****
8 - Le Jour des Fous *****
9 - Le Tapis Magique *****
10 - Iznogoud l'acharné *****
11 - La Tête de Turc d'Iznogoud *****
12 - Le Conte de Fées d'Iznogoud *****
13 - Je veux être Calife à la place du Calife ! *****
14 - Les Cauchemars d'Iznogoud - tome 1 **
15 - L'Enfance d'Iznogoud *****
16 - Iznogoud et les Femmes *****
17 - Les Cauchemars d'Iznogoud - tome 4 **
18 - Le Complice d'Iznogoud *****
19 - L'Anniversaire d'Iznogoud *****
20 - Iznogoud Enfin Calife ! *****
21 - Le Piège de la Sirène *****
22 - Les Cauchemars d'Iznogoud - tome 2 **
23 - Les Cauchemars d'Iznogoud - tome 3 **
24 - Les Retours d'Iznogoud ****
25 - Qui a tué le Calife ? *****
26 - Un Monstre Sympathique *****
27 - La Faute de l'Ancêtre *****
Le jour où le bus est reparti sans elle
Enfin une oeuvre qui dénote un peu et qui apporte un peu de réconfort dans ce monde en folie. Le jour où le bus est reparti sans elle peut constituer un jour de chance dans le cas de notre héroïne Clémentine, une jeune femme en perte de confiance et en plein questionnement sur le sens de sa vie. En effet, elle va faire une rencontre fortuite qui peut bouleverser son existence dans la façon de voir les choses. Il n'y aura point d'histoire d'amour, je vous rassure.
La plupart des petites histoires qui ponctuent le récit sont adaptées de célèbres contes zen. Elles m'ont beaucoup plu par leur humilité ainsi que la mise en pratique à travers des exemples bien précis et non dénués de sens. Cela apporte véritablement un grand bol d'air frais. Suite à cette lecture, on se sent tout de suite beaucoup mieux. L'espérance et la sagesse ne sont pas loin.
Il ne faut pas écouter ce qu'on nous dit à longueur de journée. Il ne faut pas écouter les gourous ou ceux qui sont les maîtres de conversation dans un groupe, mais il faut s'écouter nous-mêmes pour prendre les bonnes décisions dans la vie. C'est le principal enseignement de cette BD pas comme les autres. Bref, que des conseils de bon sens qui peuvent que nous aider si on les applique.
C'est une BD très agréable à lire avec un scénario bien construit et un dessin réellement magnifique. Certes, il y a une vague de bons sentiments qui font un peu écolos et bobos. Mais bon, cela ne va pas nous tuer. Au contraire, ce n'est que du bonheur et du positif pour la suite. C'est mon coup de cœur du moment car c'est une invitation à la sérénité. Cela ne se refuse pas.
Le jour où elle a pris son envol
Le jour où elle a pris son envol est la suite du jour où le bus est reparti sans elle. Il est vrai que c’est une autre aventure qui se situe deux ans après. Pour autant, on retrouve Clémentine avait un copain et un travail de responsable assez prenant. Elle n’a toujours pas trouvé le bonheur pour autant. Elle chasse le copain et le boulot pour refaire le point sur sa vie. Elle aura besoin d’aide pour trouver le chemin du bonheur.
J’aime beaucoup cette bd qui donne de bons conseils et de bonnes pistes pour réorganiser sa vie. C’est clair qu’il faut se battre pour avancer. Il y a tout d’abord la prise de risque qui nécessite parfois le fait d’avoir une bonne assise financière. Oui, il faut pouvoir se payer un tour du monde pour réfléchir sur sa destinée. Cependant, il faut comprendre l’idée pour épouser la solution.
Le jour où elle n’a pas fait Compostelle
Cette série aurait pu très bien s’arrêter après le second tome où notre héroïne Clémentine avait retrouvé le bonheur de vivre avec un cadre plus serein autour d’elle après avoir fait le ménage. Cependant, ce troisième volume nous donne toutes les leçons pour garder ce bien-être sur la durée. Tout va tourner autour des aimanteurs qui nous éloignent de notre propre chemin de vie. Ces aimanteurs peuvent être la famille, les amis, la politique, la religion, la mode, un site internet avec ses habitués etc…
Tout est fait pour nous fondre dans un moule avec son carcan de règles où le moindre écart est combattu. Bref, il ne faut pas suivre nécessairement tous les chemins balisés comme celui qui mène à Compostelle. C’est le genre de lecture assez relaxant après une dure journée de travail.
Il est vrai que le côté donneur de leçon de vie pour un développement personnel affirmé peut apparaître comme lassant à un certain type de lectorat arc-bouté sur ses convictions. Cependant, cette espèce de mise en garde contre toutes les influences quelque quel soit (mode, publicité, religion) peut apparaître comme assez salutaire en ces temps-ci. Certes, on peut être choqué par un discours de bienveillance mais moi j’adhère.
Le jour où il a suivi sa valise
Parfois, il suffit d’un fait un peu anodin dans une vie pour tout remettre en cause. Cela peut être perçu comme le signe d’une grande instabilité. Pour autant, on va suivre les aventures de Guillaume qui accompagne sa fiancée Solène à un voyage méditatif à Bali. Nous avons tous une vision paradisiaque de cette destination qui attire de plus en plus de touriste. Derrière le rêve de la carte postale, il y a une certaine réalité qui n’est pas perçue de la même façon pour chaque individu.
A noter que l’on suit un autre personnage que l’on ne connaissait pas. Exit donc Clémentine et c’est parti pour une seconde saison. Cependant, le lien est toujours là par l’intermédiaire d’un personnage jouant un tout petit rôle à savoir Jean-Eude, celui qui prône des valeurs de lâcher-prise alors qu’il est le premier ennuyé quand sa valise n’arrive pas à destination. J’adore ces gens qui se disent ne pas être matérialiste mais qui le sont fortement.
On aurait pu penser que c’est le tome de trop mais il n’en est rien. C’est toujours aussi prenant et instructif sur le sens de nos vies. J’aime beaucoup ce genre de bd. Ce quatrième tome est même un véritable coup de cœur pour moi. Les 4 étoiles restent amplement méritées. C’est une lecture qui fait véritablement du bien. Douceur et tendresse seront au rendez-vous. Certains disent que cet album devrait être remboursé par la Sécurité Sociale tant il peut être utile à beaucoup de gens. Il faut le lire pour comprendre cette idée pas aussi saugrenue.
Le jour où la nuit s'est levée
Le jour où la nuit s'est levée se penche sur l'enfance de différents personnages que nous connaissons plus ou moins lors d'une tempête hivernale qui les coince dans une librairie parisienne. Or, les traumatismes d'enfance peuvent avoir des conséquences sur ce que nous sommes des années plus tard. On se rendra compte que dans toute cette panoplies de situations diverses, on peut en tant que lecteur s'y retrouver. C'est vrai qu'on ne choisit pas sa famille.
Encore une fois, cette série tient toutes ses promesses. C'est une merveille de précision et de conseil de bien-être permettant de mettre fin à certaines souffrances pour aller beaucoup mieux. J'aime la bienveillance qui se caractérise par cette série que je catégoriserai dans le développement personnel. C'est sans doute la meilleure série sur ce créneau tant les choses dévoilées sont profondes et peuvent parler.
J'aime toujours la douceur du graphisme et ces couleurs absolument merveilleuses qui concourt à la réussite de ce titre. On reste dans la lignée des précédents mais c'est fort réussie. Attention à ne pas pleurer.
Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4.5/5
Cette aventure épique, dans la grande tradition du roman picaresque, nous narre les tribulations de don Pablos de Ségovie, mendiant magnifique mais peu recommandable, bien décidé, malgré les innombrables dangers, à se faire une place au soleil, celui d’Amérique du sud – qu’à cette époque on croyait être les Indes -, grâce à un lieu mythique et plein de promesses : l’Eldorado. Handicapé par des origines misérables, il ne reculera devant rien pour arriver à ses fins, accumulant les coups sans broncher et endossant mille personnages afin de traverser toutes les couches de la société et ainsi mieux tromper son monde…
Le dessinateur de Blacksad et le scénariste de De Cape et de Crocs ont uni leur talent pour produire une œuvre remarquable à tous points de vue. Tout comme leur héros Pablos, le lecteur embarque pour le Nouveau monde avec délectation. Certes, les rebondissements seront nombreux et les conséquences plus âpres pour le premier, dur à la douleur, qui parviendra néanmoins à retomber sur ses pieds à chaque coup du sort, en ressortant comme renforcé, comme dopé…
Alain Ayroles nous a concocté ici un scénario aux petits oignons, qui est en fait la continuation du roman picaresque « El Buscón (Vie de l’aventurier Don Pablos de Ségovie) », signé d’un certain Francisco de Quevedo, figure majeure des lettres ibériques au XVIIe siècle. A la fin du livre, qui se situait en Espagne, l’écrivain annonça une suite qui ne vit jamais le jour. Le créateur de Blacksad, Juanjo Guarnido, avait toujours été fasciné par ce classique de la littérature espagnole. Quant à Alain "DCEDC" Ayroles, il envisageait de raconter les aventures de Don Quichotte dans le Nouveau monde. C’est donc tout naturellement que les deux auteurs ont conçu ce projet haut en couleurs.
Dans un style littéraire soigné, Ayroles fait s’exprimer le narrateur principal, qui n’est autre que Pablos, en s’inspirant du langage de l’époque. L’histoire est extrêmement bien construite, respectant la linéarité du roman picaresque, avec plusieurs récits enchâssés au sein du récit central. C’est sans relâche que nous suivons les péripéties de Pablos, personnage ambigu qui suscite autant la pitié que la répulsion, même si cette fripouille pour le moins rusée a des raisons de vouloir s’extirper de sa condition sociale calamiteuse. Le twist final est juste ahurissant, mais l’auteur parvient à le rendre crédible de façon subtile, avec une ironie totalement subversive contre tous les puissants de ce monde. Du reste, le propos de cette saga au souffle épique reste tout à fait transposable à nos sociétés contemporaines, où la misère la plus noire côtoie plus que jamais la richesse la plus obscène.
Juanjo Guarnido de son côté ne fait que, preuve s’il en fallait, confirmer son talent, quand bien même les animaux ont repris ici leur rôle de figurants silencieux… De Blacksad, les humains ont conservé le sourire carnassier ou les yeux de chien battu selon les cas. Pour le reste, le dessinateur espagnol nous emmène littéralement au cinéma, tant la représentation des paysages de l’Altiplano et de l’Amazonie est époustouflante. Le passage décrivant la découverte de l’Eldorado par Don Diego et ses hommes est à couper le souffle. Confessant s’être rendu au Pérou pour parvenir à un rendu le plus réaliste possible, Guarnido n’a utilisé que des couleurs directes, à l’aquarelle, et le résultat est somptueux.
A n’en pas douter, « Les Indes fourbes » s’impose d’emblée comme une réussite et rencontrera le succès, plus que mérité. Cela apparaît presque comme une évidence quand on sait que ces deux auteurs talentueux avaient l’envie de travailler ensemble. Cette brillante épopée, qui prouve que l’alchimie entre les deux hommes a parfaitement fonctionné, figurera non seulement parmi les meilleurs albums de 2019 mais également au panthéon du neuvième art. À noter en outre que l’objet est publié en grand format et dans un superbe tirage.
Ce titre est réellement une bonne surprise. Cela part d'une très bonne idée de départ: que ferions-nous s'il nous restait plus qu'un an à vivre avant une apocalypse programmée à l'échelle mondiale ? Cependant, cela commence dans la joie et la clameur de toute une population devant un miracle alors qu'une jeune fille de 13 ans prénommée Magda semble totalement desespérée et en totale décalage. On vivra alors au fil de cette dernière année jusqu'au moment fatidique.
J'ai trouvé cet ouvrage dans le rayon jeunesse de ma médiathèque. C'est un réel classement par erreur qui m'a choqué. Je pense que le dessin un peu enfantin a présidé ce choix. Cependant, j'ai rarement vu une bd aussi dure traitant de sexe, de drogue et même de suicide. C'est une véritable descente aux enfers qui ne convient guère à la lecture de bambins de 7 ans. Oui, avant un classement de ce genre, il faut tout simplement la lire.
Au final, c'est un album assez surprenant et qui remue un peu les tripes. C'est bien de vivre sa vie à fond mais cela comporte également des risques et des dérapages...
Frédérik Peeters est un auteur original, très éclectique – et qui réussit à surprendre dans à peu près tous les genres auxquels il touche. Pour ce qui est de la Science-Fiction (puisque c’est le cas avec cette série), il avait déjà à son actif le très beau Lupus, assez planant. Avec « aâma », on est dans une veine SF peut-être plus classique, mais là aussi c’est vraiment très bon – et très beau !
Avec quelques détours vers la chronique sentimentale (pas gnangnan, et qui vers la fin en plus se rattache à l’intrigue quasi thriller qui va envahir le côté purement SF), Peeters bâtit ici une histoire à la fois dense et aérée, voire aérienne. On est accroché petit à petit, puis vissé à cette intrigue (qui va nous questionner sur la relation entre homme et robot, sur la naissance de la vie, etc.), mais aussi et surtout à son traitement.
En effet, j’ai trouvé superbe le travail graphique de Peeters, que ce soit le dessin ou la colorisation. On y retrouve des tons (dégradés de violets par exemple) déjà dominants dans Pachyderme, mais aussi très présents dans son dernier album, Saccage.
Ces couleurs habillent un dessin parfois psychédélique, avec quelques planches qui m’ont fait penser à certains tableaux de Salvador Dali, voire aux paysages minéraux d’Yves Tanguy, dans une veine très surréaliste donc.
Un dessin souvent épuré, mais qui fait la part belle à l’imagination, créant un bestiaire proche de celui imaginé par Léo dans ces séries SF, mais en plus poétique. Un monde beau et dangereux, une planète mêlant rêves et cauchemars.
Les 4 albums, pourtant relativement épais (près de 90 pages chacun !) se laissent lire rapidement, et très agréablement. C’est une série pleine de poésie, d’une richesse graphique et scénaristique telle qu’il serait vraiment dommage de passer à côté.
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Les Ogres-Dieux
Avis sur les trois premiers tomes sortis à ce jour. Une véritable fresque de fantasy épique et qui en même temps fait preuve d'une réelle sensibilité. L'univers est original, la narration idem : chaque tome est découpé en chapitres entre lesquels s'incrustent des nouvelles fort bien écrites et qui viennent contribuer très judicieusement à la compréhension et à l'atmosphère du récit. Les personnages sont également très charismatiques. L'histoire raconte la chute du royaume des Ogres-Dieux et le chaos qui en découle, où les humains de différents camps essaient de s'approprier l'héritier légitime du trône : Petit, fils du roi déchu, rejeté par sa famille car il avait presque la taille d'un humain (mais tout de même plus grand que la moyenne et doté d'une force surhumaine), et qui ne cherche lui qu'à protéger l'humaine qu'il aime et à trouver un clan reculé d'ogres dont il a appris l'existence, par-delà les montagnes qui ceinturent le royaume. Le tout est brillamment servi par le trait fin et élégant de Gatignol, qui maîtrise parfaitement le noir et blanc et les nuances de gris. J'aurais noté la série franchement bien sur la base des deux premiers tomes, mais le troisième m'incite à donner la note culte, car l'histoire y prend un tour inattendu et dantesque. J'étais happé comme jamais à sa lecture. La seconde partie du livre est vraiment étouffante et magistrale. Impossible de lâcher le livre. Les auteurs confirment tout le potentiel de leur univers. Une des très grandes séries du moment, et sans doute plus que cela quand les tomes suivants auront confirmé son rang. C'est grâce à des séries comme cela que l'on aime la bande dessinée.
Lanfeust Odyssey
Je note Lanfeust de Troy, des Étoiles et Odyssey comme une seule et même série. Non pas que je considère que le découpage en cycles soit dénué de sens, mais je trouve finalement qu'il serait dommage de se cantonner à celui de Troy et de ne pas lire les deux suivants par exemple. Chaque cycle, chaque album, enrichit l'univers et renforce le caractère des personnages (sauf celui du héros, héhé !). En refermant le dernier tome de Lanfeust Odyssey (qui sera bel et bien le dernier cycle, dixit les auteurs), je me suis dit qu'il n'y avait pas beaucoup de séries que j'avais suivi avec la même passion durant tant d'années, avec le même plaisir toujours renouvelé à chaque sortie et en me poilant toujours autant, et ce sur pas moins de vingt-six tomes ! Pour résumer mon avis sur les différents cycles, Troy est une grande aventure avec un grand A, drôle et épique; les Étoiles est mon cycle préféré, cela faisait bizarre au premier tome mais j'ai accroché dès le second, un space opera loufoque où les références et les conneries se bousculent au gré des sauts de planète en planète, avec une véritable évolution de Cixi, personnage le plus charismatique de la série avec le troll Hébus; vient enfin Odyssey qui, après un démarrage un peu raté sur les deux premiers tomes auxquels les auteurs ont finalement su trouver une utilité (géniale !), à partir du troisième tome le cycle a retrouvé tous les ingrédients des deux précédents et en a mélangé différents éléments de manière tout à fait savoureuse. Une BD culte qui a à mon sens marqué l'Histoire de la BD. Les notes détaillées des albums : 1. L'Ivoire du Magohamoth **** 2. Thanos l'incongru **** 3. Castel Or-Azur ***** 4. Le Paladin d'Eckmül ***** 5. Le Frisson de l'Haruspice ***** 6. Cixi Impératrice ***** 7. Les Pétaures se cachent pour mourir ***** 8. La Bête Fabuleuse ***** 9. Un, Deux... Troy ! **** 10. Les Tours de Meirrion ***** 11. Les Sables d'Abraxar ***** 12. Les Buveurs de Mondes ***** 13. La Chevauchée des Bactéries ***** 14. Le Râle du Flibustier ***** 15. Le Secret des Dolphantes ***** 16. Le Sang des Comètes ***** 17. L'Énigme Or-Azur - Première Partie ** 18. L'Énigme Or-Azur - Seconde Partie ** 19. Le Banni d'Eckmül ***** 20. La Grande Traque ***** 21. Le Piège des Sables ***** 22. Le Delta Bilieux ***** 23. La Méphitique Armada ***** 24. Tseu-Hi la Gardienne ***** 25. Le Stratège Ingénu ***** 26. Un Destin Karaxastin *****
Lanfeust des Etoiles
Je note Lanfeust de Troy, des Étoiles et Odyssey comme une seule et même série. Non pas que je considère que le découpage en cycles soit dénué de sens, mais je trouve finalement qu'il serait dommage de se cantonner à celui de Troy et de ne pas lire les deux suivants par exemple. Chaque cycle, chaque album, enrichit l'univers et renforce le caractère des personnages (sauf celui du héros, héhé !). En refermant le dernier tome de Lanfeust Odyssey (qui sera bel et bien le dernier cycle, dixit les auteurs), je me suis dit qu'il n'y avait pas beaucoup de séries que j'avais suivi avec la même passion durant tant d'années, avec le même plaisir toujours renouvelé à chaque sortie et en me poilant toujours autant, et ce sur pas moins de vingt-six tomes ! Pour résumer mon avis sur les différents cycles, Troy est une grande aventure avec un grand A, drôle et épique; les Étoiles est mon cycle préféré, cela faisait bizarre au premier tome mais j'ai accroché dès le second, un space opera loufoque où les références et les conneries se bousculent au gré des sauts de planète en planète, avec une véritable évolution de Cixi, personnage le plus charismatique de la série avec le troll Hébus; vient enfin Odyssey qui, après un démarrage un peu raté sur les deux premiers tomes auxquels les auteurs ont finalement su trouver une utilité (géniale !), à partir du troisième tome le cycle a retrouvé tous les ingrédients des deux précédents et en a mélangé différents éléments de manière tout à fait savoureuse. Une BD culte qui a à mon sens marqué l'Histoire de la BD. Les notes détaillées des albums : 1. L'Ivoire du Magohamoth **** 2. Thanos l'incongru **** 3. Castel Or-Azur ***** 4. Le Paladin d'Eckmül ***** 5. Le Frisson de l'Haruspice ***** 6. Cixi Impératrice ***** 7. Les Pétaures se cachent pour mourir ***** 8. La Bête Fabuleuse ***** 9. Un, Deux... Troy ! **** 10. Les Tours de Meirrion ***** 11. Les Sables d'Abraxar ***** 12. Les Buveurs de Mondes ***** 13. La Chevauchée des Bactéries ***** 14. Le Râle du Flibustier ***** 15. Le Secret des Dolphantes ***** 16. Le Sang des Comètes ***** 17. L'Énigme Or-Azur - Première Partie ** 18. L'Énigme Or-Azur - Seconde Partie ** 19. Le Banni d'Eckmül ***** 20. La Grande Traque ***** 21. Le Piège des Sables ***** 22. Le Delta Bilieux ***** 23. La Méphitique Armada ***** 24. Tseu-Hi la Gardienne ***** 25. Le Stratège Ingénu ***** 26. Un Destin Karaxastin *****
Lanfeust de Troy
Je note Lanfeust de Troy, des Étoiles et Odyssey comme une seule et même série. Non pas que je considère que le découpage en cycles soit dénué de sens, mais je trouve finalement qu'il serait dommage de se cantonner à celui de Troy et de ne pas lire les deux suivants par exemple. Chaque cycle, chaque album, enrichit l'univers et renforce le caractère des personnages (sauf celui du héros, héhé !). En refermant le dernier tome de Lanfeust Odyssey (qui sera bel et bien le dernier cycle, dixit les auteurs), je me suis dit qu'il n'y avait pas beaucoup de séries que j'avais suivies avec la même passion durant tant d'années, avec le même plaisir toujours renouvelé à chaque sortie et en me poilant toujours autant, et ce sur pas moins de vingt-six tomes ! Pour résumer mon avis sur les différents cycles, Troy est une grande aventure avec un grand A, drôle et épique; les Étoiles est mon cycle préféré, cela faisait bizarre au premier tome mais j'ai accroché dès le second, un space opera loufoque où les références et les conneries se bousculent au gré des sauts de planète en planète, avec une véritable évolution de Cixi, personnage le plus charismatique de la série avec le troll Hébus; vient enfin Odyssey qui, après un démarrage un peu raté sur les deux premiers tomes auxquels les auteurs ont finalement su trouver une utilité (géniale !), à partir du troisième tome le cycle a retrouvé tous les ingrédients des deux précédents et en a mélangé différents éléments de manière tout à fait savoureuse. Une BD culte qui a à mon sens marqué l'Histoire de la BD. Les notes détaillées des albums : 1. L'Ivoire du Magohamoth **** 2. Thanos l'incongru **** 3. Castel Or-Azur ***** 4. Le Paladin d'Eckmül ***** 5. Le Frisson de l'Haruspice ***** 6. Cixi Impératrice ***** 7. Les Pétaures se cachent pour mourir ***** 8. La Bête Fabuleuse ***** 9. Un, Deux... Troy ! **** 10. Les Tours de Meirrion ***** 11. Les Sables d'Abraxar ***** 12. Les Buveurs de Mondes ***** 13. La Chevauchée des Bactéries ***** 14. Le Râle du Flibustier ***** 15. Le Secret des Dolphantes ***** 16. Le Sang des Comètes ***** 17. L'Énigme Or-Azur - Première Partie ** 18. L'Énigme Or-Azur - Seconde Partie ** 19. Le Banni d'Eckmül ***** 20. La Grande Traque ***** 21. Le Piège des Sables ***** 22. Le Delta Bilieux ***** 23. La Méphitique Armada ***** 24. Tseu-Hi la Gardienne ***** 25. Le Stratège Ingénu ***** 26. Un Destin Karaxastin *****
Blueberry
Le parangon du western en bande dessinée. Charlier a signé là avec le génie du dessin Giraud sa meilleure série et carrément l'une des meilleures du neuvième art. Au fil des albums, le héros évolue et vieillit, certaines connaissances refont surface, d'autres disparaissent, le tout au milieu d'intrigues palpitantes et haletantes, magnifiquement illustrées par Giraud qui donne dans ses cases des plans dignes des meilleurs réalisateurs de cinéma (ah ! cette chevauchée des Sioux dans la neige dans 'Général Tête Jaune' ). Commençant de manière très classique mais déjà de très bonne facture (à l'exception de deux albums plus faibles : les tomes 4 et 6), la série va rapidement évoluer, un rebondissement dans le neuvième tome mettant fin à tout manichéisme dans la série. Les albums cultes s'enchaîneront alors : Général Tête Jaune, le diptyque des Monts de la Superstition, puis viendra un grand cycle d'onze albums, qui débutera par un magistral triptyque au Mexique digne des plus grands films d'aventures, les albums suivants ne déméritant pas. Et puis quelle galerie de personnages ! Autour de Blueberry, lieutenant courageux mais cynique et bougon, gravitent la superbe Chihuahua Pearl (magnifique couverture du treizième tome !), le tonitruant Jimmy McClure, le baroudeur Red Neck, le charismatique Cochise, l'impitoyable général McAllister (clone de Custer), l'inquiétant Angel Face, tueur en série à la mine d'adolescent... À la mort de Charlier, Giraud réalisera seul un cycle de cinq albums à Tombstone, dans un tout autre style que son scénariste. Ce cycle divise les amateurs. Je fais partie de ceux qui ont adoré. Des scènes comme la dernière planche de 'Mister Blueberry' ou le combat entre Geronimo et Blueberry m'ont profondément marqué. Bref, un indispensable du western et de la BD en général. Si d'autres westerns ont réussi à s'élever au niveau des aventures du lieutenant (je pense notamment à Comanche), aucun n'a atteint sa longévité. Je ne conseille en revanche pas les séries parallèles, Jeunesse et Marshall, qui sont sans âme et purement mercantiles. Les notes détaillées des albums : 1 - Fort Navajo **** 2 - Tonnerre à l'Ouest **** 3 - L'Aigle Solitaire ***** 4 - Le Cavalier Perdu *** 5 - La Piste des Navajos ***** 6 - L'Homme à l'Étoile d'Argent *** 7 - Le Cheval de Fer **** 8 - L'Homme au Poing d'Acier ***** 9 - La Piste des Sioux ***** 10 - Général Tête Jaune ***** 11 - La Mine de l'Allemand Perdu ***** 12 - Le Spectre aux Balles d'Or ***** 13 - Chihuahua Pearl ***** 14 - L'Homme qui valait 500.000$ ***** 15 - Balade pour un Cercueil ***** 16 - Hors-la-Loi ***** 17 - Angel Face ***** 18 - Nez Cassé ***** 19 - La Longue Marche ***** 20 - La Tribu Fantôme ***** 21 - La Dernière Carte ***** 22 - Le Bout de la Piste **** 23 - Arizona Love ***** 24 - Mister Blueberry ***** 25 - Ombres sur Tombstone ***** 26 - Geronimo l'Apache ***** 27 - OK Corral ***** 28 - Dust *****
Iznogoud
LA BD d'humour de référence, selon moi. Celle où Goscinny a pu exprimer l'entièreté de son talent comique à travers ses histoires courtes concises, drôles et jamais ni répétitives ni lassantes. Un véritable enchantement treize albums durant où le génial scénariste a décliné à toutes les sauces ce thème simple du méchant grand vizir qui veut être calife à la place du calife en faisant montre d'une créativité sans faille et d'une science inégalée du calembour. Il a été bien épaulé par le non moins génial Jean Tabary qui a su illustrer à merveille la Bagdad des Mille et une Nuits avec un grand sens du détail et un art dans les trognes pas possibles de ses personnages. À la mort de Goscinny, Tabary, grâce à son savoir de scénariste acquis sur ses travaux en solo sur ses autres séries Totoche ou Valentin le Vagabond, a su maintenir seul le haut niveau de qualité de la série en proposant des grandes aventures de 44 pages où quiproquos et situations tarabiscotées se succèdent tout azimuts. Seuls quatre tomes font un peu tâche dans cette brillante série : les Cauchemars, adaptations dispensables en gags de courts sketchs télévisuels de l'émission Iznogoud commente l'actualité, sorte de Guignols de l'info des années 70. En 2008 et trois ans avant sa mort, Jean Tabary a cédé le pinceau à son fils Nicolas. Les trois albums qu'il a produits épaulé de ses frères et sœurs puis de Canteloup et Vassilian sont très médiocres et ne sont clairement pas de vrais Iznogoud. Ironie du sort, c'est donc la série de Goscinny qui aura le mieux supporté le décès de ce dernier qui se sera vue infliger la reprise la plus nulle suite à la retraite de son dessinateur. Il va donc de soi que ma note culte se cantonne aux albums de Goscinny et Tabary puis de Jean Tabary seul, soit les vingt-sept premiers tomes (desquels on peut exclure les cauchemars). Les notes détaillées des albums : 1 - Le Grand Vizir Iznogoud ***** 2 - Les Complots du Grand Vizir Iznogoud ***** 3 - Les Vacances du Calife ***** 4 - Iznogoud l'infâme ***** 5 - Des Astres pour Iznogoud ***** 6 - Iznogoud et l'ordinateur magique ***** 7 - Une Carotte pour Iznogoud ***** 8 - Le Jour des Fous ***** 9 - Le Tapis Magique ***** 10 - Iznogoud l'acharné ***** 11 - La Tête de Turc d'Iznogoud ***** 12 - Le Conte de Fées d'Iznogoud ***** 13 - Je veux être Calife à la place du Calife ! ***** 14 - Les Cauchemars d'Iznogoud - tome 1 ** 15 - L'Enfance d'Iznogoud ***** 16 - Iznogoud et les Femmes ***** 17 - Les Cauchemars d'Iznogoud - tome 4 ** 18 - Le Complice d'Iznogoud ***** 19 - L'Anniversaire d'Iznogoud ***** 20 - Iznogoud Enfin Calife ! ***** 21 - Le Piège de la Sirène ***** 22 - Les Cauchemars d'Iznogoud - tome 2 ** 23 - Les Cauchemars d'Iznogoud - tome 3 ** 24 - Les Retours d'Iznogoud **** 25 - Qui a tué le Calife ? ***** 26 - Un Monstre Sympathique ***** 27 - La Faute de l'Ancêtre *****
Le Jour où...
Le jour où le bus est reparti sans elle Enfin une oeuvre qui dénote un peu et qui apporte un peu de réconfort dans ce monde en folie. Le jour où le bus est reparti sans elle peut constituer un jour de chance dans le cas de notre héroïne Clémentine, une jeune femme en perte de confiance et en plein questionnement sur le sens de sa vie. En effet, elle va faire une rencontre fortuite qui peut bouleverser son existence dans la façon de voir les choses. Il n'y aura point d'histoire d'amour, je vous rassure. La plupart des petites histoires qui ponctuent le récit sont adaptées de célèbres contes zen. Elles m'ont beaucoup plu par leur humilité ainsi que la mise en pratique à travers des exemples bien précis et non dénués de sens. Cela apporte véritablement un grand bol d'air frais. Suite à cette lecture, on se sent tout de suite beaucoup mieux. L'espérance et la sagesse ne sont pas loin. Il ne faut pas écouter ce qu'on nous dit à longueur de journée. Il ne faut pas écouter les gourous ou ceux qui sont les maîtres de conversation dans un groupe, mais il faut s'écouter nous-mêmes pour prendre les bonnes décisions dans la vie. C'est le principal enseignement de cette BD pas comme les autres. Bref, que des conseils de bon sens qui peuvent que nous aider si on les applique. C'est une BD très agréable à lire avec un scénario bien construit et un dessin réellement magnifique. Certes, il y a une vague de bons sentiments qui font un peu écolos et bobos. Mais bon, cela ne va pas nous tuer. Au contraire, ce n'est que du bonheur et du positif pour la suite. C'est mon coup de cœur du moment car c'est une invitation à la sérénité. Cela ne se refuse pas. Le jour où elle a pris son envol Le jour où elle a pris son envol est la suite du jour où le bus est reparti sans elle. Il est vrai que c’est une autre aventure qui se situe deux ans après. Pour autant, on retrouve Clémentine avait un copain et un travail de responsable assez prenant. Elle n’a toujours pas trouvé le bonheur pour autant. Elle chasse le copain et le boulot pour refaire le point sur sa vie. Elle aura besoin d’aide pour trouver le chemin du bonheur. J’aime beaucoup cette bd qui donne de bons conseils et de bonnes pistes pour réorganiser sa vie. C’est clair qu’il faut se battre pour avancer. Il y a tout d’abord la prise de risque qui nécessite parfois le fait d’avoir une bonne assise financière. Oui, il faut pouvoir se payer un tour du monde pour réfléchir sur sa destinée. Cependant, il faut comprendre l’idée pour épouser la solution. Le jour où elle n’a pas fait Compostelle Cette série aurait pu très bien s’arrêter après le second tome où notre héroïne Clémentine avait retrouvé le bonheur de vivre avec un cadre plus serein autour d’elle après avoir fait le ménage. Cependant, ce troisième volume nous donne toutes les leçons pour garder ce bien-être sur la durée. Tout va tourner autour des aimanteurs qui nous éloignent de notre propre chemin de vie. Ces aimanteurs peuvent être la famille, les amis, la politique, la religion, la mode, un site internet avec ses habitués etc… Tout est fait pour nous fondre dans un moule avec son carcan de règles où le moindre écart est combattu. Bref, il ne faut pas suivre nécessairement tous les chemins balisés comme celui qui mène à Compostelle. C’est le genre de lecture assez relaxant après une dure journée de travail. Il est vrai que le côté donneur de leçon de vie pour un développement personnel affirmé peut apparaître comme lassant à un certain type de lectorat arc-bouté sur ses convictions. Cependant, cette espèce de mise en garde contre toutes les influences quelque quel soit (mode, publicité, religion) peut apparaître comme assez salutaire en ces temps-ci. Certes, on peut être choqué par un discours de bienveillance mais moi j’adhère. Le jour où il a suivi sa valise Parfois, il suffit d’un fait un peu anodin dans une vie pour tout remettre en cause. Cela peut être perçu comme le signe d’une grande instabilité. Pour autant, on va suivre les aventures de Guillaume qui accompagne sa fiancée Solène à un voyage méditatif à Bali. Nous avons tous une vision paradisiaque de cette destination qui attire de plus en plus de touriste. Derrière le rêve de la carte postale, il y a une certaine réalité qui n’est pas perçue de la même façon pour chaque individu. A noter que l’on suit un autre personnage que l’on ne connaissait pas. Exit donc Clémentine et c’est parti pour une seconde saison. Cependant, le lien est toujours là par l’intermédiaire d’un personnage jouant un tout petit rôle à savoir Jean-Eude, celui qui prône des valeurs de lâcher-prise alors qu’il est le premier ennuyé quand sa valise n’arrive pas à destination. J’adore ces gens qui se disent ne pas être matérialiste mais qui le sont fortement. On aurait pu penser que c’est le tome de trop mais il n’en est rien. C’est toujours aussi prenant et instructif sur le sens de nos vies. J’aime beaucoup ce genre de bd. Ce quatrième tome est même un véritable coup de cœur pour moi. Les 4 étoiles restent amplement méritées. C’est une lecture qui fait véritablement du bien. Douceur et tendresse seront au rendez-vous. Certains disent que cet album devrait être remboursé par la Sécurité Sociale tant il peut être utile à beaucoup de gens. Il faut le lire pour comprendre cette idée pas aussi saugrenue. Le jour où la nuit s'est levée Le jour où la nuit s'est levée se penche sur l'enfance de différents personnages que nous connaissons plus ou moins lors d'une tempête hivernale qui les coince dans une librairie parisienne. Or, les traumatismes d'enfance peuvent avoir des conséquences sur ce que nous sommes des années plus tard. On se rendra compte que dans toute cette panoplies de situations diverses, on peut en tant que lecteur s'y retrouver. C'est vrai qu'on ne choisit pas sa famille. Encore une fois, cette série tient toutes ses promesses. C'est une merveille de précision et de conseil de bien-être permettant de mettre fin à certaines souffrances pour aller beaucoup mieux. J'aime la bienveillance qui se caractérise par cette série que je catégoriserai dans le développement personnel. C'est sans doute la meilleure série sur ce créneau tant les choses dévoilées sont profondes et peuvent parler. J'aime toujours la douceur du graphisme et ces couleurs absolument merveilleuses qui concourt à la réussite de ce titre. On reste dans la lignée des précédents mais c'est fort réussie. Attention à ne pas pleurer. Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4.5/5
Les Indes fourbes
Cette aventure épique, dans la grande tradition du roman picaresque, nous narre les tribulations de don Pablos de Ségovie, mendiant magnifique mais peu recommandable, bien décidé, malgré les innombrables dangers, à se faire une place au soleil, celui d’Amérique du sud – qu’à cette époque on croyait être les Indes -, grâce à un lieu mythique et plein de promesses : l’Eldorado. Handicapé par des origines misérables, il ne reculera devant rien pour arriver à ses fins, accumulant les coups sans broncher et endossant mille personnages afin de traverser toutes les couches de la société et ainsi mieux tromper son monde… Le dessinateur de Blacksad et le scénariste de De Cape et de Crocs ont uni leur talent pour produire une œuvre remarquable à tous points de vue. Tout comme leur héros Pablos, le lecteur embarque pour le Nouveau monde avec délectation. Certes, les rebondissements seront nombreux et les conséquences plus âpres pour le premier, dur à la douleur, qui parviendra néanmoins à retomber sur ses pieds à chaque coup du sort, en ressortant comme renforcé, comme dopé… Alain Ayroles nous a concocté ici un scénario aux petits oignons, qui est en fait la continuation du roman picaresque « El Buscón (Vie de l’aventurier Don Pablos de Ségovie) », signé d’un certain Francisco de Quevedo, figure majeure des lettres ibériques au XVIIe siècle. A la fin du livre, qui se situait en Espagne, l’écrivain annonça une suite qui ne vit jamais le jour. Le créateur de Blacksad, Juanjo Guarnido, avait toujours été fasciné par ce classique de la littérature espagnole. Quant à Alain "DCEDC" Ayroles, il envisageait de raconter les aventures de Don Quichotte dans le Nouveau monde. C’est donc tout naturellement que les deux auteurs ont conçu ce projet haut en couleurs. Dans un style littéraire soigné, Ayroles fait s’exprimer le narrateur principal, qui n’est autre que Pablos, en s’inspirant du langage de l’époque. L’histoire est extrêmement bien construite, respectant la linéarité du roman picaresque, avec plusieurs récits enchâssés au sein du récit central. C’est sans relâche que nous suivons les péripéties de Pablos, personnage ambigu qui suscite autant la pitié que la répulsion, même si cette fripouille pour le moins rusée a des raisons de vouloir s’extirper de sa condition sociale calamiteuse. Le twist final est juste ahurissant, mais l’auteur parvient à le rendre crédible de façon subtile, avec une ironie totalement subversive contre tous les puissants de ce monde. Du reste, le propos de cette saga au souffle épique reste tout à fait transposable à nos sociétés contemporaines, où la misère la plus noire côtoie plus que jamais la richesse la plus obscène. Juanjo Guarnido de son côté ne fait que, preuve s’il en fallait, confirmer son talent, quand bien même les animaux ont repris ici leur rôle de figurants silencieux… De Blacksad, les humains ont conservé le sourire carnassier ou les yeux de chien battu selon les cas. Pour le reste, le dessinateur espagnol nous emmène littéralement au cinéma, tant la représentation des paysages de l’Altiplano et de l’Amazonie est époustouflante. Le passage décrivant la découverte de l’Eldorado par Don Diego et ses hommes est à couper le souffle. Confessant s’être rendu au Pérou pour parvenir à un rendu le plus réaliste possible, Guarnido n’a utilisé que des couleurs directes, à l’aquarelle, et le résultat est somptueux. A n’en pas douter, « Les Indes fourbes » s’impose d’emblée comme une réussite et rencontrera le succès, plus que mérité. Cela apparaît presque comme une évidence quand on sait que ces deux auteurs talentueux avaient l’envie de travailler ensemble. Cette brillante épopée, qui prouve que l’alchimie entre les deux hommes a parfaitement fonctionné, figurera non seulement parmi les meilleurs albums de 2019 mais également au panthéon du neuvième art. À noter en outre que l’objet est publié en grand format et dans un superbe tirage.
L'Apocalypse selon Magda
Ce titre est réellement une bonne surprise. Cela part d'une très bonne idée de départ: que ferions-nous s'il nous restait plus qu'un an à vivre avant une apocalypse programmée à l'échelle mondiale ? Cependant, cela commence dans la joie et la clameur de toute une population devant un miracle alors qu'une jeune fille de 13 ans prénommée Magda semble totalement desespérée et en totale décalage. On vivra alors au fil de cette dernière année jusqu'au moment fatidique. J'ai trouvé cet ouvrage dans le rayon jeunesse de ma médiathèque. C'est un réel classement par erreur qui m'a choqué. Je pense que le dessin un peu enfantin a présidé ce choix. Cependant, j'ai rarement vu une bd aussi dure traitant de sexe, de drogue et même de suicide. C'est une véritable descente aux enfers qui ne convient guère à la lecture de bambins de 7 ans. Oui, avant un classement de ce genre, il faut tout simplement la lire. Au final, c'est un album assez surprenant et qui remue un peu les tripes. C'est bien de vivre sa vie à fond mais cela comporte également des risques et des dérapages...
Aâma
Frédérik Peeters est un auteur original, très éclectique – et qui réussit à surprendre dans à peu près tous les genres auxquels il touche. Pour ce qui est de la Science-Fiction (puisque c’est le cas avec cette série), il avait déjà à son actif le très beau Lupus, assez planant. Avec « aâma », on est dans une veine SF peut-être plus classique, mais là aussi c’est vraiment très bon – et très beau ! Avec quelques détours vers la chronique sentimentale (pas gnangnan, et qui vers la fin en plus se rattache à l’intrigue quasi thriller qui va envahir le côté purement SF), Peeters bâtit ici une histoire à la fois dense et aérée, voire aérienne. On est accroché petit à petit, puis vissé à cette intrigue (qui va nous questionner sur la relation entre homme et robot, sur la naissance de la vie, etc.), mais aussi et surtout à son traitement. En effet, j’ai trouvé superbe le travail graphique de Peeters, que ce soit le dessin ou la colorisation. On y retrouve des tons (dégradés de violets par exemple) déjà dominants dans Pachyderme, mais aussi très présents dans son dernier album, Saccage. Ces couleurs habillent un dessin parfois psychédélique, avec quelques planches qui m’ont fait penser à certains tableaux de Salvador Dali, voire aux paysages minéraux d’Yves Tanguy, dans une veine très surréaliste donc. Un dessin souvent épuré, mais qui fait la part belle à l’imagination, créant un bestiaire proche de celui imaginé par Léo dans ces séries SF, mais en plus poétique. Un monde beau et dangereux, une planète mêlant rêves et cauchemars. Les 4 albums, pourtant relativement épais (près de 90 pages chacun !) se laissent lire rapidement, et très agréablement. C’est une série pleine de poésie, d’une richesse graphique et scénaristique telle qu’il serait vraiment dommage de passer à côté.