Les derniers avis (7529 avis)

Par Ro
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Nymphéas noirs
Nymphéas noirs

Nymphéas noirs est à l'origine un roman à succès de Michel Bussi publié en 2011. C'est Fred Duval (Travis, Carmen Mc Callum, ...) qui va prendre soin de l'adapter au format bande dessinée, avec l'aide de Didier Cassegrain (Tao Bang, Code Mc Callum, ...) au dessin. C'est un polar ayant pour cadre la petite ville de Giverny, bourgade normande où Claude Monet avait fait construire ses fameux jardins et son bassin aux Nymphéas. L'histoire tourne autour de trois femmes : une dame âgée vivant en solitaire, une belle institutrice et une fillette douée pour la peinture. Cela commence par un meurtre, celui d'un notable de la ville, et par l'enquête d'un fringant policier décidé à trouver le coupable, et peut-être avant cela d'éventuels témoins. Avec lui, nous allons évoluer dans cette petite ville et son univers presque en huis-clos, marqué par l'empreinte du célèbre peintre impressionniste mais aussi par un drame issu du passé. Le dessin de Didier Cassegrain est proprement superbe. J'aime la façon dont il rappelle en permanence par son ambiance, sa lumière et ses couleurs les œuvres impressionnistes de Monet tout en conservant son propre style pour les personnages. Il le fait de manière suffisamment discrète pour ne pas gêner le récit, en conservant une narration impeccable, tout en plongeant le lecteur dans l’atmosphère des tableaux du maître. Et quand il fait véritablement une référence directe au contenu de ces tableaux, comme dans sa représentation de la Cathédrale de Rouen, je ne peux qu'admirer la beauté de son dessin et de sa peinture. Portée par ces belles planches, l'histoire coule avec plaisir. L'enquête policière en prend la plus grand part mais on suit en parallèle également l'histoire plus légère et artistique de la jeune fille et celle énigmatique de la vieille dame qui semble tout savoir et manipuler son monde dans l'ombre. L'intrigue est complexe et le lecteur se pose dès le départ la question de comprendre le lien entre les trois femmes et ce fameux meurtre, pour découvrir qui est le coupable. Les indices sont disséminés peu à peu mais plongent régulièrement dans la perplexité car les pièces du puzzle semblent ne jamais vouloir complètement s'imbriquer. Cette perplexité va être levée d'un coup dans l'épilogue de l'album. Et là j'ai réalisé que je m'étais fait avoir comme un bleu ! Le retournement final est tel que je suis allé vérifier toutes les planches précédentes pour voir s'il y avait une incohérence. Mais non ! Tout est réalisé à la perfection, et je suis complètement tombé dans le panneau. C'est fait de manière excellente, impeccable ! Je tire vraiment mon chapeau aux auteurs pour avoir réussi ce tour de force dont je ne peux évidemment rien révéler sous peine de gâcher la surprise. Superbe album ! Des planches de toute beauté, une ambiance excellente, une triple histoire prenante, une enquête qui tient la route, et surtout donc ce twist final qui sublime d'un coup l'oeuvre dans son ensemble. Chapeau !

22/01/2019 (modifier)
Par Erik
Note: 5/5
Couverture de la série Horlà 2.0
Horlà 2.0

Voici une nouvelle lecture plutôt audacieuse du Horlà, une oeuvre phare de Maupassant beaucoup étudiée à l'école. Nous sommes dans une tout autre dimension de l'oeuvre à la fois psychologique mais également fantastique. Il est également question de physique quantique. Rien que cela ! Bref, une exploration très originale où l'intelligence et l'élégance fusionnent. Il y a de magnifiques trouvailles comme le fait de se dire Horlà pour se dire bonjour dans une île province un peu éloigné du continent. Notre héros prénommé K a une tête de lapin particulièrement saisissante de réalisme. Il vient de débarquer sur une île après une traversée sur le Bel Ami, un paquebot de croisière. Plein de références et des petits clins d'oeil qui enrichissent cette oeuvre en l'adaptant à notre époque. Il travaille dans l'informatique et plus précisément dans la réalité augmentée. Il doit résoudre un problème de réseau lié à une incompatibilité entre le continent et cette lointaine province. Il va rencontrer trois femmes qui vont entretenir le mystère et presque le plonger dans une espèce de folie qui le ronge de l'intérieur. J'ai adoré le rythme plutôt lent mais qui installe les choses progressivement et tout commence à s'imbriquer jusqu'au final qui sera une véritable révélation. Par ailleurs, on observera une belle maîtrise graphique mais qui reste dans la simplicité. Il ne faudrait sans doute pas passer à côté de ce bel album. Génial !

13/01/2019 (modifier)
Par herve
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Spirou d'Emile Bravo - L'Espoir malgré tout
Le Spirou d'Emile Bravo - L'Espoir malgré tout

Dix ans après "le journal d'un ingénu", Emile Bravo nous revient avec ce premier volume d'une tragicomédie humaniste prévue en quatre volumes. J'avais un peu peur, avant de lire cet opus, de faire une overdose d'un Spirou chez les Allemands après l'album de Bravo et celui de Schwartz & Yann, qui datent certes, mais j'avoue avoir cessé d'acheter la série mère et ses dérivés '"Spirou, vu par..." depuis quelques années vu la médiocrité des albums édités. Avec "L'espoir malgré tout", j'ai eu l'agréable surprise de retrouver un Spirou comme je l'aime: intrépide, souvent naïf (son discours pacifiste est parfois trop appuyé par E. Bravo) mais surtout l'auteur nous a dépeint ici un Fantasio fantasque, roublard, lâche et fuyant qui prend littéralement le dessus sur son compère dans cet opus. Sacré personnage que ce Fantasio qui est capable d'adopter toutes les postures pour arriver à ses fins! Emile Bravo a, de ce point de vue, réussi à faire d'un personnage secondaire un personnage incontournable de cette aventure (la dernière page le prouve). Emile Bravo, à travers cet album, n'a de cesse de rendre hommage ouvertement aux auteurs de la ligne claire, notamment à Hergé avec un Spirou déguisé en Tintin. J'ai adoré cet album qui balaye à la fois la seconde guerre mondiale, l'histoire de la Belgique avec son exode, son occupation ("le Soir volé"), ses antagonismes entre Wallons et Flamands, mais aussi ses héros anonymes comme le père Anselme et les amours de jeunesse. Un récit dense, riche et passionnant que nous offre là un Emile Bravo, en très grande forme. J'ajoute que le dessin est excellent. Très bonne lecture.

08/01/2019 (modifier)
Par Salèn
Note: 5/5
Couverture de la série Jojo's Bizarre Adventure - Phantom Blood
Jojo's Bizarre Adventure - Phantom Blood

Jojo's Bizarre Adventure, c'est quoi ? C'est un manga fleuve qui a commencé sa publication le 2 décembre 1986 dans le Weekly Shonen Jump, toujours en cours, très célèbre au Japon (un peu moins ailleurs). Sa particularité ? On suit la famille Joestar sous plusieurs générations, à différentes époques, et avec différents héros. On peut donc tout à fait lire une saison de la série sans avoir lu les autres. De nos jours le manga est publié dans le mensuel japonais Ultra Jump. Qu'en est il de sa publication en France ? Elle est chaotique. J'ai Lu a édité les 46 premiers tomes (correspondants aux parties 1 à 4 de la série) de 2002 à 2005, avant d'arrêter la publication. En 2007, Tonkam récupère la série et la poursuit pour faire plaisir aux fans, en éditant les parties non éditées: Golden Wind (partie 5 de la série, tomes 47 à 63 de l'édition originale) et Stone Ocean partie 6 de la série). En 2013, avec la publication de la 7ème saison, Steel Ball Run, qui débute, Tonkam décide de rééditer les 4 parties épuisées depuis plusieurs années. Elles seront éditées en saison séparées, comme des séries à part entière (comme cela a été fait pour les saisons 5 et 6). L'éditeur commence avec la partie 3, la plus célèbre, avant d'enchaîner avec la partie 1 (Phantom Blood), la 2, puis la 4. Les tomes bénéficient d'une nouvelle traduction. Oubliez donc les anciens tomes de J'ai Lu. Ce qui frappe en premier lieu lorsqu'on ouvre le premier tome de la série, c'est le dessin : il n'a plus rien à voir avec le style actuel de l'auteur ! On sent une inspiration de Tetsuo Hara (Hokuto no Ken), typique des années 80, mais il y a un plus, qui fait qu'on reconnaît tout de suite le trait d'Araki: les personnages ont des poses très originales, dignes de gravures de mode, et c'est un aspect qui sera accentué tout au long de la série, comme pour les tenues extravagantes (les personnages, au départ très musclés, deviendront peu à peu plus androgynes). Le scénario ? C'est très étonnant pour un début de shonen. En effet, quasiment pas de fantastique, ou de combats avec des techniques ancestrales. On voit simplement au début une cérémonie aztèque mettant en scène le masque de pierre, artefact emblématique de cette première saison. Mais ensuite pendant le reste du tome suit pour l'instant le duel psychologique entre le héros, Jonathan Joestar, et Dio, son frère adoptif qui en veut à son héritage. Dio est vraiment machiavélique et ne recule devant rien pour parvenir à ses fins. Il est considéré, à juste titre, comme un des méchants de mangas les plus marquants. L'ensemble fait un peu soap opera, avec plein de rebondissements, mais c'est voulu, pour planter le décor et les personnages. L'ambiance changera petit à petit, pour devenir plus horrifique. Et un autre point intéressant, c'est que ce tome et cette première partie de la série acquiert une nouvelle dimension lorsque qu'on la lit après avoir lu les saisons suivantes (la 2ème et la 3ème par exemple). En effet il y a une généalogie entre les héros des différentes saisons de la série, et des personnages qui réapparaissent dans plusieurs saisons. A partir du deuxième tome l'histoire bascule tout à fat dans le shonen inspiré des films d'horreur, avec une ambiance glaçante qui sera une caractéristique de tout le reste de la saison. On a affaire au premier grand affrontement entre Dio et Jonathan. On apprend que Dio a assassiné Dario Brando, son père biologique, et qu'il compte en faire de même avec le père de Jonathan, son père adoptif. Mais notre héros comprend à temps ce qu'il a prévu de faire et ramène la police dans le manoir. Dio, acculé, décide d'utiliser le masque aztèque, présent dans le manoir Joestar depuis des années. Et c'est à ce moment que tout bascule. Le reste du tome est consacré à cet affrontement, qui est vraiment très prenant, et encore plus quand on sait que cette partie a plus de 25 ans! Le dessin s'est un peu amélioré, ce sera une caractéristique de l'auteur de modifier petit à petit son dessin tout au long de cette longue série. Le tome trois fait apparaître la technique de l'Onde, ou respiration ondulatoire. Ce genre de force spéciale est typiques des shonens mais dans Jojo elle a une dimension plus originale et je dirais même parodique, vu le bizarre assumé des situations. Le tome 4 est à fond dans les combats, le héros progresse, et on a un échantillon de ce que sera le Jojo's moderne, car les combats ne sont pas basés uniquement sur la force mais aussi et surtout sur la réflexion. Mais le dernier point qui rend Phantom Blood culte, c'est le tome 5, et son étonnante et triste fin, qui a dû faire un sacré choc aux lecteurs de l'époque, qui rebat les cartes et montre que Jojo's est, et sera une série surprenante qui n'a pas peur de sortir des sentiers battus! J'étais personnellement au bord des larmes lorsque j'ai lu cette partie pour la première fois. Au final, une ambiance horrifique, du gore à ne plus savoir qu'en faire, du kitsch, un splendide dessin old-school, des personnages aux postures qui défient les lois humaines et aux accoutrements très travaillés... un mélange très bizarre, mais qui fonctionne du tonnerre. Cette saison reste accrocheuse, même plus de 25 ans après sa sortie, et est personnellement ma saison de Jojo's préférée.

31/12/2018 (modifier)
Par gruizzli
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Nana
Nana

Que dire sur ce manga ... Pris d'une impulsion, je me suis procuré l'intégralité des 21 tomes parus à ce jour, et je me les suis dévoré comme des bonbons, mais à petite dose. Je n'ai pas pu les engloutir comme j'aurais voulu. Trop dense, trop d'émotions. Mais j'ai finalement lu jusqu'au bout le dernier tome. Et je suis maintenant comme toutes ces personnes qui attendant depuis dix ans la sortie hypothétique d'une suite. Nana, c'est le manga Shojo par excellence. Et ce genre étant autant connoté, il est assez ardu d'arriver à passer outre les préjugés qu'on accorde aux œuvres s'y rattachant. Mais là, je suis désolé, il n'est pas possible de juger Nana simplement comme un Shojo. Même en considérant qu'il est le meilleur, ce que j'ai déjà entendu plusieurs fois. Non, Nana est bien plus que simplement le meilleur de son genre, si tant est que ce qualificatif n'est pas un poncif usé. Nana est un manga particulièrement excellent, avant tout. Je n'ai pas de souvenir d'avoir lu un autre manga qui m'ait fait pleurer au tome 8 et qui m'a pris ensuite aux tripes. J'ai dévoré l'histoire comme jamais, et pour la première fois j'ai découvert une BD où absolument tous les personnages m'ont plu. Je ne pensais pas dire ça au début, mais chacun des personnages principaux de ce manga est passionnant à suivre, avec tous ses travers et sa vie intime. C'est tout le cœur de l'histoire, entre les personnages et leurs relations. Bien campés, sensibles et humains, on est loin des clichés du genre romantique. Niveau dessin, il faut aimer le style de la dessinatrice, mais une fois qu'on s'y habitue elle sait nous prendre par les sentiments quand il le faut. Le dessin arrive à poser des ambiances noires et sombres, mais aussi légères et amusantes. C'est bien foutu d'un bout à l'autre (et je note que la dessinatrice a un excellent dessin dès le premier tome), et j'ai adoré les derniers tomes et leur ambiance noire. Un régal. Mais surtout, surtout, qu'est-ce que c'est beau ! Je ne saurais dire comment c'est possible, mais l'auteure à réussi à nous faire une histoire d'amour entre deux filles sans qu'on ne puisse parler d'histoire d'amour. Je ne sais ce que c'est, mais il y a entre les deux Nana une alchimie qui se noue et cimente toute l'histoire. Rien que cette histoire d'amitié/amour/fraternité vaut tout le manga. C'est le cœur de toute l'histoire, mais aussi une relation des plus sincères que j'ai lues en manga. Et curieusement réaliste, aussi. Ce manga m'a touché, m'a ému, m'a fait pleurer et m'a suffisamment plu pour que je crois moi aussi que ce manga sera fini un jour. Car une telle histoire ne peut rester inachevée ainsi. Et même si dix ans ont passé sans nouvelle, je continue de penser qu'il y aura une fin. Je l'espère de tout mon coeur.

29/12/2018 (modifier)
Par PAco
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Ogres-Dieux
Les Ogres-Dieux

Se lancer dans la lecture des "Ogres-Dieux" c'est retrouver le plaisir ambigu des contes cruels de notre enfance. Et quel plaisir ici, tant l'univers proposé est riche, tant dans le contenu que dans la forme ! En effet, la collection "Métamorphose" de chez Soleil cultive l'art du bel objet, et cette série ne fait pas exception à la règle. Il n'est qu'à voir le format de ces albums ! Rien ne semble assez grand pour faire rentrer ces ogres-dieux dans les cases. Ensuite, le trait remarquable de Bertrand Gatignol et sa somptueuse gestion des noirs donne à cette série toute la force et la noirceur nécessaire pour parfaire ces sombres histoires. Enfin, le découpage narratif en chapitres entrecoupés de courts récits écrits nous relatant l'histoire ancienne de personnages ayant eu un rôle important dans cet univers apporte encore un plus à cette série en étoffant de manière originale l'histoire de ces ogres tout puissants. A ce jour deux tomes constituent cette saga dantesque. "Petit", le premier tome, piochait allègrement du côté du Petit Poucet avec l'histoire de ce fils d'ogre qui nait "tout petit" et dont le père veut se débarrasser. Tous les ingrédients sont déjà là, du graphisme soigné aux décors majestueux où s'égayent ces ogres-dieux consanguins tous plus ou moins dégénérés à la cruauté sans pareil. Après un tel premier tome, la suite se faisait forcément attendre au tournant, et "Demi-sang" relève allègrement le pari de faire encore plus fort que "Petit". En effet, on retrouve ces décors démesurés alliant baroque et gothique qui confère à cet univers toute la noirceur et la grandeur, tout en attachant encore plus d'importance à la psychologie des personnages que l'on découvre ici, notamment celle de Yori, le personnage principal. Si le scénario est à mon sens encore plus affuté que le premier, le dessin n'est pas en reste et gagne lui aussi en puissance. Tout cela conjugué nous donne au final une série d’une rare richesse et puissance graphique comme on en lit trop peu souvent à mon goût. Un "must have" qui frise à mes yeux la perfection ; si la suite prévue est du même tenant, cette série basculera sans aucun doute dans mon petit panthéon des séries cultes. *** tome 3 *** Et bien voilà ! L'attente fût longue mais en valait vraiment la peine ! Quelle claque encore mes amis ! Avec ce troisième tome "Le Grand Homme", Hubert et Gatignol confortent pour ma part l'immense talent qui est le leur. Construit sur le même principe que les deux tomes précédents en alternant des chapitres de planches introduits par quelques pages de texte à la façon d'un conte, ils nous emmènent cette fois sur traces de Lours, un personnage qui n'a pas été sans me rappeler sans trop savoir pourquoi le Grands-Pas du Seigneur des Anneaux. Coutelier itinérant à la tête d'un groupe de résistants, il s'impose par son abnégation et son sens de la stratégie. La chute de la dynastie des Ogres va bouleverser tout ce petit univers et obliger Lours à faire face aux démons de son passé et soumettre sa résilience à rude épreuve. J'ai littéralement été happé par cet album qui monte progressivement en puissance. A chaque chapitre l'intrigue révèle un nouveau pan de l'histoire qui prend une profondeur impressionnante et d'une rare richesse. Wow !!! Quel background ! Quelle claque ! Bertrand Gatignol est quant à lui au dessin de plus en plus à l'aise avec cet univers et nous régale de planches toujours aussi sublimes dans un noir et blanc d'une rare élégance. Voilà un duo qui maîtrise parfaitement son sujet et nous régale d'un troisième album des plus aboutit ! Une cinquième étoile des plus méritée ! Bravo messieurs ! (Et vivement la suite !!!)

07/11/2016 (MAJ le 10/12/2018) (modifier)
Par Erik
Note: 5/5
Couverture de la série Bluebells wood
Bluebells wood

Je n'ai pas peur de le dire mais Guillaume Sorel est réellement un auteur extraordinaire qui produit ici un chef d'oeuvre. Il a ce quelque chose en plus par rapport à bien d'autres qui nous servent de la daube à longueur de parution. Non seulement, il maîtrise son art graphique et pictural avec ses planches magnifiques mais scénaristiquement, cela en devient presque fascinant. Il introduit une dimension supplémentaire en apportant une âme à ce qu'il réalise. Que dire également de cette ambiance presque lovecraftienne ? Quand on referme l'ouvrage, on est encore sous le choc de la révélation concernant William, ce peintre vivant en ermite. C'est sans doute la meilleure histoire de sirènes de ces derniers temps avec une inspiration à la Andersen. J'ai beaucoup aimé la dualité entre la forêt et la mer avec une petite crique assez extraordinaire où il fait bon vivre. On est entraîné part la magie des lieux où se mêlent rêve et réalité. Bref, on ne peut que tomber amoureux de cette sirène. Attention cependant à ne pas succomber à son chant de l'amour. Lecteur conquis, je suis.

08/12/2018 (modifier)
Couverture de la série S'enfuir
S'enfuir

Après avoir pris note des différents avis sur le manque de rythme de cet album, c'est avec tout de même une certaine réserve que je démarre sa lecture. Et bien non, encore une fois, Mr Delisle est tout juste. Ce récit est aussi captivant que si vous aviez effectivement rencontré le héros. Qu'il ne vous épargnait rien de cette aventure immobile mais tellement hors norme. On y voit tant de choses inhabituelles entre l'inhumanité de cet enfermement, l'émerveillement du héros sur le moindre événement comme un enfant qui expérimente ses premières fois, l'humour rageur entremêlé de désespoir et de doutes. Et malgré ce cocktail détonnant, l'ensemble reste équilibré dans la narration. Plongez dedans, c'est un beau récit d'aventure humaine.

08/12/2018 (modifier)
Par Gaendoul
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Goblin Slayer
Goblin Slayer

Génial, c'est presque au niveau d'un Berserk pour moi. Je tiens à préciser que j'ai lu tout ce qui est sorti au Japon (et donc bien plus loin que les 2 tomes disponibles en France). Oui, c'est cru et un peu gore mais ça fait justement un contraste avec tous les mangas un peu cucul qu'on a pu avoir récemment. Ici, une erreur peut coûter la vie voire la dignité...car les gobelins ne réfléchissent pas et sont de véritables bêtes sauvages. Heureusement, le manga ne se résume pas à de la violence et des images crues. Les personnages se développent au fur et à mesure et l'on comprend les motivations du perso principal et pour quelle raison il est si focalisé sur les gobelins alors que ses talents pourraient être utiles à des combats contre des démons plus puissants. Les dessins sont bons et très dynamiques et l'action est toujours lisible (contrairement à Berserk qui malgré des dessins superbes a parfois des planches un peu confuses). Bref, un des meilleurs mangas récents.

27/11/2018 (modifier)
Par Erik
Note: 5/5
Couverture de la série Les Vieux Fourneaux
Les Vieux Fourneaux

C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures dit le dicton qui semble inspirer cette œuvre que sont les vieux fourneaux. Etre vieux, c’est devenu très in de nos jours, question maturité et compétence sur les choses de la vie. Le pire reste pour moi les jeunes avec des goûts de vieux dans une attitude purement suiviste mais bon, il faut de tout pour faire un monde. Bref, c’est vrai que tout ce qui est âgé provoque chez moi une petite aversion. Tome 1: Ceux qui restent J’ai beaucoup apprécié la jeune fille Sophie qui hurle, à la barbe de cette génération qui a tout gâché, les quatre vérités dures à entendre. C’est vrai qu’ils nous laissent un monde pourri : le chômage, la crise et ils partent faire la retraite à 60 ans en vivant le plus longtemps possible. Et il faudrait encore s’extasier devant eux ! Non, merci ! En tout cas, j’ai bien aimé la pensée profonde de l’auteur qui les aime quand même. Oui, on leur doit le respect tout de même. Cependant, les vieux estiment qu’on leur doit tout. Ils n’hésitent pas à prendre la place dans le bus en faisant se lever un enfant de moins de 5 ans ou une femme enceinte. On a droit à une histoire plutôt touchante qui commence avec un décès et une mystérieuse lettre qui sera le point de départ à un road-movie maison de retraite attitude. D’ailleurs, cela conduit très mal un vieux (à 50km sur l’autoroute ou à 160 selon les cas). Rien ne leur sera épargné pour notre plus grand plaisir. Rien n’est d’ailleurs pire qu’un vieux riche qui s’exhibe avec une femme à forte poitrine afin de montrer leur insolente réussite. Cette comédie sociale entre amitié et amour traite aussi du thème de la finance facile. Il y a des piques bien pensées ici et là. Les personnages sont réellement attachants. Oui, on les aime quand même ces vieux septuagénaires car ils sont parfois très drôles. Je regrette juste la calligraphie choisie un peu illisible. C’est dommage car les dialogues sont de haute volée avec des références assez amusantes. Lupano est devenu en ce qui me concerne le meilleur scénariste de sa génération. Après Ma révérence, c’est véritablement la consécration ! Tome 2: Bonny and Pierrot Le second tome fait même l'exploit de dépasser le premier qui était déjà une bonne surprise. C'est dire ! On a droit à une histoire totalement indépendante du premier volume bien qu'il y ait une transition et un fil conducteur. J'ai bien apprécié la critique sans détour des travers de notre société et plus généralement du mode de vie capitaliste. L'exemple de l'évolution de l'île de Nauru au sein du Pacifique est assez caractéristique notamment son histoire économique basée sur l'exploitation du phosphate. Les habitants sont devenus parmi les plus riches du monde avant de connaître la ruine avec l'épuisement des ressources ou la maladie pour avoir adopté un mode de vie occidental pas adapté. Le taux de chômage est actuellement l'un des plus élevés au monde avec 90%. Bref, outre cet exemple assez marquant, il y a dans cette bd de nombreuses références assez amusantes. L'esprit est franchement contestataire. Cela rend nos trois vieux absolument sympathiques. Tome 3: Celui qui part Qu'est-ce qu'on aimerait bien être comme eux au 3ème âge ! C'est presque idéalisé. On les retrouve pour notre plus grand bonheur pour de nouvelles aventures toujours aussi truculentes. Notre société de consommation en prendra encore pour son grade. Pour le reste, tout semble bien fonctionner dans cette comédie sociale. A noter la présence de flashback qui éclaire un peu le passé de nos protagonistes. Pour autant, l'effet de surprise des premiers tomes est passé. Il ne faudra pas essouffler le lectorat en multipliant les tomes à tout va. Tome 4: La magicienne Lorsque l'on va apprendre qui est la magicienne, nul doute qu'on aura un petit choc. Le ton reste toujours aussi écolo-bobo tout en se moquant également de cette tendance nombriliste. La série a connu un grand succès au point d'intéresser le cinéma. Le filon est loin de s'éteindre. On est parti pour une suite à la fin de ce quatrième chapitre qui semble faire du surplace. Pour autant, les thèmes abordés sont plutôt d'actualité. Il y a toujours le plaisir qui reste intact de lire les vieux fourneaux. J'ai beaucoup aimé certaines trouvailles comme le fantasme imagé de Sophie sur deux pages où il y a cette double lecture avec la réalité. Du grand art ! Tome 5: Bons pour l'asile Cette série m'a presque fait réconcilier avec le troisième âge. Il faut dire qu'autour de moi, les vieux ne sont pas du tout les êtres bons et généreux avec la main sur le coeur. Je n'observe pour ma part que la plupart sont racistes et conservateurs ce qui ne reflètent pas de bonnes valeurs. Peut-être que la bd projette une version idéalisée. On aimerait en tout cas que cela soit la réalité. J'ai beaucoup aimé l'introduction avec la démonstration devant l'ambassade de Suisse. C'est toujours aussi drôle sauf sans aucun doute la conclusion de ce tome qui nous rappelle que nous sommes juste de passage en ce monde. On pourra sans doute reprocher un parti pris pour un camp politique facilement devinable mais les auteurs s'assument. Il y a en effet toute une caricature des syndicalistes et autres contestataires. Sans doute, le tome le plus engagé. Tome 6: L'oreille bouchée La question qui fâche et qu'il faudrait éviter de poser pour ne pas lancer un pavé dans la marre : est-ce le tome de trop dans cette excellente collection ? Il est vrai que nous avons fait un peu le tour des aventures de nos trois vieux compères. Là, on va imaginer une probable aventure en Amazonie avec comme prétexte de parler de la pollution et de la déforestation. Il est vrai que l'intention est fort louable car on ne pense pas que quand on offre un bijou en or à sa compagne pour les fêtes de fin d’année, cela puisse avoir un réel impact sur la planète. Bientôt, on culpabilisera même de vivre. La lecture demeure toujours aussi agréable même si les ficelles ont déjà été tiré plusieurs fois. On connaît la pièce de théâtre sur Nauru. On connaît les incessantes jérémiades de Pierrot. Certes, on va découvrir un peu de leur jeunesse et leur occasion loupée à force de défendre une cause idéologique. Même si le charme des premiers albums n'y est plus à force de produire pour la consommation, cela reste une valeur sûre pour investir dans une lecture sympathique. En conclusion, nous avons là une des meilleures séries comiques de ces dernières années !

31/10/2014 (MAJ le 25/11/2018) (modifier)