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Par Erik
Note: 5/5
Couverture de la série Thorgal
Thorgal

J’éprouve une affection toute particulière pour cette série mythique. J'ai lu un tome puis je suis allé chercher d'un coup la collection entière. Je suis d'un genre un peu impulsif. La vendeuse n'y croyait pas ! C'est sans doute la série qui m'a donné la fibre alors que j'étais un jeune adulte. J'ai pratiquement commencé ma collection de bande dessinée par ce titre. Il faut dire que cette collection est signée par le maître des scénaristes à savoir Jean Van Hamme alors au sommet de son art. Depuis 2007, Yves Sente a repris le flambeau pour essayer de renouveler la série en apportant un souffle nouveau, voire une véritable cure de jouvence. Il est également un talentueux scénariste mais il ne possède pas le génie de son prédécesseur. On ne le sent pas totalement à l'aise avec le genre. Sa méthode est de diluer l'intrigue principale sur un certain nombre de tomes en multipliant des séries avec des intrigues secondaires qui doivent se croiser. Cela ne semble pas plaire au public même si certains fans s'amusent à croiser les événements. Cela devient trop compliqué et pas assez limpide. On apprend avec le 35ème album de Thorgal qu'il est débarqué au profit de Xavier Dorison ce qui semble encore aggraver le cas de cette série. Il est vrai que les derniers albums montraient un Thorgal beaucoup trop éloigné de sa personnalité. C'était certes innovateur mais pas au goût du public. Son travail sur près de 10 albums (dont la série parallèle consacré à Kriss de Valnor) est tout de même assez méritoire. On a compris qu'avec Xavier Dorison, Thorgal doit revenir aux fondamentaux. Mais bon, le résultat de ce nouveau Thorgal est loin de celui espéré. La créativité semble manquer cruellement. Les aventures de Thorgal commencent lorsqu'un chef viking découvre un bébé dans une mystérieuse embarcation. On se croirait dans Moïse! Il adopte l'enfant et le nomme Thorgal en référence à ses dieux (Thor le dieu de la foudre et Ægir le géant des mers). Le petit garçon ainsi adopté va devenir un formidable guerrier très habile au tir à l'arc. Il vivra une enfance difficile car rejeté par le peuple viking. Heureusement, son amitié avec Aaricia va le sauver. Ils tomberont amoureux et auront au fil de l'histoire deux enfants avec des pouvoirs tout aussi extraordinaires. Mais surtout, ils aspireront à une vie tranquille loin des tourments de la guerre mais les nombreux dangers du monde semblent les rattraper à chaque fois. Le destin de ce héros le pousse à rencontrer des ennemis de la pire espèce comme l'emblématique Kriss de Valnor qu'on adorera détester! Cependant Thorgal va progressivement remonter à ses véritables origines. L'aventure nous mènera assez loin jusqu’aux confins de la science-fiction puisque Thorgal est également appelé "l'enfant des étoiles". J’ai véritablement adoré le cycle du pays de Qâ que je considère comme véritablement culte. Ce voyage sur le continent américain jusque-là encore inconnu réserve bien des surprises et nous en révèle beaucoup sur les origines mystérieuses de Thorgal. J’ai également frissonné dans « Alinoé ». J’ai beaucoup aimé l’album « au-delà des ombres » qui fut d’ailleurs primé en son temps. « La cage » m’a également interpellé quant à l’attitude de la courageuse Aaricia. Les derniers albums sont beaucoup moins bons et cela se ressent (par exemple scénario identique aux « Archers » dans « le Barbare »). Cependant, la reprise du flambeau par le fils de Thorgal à savoir Jolan et son initiation par le mystérieux Manthor peut réserver encore de bonnes surprises. C'est dommage cependant que l'histoire semble un peu s'inspirer de 'la communauté de l'anneau'. Le plaisir semble rester intact. Je dois même avouer que ce renouvellement produit son effet. L'essoufflement de la série semble être totalement oublié. Il ne faudrait surtout pas à mon avis que Jolan soit un clone de son père (genre "qu'est-ce que ferait Thorgal dans une telle situation?). On sait également que ce fuit juste une aventure scénaristique le temps de plusieurs albums pour revenir ensuite sur le père, notre héros qui revient en sauveur de son autre enfant (celui qu'il a eu avec Kriss). Un mot également sur la qualité du dessin de Rosinski qui ira en s'améliorant depuis 1977 puis en se dégradant à nouveau. C'est devenu un véritable adepte de la couleur directe. Son style, tout en couleurs et pinceaux donc, s'est orienté vers un équilibre assez subtil entre photoréalisme et impressionnisme. Cela apporte une nouvelle résonance plus poétique à cette grande saga. La vérité ou la réalité me pousse à dire que les derniers tomes de Thorgal ne sont pas vraiment bons du point de vue graphique. Même Roman Surzhenko semble faire mieux ce qui est quand même une bonne nouvelle. A noter qu'il existe 2 BDVD pour compléter cette collection : "Entre les faux Dieux" et "Dans les griffes de Kriss". C'est une bonne expérience à vivre pour un fan afin d'enrichir l'univers de Thorgal. Le fantastique occupe également une part importante à travers les mythologies nordiques. Nous avons là une ambiance à la fois médiévale et fantastique dans une véritable dimension héroïc fantasy. Sur le plan de vue du succès: près de 14 millions de titres vendus avec une traduction dans 18 langues. Il ne manque plus qu'une adaptation TV en série ce qui sera bientôt chose faite. Parce que "Thorgal" m'a donné envie de lire d'autres BD et de commencer une véritable collection, elle mérite d'être qualifiée de "culte". C'est la bd qui m'a donné la passion pour la bande dessinée. :) Je me suis un peu amusé à noter chacun des titres pour le fun comme suit : Tome 1: La Magicienne trahie Tome 2: L'île des mers gelées Tome 3: Les 3 Vieillards du pays d'Aran Tome 4: La galère noire Tome 5: Au-delà des ombres Tome 6: La chute de Brek Zarith Tome 7: L'enfant des étoiles Tome 8: Alinoë Tome 9: Les archers Tome 10: Le pays Qâ Tome 11: Les yeux de Tanatloc Tome 12: La cité du Dieu perdu Tome 13: Entre terre et lumière Tome 14: Aaricia Tome 15: Le Maître des montagnes Tome 16: Louve Tome 17: La gardienne des clés Tome 18: L'épée-soleil Tome 19: La forteresse invisible Tome 20: La marque des bannis Tome 21: La couronne d'Ogotaï Tome 22: Géants Tome 23: La cage Tome 24: Arachnéa Tome 25: Le mal bleu Tome 26: Le royaume sous le sable Tome 27: Le Barbare Tome 28: Kriss de Valnor Tome 29: Le sacrifice Tome 30: Moi, Jolan Tome 31: Le bouclier de Thor Tome 32: La Bataille d'Asgard Tome 33: Le Bateau-Sabre Tome 34: Kah-Aniel Tome 35: Le feu écarlate Tome 36: Aniel Tome 37: L'Ermite de Skellingar Tome 38: La Selkie Note Dessin : 4.5/5 – Note Scénario : 4.5/5 – Note Globale : 4.5/5

14/02/2007 (MAJ le 25/11/2018) (modifier)
Par sloane
Note: 5/5
Couverture de la série Monkey Bizness
Monkey Bizness

Décidément Ankama au travers de son Label 619 nous sort des petites pépites, j'en veux pour preuve cet excellentissime Monkey Bizness. N'en jetez plus la coupe est pleine: Mutafukaz, "Doggy bags", "Mapple Squares", Teddy Bear, "Beware of Rednecks", sans oublier Midnight Tales. Le point commun à toutes ces parutions c'est bien sur l'aspect iconoclaste du propos. N'en déplaise aux âmes sensibles et aux bien pensants ces lectures ne s'adressent pas à n'importe qui. Trop c'est trop ? Littérature excessive ? Peut être, mais en ces temps de consensus mou, je trouve personnellement que cela possède une fraicheur, un enthousiasme, un côté foutraque fort plaisant. Bien souvent dans ces histoires les problèmes rencontrés par les personnages se règlent grâce à l'ultra violence et au sexe. Cela est il incitatif ? Ou faut il y voir une sorte de catharsis permettant à tout à chacun d'évacuer un stress plombant et énergivore ? Mais foin de propos trop cérébraux, concentrons nous sur cette intégrale composée de plusieurs chapitres nous contant les aventures de deux membres de la race des primates parvenus par la folie des hommes ( finalement elle a pétée la bombinette ) au sommet de la chaine alimentaire. Cette chaine alimentaire n'est bien sur pas le même que celle du quidam moyen. Bouffe approximative, boissons curieuses aux effets non moins curieux et diverses substances que la morale réprouvent mais dont là aussi les effets sont assurés ( pas par la sécu , mais diantre, on s'en fiche ). Si l'on y regarde de plus près le scénario contrairement à ce qu'il donne à voir rapidement n'est pas si foutraque qu'il y parait. Tout ça est bien tenu, l'utilisation de flashbacks est bienvenue. S'il fallait pinailler je dirais que c'est peut être au niveau du dessin que les choses sont certainement perfectibles, un manque de rondeur dans les traits et de la profondeur vraiment édulcorée. Les couleurs sont très sympas et je reviens au scénario pour signaler l'absence de temps mort, ça fonce à fond les ballons. Reste les dialogues qui certes utilisent un langage peu châtié mais jubilatoire, comme je l'ai dit plus haut cet ouvrage ne s'adresse pas aux oies blanches. Non véritablement cette œuvre tout à fait dans la lignée du Label 619 ne dépare en rien dans une bibliothèque, même si parfois le propos est un poil radical, il n'en assène pas moins quelques vérités sur le genre humain. C'est sans grande hésitation que je conseille cet ouvrage avec la note de culte.

18/11/2018 (modifier)
Par Gaendoul
Note: 5/5
Couverture de la série Naruto
Naruto

Un incontournable, assurément. Si Naruto a par moments fait peur, notamment au niveau de l'évolution de l'histoire, l'ensemble a su rester très cohérent et il s'agit du manga s'inspirant de Dragon Ball le plus réussi. Il s'agit d'une aventure qui va nous mener de l'enfance du héros à son passage à l’âge adulte et ce passage est très bien retranscrit. Au début de l'histoire, on se rend vite compte que les jeunes ninjas que l'on suit ne sont que des novices, perdus dans un monde complexe dont les véritables meneurs se livrent une guerre impitoyable. Naruto et ses compères ne sont pas seulement dépassés, ils sont tout simplement insignifiants. Tout cela donne une raison supplémentaire au besoin d'évolution et d'amélioration classiques des shonen et apporte un background très riche à l'univers de ce manga. Kishimoto a su faire évoluer le schéma classique et s'inspirer des oeuvres majeures du genre sans tomber dans le piège de la surenchère facile ni du plagiat. Un univers unique, des personnages hauts en couleur mais surtout, un univers cohérent et vaste. Entre humour, action, larmes (car oui, certains passages sont très tristes) et mythes asiatiques, on tient là le véritable successeur de Dragon Ball. Il laissera, comme ce dernier, une marque indélébile sur le manga et le genre shonen.

11/11/2003 (MAJ le 16/11/2018) (modifier)
Par Blue Boy
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Malaterre
Malaterre

A quarante ans, Pierre-Henry Gomont est devenu, en l’espace de six albums publiés en moins d’une décennie, une figure incontournable du 9ème art, et ce dernier opus ne fait que confirmer ce statut. Si Pereira prétend, qui avait rencontré un certain succès, était une adaptation de roman, « Malaterre » relève plutôt de l’autobiographie. En effet, pour concevoir ce one-shot, l’auteur s’est inspiré de sa propre famille tout en resituant les événements et les lieux par rapport à la réalité, les personnages de l’album eux-mêmes « des agrégats de plein de personnages réels », comme il le dit dans une interview. Avec un scénario extrêmement bien charpenté, des personnages également très bien campés, P.-H. Gomont réussit à nous embarquer totalement dans cette « aventure » au parfum d’exotisme, en majeure partie grâce à ce personnage haut en couleurs qu’est Gabriel Lesaffre et qui constitue la force gravitationnelle du récit, omniprésent même dans les scènes où il est absent. Tout détestable soit-il, l’homme exerce une fascination puissante sur son entourage, sans que l’on puisse vraiment l’expliquer. En premier lieu, ses deux aînés, arrachés à leur mère suite à une action en justice du père pour obtenir leur garde, alors que ce dernier, aimant l’argent et la vie facile, a rarement été présent dans le passé. La mère restera seule à Paris avec le plus jeune enfant, les aînés Mathilde et Simon suivant leur père sans broncher vers cette destination exotique, l’Afrique équatoriale, dont ils ne connaissent rien. Une fois sur place, ils découvriront en pleine jungle le vaste domaine que Gabriel a racheté suite à la faillite des illustres aïeux dans les années 1920 : une imposante demeure coloniale, une serre monumentale ainsi qu’une scierie. Gabriel s’est mis en tête de restaurer et entretenir le patrimoine familial pour le léguer plus tard à ses enfants, dont il exige en retour qu’ils en soient les dignes héritiers. Dans les premiers temps, ceux-ci seront vite envoûtés par la beauté des lieux et l’environnement luxuriant. Une nouvelle liberté va s’offrir à eux dans cet endroit paradisiaque, contrastant fortement avec la grisaille parisienne. Très vite, ils seront contraints par leur père de suivre leurs études dans le lycée français d’une ville côtière. Plus ou moins livrés à eux-mêmes, ces adolescents s’endurciront au contact de leurs nouveaux amis, et feront malgré eux l’apprentissage de la vie, sans parents, préférant leur nouvelle vie à un retour à Paris, même s’ils finissent par honnir ce père caractériel. Absent comme à son habitude, Gabriel ne les verra plus qu’occasionnellement. En effet, obsédé par son projet, il dirige de façon chaotique le domaine, en jouant plus sur l’esbroufe qui lui a d’ailleurs permis de s’enrichir que grâce à ses compétences de gestionnaire, plus que limitées. Et d’avance, on pressent que tout cela est voué à l’échec… Côté dessin, on est servis ! P.-H. Gomont maîtrise parfaitement son coup de crayon. Par les poses ou les expressions du visage, il sait faire ressortir les traits de caractère et les humeurs des protagonistes. À l’image du tumultueux Gabriel, le mouvement est permanent dans cette épopée virevoltante. De façon pertinente et audacieuse, l’auteur exploite pleinement les codes de la BD. C’est surtout la représentation du père qui frappe le lecteur. Les yeux exorbités de Gabriel et son visage émacié trahissent son désordre intérieur, renforcés par cette cigarette crachant des flammes plutôt que de la fumée, telle une extension organique de lui-même. L’ambiance graphique est bien différente du placide Pereira prétend. Tour à tour lumineux et sombre, l’environnement exotique, très bien représenté dans son foisonnement, accompagne parfaitement cette histoire de passion humaine où les gouffres psychiques ne sont jamais loin. Inévitablement, on pense à l’œuvre de James Conrad, « Au cœur des ténèbres », où là encore la jungle africaine semblait agir comme révélateur des pulsions enfouies de l’Homme blanc. Une jungle réfractaire et incompatible avec l’esprit de conquête, qui finit toujours par engloutir ceux qui cherchent à la dompter, telle une malédiction lancée par les dieux de la forêt. Et Gabriel n’y échappera pas davantage, malgré toute l’énergie qu’il aura déployée pour maintenir à flot son frêle esquif « mal sur terre », perdu dans l’immensité forestière. Il faut ajouter à tout cela la plaisante tournure littéraire des textes, qui contribue à ériger « Malaterre » comme une référence parmi tout ce que le roman graphique a produit de meilleur. D’ailleurs, le talent narratif dont fait preuve Gomont n’est pas sans rappeler le maître dans sa catégorie, j’ai nommé Will Eisner… L’émotion n’est pas absente, en particulier vers la fin, et celle-ci est d’autant plus puissante qu’elle reste sobre, sans pathos. Car au final, le personnage de Gabriel révèle un côté attachant avec sa folie et ses paradoxes, une fragilité qu’il masque bien souvent derrière sa colère. Ses enfants, dans leur détestation commune, réalisent qu’au fond ils l’aimaient ce père que l’on voit mourir au début de ce récit en forme de flashback. Un père hors du commun qui suivait ses instincts envers et contre tout, en lutte contre tout le monde mais aussi contre lui-même. Que l’on aimerait avoir à lire plus souvent de tels ouvrages ! Symbiose parfaite entre bande dessinée et littérature, ce récit flamboyant place la barre très haut, ne négligeant aucun aspect tant dans le fond que dans la forme. Pour faire simple, P.-H. Gomont nous offre avec « Malaterre » un véritable chef d’œuvre à qui l’on peut souhaiter tout le succès qu’il mérite.

10/11/2018 (modifier)
Par Erik
Note: 5/5
Couverture de la série Presque maintenant
Presque maintenant

J'aime vraiment ce que fait Cyril Bonin. C'est tout à fait mon style de roman graphique. Je ne vais pas mentir en affirmant le contraire pour être dans la norme et critique. Certes, il y a quand même des choses qui m'ont semblé trop tiré par les cheveux comme l'épisode de la colère contre la cigarette qui donne lieu à une scène so romantic. Cependant, si j'avais été à la place de l'étudiante Anna, je n'aurais jamais toléré cet accès de violence. Le sujet est plutôt original car il est déjà ancré dans notre vie quotidienne avec ses applications qui surveille constamment notre santé et ce qu'on mange, les pas que l'on fait dans une journée pour éliminer les vilaines calories etc... La moralité de cette histoire est qu'il faut se laisser vivre et non pas faire attention à bout de champ à ce qu'on mange ou ce qu'on boit. Le cancer peut atteindre également des personnes prenant soin de leur corps. Tiens, cela me donne vraiment envie de boire un Schweppes Agrum' zéro calorie et de manger un peu de saucisson. Voilà une bd dont le message ne sera pas aussi moralisateur de ce qu'on doit faire. C'est aussi cela le goût de la liberté dans un pays libre.

02/11/2018 (modifier)
Par gruizzli
Note: 5/5
Couverture de la série Blast
Blast

Blast ... Quelle puissance que cet ouvrage. Quelle idée, quel souffle. Encore une fois, un Larcenet qui surprend. Blast, c'est une histoire qui doit se lire dans son intégralité, et en une fois si possible. C'est une histoire noire et violente, mais qui marque par ses révélations successives. Le cliché du type interrogé au commissariat par deux flics est vite mis à mal par le talent de Larcenet. Loin des clichés du roman noir ou du polar, il nous entraîne dans une plongée psychologique tout en profondeur. C'est la découverte de ce personnage atypique, énorme et inquiétant. Une traversée de la folie de cet homme, de la nature magnifique et de l'humanité qui ne l'est pas. Blast renferme à nouveau les nombreux thèmes récurrents de Larcenet : mort du père, rapport à la nature, humanité et marginalité. C'est pourtant une nouvelle fois une lecture complètement différente qui est proposée. Ici, Larcenet joue sur l’ambiguïté de son héros. Malsain et dérangeant, j'ai pourtant eu envie de découvrir jusqu'au bout ce qui lui était arrivé. Ce roman graphique enchante par sa façon de dévoiler une personnalité atypique par petites touches. Il est dérangeant de se confronter au monde de Polza. Mais en même temps, il est aussi humain que chacun d'entre nous. Et rien ne nous dit que nous ne soyons pas nous même aussi fou que lui. C'est une lecture que je vous recommande chaudement. Prenez-vous le temps de le lire calmement, à tête reposée. Faites-vous une lecture intense, et j'espère que vous aussi vous en ressortirez changé. Ce roman graphique laisse des traces, indéniablement.

16/09/2018 (modifier)
Par Erik
Note: 5/5
Couverture de la série Il faut flinguer Ramirez
Il faut flinguer Ramirez

Un bon aviseur doit savoir reconnaître une bonne bd sinon ce n’est pas un bon aviseur. Il faut savoir faire preuve de discernement pour déceler le meilleur du médiocre. Après, on peut toujours essayer d’atténuer que le mauvais n’est pas aussi mauvais que cela etc… et faire un peu dans la langue de bois afin de préserver les intérêts des auteurs et des éditeurs. Je réserve pour ma part ce langage aux politiciens. L’auteur que je ne connaissais pas à tout compris à la bande dessinée. Il sait introduire son histoire de manière plus que surprenante. Il sait maintenir un suspens. Il arrive même à nous faire aimer son héros qui ne prononcera pas un seul mot dans toute la bd ce qui est en soi un exploit. Bref, il possède tout les talents car il maîtrise toutes les techniques cinématographiques avec un découpage parfait. Je suis toujours étonné de voir des auteurs accomplis qui n’ont toujours rien compris au bout de la cinquième bande dessinée qu’ils réalisent et qui sont toujours aux commandes quand on voit ces talents émergés et qui possèdent déjà tout en eux au bout de leur 1ère bd. Là encore, il faut du discernement. Mais que faites-vous les gars ? Effectivement, si on aime Les 4 As et Bob et Bobette au point d’accorder 4 étoiles (j’aurais pu citer d’autres exemples), on aura sans doute un peu de mal avec cet univers. Et pourtant, c’est bien la reproduction des années 80 des USA non sans malice et humour. J’ai adoré les affiches publicitaires et les manchettes de journaux. C’était un véritable régal. Superbe travail. Que dire de plus ? C'est magistral pour ne pas dire flinguant.

14/09/2018 (modifier)
Par Jérem
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Nausicaä de la vallée du vent
Nausicaä de la vallée du vent

Nausicaä est l’un de mes mangas préférés. On retrouve les thèmes et les figures chers à Miyazaki comme l’écologie et la difficile cohabitation de l’homme et de la nature, l’absurdité de la guerre, des personnages féminins forts et charismatiques, la personnification de la nature à travers d’animaux géants ou l’importance de l’aviation. Et pourtant Nausicaä est assez différent des autres productions du « Maître » (à l’exception de Conan, fils du futur) qui tient certainement du choix de faire une œuvre de pure science-fiction. Graphiquement, on reconnait, il est vrai, immédiatement le style de Miyazaki ; autant dire que c’est magnifique. L’histoire, sombre et complexe, est passionnante de bout en bout, parfaitement nourrie par l’incroyable univers de la saga, les nombreux personnages globalement très réussis et une narration maitrisée. Fait rare pour un manga, nous n’avons pas l’impression de suivre un feuilleton mais bien un récit homogène et pensé dans sa globalité dès le départ. N’hésitez surtout pas à vous plonger cette œuvre géniale !

30/08/2018 (modifier)
Par JJJ
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Il faut flinguer Ramirez
Il faut flinguer Ramirez

"Oh non il achète le dernier Ramirez", s'est-elle exclamée quand j'ai saisi ce bouquin pour le feuilleter. J'étais venu pour ça, mais c'est toujours bon d'être conforté dans ses choix par les libraires dont j'aime les goûts. Et oui j'ai acheté Ramirez, je l'ai lu, feuilleté, relu et encore relu. Je l'aime ce Ramirez, je l'ai savouré et c'est au moment où les glaçons fondent gentiment dans mon deuxième pastis que je prend la plume pour t'en parler un peu. Au fil des cases on peut y voir du Tarantino, du Pekinpah ou d'autres, ouais bon, que ce soit pour la virtuosité des dialogues, pour la sécheresse ambiante, on peut y voir mille références et autres influences et même s'amuser à en chercher (y a des choses fendardes à dénicher lors des scènes en bagnole, tu verras si tu lis). Au delà de tout ça, Ramirez c'est simplement une très bonne BD. Pour le vieux lecteur que je suis devenu, il est de plus en plus difficile de prendre du plaisir et m'extasier à chaque BD, j'ai des plaisirs bien sûr, j'en lis toujours des tonnes, mais l'extase qui est de découvrir un album auquel il ne manque rien se fait bien rare. Ramirez est de ceux-là. Le scénario captive, rien de compliqué hein, mais assez de roublardise et de fluidité pour que les farfelues fantaisies passent toutes seules, tout en nous donnant envie de plus au fil des cases. Il n'y a pas de temps mort et les ajouts d'éléments narratifs pages après pages font la maille sans jamais alourdir, pourtant Ramirez c'est du lourd. Quant aux dessins, c'est à l'appréciation de chacun, c'est un style qui ne paye pas de mine, pas le genre à me faire vibrer quand je le découvre, mais parfois l'amour se crée sans coup de foudre, entre moi et les vignettes illustrées de Ramirez ça a été ça, ça à prit le temps... de tourner quelques feuilles entre mes doigts. Je dirais que le style est faussement froid au départ puis se révèle plein d'une belle maîtrise. Et j'aime les moustaches et les Renault 5 jaunes. Je vais me servir un troisième pastis, je viens de poser Ramirez, j'ai hâte du tome deux. Si ce n'est déjà fait je te conseille d'acheter ou d'emprunter le premier. Ramirez, ils veulent tous le flinguer, je te conseille de le lire. JJJ

21/08/2018 (modifier)
Par Puma
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Lune est blanche
La Lune est blanche

Par rapport à son précédent ouvrage Voyage aux îles de la Désolation, l'auteur a fait encore plus fort ! Il aborde en terre Antarctique et se rend au cœur du continent! Rien qu'arriver là-bas est toute une aventure, que la lecture de l'ouvrage vous permettra d'apprécier, et le bateau était à deux doigts de revenir à son point de départ pour impossibilité d'approche au vu des conditions de l'océan austral. La BD nous raconte aussi l’histoire de la découverte de ce continent par les différents explorateurs avec leur réussite parfois douloureuse pour atteindre le pôle (l'expédition britannique menée par Robert Scott n'a pu terminer son retour du pôle et a été congelée sur place). Emmanuel Lepage et son frère finissent par arriver sur le continent blanc, et seront pilotes d'un engin polaire dans un convoi de ravitaillement vers une base reculée à un millier de kilomètres. Ce périple est tout simplement alunissant ; car en ce qui concerne le paysage, l'on est bien davantage sur la lune que sur la terre. Ici, comme dit le titre, la lune est blanche, blanche à s'en brûler les yeux, blanche de cette unique couleur réfléchissante quel que soit le regard porté à l'horizon, et avec des températures bassement mortelles. Accompagné de son frère photographe, de temps à autres, nous avons dans le récit une photographie en double page ; à la lecture, cela ne choque pas, au contraire, la photo renforce le réalisme du récit. Aventure hors du commun et découverte d'un milieu aussi dangereux et inhabituel qu'une randonnée sur mars ou la lune. Epoustouflant !

19/08/2018 (modifier)