Les derniers avis (7654 avis)

Par Erik
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Cesare
Cesare

Que se passe t-il avec les mangas ? Je constate que certains titres ont tout pour plaire tant la qualité peut être au rendez-vous. Cesare était d'ailleurs recommandé par Historia. Or, les recommandations ne sont pas toujours très satisfaisantes. Bref, je me suis laissé surprendre et le résultat a dépassé toutes mes espérances. C'est le meilleur manga de toutes ces dernières années. On va suivre le parcours que n'aurait pas renié un certain Machiavel et son fameux Prince. Récemment, j'avais avisé un manga sur Le Prince et j'en avais appris un peu plus l'oeuvre de cet auteur si critiqué. Il est vrai que César Borgia est un homme fascinant et talentueux derrière son côté froid et calculateur. C'est une personnalité que l'on prend plaisir à découvrir. Bien que le titre du manga soit Cesare, on le voit au travers des yeux d'un certain Angelo Da Canossa dont le grand-père était tailleur de pierre au service de la famille des Médicis. Ce jeune homme est naïf et met souvent les pieds dans le plat au milieu des différentes factions politiques. Il fait office de narrateur ou de reporter afin d'avoir un point de vue neutre. C'est bien pensé. L'auteur Fuyumi Soryo a fait appel à un spécialiste de la renaissance italienne qui est également professeur d'université à savoir Motoaki Hara. On constate bien un parcours sans faute qui respecte jusqu'à la typologie des lieux. Et puis, on va faire des rencontres tout à fait intéressantes et qui vont marquer à tout jamais la renaissance à savoir Christophe Colomb ou Léonard de Vinci sans parler de Machiavel. Comme dit, je ne suis pas hostile aux mangas lorsqu'ils parviennent à égaler une richesse historique rare. Par ailleurs, j'ai aimé la beauté et l'élégance du trait. Décors, vêtements, personnages : rien n'est laissé au hasard. En un mot : c'est réellement passionnant ! Déjà 8 tomes avec un rythme de parution assez rapide. La trame narrative est plutôt longue mais cela crédibilise le récit. On fait également plus ample connaissance avec les différents personnages qui se rajoutent au fil des tomes et dont on sent qu'ils vont jouer un grand rôle dans la guerre qui se prépare. Certains personnages comme Angelo évoluent également. Par ailleurs, le contexte historique est de plus en plus enrichi. C'est que du bonheur pour ceux qui aiment l'Histoire. Bref, je ne regrette pas mon achat. La série s'arrête brutalement au 10ème tome. J'avoue le regretter car j'aurais eu envie de connaître la suite du destin de ce personnage hors du commun des mortels. On ne saura rien de ce qu'il advient également de son père alors que les jeux vont se faire au Vatican à l'occasion d'un futur conclave. C'est une tranche de vie qui va se refermer de façon assez classique comme pour marquer une étape. Des lecteurs ou certains sites de bd n'ont d'ailleurs toujours pas compris que c'est bel et bien terminé. On les entend déjà crier au scandale car ils sont en rade ! Bref, il y a comme une impression d'inachevée. Or, ce n’était que la fin d’un cycle. Un peu plus d’information et de communication n’aurait pas fait de mal à l’attention des lecteurs. Le tome 11 marque le début d’un second cycle qui commence avec la mort de l’un des piliers et soutien de la famille des Borgia. On se demande comment va évoluer la succession ainsi que la politique à mener alors que tout semble explosif. Les intrigues vont se multiplier notamment au niveau du clergé. Cela va au-delà du simple report d’événements historiques. On a du plaisir à suivre cette lecture. On retiendra au final la beauté graphique pleine de poésie d'une œuvre historique passionnante ! Il a fallu attendre presque 5 ans pour avoir droit au tome 12 alors que nous étions au cœur de l’action avec le pape Innocent VIII au chevet de la mort et surtout la disparition du grand Lorenzo de Médicis ce qui redistribue les cartes. Enfin, le fameux conclave de 1492 a commencé et on entre dans les manigances du pouvoir et des intrigues politiciennes pour se faire élire pape. Le parti pris est de soutenir Rodriguo Borgia face à son principal ennemi qui ne fait pas dans la finesse et qui semble avoir l’avantage des alliances de la péninsule italienne. Bref, on atteint le point culminant de ce récit entamé en 2013. Cette lecture m’avait manqué, je dois bien l’avouer. Je rehausse la note à 5 étoiles car de tous les mangas que j’ai lu, c’est le meilleur et dans tous les domaines. La qualité graphique est époustouflante. La mangaka a effectivement fait une pause de quelques années pour se consacrer à une étude historique approfondie afin de coller au plus près de la réalité. J’apprécie beaucoup cette rigueur et cela se voit au résultat. Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4.5/5

10/11/2013 (MAJ le 19/02/2020) (modifier)
Par Gaston
Note: 5/5
Couverture de la série Peau de Mille Bêtes
Peau de Mille Bêtes

C'est l'adaptation d'un conte que je ne connaissais pas et après avoir lu sur internet le résumé du conte original, je dois dire que j'apprécie bien mieux cette version moderne. Le ton est moderne et du coup la princesse va être mise en avant. Sa personnalité est intéressante, son histoire captivante et elle est très jolie. Je ne vois pas trop quoi ajouter de plus à ce que les autres posteurs ont déjà écrit hormis qu'ils ne parlent pas de l'élément que j'ai le plus apprécié dans cet album : la romance entre la princesse et le prince qui est beaucoup plus sympathique que le père incestueux de la pauvre héroïne. Leur relation m'a touché et j'ai bien aimé la poésie qui en ressortait. Ils sont vraiment très attachants. Le dessin est spécial. Je pense que si on était dans un autre genre que le conte, j'aurais probablement détesté le dessin, mais je trouve que ce style va très bien pour un conte. Bref, un conte intelligent et moderne.

14/02/2020 (modifier)
Par Alix
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Thoreau - La vie sublime
Thoreau - La vie sublime

Quel album superbe, je commence vraiment à devenir fan du travail de Maximilien Le Roy, qui signe ici une biographie parfaite. Le sujet peut sembler sérieux, on associe souvent la philosophie aux réflexions pompeuses et abstraites... il s’agit pourtant ici d’humanisme, tout simplement. Thoreau pose une question légitime : un citoyen du monde doit il supporter un gouvernement dont les lois lui semblent immorales (ici, l’esclavage)... et surtout, comment y remédier ? Militantisme ? Révolution ? A noter une chouette intro de Maximilien, et une interview de Michel Granger en fin d’album (illustrée de superbes photos), qui apportent une profondeur supplémentaire au récit. La narration est aisée et fluide, grâce aux nombreux passages contemplatifs qui devraient ravir les amoureux de nature. Les dialogues philosophiques sont concis, écrits clairement, simplement. La mise en image est absolument sublime. Le message de Thoreau est très moderne, et sonne tellement juste en 2020. Je me retrouve incapable de faire le moindre reproche à cet album... note maximale, donc.

01/02/2020 (modifier)
Par Ju
Note: 5/5
Couverture de la série Ailefroide - Altitude 3954
Ailefroide - Altitude 3954

J’ai du mal à donner la note de 5/5. Je pense que c’est en raison du mot "culte" qui lui est ici associé. Une bd culte ne peut pas l’être instantanément, il lui faut des années pour le devenir, même dans une approche purement subjective. Il faut qu’elle ait le temps de m’imprégner, de devenir l’une de celles que j’inscris au panthéon de la bd. Mais du coup, le risque est de mettre de côté certaines oeuvres, de ne les estimer que “franchement bien”sur le moment, alors qu’elles mériteraient le "culte". Bon, évidemment, vous me direz que le risque est assez limité, ça ne va pas changer la face du monde, mais quand même, ça me taraudait un peu. Et pour cette oeuvre, j’ai envie d’y aller. Oui, c’est une bd qui m’a marqué, et dans quelques années, elle fera sans aucun doute partie de mes classiques. J’ai été soufflé par la montagne de Jean-Marc Rochette. J’ai été subjugué par sa beauté, par sa froideur, par la grandeur qui est retranscrite. J’ai admiré ces mecs qui se lancent dans les roches, poussés par un je ne sais quoi qui leur interdit de faire demi tour, pour le défi que ça représente et pour pouvoir admirer la nature comme ils le veulent. Le récit autobiographique n’est pas toujours chose aisée, et j’ai souvent du mal, dans ce type d’ouvrage, à m’attacher au personnage. Ici, on se prend assez vite de sympathie pour le jeune Jean-Marc, qui rêve de liberté, entre ses allers-retours pour s’échapper devant les tableaux de Soutine et ceux sur les roches, pour ressentir l’immensité de la montagne. On ressent les problèmes qu’il a dû surmonter, mais l’auteur n’en fait jamais trop. Il n’est jamais présenté comme une victime, jamais Rochette ne s’apitoie sur son sort. Il parvient très bien à faire ressentir ce qu’il devait endurer mais n’élude pas non plus ses parts de responsabilité, dans la relation avec sa mère ou dans ses divers accidents dans la montagne. J’ai trouvé la construction de l’histoire très bien faite, très pertinente. On oscille entre la relation avec la mère, les avancées artistiques et, évidemment, la montagne. Celle-ci est centrale dans l’ouvrage. Jean-Marc Rochette arrive parfaitement à transmettre sa passion. J’ai bien aimé les légendes écrites au début de chaque ascension, qui indiquaient le nom de la voie, la date de l’ouverture et le nom de ceux qui l’ont faite, ça donne un petit côté sérieux, initié. Et puis le dessin magnifie la montagne. Autant j’ai mis un peu de temps à m’y habituer pour ce qui est des personnages, autant j’ai de suite été happé par cette montagne. Rochette retransmet avec brio son immensité, sa majesté son apparente froideur. Car si la montagne ne fait aucun cadeau, et punit parfois, elle sait être reconnaissante. Et ça, on le comprend à la lecture des pages de cette bd, lorsque l’on voit les étoiles dans les yeux de ces jeunes hommes lorsqu’ils arrivent au sommet. On ressent l’attrait de la montagne en même temps que son danger, sa beauté autant que sa cruauté. Finalement, Rochette a choisi la bd, et c’est tant mieux, car il aurait été dommage de se priver de cet ouvrage. Mais la montagne n’est jamais loin, et il lui rend ici un bien bel hommage.

29/01/2020 (modifier)
Par Jean P
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Waterloo 1911
Waterloo 1911

Je rends le dernier tome de la série à la médiathèque encore frémissant. Énorme serait le qualificatif pour ce voyage à travers le temps et l'histoire. Personnellement, le scénario, les textes, le graphisme -parfois tenant du chef d'oeuvre à mon sens- m'ont tenu en haleine, surpris, pris à contre-pied, depuis cette trame de polar old school franchouillard jusqu'à l'épopée métaphysique et philosophique plongeant dans les profondeurs des concepts du temps, d'espace de réalité(s) cosmologique, sans oublier des notes d'humour. C'est fort, trash, osé. Assumé jusqu'au bout. Bravo !

29/01/2020 (modifier)
Par Erik
Note: 5/5
Couverture de la série Le Château des Animaux
Le Château des Animaux

J’ai trouvé cette adaptation du roman de Georges Orwell paru en 1945 très réussie. C’est une fable animalière dans un château transformé en ferme qui traduit le thème de la dictature et de la résistance à l’oppression. Il y a toujours une soi-disant menace extérieure qui justifie l’existence d’un fort pouvoir en place. On pourrait citer l’exemple de l’Iran ou de la Corée du Nord invoquant une hypothétique invasion américaine. Cela leur permet d’opprimer leur population à l’image de ce que fait le président taureau dans cette ferme qui affame son peuple tout en vivant dans l’opulence. Ce sont des thèmes qui me sont assez chers. Cela me parle vraiment. Cette fable possède une vraie résonance de ce qui se passe actuellement dans le monde. Les dessins sont véritablement magnifiques avec de très beaux animaux qui sont dessinés. Les chiens sont parfaitement représentés dans le rôle de milice et police protégeant le président. On se rend compte que sous des vocables présidence et république se cachent plutôt les mots tyrannie et dictature. Par ailleurs, certaines scènes sont d’une telle intensité dramatique. On se souviendra de l’oie Marguerite pour ne citer qu’un exemple assez marquant. La mise en scène est réellement prodigieuse. Au final, une de ces bd qui marque véritablement les esprits.

28/01/2020 (modifier)
Par Jetjet
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Dracula (Bess)
Dracula (Bess)

Bram Stoker est probablement l'un des auteurs dont l'oeuvre principale aura subi le plus grand nombre d'adaptations sur tous les médias existants. À l'instar de Mary Shelley et de sa créature de Frankenstein, Dracula aura subi nombre de mutations comme tout personnage mythique et légendaire tombé bien souvent dans le collectif populaire. C'est ainsi que Georges Bess assez familier du genre avec Le Vampire de Bénarès décide à son tour de s'approprier la fameuse créature. S'il est décidé de respecter le matériau d'origine assez fidèlement, l'auteur va tenter de sublimer le récit classique par sa mise en scène et son talent graphique. Et le résultat est plutôt époustouflant... Loin de calquer sur l'école franco-belge classique, on dénote une folle imagination au point de ne jamais se douter de quelle manière seront agencées les pages suivantes... Bien plus proche de l'école comics US des Tales from the crypt ou autres Eerie et d'auteurs comme Bernie Wrightson ou Richard Corben, Georges Bess pose une ambiance gothique aussi macabre que sensuelle par des cadrages, des ambiances incroyables emplies de détail et sublimés par un noir et blanc hypnotique. Découpés en trois gros chapitres, chaque partie développe une ambiance qui lui est unique. Qu'il s'agisse de la visite du château de Dracula où le jeune clerc de notaire traverse un immense labyrinthe hanté et lugubre dans des encrages profonds, d'un Londres victorien et de ses paysages champêtres désincarnés (Aaah la résurrection de Lucy va marquer vos esprits) ou de la traque du comte rappelant les plus belles poursuites de western avec un décor blanc écrasant..... La surprise visuelle est donc totale et contribue grandement à rendre inédit un récit que tout le monde connait sur le bout des doigts. Les personnages sont habilement représentés mais la grande star reste le comte Dracula lui-même. Présent sous de multiples formes ou menaçant même hors champ, il n'est plus la forme romantique détournée de Francis Ford Coppola mais bien l'incarnation du mal.. Une goule tour à tour séduisante, menaçante ou effrayante dont l'aspect Nosferatu est grandement magnifié par le seul talent de Georges Bess. Amateurs de noir et blanc comme de récits horrifiques, ne passez pas à côté de cette pépite unique en son genre et à ranger non loin du merveilleux Dracula d'Hyppolyte.

26/01/2020 (modifier)
Couverture de la série Yoko Tsuno
Yoko Tsuno

Yoko Tsuno est, et restera probablement la bande dessinée la plus importante dans ma vie. Je ne sais pas si j’aurais eu un tel amour pour la bande dessinée si je n’avais pas, enfant, ouvert un de ses albums. Yoko Tsuno, c’est ma madeleine de Proust ; chaque album que j’ouvre fait remonter en moi tous les sentiments qu’ils m’inspiraient à l’époque. Je ne suis absolument pas objective quand il s’agit de cette série, mais pour autant je pense pouvoir affirmer qu’elle a de réelles qualités. En tant que femme, je ne peux qu’apprécier que Roger Leloup ait donné vie à un tel personnage féminin : Yoko est intelligente, maîtrise des technologies et sports en tout genre, elle est jolie mais n’est pas l’archétype de l’héroïne hyper sexualisée. Elle est sûrement trop parfaite, ce qui peut rebuter les lecteurs qui la découvrent adultes, mais ce qui a sans doute contribué à ce que je l’adore étant enfant. Au-delà de ça, Yoko Tsuno ce sont des histoires très bien dessinées, dans des décors documentés d’un incroyable réalisme (je pourrais me perdre des heures dans les planches des albums se déroulant outre-Rhin, ou dans le château de La Proie et l’ombre), des aventures spatiales passionnantes, et surtout des histoires toujours très humaines. J’aime beaucoup également ses voyages dans le temps, même si j’ai l’impression qu’elles ne sont pas toujours très cohérentes. Alors on pourra reprocher à Roger Leloup de vouloir mettre trop de choses dans chaque album, rendant certaines histoires difficilement compréhensibles (en toute honnêteté je n’y comprenais pas grand-chose étant enfant…), mais l’avantage c’est qu’on peut relire plusieurs fois chaque histoire pour y découvrir de nouveaux détails. Il faut aussi avouer que la qualité des albums a tendance à diminuer, les derniers albums étant encore plus incompréhensibles, les personnages entourant Yoko devenant trop nombreux, et le dessin révélant de plus en plus d’imperfections. Voilà, je pourrais parler pendant des heures de Yoko Tsuno, mais ce ne serait pas bien raisonnable sous peine de faire une crise aigüe de nostalgie. Alors je n’ajouterai qu’une chose : merci, merci monsieur Leloup d’avoir donné vie à cette héroïne, vous n’avez pas idée des rêves que vous avez fait germer dans ma tête d’éternelle petite fille, et des émotions à jamais gravées en moi.

25/01/2020 (modifier)
Couverture de la série La Colère de Fantômas
La Colère de Fantômas

Su-bli-me. Je rejoins totalement l'avis précédent de Sloane, sur tous les points. Le graphisme est un mélange d'influences mais terriblement efficace et se fond parfaitement à l'ambiance du scénariste. L'histoire est haletante, oui haletante, jusqu'à la toute fin du troisième tome. Je rapprocherai cette bd de L'Eté Diabolik d'une certaine manière mais dans un tout autre registre. Franchement génial. EDIT : 2 ans après ce commentaire, je remonte ma note à "culte". Oui oui. EDIT : 3 ans après ce commentaire, j'ajoute "coup de coeur". Oui, oui et re oui !

28/02/2016 (MAJ le 25/01/2020) (modifier)
Par sloane
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Azimut
Azimut

Talent, talent, talent Ce n'est pas sans une petite pointe de tristesse qu'à l'occasion de cette fin de cycle et après cinq tomes que nous disons adieu à la magnifique Manie Ganza et toute sa troupe d'olibrius. Ici ou là nous nous sommes plaints de ces séries à rallonge qui en court de route perdaient quelque chose, un petit supplément d'âme ou une baisse de régime dans le scénario ou un dessin qui s'affadissait. Ici il n'en est rien, c'est même presque l'inverse qui se produit. Est-il possible pour des auteurs de hausser le niveau au fur et à mesure de l'avancement d'une histoire ? Généralement c'est parfois l'inverse qui se produit, les choses ronronnent, les personnages tournent en rond et l'on a fait le tour des possibles. Le dessin qui à l'origine provoquait l'admiration ou du moins l'attrait de la nouveauté ne semble plus aussi bon qu'il pouvait y paraître. Jean Baptiste Andreae est un très grand dessinateur, que l'on se souvienne de ses planches dans Terre mécanique, La Confrérie du crabe ou l'exceptionnel MangeCoeur. Que dire pour célébrer un talent et le donner à connaitre au plus grand nombre ? Ce dessinateur possède un trait d'une précision et d'une qualité sans nul autre pareil, ses planches sont une invitation au voyage, truffées de détails elles n'en restent pas moins d'une grande fluidité et s'y l'on semble s'y perdre, il suffit de prendre un peu de recul pour en apprécier toute la beauté et les qualités. Pour qu'un tel talent puisse s'épanouir en toute liberté il faut bien sûr un scénario à la mesure. Et c'est encore W. Lupano qui s'y colle, je dis encore car cela n'aura échappé à personne, l'homme est du genre prolixe. Mais n'en déplaise aux esprits chagrins, dans des genres forts différents il nous livre des prestations bien plus qu'honorables. Qu'est-ce qu'Azimut ? Une réflexion sur les repères qui volent en éclats car le Nord a disparu, le temps et l'immortalité sont donc au centre du propos. Sans doute dans cette série faut-il voir des inspirations multiples, sûrement du Jules Verne mais aussi du Lewis Carroll, version "De l'autre côté du miroir", d'ailleurs Manie Ganza n'est-elle pas une sorte d'Alice faite femme ? Puis pour moi qui suis Nantais tout le travail de messieurs François Delarozière et Pierre Oréfice sur les Machines de l'île et la compagnie Royal de Luxe. Même le Chaplin des Temps modernes est convié. Alors oui l'univers d'Azimut est foisonnant, trop diront certains, mais avouez quel bonheur que ces planches que l'on peut lire et relire avec à chaque fois la possibilité de découvrir un nouveau détail ou une expression d'un personnage. Un univers hallucinant peuplé de personnages qui semblent issus de rêves ou de cauchemars, ah le baron dans sa citadelle flottante. Monde fantasmagorique donc influencé par l'univers steampunk avec des créatures hallucinantes mises en images de façon magistrale dont on aimerait qu'elles existent, jugez en plutôt. La Lurette Horocantèle ou la Dodécazygote. Chaque tome est un véritable régal pour les yeux, c'est un feu d'artifice perpétuel. Au scénario c'est une évidence de dire que Wilfrid Lupano s'en est donné à cœur joie, à chaque planche c'est un festival d'extravagances, d'onirisme, mais aussi un peu de sérieux avec le lapin blanc (encore Alice) qui provoque un dérèglement climatique et pousse sur les routes des cohortes de "réfugelés". Magnifique donc et je gage qu'à l'instar de Pelisse, Manie Ganza restera dans les mémoires des bédéphiles. Grandiose série à tous points de vue, dire si j'attends un deuxième cycle est peu de le dire, je fais entièrement confiance au talent des deux auteurs. Bien évidemment je passe ma note à "Culte" et coup de cœur.

22/02/2014 (MAJ le 22/01/2020) (modifier)