Et bien moi, j'aime plus que beaucoup, ça fera une bonne moyenne :p
Franka, 3 périodes de ma vie en BD (environ 10 ans entre chaque) :
- J'ai découvert cette charmante néerlandaise dans les pages de Spirou vers la fin des années 70 ou début 80, je ne sais plus. C'était mignon, tout rond avec des dessins ultra fouillés et des scénarios béton.
- Puis des années plus tard, les Humanoïdes ont sorti 2 albums. Franka avait bien changé graphiquement mais les dessins et les scénarios n'avaient pas faibli. Bref, les BD restaient toujours denses.
- Puis un beau jour, je me suis procuré quelques albums en néerlandais, et j'ai pu suivre l'évolution graphique de l'auteur. Je n'ai pas regretté lire en VO. Je regrette simplement que Franka n'ait plus été traduite.
Je place Franka parmi les très bonnes BD à l'ancienne, dans le style ligne claire. Certains n'aimeront pas.
---Ajout 06/2020---
BDMust traduit depuis quelques années en français cette BD. Malheureusement pour moi, je n'étais pas au courant, et certains albums étaient déjà épuisés ou sont actuellement disponibles à des prix prohibitifs. Je passerai sous silence certaines "techniques commerciales" que je trouve douteuses. Bon, j'ai bien divers albums en VO, mais en français dans un bel album cartonné rigide, c'est "plus mieux".
Certains albums sont trop "jet set", ça nuit à la crédibilité. On dirait que Franka dispose parfois d'une carte MasterSuperGold afin de s'acheter tout ce qu'elle souhaite, alors que dans d'autres albums (surtout les premiers), elle dit se serrer la ceinture, assez désargentée. Elle se retrouve facilement à l'autre bout du monde avec facilité, et il semble très facile pour elle d'aller passer un petit weekend sur un coup de tête au Portugal ou en Italie, alors qu'elle habite aux Pays-Bas. Bon, c'est vrai qu'elle n'est plus secrétaire et qu'elle s'est mise à son compte... :)
Les intrigues sont parfois tordues, avec ci et là d'étranges facilités. Néanmoins, Henk Kuijpers s'est assurément documenté, et son dessin fourmille de mille détails, ce qui fait qu'on peut relire plusieurs fois la même planche et y dénicher encore de nouvelles choses. De ce côté-là, on n'est pas volé !
Franka est l'une des rares héroïnes de papier à avoir vécu un sacré coup de foudre, et vivre ensuite quelques aventures avec son petit ami attitré. C'est aussi l'une des premières fois que je vois un auteur résoudre de la sorte un commencement de problème de couple...
Parfois, Henk Kuijpers dénude trop facilement son héroïne, et pas qu'elle. Il est vrai que son public a changé, il est nettement plus adulte. Avec sa silhouette devenue allongée, Franka fait trop mannequin, et dans certaines cases, j'ai quelques doutes sur ses proportions...
Un peu comme pour Yoko Tsuno, je préfère la Franka du début, au trait plus rond, aux aventures plus plausibles.
Une fois n’est pas coutume, je commencerai mon introduction en indiquant les conditions d’acquisition de cette bd. Il m’arrive de lire les avis des autres chroniqueurs de ce site. La couverture a d’ailleurs été affichée depuis sa sortie l’été dernier. C’est la bd de la rentrée 2018. Nul ne peut y échapper. Au vu des bonnes critiques, j’ai directement acheté. Bon, en même temps, il faut avouer qu’avec de tels auteurs aux commandes, on peut presque acheter les yeux fermés. La prise de risque est moindre. Voilà comment un site comme bdthèque peut encore influencer des lecteurs.
Tome 1: La princesse et l'archiduc
Après, il était intéressant de voir le portrait du personnage historique de Charlotte de Belgique qui a épousé un futur empereur du Mexique en proie à la Révolution. Historiquement, on sait ce qu’il est advenu de ce pion placé par Napoléon III sur le trône de ce pays d’Amérique Centrale. On connait moins la vie de Charlotte qui était la belle-sœur de la fameuse Sissi qui a marqué plusieurs générations au vu de l’image laissé par Romy Schneider. Beaucoup serait étonné de la personnalité dévoilée d'Elisabeth dans cette œuvre singulière. Je n’ai toujours pas digéré l’épisode du pauvre chien sans vouloir en dire plus.
Sur le fond, comme sur la forme, nous sommes au top de ce que l’on peut attendre d’une bonne bande dessinée ce qui est plutôt rare de trouver en ce moment avec toute cette superproduction. J’ai apprécié grandement le graphisme ainsi que le scénario. J’achèterai bien évidemment la suite que j’attends avec une certaine impatience. Mais là, pas de souci, on sait qu’on peut véritablement compter sur les auteurs au top de leur forme.
Tome 2 : L'Empire
Ce second tome confirme pour moi l'excellente impression laissée par le premier opus. Du coup, je passe la note à 5 étoiles, non pas dans un élan de générosité, mais surtout pour consacrer une bd désormais culte. Il s'agit de récompenser le travail des auteurs par la reconnaissance.
L'action se situe durant les années mexicaines. Charlotte va devenir l'impératrice pendant que son pitoyable mari s'adonne à ses plaisirs vils et stupides en mauvaise compagnie.
L'intrigue va évoluer tout le long de ce tome entre l'arrivée et les années de règne dans un état en proie à la guérilla sur fond de révolution en marche. Il y a comme un véritable souffle épique qui fait du bien. On découvre que la charmante Charlotte n'avait rien à envier à sa belle-soeur Sissi.
Les décisions politiques qu'elle prend sont généreuses tout en étant avant-gardiste. On sait qu'elles couteront très chers. Elle n'a ni le soutien de l'armée, ni du clergé. Cela va être très difficile pour la suite.
Le graphisme est toujours aussi agréable avec des couleurs chaudes qui retranscrivent la chaleur du Mexique.
Bref, c'est la série que je recommande à tous les lecteurs de la nouvelle génération. Fabien Nury et Mathieu Bonhomme ne décoivent pas, bien au contraire !
Note Dessin: 4,5/5 - Note Scénario: 4,5/5 - Note Globale: 4,5/5
J'attendais une série comme celle-là depuis bien longtemps. Il faut dire qu'elle a tout pour séduire avec ces personnages animaliers anthropomorphes, dans un univers médiéval-fantastique. Il y a également un croisement avec une intrigue à la Game of Thrones dont les auteurs s'inspirent sans se cacher ce qui n'est pas pour me déplaire tant que la qualité est bien présente sur le fond et la forme.
Tome 1 : De toutes mes forces
Le premier tome se termine d'ailleurs sur un coup de théâtre ahurissant que je n'avais pas vu venir. A chaque fois, le lecteur est pris de court. Il croit qu'une scène se terminera comme il se l'imagine mais ce n'est pas toujours le cas. Il y a un véritable effet de surprise à de nombreuses reprises qui déjoue tout les pronostics.
J'aurais cependant deux bémols sur la forme à apporter :
- Dans la postface, on nous indique qu'il y a eu une bataille à Drakhenor. Or, dans le récit, il s'agit bien de Dhakenor. Une petite faute de frappe est venue se glisser ce qui peut entraîner le lecteur dans une petite incompréhension.
- Par ailleurs, une carte des 5 terres est dessinée ce qui nous permet de prendre connaissance de la typologie des lieux d'action. On remarquera un point désignant une ville non nommée sur le continent d'Ithara. Or, on remarquera que ce point a totalement disparu dans la carte du second tome.
C'est vrai que ce ne sont que des détails mais c'est cela qui fait ou pas la qualité d'une oeuvre. C'est dommage qu'il n'y a personne de compétent pour relire et signaler ces fautes qui alourdissent l'oeuvre avant sa publication.
Tome 2 : Quelqu'un de vivant
Pour autant, je suis très enthousiaste sur le scénario qui m'a littéralement subjugué. Les dessins sont également extraordinaires jusque dans les détails. On y croit à ces animaux qui ont des comportements si humains.
Le second tome se poursuit en complexifiant davantage la situation entre les différents protagonistes. Il faut dire qu'il y a une multiplication de personnages et chacun joue un rôle bien particulier qu'il nous faut suivre pour bien comprendre l'intrigue qui gagne d'ailleurs en profondeur.
On peut dire que le scénario est assez bien ficelé, avec également des personnages qui sont très intéressants. Cependant, comme dans la célèbre série Game of Thrones, les prétendants au trône ou les occupants à ce poste suprême ne font pas long feu. Le final est encore une fois assez surprenant.
Tome 3 : L'amour d'un imbécile
Il faut apprécier ce genre de saga médiévale sur fond de complots politiques et de manigances pour accéder au pouvoir. Ce troisième tome sera aussi riche que fascinant à bien des égards. Je rehausse la note à 5 étoiles en accordant le maximum pour une série ambitieuse qui le mérite incontestablement. C'est également mon coup de coeur du moment.
Les lions envisagent un putsch pour faire tomber les tigres déjà durement éprouvés. Néanmoins, le jeune héritier Méderion a bien plus d'un tour dans son sac pour délivrer une leçon digne de ce nom afin de se débarrasser de la totalité de ses adversaires internes.
Tome 4 : La même férocité
Cette série s'avère comme la meilleure tout confondue de la prochaine décennie. Il est vrai que chacun des tomes n'a point déçu dans un genre fantasy animalière emprunt d'un soupçon à la "Game of thrones".
Nous sommes au quatrième tome et on découvre encore une nouvelle intrigue qui pourrait faire basculer le pouvoir royal du jeune tigre Médérion. Or, ce dernier s'est plutôt bien débrouiller jusqu'à présent. Il a prouvé une certaine habileté politique à la manière du prince de Machiavel en ayant prémédité chacun de ses actes et surtout dans l'art de la manipulation des foules et autre assemblée constituante. Il est bien dommage de découvrir une facette que l'on va pas trop appréciée avec cette cruauté insoupçonnée non pas que le pouvoir corrompt.
Je suis toujours autant bluffé par autant d'ingéniosité au niveau de ce scénario. On va suivre trois intrigues différentes qui se chevauchent : celle du jeune roi et de sa nouvelle ombre idéaliste, le petit groupe d'otages bien décidé à réaliser leur évasion d'Angléon et la traque de la princesse en fuite. Il est dommage d'avoir un peu perdu les autres province de ce royaume complexe à gouverner.
Au niveau graphisme, c'est toujours la perfection et surtout la qualité que l'on attend. Rien à redire car la maîtrise est bien présente. C'est tout simplement somptueux à souhait. Au final, un tome plein de surprise qui a su me convaincre en ma qualité de lecteur fan.
Tome 5 : L'objet de votre haine
Cette série est incontestablement l'une des meilleures de ces dernières années avec un plaisir de lecture toujours aussi présent d'un tome à l'autre. On peut se féliciter d'un rythme de parution plutôt rapide et d'une qualité graphique incomparable avec des personnages animaliers qui font très humains. Que dire également d'un découpage des planches qui respectent la cohérence du scénario ? C'est époustouflant.
Dans les trois premiers tomes, on a assisté à une valse du pouvoir à Angléon avec pas moins de trois monarques différents. Depuis trois tomes, malgré la tentative d'un coup d'état, le jeune roi Méderion se maintient au pouvoir mais cela lui coûte plutôt cher. Il faut procéder à des arrestations parmi les étudiants dont la révolte était pourtant légitime. On commence à voir une césure dans son couple au sens large qu'il compose avec son ombre Térys.
A noter que c'est la critique d'un pouvoir monarchique absolue même si un conseil composé de nobles élus conseillent le monarque dans la gestion du royaume. J'ai bien aimé car on va jusqu'au fond des choses dans l'analyse de ce que doit être le pouvoir. Il s'agit de transformer une société profondément inégalitaire. Or, le jeune roi ne croit pas du tout à l'égalité. C'est un concept qui lui est étranger.
Pour autant, ses arguments sonnent comme une évidence car l'égalité n'a jamais existé dans la nature entre les forts et les faibles. Il y a également la disgrâce provoqué par la trahison familiale car on sait comment le jeune Méderion a fini par occuper le trône. Il ne croit pas non plus au peuple qui n'a aucune sagesse pour prendre les décisions qui s'imposent. Bref, on s'aperçoit qu'au bout de la logique, il ne faut pas simplement vouloir changer les choses mais le faire concrètement en accordant plus de pouvoir au peuple dans l'égalité.
Ce jeune roi veut cependant réformer les choses mais cela ne peut pas se faire du jour au lendemain. Il a besoin de temps pour abolir certains privilèges. Il a besoin également de réaffirmer son autorité pour se maintenir au pouvoir et ne pas être destituer de ses fonctions. Il sait qu'une minorité active et déterminé peut faire basculer une majorité indécise. On l'a vu récemment avec les partisans de Donald Trump au sein de la plus grande démocratie au monde. Il s'agit pour le jeune roi de ne pas remettre en cause les institutions. Plus que jamais tout ces thèmes sont d'actualité au sein même de notre monde. C'est en cela que cette série fort intelligente pose les bonnes questions.
L'objet de votre haine ne sera pas l'épisode le plus riche de la saga mais certainement le plus remarquable pour la qualité de son univers.
Tome 6 : Pas la force
Ce premier cycle vient de s'achever tout en apothéose. Encore une fois, le récit va prendre non seulement une accélération mais également une toute autre tournure à la merci d'un événement qui retourne incontestablement la situation du royaume d'Angléon.
Je ne l'avais pas vu venir malgré des signes précurseurs et cela m'a plutôt marqué. C'est vrai qu'après coup, on se dit que cela devait bien arriver. Cela nous fait dire qu'un dirigeant ne reçoit jamais une gifle pour rien même si l'acte est tout à fait répréhensible et condamnable. Il paye le prix de la contestation populaire suite à de difficiles décisions politiques prises. C'est tout à fait d'actualité.
Je rêve d'une adaptation au cinéma de cette saga digne de la série désormais culte « Game of thrones ». Cela serait une bonne idée mais attendons également la suite et surtout la fin.
Evidemment, je donne la note maximum car on a atteint la perfection à tous les niveaux : un dessin magnifiques, des personnages très intéressants aussi bien les uns que les autres, un rythme de parution rapide, une intrigue qui donne envie de poursuivre.
Tome 7 : L'heure du cadeau
Ce septième tome inaugure le second cycle après celui des félins d'Angléon. Nous voici parmi les primates. Nous connaissons déjà un personnage à savoir Keona qui revient d'Angléon libéré par la nouvelle reine et qui va rejoindre son peuple et notamment sa mère qui règne sur ce royaume.
Pour autant, on va se concentrer surtout sur Alissa qui est libéré de prison après 5 années et qui rejoint son clan avec son oncle à la tête. On se demande si Alissa ne serait pas la première fille de la reine car celle-ci n'est pas mentionné dans la présentation des personnages. C'est assez étrange et cela prête à confusion.
Je dois dire que j'ai eu à plaisir de découvrir ce nouveau monde qui semble entouré par une immense jungle où des recherches archéologiques sont entrepris pour découvrir des racines. Il y a également une dimension moins politique que dans le premier cycle bien qu'on puisse percevoir quelques bribes. Je trouve que c'est suffisamment bien dosé.
Il se passera des choses moins fracassantes que dans le premier cycle également comme pour mieux nous présenter les personnages. C'est un tome qui prend un peu plus de temps avec une multitude de protagonistes poursuivant des objectifs variés. Ce n'est pas plus mal.
Pour le graphisme, c'est toujours aussi somptueux. Je suis toujours aussi impressionné par la finesse du dessin et de ces personnages qui ressemblent presque à des humains et dont on capte toutes les émotions. Le découpage entre les scènes est également impeccablement réalisé. Bref, les intrigues sont bien ficelées. C'est un second cycle qui semble repartir à zéro pour nous offrir le meilleur après un premier cycle magistral.
Au final, une saga qu'on ne manquera pas de suivre tant la perfection semble être atteinte grâce aux talents des auteurs.
Note Dessin : 5/5 – Note Scénario : 5/5 – Note Globale : 5/5
Ben oui j'ai la sensation d'arriver après la bataille. Treize pages d'avis pour cette série intemporelle.Que dire de plus, qu'ajouter au concert de louanges. Je signale que j'ai arrêté de lire "Astérix" après le tome "Astérix chez Rahâzade". Alors si osons tout de même: Génie des situations, des dialogues, des personnages, culte quoi.
Bon, je ne suis pas forcément très neutre sur ce coup-là, Yoko Tsuno, c'est toute mon enfance ! J'ai grandi avec, et j'ai rêvé un nombre incalculable fois en suivant ses aventures. J'aime beaucoup l'éclectisme des aventures, du policier à la science-fiction et au space opera, qui permet vraiment de rêver de différentes manières, selon notre envie du moment. Je pense que selon ce qu'on a envie de lire sur le moment, on trouvera toujours un tome de la saga qui correspond à cette envie.
Avec Spirou et Fantasio ou Blake et Mortimer, Yoko Tsuno fait partie de mes grands classiques de l'Aventure en BD (avec un grand A). Roger Leloup a trouvé une formule merveilleuse qui fait mouche presque à chaque album. Déjà, son trio de personnages principaux témoigne d'une bonne alchimie. Si j'ai toujours trouvé dommage que le pauvre Vic soit constamment réduit à un rôle utilitaire qui le fait disparaître au profit des deux autres, il y a quand même un assez bon équilibre entre les trois, qui leur permet de tempérer les ardeurs des deux autres. Yoko Tsuno est une héroïne un peu trop parfaite, mais il arrive qu'elle fasse des erreurs, et Pol, qui sert avant tout de comic relief, a toutefois toujours une utilité dans l'intrigue.
Et surtout, ce sont des personnages qui ont des sentiments : à ce titre, mon tome préféré, La Fille du vent, fait partie des rares bandes dessinées ayant réussi à me faire ressentir une véritable émotion qui me serre le cœur pour le sort des personnages. C'est assez rare dans la saga, certes, mais parfois, l'auteur sait insuffler de beaux sentiments (qui peuvent d'ailleurs friser le mielleux par moments) dans ses récits et leur offrir occasionnellement une jolie morale, particulièrement lorsqu'il flirte avec le space opera.
Les intrigues, elles, sont bien élaborées, et réussissent à surprendre et à se montrer toujours originales en étant rarement tirées par les cheveux. A noter, tout de même, que depuis les années 2000, la saga a tendance à s'essouffler, mieux vaut s'arrêter à La Pagode des brumes pour ne pas commencer à voir la baisse de qualité, due à un trop plein de personnages secondaires et à une surcharge des intrigues, qui en deviennent trop complexes.
Au niveau du dessin, le trait de Roger Leloup est d'une maîtrise impressionnante, et donne des dessins extrêmement élégants. Adoptant un style plus réaliste à partir du tome 5, les personnages sont bien proportionnés, et la volonté d'un style plutôt réaliste donne de très belles images, par une jolie colorisation. Les décors ne sont d'ailleurs pas en reste, et Leloup ne se prive pas pour nous donner l'occasion de contempler plus en détail le cadre dans lequel agissent les personnages, ce qui donne une dimension plus spectaculaire à la bande dessinée.
Enfin bref, qu'elle fasse dans le thriller, le fantastique, la science-fiction ou le space opera, la saga de Roger Leloup accomplit sa tâche de manière absolument parfaite. On se prend toujours très facilement aux récits, chaque histoire apporte son lot de rêve et de frissons, et une fois qu'on a fermée n'importe quel tome, on a toujours envie de continuer à découvrir cet univers fascinant.
Au bilan, je n'hésite pas à dire que Yoko Tsuno est un monument du neuvième art, par ses qualités narratives et graphiques indéniables. Toutefois, si elle est parfaite pour accompagner la grande enfance et l'adolescence, il est peut-être moins indispensable de découvrir la saga une fois adulte.
Déjà 194 avis sur cette série ! Il n’y a pas mieux dans BDthèque. Allez zou je vais m’y coller aussi. le compteur va passer à 195 !
XIII est une série initiée par Jean Van Hamme au scénario et William Vance au dessin. Le premier album – le jour du soleil noir - est publié en 1984. Il y a presque 40 ans !
La série se déroule aux Etats-Unis. C’est l’histoire d’un amnésique, blessé par balle à la tempe, qui ne se souvient plus de son nom et la signification de son mystérieux tatouage au-dessus de la clavicule gauche, le chiffre « XIII ». Très rapidement il découvre qu’un tueur à gage cherche à l’éliminer.
Il se met à la recherche de son identité. Il découvre un vaste complot à l’origine de l’assassinat du président des Etats Unis !
Jean Van Hamme s’inspire du roman de Robert Ludlum, « la mémoire dans la peau » ainsi que de l'assassinat du président américain John Fitzgerald Kennedy à Dallas le 22 novembre 1963.
Durant 19 albums, nous suivrons les aventures haletantes de notre héros. Je dis bien 19 albums car pour moi, l’album « le dernier round » clos le cycle 1. Le second cycle, à partir de l’album 20 « le jour du Mayflower » est repris par Yves Sente et Youri Jigounov.
Au-delà des albums XIII, quand on veut tirer le filon jusqu’à la corde d’un succès, on voit aussi apparaitre la publication d’une série dérivée nommée XIII Mystery. Différents auteurs interviennent pour parcourir le passé de certains protagonistes importants de la série.
Considérant que la saga est terminée depuis bien longtemps, mon avis portera sur les 19 premiers tomes. On peut en effet se passer des albums récapitulatifs des différents épisodes.
C’est une série culte. Je m’agenouille devant le crayonné de William Vance. Incroyable. J’adore. L’histoire est un vrai thriller captivant. L’intrigue est un peu alambiquée mais lisible et les rebondissements nombreux. Ne rechignons pas à prendre du plaisir en re lisant les aventures de XIII.
C'est un petit bonbon sucré cette série jubilatoire.
J’avais attribué la note maximale à cette série lors de ma première lecture… j’avais alors 25 ans. Je viens de la relire presque 20 ans plus tard (du haut de mes 44 ans), et la note ne change pas. Il y a certes un élément de nostalgie, mais pas que. « La Quête de l'Oiseau du Temps » a selon moi merveilleusement bien vieilli, et mérite amplement son statut de « série culte ».
L’histoire est prenante au possible, et nous fait découvrir une variété incroyable de contrées magnifiques. Chaque vallée possède sa faune, sa flore, ses couleurs et ses peuples. J'ai personnellement adoré l'épisode sur les terres du Rige, vraiment passionnant.
Les différents protagonistes sont très attachants car ils ont tous un caractère bien défini, bien propre. Pelisse est courageuse et semble un peu innocente, comme coupée du monde (même si j’avoue qu’elle devient un peu agaçante dans le dernier tome). Bragon est fier et tout le temps de mauvaise humeur. L'inconnu masqué est très peureux et apporte un élément d’humour. Bulrog est cruel et mystérieux... Mais ces traits de caractères ne sont pas figés, et on leurs découvre de nouvelles facettes au cours de l'histoire.
Enfin mention spéciale pour la fin, qui réserve plusieurs surprises de taille...
Le dessin de Loisel monte en puissance au fil des tomes, pour finir en apothéose dans un tome 4 vraiment magnifique.
Une série immanquable pour les amateurs du genre, terminée en 4 tomes (pas de rallonges comme c’est souvent le cas de nos jours). Culte !
Après avoir relu dernièrement plusieurs albums de Lucky Luke, j'ai pris la résolution de refaire mon avis.
Cela faisait déjà quelques temps que je pensais monter ma note et mettre la note maximale, mais j'avais des scrupules parce que si la série contient des chef d’œuvres , il y a aussi beaucoup d'albums moyens voire même carrément mauvais. La relecture récente d'une dizaine d'albums qui font partie de mes préférés m'a montré que malgré tous les mauvais albums, cette série mérite la note culte.
Déjà, Lucky Luke est un des personnages les plus connus de la BD Franco-Belge, le nombre de produits dérivés de son univers le montre. Ensuite, l'arrivée de Goscinny a propulsé cette série, qui était sympathique lorsque Morris animait tout seul, vers des sommets que peu ont égalé dans la production de BD pour jeunes. Les personnages et les situations cultes sont légions dans ses albums et même ceux que je trouve moyens ont toujours une ou deux scènes d'anthologie. Il est aidé par Morris qui est en pleine forme au niveau du graphisme. Selon moi, il était le deuxième meilleur dessinateur de l'école Marcinelle des années 50-60, derrière Franquin qui est imbattable. L'humour est excellent et c'est une des BD qui me fait le plus marrer. Les Dalton et Ran Tan Plan font partie des meilleurs personnages de crétins jamais inventés. Ma période préférée est lorsque la série déménage chez Dargaud où Goscinny n'ayant plus Monsieur Dupuis sur le dos, va écrire des scénarios avec un ton plus mature comme Canyon Apache, Chasseur de primes et La guérison des Dalton.
Malheureusement, suite à la mort de Goscinny, cela devient moins bon quoique contrairement à d'autres je ne jette pas tout ce qu'il s'est fait ensuite, probablement parce que j'ai aussi grandi avec ces albums. La période post-Goscinny de Dargaud est globalement bonne en dehors des albums d'histoires courtes et les adaptations en BD des films d'animations des années 70. Ces albums sont tout simplement mauvais et on voit très bien à quel point Lucky Luke était devenu une machine à fric. Ensuite, vient la période des années 90 avec Lucky Production/Comics. Si certains albums ont encore un scénario correct (le dernier album qui tient la route selon moi est O.K. Corral), le dessin de Morris va malheureusement perdre de sa superbe, notamment lorsqu'il va se mettre à faire du copier-coller.
Une autre série victime de son succès. Il reste tout de même une bonne partie que j'adore. Culte malgré tout !
Il n'est pas toujours si aisé d'adapter un classique de la littérature. C'est pourtant le pari de Brüno à l'aube des années 2000 alors qu'il n'était pas encore la superstar des Tyler Cross de Fabien Nury ou de ses nombreuses fructueuses collaborations avec Appollo.
En se réappropriant le récit maritime de Jules Verne, 20 000 lieues sous les mers, Brüno prend le pari de simplifier l'histoire sur la première moitié pour mieux s'en détourner dans une seconde partie qui scandalisera les puristes mais ravira les audacieux. En effet après tout, son récit fleuve de 160 pages s'appelle Nemo comme le fameux Capitaine du Nautilus et ne conserve pas le titre d'origine ce qui aurait pu nous mettre la puce à l'oreille.
Il s'agira en effet de la même aventure connue de tous mais sur une voie parallèle. Les personnages sont perçus différemment mais les rôles principaux restent identiques : on y trouve le Professeur Aronnax qui sera émerveillé par la technique et les découvertes aquatiques, Ned Land, l'homme de main épris de liberté et le sage domestique féru de culture, le bien nommé Conseil.
Et évidemment Nemo représenté comme le diable ou le mal absolu dans ses premières apparitions mais surtout un redoutable tacticien ou calculateur au remarquable sang froid quelque soit le danger.
Et il s'en passe des choses sur ses 4 tomes dessinés de main de maître par un auteur qui signait ici sa première grosse réussite sur près de 160 pages, un dépaysement total dans un monde bleu silencieux enchanteur mais également parfois terne comme pour mieux distinguer le monde du Nautilus de la civilisation au dessus constamment belliqueuse et agressive.
Le dessin de Brüno est comme toujours toujours aussi lisible dans le découpage que dans le trait simple mais précis. Chaque menace utilise un fond rouge comme pour contraster avec le bleu vert marin, Nemo communique avec son équipage constitué de clones par des signalisations ou onomatopées. Le résultat est à la fois intriguant et séduisant. Et lorsque l'on s'éloigne du récit d'origine par quelques artifices surprenants qu'il serait bien dommage de relever ici, c'est pour mieux nous en imprimer la rétine et la mémoire par une certaine forme de mélancolie dont seul Brüno a le secret et qu'il utilise savamment.
Il est à noter que les couleurs de Laurence Croix sont réussies mais que l'intégrale en noir & blanc remontée pour une édition dite à l'italienne est tout aussi savoureuse mais quelque soit la version que vous lirez, attendez vous à un petit chef d'oeuvre ni plus ni moins.
Au départ, je n’étais que moyennement intéressé à lire cette brique de près de 500 pages. Outre la longueur de l’ouvrage, le sujet, un des plus déprimants qui puisse exister (la guerre, le risque nucléaire et l’anéantissement possible de l’humanité), a été tellement de fois évoqué tant au cinéma, dans la littérature, les chansons que l’on peut se demander ce que cette BD peut apporter de neuf.
Comme les critiques lues sur internet étaient excellentes, je me suis dit que cette BD valait sans doute la peine d’être lue.
Et, en effet, c’est le cas. Bien que le scénario suive la réalité historique de très près, il contient quelques libertés qui rendent la lecture plus vivante. Première de ces libertés : le héros principal n’est pas un quelconque savant prestigieux, un chef militaire ou un politicien. Non, rien de tout cela. L’histoire est racontée par … l’uranium lui-même qui, depuis plus de 4 milliards d’années, attend son heure de gloire. Approche originale qui ne nuit en rien au bon déroulement des événements qui commencent réellement à Berlin en 1933.
Je ne vais pas vous raconter ici l’histoire de la bombe mais je peux vous dire que j’ai été surpris par la quantité d’intervenants de multiples pays qui ont été à l'origine de la réalisation de la première bombe atomique. Paradoxalement, il est surprenant de voir à quel point certaines décisions ont été prises grâce à (ou à cause de) un très petit nombre de personnes, Leó Szilàrd ou Enrico Fermi par exemple, sans qui l’Histoire aurait sans doute été toute autre. Il s’en est d’ailleurs fallu de peu pour que les nazis ne possèdent la bombe avant tout le monde si leur politique folle n’avait poussé certains de leurs savants les plus prestigieux dans les bras des Américains. Ces mêmes Américains qui n’ont pas compris tout de suite l’immense chance qu’ils avaient d’accueillir de tels talents sur leur sol.
En lisant cette œuvre, on apprend énormément de choses : des faits historiques majeurs bien sûr mais aussi des anecdotes intéressantes (l’origine de l’uranium par exemple, le rôle d’Einstein, l'utilisation de cobayes humains, ...). On voit aussi comment les décisions sont prises au plus haut niveau des États (essentiellement aux USA) et comment les militaires ont imposé leur façon de voir aux scientifiques.
Cette BD est un chef d’œuvre tant au niveau du scénario que du dessin. A lire absolument !
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Franka
Et bien moi, j'aime plus que beaucoup, ça fera une bonne moyenne :p Franka, 3 périodes de ma vie en BD (environ 10 ans entre chaque) : - J'ai découvert cette charmante néerlandaise dans les pages de Spirou vers la fin des années 70 ou début 80, je ne sais plus. C'était mignon, tout rond avec des dessins ultra fouillés et des scénarios béton. - Puis des années plus tard, les Humanoïdes ont sorti 2 albums. Franka avait bien changé graphiquement mais les dessins et les scénarios n'avaient pas faibli. Bref, les BD restaient toujours denses. - Puis un beau jour, je me suis procuré quelques albums en néerlandais, et j'ai pu suivre l'évolution graphique de l'auteur. Je n'ai pas regretté lire en VO. Je regrette simplement que Franka n'ait plus été traduite. Je place Franka parmi les très bonnes BD à l'ancienne, dans le style ligne claire. Certains n'aimeront pas. ---Ajout 06/2020--- BDMust traduit depuis quelques années en français cette BD. Malheureusement pour moi, je n'étais pas au courant, et certains albums étaient déjà épuisés ou sont actuellement disponibles à des prix prohibitifs. Je passerai sous silence certaines "techniques commerciales" que je trouve douteuses. Bon, j'ai bien divers albums en VO, mais en français dans un bel album cartonné rigide, c'est "plus mieux". Certains albums sont trop "jet set", ça nuit à la crédibilité. On dirait que Franka dispose parfois d'une carte MasterSuperGold afin de s'acheter tout ce qu'elle souhaite, alors que dans d'autres albums (surtout les premiers), elle dit se serrer la ceinture, assez désargentée. Elle se retrouve facilement à l'autre bout du monde avec facilité, et il semble très facile pour elle d'aller passer un petit weekend sur un coup de tête au Portugal ou en Italie, alors qu'elle habite aux Pays-Bas. Bon, c'est vrai qu'elle n'est plus secrétaire et qu'elle s'est mise à son compte... :) Les intrigues sont parfois tordues, avec ci et là d'étranges facilités. Néanmoins, Henk Kuijpers s'est assurément documenté, et son dessin fourmille de mille détails, ce qui fait qu'on peut relire plusieurs fois la même planche et y dénicher encore de nouvelles choses. De ce côté-là, on n'est pas volé ! Franka est l'une des rares héroïnes de papier à avoir vécu un sacré coup de foudre, et vivre ensuite quelques aventures avec son petit ami attitré. C'est aussi l'une des premières fois que je vois un auteur résoudre de la sorte un commencement de problème de couple... Parfois, Henk Kuijpers dénude trop facilement son héroïne, et pas qu'elle. Il est vrai que son public a changé, il est nettement plus adulte. Avec sa silhouette devenue allongée, Franka fait trop mannequin, et dans certaines cases, j'ai quelques doutes sur ses proportions... Un peu comme pour Yoko Tsuno, je préfère la Franka du début, au trait plus rond, aux aventures plus plausibles.
Charlotte Impératrice
Une fois n’est pas coutume, je commencerai mon introduction en indiquant les conditions d’acquisition de cette bd. Il m’arrive de lire les avis des autres chroniqueurs de ce site. La couverture a d’ailleurs été affichée depuis sa sortie l’été dernier. C’est la bd de la rentrée 2018. Nul ne peut y échapper. Au vu des bonnes critiques, j’ai directement acheté. Bon, en même temps, il faut avouer qu’avec de tels auteurs aux commandes, on peut presque acheter les yeux fermés. La prise de risque est moindre. Voilà comment un site comme bdthèque peut encore influencer des lecteurs. Tome 1: La princesse et l'archiduc Après, il était intéressant de voir le portrait du personnage historique de Charlotte de Belgique qui a épousé un futur empereur du Mexique en proie à la Révolution. Historiquement, on sait ce qu’il est advenu de ce pion placé par Napoléon III sur le trône de ce pays d’Amérique Centrale. On connait moins la vie de Charlotte qui était la belle-sœur de la fameuse Sissi qui a marqué plusieurs générations au vu de l’image laissé par Romy Schneider. Beaucoup serait étonné de la personnalité dévoilée d'Elisabeth dans cette œuvre singulière. Je n’ai toujours pas digéré l’épisode du pauvre chien sans vouloir en dire plus. Sur le fond, comme sur la forme, nous sommes au top de ce que l’on peut attendre d’une bonne bande dessinée ce qui est plutôt rare de trouver en ce moment avec toute cette superproduction. J’ai apprécié grandement le graphisme ainsi que le scénario. J’achèterai bien évidemment la suite que j’attends avec une certaine impatience. Mais là, pas de souci, on sait qu’on peut véritablement compter sur les auteurs au top de leur forme. Tome 2 : L'Empire Ce second tome confirme pour moi l'excellente impression laissée par le premier opus. Du coup, je passe la note à 5 étoiles, non pas dans un élan de générosité, mais surtout pour consacrer une bd désormais culte. Il s'agit de récompenser le travail des auteurs par la reconnaissance. L'action se situe durant les années mexicaines. Charlotte va devenir l'impératrice pendant que son pitoyable mari s'adonne à ses plaisirs vils et stupides en mauvaise compagnie. L'intrigue va évoluer tout le long de ce tome entre l'arrivée et les années de règne dans un état en proie à la guérilla sur fond de révolution en marche. Il y a comme un véritable souffle épique qui fait du bien. On découvre que la charmante Charlotte n'avait rien à envier à sa belle-soeur Sissi. Les décisions politiques qu'elle prend sont généreuses tout en étant avant-gardiste. On sait qu'elles couteront très chers. Elle n'a ni le soutien de l'armée, ni du clergé. Cela va être très difficile pour la suite. Le graphisme est toujours aussi agréable avec des couleurs chaudes qui retranscrivent la chaleur du Mexique. Bref, c'est la série que je recommande à tous les lecteurs de la nouvelle génération. Fabien Nury et Mathieu Bonhomme ne décoivent pas, bien au contraire ! Note Dessin: 4,5/5 - Note Scénario: 4,5/5 - Note Globale: 4,5/5
Les 5 Terres
J'attendais une série comme celle-là depuis bien longtemps. Il faut dire qu'elle a tout pour séduire avec ces personnages animaliers anthropomorphes, dans un univers médiéval-fantastique. Il y a également un croisement avec une intrigue à la Game of Thrones dont les auteurs s'inspirent sans se cacher ce qui n'est pas pour me déplaire tant que la qualité est bien présente sur le fond et la forme. Tome 1 : De toutes mes forces Le premier tome se termine d'ailleurs sur un coup de théâtre ahurissant que je n'avais pas vu venir. A chaque fois, le lecteur est pris de court. Il croit qu'une scène se terminera comme il se l'imagine mais ce n'est pas toujours le cas. Il y a un véritable effet de surprise à de nombreuses reprises qui déjoue tout les pronostics. J'aurais cependant deux bémols sur la forme à apporter : - Dans la postface, on nous indique qu'il y a eu une bataille à Drakhenor. Or, dans le récit, il s'agit bien de Dhakenor. Une petite faute de frappe est venue se glisser ce qui peut entraîner le lecteur dans une petite incompréhension. - Par ailleurs, une carte des 5 terres est dessinée ce qui nous permet de prendre connaissance de la typologie des lieux d'action. On remarquera un point désignant une ville non nommée sur le continent d'Ithara. Or, on remarquera que ce point a totalement disparu dans la carte du second tome. C'est vrai que ce ne sont que des détails mais c'est cela qui fait ou pas la qualité d'une oeuvre. C'est dommage qu'il n'y a personne de compétent pour relire et signaler ces fautes qui alourdissent l'oeuvre avant sa publication. Tome 2 : Quelqu'un de vivant Pour autant, je suis très enthousiaste sur le scénario qui m'a littéralement subjugué. Les dessins sont également extraordinaires jusque dans les détails. On y croit à ces animaux qui ont des comportements si humains. Le second tome se poursuit en complexifiant davantage la situation entre les différents protagonistes. Il faut dire qu'il y a une multiplication de personnages et chacun joue un rôle bien particulier qu'il nous faut suivre pour bien comprendre l'intrigue qui gagne d'ailleurs en profondeur. On peut dire que le scénario est assez bien ficelé, avec également des personnages qui sont très intéressants. Cependant, comme dans la célèbre série Game of Thrones, les prétendants au trône ou les occupants à ce poste suprême ne font pas long feu. Le final est encore une fois assez surprenant. Tome 3 : L'amour d'un imbécile Il faut apprécier ce genre de saga médiévale sur fond de complots politiques et de manigances pour accéder au pouvoir. Ce troisième tome sera aussi riche que fascinant à bien des égards. Je rehausse la note à 5 étoiles en accordant le maximum pour une série ambitieuse qui le mérite incontestablement. C'est également mon coup de coeur du moment. Les lions envisagent un putsch pour faire tomber les tigres déjà durement éprouvés. Néanmoins, le jeune héritier Méderion a bien plus d'un tour dans son sac pour délivrer une leçon digne de ce nom afin de se débarrasser de la totalité de ses adversaires internes. Tome 4 : La même férocité Cette série s'avère comme la meilleure tout confondue de la prochaine décennie. Il est vrai que chacun des tomes n'a point déçu dans un genre fantasy animalière emprunt d'un soupçon à la "Game of thrones". Nous sommes au quatrième tome et on découvre encore une nouvelle intrigue qui pourrait faire basculer le pouvoir royal du jeune tigre Médérion. Or, ce dernier s'est plutôt bien débrouiller jusqu'à présent. Il a prouvé une certaine habileté politique à la manière du prince de Machiavel en ayant prémédité chacun de ses actes et surtout dans l'art de la manipulation des foules et autre assemblée constituante. Il est bien dommage de découvrir une facette que l'on va pas trop appréciée avec cette cruauté insoupçonnée non pas que le pouvoir corrompt. Je suis toujours autant bluffé par autant d'ingéniosité au niveau de ce scénario. On va suivre trois intrigues différentes qui se chevauchent : celle du jeune roi et de sa nouvelle ombre idéaliste, le petit groupe d'otages bien décidé à réaliser leur évasion d'Angléon et la traque de la princesse en fuite. Il est dommage d'avoir un peu perdu les autres province de ce royaume complexe à gouverner. Au niveau graphisme, c'est toujours la perfection et surtout la qualité que l'on attend. Rien à redire car la maîtrise est bien présente. C'est tout simplement somptueux à souhait. Au final, un tome plein de surprise qui a su me convaincre en ma qualité de lecteur fan. Tome 5 : L'objet de votre haine Cette série est incontestablement l'une des meilleures de ces dernières années avec un plaisir de lecture toujours aussi présent d'un tome à l'autre. On peut se féliciter d'un rythme de parution plutôt rapide et d'une qualité graphique incomparable avec des personnages animaliers qui font très humains. Que dire également d'un découpage des planches qui respectent la cohérence du scénario ? C'est époustouflant. Dans les trois premiers tomes, on a assisté à une valse du pouvoir à Angléon avec pas moins de trois monarques différents. Depuis trois tomes, malgré la tentative d'un coup d'état, le jeune roi Méderion se maintient au pouvoir mais cela lui coûte plutôt cher. Il faut procéder à des arrestations parmi les étudiants dont la révolte était pourtant légitime. On commence à voir une césure dans son couple au sens large qu'il compose avec son ombre Térys. A noter que c'est la critique d'un pouvoir monarchique absolue même si un conseil composé de nobles élus conseillent le monarque dans la gestion du royaume. J'ai bien aimé car on va jusqu'au fond des choses dans l'analyse de ce que doit être le pouvoir. Il s'agit de transformer une société profondément inégalitaire. Or, le jeune roi ne croit pas du tout à l'égalité. C'est un concept qui lui est étranger. Pour autant, ses arguments sonnent comme une évidence car l'égalité n'a jamais existé dans la nature entre les forts et les faibles. Il y a également la disgrâce provoqué par la trahison familiale car on sait comment le jeune Méderion a fini par occuper le trône. Il ne croit pas non plus au peuple qui n'a aucune sagesse pour prendre les décisions qui s'imposent. Bref, on s'aperçoit qu'au bout de la logique, il ne faut pas simplement vouloir changer les choses mais le faire concrètement en accordant plus de pouvoir au peuple dans l'égalité. Ce jeune roi veut cependant réformer les choses mais cela ne peut pas se faire du jour au lendemain. Il a besoin de temps pour abolir certains privilèges. Il a besoin également de réaffirmer son autorité pour se maintenir au pouvoir et ne pas être destituer de ses fonctions. Il sait qu'une minorité active et déterminé peut faire basculer une majorité indécise. On l'a vu récemment avec les partisans de Donald Trump au sein de la plus grande démocratie au monde. Il s'agit pour le jeune roi de ne pas remettre en cause les institutions. Plus que jamais tout ces thèmes sont d'actualité au sein même de notre monde. C'est en cela que cette série fort intelligente pose les bonnes questions. L'objet de votre haine ne sera pas l'épisode le plus riche de la saga mais certainement le plus remarquable pour la qualité de son univers. Tome 6 : Pas la force Ce premier cycle vient de s'achever tout en apothéose. Encore une fois, le récit va prendre non seulement une accélération mais également une toute autre tournure à la merci d'un événement qui retourne incontestablement la situation du royaume d'Angléon. Je ne l'avais pas vu venir malgré des signes précurseurs et cela m'a plutôt marqué. C'est vrai qu'après coup, on se dit que cela devait bien arriver. Cela nous fait dire qu'un dirigeant ne reçoit jamais une gifle pour rien même si l'acte est tout à fait répréhensible et condamnable. Il paye le prix de la contestation populaire suite à de difficiles décisions politiques prises. C'est tout à fait d'actualité. Je rêve d'une adaptation au cinéma de cette saga digne de la série désormais culte « Game of thrones ». Cela serait une bonne idée mais attendons également la suite et surtout la fin. Evidemment, je donne la note maximum car on a atteint la perfection à tous les niveaux : un dessin magnifiques, des personnages très intéressants aussi bien les uns que les autres, un rythme de parution rapide, une intrigue qui donne envie de poursuivre. Tome 7 : L'heure du cadeau Ce septième tome inaugure le second cycle après celui des félins d'Angléon. Nous voici parmi les primates. Nous connaissons déjà un personnage à savoir Keona qui revient d'Angléon libéré par la nouvelle reine et qui va rejoindre son peuple et notamment sa mère qui règne sur ce royaume. Pour autant, on va se concentrer surtout sur Alissa qui est libéré de prison après 5 années et qui rejoint son clan avec son oncle à la tête. On se demande si Alissa ne serait pas la première fille de la reine car celle-ci n'est pas mentionné dans la présentation des personnages. C'est assez étrange et cela prête à confusion. Je dois dire que j'ai eu à plaisir de découvrir ce nouveau monde qui semble entouré par une immense jungle où des recherches archéologiques sont entrepris pour découvrir des racines. Il y a également une dimension moins politique que dans le premier cycle bien qu'on puisse percevoir quelques bribes. Je trouve que c'est suffisamment bien dosé. Il se passera des choses moins fracassantes que dans le premier cycle également comme pour mieux nous présenter les personnages. C'est un tome qui prend un peu plus de temps avec une multitude de protagonistes poursuivant des objectifs variés. Ce n'est pas plus mal. Pour le graphisme, c'est toujours aussi somptueux. Je suis toujours aussi impressionné par la finesse du dessin et de ces personnages qui ressemblent presque à des humains et dont on capte toutes les émotions. Le découpage entre les scènes est également impeccablement réalisé. Bref, les intrigues sont bien ficelées. C'est un second cycle qui semble repartir à zéro pour nous offrir le meilleur après un premier cycle magistral. Au final, une saga qu'on ne manquera pas de suivre tant la perfection semble être atteinte grâce aux talents des auteurs. Note Dessin : 5/5 – Note Scénario : 5/5 – Note Globale : 5/5
Astérix
Ben oui j'ai la sensation d'arriver après la bataille. Treize pages d'avis pour cette série intemporelle.Que dire de plus, qu'ajouter au concert de louanges. Je signale que j'ai arrêté de lire "Astérix" après le tome "Astérix chez Rahâzade". Alors si osons tout de même: Génie des situations, des dialogues, des personnages, culte quoi.
Yoko Tsuno
Bon, je ne suis pas forcément très neutre sur ce coup-là, Yoko Tsuno, c'est toute mon enfance ! J'ai grandi avec, et j'ai rêvé un nombre incalculable fois en suivant ses aventures. J'aime beaucoup l'éclectisme des aventures, du policier à la science-fiction et au space opera, qui permet vraiment de rêver de différentes manières, selon notre envie du moment. Je pense que selon ce qu'on a envie de lire sur le moment, on trouvera toujours un tome de la saga qui correspond à cette envie. Avec Spirou et Fantasio ou Blake et Mortimer, Yoko Tsuno fait partie de mes grands classiques de l'Aventure en BD (avec un grand A). Roger Leloup a trouvé une formule merveilleuse qui fait mouche presque à chaque album. Déjà, son trio de personnages principaux témoigne d'une bonne alchimie. Si j'ai toujours trouvé dommage que le pauvre Vic soit constamment réduit à un rôle utilitaire qui le fait disparaître au profit des deux autres, il y a quand même un assez bon équilibre entre les trois, qui leur permet de tempérer les ardeurs des deux autres. Yoko Tsuno est une héroïne un peu trop parfaite, mais il arrive qu'elle fasse des erreurs, et Pol, qui sert avant tout de comic relief, a toutefois toujours une utilité dans l'intrigue. Et surtout, ce sont des personnages qui ont des sentiments : à ce titre, mon tome préféré, La Fille du vent, fait partie des rares bandes dessinées ayant réussi à me faire ressentir une véritable émotion qui me serre le cœur pour le sort des personnages. C'est assez rare dans la saga, certes, mais parfois, l'auteur sait insuffler de beaux sentiments (qui peuvent d'ailleurs friser le mielleux par moments) dans ses récits et leur offrir occasionnellement une jolie morale, particulièrement lorsqu'il flirte avec le space opera. Les intrigues, elles, sont bien élaborées, et réussissent à surprendre et à se montrer toujours originales en étant rarement tirées par les cheveux. A noter, tout de même, que depuis les années 2000, la saga a tendance à s'essouffler, mieux vaut s'arrêter à La Pagode des brumes pour ne pas commencer à voir la baisse de qualité, due à un trop plein de personnages secondaires et à une surcharge des intrigues, qui en deviennent trop complexes. Au niveau du dessin, le trait de Roger Leloup est d'une maîtrise impressionnante, et donne des dessins extrêmement élégants. Adoptant un style plus réaliste à partir du tome 5, les personnages sont bien proportionnés, et la volonté d'un style plutôt réaliste donne de très belles images, par une jolie colorisation. Les décors ne sont d'ailleurs pas en reste, et Leloup ne se prive pas pour nous donner l'occasion de contempler plus en détail le cadre dans lequel agissent les personnages, ce qui donne une dimension plus spectaculaire à la bande dessinée. Enfin bref, qu'elle fasse dans le thriller, le fantastique, la science-fiction ou le space opera, la saga de Roger Leloup accomplit sa tâche de manière absolument parfaite. On se prend toujours très facilement aux récits, chaque histoire apporte son lot de rêve et de frissons, et une fois qu'on a fermée n'importe quel tome, on a toujours envie de continuer à découvrir cet univers fascinant. Au bilan, je n'hésite pas à dire que Yoko Tsuno est un monument du neuvième art, par ses qualités narratives et graphiques indéniables. Toutefois, si elle est parfaite pour accompagner la grande enfance et l'adolescence, il est peut-être moins indispensable de découvrir la saga une fois adulte.
XIII
Déjà 194 avis sur cette série ! Il n’y a pas mieux dans BDthèque. Allez zou je vais m’y coller aussi. le compteur va passer à 195 ! XIII est une série initiée par Jean Van Hamme au scénario et William Vance au dessin. Le premier album – le jour du soleil noir - est publié en 1984. Il y a presque 40 ans ! La série se déroule aux Etats-Unis. C’est l’histoire d’un amnésique, blessé par balle à la tempe, qui ne se souvient plus de son nom et la signification de son mystérieux tatouage au-dessus de la clavicule gauche, le chiffre « XIII ». Très rapidement il découvre qu’un tueur à gage cherche à l’éliminer. Il se met à la recherche de son identité. Il découvre un vaste complot à l’origine de l’assassinat du président des Etats Unis ! Jean Van Hamme s’inspire du roman de Robert Ludlum, « la mémoire dans la peau » ainsi que de l'assassinat du président américain John Fitzgerald Kennedy à Dallas le 22 novembre 1963. Durant 19 albums, nous suivrons les aventures haletantes de notre héros. Je dis bien 19 albums car pour moi, l’album « le dernier round » clos le cycle 1. Le second cycle, à partir de l’album 20 « le jour du Mayflower » est repris par Yves Sente et Youri Jigounov. Au-delà des albums XIII, quand on veut tirer le filon jusqu’à la corde d’un succès, on voit aussi apparaitre la publication d’une série dérivée nommée XIII Mystery. Différents auteurs interviennent pour parcourir le passé de certains protagonistes importants de la série. Considérant que la saga est terminée depuis bien longtemps, mon avis portera sur les 19 premiers tomes. On peut en effet se passer des albums récapitulatifs des différents épisodes. C’est une série culte. Je m’agenouille devant le crayonné de William Vance. Incroyable. J’adore. L’histoire est un vrai thriller captivant. L’intrigue est un peu alambiquée mais lisible et les rebondissements nombreux. Ne rechignons pas à prendre du plaisir en re lisant les aventures de XIII. C'est un petit bonbon sucré cette série jubilatoire.
La Quête de l'Oiseau du Temps
J’avais attribué la note maximale à cette série lors de ma première lecture… j’avais alors 25 ans. Je viens de la relire presque 20 ans plus tard (du haut de mes 44 ans), et la note ne change pas. Il y a certes un élément de nostalgie, mais pas que. « La Quête de l'Oiseau du Temps » a selon moi merveilleusement bien vieilli, et mérite amplement son statut de « série culte ». L’histoire est prenante au possible, et nous fait découvrir une variété incroyable de contrées magnifiques. Chaque vallée possède sa faune, sa flore, ses couleurs et ses peuples. J'ai personnellement adoré l'épisode sur les terres du Rige, vraiment passionnant. Les différents protagonistes sont très attachants car ils ont tous un caractère bien défini, bien propre. Pelisse est courageuse et semble un peu innocente, comme coupée du monde (même si j’avoue qu’elle devient un peu agaçante dans le dernier tome). Bragon est fier et tout le temps de mauvaise humeur. L'inconnu masqué est très peureux et apporte un élément d’humour. Bulrog est cruel et mystérieux... Mais ces traits de caractères ne sont pas figés, et on leurs découvre de nouvelles facettes au cours de l'histoire. Enfin mention spéciale pour la fin, qui réserve plusieurs surprises de taille... Le dessin de Loisel monte en puissance au fil des tomes, pour finir en apothéose dans un tome 4 vraiment magnifique. Une série immanquable pour les amateurs du genre, terminée en 4 tomes (pas de rallonges comme c’est souvent le cas de nos jours). Culte !
Lucky Luke
Après avoir relu dernièrement plusieurs albums de Lucky Luke, j'ai pris la résolution de refaire mon avis. Cela faisait déjà quelques temps que je pensais monter ma note et mettre la note maximale, mais j'avais des scrupules parce que si la série contient des chef d’œuvres , il y a aussi beaucoup d'albums moyens voire même carrément mauvais. La relecture récente d'une dizaine d'albums qui font partie de mes préférés m'a montré que malgré tous les mauvais albums, cette série mérite la note culte. Déjà, Lucky Luke est un des personnages les plus connus de la BD Franco-Belge, le nombre de produits dérivés de son univers le montre. Ensuite, l'arrivée de Goscinny a propulsé cette série, qui était sympathique lorsque Morris animait tout seul, vers des sommets que peu ont égalé dans la production de BD pour jeunes. Les personnages et les situations cultes sont légions dans ses albums et même ceux que je trouve moyens ont toujours une ou deux scènes d'anthologie. Il est aidé par Morris qui est en pleine forme au niveau du graphisme. Selon moi, il était le deuxième meilleur dessinateur de l'école Marcinelle des années 50-60, derrière Franquin qui est imbattable. L'humour est excellent et c'est une des BD qui me fait le plus marrer. Les Dalton et Ran Tan Plan font partie des meilleurs personnages de crétins jamais inventés. Ma période préférée est lorsque la série déménage chez Dargaud où Goscinny n'ayant plus Monsieur Dupuis sur le dos, va écrire des scénarios avec un ton plus mature comme Canyon Apache, Chasseur de primes et La guérison des Dalton. Malheureusement, suite à la mort de Goscinny, cela devient moins bon quoique contrairement à d'autres je ne jette pas tout ce qu'il s'est fait ensuite, probablement parce que j'ai aussi grandi avec ces albums. La période post-Goscinny de Dargaud est globalement bonne en dehors des albums d'histoires courtes et les adaptations en BD des films d'animations des années 70. Ces albums sont tout simplement mauvais et on voit très bien à quel point Lucky Luke était devenu une machine à fric. Ensuite, vient la période des années 90 avec Lucky Production/Comics. Si certains albums ont encore un scénario correct (le dernier album qui tient la route selon moi est O.K. Corral), le dessin de Morris va malheureusement perdre de sa superbe, notamment lorsqu'il va se mettre à faire du copier-coller. Une autre série victime de son succès. Il reste tout de même une bonne partie que j'adore. Culte malgré tout !
Nemo
Il n'est pas toujours si aisé d'adapter un classique de la littérature. C'est pourtant le pari de Brüno à l'aube des années 2000 alors qu'il n'était pas encore la superstar des Tyler Cross de Fabien Nury ou de ses nombreuses fructueuses collaborations avec Appollo. En se réappropriant le récit maritime de Jules Verne, 20 000 lieues sous les mers, Brüno prend le pari de simplifier l'histoire sur la première moitié pour mieux s'en détourner dans une seconde partie qui scandalisera les puristes mais ravira les audacieux. En effet après tout, son récit fleuve de 160 pages s'appelle Nemo comme le fameux Capitaine du Nautilus et ne conserve pas le titre d'origine ce qui aurait pu nous mettre la puce à l'oreille. Il s'agira en effet de la même aventure connue de tous mais sur une voie parallèle. Les personnages sont perçus différemment mais les rôles principaux restent identiques : on y trouve le Professeur Aronnax qui sera émerveillé par la technique et les découvertes aquatiques, Ned Land, l'homme de main épris de liberté et le sage domestique féru de culture, le bien nommé Conseil. Et évidemment Nemo représenté comme le diable ou le mal absolu dans ses premières apparitions mais surtout un redoutable tacticien ou calculateur au remarquable sang froid quelque soit le danger. Et il s'en passe des choses sur ses 4 tomes dessinés de main de maître par un auteur qui signait ici sa première grosse réussite sur près de 160 pages, un dépaysement total dans un monde bleu silencieux enchanteur mais également parfois terne comme pour mieux distinguer le monde du Nautilus de la civilisation au dessus constamment belliqueuse et agressive. Le dessin de Brüno est comme toujours toujours aussi lisible dans le découpage que dans le trait simple mais précis. Chaque menace utilise un fond rouge comme pour contraster avec le bleu vert marin, Nemo communique avec son équipage constitué de clones par des signalisations ou onomatopées. Le résultat est à la fois intriguant et séduisant. Et lorsque l'on s'éloigne du récit d'origine par quelques artifices surprenants qu'il serait bien dommage de relever ici, c'est pour mieux nous en imprimer la rétine et la mémoire par une certaine forme de mélancolie dont seul Brüno a le secret et qu'il utilise savamment. Il est à noter que les couleurs de Laurence Croix sont réussies mais que l'intégrale en noir & blanc remontée pour une édition dite à l'italienne est tout aussi savoureuse mais quelque soit la version que vous lirez, attendez vous à un petit chef d'oeuvre ni plus ni moins.
La Bombe
Au départ, je n’étais que moyennement intéressé à lire cette brique de près de 500 pages. Outre la longueur de l’ouvrage, le sujet, un des plus déprimants qui puisse exister (la guerre, le risque nucléaire et l’anéantissement possible de l’humanité), a été tellement de fois évoqué tant au cinéma, dans la littérature, les chansons que l’on peut se demander ce que cette BD peut apporter de neuf. Comme les critiques lues sur internet étaient excellentes, je me suis dit que cette BD valait sans doute la peine d’être lue. Et, en effet, c’est le cas. Bien que le scénario suive la réalité historique de très près, il contient quelques libertés qui rendent la lecture plus vivante. Première de ces libertés : le héros principal n’est pas un quelconque savant prestigieux, un chef militaire ou un politicien. Non, rien de tout cela. L’histoire est racontée par … l’uranium lui-même qui, depuis plus de 4 milliards d’années, attend son heure de gloire. Approche originale qui ne nuit en rien au bon déroulement des événements qui commencent réellement à Berlin en 1933. Je ne vais pas vous raconter ici l’histoire de la bombe mais je peux vous dire que j’ai été surpris par la quantité d’intervenants de multiples pays qui ont été à l'origine de la réalisation de la première bombe atomique. Paradoxalement, il est surprenant de voir à quel point certaines décisions ont été prises grâce à (ou à cause de) un très petit nombre de personnes, Leó Szilàrd ou Enrico Fermi par exemple, sans qui l’Histoire aurait sans doute été toute autre. Il s’en est d’ailleurs fallu de peu pour que les nazis ne possèdent la bombe avant tout le monde si leur politique folle n’avait poussé certains de leurs savants les plus prestigieux dans les bras des Américains. Ces mêmes Américains qui n’ont pas compris tout de suite l’immense chance qu’ils avaient d’accueillir de tels talents sur leur sol. En lisant cette œuvre, on apprend énormément de choses : des faits historiques majeurs bien sûr mais aussi des anecdotes intéressantes (l’origine de l’uranium par exemple, le rôle d’Einstein, l'utilisation de cobayes humains, ...). On voit aussi comment les décisions sont prises au plus haut niveau des États (essentiellement aux USA) et comment les militaires ont imposé leur façon de voir aux scientifiques. Cette BD est un chef d’œuvre tant au niveau du scénario que du dessin. A lire absolument !