LA BD d'humour de référence, selon moi. Celle où Goscinny a pu exprimer l'entièreté de son talent comique à travers ses histoires courtes concises, drôles et jamais ni répétitives ni lassantes. Un véritable enchantement treize albums durant où le génial scénariste a décliné à toutes les sauces ce thème simple du méchant grand vizir qui veut être calife à la place du calife en faisant montre d'une créativité sans faille et d'une science inégalée du calembour. Il a été bien épaulé par le non moins génial Jean Tabary qui a su illustrer à merveille la Bagdad des Mille et une Nuits avec un grand sens du détail et un art dans les trognes pas possibles de ses personnages.
À la mort de Goscinny, Tabary, grâce à son savoir de scénariste acquis sur ses travaux en solo sur ses autres séries Totoche ou Valentin le Vagabond, a su maintenir seul le haut niveau de qualité de la série en proposant des grandes aventures de 44 pages où quiproquos et situations tarabiscotées se succèdent tout azimuts.
Seuls quatre tomes font un peu tâche dans cette brillante série : les Cauchemars, adaptations dispensables en gags de courts sketchs télévisuels de l'émission Iznogoud commente l'actualité, sorte de Guignols de l'info des années 70.
En 2008 et trois ans avant sa mort, Jean Tabary a cédé le pinceau à son fils Nicolas. Les trois albums qu'il a produits épaulé de ses frères et sœurs puis de Canteloup et Vassilian sont très médiocres et ne sont clairement pas de vrais Iznogoud. Ironie du sort, c'est donc la série de Goscinny qui aura le mieux supporté le décès de ce dernier qui se sera vue infliger la reprise la plus nulle suite à la retraite de son dessinateur.
Il va donc de soi que ma note culte se cantonne aux albums de Goscinny et Tabary puis de Jean Tabary seul, soit les vingt-sept premiers tomes (desquels on peut exclure les cauchemars).
Les notes détaillées des albums :
1 - Le Grand Vizir Iznogoud *****
2 - Les Complots du Grand Vizir Iznogoud *****
3 - Les Vacances du Calife *****
4 - Iznogoud l'infâme *****
5 - Des Astres pour Iznogoud *****
6 - Iznogoud et l'ordinateur magique *****
7 - Une Carotte pour Iznogoud *****
8 - Le Jour des Fous *****
9 - Le Tapis Magique *****
10 - Iznogoud l'acharné *****
11 - La Tête de Turc d'Iznogoud *****
12 - Le Conte de Fées d'Iznogoud *****
13 - Je veux être Calife à la place du Calife ! *****
14 - Les Cauchemars d'Iznogoud - tome 1 **
15 - L'Enfance d'Iznogoud *****
16 - Iznogoud et les Femmes *****
17 - Les Cauchemars d'Iznogoud - tome 4 **
18 - Le Complice d'Iznogoud *****
19 - L'Anniversaire d'Iznogoud *****
20 - Iznogoud Enfin Calife ! *****
21 - Le Piège de la Sirène *****
22 - Les Cauchemars d'Iznogoud - tome 2 **
23 - Les Cauchemars d'Iznogoud - tome 3 **
24 - Les Retours d'Iznogoud ****
25 - Qui a tué le Calife ? *****
26 - Un Monstre Sympathique *****
27 - La Faute de l'Ancêtre *****
Le jour où le bus est reparti sans elle
Enfin une oeuvre qui dénote un peu et qui apporte un peu de réconfort dans ce monde en folie. Le jour où le bus est reparti sans elle peut constituer un jour de chance dans le cas de notre héroïne Clémentine, une jeune femme en perte de confiance et en plein questionnement sur le sens de sa vie. En effet, elle va faire une rencontre fortuite qui peut bouleverser son existence dans la façon de voir les choses. Il n'y aura point d'histoire d'amour, je vous rassure.
La plupart des petites histoires qui ponctuent le récit sont adaptées de célèbres contes zen. Elles m'ont beaucoup plu par leur humilité ainsi que la mise en pratique à travers des exemples bien précis et non dénués de sens. Cela apporte véritablement un grand bol d'air frais. Suite à cette lecture, on se sent tout de suite beaucoup mieux. L'espérance et la sagesse ne sont pas loin.
Il ne faut pas écouter ce qu'on nous dit à longueur de journée. Il ne faut pas écouter les gourous ou ceux qui sont les maîtres de conversation dans un groupe, mais il faut s'écouter nous-mêmes pour prendre les bonnes décisions dans la vie. C'est le principal enseignement de cette BD pas comme les autres. Bref, que des conseils de bon sens qui peuvent que nous aider si on les applique.
C'est une BD très agréable à lire avec un scénario bien construit et un dessin réellement magnifique. Certes, il y a une vague de bons sentiments qui font un peu écolos et bobos. Mais bon, cela ne va pas nous tuer. Au contraire, ce n'est que du bonheur et du positif pour la suite. C'est mon coup de cœur du moment car c'est une invitation à la sérénité. Cela ne se refuse pas.
Le jour où elle a pris son envol
Le jour où elle a pris son envol est la suite du jour où le bus est reparti sans elle. Il est vrai que c’est une autre aventure qui se situe deux ans après. Pour autant, on retrouve Clémentine avait un copain et un travail de responsable assez prenant. Elle n’a toujours pas trouvé le bonheur pour autant. Elle chasse le copain et le boulot pour refaire le point sur sa vie. Elle aura besoin d’aide pour trouver le chemin du bonheur.
J’aime beaucoup cette bd qui donne de bons conseils et de bonnes pistes pour réorganiser sa vie. C’est clair qu’il faut se battre pour avancer. Il y a tout d’abord la prise de risque qui nécessite parfois le fait d’avoir une bonne assise financière. Oui, il faut pouvoir se payer un tour du monde pour réfléchir sur sa destinée. Cependant, il faut comprendre l’idée pour épouser la solution.
Le jour où elle n’a pas fait Compostelle
Cette série aurait pu très bien s’arrêter après le second tome où notre héroïne Clémentine avait retrouvé le bonheur de vivre avec un cadre plus serein autour d’elle après avoir fait le ménage. Cependant, ce troisième volume nous donne toutes les leçons pour garder ce bien-être sur la durée. Tout va tourner autour des aimanteurs qui nous éloignent de notre propre chemin de vie. Ces aimanteurs peuvent être la famille, les amis, la politique, la religion, la mode, un site internet avec ses habitués etc…
Tout est fait pour nous fondre dans un moule avec son carcan de règles où le moindre écart est combattu. Bref, il ne faut pas suivre nécessairement tous les chemins balisés comme celui qui mène à Compostelle. C’est le genre de lecture assez relaxant après une dure journée de travail.
Il est vrai que le côté donneur de leçon de vie pour un développement personnel affirmé peut apparaître comme lassant à un certain type de lectorat arc-bouté sur ses convictions. Cependant, cette espèce de mise en garde contre toutes les influences quelque quel soit (mode, publicité, religion) peut apparaître comme assez salutaire en ces temps-ci. Certes, on peut être choqué par un discours de bienveillance mais moi j’adhère.
Le jour où il a suivi sa valise
Parfois, il suffit d’un fait un peu anodin dans une vie pour tout remettre en cause. Cela peut être perçu comme le signe d’une grande instabilité. Pour autant, on va suivre les aventures de Guillaume qui accompagne sa fiancée Solène à un voyage méditatif à Bali. Nous avons tous une vision paradisiaque de cette destination qui attire de plus en plus de touriste. Derrière le rêve de la carte postale, il y a une certaine réalité qui n’est pas perçue de la même façon pour chaque individu.
A noter que l’on suit un autre personnage que l’on ne connaissait pas. Exit donc Clémentine et c’est parti pour une seconde saison. Cependant, le lien est toujours là par l’intermédiaire d’un personnage jouant un tout petit rôle à savoir Jean-Eude, celui qui prône des valeurs de lâcher-prise alors qu’il est le premier ennuyé quand sa valise n’arrive pas à destination. J’adore ces gens qui se disent ne pas être matérialiste mais qui le sont fortement.
On aurait pu penser que c’est le tome de trop mais il n’en est rien. C’est toujours aussi prenant et instructif sur le sens de nos vies. J’aime beaucoup ce genre de bd. Ce quatrième tome est même un véritable coup de cœur pour moi. Les 4 étoiles restent amplement méritées. C’est une lecture qui fait véritablement du bien. Douceur et tendresse seront au rendez-vous. Certains disent que cet album devrait être remboursé par la Sécurité Sociale tant il peut être utile à beaucoup de gens. Il faut le lire pour comprendre cette idée pas aussi saugrenue.
Le jour où la nuit s'est levée
Le jour où la nuit s'est levée se penche sur l'enfance de différents personnages que nous connaissons plus ou moins lors d'une tempête hivernale qui les coince dans une librairie parisienne. Or, les traumatismes d'enfance peuvent avoir des conséquences sur ce que nous sommes des années plus tard. On se rendra compte que dans toute cette panoplies de situations diverses, on peut en tant que lecteur s'y retrouver. C'est vrai qu'on ne choisit pas sa famille.
Encore une fois, cette série tient toutes ses promesses. C'est une merveille de précision et de conseil de bien-être permettant de mettre fin à certaines souffrances pour aller beaucoup mieux. J'aime la bienveillance qui se caractérise par cette série que je catégoriserai dans le développement personnel. C'est sans doute la meilleure série sur ce créneau tant les choses dévoilées sont profondes et peuvent parler.
J'aime toujours la douceur du graphisme et ces couleurs absolument merveilleuses qui concourt à la réussite de ce titre. On reste dans la lignée des précédents mais c'est fort réussie. Attention à ne pas pleurer.
Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4.5/5
Cette aventure épique, dans la grande tradition du roman picaresque, nous narre les tribulations de don Pablos de Ségovie, mendiant magnifique mais peu recommandable, bien décidé, malgré les innombrables dangers, à se faire une place au soleil, celui d’Amérique du sud – qu’à cette époque on croyait être les Indes -, grâce à un lieu mythique et plein de promesses : l’Eldorado. Handicapé par des origines misérables, il ne reculera devant rien pour arriver à ses fins, accumulant les coups sans broncher et endossant mille personnages afin de traverser toutes les couches de la société et ainsi mieux tromper son monde…
Le dessinateur de Blacksad et le scénariste de De Cape et de Crocs ont uni leur talent pour produire une œuvre remarquable à tous points de vue. Tout comme leur héros Pablos, le lecteur embarque pour le Nouveau monde avec délectation. Certes, les rebondissements seront nombreux et les conséquences plus âpres pour le premier, dur à la douleur, qui parviendra néanmoins à retomber sur ses pieds à chaque coup du sort, en ressortant comme renforcé, comme dopé…
Alain Ayroles nous a concocté ici un scénario aux petits oignons, qui est en fait la continuation du roman picaresque « El Buscón (Vie de l’aventurier Don Pablos de Ségovie) », signé d’un certain Francisco de Quevedo, figure majeure des lettres ibériques au XVIIe siècle. A la fin du livre, qui se situait en Espagne, l’écrivain annonça une suite qui ne vit jamais le jour. Le créateur de Blacksad, Juanjo Guarnido, avait toujours été fasciné par ce classique de la littérature espagnole. Quant à Alain "DCEDC" Ayroles, il envisageait de raconter les aventures de Don Quichotte dans le Nouveau monde. C’est donc tout naturellement que les deux auteurs ont conçu ce projet haut en couleurs.
Dans un style littéraire soigné, Ayroles fait s’exprimer le narrateur principal, qui n’est autre que Pablos, en s’inspirant du langage de l’époque. L’histoire est extrêmement bien construite, respectant la linéarité du roman picaresque, avec plusieurs récits enchâssés au sein du récit central. C’est sans relâche que nous suivons les péripéties de Pablos, personnage ambigu qui suscite autant la pitié que la répulsion, même si cette fripouille pour le moins rusée a des raisons de vouloir s’extirper de sa condition sociale calamiteuse. Le twist final est juste ahurissant, mais l’auteur parvient à le rendre crédible de façon subtile, avec une ironie totalement subversive contre tous les puissants de ce monde. Du reste, le propos de cette saga au souffle épique reste tout à fait transposable à nos sociétés contemporaines, où la misère la plus noire côtoie plus que jamais la richesse la plus obscène.
Juanjo Guarnido de son côté ne fait que, preuve s’il en fallait, confirmer son talent, quand bien même les animaux ont repris ici leur rôle de figurants silencieux… De Blacksad, les humains ont conservé le sourire carnassier ou les yeux de chien battu selon les cas. Pour le reste, le dessinateur espagnol nous emmène littéralement au cinéma, tant la représentation des paysages de l’Altiplano et de l’Amazonie est époustouflante. Le passage décrivant la découverte de l’Eldorado par Don Diego et ses hommes est à couper le souffle. Confessant s’être rendu au Pérou pour parvenir à un rendu le plus réaliste possible, Guarnido n’a utilisé que des couleurs directes, à l’aquarelle, et le résultat est somptueux.
A n’en pas douter, « Les Indes fourbes » s’impose d’emblée comme une réussite et rencontrera le succès, plus que mérité. Cela apparaît presque comme une évidence quand on sait que ces deux auteurs talentueux avaient l’envie de travailler ensemble. Cette brillante épopée, qui prouve que l’alchimie entre les deux hommes a parfaitement fonctionné, figurera non seulement parmi les meilleurs albums de 2019 mais également au panthéon du neuvième art. À noter en outre que l’objet est publié en grand format et dans un superbe tirage.
Ce titre est réellement une bonne surprise. Cela part d'une très bonne idée de départ: que ferions-nous s'il nous restait plus qu'un an à vivre avant une apocalypse programmée à l'échelle mondiale ? Cependant, cela commence dans la joie et la clameur de toute une population devant un miracle alors qu'une jeune fille de 13 ans prénommée Magda semble totalement desespérée et en totale décalage. On vivra alors au fil de cette dernière année jusqu'au moment fatidique.
J'ai trouvé cet ouvrage dans le rayon jeunesse de ma médiathèque. C'est un réel classement par erreur qui m'a choqué. Je pense que le dessin un peu enfantin a présidé ce choix. Cependant, j'ai rarement vu une bd aussi dure traitant de sexe, de drogue et même de suicide. C'est une véritable descente aux enfers qui ne convient guère à la lecture de bambins de 7 ans. Oui, avant un classement de ce genre, il faut tout simplement la lire.
Au final, c'est un album assez surprenant et qui remue un peu les tripes. C'est bien de vivre sa vie à fond mais cela comporte également des risques et des dérapages...
Frédérik Peeters est un auteur original, très éclectique – et qui réussit à surprendre dans à peu près tous les genres auxquels il touche. Pour ce qui est de la Science-Fiction (puisque c’est le cas avec cette série), il avait déjà à son actif le très beau Lupus, assez planant. Avec « aâma », on est dans une veine SF peut-être plus classique, mais là aussi c’est vraiment très bon – et très beau !
Avec quelques détours vers la chronique sentimentale (pas gnangnan, et qui vers la fin en plus se rattache à l’intrigue quasi thriller qui va envahir le côté purement SF), Peeters bâtit ici une histoire à la fois dense et aérée, voire aérienne. On est accroché petit à petit, puis vissé à cette intrigue (qui va nous questionner sur la relation entre homme et robot, sur la naissance de la vie, etc.), mais aussi et surtout à son traitement.
En effet, j’ai trouvé superbe le travail graphique de Peeters, que ce soit le dessin ou la colorisation. On y retrouve des tons (dégradés de violets par exemple) déjà dominants dans Pachyderme, mais aussi très présents dans son dernier album, Saccage.
Ces couleurs habillent un dessin parfois psychédélique, avec quelques planches qui m’ont fait penser à certains tableaux de Salvador Dali, voire aux paysages minéraux d’Yves Tanguy, dans une veine très surréaliste donc.
Un dessin souvent épuré, mais qui fait la part belle à l’imagination, créant un bestiaire proche de celui imaginé par Léo dans ces séries SF, mais en plus poétique. Un monde beau et dangereux, une planète mêlant rêves et cauchemars.
Les 4 albums, pourtant relativement épais (près de 90 pages chacun !) se laissent lire rapidement, et très agréablement. C’est une série pleine de poésie, d’une richesse graphique et scénaristique telle qu’il serait vraiment dommage de passer à côté.
Cet album est tombé dans mes mains sans que je réussisse à le lâcher avant de l’avoir terminé. Cela faisait longtemps qu’un western ne m’avait pas autant emballé !
Sur le papier, nous sommes pile poil dans ce que le genre a à proposer de plus classique : de vils salopards tuent des innocents avant d’être pris en chasse par un héros bad ass qui tire plus vite que son ombre.
Fort heureusement, derrière ce pitch déjà vu et revu, se cache un récit véritablement puissant et centré sur le personnage qui va donner son titre et son sel à l’album : le Marshall Sykes. Les outlaws sont d’ailleurs mis au second plan et n’apparaissent que brièvement, ce qui ne rend pas l’histoire moins intéressante, bien au contraire. Charisme fou, vêtements sombres et gueule taillée à la serpe, l’homme de loi chasse le mécréant à travers les grandes plaines américaines en quête de rédemption et d’oubli. Pierre Dubois nous en dit juste assez pour le rendre passionnant, tout en gardant la part de mystère nécessaire à notre imaginaire. Sykes est en plus flanqué de personnages hauts en couleurs et attachants, en particulier le brave O’Malley, gros dur au cœur d’or. Quant au final, il a le mérite de clore ce one shot de manière nette et efficace. Certains vous diront sans doute que c’était cousu de fil blanc. À titre personnel, je me demandais comment ça allait finir, craignant d’être déçu… mais j’ai été conquis !
Ce grand western est d’autant plus réussi qu’il est magnifiquement illustré par un Dimitri Armand que je découvre ici avec admiration. Quel coup de crayon ! La sensation de regarder un film est constante, grâce à un découpage et des gros plans savamment dosés. Grands espaces, bagarres, gun fights, saloon, veille maison abandonnée, souvenirs douloureux… Dimitri Armand sait tout faire pour le plaisir de nos yeux.
Très gros coup de cœur !
L’auteur Timothé Le Boucher est très impressionnant et ce malgré son jeune âge. L’année dernière, Ces jours qui disparaissent avait été pour moi une révélation dans le monde de la bande dessinée. Je considère qu’il réitère nettement son exploit avec « Le Patient ». Il est certainement l’auteur le plus doué de la nouvelle génération. J’ai littéralement sillonné ces pages avec bonheur et contemplation. La légende est en train de s’écrire. Oui, il se passe enfin quelque chose.
L’histoire gagne petit à petit en complexité avec des personnages qui prennent de la profondeur. Il est vrai qu’il y a des fausses pistes mais savamment orchestrées. On dénouera le fil et on déchiffrera les indices avec intelligence. Certes, on se doutait bien du jeu de manipulation. La fin aurait pu être différente et faire dans l’outrance avec un retournement de situation magistral. Cependant, l’auteur évite soigneusement cet écueil non original. Il fait dans le psychologique et cela fonctionne à merveille. On ira jusqu’aux dernières limites de la moralité de l’être humain. On remarquera également une ambiance à la Hitchcock ce que souligne également la magnifique couverture.
En effet, les sentiments y sont justes et sans excès. Ils sont d’ailleurs sublimés par la pureté du trait. De nombreuses pages certes mais qui nous permettent d’apprivoiser les personnages pour en devenir plus proches. Graphiquement, c’est parfait pour une lecture agréable. Cette somptuosité du trait conduit au bonheur. Je suis à la fois convaincu et conquis avec cependant une réserve quant au basculement du récit qui aurait pu être plus subtile.
Courrez acheter ce thriller et vous ne le regretterez pas. Un immense coup de cœur. Il ne reste plus à faire qu’une adaptation au cinéma.
Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 5/5 - Note Globale: 4.75/5
Zaroff sera incontestablement une bd figurant dans le prix des lecteurs de l'année 2019 à n'en point douter. Elle recèle toutes les qualités pour cela.
Je connaissais vaguement ce récit mettant en scène une chasse à l'homme mais j'ignorais jusqu'au nom du compte Zaroff ayant fui la révolution bolchevique. La grande originalité de ce récit est de nous raconter une nouvelle aventure après l'officielle et qui met en valeur ce méchant personnage passionné par la chasse. On va avoir droit à un duel entre psychopathes sans savoir qui est le gibier ou le chasseur. C'est un vrai survival dans le genre.
Le graphisme est véritablement à couper le souffle. J'avoue avoir apprécié les décors de ces îles tropicales au large du Brésil puis du Vénézuela. La jungle est vraiment belle et luxuriante. Je suis véritablement un adepte du style réaliste. Rien à redire par conséquent.
J'ai juste un problème entre deux dates qui me semblent trop rapproché pour être vraiment crédible. En juin 1932 se passe la première partie de l'action qui se solde par un échec pour le comte. Cependant, ce dernier parvient à s'échapper et à reconstruire tout sur une autre île en novembre 1932 de la même année. On nous fait croire qu'il connait tout les recoins de cette nouvelle île alors qu'il n'y a jamais eu de partie de chasse. Dommage pour cette erreur de datation qui aurait pû être évité en laissant tout simplement plus de marge ce qui n'aurait rien changé sur le fond.
Pour autant, j'ai passé un agréable moment de lecture et c'est tout ce qui compte. Et même si c'est un peu cruel et intense.
J'ai lu ce manga pour la première fois dans les années 2000, quand j'avais 14 ans. Une jeune adolescente donc, sortant à peine de l'âge des dessins animés tels que Sakura Chasseuse de Cartes. Je ne connaissais absolument rien du paysage politique Japonais des années 90. Je n'étais donc pas exactement le public visé par Sanctuary.
Et pourtant... de mon point de vue, j'avais l'âge idéal pour découvrir cette oeuvre. Elle m'a bouleversée, moi petite ado vivant dans sa bulle de privilégiée, et m'a fait prendre conscience pour la toute première fois de l'importance de mon futur vote en tant que citoyen. Elle m'a fait comprendre que la politique, c'est pas juste des gens barbants à la télé qui parlent de choses compliquées. Elle m'a fait réaliser que la vie peut être violente et injuste, et qu'il faut se battre, et que la complaisance dans son confort est un dangereux somnifère. Je suis devenue l'adulte que je suis aujourd'hui en partie grâce à ce manga. Et je le conseille 1000x à n'importe quel adolescent sans repère.
Vous voulez booster le taux de participation aux élections? Distribuez ce manga. Je suis sérieuse.
Le charisme incroyable des deux personnages principaux et de leurs plus fidèles alliés pète l'écran (ou plutôt les pages?) et on est happé et impliqué dans leur quête impossible dès le premier tome. On est choqué de leur détermination. On pleure les sacrifices de certains. On enrage de l'injustice du système. Et tout ça forge un foutu caractère de battant et l'envie de changer le monde. En tout cas, c'est l'effet que ça a eu sur moi (les blasés ne seront pas du même avis). Les dessins très beaux et soignés soulignent encore plus l'intensité de l'histoire.
Après, l'oeuvre n'est pas sans défaut, et je dirais que le principal est l'inutilité des personnages féminins (sauf une, mais elle n'apparait que dans des flash-backs, parce qu'elle est morte avant le début de l'histoire...). Alors qu'il y avait pourtant de quoi faire. Elles ont beau être fortes et indépendantes, et occuper des positions prestigieuses, dès le moment où elles sont domptées par leur "love interest", c'est foutu, elles deviennent de braves petites femmes sans défense et sans aucun intérêt scénaristique. C'est récurrent dans les oeuvres de Buronson, et c'est très dommage, car ça veut dire que Sanctuary n'a que très peu de chance de trouver du public aujourd'hui. Car peu importe la qualité de son histoire, les gardiens de la bienséance moderne ne verront que le côté machiste et crucifieront sans état d'âme cette oeuvre pourtant tellement plus riche que ça.
J'espère vraiment qu'elle ne sombrera pas dans l'oubli. Si j'ai des enfants un jour, c'est sûr et certain que je leur ferai lire ce manga.
Raphaël Meyssan s’attaque ici à un beau sujet – injustement occulté par l’histoire officielle, quand il n’est pas travesti – à savoir la Commune de Paris. Il le fait de façon originale et très ambitieuse. En effet, il se lance dans ce premier tome à la poursuite d’un leader communard, qui aurait vécu dans son quartier.
Mais ce qui fait toute l’originalité de son travail, c’est qu’il ne dessine pas, il ne fait qu’utiliser des documents d’époque : journaux, livres, documents officiels (rapports de police par exemple). Au milieu des gravures d’époques, se glissent des encadrés (commentaires off) et des bulles pour faire dialoguer ces personnages de papier.
Le travail préparatoire, de recherche, a dû être énorme, ce que le dossier final confirme. Chaque illustration utilisée – gravure essentiellement – y est référencée.
Si le rendu peut paraître aride, moi qui aime bien la gravure – y compris dans les collages surréalistes (de Max Ernst ou d’autres), ça me convient très bien.
Reste le déroulé de l’intrigue qui, comme pour le titre de la collection dans laquelle il est publié chez Delcourt, mêle Histoire et histoires. Ce premier tome s’étend du début de l’année 1870 à la prise de pouvoir dans Paris de la Commune (après l’échec du gouvernement versaillais de s’emparer des canons parisiens).
On sent bien l’empathie de l’auteur pour les idées communardes, et plus encore pour ceux qui les ont incarnées, jusqu’au bout de la souffrance. En cela le personnage de Victorine, parisienne mêlée aux événements, à la tragédie surtout, est une sorte de relais pour l’auteur, rendant plus vivant ce récit, lui donnant chair et palpitations.
Et l’enquête menée par le narrateur pour retracer la trajectoire de ce communard presque voisin – à un siècle et demi d’intervalle, la vie de Victorine, tout cela est très bien lié aux événements parisiens, Raphaël Meyssan éclairant bien les tenants et aboutissants des décisions des Républicains, mais aussi des Bonapartistes, des monarchistes, et de Thiers et sa clique, prêts à tout pour éviter une révolution populaire, pourtant portée par les idéaux d’une République qu’il était censé diriger (il est vrai élu après une parodie d’élection, entouré d’élus absolument pas représentatifs de la population).
Le tome suivant (et dernier je pense ?) verra l’affrontement entre Communards et Versaillais, et je l’attends en tout cas avec impatience.
**************************
Maj après lecture du deuxième tome.
C'est toujours aussi réussi ! Je suis bluffé par la somme de travail qu'a nécessité cette série, puisque l'auteur n'use que de gravures d'époque pour illustrer ses albums (et en plus cela rend très bien pour "l'intrigue", qui n'est pas corsetée, mais aussi du simple point de vue esthétique, c'est superbe !).
On sent encore toute l'empathie de l'auteur pour la cause des Communards, ce qu'il montre au travers de Victorine, une femme que nous suivons dans les méandres de cette histoire à la fois belle et triste, mais aussi au travers des acteurs majeurs, que l'auteur fait parler avec des archives d'époque. Et le tout est toujours aussi fluide.
Son empathie pour la cause communarde est aussi visible avec les quelques clins d'œil à la période actuelle, certaines citations faisant allusion à Sarkozy, hollande, voire Macron, tenants actuels de l'ordre.
Ce deuxième tome montre la Commune se mettant en place, mettant en avant ses idéaux, au risque de passer pour idéaliste, voire naïve et inconsciente - ce dont va très bien se servir Adolphe Thiers (il est quand même des prénoms qui ne laissent que des trainées de sang dans l'histoire !).
C'est aussi le début de la fin pour la Commune, les combats désespérés pour contrer la supériorité versaillaise laissant augurer la curée de la Semaine sanglante (qui sera traitée dans le troisième et dernier tome, à venir - et très attendu !!!).
L'autre attrait de cet album est de traiter des Communes de Province, en particulier celle de Marseille (qui hélas ont subi le même sort que celle de Paris), ce qui est rarement le cas.
Voilà donc une série en tous points remarquable, et qui semble très injustement méconnue. Je vous encourage donc à réparer cette erreur en la lisant, le travail de Raphaël Meyssan méritant un coup d'œil, un coup de chapeau (et, en ce qui me concerne, un coup de cœur !).
Au passage, je lui attribue la dernière étoile manquante.
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Iznogoud
LA BD d'humour de référence, selon moi. Celle où Goscinny a pu exprimer l'entièreté de son talent comique à travers ses histoires courtes concises, drôles et jamais ni répétitives ni lassantes. Un véritable enchantement treize albums durant où le génial scénariste a décliné à toutes les sauces ce thème simple du méchant grand vizir qui veut être calife à la place du calife en faisant montre d'une créativité sans faille et d'une science inégalée du calembour. Il a été bien épaulé par le non moins génial Jean Tabary qui a su illustrer à merveille la Bagdad des Mille et une Nuits avec un grand sens du détail et un art dans les trognes pas possibles de ses personnages. À la mort de Goscinny, Tabary, grâce à son savoir de scénariste acquis sur ses travaux en solo sur ses autres séries Totoche ou Valentin le Vagabond, a su maintenir seul le haut niveau de qualité de la série en proposant des grandes aventures de 44 pages où quiproquos et situations tarabiscotées se succèdent tout azimuts. Seuls quatre tomes font un peu tâche dans cette brillante série : les Cauchemars, adaptations dispensables en gags de courts sketchs télévisuels de l'émission Iznogoud commente l'actualité, sorte de Guignols de l'info des années 70. En 2008 et trois ans avant sa mort, Jean Tabary a cédé le pinceau à son fils Nicolas. Les trois albums qu'il a produits épaulé de ses frères et sœurs puis de Canteloup et Vassilian sont très médiocres et ne sont clairement pas de vrais Iznogoud. Ironie du sort, c'est donc la série de Goscinny qui aura le mieux supporté le décès de ce dernier qui se sera vue infliger la reprise la plus nulle suite à la retraite de son dessinateur. Il va donc de soi que ma note culte se cantonne aux albums de Goscinny et Tabary puis de Jean Tabary seul, soit les vingt-sept premiers tomes (desquels on peut exclure les cauchemars). Les notes détaillées des albums : 1 - Le Grand Vizir Iznogoud ***** 2 - Les Complots du Grand Vizir Iznogoud ***** 3 - Les Vacances du Calife ***** 4 - Iznogoud l'infâme ***** 5 - Des Astres pour Iznogoud ***** 6 - Iznogoud et l'ordinateur magique ***** 7 - Une Carotte pour Iznogoud ***** 8 - Le Jour des Fous ***** 9 - Le Tapis Magique ***** 10 - Iznogoud l'acharné ***** 11 - La Tête de Turc d'Iznogoud ***** 12 - Le Conte de Fées d'Iznogoud ***** 13 - Je veux être Calife à la place du Calife ! ***** 14 - Les Cauchemars d'Iznogoud - tome 1 ** 15 - L'Enfance d'Iznogoud ***** 16 - Iznogoud et les Femmes ***** 17 - Les Cauchemars d'Iznogoud - tome 4 ** 18 - Le Complice d'Iznogoud ***** 19 - L'Anniversaire d'Iznogoud ***** 20 - Iznogoud Enfin Calife ! ***** 21 - Le Piège de la Sirène ***** 22 - Les Cauchemars d'Iznogoud - tome 2 ** 23 - Les Cauchemars d'Iznogoud - tome 3 ** 24 - Les Retours d'Iznogoud **** 25 - Qui a tué le Calife ? ***** 26 - Un Monstre Sympathique ***** 27 - La Faute de l'Ancêtre *****
Le Jour où...
Le jour où le bus est reparti sans elle Enfin une oeuvre qui dénote un peu et qui apporte un peu de réconfort dans ce monde en folie. Le jour où le bus est reparti sans elle peut constituer un jour de chance dans le cas de notre héroïne Clémentine, une jeune femme en perte de confiance et en plein questionnement sur le sens de sa vie. En effet, elle va faire une rencontre fortuite qui peut bouleverser son existence dans la façon de voir les choses. Il n'y aura point d'histoire d'amour, je vous rassure. La plupart des petites histoires qui ponctuent le récit sont adaptées de célèbres contes zen. Elles m'ont beaucoup plu par leur humilité ainsi que la mise en pratique à travers des exemples bien précis et non dénués de sens. Cela apporte véritablement un grand bol d'air frais. Suite à cette lecture, on se sent tout de suite beaucoup mieux. L'espérance et la sagesse ne sont pas loin. Il ne faut pas écouter ce qu'on nous dit à longueur de journée. Il ne faut pas écouter les gourous ou ceux qui sont les maîtres de conversation dans un groupe, mais il faut s'écouter nous-mêmes pour prendre les bonnes décisions dans la vie. C'est le principal enseignement de cette BD pas comme les autres. Bref, que des conseils de bon sens qui peuvent que nous aider si on les applique. C'est une BD très agréable à lire avec un scénario bien construit et un dessin réellement magnifique. Certes, il y a une vague de bons sentiments qui font un peu écolos et bobos. Mais bon, cela ne va pas nous tuer. Au contraire, ce n'est que du bonheur et du positif pour la suite. C'est mon coup de cœur du moment car c'est une invitation à la sérénité. Cela ne se refuse pas. Le jour où elle a pris son envol Le jour où elle a pris son envol est la suite du jour où le bus est reparti sans elle. Il est vrai que c’est une autre aventure qui se situe deux ans après. Pour autant, on retrouve Clémentine avait un copain et un travail de responsable assez prenant. Elle n’a toujours pas trouvé le bonheur pour autant. Elle chasse le copain et le boulot pour refaire le point sur sa vie. Elle aura besoin d’aide pour trouver le chemin du bonheur. J’aime beaucoup cette bd qui donne de bons conseils et de bonnes pistes pour réorganiser sa vie. C’est clair qu’il faut se battre pour avancer. Il y a tout d’abord la prise de risque qui nécessite parfois le fait d’avoir une bonne assise financière. Oui, il faut pouvoir se payer un tour du monde pour réfléchir sur sa destinée. Cependant, il faut comprendre l’idée pour épouser la solution. Le jour où elle n’a pas fait Compostelle Cette série aurait pu très bien s’arrêter après le second tome où notre héroïne Clémentine avait retrouvé le bonheur de vivre avec un cadre plus serein autour d’elle après avoir fait le ménage. Cependant, ce troisième volume nous donne toutes les leçons pour garder ce bien-être sur la durée. Tout va tourner autour des aimanteurs qui nous éloignent de notre propre chemin de vie. Ces aimanteurs peuvent être la famille, les amis, la politique, la religion, la mode, un site internet avec ses habitués etc… Tout est fait pour nous fondre dans un moule avec son carcan de règles où le moindre écart est combattu. Bref, il ne faut pas suivre nécessairement tous les chemins balisés comme celui qui mène à Compostelle. C’est le genre de lecture assez relaxant après une dure journée de travail. Il est vrai que le côté donneur de leçon de vie pour un développement personnel affirmé peut apparaître comme lassant à un certain type de lectorat arc-bouté sur ses convictions. Cependant, cette espèce de mise en garde contre toutes les influences quelque quel soit (mode, publicité, religion) peut apparaître comme assez salutaire en ces temps-ci. Certes, on peut être choqué par un discours de bienveillance mais moi j’adhère. Le jour où il a suivi sa valise Parfois, il suffit d’un fait un peu anodin dans une vie pour tout remettre en cause. Cela peut être perçu comme le signe d’une grande instabilité. Pour autant, on va suivre les aventures de Guillaume qui accompagne sa fiancée Solène à un voyage méditatif à Bali. Nous avons tous une vision paradisiaque de cette destination qui attire de plus en plus de touriste. Derrière le rêve de la carte postale, il y a une certaine réalité qui n’est pas perçue de la même façon pour chaque individu. A noter que l’on suit un autre personnage que l’on ne connaissait pas. Exit donc Clémentine et c’est parti pour une seconde saison. Cependant, le lien est toujours là par l’intermédiaire d’un personnage jouant un tout petit rôle à savoir Jean-Eude, celui qui prône des valeurs de lâcher-prise alors qu’il est le premier ennuyé quand sa valise n’arrive pas à destination. J’adore ces gens qui se disent ne pas être matérialiste mais qui le sont fortement. On aurait pu penser que c’est le tome de trop mais il n’en est rien. C’est toujours aussi prenant et instructif sur le sens de nos vies. J’aime beaucoup ce genre de bd. Ce quatrième tome est même un véritable coup de cœur pour moi. Les 4 étoiles restent amplement méritées. C’est une lecture qui fait véritablement du bien. Douceur et tendresse seront au rendez-vous. Certains disent que cet album devrait être remboursé par la Sécurité Sociale tant il peut être utile à beaucoup de gens. Il faut le lire pour comprendre cette idée pas aussi saugrenue. Le jour où la nuit s'est levée Le jour où la nuit s'est levée se penche sur l'enfance de différents personnages que nous connaissons plus ou moins lors d'une tempête hivernale qui les coince dans une librairie parisienne. Or, les traumatismes d'enfance peuvent avoir des conséquences sur ce que nous sommes des années plus tard. On se rendra compte que dans toute cette panoplies de situations diverses, on peut en tant que lecteur s'y retrouver. C'est vrai qu'on ne choisit pas sa famille. Encore une fois, cette série tient toutes ses promesses. C'est une merveille de précision et de conseil de bien-être permettant de mettre fin à certaines souffrances pour aller beaucoup mieux. J'aime la bienveillance qui se caractérise par cette série que je catégoriserai dans le développement personnel. C'est sans doute la meilleure série sur ce créneau tant les choses dévoilées sont profondes et peuvent parler. J'aime toujours la douceur du graphisme et ces couleurs absolument merveilleuses qui concourt à la réussite de ce titre. On reste dans la lignée des précédents mais c'est fort réussie. Attention à ne pas pleurer. Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4.5/5
Les Indes fourbes
Cette aventure épique, dans la grande tradition du roman picaresque, nous narre les tribulations de don Pablos de Ségovie, mendiant magnifique mais peu recommandable, bien décidé, malgré les innombrables dangers, à se faire une place au soleil, celui d’Amérique du sud – qu’à cette époque on croyait être les Indes -, grâce à un lieu mythique et plein de promesses : l’Eldorado. Handicapé par des origines misérables, il ne reculera devant rien pour arriver à ses fins, accumulant les coups sans broncher et endossant mille personnages afin de traverser toutes les couches de la société et ainsi mieux tromper son monde… Le dessinateur de Blacksad et le scénariste de De Cape et de Crocs ont uni leur talent pour produire une œuvre remarquable à tous points de vue. Tout comme leur héros Pablos, le lecteur embarque pour le Nouveau monde avec délectation. Certes, les rebondissements seront nombreux et les conséquences plus âpres pour le premier, dur à la douleur, qui parviendra néanmoins à retomber sur ses pieds à chaque coup du sort, en ressortant comme renforcé, comme dopé… Alain Ayroles nous a concocté ici un scénario aux petits oignons, qui est en fait la continuation du roman picaresque « El Buscón (Vie de l’aventurier Don Pablos de Ségovie) », signé d’un certain Francisco de Quevedo, figure majeure des lettres ibériques au XVIIe siècle. A la fin du livre, qui se situait en Espagne, l’écrivain annonça une suite qui ne vit jamais le jour. Le créateur de Blacksad, Juanjo Guarnido, avait toujours été fasciné par ce classique de la littérature espagnole. Quant à Alain "DCEDC" Ayroles, il envisageait de raconter les aventures de Don Quichotte dans le Nouveau monde. C’est donc tout naturellement que les deux auteurs ont conçu ce projet haut en couleurs. Dans un style littéraire soigné, Ayroles fait s’exprimer le narrateur principal, qui n’est autre que Pablos, en s’inspirant du langage de l’époque. L’histoire est extrêmement bien construite, respectant la linéarité du roman picaresque, avec plusieurs récits enchâssés au sein du récit central. C’est sans relâche que nous suivons les péripéties de Pablos, personnage ambigu qui suscite autant la pitié que la répulsion, même si cette fripouille pour le moins rusée a des raisons de vouloir s’extirper de sa condition sociale calamiteuse. Le twist final est juste ahurissant, mais l’auteur parvient à le rendre crédible de façon subtile, avec une ironie totalement subversive contre tous les puissants de ce monde. Du reste, le propos de cette saga au souffle épique reste tout à fait transposable à nos sociétés contemporaines, où la misère la plus noire côtoie plus que jamais la richesse la plus obscène. Juanjo Guarnido de son côté ne fait que, preuve s’il en fallait, confirmer son talent, quand bien même les animaux ont repris ici leur rôle de figurants silencieux… De Blacksad, les humains ont conservé le sourire carnassier ou les yeux de chien battu selon les cas. Pour le reste, le dessinateur espagnol nous emmène littéralement au cinéma, tant la représentation des paysages de l’Altiplano et de l’Amazonie est époustouflante. Le passage décrivant la découverte de l’Eldorado par Don Diego et ses hommes est à couper le souffle. Confessant s’être rendu au Pérou pour parvenir à un rendu le plus réaliste possible, Guarnido n’a utilisé que des couleurs directes, à l’aquarelle, et le résultat est somptueux. A n’en pas douter, « Les Indes fourbes » s’impose d’emblée comme une réussite et rencontrera le succès, plus que mérité. Cela apparaît presque comme une évidence quand on sait que ces deux auteurs talentueux avaient l’envie de travailler ensemble. Cette brillante épopée, qui prouve que l’alchimie entre les deux hommes a parfaitement fonctionné, figurera non seulement parmi les meilleurs albums de 2019 mais également au panthéon du neuvième art. À noter en outre que l’objet est publié en grand format et dans un superbe tirage.
L'Apocalypse selon Magda
Ce titre est réellement une bonne surprise. Cela part d'une très bonne idée de départ: que ferions-nous s'il nous restait plus qu'un an à vivre avant une apocalypse programmée à l'échelle mondiale ? Cependant, cela commence dans la joie et la clameur de toute une population devant un miracle alors qu'une jeune fille de 13 ans prénommée Magda semble totalement desespérée et en totale décalage. On vivra alors au fil de cette dernière année jusqu'au moment fatidique. J'ai trouvé cet ouvrage dans le rayon jeunesse de ma médiathèque. C'est un réel classement par erreur qui m'a choqué. Je pense que le dessin un peu enfantin a présidé ce choix. Cependant, j'ai rarement vu une bd aussi dure traitant de sexe, de drogue et même de suicide. C'est une véritable descente aux enfers qui ne convient guère à la lecture de bambins de 7 ans. Oui, avant un classement de ce genre, il faut tout simplement la lire. Au final, c'est un album assez surprenant et qui remue un peu les tripes. C'est bien de vivre sa vie à fond mais cela comporte également des risques et des dérapages...
Aâma
Frédérik Peeters est un auteur original, très éclectique – et qui réussit à surprendre dans à peu près tous les genres auxquels il touche. Pour ce qui est de la Science-Fiction (puisque c’est le cas avec cette série), il avait déjà à son actif le très beau Lupus, assez planant. Avec « aâma », on est dans une veine SF peut-être plus classique, mais là aussi c’est vraiment très bon – et très beau ! Avec quelques détours vers la chronique sentimentale (pas gnangnan, et qui vers la fin en plus se rattache à l’intrigue quasi thriller qui va envahir le côté purement SF), Peeters bâtit ici une histoire à la fois dense et aérée, voire aérienne. On est accroché petit à petit, puis vissé à cette intrigue (qui va nous questionner sur la relation entre homme et robot, sur la naissance de la vie, etc.), mais aussi et surtout à son traitement. En effet, j’ai trouvé superbe le travail graphique de Peeters, que ce soit le dessin ou la colorisation. On y retrouve des tons (dégradés de violets par exemple) déjà dominants dans Pachyderme, mais aussi très présents dans son dernier album, Saccage. Ces couleurs habillent un dessin parfois psychédélique, avec quelques planches qui m’ont fait penser à certains tableaux de Salvador Dali, voire aux paysages minéraux d’Yves Tanguy, dans une veine très surréaliste donc. Un dessin souvent épuré, mais qui fait la part belle à l’imagination, créant un bestiaire proche de celui imaginé par Léo dans ces séries SF, mais en plus poétique. Un monde beau et dangereux, une planète mêlant rêves et cauchemars. Les 4 albums, pourtant relativement épais (près de 90 pages chacun !) se laissent lire rapidement, et très agréablement. C’est une série pleine de poésie, d’une richesse graphique et scénaristique telle qu’il serait vraiment dommage de passer à côté.
Sykes
Cet album est tombé dans mes mains sans que je réussisse à le lâcher avant de l’avoir terminé. Cela faisait longtemps qu’un western ne m’avait pas autant emballé ! Sur le papier, nous sommes pile poil dans ce que le genre a à proposer de plus classique : de vils salopards tuent des innocents avant d’être pris en chasse par un héros bad ass qui tire plus vite que son ombre. Fort heureusement, derrière ce pitch déjà vu et revu, se cache un récit véritablement puissant et centré sur le personnage qui va donner son titre et son sel à l’album : le Marshall Sykes. Les outlaws sont d’ailleurs mis au second plan et n’apparaissent que brièvement, ce qui ne rend pas l’histoire moins intéressante, bien au contraire. Charisme fou, vêtements sombres et gueule taillée à la serpe, l’homme de loi chasse le mécréant à travers les grandes plaines américaines en quête de rédemption et d’oubli. Pierre Dubois nous en dit juste assez pour le rendre passionnant, tout en gardant la part de mystère nécessaire à notre imaginaire. Sykes est en plus flanqué de personnages hauts en couleurs et attachants, en particulier le brave O’Malley, gros dur au cœur d’or. Quant au final, il a le mérite de clore ce one shot de manière nette et efficace. Certains vous diront sans doute que c’était cousu de fil blanc. À titre personnel, je me demandais comment ça allait finir, craignant d’être déçu… mais j’ai été conquis ! Ce grand western est d’autant plus réussi qu’il est magnifiquement illustré par un Dimitri Armand que je découvre ici avec admiration. Quel coup de crayon ! La sensation de regarder un film est constante, grâce à un découpage et des gros plans savamment dosés. Grands espaces, bagarres, gun fights, saloon, veille maison abandonnée, souvenirs douloureux… Dimitri Armand sait tout faire pour le plaisir de nos yeux. Très gros coup de cœur !
Le Patient
L’auteur Timothé Le Boucher est très impressionnant et ce malgré son jeune âge. L’année dernière, Ces jours qui disparaissent avait été pour moi une révélation dans le monde de la bande dessinée. Je considère qu’il réitère nettement son exploit avec « Le Patient ». Il est certainement l’auteur le plus doué de la nouvelle génération. J’ai littéralement sillonné ces pages avec bonheur et contemplation. La légende est en train de s’écrire. Oui, il se passe enfin quelque chose. L’histoire gagne petit à petit en complexité avec des personnages qui prennent de la profondeur. Il est vrai qu’il y a des fausses pistes mais savamment orchestrées. On dénouera le fil et on déchiffrera les indices avec intelligence. Certes, on se doutait bien du jeu de manipulation. La fin aurait pu être différente et faire dans l’outrance avec un retournement de situation magistral. Cependant, l’auteur évite soigneusement cet écueil non original. Il fait dans le psychologique et cela fonctionne à merveille. On ira jusqu’aux dernières limites de la moralité de l’être humain. On remarquera également une ambiance à la Hitchcock ce que souligne également la magnifique couverture. En effet, les sentiments y sont justes et sans excès. Ils sont d’ailleurs sublimés par la pureté du trait. De nombreuses pages certes mais qui nous permettent d’apprivoiser les personnages pour en devenir plus proches. Graphiquement, c’est parfait pour une lecture agréable. Cette somptuosité du trait conduit au bonheur. Je suis à la fois convaincu et conquis avec cependant une réserve quant au basculement du récit qui aurait pu être plus subtile. Courrez acheter ce thriller et vous ne le regretterez pas. Un immense coup de cœur. Il ne reste plus à faire qu’une adaptation au cinéma. Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 5/5 - Note Globale: 4.75/5
Zaroff
Zaroff sera incontestablement une bd figurant dans le prix des lecteurs de l'année 2019 à n'en point douter. Elle recèle toutes les qualités pour cela. Je connaissais vaguement ce récit mettant en scène une chasse à l'homme mais j'ignorais jusqu'au nom du compte Zaroff ayant fui la révolution bolchevique. La grande originalité de ce récit est de nous raconter une nouvelle aventure après l'officielle et qui met en valeur ce méchant personnage passionné par la chasse. On va avoir droit à un duel entre psychopathes sans savoir qui est le gibier ou le chasseur. C'est un vrai survival dans le genre. Le graphisme est véritablement à couper le souffle. J'avoue avoir apprécié les décors de ces îles tropicales au large du Brésil puis du Vénézuela. La jungle est vraiment belle et luxuriante. Je suis véritablement un adepte du style réaliste. Rien à redire par conséquent. J'ai juste un problème entre deux dates qui me semblent trop rapproché pour être vraiment crédible. En juin 1932 se passe la première partie de l'action qui se solde par un échec pour le comte. Cependant, ce dernier parvient à s'échapper et à reconstruire tout sur une autre île en novembre 1932 de la même année. On nous fait croire qu'il connait tout les recoins de cette nouvelle île alors qu'il n'y a jamais eu de partie de chasse. Dommage pour cette erreur de datation qui aurait pû être évité en laissant tout simplement plus de marge ce qui n'aurait rien changé sur le fond. Pour autant, j'ai passé un agréable moment de lecture et c'est tout ce qui compte. Et même si c'est un peu cruel et intense.
Sanctuary
J'ai lu ce manga pour la première fois dans les années 2000, quand j'avais 14 ans. Une jeune adolescente donc, sortant à peine de l'âge des dessins animés tels que Sakura Chasseuse de Cartes. Je ne connaissais absolument rien du paysage politique Japonais des années 90. Je n'étais donc pas exactement le public visé par Sanctuary. Et pourtant... de mon point de vue, j'avais l'âge idéal pour découvrir cette oeuvre. Elle m'a bouleversée, moi petite ado vivant dans sa bulle de privilégiée, et m'a fait prendre conscience pour la toute première fois de l'importance de mon futur vote en tant que citoyen. Elle m'a fait comprendre que la politique, c'est pas juste des gens barbants à la télé qui parlent de choses compliquées. Elle m'a fait réaliser que la vie peut être violente et injuste, et qu'il faut se battre, et que la complaisance dans son confort est un dangereux somnifère. Je suis devenue l'adulte que je suis aujourd'hui en partie grâce à ce manga. Et je le conseille 1000x à n'importe quel adolescent sans repère. Vous voulez booster le taux de participation aux élections? Distribuez ce manga. Je suis sérieuse. Le charisme incroyable des deux personnages principaux et de leurs plus fidèles alliés pète l'écran (ou plutôt les pages?) et on est happé et impliqué dans leur quête impossible dès le premier tome. On est choqué de leur détermination. On pleure les sacrifices de certains. On enrage de l'injustice du système. Et tout ça forge un foutu caractère de battant et l'envie de changer le monde. En tout cas, c'est l'effet que ça a eu sur moi (les blasés ne seront pas du même avis). Les dessins très beaux et soignés soulignent encore plus l'intensité de l'histoire. Après, l'oeuvre n'est pas sans défaut, et je dirais que le principal est l'inutilité des personnages féminins (sauf une, mais elle n'apparait que dans des flash-backs, parce qu'elle est morte avant le début de l'histoire...). Alors qu'il y avait pourtant de quoi faire. Elles ont beau être fortes et indépendantes, et occuper des positions prestigieuses, dès le moment où elles sont domptées par leur "love interest", c'est foutu, elles deviennent de braves petites femmes sans défense et sans aucun intérêt scénaristique. C'est récurrent dans les oeuvres de Buronson, et c'est très dommage, car ça veut dire que Sanctuary n'a que très peu de chance de trouver du public aujourd'hui. Car peu importe la qualité de son histoire, les gardiens de la bienséance moderne ne verront que le côté machiste et crucifieront sans état d'âme cette oeuvre pourtant tellement plus riche que ça. J'espère vraiment qu'elle ne sombrera pas dans l'oubli. Si j'ai des enfants un jour, c'est sûr et certain que je leur ferai lire ce manga.
Les Damnés de la Commune
Raphaël Meyssan s’attaque ici à un beau sujet – injustement occulté par l’histoire officielle, quand il n’est pas travesti – à savoir la Commune de Paris. Il le fait de façon originale et très ambitieuse. En effet, il se lance dans ce premier tome à la poursuite d’un leader communard, qui aurait vécu dans son quartier. Mais ce qui fait toute l’originalité de son travail, c’est qu’il ne dessine pas, il ne fait qu’utiliser des documents d’époque : journaux, livres, documents officiels (rapports de police par exemple). Au milieu des gravures d’époques, se glissent des encadrés (commentaires off) et des bulles pour faire dialoguer ces personnages de papier. Le travail préparatoire, de recherche, a dû être énorme, ce que le dossier final confirme. Chaque illustration utilisée – gravure essentiellement – y est référencée. Si le rendu peut paraître aride, moi qui aime bien la gravure – y compris dans les collages surréalistes (de Max Ernst ou d’autres), ça me convient très bien. Reste le déroulé de l’intrigue qui, comme pour le titre de la collection dans laquelle il est publié chez Delcourt, mêle Histoire et histoires. Ce premier tome s’étend du début de l’année 1870 à la prise de pouvoir dans Paris de la Commune (après l’échec du gouvernement versaillais de s’emparer des canons parisiens). On sent bien l’empathie de l’auteur pour les idées communardes, et plus encore pour ceux qui les ont incarnées, jusqu’au bout de la souffrance. En cela le personnage de Victorine, parisienne mêlée aux événements, à la tragédie surtout, est une sorte de relais pour l’auteur, rendant plus vivant ce récit, lui donnant chair et palpitations. Et l’enquête menée par le narrateur pour retracer la trajectoire de ce communard presque voisin – à un siècle et demi d’intervalle, la vie de Victorine, tout cela est très bien lié aux événements parisiens, Raphaël Meyssan éclairant bien les tenants et aboutissants des décisions des Républicains, mais aussi des Bonapartistes, des monarchistes, et de Thiers et sa clique, prêts à tout pour éviter une révolution populaire, pourtant portée par les idéaux d’une République qu’il était censé diriger (il est vrai élu après une parodie d’élection, entouré d’élus absolument pas représentatifs de la population). Le tome suivant (et dernier je pense ?) verra l’affrontement entre Communards et Versaillais, et je l’attends en tout cas avec impatience. ************************** Maj après lecture du deuxième tome. C'est toujours aussi réussi ! Je suis bluffé par la somme de travail qu'a nécessité cette série, puisque l'auteur n'use que de gravures d'époque pour illustrer ses albums (et en plus cela rend très bien pour "l'intrigue", qui n'est pas corsetée, mais aussi du simple point de vue esthétique, c'est superbe !). On sent encore toute l'empathie de l'auteur pour la cause des Communards, ce qu'il montre au travers de Victorine, une femme que nous suivons dans les méandres de cette histoire à la fois belle et triste, mais aussi au travers des acteurs majeurs, que l'auteur fait parler avec des archives d'époque. Et le tout est toujours aussi fluide. Son empathie pour la cause communarde est aussi visible avec les quelques clins d'œil à la période actuelle, certaines citations faisant allusion à Sarkozy, hollande, voire Macron, tenants actuels de l'ordre. Ce deuxième tome montre la Commune se mettant en place, mettant en avant ses idéaux, au risque de passer pour idéaliste, voire naïve et inconsciente - ce dont va très bien se servir Adolphe Thiers (il est quand même des prénoms qui ne laissent que des trainées de sang dans l'histoire !). C'est aussi le début de la fin pour la Commune, les combats désespérés pour contrer la supériorité versaillaise laissant augurer la curée de la Semaine sanglante (qui sera traitée dans le troisième et dernier tome, à venir - et très attendu !!!). L'autre attrait de cet album est de traiter des Communes de Province, en particulier celle de Marseille (qui hélas ont subi le même sort que celle de Paris), ce qui est rarement le cas. Voilà donc une série en tous points remarquable, et qui semble très injustement méconnue. Je vous encourage donc à réparer cette erreur en la lisant, le travail de Raphaël Meyssan méritant un coup d'œil, un coup de chapeau (et, en ce qui me concerne, un coup de cœur !). Au passage, je lui attribue la dernière étoile manquante.