Histoire poétique et onirique, un voyage en douceur dans l’univers du cirque.
Les illustrations sont vraiment très belles.
BD très inspirante, une vraie bouffée d’oxygène.
A ne pas manquer !
Rares sont les BD qui m'ont fait autant vibrer... Que ce soit dans les dessins, dans l'histoire, dans la thématique, l'autrice a réussi le combo gagnant ! Mon coup de coeur de l'année...
« Malaterre » est une saga familiale relativement classique, mettant en scène une famille de cinq personnes : Gabriel, Claudia et leurs trois enfants, Mathilde, Simon et Martin.
Le récit nous emporte entre la France et l’Afrique équatoriale, entre la ville triste et grise et les ruelles colorées, les plages sauvages et la forêt luxuriante, entre un père égoïste, alcoolique, colérique et manipulateur et le reste de sa famille, voire du monde. Rien de révolutionnaire me direz-vous ? Je vous le concède. Cependant, la mayonnaise prend et la magie opère. L’équilibre entre les différents protagonistes et enjeux est parfait. La lecture est fluide, séduisante et hypnotisante. L’atmosphère, la psychologie des personnages et les émotions sont magnifiquement retranscrites et font entrer le lecteur dans l’univers de Pierre-Henry Gomont.
Gabriel est le protagoniste central et fil rouge de cette histoire. Le lecteur le détestera. Comment pourrait-il en être autrement ? Sans aller jusqu’à dire qu’il devient attachant, j’ai dévoré l’album, me demandant jusqu’où son égoïsme et sa volonté allaient le mener, lui, sa famille et son exploitation familiale.
Rejoignant l’avis d’un précédent posteur, le dessin n’est pas sans me rappeler celui de Christophe Blain dans "Quai d’Orsay". Beau compliment ! Ma première impression n’était toutefois pas excellente. Quand on se contente de feuilleter ce one shot, on risque de trouver tout cela un peu brouillon. Quelle erreur cela serait ?! Il faut ouvrir l’album, s’y plonger et ressentir la profondeur de la forêt, les émotions des personnages, l’haleine alcoolisée de Gabriel et la liberté de Mathilde et Simon. Pierre-Henry Gomont a une mise en couleur envoûtante ainsi qu'un trait puissant, d’une expressivité rare. Nombreuses sont les planches qui méritent une pause contemplative.
« Malaterre » est un album magistral et une lecture marquante. Oserez-vous suivre Gabriel dans sa folie des grandeurs ? Je ne peux que vous le recommander !
Que se passe t-il avec les mangas ? Je constate que certains titres ont tout pour plaire tant la qualité peut être au rendez-vous. Cesare était d'ailleurs recommandé par Historia. Or, les recommandations ne sont pas toujours très satisfaisantes. Bref, je me suis laissé surprendre et le résultat a dépassé toutes mes espérances. C'est le meilleur manga de toutes ces dernières années.
On va suivre le parcours que n'aurait pas renié un certain Machiavel et son fameux Prince. Récemment, j'avais avisé un manga sur Le Prince et j'en avais appris un peu plus l'oeuvre de cet auteur si critiqué. Il est vrai que César Borgia est un homme fascinant et talentueux derrière son côté froid et calculateur. C'est une personnalité que l'on prend plaisir à découvrir.
Bien que le titre du manga soit Cesare, on le voit au travers des yeux d'un certain Angelo Da Canossa dont le grand-père était tailleur de pierre au service de la famille des Médicis. Ce jeune homme est naïf et met souvent les pieds dans le plat au milieu des différentes factions politiques. Il fait office de narrateur ou de reporter afin d'avoir un point de vue neutre. C'est bien pensé.
L'auteur Fuyumi Soryo a fait appel à un spécialiste de la renaissance italienne qui est également professeur d'université à savoir Motoaki Hara. On constate bien un parcours sans faute qui respecte jusqu'à la typologie des lieux. Et puis, on va faire des rencontres tout à fait intéressantes et qui vont marquer à tout jamais la renaissance à savoir Christophe Colomb ou Léonard de Vinci sans parler de Machiavel.
Comme dit, je ne suis pas hostile aux mangas lorsqu'ils parviennent à égaler une richesse historique rare. Par ailleurs, j'ai aimé la beauté et l'élégance du trait. Décors, vêtements, personnages : rien n'est laissé au hasard. En un mot : c'est réellement passionnant !
Déjà 8 tomes avec un rythme de parution assez rapide. La trame narrative est plutôt longue mais cela crédibilise le récit. On fait également plus ample connaissance avec les différents personnages qui se rajoutent au fil des tomes et dont on sent qu'ils vont jouer un grand rôle dans la guerre qui se prépare. Certains personnages comme Angelo évoluent également. Par ailleurs, le contexte historique est de plus en plus enrichi. C'est que du bonheur pour ceux qui aiment l'Histoire. Bref, je ne regrette pas mon achat.
La série s'arrête brutalement au 10ème tome. J'avoue le regretter car j'aurais eu envie de connaître la suite du destin de ce personnage hors du commun des mortels. On ne saura rien de ce qu'il advient également de son père alors que les jeux vont se faire au Vatican à l'occasion d'un futur conclave. C'est une tranche de vie qui va se refermer de façon assez classique comme pour marquer une étape. Des lecteurs ou certains sites de bd n'ont d'ailleurs toujours pas compris que c'est bel et bien terminé. On les entend déjà crier au scandale car ils sont en rade ! Bref, il y a comme une impression d'inachevée. Or, ce n’était que la fin d’un cycle. Un peu plus d’information et de communication n’aurait pas fait de mal à l’attention des lecteurs.
Le tome 11 marque le début d’un second cycle qui commence avec la mort de l’un des piliers et soutien de la famille des Borgia. On se demande comment va évoluer la succession ainsi que la politique à mener alors que tout semble explosif. Les intrigues vont se multiplier notamment au niveau du clergé. Cela va au-delà du simple report d’événements historiques. On a du plaisir à suivre cette lecture. On retiendra au final la beauté graphique pleine de poésie d'une œuvre historique passionnante !
Il a fallu attendre presque 5 ans pour avoir droit au tome 12 alors que nous étions au cœur de l’action avec le pape Innocent VIII au chevet de la mort et surtout la disparition du grand Lorenzo de Médicis ce qui redistribue les cartes. Enfin, le fameux conclave de 1492 a commencé et on entre dans les manigances du pouvoir et des intrigues politiciennes pour se faire élire pape. Le parti pris est de soutenir Rodriguo Borgia face à son principal ennemi qui ne fait pas dans la finesse et qui semble avoir l’avantage des alliances de la péninsule italienne. Bref, on atteint le point culminant de ce récit entamé en 2013.
Cette lecture m’avait manqué, je dois bien l’avouer. Je rehausse la note à 5 étoiles car de tous les mangas que j’ai lu, c’est le meilleur et dans tous les domaines. La qualité graphique est époustouflante. La mangaka a effectivement fait une pause de quelques années pour se consacrer à une étude historique approfondie afin de coller au plus près de la réalité. J’apprécie beaucoup cette rigueur et cela se voit au résultat.
Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4.5/5
C'est l'adaptation d'un conte que je ne connaissais pas et après avoir lu sur internet le résumé du conte original, je dois dire que j'apprécie bien mieux cette version moderne.
Le ton est moderne et du coup la princesse va être mise en avant. Sa personnalité est intéressante, son histoire captivante et elle est très jolie. Je ne vois pas trop quoi ajouter de plus à ce que les autres posteurs ont déjà écrit hormis qu'ils ne parlent pas de l'élément que j'ai le plus apprécié dans cet album : la romance entre la princesse et le prince qui est beaucoup plus sympathique que le père incestueux de la pauvre héroïne. Leur relation m'a touché et j'ai bien aimé la poésie qui en ressortait. Ils sont vraiment très attachants. Le dessin est spécial. Je pense que si on était dans un autre genre que le conte, j'aurais probablement détesté le dessin, mais je trouve que ce style va très bien pour un conte.
Bref, un conte intelligent et moderne.
Quel album superbe, je commence vraiment à devenir fan du travail de Maximilien Le Roy, qui signe ici une biographie parfaite.
Le sujet peut sembler sérieux, on associe souvent la philosophie aux réflexions pompeuses et abstraites... il s’agit pourtant ici d’humanisme, tout simplement. Thoreau pose une question légitime : un citoyen du monde doit il supporter un gouvernement dont les lois lui semblent immorales (ici, l’esclavage)... et surtout, comment y remédier ? Militantisme ? Révolution ?
A noter une chouette intro de Maximilien, et une interview de Michel Granger en fin d’album (illustrée de superbes photos), qui apportent une profondeur supplémentaire au récit.
La narration est aisée et fluide, grâce aux nombreux passages contemplatifs qui devraient ravir les amoureux de nature. Les dialogues philosophiques sont concis, écrits clairement, simplement. La mise en image est absolument sublime.
Le message de Thoreau est très moderne, et sonne tellement juste en 2020. Je me retrouve incapable de faire le moindre reproche à cet album... note maximale, donc.
J’ai du mal à donner la note de 5/5. Je pense que c’est en raison du mot "culte" qui lui est ici associé. Une bd culte ne peut pas l’être instantanément, il lui faut des années pour le devenir, même dans une approche purement subjective. Il faut qu’elle ait le temps de m’imprégner, de devenir l’une de celles que j’inscris au panthéon de la bd. Mais du coup, le risque est de mettre de côté certaines oeuvres, de ne les estimer que “franchement bien”sur le moment, alors qu’elles mériteraient le "culte". Bon, évidemment, vous me direz que le risque est assez limité, ça ne va pas changer la face du monde, mais quand même, ça me taraudait un peu. Et pour cette oeuvre, j’ai envie d’y aller. Oui, c’est une bd qui m’a marqué, et dans quelques années, elle fera sans aucun doute partie de mes classiques.
J’ai été soufflé par la montagne de Jean-Marc Rochette. J’ai été subjugué par sa beauté, par sa froideur, par la grandeur qui est retranscrite. J’ai admiré ces mecs qui se lancent dans les roches, poussés par un je ne sais quoi qui leur interdit de faire demi tour, pour le défi que ça représente et pour pouvoir admirer la nature comme ils le veulent.
Le récit autobiographique n’est pas toujours chose aisée, et j’ai souvent du mal, dans ce type d’ouvrage, à m’attacher au personnage. Ici, on se prend assez vite de sympathie pour le jeune Jean-Marc, qui rêve de liberté, entre ses allers-retours pour s’échapper devant les tableaux de Soutine et ceux sur les roches, pour ressentir l’immensité de la montagne. On ressent les problèmes qu’il a dû surmonter, mais l’auteur n’en fait jamais trop. Il n’est jamais présenté comme une victime, jamais Rochette ne s’apitoie sur son sort. Il parvient très bien à faire ressentir ce qu’il devait endurer mais n’élude pas non plus ses parts de responsabilité, dans la relation avec sa mère ou dans ses divers accidents dans la montagne. J’ai trouvé la construction de l’histoire très bien faite, très pertinente. On oscille entre la relation avec la mère, les avancées artistiques et, évidemment, la montagne.
Celle-ci est centrale dans l’ouvrage. Jean-Marc Rochette arrive parfaitement à transmettre sa passion. J’ai bien aimé les légendes écrites au début de chaque ascension, qui indiquaient le nom de la voie, la date de l’ouverture et le nom de ceux qui l’ont faite, ça donne un petit côté sérieux, initié. Et puis le dessin magnifie la montagne. Autant j’ai mis un peu de temps à m’y habituer pour ce qui est des personnages, autant j’ai de suite été happé par cette montagne. Rochette retransmet avec brio son immensité, sa majesté son apparente froideur. Car si la montagne ne fait aucun cadeau, et punit parfois, elle sait être reconnaissante. Et ça, on le comprend à la lecture des pages de cette bd, lorsque l’on voit les étoiles dans les yeux de ces jeunes hommes lorsqu’ils arrivent au sommet. On ressent l’attrait de la montagne en même temps que son danger, sa beauté autant que sa cruauté.
Finalement, Rochette a choisi la bd, et c’est tant mieux, car il aurait été dommage de se priver de cet ouvrage. Mais la montagne n’est jamais loin, et il lui rend ici un bien bel hommage.
Je rends le dernier tome de la série à la médiathèque encore frémissant.
Énorme serait le qualificatif pour ce voyage à travers le temps et l'histoire.
Personnellement, le scénario, les textes, le graphisme -parfois tenant du chef d'oeuvre à mon sens- m'ont tenu en haleine, surpris, pris à contre-pied, depuis cette trame de polar old school franchouillard jusqu'à l'épopée métaphysique et philosophique plongeant dans les profondeurs des concepts du temps, d'espace de réalité(s) cosmologique, sans oublier des notes d'humour.
C'est fort, trash, osé.
Assumé jusqu'au bout.
Bravo !
J’ai trouvé cette adaptation du roman de Georges Orwell paru en 1945 très réussie. C’est une fable animalière dans un château transformé en ferme qui traduit le thème de la dictature et de la résistance à l’oppression. Il y a toujours une soi-disant menace extérieure qui justifie l’existence d’un fort pouvoir en place.
On pourrait citer l’exemple de l’Iran ou de la Corée du Nord invoquant une hypothétique invasion américaine. Cela leur permet d’opprimer leur population à l’image de ce que fait le président taureau dans cette ferme qui affame son peuple tout en vivant dans l’opulence.
Ce sont des thèmes qui me sont assez chers. Cela me parle vraiment. Cette fable possède une vraie résonance de ce qui se passe actuellement dans le monde.
Les dessins sont véritablement magnifiques avec de très beaux animaux qui sont dessinés. Les chiens sont parfaitement représentés dans le rôle de milice et police protégeant le président. On se rend compte que sous des vocables présidence et république se cachent plutôt les mots tyrannie et dictature.
Par ailleurs, certaines scènes sont d’une telle intensité dramatique. On se souviendra de l’oie Marguerite pour ne citer qu’un exemple assez marquant. La mise en scène est réellement prodigieuse.
Au final, une de ces bd qui marque véritablement les esprits.
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Le Cirque - Journal d'un dompteur de chaises
Histoire poétique et onirique, un voyage en douceur dans l’univers du cirque. Les illustrations sont vraiment très belles. BD très inspirante, une vraie bouffée d’oxygène.
Alpha... directions / Beta... civilisations/Gamma... visions
J'ai adoré ce livre. L'auteur réussit à mélanger art, science et spiritualité. Un voyage dans le temps avec de superbes références. A lire absolument.
Phoolan Devi, reine des bandits
A ne pas manquer ! Rares sont les BD qui m'ont fait autant vibrer... Que ce soit dans les dessins, dans l'histoire, dans la thématique, l'autrice a réussi le combo gagnant ! Mon coup de coeur de l'année...
Malaterre
« Malaterre » est une saga familiale relativement classique, mettant en scène une famille de cinq personnes : Gabriel, Claudia et leurs trois enfants, Mathilde, Simon et Martin. Le récit nous emporte entre la France et l’Afrique équatoriale, entre la ville triste et grise et les ruelles colorées, les plages sauvages et la forêt luxuriante, entre un père égoïste, alcoolique, colérique et manipulateur et le reste de sa famille, voire du monde. Rien de révolutionnaire me direz-vous ? Je vous le concède. Cependant, la mayonnaise prend et la magie opère. L’équilibre entre les différents protagonistes et enjeux est parfait. La lecture est fluide, séduisante et hypnotisante. L’atmosphère, la psychologie des personnages et les émotions sont magnifiquement retranscrites et font entrer le lecteur dans l’univers de Pierre-Henry Gomont. Gabriel est le protagoniste central et fil rouge de cette histoire. Le lecteur le détestera. Comment pourrait-il en être autrement ? Sans aller jusqu’à dire qu’il devient attachant, j’ai dévoré l’album, me demandant jusqu’où son égoïsme et sa volonté allaient le mener, lui, sa famille et son exploitation familiale. Rejoignant l’avis d’un précédent posteur, le dessin n’est pas sans me rappeler celui de Christophe Blain dans "Quai d’Orsay". Beau compliment ! Ma première impression n’était toutefois pas excellente. Quand on se contente de feuilleter ce one shot, on risque de trouver tout cela un peu brouillon. Quelle erreur cela serait ?! Il faut ouvrir l’album, s’y plonger et ressentir la profondeur de la forêt, les émotions des personnages, l’haleine alcoolisée de Gabriel et la liberté de Mathilde et Simon. Pierre-Henry Gomont a une mise en couleur envoûtante ainsi qu'un trait puissant, d’une expressivité rare. Nombreuses sont les planches qui méritent une pause contemplative. « Malaterre » est un album magistral et une lecture marquante. Oserez-vous suivre Gabriel dans sa folie des grandeurs ? Je ne peux que vous le recommander !
Cesare
Que se passe t-il avec les mangas ? Je constate que certains titres ont tout pour plaire tant la qualité peut être au rendez-vous. Cesare était d'ailleurs recommandé par Historia. Or, les recommandations ne sont pas toujours très satisfaisantes. Bref, je me suis laissé surprendre et le résultat a dépassé toutes mes espérances. C'est le meilleur manga de toutes ces dernières années. On va suivre le parcours que n'aurait pas renié un certain Machiavel et son fameux Prince. Récemment, j'avais avisé un manga sur Le Prince et j'en avais appris un peu plus l'oeuvre de cet auteur si critiqué. Il est vrai que César Borgia est un homme fascinant et talentueux derrière son côté froid et calculateur. C'est une personnalité que l'on prend plaisir à découvrir. Bien que le titre du manga soit Cesare, on le voit au travers des yeux d'un certain Angelo Da Canossa dont le grand-père était tailleur de pierre au service de la famille des Médicis. Ce jeune homme est naïf et met souvent les pieds dans le plat au milieu des différentes factions politiques. Il fait office de narrateur ou de reporter afin d'avoir un point de vue neutre. C'est bien pensé. L'auteur Fuyumi Soryo a fait appel à un spécialiste de la renaissance italienne qui est également professeur d'université à savoir Motoaki Hara. On constate bien un parcours sans faute qui respecte jusqu'à la typologie des lieux. Et puis, on va faire des rencontres tout à fait intéressantes et qui vont marquer à tout jamais la renaissance à savoir Christophe Colomb ou Léonard de Vinci sans parler de Machiavel. Comme dit, je ne suis pas hostile aux mangas lorsqu'ils parviennent à égaler une richesse historique rare. Par ailleurs, j'ai aimé la beauté et l'élégance du trait. Décors, vêtements, personnages : rien n'est laissé au hasard. En un mot : c'est réellement passionnant ! Déjà 8 tomes avec un rythme de parution assez rapide. La trame narrative est plutôt longue mais cela crédibilise le récit. On fait également plus ample connaissance avec les différents personnages qui se rajoutent au fil des tomes et dont on sent qu'ils vont jouer un grand rôle dans la guerre qui se prépare. Certains personnages comme Angelo évoluent également. Par ailleurs, le contexte historique est de plus en plus enrichi. C'est que du bonheur pour ceux qui aiment l'Histoire. Bref, je ne regrette pas mon achat. La série s'arrête brutalement au 10ème tome. J'avoue le regretter car j'aurais eu envie de connaître la suite du destin de ce personnage hors du commun des mortels. On ne saura rien de ce qu'il advient également de son père alors que les jeux vont se faire au Vatican à l'occasion d'un futur conclave. C'est une tranche de vie qui va se refermer de façon assez classique comme pour marquer une étape. Des lecteurs ou certains sites de bd n'ont d'ailleurs toujours pas compris que c'est bel et bien terminé. On les entend déjà crier au scandale car ils sont en rade ! Bref, il y a comme une impression d'inachevée. Or, ce n’était que la fin d’un cycle. Un peu plus d’information et de communication n’aurait pas fait de mal à l’attention des lecteurs. Le tome 11 marque le début d’un second cycle qui commence avec la mort de l’un des piliers et soutien de la famille des Borgia. On se demande comment va évoluer la succession ainsi que la politique à mener alors que tout semble explosif. Les intrigues vont se multiplier notamment au niveau du clergé. Cela va au-delà du simple report d’événements historiques. On a du plaisir à suivre cette lecture. On retiendra au final la beauté graphique pleine de poésie d'une œuvre historique passionnante ! Il a fallu attendre presque 5 ans pour avoir droit au tome 12 alors que nous étions au cœur de l’action avec le pape Innocent VIII au chevet de la mort et surtout la disparition du grand Lorenzo de Médicis ce qui redistribue les cartes. Enfin, le fameux conclave de 1492 a commencé et on entre dans les manigances du pouvoir et des intrigues politiciennes pour se faire élire pape. Le parti pris est de soutenir Rodriguo Borgia face à son principal ennemi qui ne fait pas dans la finesse et qui semble avoir l’avantage des alliances de la péninsule italienne. Bref, on atteint le point culminant de ce récit entamé en 2013. Cette lecture m’avait manqué, je dois bien l’avouer. Je rehausse la note à 5 étoiles car de tous les mangas que j’ai lu, c’est le meilleur et dans tous les domaines. La qualité graphique est époustouflante. La mangaka a effectivement fait une pause de quelques années pour se consacrer à une étude historique approfondie afin de coller au plus près de la réalité. J’apprécie beaucoup cette rigueur et cela se voit au résultat. Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4.5/5
Peau de Mille Bêtes
C'est l'adaptation d'un conte que je ne connaissais pas et après avoir lu sur internet le résumé du conte original, je dois dire que j'apprécie bien mieux cette version moderne. Le ton est moderne et du coup la princesse va être mise en avant. Sa personnalité est intéressante, son histoire captivante et elle est très jolie. Je ne vois pas trop quoi ajouter de plus à ce que les autres posteurs ont déjà écrit hormis qu'ils ne parlent pas de l'élément que j'ai le plus apprécié dans cet album : la romance entre la princesse et le prince qui est beaucoup plus sympathique que le père incestueux de la pauvre héroïne. Leur relation m'a touché et j'ai bien aimé la poésie qui en ressortait. Ils sont vraiment très attachants. Le dessin est spécial. Je pense que si on était dans un autre genre que le conte, j'aurais probablement détesté le dessin, mais je trouve que ce style va très bien pour un conte. Bref, un conte intelligent et moderne.
Thoreau - La vie sublime
Quel album superbe, je commence vraiment à devenir fan du travail de Maximilien Le Roy, qui signe ici une biographie parfaite. Le sujet peut sembler sérieux, on associe souvent la philosophie aux réflexions pompeuses et abstraites... il s’agit pourtant ici d’humanisme, tout simplement. Thoreau pose une question légitime : un citoyen du monde doit il supporter un gouvernement dont les lois lui semblent immorales (ici, l’esclavage)... et surtout, comment y remédier ? Militantisme ? Révolution ? A noter une chouette intro de Maximilien, et une interview de Michel Granger en fin d’album (illustrée de superbes photos), qui apportent une profondeur supplémentaire au récit. La narration est aisée et fluide, grâce aux nombreux passages contemplatifs qui devraient ravir les amoureux de nature. Les dialogues philosophiques sont concis, écrits clairement, simplement. La mise en image est absolument sublime. Le message de Thoreau est très moderne, et sonne tellement juste en 2020. Je me retrouve incapable de faire le moindre reproche à cet album... note maximale, donc.
Ailefroide - Altitude 3954
J’ai du mal à donner la note de 5/5. Je pense que c’est en raison du mot "culte" qui lui est ici associé. Une bd culte ne peut pas l’être instantanément, il lui faut des années pour le devenir, même dans une approche purement subjective. Il faut qu’elle ait le temps de m’imprégner, de devenir l’une de celles que j’inscris au panthéon de la bd. Mais du coup, le risque est de mettre de côté certaines oeuvres, de ne les estimer que “franchement bien”sur le moment, alors qu’elles mériteraient le "culte". Bon, évidemment, vous me direz que le risque est assez limité, ça ne va pas changer la face du monde, mais quand même, ça me taraudait un peu. Et pour cette oeuvre, j’ai envie d’y aller. Oui, c’est une bd qui m’a marqué, et dans quelques années, elle fera sans aucun doute partie de mes classiques. J’ai été soufflé par la montagne de Jean-Marc Rochette. J’ai été subjugué par sa beauté, par sa froideur, par la grandeur qui est retranscrite. J’ai admiré ces mecs qui se lancent dans les roches, poussés par un je ne sais quoi qui leur interdit de faire demi tour, pour le défi que ça représente et pour pouvoir admirer la nature comme ils le veulent. Le récit autobiographique n’est pas toujours chose aisée, et j’ai souvent du mal, dans ce type d’ouvrage, à m’attacher au personnage. Ici, on se prend assez vite de sympathie pour le jeune Jean-Marc, qui rêve de liberté, entre ses allers-retours pour s’échapper devant les tableaux de Soutine et ceux sur les roches, pour ressentir l’immensité de la montagne. On ressent les problèmes qu’il a dû surmonter, mais l’auteur n’en fait jamais trop. Il n’est jamais présenté comme une victime, jamais Rochette ne s’apitoie sur son sort. Il parvient très bien à faire ressentir ce qu’il devait endurer mais n’élude pas non plus ses parts de responsabilité, dans la relation avec sa mère ou dans ses divers accidents dans la montagne. J’ai trouvé la construction de l’histoire très bien faite, très pertinente. On oscille entre la relation avec la mère, les avancées artistiques et, évidemment, la montagne. Celle-ci est centrale dans l’ouvrage. Jean-Marc Rochette arrive parfaitement à transmettre sa passion. J’ai bien aimé les légendes écrites au début de chaque ascension, qui indiquaient le nom de la voie, la date de l’ouverture et le nom de ceux qui l’ont faite, ça donne un petit côté sérieux, initié. Et puis le dessin magnifie la montagne. Autant j’ai mis un peu de temps à m’y habituer pour ce qui est des personnages, autant j’ai de suite été happé par cette montagne. Rochette retransmet avec brio son immensité, sa majesté son apparente froideur. Car si la montagne ne fait aucun cadeau, et punit parfois, elle sait être reconnaissante. Et ça, on le comprend à la lecture des pages de cette bd, lorsque l’on voit les étoiles dans les yeux de ces jeunes hommes lorsqu’ils arrivent au sommet. On ressent l’attrait de la montagne en même temps que son danger, sa beauté autant que sa cruauté. Finalement, Rochette a choisi la bd, et c’est tant mieux, car il aurait été dommage de se priver de cet ouvrage. Mais la montagne n’est jamais loin, et il lui rend ici un bien bel hommage.
Waterloo 1911
Je rends le dernier tome de la série à la médiathèque encore frémissant. Énorme serait le qualificatif pour ce voyage à travers le temps et l'histoire. Personnellement, le scénario, les textes, le graphisme -parfois tenant du chef d'oeuvre à mon sens- m'ont tenu en haleine, surpris, pris à contre-pied, depuis cette trame de polar old school franchouillard jusqu'à l'épopée métaphysique et philosophique plongeant dans les profondeurs des concepts du temps, d'espace de réalité(s) cosmologique, sans oublier des notes d'humour. C'est fort, trash, osé. Assumé jusqu'au bout. Bravo !
Le Château des Animaux
J’ai trouvé cette adaptation du roman de Georges Orwell paru en 1945 très réussie. C’est une fable animalière dans un château transformé en ferme qui traduit le thème de la dictature et de la résistance à l’oppression. Il y a toujours une soi-disant menace extérieure qui justifie l’existence d’un fort pouvoir en place. On pourrait citer l’exemple de l’Iran ou de la Corée du Nord invoquant une hypothétique invasion américaine. Cela leur permet d’opprimer leur population à l’image de ce que fait le président taureau dans cette ferme qui affame son peuple tout en vivant dans l’opulence. Ce sont des thèmes qui me sont assez chers. Cela me parle vraiment. Cette fable possède une vraie résonance de ce qui se passe actuellement dans le monde. Les dessins sont véritablement magnifiques avec de très beaux animaux qui sont dessinés. Les chiens sont parfaitement représentés dans le rôle de milice et police protégeant le président. On se rend compte que sous des vocables présidence et république se cachent plutôt les mots tyrannie et dictature. Par ailleurs, certaines scènes sont d’une telle intensité dramatique. On se souviendra de l’oie Marguerite pour ne citer qu’un exemple assez marquant. La mise en scène est réellement prodigieuse. Au final, une de ces bd qui marque véritablement les esprits.