Les derniers avis (7619 avis)

Par gruizzli
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Dans l'intimité de Marie
Dans l'intimité de Marie

Je me suis permis de remodifier cet avis après moults relecture et y avoir longuement réfléchi. Parce que cette série est marquante à plus d'un titre. Et surtout, je suis étonné du peu d'avis concernant cette série, surtout portant sur sa globalité. Car si il elle a bien quelque chose de remarquable, c'est qu'elle n'est vraiment considérable que dans son ensemble. Et c'est dommage que si peu d'avis en parlent. Si je lui accorde une telle note, c'est que je considère qu'elle réussit un tour de force avec tout ce qu'elle a à disposition. L'auteur a réussi à faire une fin qui donne à elle seule la saveur à la série, en donnant envie de relire l'ensemble des neufs tomes pour redécouvrir l'histoire sous son nouveau jour. Et c'est brillamment réussi, car nous découvrons tout les indices semés par l'auteur au fur et à mesure de la lecture. C'est mené d'une main de maitre tout au long des différents tomes. Sa tenue est telle qu'il parait évident que l'auteur l'avait parfaitement en tête tout au long de l'écriture. L'ensemble se tient comme une seule grande histoire découpée en chapitres successifs. L'histoire est intelligente, partant d'une idée semblant déjà vue mais qui poursuit dans une direction résolument adulte et psychologique, loin de toute considération humoristique (l'humour étant absent du manga). Cette histoire développe d'ailleurs une ambiance assez sombre, tirant vers le glauque par moment. Les thèmes développés vont de l'adolescence et de la sexualité aux différences entre hommes et femmes, avec des problématiques autour du point de vue (social, moral …). La question du sexisme est abordée d'une façon originale, par exemple. Le dessin, lui, s'étoffe au fur et à mesure, donnant de magnifiques cases très chargées en émotion, jouant même avec des peintures dans le volet final. L'évolution du dessin passe notamment par les cadrages, soignés et travaillés, qui jouent sur le regard et le point de vue, dans une mise en scène immersive. Nous sommes de plein pied dans la question du regard : regard sur soi, sur les autres, voyeurisme et point de vue. D'ailleurs il transparait parfois quelque chose de presque beau même si l'ensemble reste baigné d'étrangeté. C'est difficile à expliquer, mais il dégage une impression de beauté par le malaise. Dans l'histoire, c'est justifié mais ça crée un décalage assez saisissant. On joue en permanence sur deux tableaux, l'étrangeté de la beauté et le malaise du corps, dans un regard très ambiguë. Ce manga est passé un peu inaperçu, du moins j'en ai l'impression en voyant le peu de commentaires ou d'avis que je peux trouver sur le net, et je trouve ça dommage. Car une série qui a réussit à la fois à être aussi prenante et surprenante, aussi profonde et aussi chargée, c'est rare. Surtout que je l'ai relu plusieurs fois en connaissant cette fin, et que le manga ne perd pas un iota de sa force. Il s'agit sans doute d'une série qui m'a marquée durablement et profondément. Je m'en rends compte plusieurs années après avoir écrit mon premier avis parce que je suis désormais en train de l'offrir à des jeunes filles de ma famille comme cadeau. Parce qu'après l'avoir fait lire à ma copine, il m'apparait clairement que la série est d'une grande force pour une jeune femme qui se cherche. C'est le genre de manga qui apprend à grandir, mais pas de la façon dont beaucoup l'imaginent. C'est plus cru, plus collé au corps mais aussi aux émotions. Si encore aujourd'hui ce manga reste marquant dans la somme de lecture que j'ai englouti ces dernières années, c'est qu'il est traversé de quelque chose de puissant. Je ne le pensais pas à la première lecture, mais mon premier avis date d'il y a 6 ans maintenant, et je continue de considérer ce manga comme un de plus importants de mes lectures. Oui, indubitablement, il m'a marqué.

17/11/2017 (MAJ le 09/01/2024) (modifier)
Par Cosme
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série XIII
XIII

Je regarde le thème « On en parle », et je vois que XIII est à 199 avis… alors c’est trop tentant, je serais celui qui lui fait son deux centième avis, et qui par la même occasion fera de XIII la première série à franchise la barre des 200 avis sur ce site ! XIII, j’ai découvert ado, c’est le copain de ma sœur à ce moment là qui m’avait prêté les 7 ou 8 premiers albums. Oulala! Mais comme je ne m’y attendais pas, comme j’ai été surpris de découvrir une si bonne série, quelle claque, je découvrais à peine la BD pour ado et adulte, (autre chose que les BDs jeunesses type Les Tuniques Bleues et compagnie), et je tombe sur ça! Autant dire que ça m’a conforté dans le goût et la passion de la BD. Puis des années plus tard je me suis acheté la série (jusqu’au tome 19 je tiens à le préciser, je n’ai jamais lu plus loin que cet album, ni aucune série dérivée). Van Hamme utilise ici tous ses talents de scénariste, et oserais je dire qu’il atteint ici l’apothéose de son talent…? Allez, j’ose, c’est un deux centième avis quand même, alors je me lache! De l’action, des mystères, des questionnements, des rebondissements, tout! Tout y est présent et parfaitement écrit, dosé, millimétré! Un vrai travail d’orfèvre. Quand au dessin de Vance, et bien je continue sur mon enthousiasme, également il atteint le point culminant de son talent pour cette série. Tout y est splendide, fait avec précision et passion ! Et lorsqu’on voit qu’elle a atteint les 200 avis, avec une moyenne aussi élevé, des adaptations télé (que je n’ai pas vu), des adaptations jeux vidéos (et oui moi aussi j’y ai joué sur Game Cube et PS2), on ne peut qu’objectivement considérer que c’est une série culte, qui mérite largement ses 5 étoiles, même si elle peut ne pas être apprécié, ça serait être de mauvaise fois de nier l’influence qu’elle a eu sur la culture BD. Si vous n’aviez jamais lu XIII, je vous laisse lire les nombreux avis élogieux, ils vous convaincront. Enfin non, ne perdez pas de temps à les lire, lisez la série directement, foncez-y même!!! Que faites vous encore sur ce site ??? Vous devriez déjà être en train d’arriver chez votre libraire ! Cette série fait partie des séries qui m’ont forgé ma passion pour la bande dessinée, alors Monsieur Van Hamme, Monsieur Vance, merci de tout cœur !!!

09/01/2024 (modifier)
Par Cacal69
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Daredevil / Echo - Quête de Vision (Daredevil - Echo)
Daredevil / Echo - Quête de Vision (Daredevil - Echo)

Ce comics est tout sauf une histoire de super-héros. Il se rapproche davantage au roman graphique. Pour commencer, Daredevil a un rôle mineur dans cette histoire (seulement quelques planches), tout comme le Caïd. Par contre, Wolverine aura un rôle important dans la seconde partie du récit. C'est bien Maya Lopez, alias Echo, qui en est la vedette. Je découvre ce personnage avec cette BD, elle fait sa première apparition dans Daredevil (vol 2) #9 en 1999 avec Joe Quesada au dessin et David Mack au scénario. Elle est amérindienne et sourde, ce qui n'est pas courant dans le monde des super-héros. Elle a la particularité d'avoir des réflexes photographiques ce qui lui permet d'assimiler et de reproduire tout ce qu'elle voit, des techniques de combat à jouer du piano. Echo doit renouer avec son passé pour donner un sens à sa vie, et la culture amérindienne sera au centre de l'histoire. On va suivre le cheminement de sa quête d'identité. Rien de révolutionnaire donc, mais la réalisation est hors norme ! David Mack est à la baguette et il va bousculer tous les codes de la narration. D'abord le texte, aidé du langage des signes, il n'est pas seulement dans les bulles, il est partout, il vous faudra même retourner la BD pour le lire. Ensuite le dessin, plusieurs styles graphiques, tous maîtrisés et magnifiques, il peut changer d'une planche à l'autre et même d'une case à l'autre, de même pour la colorisation qui suit l'évolution du dessin. Et enfin, une mise en page éclatée. Mais rien n'est gratuit, on est ainsi au plus proche de l'introspection d'Echo, de ses émotions. Un récit dense qui joue sur l'identité amérindienne, la différence, le spirituel avec la quête hallucinogène d'Echo, mais aussi sur les langages à travers la gestuelle, la musique et la peinture, d'ailleurs de nombreuses cases vous feront penser à des peintres célèbres : Gustav Klimt, Pablo Picasso ou Vincent van Gogh entre autres. Du très grand art. Les expérimentations de David Mack ne feront pas l'unanimité, mais ce comics est une formidable porte d'entrée pour découvrir le génie de cet artiste. Et comme le dit si bien Ems ci-dessous : cette œuvre ne se lit pas, elle se ressent. Gros coup de cœur. "Tu es le shaman d'une tribu sans frontières".

08/01/2024 (modifier)
Par Canarde
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Aya de Yopougon
Aya de Yopougon

Je m'aperçois que je n'ai jamais avisé Aya alors que cela me semble être la série culte par excellence, et alors que je viens de lire le 8ème tome, j'en ressors toujours aussi avide de lire la suite. J'ai lu des avis qui trouvaient que la série aurait du s’arrêter à deux tomes, et au moment de la sortie j'étais peut-être sur les mêmes positions (autour de 2007). Mais à l'heure des séries Netflix, il me semble que nous avons changé d'attentes vis-à-vis des séries. Le modèle n'est plus le manga, où il ne se passe pas grand chose mais où les actions se répètent dans un monde imaginaire. Ici nous allons plutôt dans l'accompagnement quotidien, qui mine de rien, nous fait avaler pas mal de pilules qui pouvaient sembler amères à la majorité (les divorces, les seconds bureaux, l'homosexualité, la transidentité, la famille monoparentale, les mariages entre cultures différentes, etc...) C'est un nouveau type de composition, effectivement assez décomposé au sens où personne ne songerait à imaginer des épisodes avec une montée dramatique autour d'un enjeu difficile à résoudre et se finirait par la solution du problème. Ici mille problèmes se posent en même temps, certains sont en voie de solution, d'autres sont juste découverts, certains soulèvent des hauts cris, d'autres sont acceptés, etc...Comme dans la vraie vie, l'imprévu est le maître. C'est une sorte d'image de la vie qui dédramatise les mouvements de la société et nous les fait voir ici chez Aya d'un point de vue humoristique et touchant. Aya est celle qui représente le bon sens rationnel que notre approche du XXIème siècle européen présente comme désirable. Marguerite Abouet prend comme paysage la banlieue d'Abidjan de son enfance, le parlé local et son folklore. Ces particularismes nous font rire et l'humanité des personnages nous touche. Bref c'est drôle, caricatural, en même temps que juste. C'est un monde qu'on aime retrouver. Le dessin, et la couleur, de Clément Oubrerie me plaisent aussi beaucoup (comme dans Pablo, Zazie dans le métro ou Isadora) , il maîtrise les regards à la perfection et a su croquer les silhouettes africaines, dans leur variété. (pas de problème pour identifier les personnages, pourtant très nombreux)

07/01/2024 (modifier)
Couverture de la série Requiem - Chevalier Vampire
Requiem - Chevalier Vampire

Clairement déjà une œuvre pas pour tout le monde, un mélange baroque et gothique avec des décors saturés d’idées plus hallucinées les unes que les autres. Requiem n’est pas une histoire linéaire et agréable à suivre, requiem est un train fantôme fou nous faisant visité un enfer ou valeurs morales et chronologie sont inversées. Ici, le bien est une maladie, l’ordre est un fléau, « on rejette le progrès et on embrasse la décadence », attendez vous donc à ça, une décadence totale magnifiée par le trait brillant de Ledroit et par un univers sincèrement passionnant à visiter. Je conseillerais d’essayer au moins avec le tome 1, cela dit, le gore et l’aspect éclaté du récit et des dessins ne sont véritablement pas pour tout le monde, j’espère que c’est aussi fait pour vous, en tous cas c’était fait pour moi…

06/01/2024 (modifier)
Couverture de la série Madeleine, résistante
Madeleine, résistante

Angoulême 2022 prix Goscinny du meilleur scénario. " une BD ? Mais c'est pour les mômes !! " éructa Madeleine Riffaud après la proposition de JD Morvan. Heureusement madame Riffaud, vous avez changé d'avis pour le plus grand bien des lecteurs et du monde de la BD où votre témoignage va prendre place parmi les étoiles. Ce premier tome d'une trilogie qui fait le récit de votre action comme résistante parisienne de 17 ans est une merveille. C'est si rare d'avoir le récit vécu d'une personne considérée comme Terroriste, sortie des griffes de la Gestapo, qu'on ne peut qu'être admiratif au tableau de vos actions. Le récit est tellement fluide, tellement logique dans les enchaînements que cela donne l'impression que JD Morvan a été le déclencheur heureux d'une aspiration à la vérité que vous n'aviez pas pu encore mettre en forme. J'ai l'impression que JD Morvan par son écoute humble, attentive, bienveillante et professionnelle a su livrer un récit dramatique, cohérent et incroyablement vivant pour construire cet album. C'est très émouvant et poignant car les personnages que vous décrivez ne sont pas âmes de papier mais bel et bien vos amis qui sont tombés sous la barbarie et qui vivront longtemps dans nos souvenirs grâce à cet album. J'ai beaucoup aimé l'hommage que vous rendez à ces soldats de l'ombre qui n'avaient pas vocation pour cela, les médecins, les prêtres ou les cheminots. Tous probablement d'opinions très différentes mais ici unis par l'amour de la liberté chérie. Il existe des hommes qui réussissent à transformer leurs lectures les plus chères que ce soient les poésies d'Eluard ou d’Aragon ou les Evangiles en véritables actions affranchies de toute peur. C'est un récit de courage et de femme moderne. Être une femme dans ces moments c'est double risque, et l'histoire le montre bien en plusieurs endroits. Aucune courtoisie à attendre, au contraire les tortionnaires savent se montrer doublement sadiques. Devant une telle histoire on aurait pu craindre que Dominique Bertail au dessin soit écrasé par le récit. C'est tout le contraire. Je trouve le dessin formidable. Par contraste dans cette atmosphère de mort et de maladie, il n'y a que beauté. Beauté de la campagne picarde et du village, beauté du massif de la Chartreuse, beauté des extérieurs d'un Paris occupé et bien sûr beauté d'une jeune fille de 17 ans avec son amoureux. La mise en page est très moderne avec des doubles pages magnifiques. Je ne crois pas prendre un grand risque en pensant que le grand Goscinny doit être fier d'avoir le nom de Madeleine Riffaud alias Rainer dans sa liste de lauréat(e)s. Une bien belle série à faire lire "aux mômes" dès le collège mais pas que (loin de là) Après la lecture du tome 2 je confirme ma note qui reflète l'excellence du récit de Madeleine Riffaud très bien mis en scène par Morvan. Madeleine alias Rainer (un nom allemand !) a pris des responsabilités au sein de la Résistance parisienne du Quartier Latin. Le récit est de plus en plus prenant dans ce tome qui se focalise sur les rouages des groupes de résistants et le danger des actions menées. En cette année 44, l'ambiance change mais les risques sont toujours aussi grands. Le graphisme de Bertail dans un mode réaliste nous emmène aux côtés de Rainer et de ses amis dans un Paris à la fois familier et si différent. À lire, absolument

09/05/2022 (MAJ le 05/01/2024) (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5
Couverture de la série Idées Noires
Idées Noires

Tant de douleur et de désespoir dans ces planches sublimes. Témoignage sans détour -à moins d'être complètement bouché !- de la profondeur du mal-être de Franquin ; de sa profonde sensibilité, si précieuse à son Art et si dommageable à vivre au quotidien : sympathie et empathie incontrôlées envers ses contemporains, tous miroirs de lui-même dans ces cases où la nuit déborde chaque scène pour toujours l'engloutir, à la fin... J'ai possédé l'édition originale, comme un trésor auquel aurait été associée -sans que je le réalise tout de suite- une malédiction ancienne et implacable. Au fil des relectures, j'ai finalement pris conscience de la mise en exergue de mes propres angoisses, à admirer la mise en images de celles de cet Artiste si cher à nos coeur et, constatant la réelle pénétration de toute cette noirceur, j'ai échangé l’œuvre contre une autre, inévitablement moins talentueuse mais, évidemment, d'une influence moins dommageable pour mon équilibre... La puissance d'évocation de ce maitre du graphisme, aussi implacablement brillante et honnête dans un domaine d'expression que dans l'autre, ne pouvait donc pas être endiguée par ma propre nature, très impressionnable. Quelle lâcheté de ma part, à abdiquer devant ce qui est probablement le plus courageux des exorcismes psychologiques personnels jamais réalisés via le Neuvième Art : livrant la partie la plus intime de son âme (pas mal présente, déjà, dans les pages de sa série fétiche), Franquin ose encore l'humour (!) pour crier sa lucide révolte à l'horreur de la condition Humaine. Cet ouvrage, manifeste brut qui dénonce la vanité et la gratuité de ce que l'Homme s'impose à lui-même dans l'absurdité de l'existence sur cette Terre, une perception de la "réalité" fatalement colorée par le ressenti si entier de Franquin, demeure unique dans son intégrité absolue ; et j'espère que l'exercice lui a permis de s'alléger (même un peu...) des abîmes qui hantaient sa conscience si Humaniste. Référence définitive de ce qu'était l'homme, au delà de l'Artiste accompli, l'album peut servir aussi à mesurer l'absurde (et l'irrévérence...) de toutes tentatives d'imitations, à vocation bassement commerciale, de ses travaux ; logiquement vouées -et ce dans bien des domaines...- à la trahison.

05/01/2024 (modifier)
Par Pauly
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Jusqu'au dernier
Jusqu'au dernier

Rien à dire sur ce western qui sort un peu des histoires de western "classique", avec comme sujet principal la mort accidentelle d'un jeune enfant. J'ai trouvé un scénario très bien trouvé, mais surtout un dessin et des couleurs exceptionnelles !

03/01/2024 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5
Couverture de la série Jehanne au pied du mur
Jehanne au pied du mur

Quelle rigolade ! Bon, je n'ai toujours pas trouvé le courage de traduire les dialogues et pensées du fiancé extra-terrestre (!) de Jehanne ; mais le délire quasi ininterrompu de cette épopée (Historiquement fausse mais si humainement réaliste) demeure une expérience chère à mon coeur, tant les personnages mis en scène, rivalisant d'audace dans leur parfaite absurdité gaguesque (Attila, LE DAUPHIN CHARLES (!!), l'évêque, l'enfant de coeur monstrueux, Gilles De Rais, Etc...) m'ont fait glousser à la lecture de cette Bande Dessinée -graphiquement particulièrement soignée- de F'murr. Iconoclaste, et en même temps rigoureusement précis dans ses évocations (Kultur ! Kultur !...), ce grand auteur de l'absurde humoristique nous promène une Jehanne d'Arc amatrice de bons vins -un peu poivrote, même, hein !- d'une époque à une autre, histoire de flinguer toute velléité de continuité (et de réalisme !) à l'Histoire de France telle qu'on nous l'a assénée en cours. Irrésistiblement sympathique dans sa spontanéité chaleureuse, elle fiche en l'air les conventions et autres fictions pseudo-Historiques (l'archange !) pour vivre sa passion cosmique -mais sans non plus négliger de cultiver ses affinités avec ses si pittoresques compagnons de voyage. Incroyable liberté de ton et grande aisance dans le rendu si expressif des dessins : F'murr est visiblement au mieux de sa forme et, la série ayant été à l'origine créée pour une parution mensuelle -si j'ai bien tout compris ?!- le rythme permet d'en appréhender chaque chapitre très confortablement, tant il y a à lire -et à comprendre !- dans chaque planche... "... Me faire boire de l'eau chaude... À moi !". "... Quelles sont ces tasses, qui sifflent sur ma tête ?!". "... Vive ceci ! Vive cela... Ils sont morts comme ils ont vécu : la gueule ouverte !". "... Jehanne, aimeriez-vous que nous nous abêtissions de concert ? ". "...'core une fois ? OK !". Il est précieux et rare, celui qui enseigne sans ennuyer ; et l’œuvre de F'murr est riche d'intelligence Humaniste : cette Jehanne d'Arc en étant une des expressions les plus pures.

02/01/2024 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5
Couverture de la série Les Schtroumpfs
Les Schtroumpfs

Mon avis se borne à trois albums, par lesquels j'ai eu le chance de découvrir les Schtroumpfs alors que j'étais encore tout minot : "Le Cosmoschtroumpf", "Le Schtroumpfissime" et "La Schtroumpfette". Étant donnée la qualité franchement moindre des autres histoires parcourues chez des camarades, je ne peux que remercier le hasard ayant présidé à ces achats (ou récupérations ?!) parentaux : je n'avais rien demandé ! La poésie contenue dans les pages du Cosmoschtroumpf -et son obsession assez démissionnaire !- m'avait complètement séduit et j'ai souvent relu cette "aventure" pleine d'humour qui mettait en avant la solidarité de ces gnomes caractériels, dans des décors époustouflants d'évocation réaliste et de beauté. Le graphisme de Peyo est effectivement miraculeux de maitrise et -surtout !- son découpage et ses dialogues rythment, sans jamais l'alourdir, la progression de l'histoire : une leçon éblouissante de "simplicité" dans l'Art de la Bande Dessinée. Le Schtroumpfissime, à la fois hilarant et pourtant assez acide pour être relu de manière plus décalée à l'adolescence, est encore plus réussi dans sa mise en scène et, pour facile que semble la démonstration, la charge anarchiste est salutaire sans que soit cautionnée à aucun moment la violence impliquée par la création des factions antagonistes. Moins poétique que le précédent, mais tout autant jouissif dans sa lecture -et parfait dans sa réalisation. La Schtroumpfette, enfin ; qui osait mettre en scène la féminité la plus caricaturale issue de l'imaginaire collectif Occidental, spectaculairement mise en "valeur" par la soudaine "virilisation sociale" de tout les habitants du village -Grand Schtroumpf compris tant son regard sur la problématique de l'inclusion du personnage au reste de la population est incroyablement machiste. Mais ça fonctionne : le désarroi de l'héroïne, pour ridicule qu'il paraisse, est touchant dans sa sincérité et les rivalités grotesques des autres personnages, si réalistiquement "garçonnes", sonnent très "vrai" au sein de leur mini-révolution civile quand, malgré sa "sagesse", leur ainé se trouve accusé officiellement d'être le véritable instigateur du désordre (magnifique retournement de situation scénaristique) ! Si on ajoute les histoires bis associées à ces parutions, respectivement "La Faim Des Schtroumpfs" et "Le Faiseur De Pluie", toutes deux plus simples dans leurs intrigues enfantines mais d'égale facture formelle, on a l'impression d'être en présence d'une œuvre complètement maitrisée, accomplie et achevée. La parfaite compréhension du médium place Peyo parmi les plus grands de son époque ; et son succès international, pour commercial qu'il semble à posteriori au travers de la sur-exploitation de cette franchise, apparait justifié ; ne serait-ce que grâce à ces trois réussites. Moi, ça me schtroumpfe, une bonne schtroumpf-Dessinée honnête et sans prétenschtroumpf...

02/01/2024 (modifier)