Autant le dire tout de suite, je n'avais jamais entendu parler de Valérian avant le battage fait autour du film de Besson que, par ailleurs, je ne suis pas allé voir. J'ai donc abordé ce one-shot sans connaissance ni a priori sur les personnage et le potentiel de l'histoire, attiré par le duo d'auteurs aux commandes.
Je me suis régalé.
Wilfrid Lupano nous offre un scénario délirant, dans lequel Valérian et Laureline vont tomber de Charybde en Scylla galactique, bien aidé en cela par leurs amis les Shingouz. L'action rebondit perpétuellement, c'est drôle, vif et surprenant.
Mathieu Lauffray est fidèle à lui-même, avec un trait des plus dynamique, toujours très vivant, même si cette parodie est probablement moins propice au grandiose que d'autres séries (Long John Silver pour n'en citer qu'une).
J'ai sans doute manqué quelques références, mais cela n'est absolument pas gênant et ne gâche en rien le plaisir ressenti à la lecture de cet opus. Mon seul regret étant qu'il n'appelle pas de suite.
Je recommande fortement la lecture.
Sur le tome de Larcenet
L’album souffre de la comparaison avec le suivant (que j’ai lu avant donc).
C’est un pastiche sympathique mais le trait un peu gras et caricatural de Larcenet ne flatte pas autant mes rétines que celui de Lauffray. Idem pour l’humour qui est un peu plus lourd.
Bref, deux albums, deux style différents. J’en ai trouvé un génial et l’autre seulement sympathique. En dessous, même si très correct pour ce genre de reprise.
Un très joli conte macabre (enfin, dans le dessin) qui m'a rappelé un peu la BD Billy Brouillard. Avec un petit scénario pas mal du tout (j'aime vraiment beaucoup la façon dont l'auteure joue sur les expressions françaises), et qui, s'il ne révolutionne pas l'originalité, m'a surpris sur la fin et la façon de se conclure.
C'est le genre de petite BD que j'aime beaucoup tout simplement parce que c'est mignon tout plein et qu'on navigue dans un univers bien personnel, mais avec un message bien agréable à lire. J'ai pris beaucoup de plaisir à le lire et je vous le recommande.
Encore une très belle BD de l'auteure, qui allie ici encore une métaphore très belle et une application à la lettre d'une expression. Je crois que je vais me pencher sur ce qu'elle a fait d'autre, si elle nous pond des petites merveilles comme celle-là chaque fois.
Le scénario est encore une fois excellent, avec ce jeune garçon cherchant un vent capable de soulever les montagnes. C'est parfaitement bien raconté, avec une belle fin et une morale très correcte. Je ne sais pas comment le prendraient des enfants, mais pour un adulte ça plait beaucoup.
Et le dessin n'est pas en reste, moi qui ne suit pas très fan de ce genre justement. Le dessinateur fait quelque chose de très agréable à l’œil, qui arrive à mélanger l'influence du conte et celle de la BD, dans un mix des genres qui a de belles mises en pages. C'est agréable à regarder, et j'ai pris de plaisir à le lire.
C'est encore une fois une belle BD, que j'ai hâte de faire découvrir à des enfants. Pour leur donner envie de continuer, une fois plus grand ...
Pourquoi déroger à la moyenne, quand c'est bon c'est bon ! Et ce Aristide broyant du noir apporte beaucoup d'excellentes idées. Je n'ai rien regretté, ni l'achat, ni ma lecture, et ni ma relecture.
C'est une histoire comme j'adore lire, et que j'espère pouvoir faire lire aux enfants. Rien que le dessin vaut le coup d’œil et confère une bonne petite atmosphère au récit. C'est bien dessiné, avec des déformations en tout sens et des couleurs bien appropriées.
Et le scénario, servi par un ensemble de rimes qui donnent un rythme au texte, on assiste à l'histoire bien originale de ce Aristide. C'est un beau mélange de conte noir et de fable. C'est fantastique, mais bien fait, et on comprend les petites métaphores derrière.
Une BD qui est à lire, et si vous avez des enfants, c'est vraiment quelque chose que vous pouvez acheter les yeux fermés.
Je me retrouve quasiment intégralement dans l’avis de Mac Arthur.
D’abord dans ses préventions. Moi non plus, je ne suis pas fan de l’œuvre de Bastien Vivès – même si j’ai bien aimé certaines de ses productions (comme Pour L'Empire). Je ne suis pas non plus friand de roman graphique.
Mais, comme Mac Arthur, je dois dire que la manière qu’a eu Vivès de traiter un sujet assez casse gueule m’a convaincu. Pas de provoc, ni de longueurs niaiseuses, les premiers émois amoureux, jusqu’aux premières expériences « physiques » sont ici bien amenés.
Peu de dialogues, cela se laisse lire facilement et rapidement. Peu de cases non plus – et celle-ci sont épurées. Comme une partie des visages d’ailleurs (c’est souvent le cas chez Vivès – et je ne suis pas fan du procédé).
Sur le thème des amours de vacances, et des amours adolescentes, ce « Une sœur » est plutôt une réussite.
Même si je ne sais pas si je le relirai (je l’ai emprunté, et ce n’est a priori pas le genre de chose que j’achète), c’est quand même un album que les amateurs de roman graphique peuvent acheter.
Note réelle 3,5/5.
western 2.0
En le feuilletant dans la librairie , je suis tombée sur une page où un type maigre à la chevelure blanche, tout vêtu de blanc, dans le costume du gentleman sudiste est en train de pisser sur une tombe. Autour de lui, la lumière chaude passe à travers les arbres, le ciel bleu, derrière les peupliers... C'est une aquarelle légère appliquée sur un cerné élastique et réaliste.
En contraste: le héros au nom juif porte un pantalon noir enfoncé dans des bottes brunes. Son air perché, sa coiffure dégarnie peu flatteuse, son admiration pour Victor Hugo, tout le conforte dans son rôle sombre et marginal: enterrer les morts.
Pour le reste tout a été dit dans les avis précédents: l'undertaker fashion (assez inexplicable) qui prend ici une tournure inattendue (littéraire voire polarde) , l'hésitation dans le classement parmi les westerns (un western sans la soif), la qualité de construction du scénario, l'étrangeté du personnage principal mais aussi de son alter-égo blond... Comme si deux personnages contemporains débarquaient dans "Le bon, la brute et le truand", par exemple James Dean et Daroussin jeune...
A boire sans modération.
Pour le tome deux : Stern à cours de livre, part à la ville à la recherche d'un bon roman. Mais évidemment, le pèquenaud fossoyeur va vite être remarqué, et le passé va le rattraper sauvagement. Bizarrement ce tome-là est plus conventionnel (bagarres, saloons, flingues et compagnie) mais l'apparition de l'homosexualité apporte une petite touche contemporaine pas désagréable, mais qui finira par devenir convenue avec le recul. (jamais on n'aurait vu ça dans Jerry Spring, ni même dans Blueberry...)
,
Le texte ici adapté est un grand classique de la littérature – et un très beau texte d’Oscar Wilde. Ne pas trahir le texte garantit déjà d’une lecture intéressante.
Le basculement de Dorian Gray vers le mal, après qu’il eut fait une sorte de pacte, s’affirmant prêt à tout pourvu qu’il reste aussi jeune et brillant que le portrait de lui qu’un ami artiste a réalisé, est intéressant. Même si ici c’est un peu brutal et sans nuance – comme l’est la transformation du portrait, qui vieillit et absorbe le mal qu’exhale Dorian, qui lui reste jeune, tout en commettant crimes sur crimes.
Comme toujours pour les publications de l’éditeur- galeriste Daniel Maghen, le travail éditorial est soigné, et le dessin de Corominas est beau. Mais je l’ai trouvé un peu maniéré.
C’est la deuxième adaptation en Bande Dessinée de ce roman que je lis, après Le Portrait de Dorian Gray, d'Oscar Wilde. Toutes deux sont réussies, mais j’avoue une préférence pour la version de Stanislas Gros, avec un dessin sans doute moins « beau », mais que j’ai trouvé plus efficace (comme j’avais trouvé un chouia plus équilibré son adaptation).
Il n’en reste pas moins que ces deux albums sont recommandables.
Ah Gustave Doré ... Ses planches de contes qui ont bercées mon enfances ... Ces dessins merveilleux que j'adorais relire ....
Et en fac, une amie m'offre cette BD ! Autant vous dire que j'ai été très joie à ce moment là.
C'est le genre de BD qui me fait dire que finalement, la société ne change pas tant que ça. Parce que c'est drôle, surtout que c'est totalement d'actualité.
Gustave Doré fait un portrait très méchant de cette classe semi-bourgeoise, qui part en vacances découvrir les Alpes et devient ce touriste typique dont on se moque allègrement aujourd'hui encore. Entre admiration de tout et connaissance de rien, peur de chaque chose et petites réflexions inutiles, c'est le portrait d'un touriste se croyant découvrir la vie. Et qui n'est au final, qu'un touriste de plus (et agaçant, qui plus est). Gustave Doré n'y va pas de main morte (d'ailleurs il n'hésite pas à se caricaturer dedans également), et montre tout l'esprit de ces touristes qui sont béatement en admiration devant tout ce qu'ils voient de si "exotique".
Le dessin est, quant à lui, une merveille d'ingéniosité : exagérations assumées (on nous précise quand l'histoire est volontairement grossie par le protagoniste), dessin caricaturale des personnages, mise en page innovante sur plusieurs aspects (notamment le coup de la lunette d'observation), mise en abyme du récit ... C'est l'OuBaPo avant l'heure, cette BD ! Et le renforcement entre texte et dessin fait hurler de rire, tant c'est en décalage permanent.
Un petit chef-d'oeuvre d'ancienne BD qui fait plaisir à lire, autant pour son caractère ancien que son propos toujours d'actualité. C'est moderne sur tout les points, et je le relis avec plaisir (ce que je ne pensais pas dire d'une BD si vieille). Pour rigoler un bon coup de ces touristes, n'hésitez pas à découvrir ce voyage ... d'agrément
Encore une belle réussite de la part de Bryan Lee O'Maley. Je l'attendais au tournant après le nom moins excellent Scott Pilgrim,et je n'ai pas été déçu de cette nouvelle aventure. L'auteur a ce petit don pour croquer des personnages et des situations qui sentent le vécu. J'ai beaucoup apprécié le personnage principal notamment, qui a ce caractère très prononcé qui fait plaisir (et encore une fois, c'est pas compliqué de faire un personnage féminin sortant des sentiers battus et à qui on peut s'attacher nom de Dieu !).
Le dessin est toujours aussi bon, et l'auteur arrive à dessiner des endroits que j'aurais bien envie de visiter. Rien que pour l'ambiance qu'il dégage de ses maisons.
Niveau histoire, j'avoue que c'est bien trouvé : une sorte de fable qui montre le principe de l'effet papillon, mais également avec tout ce que ça comporte de changer sa vie. C'est la fameuse morale "contente-toi de ce que tu as", mais bien faite. Notamment parce que l'auteur arrive à glisser des petites idées bien senties (du genre les esprits des maisons).
En fait, c'est assez surprenant comme c'est différent de Scott Pilgrim, et j'ai bien apprécié. L'auteur nous montre qu'il peut toucher à d'autres genres avec un talent toujours identique. Ca reste rempli de personnages sentant le réel, de dialogues savoureux, de situations amusantes, encore une fois une BD à la fois simple et amusante. Pour ceux que Scott Pilgrim aurait refroidi, tentez ici !
Cela fait bien 3 ans que je l’attendais celui-là car il avait été annoncé peu de temps après la sortie du Charly 9. Comme tous les blésois de naissance j’ai entendu parler de l’assassinat du duc Henri de Guise au sein du château royal de la ville par les fameux mignons de Henri III (que Alexandre Dumas a raconté dans son roman Les Quarante-Cinq), et j’étais intrigué à l’idée de le voir mis en image. Le frère de Guise, le cardinal, a aussi pas mal dérouillé : dépecé puis balancé dans la Loire. Niveau degré de violence aucun doute, on est à la même époque que la Saint-Barthélémy.
Il y a beaucoup de ragots autour de ce roi : ses orientations sexuelles, son accoutrement, sa façon de gouverner. Certains sont véridiques, d’autres mettent encore les historiens dans le doute de nos jours. Richard Guérineau, en roue libre sur cet album, s’en tire à merveille en jouant habilement entre faits historiques, romancés, et sa part de fiction. Les moqueries dont fait l’objet Henri, Guérineau en grossit volontairement le trait jusque la caricature, dressant un portrait de fashion victim à ce roi probablement un peu coquet, mais loin d’être une tarlouze comme la populace se l’imagine. Ce traitement presse people fait penser à cette émission de télé Sous les jupons de l’Histoire qui s’intéresse aux ragots, aux choses du quotidien et surtout les histoires de fesses des souverain(e)s.
« N’accordez point trop d’importance aux médisances, sire. Supprimer les braguettes pour oublier que vous êtes un homme ? Qui pourrait croire à cette farce ?
- Mmh… Entre une vérité triviale et une rumeur putassière, qui peut deviner ce que l’Histoire retiendra ? ».
L’humour est constamment présent même dans les moments moins jouasses notamment grâce à des dialogues savoureux et ordurier. J’imagine que c’est la manière avec laquelle ces personnages devaient s’exprimer en privé. L’épilogue de fin est à se taper le cul par terre, j’ai beaucoup ri, avec encore une fois un détournement de l’histoire. Entre les dingueries de Charles IX ou les grossièretés et la décadence (ou la préfiguration tel l'empereur Héliogabale en son temps) de Henri III, j'ai préféré les turpitudes de ce dernier.
Les dessins et couleurs de l’auteur sont du même cru que ceux sur Charly 9 avec toujours ces changements de style qui donnent de l’air à un bouquin bien épais.
En bref, pour qui aime l’Histoire en sachant distingué fiction et réalité, Henriquet l’homme-reine est incontournable. C’est drôle, très jolie, intelligent, et surtout complet avec près de 200 pages de biographie romancé.
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Valérian - Shingouzlooz.Inc
Autant le dire tout de suite, je n'avais jamais entendu parler de Valérian avant le battage fait autour du film de Besson que, par ailleurs, je ne suis pas allé voir. J'ai donc abordé ce one-shot sans connaissance ni a priori sur les personnage et le potentiel de l'histoire, attiré par le duo d'auteurs aux commandes. Je me suis régalé. Wilfrid Lupano nous offre un scénario délirant, dans lequel Valérian et Laureline vont tomber de Charybde en Scylla galactique, bien aidé en cela par leurs amis les Shingouz. L'action rebondit perpétuellement, c'est drôle, vif et surprenant. Mathieu Lauffray est fidèle à lui-même, avec un trait des plus dynamique, toujours très vivant, même si cette parodie est probablement moins propice au grandiose que d'autres séries (Long John Silver pour n'en citer qu'une). J'ai sans doute manqué quelques références, mais cela n'est absolument pas gênant et ne gâche en rien le plaisir ressenti à la lecture de cet opus. Mon seul regret étant qu'il n'appelle pas de suite. Je recommande fortement la lecture. Sur le tome de Larcenet L’album souffre de la comparaison avec le suivant (que j’ai lu avant donc). C’est un pastiche sympathique mais le trait un peu gras et caricatural de Larcenet ne flatte pas autant mes rétines que celui de Lauffray. Idem pour l’humour qui est un peu plus lourd. Bref, deux albums, deux style différents. J’en ai trouvé un génial et l’autre seulement sympathique. En dessous, même si très correct pour ce genre de reprise.
Coeur de pierre
Un très joli conte macabre (enfin, dans le dessin) qui m'a rappelé un peu la BD Billy Brouillard. Avec un petit scénario pas mal du tout (j'aime vraiment beaucoup la façon dont l'auteure joue sur les expressions françaises), et qui, s'il ne révolutionne pas l'originalité, m'a surpris sur la fin et la façon de se conclure. C'est le genre de petite BD que j'aime beaucoup tout simplement parce que c'est mignon tout plein et qu'on navigue dans un univers bien personnel, mais avec un message bien agréable à lire. J'ai pris beaucoup de plaisir à le lire et je vous le recommande.
L'Homme Montagne
Encore une très belle BD de l'auteure, qui allie ici encore une métaphore très belle et une application à la lettre d'une expression. Je crois que je vais me pencher sur ce qu'elle a fait d'autre, si elle nous pond des petites merveilles comme celle-là chaque fois. Le scénario est encore une fois excellent, avec ce jeune garçon cherchant un vent capable de soulever les montagnes. C'est parfaitement bien raconté, avec une belle fin et une morale très correcte. Je ne sais pas comment le prendraient des enfants, mais pour un adulte ça plait beaucoup. Et le dessin n'est pas en reste, moi qui ne suit pas très fan de ce genre justement. Le dessinateur fait quelque chose de très agréable à l’œil, qui arrive à mélanger l'influence du conte et celle de la BD, dans un mix des genres qui a de belles mises en pages. C'est agréable à regarder, et j'ai pris de plaisir à le lire. C'est encore une fois une belle BD, que j'ai hâte de faire découvrir à des enfants. Pour leur donner envie de continuer, une fois plus grand ...
Aristide broie du noir
Pourquoi déroger à la moyenne, quand c'est bon c'est bon ! Et ce Aristide broyant du noir apporte beaucoup d'excellentes idées. Je n'ai rien regretté, ni l'achat, ni ma lecture, et ni ma relecture. C'est une histoire comme j'adore lire, et que j'espère pouvoir faire lire aux enfants. Rien que le dessin vaut le coup d’œil et confère une bonne petite atmosphère au récit. C'est bien dessiné, avec des déformations en tout sens et des couleurs bien appropriées. Et le scénario, servi par un ensemble de rimes qui donnent un rythme au texte, on assiste à l'histoire bien originale de ce Aristide. C'est un beau mélange de conte noir et de fable. C'est fantastique, mais bien fait, et on comprend les petites métaphores derrière. Une BD qui est à lire, et si vous avez des enfants, c'est vraiment quelque chose que vous pouvez acheter les yeux fermés.
Une Soeur
Je me retrouve quasiment intégralement dans l’avis de Mac Arthur. D’abord dans ses préventions. Moi non plus, je ne suis pas fan de l’œuvre de Bastien Vivès – même si j’ai bien aimé certaines de ses productions (comme Pour L'Empire). Je ne suis pas non plus friand de roman graphique. Mais, comme Mac Arthur, je dois dire que la manière qu’a eu Vivès de traiter un sujet assez casse gueule m’a convaincu. Pas de provoc, ni de longueurs niaiseuses, les premiers émois amoureux, jusqu’aux premières expériences « physiques » sont ici bien amenés. Peu de dialogues, cela se laisse lire facilement et rapidement. Peu de cases non plus – et celle-ci sont épurées. Comme une partie des visages d’ailleurs (c’est souvent le cas chez Vivès – et je ne suis pas fan du procédé). Sur le thème des amours de vacances, et des amours adolescentes, ce « Une sœur » est plutôt une réussite. Même si je ne sais pas si je le relirai (je l’ai emprunté, et ce n’est a priori pas le genre de chose que j’achète), c’est quand même un album que les amateurs de roman graphique peuvent acheter. Note réelle 3,5/5.
Stern
western 2.0 En le feuilletant dans la librairie , je suis tombée sur une page où un type maigre à la chevelure blanche, tout vêtu de blanc, dans le costume du gentleman sudiste est en train de pisser sur une tombe. Autour de lui, la lumière chaude passe à travers les arbres, le ciel bleu, derrière les peupliers... C'est une aquarelle légère appliquée sur un cerné élastique et réaliste. En contraste: le héros au nom juif porte un pantalon noir enfoncé dans des bottes brunes. Son air perché, sa coiffure dégarnie peu flatteuse, son admiration pour Victor Hugo, tout le conforte dans son rôle sombre et marginal: enterrer les morts. Pour le reste tout a été dit dans les avis précédents: l'undertaker fashion (assez inexplicable) qui prend ici une tournure inattendue (littéraire voire polarde) , l'hésitation dans le classement parmi les westerns (un western sans la soif), la qualité de construction du scénario, l'étrangeté du personnage principal mais aussi de son alter-égo blond... Comme si deux personnages contemporains débarquaient dans "Le bon, la brute et le truand", par exemple James Dean et Daroussin jeune... A boire sans modération. Pour le tome deux : Stern à cours de livre, part à la ville à la recherche d'un bon roman. Mais évidemment, le pèquenaud fossoyeur va vite être remarqué, et le passé va le rattraper sauvagement. Bizarrement ce tome-là est plus conventionnel (bagarres, saloons, flingues et compagnie) mais l'apparition de l'homosexualité apporte une petite touche contemporaine pas désagréable, mais qui finira par devenir convenue avec le recul. (jamais on n'aurait vu ça dans Jerry Spring, ni même dans Blueberry...) ,
Dorian Gray
Le texte ici adapté est un grand classique de la littérature – et un très beau texte d’Oscar Wilde. Ne pas trahir le texte garantit déjà d’une lecture intéressante. Le basculement de Dorian Gray vers le mal, après qu’il eut fait une sorte de pacte, s’affirmant prêt à tout pourvu qu’il reste aussi jeune et brillant que le portrait de lui qu’un ami artiste a réalisé, est intéressant. Même si ici c’est un peu brutal et sans nuance – comme l’est la transformation du portrait, qui vieillit et absorbe le mal qu’exhale Dorian, qui lui reste jeune, tout en commettant crimes sur crimes. Comme toujours pour les publications de l’éditeur- galeriste Daniel Maghen, le travail éditorial est soigné, et le dessin de Corominas est beau. Mais je l’ai trouvé un peu maniéré. C’est la deuxième adaptation en Bande Dessinée de ce roman que je lis, après Le Portrait de Dorian Gray, d'Oscar Wilde. Toutes deux sont réussies, mais j’avoue une préférence pour la version de Stanislas Gros, avec un dessin sans doute moins « beau », mais que j’ai trouvé plus efficace (comme j’avais trouvé un chouia plus équilibré son adaptation). Il n’en reste pas moins que ces deux albums sont recommandables.
Des-Agréments d'un Voyage d'Agrément
Ah Gustave Doré ... Ses planches de contes qui ont bercées mon enfances ... Ces dessins merveilleux que j'adorais relire .... Et en fac, une amie m'offre cette BD ! Autant vous dire que j'ai été très joie à ce moment là. C'est le genre de BD qui me fait dire que finalement, la société ne change pas tant que ça. Parce que c'est drôle, surtout que c'est totalement d'actualité. Gustave Doré fait un portrait très méchant de cette classe semi-bourgeoise, qui part en vacances découvrir les Alpes et devient ce touriste typique dont on se moque allègrement aujourd'hui encore. Entre admiration de tout et connaissance de rien, peur de chaque chose et petites réflexions inutiles, c'est le portrait d'un touriste se croyant découvrir la vie. Et qui n'est au final, qu'un touriste de plus (et agaçant, qui plus est). Gustave Doré n'y va pas de main morte (d'ailleurs il n'hésite pas à se caricaturer dedans également), et montre tout l'esprit de ces touristes qui sont béatement en admiration devant tout ce qu'ils voient de si "exotique". Le dessin est, quant à lui, une merveille d'ingéniosité : exagérations assumées (on nous précise quand l'histoire est volontairement grossie par le protagoniste), dessin caricaturale des personnages, mise en page innovante sur plusieurs aspects (notamment le coup de la lunette d'observation), mise en abyme du récit ... C'est l'OuBaPo avant l'heure, cette BD ! Et le renforcement entre texte et dessin fait hurler de rire, tant c'est en décalage permanent. Un petit chef-d'oeuvre d'ancienne BD qui fait plaisir à lire, autant pour son caractère ancien que son propos toujours d'actualité. C'est moderne sur tout les points, et je le relis avec plaisir (ce que je ne pensais pas dire d'une BD si vieille). Pour rigoler un bon coup de ces touristes, n'hésitez pas à découvrir ce voyage ... d'agrément
Seconds
Encore une belle réussite de la part de Bryan Lee O'Maley. Je l'attendais au tournant après le nom moins excellent Scott Pilgrim,et je n'ai pas été déçu de cette nouvelle aventure. L'auteur a ce petit don pour croquer des personnages et des situations qui sentent le vécu. J'ai beaucoup apprécié le personnage principal notamment, qui a ce caractère très prononcé qui fait plaisir (et encore une fois, c'est pas compliqué de faire un personnage féminin sortant des sentiers battus et à qui on peut s'attacher nom de Dieu !). Le dessin est toujours aussi bon, et l'auteur arrive à dessiner des endroits que j'aurais bien envie de visiter. Rien que pour l'ambiance qu'il dégage de ses maisons. Niveau histoire, j'avoue que c'est bien trouvé : une sorte de fable qui montre le principe de l'effet papillon, mais également avec tout ce que ça comporte de changer sa vie. C'est la fameuse morale "contente-toi de ce que tu as", mais bien faite. Notamment parce que l'auteur arrive à glisser des petites idées bien senties (du genre les esprits des maisons). En fait, c'est assez surprenant comme c'est différent de Scott Pilgrim, et j'ai bien apprécié. L'auteur nous montre qu'il peut toucher à d'autres genres avec un talent toujours identique. Ca reste rempli de personnages sentant le réel, de dialogues savoureux, de situations amusantes, encore une fois une BD à la fois simple et amusante. Pour ceux que Scott Pilgrim aurait refroidi, tentez ici !
Henriquet - L'homme-reine
Cela fait bien 3 ans que je l’attendais celui-là car il avait été annoncé peu de temps après la sortie du Charly 9. Comme tous les blésois de naissance j’ai entendu parler de l’assassinat du duc Henri de Guise au sein du château royal de la ville par les fameux mignons de Henri III (que Alexandre Dumas a raconté dans son roman Les Quarante-Cinq), et j’étais intrigué à l’idée de le voir mis en image. Le frère de Guise, le cardinal, a aussi pas mal dérouillé : dépecé puis balancé dans la Loire. Niveau degré de violence aucun doute, on est à la même époque que la Saint-Barthélémy. Il y a beaucoup de ragots autour de ce roi : ses orientations sexuelles, son accoutrement, sa façon de gouverner. Certains sont véridiques, d’autres mettent encore les historiens dans le doute de nos jours. Richard Guérineau, en roue libre sur cet album, s’en tire à merveille en jouant habilement entre faits historiques, romancés, et sa part de fiction. Les moqueries dont fait l’objet Henri, Guérineau en grossit volontairement le trait jusque la caricature, dressant un portrait de fashion victim à ce roi probablement un peu coquet, mais loin d’être une tarlouze comme la populace se l’imagine. Ce traitement presse people fait penser à cette émission de télé Sous les jupons de l’Histoire qui s’intéresse aux ragots, aux choses du quotidien et surtout les histoires de fesses des souverain(e)s. « N’accordez point trop d’importance aux médisances, sire. Supprimer les braguettes pour oublier que vous êtes un homme ? Qui pourrait croire à cette farce ? - Mmh… Entre une vérité triviale et une rumeur putassière, qui peut deviner ce que l’Histoire retiendra ? ». L’humour est constamment présent même dans les moments moins jouasses notamment grâce à des dialogues savoureux et ordurier. J’imagine que c’est la manière avec laquelle ces personnages devaient s’exprimer en privé. L’épilogue de fin est à se taper le cul par terre, j’ai beaucoup ri, avec encore une fois un détournement de l’histoire. Entre les dingueries de Charles IX ou les grossièretés et la décadence (ou la préfiguration tel l'empereur Héliogabale en son temps) de Henri III, j'ai préféré les turpitudes de ce dernier. Les dessins et couleurs de l’auteur sont du même cru que ceux sur Charly 9 avec toujours ces changements de style qui donnent de l’air à un bouquin bien épais. En bref, pour qui aime l’Histoire en sachant distingué fiction et réalité, Henriquet l’homme-reine est incontournable. C’est drôle, très jolie, intelligent, et surtout complet avec près de 200 pages de biographie romancé.