Voilà un thriller plutôt bien senti qui, en un seul tome, nous propose une bonne petite virée qui sent la cendre et la poudre.
Conrad est un ancien flic tombé en disgrâce à cause de son alcoolisme notoire. Afin de se refaire une réputation, il enquête sur le meurtre non résolu d'une jeune fille dont le corps a été retrouvé calciné lors des incendie qui font rage dans ce Sud Californien.
Voilà un pitch qui semble au premier abord bien conventionnel. Heureusement, Chip Mosher (le scénariste) se joue de ces clichés qu'il recycle à merveille pour nous proposer un oneshot efficace et percutant. On est rapidement pris par cette enquête, jusqu'à un final qu'on ne voit pas venir et qui conclue cet album de façon enlevée.
Le trait réaliste de Peter Krause qui s'inscrit dans un découpage très classique fait parfaitement le job. Par contre, je ne suis pas super fan de la colorisation de Giulia Brusco ; si certaines planches (surtout les sombres ou les nocturnes) sont réussies, les ambiances diurnes sont plutôt froides et un peu fades.
Avis aux amateurs de polars, voilà un album de genre qui, s'il ne révolutionnera pas le genre, fait parfaitement le taff et nous fait passer un très bon moment de lecture !
Un premier tome d'une rare qualité.
L'histoire vraie de Madeleine Riffau racontée de sa bouche et scénarisé par JD Morvan.
Pour Madeleine devenir résistante était une évidence, un sacerdoce.
Ce premier tome nous montre une Madeleine au caractère fort et qui sait ce qu'elle veut et elle veut aider son pays à bouter les bosch hors de France. Pourtant elle n'a pas encore 18 ans. Un sacré bout de femme.
Un album qui montre de façon réaliste l'occupation par les nazis bien aidés par les collabos, l'un d'entre eux d'ailleurs profitera de son autorité sur la pauvre jeune fille.
Des souvenirs de mon service militaire me reviennent en mémoire, donnez un grade à de jeunes appelés et certains en abuseront. Il y aura toujours des salauds.
Un récit fluide, captivant et émouvant font de cet opus une réussite narrative.
La partie graphique est du même tonneau, elle est criante de vérité, on est plongé dans cette période trouble de l'histoire de France bien aidé par la jolie colorisation dans les tons hivernaux bleus/gris.
Juste un bémol page 95, je me demande comment un train peut passer d'une voie à l'autre avec des aiguillages ainsi dessinés. Désolé, mon côté cheminot qui ressort.
Un très beau travail de mémoire et un bel hommage à tous les résistants.
J'attends la suite avec impatience.
Londres fin XIXe, une grosse touche de fantastique mâtinée de steampunk, une bonne grosse enquête sur des voleurs de cadavres et un tueur en série ? Chouette !!! Déjà le pitch match une sacrée dose d'éléments propres à titiller ma corde sensible !
C'est donc dans ce Londres en pleine période Victorienne que Malcolm Max et sa belle acolyte Charisma mènent l'enquête sur des vols de cadavres. Mais cette enquête va trouver des ramifications dans une affaire beaucoup plus importante, celle du tueur en série surnommé Le Poète, qu'on croyait pourtant réglée depuis que ce dernier avait été exécuté... Petite précision, notre enquêteur est un expert du paranormal et de la chasse au démon ; quant à la belle Charisma, elle est pour sa part un demi-vampire. Voilà pour le décor !
Plutôt emballé par le programme je me suis lancé à corps perdu dans cette lecture et j'avoue qu'il m'a fallu un petit moment pour m'adapter à ce qui pour moi reste le point faible de cet album : le texte. Qu'est-ce que ça peut paraître bavard ! Peu habitué à ce genre de narration où le texte occupe une part importante des cases, cela surprend grandement au début. Et puis, je me suis laissé prendre, car heureusement l'histoire est très bonne et les personnages plutôt bien sentis. Le graphisme d'Ingo Römling étant lui aussi très efficace, on finit par se laisser totalement embarquer par cette enquête mouvementée et ésotérique. Les rebondissements s'enchaînent, les scènes de crimes très théâtrales sont assez fantastiques : j'en redemande !
Une belle découverte que cette série, j'attends la suite avec impatience.
*** Tome 2 ***
L'album commence tambours battants, Malcolm et Charisma se retrouvant tous deux dans une situation plus qu'inconfortable. Charisma a été faite prisonnière en visitant l'usine Shacklock qui fabrique les étranges "hommes mécaniques", sous la direction du répugnant Leech et Malcolm se retrouve incarcéré dans la Tour de Londres, suspecté de la vague de meurtres atroces ayant plagié le défunt tueur en série le Poète... Un comble, vu qu'il enquêtait sur ces derniers, surtout que les âmes desdites défuntes à qui il a promis vengeance vont se rappeler à son bon souvenir pour qu'il honore sa promesse...
Avec ce 2e opus, l'intrigue avance, les personnages se dévoilent petit à petit et le puzzle commence à prendre forme. Le rythme prend le pas sur le côté un peu bavard toujours présent mais bien dosé et on se surprend à arriver à la fin de ces 46 pages sans avoir eu le temps de s'en rendre compte ni de souffler. On en aurait même voulu un peu plus, brisé dans notre élan... En tout cas le talent de notre duo d'auteur se confirme et j'attends donc la suite avec impatience !
*** Tome 3 ***
Voilà un tome conclusif comme je les aime !
Tout aussi efficace et rythmé que les deux premiers en apportant réponse à tous les mystères et questions que déroule le scénario. Bravo !
Car ce troisième tome monte encore la barre plus haut ! Que ce soit dans l'action, l'horreur, l'humour, notre duo d'auteurs s'est surpassé pour nous proposer une des meilleures série que j'aurai pu lire cette année. Côté dessin, Ingo Römling fait toujours des merveilles avec un trait racé qui colle à merveille à cette ambiance Victorienne.
C'est donc avec quelques regrets que l'on referme ce troisième et dernier opus. Un second cycle, ça vous tente pas les gars ???
Pas spécialement alléché par ce pavé au trait minimaliste traitant d'une rando de plus de 4000 bornes, je sors finalement ravi de ma lecture !
Luke Healy qui se livre à travers cet album nous raconte la naissance de ce projet fou : faire le PCT ! Comprenez faire le Pacific Crest Trail, l'un des plus grand treck du monde qui relie le Mexique au Canada en remontant la côté ouest américaine, soit 4280 kms ! Sauf que notre Luke, auteur de BD, est tout sauf un parangon de sportif ! Ce jeune irlandais bercé par le rêve américain, qui n'a pourtant rien fait pour l'accueillir (il s'est fait expulser plusieurs fois après expiration de ses visas d'étudiant), va ainsi se confronter à lui même et à cette Amérique mystifiée au fil de ce parcours improbable et surréaliste.
Le tour de force de cet album tient avant tout à la qualité narrative dont fait preuve l'auteur, et à son autodérision permanente. Loin de se la péter, il connait ses faiblesses ; c'est son abnégation, qui lui fera frôler pourtant de graves dangers, qui lui permettra de mener à bien son challenge, avec il est vrai quelques petites entorses (mais chut !). C'est ensuite l'analyse de cette Amérique contrastée qui s'inscrit en filigrane de ce parcours qui donne son second souffle tant à l'auteur qu'au lecteur. Que ce soit au travers de ses compagnons de marche qui n'arrêtent pas de changer ou des locaux qu'il croise pendant son périple, on découvre toute la diversité et les paradoxes de ce pays. Les paysages ne sont pas en reste dans ce patchwork, passant du désert à la haute montage, c'est un florilège de panoramas qui s'enchainent au fil des pages.
C'est d'ailleurs le petit regret qu'on pourrait avoir, car le dessin minimaliste de Luke Healy rend pâlement hommage à ce qu'il décrit.
Pour autant, cette BD de quelques 300 pages se lit d'une traite tant l'auteur sait se rendre attachant et sympathique. Une très belle découverte !
Voila une lecture extrèmement instructive mais qu'il faut prendre le temps de manger. C'est lourd, un petit peu trop à mon gout, avec une sensation d'indigestion de personnages et de textes (surtout si, comme moi, vous oubliez les noms) mais qui est remplie d'informations intéressante.
La BD se propose comme un prolongement de l'enquête réalisé par Benoit Collombat sur l'assassinat du juge Renaud et le meurtre maquillé en suicide de Robert Boullin, mais avec principalement des témoignages de personnes ayant vécues ces années-là. C'est donc un défilé de personnages et d'avis, parfois contraires d'ailleurs, qui débouche sur une conclusion ne faisant clairement pas la synthèse de l'ensemble, se gardant bien de préciser ce qu'il faut en tirer, mais nous laissant surtout avec la compréhension de tout ce qui se cache derrière. C'est une des choses que j'aime beaucoup avec Davodeau : il ne nous donne pas expressément son avis, même si celui-ci est clairement perceptible dans le récit, mais laisse toute les clés de compréhension pour se faire le sien propre. Et surtout savoir qu'on peut avoir un avis sur la question.
Je suis bien trop jeune pour avoir connu ces années-là, mais ça se sent que c'est pesant comme années. Le terme de plomb n'est pas usurpés, dans des années où les engagements politiques méritaient des passages à tabac, selon certains, où des meurtres. Une sorte de sale affaire qui touche à peu près tout ce qu'on peut imaginer de vie politique (associations, politiciens, juges, policiers, magistrats, voyous et criminels ...) dans un pot-pourri qui a des racines lointaines. Le récit nous parle de résistances et de collaborations tout autant que des bandes de mafieux des années 70, qui ont fait peser le poids de leur violence sur la France. Et là-dessus, essayons de démêler le sac de nœud de deux affaires de meurtres importantes.
Mine de rien, Davodeau et Collombat ont bien réussis leurs paris, puisque j'ai réussi à comprendre et m'en sortir (avec parfois du mal, je l'avoue) dans la multiplicité des personnages, des situations et des imbrications. Mais le tableau d'ensemble est glaçant d'effroi. Voir tout ce qui est possible de la part de nos politiciens pour conserver un peu de pouvoir, s'enrichir et contrôler plus de choses ... C'est d'autant plus effrayant que certains de ces politiciens sont encore en activités ou simplement les maitres à penser de ceux que l'on a actuellement.
Niveau dessin, Davodeau est toujours égal à lui-même, avec peu de représentations de paysages (contrairement à Le Droit du sol) et beaucoup de visages, comme à son habitude. Rien de notable mais de l'efficace, ce qu'on demande pour un documentaire en somme.
Un documentaire qui correspond à ce qu'on peut attendre de Davodeau, avec son habitude de parler de sujets variés et de façon très diverses. Moins rentre dedans que peut l'être un Squarzoni, mais toujours compréhensible et clair, c'est une BD qui permets de comprendre que lorsque l'on parle des pourris au pouvoir, le terme n'est pas trop fort. Il y a toujours des dossiers puants qui sortent sur les politiciens chaque année et cette BD nous rappelle jusqu'où ils sont prêt à aller. Inquiétant, oui !
Darryl Cunningham, journaliste pour le New York Times, nous livre avec cet album un documentaire édifiant sur Poutine.
Retraçant le parcours de ce chef d'état, il nous relate sa vie depuis son enfance au sortir de la seconde guerre mondiale jusqu'à sa position de dictateur qu'il s'est construite patiemment et méthodiquement. Le tragique de l'histoire veut que cet album ait été réalisé avant le début du conflit avec l'Ukraine, d'où la préface qu'a rajouté Darryl Cunningham avec la publication de cette BD par Delcourt.
Documentaire sans concession, on est facilement pris de vertige quand on met bout à bout tous les faits dramatiques qui jalonnent le parcours de Poutine et son ascension jusqu'à la place qu'il occupe aujourd'hui. Intimidations, corruption, assassinats en Russie et à l'étranger, cyberattaques, guerre en Syrie, en Georgie et aujourd'hui en Ukraine, le CV du maître du Kremlin doit faire rêver plus d'un dictateur...
Voilà donc un album documentaire qui remet en perspective de façon implacable l'histoire d'un triste dictateur à l'heure où ce dernier continue ses exactions aux portes de chez nous.
Ce qui interpelle d’emblée dans ce roman graphique, c’est cette atmosphère particulière. Derrière la grisaille apparente du dessin, qui peut rebuter de prime abord, se dissimule une belle ambiance intimiste, pleine de douceur. Et pourtant, le sujet autant que le contexte n’inspirent pas forcément la gaité, et c’est là tout le paradoxe du livre. « Breakwater », c’est l’histoire d’une femme entre deux âges, résignée à son job d’ouvreuse dans un cinéma décrépit dont la splendeur s’est effacée peu à peu sous la poussière du temps. Loin des multiplexes clinquants, on y joue principalement des films d’art et d’essai. Sa vie est banale à pleurer, mais elle semble toutefois s’en contenter. Un peu timide, Chris va faire connaissance avec Dan, un jeune homme qui vient d’être recruté par le directeur du cinéma. Ces deux êtres que la solitude a rapprochés vont nouer une solide complicité, l’homosexualité de Dan écartant toute ambigüité sur le type de relation qu’il établira avec sa collègue. Mais pour ce dernier, en apparence équilibré, des événements troublants vont peu à peu se faire jour, annonciateurs du drame à venir…
Alors pourquoi « Breakwater » est-il si plaisant malgré toute cette « grisaille » ? Cela tient à deux facteurs. Tout d’abord le dessin (noir et blanc bien sûr), qui laisse infuser son charme au fil des pages. Katriona Chapman a su injecter une grande sensibilité dans son trait crayonné somme toute assez rudimentaire. Et si les personnages restent expressifs malgré ce minimalisme, le charme réside en grande partie dans l’ambiance, avec plusieurs pleines pages représentant les couloirs du vieux ciné nimbés d’une lumière rasante, ou la ville de Brighton à la météo chagrine malgré sa position maritime dans l’Angleterre méridionale.
L’autre facteur, c’est un scénario simplissime composé des phrases courtes et de silences. De même, l’autrice a su refléter l'humanité des personnages à travers leurs expressions. Ces personnages ordinaires, héros du quotidien à mille lieues du monde de la « win », nous sont extrêmement proches. Sans en faire des tonnes, Katriona Chapman a su leur conférer une âme qui ne peut que toucher le lecteur un tant soi peu empathique, en particulier dans les dernières pages du récit où Chris est confronté à un terrible dilemme. Et comme l’histoire se déroule dans un cinéma, il apparaît plus que logique de faire le lien avec Ken Loach. En effet, le cinéaste britannique aurait très bien pu faire un long-métrage de cette peinture sociale mélancolique, à la fois pleine de fraîcheur et de gravité, et qui laisse tout de même entrevoir une parcelle bienvenue de paradis terrestre.
« Breakwater » est sans aucun doute la lecture idéale au cœur de l’été. Un moment de grâce et d’intelligence, où l’intimité rejoint l’intemporalité, loin du fracas de la vie urbaine et de ses égoïsmes. Et tout cela malgré un sujet grave mais dans lequel se retrouveront tout celles et ceux qui peinent parfois à s’intégrer à ce monde « stoned » qui nous assène en permanence ses « souriantes » injonctions à la performance.
Vous avez aimé Dans la tête de Sherlock Holmes ? Alors, vous allez adorer ce "Psycho Investigateur".
Simon Radius a le pouvoir de rentrer dans le cerveau des gens et ainsi de "voir" les souvenirs de ces derniers. Il aide souvent la police lors de certaines enquêtes.
Un scénario bien construit et cohérent avec de nombreux rebondissements, les fausses pistes sont nombreuses et bien intégrées au récit.
Mais un Simon tourmenté suite à la disparition de son épouse et qui en parallèle continue de la chercher.
Une narration fluide et rythmée, des personnages attachants ou détestables font de ce récit une réussite.
C'est tout aussi ingénieux graphiquement, il faut prendre son temps pour bien en apprécier tous les détails, toutes les trouvailles.
Une mise en page qui casse les codes, c'est innovant et efficace.
Un dessin singulier et expressif de toute beauté avec une colorisation dans les tons mates.
Le rendu des voyages dans l'esprit des individus me rappelle le docteur Strange dans les dimensions parallèles.
Magnifique !
Une bd délirante que je recommande.
Une bd d'ambiance et l'ambiance est pluvieuse, l'auteur nous entraîne dans une ville noyée par une pluie diluvienne et incessante. Pendant toute cette histoire, la ville de Bruxelles sous la pluie est le décor de cette aventure.
Cette bd est une référence pour retranscrire les effets de la pluie, cette performance est une vraie réussite visuelle. Le dessin est d'une précision remarquable dans les détails des décors, un dessin qui nous emmène dans le quotidien des Bruxellois des années 70-80. L'auteur nous emmène au cœur de cette époque récente et nous fait partager des moments de vie d'anonymes avec de la générosité, une pointe d'humour et beaucoup d'eau.
Le héros est un homme ordinaire, chauffeur livreur dans une blanchisserie, il ne rêve que d'une chose gagner au lotto avec ses numéros fétiches pour sortir de son quotidien et aussi partager les gains avec ses amis. Un personnage principal auquel on peut s'attacher facilement voit sa vie basculer soudainement, le scénario est cruel avec lui et c'est là que l'histoire est vraiment prenante.
Et pour encore mieux apprécier la lecture, à lire pendant l'été.
Dans la catégorie, super-héros Marvel, j'appelle à la barre Peter Parker.
Suite à votre mutation, vous avez développé divers talents sous le surnom de Spiderman: préscience, agilité surhumaine, sécrétion de colle et, plus que tout, accoutumance de lectorat.
Depuis plus d'un demi-siècle, l'homme-araignéne ne dément pas son succès, que ce soit sur papier ou sur écran. L'as de la voltige urbaine se doit de recadrer les vilains de tous genres sans oublier toutes ses obligations professionnelles et personnelles.
Car c'est là le point fort de cet extraordinaire personnage qui le détâche des autres et le place dans mon panthéon, aux côtés de son pendant DC, Batman. Comme Superman, notre héros doit vivre au quotidien avec ses pouvoirs mais lui est Peter et leurs identités sont inversés. Peter est notre alter ego, celui qui rentre le soir chez lui, embrasse sa famille, doit gagner sa croûte et emmener sa copine au ciné, sans doute l'une des sources les plus importantes d'Alan Moore dans ses travaux de relecture des super-héros.
D'abord schizophrène, Peter va assumer sa double-personnalité qui ne fait alors plus qu'une avec lui-même. Et c'est parti pour l'aventure, les bagarres (contre les destructeurs d'immeubles mais aussi son patron), les némésis emblématiques comme le Bouffon Vert et la romance avec Mary-Jane. Ici les combats ont des conséquences sur la vie de tous les jours des citoyens et donc également de lui-même.
Fascinant vous dis-je, en particulier les numéros des années 80, dynamiques et légers, humoristiques et bruts, humains et épiques.
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Blacking out
Voilà un thriller plutôt bien senti qui, en un seul tome, nous propose une bonne petite virée qui sent la cendre et la poudre. Conrad est un ancien flic tombé en disgrâce à cause de son alcoolisme notoire. Afin de se refaire une réputation, il enquête sur le meurtre non résolu d'une jeune fille dont le corps a été retrouvé calciné lors des incendie qui font rage dans ce Sud Californien. Voilà un pitch qui semble au premier abord bien conventionnel. Heureusement, Chip Mosher (le scénariste) se joue de ces clichés qu'il recycle à merveille pour nous proposer un oneshot efficace et percutant. On est rapidement pris par cette enquête, jusqu'à un final qu'on ne voit pas venir et qui conclue cet album de façon enlevée. Le trait réaliste de Peter Krause qui s'inscrit dans un découpage très classique fait parfaitement le job. Par contre, je ne suis pas super fan de la colorisation de Giulia Brusco ; si certaines planches (surtout les sombres ou les nocturnes) sont réussies, les ambiances diurnes sont plutôt froides et un peu fades. Avis aux amateurs de polars, voilà un album de genre qui, s'il ne révolutionnera pas le genre, fait parfaitement le taff et nous fait passer un très bon moment de lecture !
Madeleine, résistante
Un premier tome d'une rare qualité. L'histoire vraie de Madeleine Riffau racontée de sa bouche et scénarisé par JD Morvan. Pour Madeleine devenir résistante était une évidence, un sacerdoce. Ce premier tome nous montre une Madeleine au caractère fort et qui sait ce qu'elle veut et elle veut aider son pays à bouter les bosch hors de France. Pourtant elle n'a pas encore 18 ans. Un sacré bout de femme. Un album qui montre de façon réaliste l'occupation par les nazis bien aidés par les collabos, l'un d'entre eux d'ailleurs profitera de son autorité sur la pauvre jeune fille. Des souvenirs de mon service militaire me reviennent en mémoire, donnez un grade à de jeunes appelés et certains en abuseront. Il y aura toujours des salauds. Un récit fluide, captivant et émouvant font de cet opus une réussite narrative. La partie graphique est du même tonneau, elle est criante de vérité, on est plongé dans cette période trouble de l'histoire de France bien aidé par la jolie colorisation dans les tons hivernaux bleus/gris. Juste un bémol page 95, je me demande comment un train peut passer d'une voie à l'autre avec des aiguillages ainsi dessinés. Désolé, mon côté cheminot qui ressort. Un très beau travail de mémoire et un bel hommage à tous les résistants. J'attends la suite avec impatience.
Malcolm Max
Londres fin XIXe, une grosse touche de fantastique mâtinée de steampunk, une bonne grosse enquête sur des voleurs de cadavres et un tueur en série ? Chouette !!! Déjà le pitch match une sacrée dose d'éléments propres à titiller ma corde sensible ! C'est donc dans ce Londres en pleine période Victorienne que Malcolm Max et sa belle acolyte Charisma mènent l'enquête sur des vols de cadavres. Mais cette enquête va trouver des ramifications dans une affaire beaucoup plus importante, celle du tueur en série surnommé Le Poète, qu'on croyait pourtant réglée depuis que ce dernier avait été exécuté... Petite précision, notre enquêteur est un expert du paranormal et de la chasse au démon ; quant à la belle Charisma, elle est pour sa part un demi-vampire. Voilà pour le décor ! Plutôt emballé par le programme je me suis lancé à corps perdu dans cette lecture et j'avoue qu'il m'a fallu un petit moment pour m'adapter à ce qui pour moi reste le point faible de cet album : le texte. Qu'est-ce que ça peut paraître bavard ! Peu habitué à ce genre de narration où le texte occupe une part importante des cases, cela surprend grandement au début. Et puis, je me suis laissé prendre, car heureusement l'histoire est très bonne et les personnages plutôt bien sentis. Le graphisme d'Ingo Römling étant lui aussi très efficace, on finit par se laisser totalement embarquer par cette enquête mouvementée et ésotérique. Les rebondissements s'enchaînent, les scènes de crimes très théâtrales sont assez fantastiques : j'en redemande ! Une belle découverte que cette série, j'attends la suite avec impatience. *** Tome 2 *** L'album commence tambours battants, Malcolm et Charisma se retrouvant tous deux dans une situation plus qu'inconfortable. Charisma a été faite prisonnière en visitant l'usine Shacklock qui fabrique les étranges "hommes mécaniques", sous la direction du répugnant Leech et Malcolm se retrouve incarcéré dans la Tour de Londres, suspecté de la vague de meurtres atroces ayant plagié le défunt tueur en série le Poète... Un comble, vu qu'il enquêtait sur ces derniers, surtout que les âmes desdites défuntes à qui il a promis vengeance vont se rappeler à son bon souvenir pour qu'il honore sa promesse... Avec ce 2e opus, l'intrigue avance, les personnages se dévoilent petit à petit et le puzzle commence à prendre forme. Le rythme prend le pas sur le côté un peu bavard toujours présent mais bien dosé et on se surprend à arriver à la fin de ces 46 pages sans avoir eu le temps de s'en rendre compte ni de souffler. On en aurait même voulu un peu plus, brisé dans notre élan... En tout cas le talent de notre duo d'auteur se confirme et j'attends donc la suite avec impatience ! *** Tome 3 *** Voilà un tome conclusif comme je les aime ! Tout aussi efficace et rythmé que les deux premiers en apportant réponse à tous les mystères et questions que déroule le scénario. Bravo ! Car ce troisième tome monte encore la barre plus haut ! Que ce soit dans l'action, l'horreur, l'humour, notre duo d'auteurs s'est surpassé pour nous proposer une des meilleures série que j'aurai pu lire cette année. Côté dessin, Ingo Römling fait toujours des merveilles avec un trait racé qui colle à merveille à cette ambiance Victorienne. C'est donc avec quelques regrets que l'on referme ce troisième et dernier opus. Un second cycle, ça vous tente pas les gars ???
Americana
Pas spécialement alléché par ce pavé au trait minimaliste traitant d'une rando de plus de 4000 bornes, je sors finalement ravi de ma lecture ! Luke Healy qui se livre à travers cet album nous raconte la naissance de ce projet fou : faire le PCT ! Comprenez faire le Pacific Crest Trail, l'un des plus grand treck du monde qui relie le Mexique au Canada en remontant la côté ouest américaine, soit 4280 kms ! Sauf que notre Luke, auteur de BD, est tout sauf un parangon de sportif ! Ce jeune irlandais bercé par le rêve américain, qui n'a pourtant rien fait pour l'accueillir (il s'est fait expulser plusieurs fois après expiration de ses visas d'étudiant), va ainsi se confronter à lui même et à cette Amérique mystifiée au fil de ce parcours improbable et surréaliste. Le tour de force de cet album tient avant tout à la qualité narrative dont fait preuve l'auteur, et à son autodérision permanente. Loin de se la péter, il connait ses faiblesses ; c'est son abnégation, qui lui fera frôler pourtant de graves dangers, qui lui permettra de mener à bien son challenge, avec il est vrai quelques petites entorses (mais chut !). C'est ensuite l'analyse de cette Amérique contrastée qui s'inscrit en filigrane de ce parcours qui donne son second souffle tant à l'auteur qu'au lecteur. Que ce soit au travers de ses compagnons de marche qui n'arrêtent pas de changer ou des locaux qu'il croise pendant son périple, on découvre toute la diversité et les paradoxes de ce pays. Les paysages ne sont pas en reste dans ce patchwork, passant du désert à la haute montage, c'est un florilège de panoramas qui s'enchainent au fil des pages. C'est d'ailleurs le petit regret qu'on pourrait avoir, car le dessin minimaliste de Luke Healy rend pâlement hommage à ce qu'il décrit. Pour autant, cette BD de quelques 300 pages se lit d'une traite tant l'auteur sait se rendre attachant et sympathique. Une très belle découverte !
Cher pays de notre enfance
Voila une lecture extrèmement instructive mais qu'il faut prendre le temps de manger. C'est lourd, un petit peu trop à mon gout, avec une sensation d'indigestion de personnages et de textes (surtout si, comme moi, vous oubliez les noms) mais qui est remplie d'informations intéressante. La BD se propose comme un prolongement de l'enquête réalisé par Benoit Collombat sur l'assassinat du juge Renaud et le meurtre maquillé en suicide de Robert Boullin, mais avec principalement des témoignages de personnes ayant vécues ces années-là. C'est donc un défilé de personnages et d'avis, parfois contraires d'ailleurs, qui débouche sur une conclusion ne faisant clairement pas la synthèse de l'ensemble, se gardant bien de préciser ce qu'il faut en tirer, mais nous laissant surtout avec la compréhension de tout ce qui se cache derrière. C'est une des choses que j'aime beaucoup avec Davodeau : il ne nous donne pas expressément son avis, même si celui-ci est clairement perceptible dans le récit, mais laisse toute les clés de compréhension pour se faire le sien propre. Et surtout savoir qu'on peut avoir un avis sur la question. Je suis bien trop jeune pour avoir connu ces années-là, mais ça se sent que c'est pesant comme années. Le terme de plomb n'est pas usurpés, dans des années où les engagements politiques méritaient des passages à tabac, selon certains, où des meurtres. Une sorte de sale affaire qui touche à peu près tout ce qu'on peut imaginer de vie politique (associations, politiciens, juges, policiers, magistrats, voyous et criminels ...) dans un pot-pourri qui a des racines lointaines. Le récit nous parle de résistances et de collaborations tout autant que des bandes de mafieux des années 70, qui ont fait peser le poids de leur violence sur la France. Et là-dessus, essayons de démêler le sac de nœud de deux affaires de meurtres importantes. Mine de rien, Davodeau et Collombat ont bien réussis leurs paris, puisque j'ai réussi à comprendre et m'en sortir (avec parfois du mal, je l'avoue) dans la multiplicité des personnages, des situations et des imbrications. Mais le tableau d'ensemble est glaçant d'effroi. Voir tout ce qui est possible de la part de nos politiciens pour conserver un peu de pouvoir, s'enrichir et contrôler plus de choses ... C'est d'autant plus effrayant que certains de ces politiciens sont encore en activités ou simplement les maitres à penser de ceux que l'on a actuellement. Niveau dessin, Davodeau est toujours égal à lui-même, avec peu de représentations de paysages (contrairement à Le Droit du sol) et beaucoup de visages, comme à son habitude. Rien de notable mais de l'efficace, ce qu'on demande pour un documentaire en somme. Un documentaire qui correspond à ce qu'on peut attendre de Davodeau, avec son habitude de parler de sujets variés et de façon très diverses. Moins rentre dedans que peut l'être un Squarzoni, mais toujours compréhensible et clair, c'est une BD qui permets de comprendre que lorsque l'on parle des pourris au pouvoir, le terme n'est pas trop fort. Il y a toujours des dossiers puants qui sortent sur les politiciens chaque année et cette BD nous rappelle jusqu'où ils sont prêt à aller. Inquiétant, oui !
Poutine - L'ascension d'un dictateur
Darryl Cunningham, journaliste pour le New York Times, nous livre avec cet album un documentaire édifiant sur Poutine. Retraçant le parcours de ce chef d'état, il nous relate sa vie depuis son enfance au sortir de la seconde guerre mondiale jusqu'à sa position de dictateur qu'il s'est construite patiemment et méthodiquement. Le tragique de l'histoire veut que cet album ait été réalisé avant le début du conflit avec l'Ukraine, d'où la préface qu'a rajouté Darryl Cunningham avec la publication de cette BD par Delcourt. Documentaire sans concession, on est facilement pris de vertige quand on met bout à bout tous les faits dramatiques qui jalonnent le parcours de Poutine et son ascension jusqu'à la place qu'il occupe aujourd'hui. Intimidations, corruption, assassinats en Russie et à l'étranger, cyberattaques, guerre en Syrie, en Georgie et aujourd'hui en Ukraine, le CV du maître du Kremlin doit faire rêver plus d'un dictateur... Voilà donc un album documentaire qui remet en perspective de façon implacable l'histoire d'un triste dictateur à l'heure où ce dernier continue ses exactions aux portes de chez nous.
Breakwater
Ce qui interpelle d’emblée dans ce roman graphique, c’est cette atmosphère particulière. Derrière la grisaille apparente du dessin, qui peut rebuter de prime abord, se dissimule une belle ambiance intimiste, pleine de douceur. Et pourtant, le sujet autant que le contexte n’inspirent pas forcément la gaité, et c’est là tout le paradoxe du livre. « Breakwater », c’est l’histoire d’une femme entre deux âges, résignée à son job d’ouvreuse dans un cinéma décrépit dont la splendeur s’est effacée peu à peu sous la poussière du temps. Loin des multiplexes clinquants, on y joue principalement des films d’art et d’essai. Sa vie est banale à pleurer, mais elle semble toutefois s’en contenter. Un peu timide, Chris va faire connaissance avec Dan, un jeune homme qui vient d’être recruté par le directeur du cinéma. Ces deux êtres que la solitude a rapprochés vont nouer une solide complicité, l’homosexualité de Dan écartant toute ambigüité sur le type de relation qu’il établira avec sa collègue. Mais pour ce dernier, en apparence équilibré, des événements troublants vont peu à peu se faire jour, annonciateurs du drame à venir… Alors pourquoi « Breakwater » est-il si plaisant malgré toute cette « grisaille » ? Cela tient à deux facteurs. Tout d’abord le dessin (noir et blanc bien sûr), qui laisse infuser son charme au fil des pages. Katriona Chapman a su injecter une grande sensibilité dans son trait crayonné somme toute assez rudimentaire. Et si les personnages restent expressifs malgré ce minimalisme, le charme réside en grande partie dans l’ambiance, avec plusieurs pleines pages représentant les couloirs du vieux ciné nimbés d’une lumière rasante, ou la ville de Brighton à la météo chagrine malgré sa position maritime dans l’Angleterre méridionale. L’autre facteur, c’est un scénario simplissime composé des phrases courtes et de silences. De même, l’autrice a su refléter l'humanité des personnages à travers leurs expressions. Ces personnages ordinaires, héros du quotidien à mille lieues du monde de la « win », nous sont extrêmement proches. Sans en faire des tonnes, Katriona Chapman a su leur conférer une âme qui ne peut que toucher le lecteur un tant soi peu empathique, en particulier dans les dernières pages du récit où Chris est confronté à un terrible dilemme. Et comme l’histoire se déroule dans un cinéma, il apparaît plus que logique de faire le lien avec Ken Loach. En effet, le cinéaste britannique aurait très bien pu faire un long-métrage de cette peinture sociale mélancolique, à la fois pleine de fraîcheur et de gravité, et qui laisse tout de même entrevoir une parcelle bienvenue de paradis terrestre. « Breakwater » est sans aucun doute la lecture idéale au cœur de l’été. Un moment de grâce et d’intelligence, où l’intimité rejoint l’intemporalité, loin du fracas de la vie urbaine et de ses égoïsmes. Et tout cela malgré un sujet grave mais dans lequel se retrouveront tout celles et ceux qui peinent parfois à s’intégrer à ce monde « stoned » qui nous assène en permanence ses « souriantes » injonctions à la performance.
Psycho-Investigateur (Simon Radius)
Vous avez aimé Dans la tête de Sherlock Holmes ? Alors, vous allez adorer ce "Psycho Investigateur". Simon Radius a le pouvoir de rentrer dans le cerveau des gens et ainsi de "voir" les souvenirs de ces derniers. Il aide souvent la police lors de certaines enquêtes. Un scénario bien construit et cohérent avec de nombreux rebondissements, les fausses pistes sont nombreuses et bien intégrées au récit. Mais un Simon tourmenté suite à la disparition de son épouse et qui en parallèle continue de la chercher. Une narration fluide et rythmée, des personnages attachants ou détestables font de ce récit une réussite. C'est tout aussi ingénieux graphiquement, il faut prendre son temps pour bien en apprécier tous les détails, toutes les trouvailles. Une mise en page qui casse les codes, c'est innovant et efficace. Un dessin singulier et expressif de toute beauté avec une colorisation dans les tons mates. Le rendu des voyages dans l'esprit des individus me rappelle le docteur Strange dans les dimensions parallèles. Magnifique ! Une bd délirante que je recommande.
Nettoyage à sec
Une bd d'ambiance et l'ambiance est pluvieuse, l'auteur nous entraîne dans une ville noyée par une pluie diluvienne et incessante. Pendant toute cette histoire, la ville de Bruxelles sous la pluie est le décor de cette aventure. Cette bd est une référence pour retranscrire les effets de la pluie, cette performance est une vraie réussite visuelle. Le dessin est d'une précision remarquable dans les détails des décors, un dessin qui nous emmène dans le quotidien des Bruxellois des années 70-80. L'auteur nous emmène au cœur de cette époque récente et nous fait partager des moments de vie d'anonymes avec de la générosité, une pointe d'humour et beaucoup d'eau. Le héros est un homme ordinaire, chauffeur livreur dans une blanchisserie, il ne rêve que d'une chose gagner au lotto avec ses numéros fétiches pour sortir de son quotidien et aussi partager les gains avec ses amis. Un personnage principal auquel on peut s'attacher facilement voit sa vie basculer soudainement, le scénario est cruel avec lui et c'est là que l'histoire est vraiment prenante. Et pour encore mieux apprécier la lecture, à lire pendant l'été.
Spider-Man - L'intégrale
Dans la catégorie, super-héros Marvel, j'appelle à la barre Peter Parker. Suite à votre mutation, vous avez développé divers talents sous le surnom de Spiderman: préscience, agilité surhumaine, sécrétion de colle et, plus que tout, accoutumance de lectorat. Depuis plus d'un demi-siècle, l'homme-araignéne ne dément pas son succès, que ce soit sur papier ou sur écran. L'as de la voltige urbaine se doit de recadrer les vilains de tous genres sans oublier toutes ses obligations professionnelles et personnelles. Car c'est là le point fort de cet extraordinaire personnage qui le détâche des autres et le place dans mon panthéon, aux côtés de son pendant DC, Batman. Comme Superman, notre héros doit vivre au quotidien avec ses pouvoirs mais lui est Peter et leurs identités sont inversés. Peter est notre alter ego, celui qui rentre le soir chez lui, embrasse sa famille, doit gagner sa croûte et emmener sa copine au ciné, sans doute l'une des sources les plus importantes d'Alan Moore dans ses travaux de relecture des super-héros. D'abord schizophrène, Peter va assumer sa double-personnalité qui ne fait alors plus qu'une avec lui-même. Et c'est parti pour l'aventure, les bagarres (contre les destructeurs d'immeubles mais aussi son patron), les némésis emblématiques comme le Bouffon Vert et la romance avec Mary-Jane. Ici les combats ont des conséquences sur la vie de tous les jours des citoyens et donc également de lui-même. Fascinant vous dis-je, en particulier les numéros des années 80, dynamiques et légers, humoristiques et bruts, humains et épiques.