Un comics bichromique au format à l'italienne sans super héros et avec des chiens en guise de protagonistes ?
Voici clairement le genre de bouquins qui ne risque pas de rester en tête de gondole. Et pourtant, passer à côté de ce petit bijou dramatique serait une grave erreur tant sa lecture se fait agréable, aisée et se révèle une jolie tranche de vie.
Mark est un ouvrier qui galère à boucler ses fins de mois. Rénovant des bicoques pour le compte d'un patron malhonnête, il subit sa vie plus qu'il ne la vit. Il doit également faire face à une demande de divorce, gérer ses gosses en bas âge et des parents vieillissants. Dans une époque où Trump va émerger et où la routine prend le pas sur les rêves d'antan, la vie de Mark semble se dissoudre dans un quotidien sinistre...
James Sturm prend le rêve américain à revers dans un récit limpide et d'une banalité. La seule fantaisie vient du fait d'utiliser des animaux anthropomorphes et pourtant le tout est étrangement réaliste. La colorisation ajoute un spleen supplémentaire et souligne la monotonie de cette histoire. Et pourtant une lueur d'espoir rayonne en permanence sur l'ensemble. La grande force de cette histoire est de transformer l'ordinaire en extraordinaire car c'est réellement ce qui surprend à l'issue de cette lecture.
Un véritable petit bijou et une belle leçon de vie qui parlera plus aux quadragénaires qu'aux jeunes louveteaux.
Après le fabuleux Tyler Cross, le duo gagnant de ses auteurs nous offre cette superbe adaptation de roman.
Rien que le titre et la couverture sont glaçants de majesté, annonçant le destin implacable d'Atar Gull, surhomme prêt au sacrifice des autres.
Quel portrait de cet esclave dans cet endroit dur du 19ème siècle qui se promettra de ne jamais verser de larmes. Et pourtant le scénariste aurait facilement pu nous en faire couler en abordant les malheurs engendrés par l'esclavagisme de l'époque. Mais il a la sagesse de dérouler la réalité des faits sans tomber dans le pathos facile, pour suivre l'histoire d'Atar Gull.
Le graphisme pourra en rebuter plus d'un, pour moi ces personnages et décors parfois monolithiques collent parfaitement à l'esprit du récit, participant à la construction d'un personnage destiné à devenir mythique. Les couleurs, simples, mettent immédiatement l'histoire en place (le bleu - la mer, le jaune - le matin, le noir - la réflexion...).
Vraiment je ne vois rien à y redire.
Je sors cette BD de la fameuse section des perles rares, puisque je me suis approprié le volume et que je l'ai enfin lu. Et verdict ... Ben c'est franchement bien !
Le trait est clairement inspiré du manga, sans trop de doute, mais reste typé européen avec un aspect film noir qui domine dans la façon de mettre en scène. Malgré la lecture rapide, certaines planches sont volontairement contemplatives avec des travelings ou des zooms qui font prendre la pleine mesure d'une situation. En témoigne l'ouverture sur un corps jeté au pied d'un pont.
L'histoire semble inspirée de fait réels, mais plutôt qu'une enquête ou une plongée dans la mafia de Rome, c'est surtout une enquête où deux personnes blessées se rencontrent. On va surtout suivre leurs évolutions et comprendre petit à petit ce qu'ils ont subi, avec en toile de fond le déroulé de l'enquête. C'est assez surprenant lorsque j'ai compris que nous ne parlerions pas tant que ça du contexte mais des personnes. C'est un récit intimiste, qui développe les failles de ses personnages d'une bonne façon.
Le tout est enrobé dans un constat assez amer du racisme envers les minorités issues des pays arabes et du Maghreb, mais aussi une question sur le virilisme des hommes italiens, sans doute bien trop présent encore. Bref, on navigue dans des thématiques plutôt proche des polars noirs, de considération sociétales et le tout enrobé dans une découverte des protagonistes. Une bonne recette qui prend facilement, avec des fausses pistes dissimulées dans le récit qui m'ont aiguillé vers un certain type d'histoire alors que ce n'est pas du tout le cas. C'est agréable de se faire surprendre de temps en temps.
Si je ne pense pas qu'il s'agisse là d'une perle rare, c'est néanmoins un très bon opus du genre policier, bien mené et assez rapide pour ne pas s'enliser dans son sujet. Jamais moralisateur, il se contente de nous montrer des sujets assez graves et parfois tragiques d'une Italie contemporaine. Je suis très content de l'avoir lu !
Ce diptyque semble obtenir des jugements contradictoires voire négatifs, je vais donc m'ajouter en tant que défenseur de ce récit fantastico-policier. Avant tout, il faut bien connaître certains événements historiques car ça peut dérouter voire larguer certains lecteurs peu passionnés par l'Histoire ou peu connaisseurs, les rouages de cette aventure secrète sont de plus complexes, bourrés de références historiques avec un jonglage d'époques, et partant d'une trame assez classique, le tout est très subtilement mené. Cette intrigue m'a de suite passionné, et pourtant, le règne de Louis Philippe n'est pas une période que je connais à fond ; je savais cependant que le duc de Berry avait été assassiné en 1820 par un Républicain qui croyait couper la lignée des Bourbons.
Le scénario fait appel aux habits noirs, une secte secrète d'assassins dont le but est de s'en prendre à la monarchie, j'ai l'impression que Nolane s'est carrément inspiré des Habits Noirs, cycle de 8 romans de Paul Féval, écrits dans les années 1860 ; je les ai lus il y a bien longtemps, ces romans populaires qui paraissaient en feuilleton dans les journaux (comme Chéri-Bibi de Gaston Leroux) furent précurseurs du genre policier, ils mettaient en scène une bande de redoutables criminels qui répandaient la terreur sous la Restauration en se livrant à différents trafics et méfaits, et en restant impunis. Je suis sûr que Nolane a pioché dans ces ouvrages, il a simplement déplacé légèrement l'époque qui passe de la Restauration à la Monarchie de Juillet. Le nom du héros journaliste téméraire Alexis Lerouge n'est-il pas non plus une référence amusante à L'Affaire Lerouge ? premier roman (et son plus célèbre) d'Emile Gaboriau, publié en 1865 lui aussi en feuilleton et ancêtre du roman policier.
Comme on le voit, cette Bd s'appuie sur de solides références littéraires pour répondre au cahier des charges de la collection 1800 qui est de faire évoluer des héros populaires du XIXème siècle dans un contexte fantastique. L'incursion et l'allusion à des personnages réels comme Eugène Sue ou le célèbre Vidocq qui est un des héros ici, donne aussi beaucoup de répondant à cette bande qui mélange malédiction séculaire et complot monarchique, avec un grand méchant qui pratique l'occultisme. Le tome 1 plante parfaitement tous les protagonistes et le contexte, à condition de bien s'immerger dans le récit et de le lire d'une traite, de peur d'être largué si on le reprend, tandis que le tome 2 épaissit les personnages et installe une rythmique infernale, de l'action et des rebondissements, exactement comme dans un de ces feuilletons populaires qui pulullaient dans les journaux du XIXème.
Le dessin de Roman, j'adore, il m'avait déja fait une sacrée impression dans Les Fables de l'Humpur et dans Roxelane - La Joyeuse ; ici, le trait est soigné, appliqué, et opte pour une excellente restitution du contexte historique, c'est un plus indéniable d'avoir une telle excellence graphique sur ce genre de bande, c'est je pense l'un des impératifs de cette collection 1800, j'ai pu le constater déja sur la plupart des albums que j'ai lus... Un superbe diptyque fantastique.
Voilà une série que j’ai bien aimée.
D’abord grâce au dessin, simple, efficace, dynamique, agréablement mis en valeur par une colorisation elle aussi « réservée », en tout cas à mon goût.
Ensuite parce que l’univers développé, dans lequel se mêlent différents peuples aux mœurs très divers, mais qui subissent tous une sorte d’épidémie, est globalement bien fichu. Ce n’est pas de la fantasy qui empile les surprises. Le bestiaire est original mais restreint, on ne joue ici sur aucun effet superflu, la simplicité est comme pour le dessin au rendez-vous.
La narration est elle aussi bien dosée, entre passages calmes et accélérations, au fur et à mesure que le groupe d’individus des différents peuples remonte la piste du virus. Gaudin n’hésite pas à faire disparaitre des personnages importants, cela maintient surprise et crédibilité de l’intrigue.
Intrigue qui s’accélère par contre vers la fin (un peu trop je trouve), avec une chute ironique, une sorte d’humour noir qui m’a surpris. Je n’ai en effet pas compris pourquoi Gaudin avait choisi cela, ça casse un peu l’univers intemporel et géographiquement non situé de son univers, et je ne vois pas le lien avec le nôtre.
Comme par ailleurs il laisse certains éléments de l’intrigue en suspens (ce n’est pas une critique), il aurait tout aussi bien pu le faire pour la cause du virus, je trouve cette chute trop décalée par rapport au reste, trop incongrue.
Mais bon, ne chipotons pas, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ces trois albums.
Note réelle 3,5/5.
Attention, ici on a affaire à du lourd. Du très très lourd.
En matière de qualité, RIP devrait faire date. Je me souviens encore de l'enthousiasme de mon libraire lors de la parution du tout premier tome en 2018.
Léger flashback : le début d'une situation financière difficile et compliquée me concernant, il faut faire donc beaucoup de choix sur les lectures. Encore plus facile à éviter lorsque la couverture est moche (c'était mon avis et je continue de le penser) et que les auteurs sont de parfaits inconnus.
Mais les différents retours unanimes (et la série s'étant considérablement allongée depuis) ont fait recroiser mon chemin vers ces bouquins.
Si RIP se serait uniquement contenté du premier tome, il aurait probablement écopé de la meilleure note sur ce site ainsi que d'un coup de coeur (toujours d'actualité) amplement mérités. En effet, "Je ne survivrai pas à la mort" peut se lire de façon tout à fait indépendante et sa conclusion est un ultime pied de nez aux quelques 100 pages lues.
Les autres tomes étayent l'histoire jusqu'à parfois même trop la répéter façon Berceuse assassine mais développent une histoire pas si banale avec une belle collection de bras cassés et de gueules de cinéma. Chapeau bas, cette histoire de nettoyeurs de cadavres semble rapidement tourner en rond alors qu'il n'en est rien, chaque tome ajoutant sa propre couche au "lore" complet de cette histoire machiavélique. Et que dire des dessins ? Julien Monier impose un style qui lui est propre, à la fois lisible et généreux dans un format un poil trop petit pour mes yeux fatigués.
Gaet's semble maitriser d'un bout à l'autre toutes les ramifications de son récit et n'hésite pas à y ajouter aussi bien une bonne pincée d'humour noir qu'une certaine poésie macabre.
Il n'a rien finalement à retirer de cette grande œuvre dont on a hâte d'en connaitre la conclusion qui va se faire encore un peu attendre. Lire le premier tome ou la totalité ne retirera en rien le plaisir ludique de l'ensemble. Voici un joli duo dont je vais suivre les prochaines publications avec plaisir. Faites vous plaisir : ne passez pas à coté de ce petit bijou qui aura même arraché 4 étoiles à l'aigri et exigeant Gaston !
Un album que j'avais un peu oublié mais que j'ai relu plusieurs fois en découvrant à chaque fois des allusions que j'avais ignorées.
C'est foutraque, mais c'est réellement rigolo et bien dessiné. De plus, le scénario est souvent un ensemble de parodies de diverses choses vues ailleurs, mais avec une sauce qui lie très bien le tout, et doté d'une réelle chute. Bref du bel ouvrage bien ficelé !
Ah oui, il y a aussi du sexe, mais c'est trèèès gentillet, et traité de façon amusante, sans faute de goût (y compris lors des fellations :))
Que demander de plus ?
Proche d'être culte ;)
Déjà, c'est un bel objet. On tourne les pages et on sent bien l'épaisseur. Aussi la couleur du papier, d'un blanc nacré joue d'un magnifique contraste tout en douceur avec les planches. En soi, c'est super quali. Et puis le grain du papier se marie parfaitement avec le dessin. Il permet d'avoir une surface rugueuse et ces aspérités ajoutent de la matière et encore plus de profondeurs. C'est pénétrant, d'autant que les couleurs nous embarquent dans un autre monde. Ajoutons y toutes ces formes aux contours ondulés et cela donne un rendu à la fois épuré, élégant et, surprise!, psychédélique. Donc graphiquement, j'ai vraiment plané au-dessus de ces courtes histoires qui s'enchaînent, dont chacune fait 14/15 pages grosso modo.
Chaque histoire se lit indépendamment des autres mais l'auteur les croise habilement, ces successions de rencontres forment une bien belle faune humaine. L'ensemble est absolument homogène, ainsi changer de lieux et de personnages ne m'a pas empêché de rester tout le temps connecté à ce que je voyais. Ces petits récits poétiques sont une allégorie de notre vie en société. Et chaque animal tient parfaitement son rôle symbolique pour faire s'affronter les différences entre personnage.
Il y a aussi une grande question de quête, de ce qui pousse chaque "vivant" à vouloir exister. Cette recherche intérieure semble lier à la notion de mouvement, à l'idée d'avancer. Et puis l'épilogue, ce discours de la Panthère, finalement il y a comme un ordre naturel où tous sont réunis, sauf 2. Lesquels? A vous de découvrir et de comprendre pourquoi. Les émotions ne me sont par contre pas parvenues, j'étais plus captivé par le rendu graphique global ou par les allusions philosophiques, moins quant au sort destiné à certains personnages.
Cette lecture m'a permis de me rappeler l'enfant que je suis resté. C'est une belle BD à offrir, toute la famille peut en profiter. Les questions sont sérieuses, le ton est doux, mais cette histoire n'est pas aussi merveilleuse et gentille qu'elle puisse paraître bien qu'elle mette en avant un grand nombre d'idéaux. Perso, j'interprète aussi le fait que l'humain fait fausse route de par sa nature, à contre-sens devrais-je même dire. Et il casse ainsi l'ordre naturel des choses. Il y a un drame qui se cache derrière le récit je trouve. Je n'en dirai pas plus, et puis c'est à chacun de porter un regard sur ce conte qui vaut le détour. Et ici, le genre "conte" porte très bien son nom.
J'ai un assez grand amour pour le travail de Boulet, entre blog BD intimiste et poétique, aimant la science et l'univers geek mais toujours humoristique sur sa propre vie et sa condition. Les diverses éditions de son blog m'avaient déjà bien satisfait (voir la série Notes) notamment avec l'inventivité dont il savait faire preuve dans des histoires telles que celles des 24 h de la BD.
Ici, c'est un condensé de six mois d'histoires quotidiennes touchant à un peu tout les sujets de la vie. On a bien quelques idées qui reviennent de façon régulière (Bloody Mary et les légendes de manière globale par exemple) mais dans l'ensemble c'est surtout des gags façon tranche de vie. C'est drôle, même si les gags ne sont pas toujours hilarant. Boulet a surtout un chic pour se mettre dans des situations rocambolesques que j'espère inventées tant elles paraissent parfois ridicule.
Dans l'ensemble, les gags ont un dessin qui ressemble beaucoup à ce que l'auteur produisait pour son blog, vous ne serez pas dépaysé si vous avez déjà lu les autres œuvres de sa part.
Bref, on pourrait dire que c'est un n-ième recueil de blog, classique et déjà vu, mais force est de constater que Boulet arrive à le rendre drôle et intéressant. Entre quelques idées bien senties, des anecdotes tordantes ou des petits moments de vies qui sentent parfaitement bien le vrai, j'ai trouvé ça franchement chouette et plaisant à lire.
C'est surtout un album à réserver aux fans du genre, mais dans l'idée je trouve qu'on est sur le haut du panier en terme de recueil de blogs. A déguster sans modération si vous aimez ce genre d'historiettes de vie sans grande importance mais simplement drôle.
Tumourrasmoinsbete c'est tout d'abord un blog geek-comique qui, à l'instar de détecteur de fake news, démonte nos croyances en passant un sujet à la loupe scientifique: le sabre laser de Dark Vador, les accidents d'avion... tout est sujet à pédagogie, détournement et rigolade à la fin de quoi l'on sort effectivement moins bête. C'est donc pour cela que j’applaudis Arte de l'avoir adapté en formats courts, cela donnera peut-être des poussées de découvertes scientifiques.
Un dessin semblant fait à l'arraché mais pourtant redoutable d'efficacité: quelques traits de couleur symbolisent un fond et basta, les personnages sont croqués à la va-vite mais facilement identifiables (même lorsque Marion Montaigne s'amuse à faire semblant de ne pas être capable de caricaturer des célèbres).
A n'évidemment pas lire d'une traite mais feuilleter petit à petit comme au rythme de parutions de notes de blog justement.
Un beau cadeau à offrir pour les fans de vulgarisation scientifique et de pop culture. Mais je conseille tout de même de privilégier le blog internet qui fournit à la fin un nombre considérable de liens vers des articles scientifiques pointus car on n'est pas là que pour rigoler mais aussi s'instruire. Merci Marion.
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Hors-saison
Un comics bichromique au format à l'italienne sans super héros et avec des chiens en guise de protagonistes ? Voici clairement le genre de bouquins qui ne risque pas de rester en tête de gondole. Et pourtant, passer à côté de ce petit bijou dramatique serait une grave erreur tant sa lecture se fait agréable, aisée et se révèle une jolie tranche de vie. Mark est un ouvrier qui galère à boucler ses fins de mois. Rénovant des bicoques pour le compte d'un patron malhonnête, il subit sa vie plus qu'il ne la vit. Il doit également faire face à une demande de divorce, gérer ses gosses en bas âge et des parents vieillissants. Dans une époque où Trump va émerger et où la routine prend le pas sur les rêves d'antan, la vie de Mark semble se dissoudre dans un quotidien sinistre... James Sturm prend le rêve américain à revers dans un récit limpide et d'une banalité. La seule fantaisie vient du fait d'utiliser des animaux anthropomorphes et pourtant le tout est étrangement réaliste. La colorisation ajoute un spleen supplémentaire et souligne la monotonie de cette histoire. Et pourtant une lueur d'espoir rayonne en permanence sur l'ensemble. La grande force de cette histoire est de transformer l'ordinaire en extraordinaire car c'est réellement ce qui surprend à l'issue de cette lecture. Un véritable petit bijou et une belle leçon de vie qui parlera plus aux quadragénaires qu'aux jeunes louveteaux.
Atar Gull ou le destin d'un esclave modèle
Après le fabuleux Tyler Cross, le duo gagnant de ses auteurs nous offre cette superbe adaptation de roman. Rien que le titre et la couverture sont glaçants de majesté, annonçant le destin implacable d'Atar Gull, surhomme prêt au sacrifice des autres. Quel portrait de cet esclave dans cet endroit dur du 19ème siècle qui se promettra de ne jamais verser de larmes. Et pourtant le scénariste aurait facilement pu nous en faire couler en abordant les malheurs engendrés par l'esclavagisme de l'époque. Mais il a la sagesse de dérouler la réalité des faits sans tomber dans le pathos facile, pour suivre l'histoire d'Atar Gull. Le graphisme pourra en rebuter plus d'un, pour moi ces personnages et décors parfois monolithiques collent parfaitement à l'esprit du récit, participant à la construction d'un personnage destiné à devenir mythique. Les couleurs, simples, mettent immédiatement l'histoire en place (le bleu - la mer, le jaune - le matin, le noir - la réflexion...). Vraiment je ne vois rien à y redire.
Cassandra
Je sors cette BD de la fameuse section des perles rares, puisque je me suis approprié le volume et que je l'ai enfin lu. Et verdict ... Ben c'est franchement bien ! Le trait est clairement inspiré du manga, sans trop de doute, mais reste typé européen avec un aspect film noir qui domine dans la façon de mettre en scène. Malgré la lecture rapide, certaines planches sont volontairement contemplatives avec des travelings ou des zooms qui font prendre la pleine mesure d'une situation. En témoigne l'ouverture sur un corps jeté au pied d'un pont. L'histoire semble inspirée de fait réels, mais plutôt qu'une enquête ou une plongée dans la mafia de Rome, c'est surtout une enquête où deux personnes blessées se rencontrent. On va surtout suivre leurs évolutions et comprendre petit à petit ce qu'ils ont subi, avec en toile de fond le déroulé de l'enquête. C'est assez surprenant lorsque j'ai compris que nous ne parlerions pas tant que ça du contexte mais des personnes. C'est un récit intimiste, qui développe les failles de ses personnages d'une bonne façon. Le tout est enrobé dans un constat assez amer du racisme envers les minorités issues des pays arabes et du Maghreb, mais aussi une question sur le virilisme des hommes italiens, sans doute bien trop présent encore. Bref, on navigue dans des thématiques plutôt proche des polars noirs, de considération sociétales et le tout enrobé dans une découverte des protagonistes. Une bonne recette qui prend facilement, avec des fausses pistes dissimulées dans le récit qui m'ont aiguillé vers un certain type d'histoire alors que ce n'est pas du tout le cas. C'est agréable de se faire surprendre de temps en temps. Si je ne pense pas qu'il s'agisse là d'une perle rare, c'est néanmoins un très bon opus du genre policier, bien mené et assez rapide pour ne pas s'enliser dans son sujet. Jamais moralisateur, il se contente de nous montrer des sujets assez graves et parfois tragiques d'une Italie contemporaine. Je suis très content de l'avoir lu !
Alchimie
Ce diptyque semble obtenir des jugements contradictoires voire négatifs, je vais donc m'ajouter en tant que défenseur de ce récit fantastico-policier. Avant tout, il faut bien connaître certains événements historiques car ça peut dérouter voire larguer certains lecteurs peu passionnés par l'Histoire ou peu connaisseurs, les rouages de cette aventure secrète sont de plus complexes, bourrés de références historiques avec un jonglage d'époques, et partant d'une trame assez classique, le tout est très subtilement mené. Cette intrigue m'a de suite passionné, et pourtant, le règne de Louis Philippe n'est pas une période que je connais à fond ; je savais cependant que le duc de Berry avait été assassiné en 1820 par un Républicain qui croyait couper la lignée des Bourbons. Le scénario fait appel aux habits noirs, une secte secrète d'assassins dont le but est de s'en prendre à la monarchie, j'ai l'impression que Nolane s'est carrément inspiré des Habits Noirs, cycle de 8 romans de Paul Féval, écrits dans les années 1860 ; je les ai lus il y a bien longtemps, ces romans populaires qui paraissaient en feuilleton dans les journaux (comme Chéri-Bibi de Gaston Leroux) furent précurseurs du genre policier, ils mettaient en scène une bande de redoutables criminels qui répandaient la terreur sous la Restauration en se livrant à différents trafics et méfaits, et en restant impunis. Je suis sûr que Nolane a pioché dans ces ouvrages, il a simplement déplacé légèrement l'époque qui passe de la Restauration à la Monarchie de Juillet. Le nom du héros journaliste téméraire Alexis Lerouge n'est-il pas non plus une référence amusante à L'Affaire Lerouge ? premier roman (et son plus célèbre) d'Emile Gaboriau, publié en 1865 lui aussi en feuilleton et ancêtre du roman policier. Comme on le voit, cette Bd s'appuie sur de solides références littéraires pour répondre au cahier des charges de la collection 1800 qui est de faire évoluer des héros populaires du XIXème siècle dans un contexte fantastique. L'incursion et l'allusion à des personnages réels comme Eugène Sue ou le célèbre Vidocq qui est un des héros ici, donne aussi beaucoup de répondant à cette bande qui mélange malédiction séculaire et complot monarchique, avec un grand méchant qui pratique l'occultisme. Le tome 1 plante parfaitement tous les protagonistes et le contexte, à condition de bien s'immerger dans le récit et de le lire d'une traite, de peur d'être largué si on le reprend, tandis que le tome 2 épaissit les personnages et installe une rythmique infernale, de l'action et des rebondissements, exactement comme dans un de ces feuilletons populaires qui pulullaient dans les journaux du XIXème. Le dessin de Roman, j'adore, il m'avait déja fait une sacrée impression dans Les Fables de l'Humpur et dans Roxelane - La Joyeuse ; ici, le trait est soigné, appliqué, et opte pour une excellente restitution du contexte historique, c'est un plus indéniable d'avoir une telle excellence graphique sur ce genre de bande, c'est je pense l'un des impératifs de cette collection 1800, j'ai pu le constater déja sur la plupart des albums que j'ai lus... Un superbe diptyque fantastique.
Le Feul
Voilà une série que j’ai bien aimée. D’abord grâce au dessin, simple, efficace, dynamique, agréablement mis en valeur par une colorisation elle aussi « réservée », en tout cas à mon goût. Ensuite parce que l’univers développé, dans lequel se mêlent différents peuples aux mœurs très divers, mais qui subissent tous une sorte d’épidémie, est globalement bien fichu. Ce n’est pas de la fantasy qui empile les surprises. Le bestiaire est original mais restreint, on ne joue ici sur aucun effet superflu, la simplicité est comme pour le dessin au rendez-vous. La narration est elle aussi bien dosée, entre passages calmes et accélérations, au fur et à mesure que le groupe d’individus des différents peuples remonte la piste du virus. Gaudin n’hésite pas à faire disparaitre des personnages importants, cela maintient surprise et crédibilité de l’intrigue. Intrigue qui s’accélère par contre vers la fin (un peu trop je trouve), avec une chute ironique, une sorte d’humour noir qui m’a surpris. Je n’ai en effet pas compris pourquoi Gaudin avait choisi cela, ça casse un peu l’univers intemporel et géographiquement non situé de son univers, et je ne vois pas le lien avec le nôtre. Comme par ailleurs il laisse certains éléments de l’intrigue en suspens (ce n’est pas une critique), il aurait tout aussi bien pu le faire pour la cause du virus, je trouve cette chute trop décalée par rapport au reste, trop incongrue. Mais bon, ne chipotons pas, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ces trois albums. Note réelle 3,5/5.
RIP
Attention, ici on a affaire à du lourd. Du très très lourd. En matière de qualité, RIP devrait faire date. Je me souviens encore de l'enthousiasme de mon libraire lors de la parution du tout premier tome en 2018. Léger flashback : le début d'une situation financière difficile et compliquée me concernant, il faut faire donc beaucoup de choix sur les lectures. Encore plus facile à éviter lorsque la couverture est moche (c'était mon avis et je continue de le penser) et que les auteurs sont de parfaits inconnus. Mais les différents retours unanimes (et la série s'étant considérablement allongée depuis) ont fait recroiser mon chemin vers ces bouquins. Si RIP se serait uniquement contenté du premier tome, il aurait probablement écopé de la meilleure note sur ce site ainsi que d'un coup de coeur (toujours d'actualité) amplement mérités. En effet, "Je ne survivrai pas à la mort" peut se lire de façon tout à fait indépendante et sa conclusion est un ultime pied de nez aux quelques 100 pages lues. Les autres tomes étayent l'histoire jusqu'à parfois même trop la répéter façon Berceuse assassine mais développent une histoire pas si banale avec une belle collection de bras cassés et de gueules de cinéma. Chapeau bas, cette histoire de nettoyeurs de cadavres semble rapidement tourner en rond alors qu'il n'en est rien, chaque tome ajoutant sa propre couche au "lore" complet de cette histoire machiavélique. Et que dire des dessins ? Julien Monier impose un style qui lui est propre, à la fois lisible et généreux dans un format un poil trop petit pour mes yeux fatigués. Gaet's semble maitriser d'un bout à l'autre toutes les ramifications de son récit et n'hésite pas à y ajouter aussi bien une bonne pincée d'humour noir qu'une certaine poésie macabre. Il n'a rien finalement à retirer de cette grande œuvre dont on a hâte d'en connaitre la conclusion qui va se faire encore un peu attendre. Lire le premier tome ou la totalité ne retirera en rien le plaisir ludique de l'ensemble. Voici un joli duo dont je vais suivre les prochaines publications avec plaisir. Faites vous plaisir : ne passez pas à coté de ce petit bijou qui aura même arraché 4 étoiles à l'aigri et exigeant Gaston !
Dan Star contre l'univers
Un album que j'avais un peu oublié mais que j'ai relu plusieurs fois en découvrant à chaque fois des allusions que j'avais ignorées. C'est foutraque, mais c'est réellement rigolo et bien dessiné. De plus, le scénario est souvent un ensemble de parodies de diverses choses vues ailleurs, mais avec une sauce qui lie très bien le tout, et doté d'une réelle chute. Bref du bel ouvrage bien ficelé ! Ah oui, il y a aussi du sexe, mais c'est trèèès gentillet, et traité de façon amusante, sans faute de goût (y compris lors des fellations :)) Que demander de plus ? Proche d'être culte ;)
Le Discours de la panthère
Déjà, c'est un bel objet. On tourne les pages et on sent bien l'épaisseur. Aussi la couleur du papier, d'un blanc nacré joue d'un magnifique contraste tout en douceur avec les planches. En soi, c'est super quali. Et puis le grain du papier se marie parfaitement avec le dessin. Il permet d'avoir une surface rugueuse et ces aspérités ajoutent de la matière et encore plus de profondeurs. C'est pénétrant, d'autant que les couleurs nous embarquent dans un autre monde. Ajoutons y toutes ces formes aux contours ondulés et cela donne un rendu à la fois épuré, élégant et, surprise!, psychédélique. Donc graphiquement, j'ai vraiment plané au-dessus de ces courtes histoires qui s'enchaînent, dont chacune fait 14/15 pages grosso modo. Chaque histoire se lit indépendamment des autres mais l'auteur les croise habilement, ces successions de rencontres forment une bien belle faune humaine. L'ensemble est absolument homogène, ainsi changer de lieux et de personnages ne m'a pas empêché de rester tout le temps connecté à ce que je voyais. Ces petits récits poétiques sont une allégorie de notre vie en société. Et chaque animal tient parfaitement son rôle symbolique pour faire s'affronter les différences entre personnage. Il y a aussi une grande question de quête, de ce qui pousse chaque "vivant" à vouloir exister. Cette recherche intérieure semble lier à la notion de mouvement, à l'idée d'avancer. Et puis l'épilogue, ce discours de la Panthère, finalement il y a comme un ordre naturel où tous sont réunis, sauf 2. Lesquels? A vous de découvrir et de comprendre pourquoi. Les émotions ne me sont par contre pas parvenues, j'étais plus captivé par le rendu graphique global ou par les allusions philosophiques, moins quant au sort destiné à certains personnages. Cette lecture m'a permis de me rappeler l'enfant que je suis resté. C'est une belle BD à offrir, toute la famille peut en profiter. Les questions sont sérieuses, le ton est doux, mais cette histoire n'est pas aussi merveilleuse et gentille qu'elle puisse paraître bien qu'elle mette en avant un grand nombre d'idéaux. Perso, j'interprète aussi le fait que l'humain fait fausse route de par sa nature, à contre-sens devrais-je même dire. Et il casse ainsi l'ordre naturel des choses. Il y a un drame qui se cache derrière le récit je trouve. Je n'en dirai pas plus, et puis c'est à chacun de porter un regard sur ce conte qui vaut le détour. Et ici, le genre "conte" porte très bien son nom.
Rogatons
J'ai un assez grand amour pour le travail de Boulet, entre blog BD intimiste et poétique, aimant la science et l'univers geek mais toujours humoristique sur sa propre vie et sa condition. Les diverses éditions de son blog m'avaient déjà bien satisfait (voir la série Notes) notamment avec l'inventivité dont il savait faire preuve dans des histoires telles que celles des 24 h de la BD. Ici, c'est un condensé de six mois d'histoires quotidiennes touchant à un peu tout les sujets de la vie. On a bien quelques idées qui reviennent de façon régulière (Bloody Mary et les légendes de manière globale par exemple) mais dans l'ensemble c'est surtout des gags façon tranche de vie. C'est drôle, même si les gags ne sont pas toujours hilarant. Boulet a surtout un chic pour se mettre dans des situations rocambolesques que j'espère inventées tant elles paraissent parfois ridicule. Dans l'ensemble, les gags ont un dessin qui ressemble beaucoup à ce que l'auteur produisait pour son blog, vous ne serez pas dépaysé si vous avez déjà lu les autres œuvres de sa part. Bref, on pourrait dire que c'est un n-ième recueil de blog, classique et déjà vu, mais force est de constater que Boulet arrive à le rendre drôle et intéressant. Entre quelques idées bien senties, des anecdotes tordantes ou des petits moments de vies qui sentent parfaitement bien le vrai, j'ai trouvé ça franchement chouette et plaisant à lire. C'est surtout un album à réserver aux fans du genre, mais dans l'idée je trouve qu'on est sur le haut du panier en terme de recueil de blogs. A déguster sans modération si vous aimez ce genre d'historiettes de vie sans grande importance mais simplement drôle.
Tu mourras moins bête
Tumourrasmoinsbete c'est tout d'abord un blog geek-comique qui, à l'instar de détecteur de fake news, démonte nos croyances en passant un sujet à la loupe scientifique: le sabre laser de Dark Vador, les accidents d'avion... tout est sujet à pédagogie, détournement et rigolade à la fin de quoi l'on sort effectivement moins bête. C'est donc pour cela que j’applaudis Arte de l'avoir adapté en formats courts, cela donnera peut-être des poussées de découvertes scientifiques. Un dessin semblant fait à l'arraché mais pourtant redoutable d'efficacité: quelques traits de couleur symbolisent un fond et basta, les personnages sont croqués à la va-vite mais facilement identifiables (même lorsque Marion Montaigne s'amuse à faire semblant de ne pas être capable de caricaturer des célèbres). A n'évidemment pas lire d'une traite mais feuilleter petit à petit comme au rythme de parutions de notes de blog justement. Un beau cadeau à offrir pour les fans de vulgarisation scientifique et de pop culture. Mais je conseille tout de même de privilégier le blog internet qui fournit à la fin un nombre considérable de liens vers des articles scientifiques pointus car on n'est pas là que pour rigoler mais aussi s'instruire. Merci Marion.