Les derniers avis (32301 avis)

Par Creamy
Note: 4/5
Couverture de la série Les Chimères de Vénus
Les Chimères de Vénus

Dans cette série dérivée du "Château des Etoiles", le ton est légèrement différent. On lorgne davantage vers le blockbuster Hollywoodien ("Atlantide, l'empire perdu", ''Jurassic Park''...) mais les talents de conteur et l'humour décalé d'Alain Ayrolles (De Cape et de Crocs,...) rendent la lecture digeste, avec ces allusions amusantes au XIXe siècle. Le dessin est soigné aussi. Un bon moment de détente.

01/03/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Itinéraire d'une garce
Itinéraire d'une garce

Je n'aurais rien à ajouter aux autres avis sur cette BD tant ils ont décrit à merveille ce que je ressens aussi : une BD touchante, juste et qui nous fait ressentir tout une remise en question d'une femme mature. C'est beau, enveloppé dans des textes qui font mouche autant qu'ils nous plongent directement au cœur du sujet. C'est sensible, dans le sens noble du terme, et ça m'a sincèrement touché. Je lorgnais sur cette BD comme celles qui font partie de la nouvelle collection de Glénat "Porn'pop", dirigée par Céline Tran, dont j'ai envie de lire tout les titres (sauf Petit Paul). Céline Tran était connue comme actrice du X, puis comme actrice tout court notamment dans des fictions youtube, en tant qu'auteure dans des petites histoires du label 619, et maintenant comme directrice de collection. Et ce bagage, on le sent dans l'histoire qu'elle nous donne ici, avec un ton maitrisé de bout en bout, l'utilisation de textes qui frisent la poésie et une histoire en totale empathie. C'est surtout la façon dont le récit évolue autour de cette femme qui en fait sa force. Il n'y a pas ici de regard extérieur, tout est posé dans la façon dont cette femme voit le monde, mais surtout dont elle se voit. Les textes qui parsèment l’œuvre sont une petite merveille à lire, permettant de se plonger réellement dans la pensée de Élise. Le regard conduit tout le récit, regard d’Élise sur elle-même et sa vie, regard des autres sur elle, regard du lecteur sur l'ensemble. Bien sur, la collection reste portée sur la pornographie, mais nous sommes très loin du genre de BD qui se lit à une main. Pour être honnête, ça s'approche bien plus du roman graphique pour moi. La pornographie n'est utilisée que comme outil de narration, à tel point que j'ai du réfléchir pour me rappeler les scènes osées qui parsèment l'ouvrage. C'est vraiment ce qui marque le moins. Non, la BD est marquante pour son dessin, qui sublime le propos en nous montrant le désir, l'envie, le mystère, la séduction, le regard ... C'est un dessin sensuel, qui explore un corps vieillissant mais qui sait encore frémir à l'envie. C'est un dessin qui joue sur les cadrages, les couleurs (magnifiques au passage) et sur les expressions pour que passe plus que simplement le texte. C'est beau, vraiment beau, et ce dessin nous entraine dans un propos qui reste toujours à hauteur d'humain. Je pourrais encore ajouter, mais les autres avis l'ont déjà mieux dit, alors je ne peux que rester sur un conseil de lecture très sincère. C'est franchement un gros coup de cœur que j'ai eu à la lecture, et c'est une chaude recommandation que je fais. Ça fait longtemps que je n'ai pas lu une BD qui donne autant l'impression d'être sincère dans son propos et humaine dans son traitement. Lisez-là !

01/03/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série Les Esclaves oubliés de Tromelin
Les Esclaves oubliés de Tromelin

Je connaissais l'existence de cette île, ainsi que l'histoire de ces malheureux. Le récit que propose Savoia est une petite merveille mêlant astucieusement documentaire, histoire et fiction. Tout commence par le naufrage de 'l'Utile' en 1761, un navire négrier, au large de l'île de Tromelin et de ses 210 survivants dont 80 esclaves sur cette portion de terre plate comme une limande, longue de 1700m et large de 700m. Un confetti perdu au milieu de l'océan Indien. Après deux mois, le temps de fabriquer une embarquation, les blancs quittent Tromelin en promettant de revenir chercher les malgaches. Il faudra attendre et attendre.... Une narration croisée entre l'expédition archéologique de 2008, dont faisait partie Savoia, et celle de la survie des rescapés. Une narration qui utilise les phylactères pour la partie rescapée, alors qu'elle n'utilise que la voix off de Savoia pour la partie expédition. Un récit qui permet de comprendre les enjeux et les difficultés de cette fouille archéologique et la vie au jour le jour de ces naufragés, leurs interrogations, leurs capacités à survivre et leur solitude. Comment ne pas être touché par ces esclaves abandonnés à une mort presque certaine. Après 15 années, il ne restera que sept femmes et un enfant à secourir. Un témoignage poignant qui nous replonge dans un passé peu glorieux. La partie graphique n'est pas ma tasse de thé, mais je lui reconnais d'être efficace pour ce style de récit. La mise en page ou plutôt le contour différent des cases entre les deux époques est une jolie trouvaille. A lire, incontestablement.

01/03/2023 (modifier)
Couverture de la série Enola et les animaux extraordinaires
Enola et les animaux extraordinaires

Encore une excellente série imaginée par Joris Chamblain. J'ai déjà beaucoup aimé la conduite de ses récits dans 'Les Carnets de Cerise" et " Le Journal d'Enfant de Lune". J'ai de nouveau été sous le charme avec la petite véto Enola. Seul le prénom Enola me gène un peu, car même si c'est un joli prénom il a une connotation historique très lourde à porter. Je trouve que le concept rappelle celui de la série Archibald le détective de monstres. À chaque épisode on retrouve un animal fantastique qui pose un gentil souci, Enola se transformant en petite détective pour trouver la source du problème. Le récit est simple avec des pointes d'humour. Le langage est adapté aux plus jeunes et reste d'un bon niveau. Ce qui fait le charme de la série pour moi, sont sa mise en couleur et les éclairages choisis par Lucile Thibaudier. C'est une vraie douceur de regarder les dessins. J'adore le look d'Enola très moderne qui se retrouve dans des environnements bien plus rustiques et datés. Cela crée un effet comique apprécié par mes enfants. Une très bonne lecture pour les enfants mais qu'il faut s'empresser de leur emprunter.

01/03/2023 (modifier)
Par iannick
Note: 4/5
Couverture de la série Achille
Achille

Et voilà comment l’acquisition de cette série m’a valu d’être traité comme « obsédé sexuel » auprès de mes potes rencontrés au festival d’Angoulême. J’avais beau leur expliquer qu’au-delà des scènes de boules, « Achille » est une retranscription apparemment fidèle de l’Iliade écrit par Homère, rien à faire, me voici désormais catalogué… Bon, je précise quand même qu’il existe une version d’« Achille » sans ces séquences « olé olé » pour ceux et celles qui sont prudes ou qu’ils veulent découvrir la version bande dessinée de l’Iliade au jeune lectorat. Alors pourquoi avoir acheté cette version Tabou me direz-vous ? Parce que l’auteur, Cosimo Ferri, était présent au stand de maison d’édition au festival d’Angoulême et qu’il fait de sacrées dédicaces le bougre ! Parce que, graphiquement, c’est une sacrée claque, surtout au niveau de la colorisation (réalisée à la peinture à l’huile) : c’est beau tous ces corps musclés, ces belles nanas, ces bâtiments, ces paysages méditerranéens, cette débauche de couleurs… ça sent vraiment l’Antiquité grecque, la vision que je me fais de cette époque ! Et enfin, parce que le cul, c’est la vie quoi que l’on dise ! Sur ce dernier point, n’allez pas croire que cette bande dessinée en regorge : c’est mis avec pertinence, avec grâce, sans vulgarité, on sent que l’auteur n’en abuse pas et ça s’insère vraiment bien dans cette histoire. Pour exemple, la relation d’Achille avec Patrocle n’a pas été mise comme ça pour allécher le lectorat, elle fait vraiment partie intégrante de l’œuvre d’Homère. Il y a vraiment une volonté de la part de Cosimo Ferri de respecter l’épopée de l’écrivain grecque. Au niveau du scénario, Cosimo Ferri semble avoir repris avec grande fidélité les écrits d’Homère. Ainsi, les principaux chapitres de l’Iliade sont bien présents dans « Achille » pour preuves la nomination des différents chapitres (ou « chants ») en référence à ce mythe. L’ensemble m’est apparu très plaisant et aisé à lire, la narration est fluide (il faut dire aussi que la représentation graphique des différents héros y est faite de façon aisée pour qu’on puisse les identifier rapidement). Cette version dessinée de l’Iliade a le mérite d’être plus accessible et compréhensible à la lecture que l’œuvre originelle (La faute aux envolées lyriques et sous forme de poèmes présents dans cet ouvrage qui m’ont fait abandonner à mainte fois sa lecture). Je ressors donc très satisfait de cette version de l’Iliade, Cosimo Ferri a fait un beau boulot aussi bien sur le plan graphique qu’au niveau du scénario. Il a su ainsi repérer les principaux chapitres du roman originel pour en faire une bande dessinée facilement accessible à tous (sauf bien entendu aux plus jeunes, je pense que vous l’aurez compris !) et plaisante à lire. Si la bd pornographique vous rebute généralement, faites au moins l’effort de découvrir cette série qui vous fera certainement changer positivement d’avis par son savant mélange de scènes crues mais respectueuses et son scénario digne d’intérêt. En tout cas et à l’adresse de mes tortionnaires, vos moqueries ne m’empêcheront pas d’acquérir l’autre série de Cosimo Ferri : « Ulysse », ça, vous pouvez en être sûrs !

01/03/2023 (modifier)
Couverture de la série L'Université des Chèvres
L'Université des Chèvres

Un livre déroutant dans lequel Christian Lax nous parle de sujets qui lui tiennent à cœur et qui sont tous liés à l’instruction et à l’éducation. Livre déroutant car il semble dépourvu de fil conducteur (même si à la fin, tout se recoupe). Durant la première partie du récit, nous allons suivre un personnage qui deviendra instituteur itinérant, bibliothécaire ambulant, chasseur d’or ou encore instituteur auprès d’indiens Hopis. Une destinée hors du commun marquée par l’envie de partager son savoir, sans distinction de race ou de sexe et, surtout, sans chercher à l’imposer. Durant la deuxième partie du récit, nous retrouvons une lointaine descendante de cet homme, journaliste américaine. Les deux sujets majeurs de cette partie sont alors les massacres réguliers perpétrés par des étudiants et qui ont lieu dans les établissements scolaires aux USA et la situation des femmes en Afghanistan. Ne pouvant parler du premier sujet, l’héroïne sera envoyée en Afghanistan pour écrire des papiers sur des femmes militantes là-bas. A nouveau, ça peut paraître un peu foutraque, comme si Christian Lax ne parvenait pas à se limiter à une seule thématique, mais tout est en lien. Un personnage d’instituteur itinérant en Afghanistan rappelle immanquablement l’instituteur de la première partie. La thématique de l’importance de l’instruction demeure constamment présente, avec un accent mis sur l’instruction accessible à tous, quel que soit son sexe, sa religion, sa classe sociale. Le danger des armes à feu aux USA, la répression en Afghanistan, le sort des indiens Hopis au siècle dernier, autant de faits contre lesquels l’auteur s’élève, nous criant ses craintes quant à une autorité qui imposerait un savoir par la force, brisant les uns pour glorifier les autres. J’ai vraiment senti le besoin de Christian Lax de parler de ces sujets, et il en parle bien. Ses personnages sont formidablement crédibles (et c’est un réel exploit de donner autant de matière à des personnages de fiction), son dessin est de toute beauté, sa colorisation apporte les lumières nécessaires, ses dialogues sonnent d’une manière naturelle… et la conclusion du récit émeut par son absurdité. Franchement, une très belle lecture.

01/03/2023 (modifier)
Couverture de la série La Maison qui rêvait
La Maison qui rêvait

Mais mais mais, c’est qu’il est bien plaisant ce petit album jeunesse. Un album sans prétention, dont les qualités principales résident dans de grandes illustrations dans lesquelles le jeune lecteur aura plaisir à se promener, et dans un récitatif travaillé qui enrichira à coup sûr son vocabulaire tout en l’amusant. J’ai beaucoup aimé le ton de l’album. Léger mais pas idiot, il convient parfaitement tant au scénario imaginé par l’auteur qu’à ses illustrations. Et on sent bien que Max Braslavsky a écrit cette histoire pour s’éclater sur les illustrations dont le point d’orgue est cette maison. D’abord par son architecture, ensuite par ses envies de voyages, la maison est un régal visuel, frais, amusant et très imaginatif. J’ai adoré me promener dans ces illustrations (mention spéciale pour les petites voitures) et je suis convaincu qu’un jeune lecteur prendra au moins autant de plaisir que moi devant ces images immersives. Le récitatif est très présent, au contraire des dialogues. Bien écrit et pourvu d’un vocabulaire plus riche que la moyenne pour ce genre d’album jeunesse, il a le grand mérite de ne pas prendre le jeune lecteur pour un idiot. Ce dernier devra sans doute faire quelques recherches ou demander de l’aide à ses parents face à l’un ou l’autre mot, ou devant l’une ou l’autre allusion (au détour d’une case vous verrez Néron jouer de la lyre devant Rome en feu, je ne suis pas sûr qu’un enfant comprendra de suite la référence). Amusant sans être hilarant, beau et faisant montre de beaucoup d’imagination, cet album est une vraie invitation au voyage. La petite morale qui l’accompagne est de peu d’importance et pourtant pas idiote.

01/03/2023 (modifier)
Couverture de la série Furieuse
Furieuse

Furieuse est un récit de fantasy principalement axé sur le divertissement mais qui ne l’empêche pas d’inciter le lecteur à se questionner sur la place des femmes dans notre société mais aussi sur le caractère sournois de la quête de pouvoir. J’ai vraiment passé un excellent moment à lire ce récit. Les personnages sont attachants, les rebondissements sont bien amenés, le dessin est très expressif, les couleurs très tranchées conviennent bien au sujet. Pour le côté divertissement, ça le fait ! J’ai aimé le fait que ce récit nous pousse à nous questionner sur le caractère corrupteur du pouvoir. Ici, le pouvoir est symbolisé par une épée (qui donne d’ailleurs son nom à l’album). Cette épée, dotée de pouvoirs magiques, pousse son détenteur à abuser de sa force, de son pouvoir, au point d’oublier ses objectifs premiers, sa soif de justice ou son envie d’aider ses semblables. On peut donc lire ce récit comme une fable sur le pouvoir. Et pour une histoire ‘tout public’, je trouve que c’est là une thématique intéressante et finement développée. Au final, je peux vraiment dire que j’ai bien aimé cette lecture. 4/5 !

01/03/2023 (modifier)
Couverture de la série Le Château des Animaux
Le Château des Animaux

Du pur bonheur cette série !! 2 auteurs au diapason pour régaler le lecteur, j’ai hâte de connaître la conclusion et pourquoi pas revoir la note à la hausse. Pour faire court, j’ai tout aimé. Du très très bon Dorison, un récit intelligent, bien construit, des personnages réussis. Je manque d’adjectifs mais à mes yeux vraiment une belle qualité d’écriture. Je ne suis pas spécialement fan de l’auteur mais ici il me surprend plus que positivement. Il rend un bel hommage à la ferme des animaux. Une bd ne serait rien sans la partie graphique, Felix Delep fait une entrée remarquable dans le monde du 9eme art, que dire sinon : Quel talent !! Les animaux sont exquis, découpage et couleurs aux petits oignons, ça envoie du lourd. Une réalisation de haute volée pour un récit hyper prenant, je dis OUI !!, bravo et merci.

28/02/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Preacher
Preacher

Mais non de dieu, combien de BD j'ai oublié d'aviser sur ce site, moi ? "Preacher", le genre de séries très controversées qui fait hésiter les lecteurs. Rien qu'a voir les notes, certes en escalier descendant, mais qui sont tout de même assez réparties le long des différentes valeur. Une masse de critique (17 à l'heure où je parle) qui disserte sur une même série sans véritablement trouver d'accord, c'est assez peu courant. Personnellement je pense que ça tient surtout à ce qu'est, en essence, "Preacher". Dans la lignée de Sandman, Transmetropolitan, Fables ou autre comics réédité chez Vertigo (très belle édition au passage), "Preacher" est une série au long-cours, dont les volumes se sont vus publiés sur des années, avec pléthore de personnages hauts en couleurs qui parsèment l’œuvre, revenant parfois et surtout vivant autour d'arcs narratifs qui parlent à chaque fois d'autres thématiques. Ces œuvres, très américaines dans leurs conceptions, sont des série qu'il est difficile de catégoriser, tant elles partent en tout sens au gré de l'imagination des narrateurs. Ici Garth Ennis se permets de parler de tout ce qui lui chante en plaçant moult références à diverses œuvres qui l'intéressent, à commencer par le western et John Wayne. Je pense que c'est principalement là qu'il faut voir le point de dissension entre divers posteurs : "Preacher" est une œuvre qui est avant tout purement américaine. Bien que n'étant pas un féru de culture américaine, et encore moins de son hégémonie, je trouve pourtant que "Preacher" est une œuvre qui s'en sort honorablement. Surtout parce qu'elle a un point de qualité non-négligeable : elle est iconoclaste. L'Amérique que l'on voit ici est une image de quelqu'un qui l'aime profondément malgré ses travers. Le message de Preacher me semble contenu dans cette ambivalence : un amour pour les USA et un regard qui n'hésite pas à en soulever tout les travers. Et ça, ça me plait. Parce qu'au-delà d'un message trop souvent entendu d'amour à ce pays, l'auteur sait prendre un recul bienvenu. La BD brasse trop de sujets pour que je puisse en faire le tour, mais je trouve qu'au-delà des personnages (dont Jesse est sans doute le plus fade), on parlera de nombreux personnages incarnant des déviances de l'Amérique comme terre de libertés et de tout les rêves. Que ce soit l'aristocratie décadente prête à baiser tout les animaux, que ce soit la religion et l'organisation hiérarchique trop implantée, les rednecks tarés du fin fond de leur cambrousse, les homosexuels rêvant de liberté en faisant détective privé, tout porte à déconstruire les valeurs de l'Amérique telles que présentées et nous parler d'autres valeurs, fraternels, amoureuses, épris de liberté. Je trouve à cet égard que le commandant Starr est parfaitement représentant de la dérive du masculinisme, puisqu'au fur et à mesure des morceaux qui lui seront retirées, il arrivera à perdre son pénis et utiliser un flingue devant son miroir pour le remplacer en hurlant qu'il en a une grosse. Comme message contre la masculinité toxique, je trouve que ça déménage ! Mais il y a aussi les considérations envers les ouvriers, la jeunesse qui subit la violence d'une génération passée par la guerre du Vietnam et l'idée d'être un vrai mec même avec ses enfants (l'histoire de tête de fion, tout aussi drôle qu'elle est, est avant tout tragique). On ne parlera pas du poids obsédant de la religion catholique qui reste en filigrane de tout, dans les campagnes reculées tout comme dans les plus hautes sphères de l’État. A ce niveau-là, la BD semble dire que tout faire péter pour repartir sur des bases plus saines semble être le meilleur des remèdes. Je ne suis pas loin de dire qu'il a raison. Cette BD n'est pas à mettre entre toutes les mains. Le ton volontairement violent et irrévérencieux, l'humour décalé qui joue sur les improbabilités des personnages mais aussi sur les situations loufoques est autant gore qu'absurde. Le tout dans un dessin qui fait très "comics" et assez peu moderne, enrobant une histoire qui se permets d'aller en tout sens pour parler de façon large d'une Amérique. J'aime bien l'idée de ce foutoir jamais bienveillant, toujours trash et qui se veut comme une sale histoire destinée à mettre des coups de pieds dans la fourmilière. Une histoire de sale gosse, quoi. C'est pas fait pour tout le monde, pas aussi fin et pas aussi drôle que Transmetropolitan qui reste supérieur à mes yeux, mais ça ose, ça dénonce en même temps que ça ne se prend jamais au sérieux. Une sorte de road-trip décalé, sous acide et en compagnie d'un fan de western qui a décidé de dire tout ce qu'il pense. Si ça n'en fait pas un chef-d’œuvre à mes yeux, ça reste quelque chose de neuf et étrange que je regarde avec une certaine fascination. C'est l'une des premières BD qui m'a fait comprendre pourquoi les américains peuvent être aussi amoureux de leurs pays malgré tout ce qu'il peut s'y passer. Rien que ça, c'est déjà beaucoup. Alors certes, il faut se farcir les 6 volumes qui sont inégaux entre eux, avec des passages qui sentent plus le creux avant l'action que l'histoire tenue, mais en passant outre je me suis retrouvé à sortir de ma lecture satisfait. Histoire pour lecteurs avertis, BD qui ne convient pas à tout le monde, "Preacher" est le genre de BD que j'adore commenter. Finalement j'en apprends beaucoup sur moi en lisant ce genre de BD. C'est tout de même chouette.

28/02/2023 (modifier)