Tome 1
Heraults nous plonge dans une aventure moyenâgeuse des plus plaisantes. On suit un ancien moine et un jeune peintre dont la mission consiste à répertorier et reproduire l'ensemble des blasons et armoiries de leurs contemporains. Cette mission est surtout présente en toile de fond, et très vite l'histoire s'oriente vers une enquête que vont mener nos 2 compagnons. Un chevalier s'est fait tuer lors d'un tournoi, et vu le nombre de coups d'épées reçus, nous avons forcément affaire à un meurtre.
C'est ainsi qu'ils se lancent à la recherche de la vérité. Leurs investigations sont très plaisantes à suivre. C'est plutôt prenant, bien ficelé, bien raconté, bref ça se lit tout seul. Et en plus l'ambiance et l'immersion sont au rendez vous grâce au dessin particulièrement réussi. Les décors sont de ceux qui nous transposent au moyen-âge. Les nombreuses vues de ruelles ou de villages, les plongés aériennes sur des châteaux, ou encore les pleines pages mettant en scène le tournoi sont de vraies réussites. Graphiquement c'est top, quelle ambiance !
Pour chipoter un peu, on pourrait dire que l'utilisation excessive du vieux français ou d'expression complète désuètes alourdit légèrement la lecture. Mais en tout cas cela ne gâche pas le plaisir que procure ce premier tome. En plus l'enquête se conclut à la fin, ce tome peut se lire comme un bon one-shot.
Tome 2
Ce second tome reprend la même recette, l'histoire offre une nouvelle enquête avec en toile de fond la même thématique, l'étude des blasons du moyen âge. Il sera ici question de la rivalité entre deux seigneurs dont les armoiries se ressemblent étrangement beaucoup. Partis pour rechercher qui a l'antériorité et qui est l'auteur du plagiat, nos héros vont être amenés à résoudre une affaire bien plus complexe, dans laquelle ils seront confronté à une série d'anciens meurtres.
Ça marche toujours aussi bien. Certes, on pourrait être tatillon sur certains détails un peu gros (personne ne semble s'être inquiété de toutes ces disparitions par exemple), mais ça reste anecdotique au final, car l'enquête est plaisante à suivre. Le récit est bien mené, l'intrigue est bouclée en 56 pages. On a à la fois une histoire simple à suivre et un contexte original.
Ces enquêtes moyenâgeuses sont vraiment une bonne idée. C'est efficace, et l'univers graphique est toujours aussi agréable.
Je fais partie de ceux qui pensent que la BD est un excellent médium pour aider à la diffusion de la culture. C'est tout naturellement que je suis friand de nombreuses biographies d'hommes illustres qui ont aidé à rendre le monde plus beau et plus juste.
C'est évidemment le cas de la famille Renoir comme le montre cette intéressante double biographie de Pierre-Auguste, le peintre, et de son fils Jean le cinéaste. Le scénario se déroule en trois parties : une biographie détaillée de Pierre-Auguste, celle plus brève de Jean, pour terminer par la courte période de la fin de vie du peintre en compagnie de son fils.
La première partie reprend classiquement l'ordre chronologique depuis la naissance de Pierre-Auguste jusqu'aux départs de ses fils à la Grande Guerre. J'ai beaucoup aimé le côté intimiste du récit. La maturation psychologique et artistique d'Auguste auprès de son père, de ses rencontres amoureuses ou de ses amitiés artistiques est bien mise en valeur par le déroulé proposé par Eddy Simon.
Le scénario ne se perd pas dans un catalogue des innombrables tableaux du Maître. Il rappelle à juste titre les grandes oeuvres d'Auguste en les incorporant dans un vécu et une pensée qui dépendent de la réalité de l'environnement de l'artiste. Je trouve que la seconde partie est presque en contraste car le côté intimiste est moins présent. C'est l'homme public et engagé qui subit ou agit sur un environnement politique qui le dépasse par moment.
C'est aussi le reflet des deux oeuvres, une peinture plus intimiste par rapport à un cinéma plus politique et engagé. C'est probablement le but de la courte troisième partie qui aborde le thème de la filiation artistique et la question qui a taraudé Jean toute sa vie sur son positionnement vis à vis de son père. On peut donc lire cette série comme une excellente interrogation sur un rapport père/fils sublimé par tant de génie.
Je suis un peu plus circonspect sur le graphisme de Lemonnier. Je trouve que Lemonnier choisit un style un peu crayonné qui déforme assez souvent les visages des personnages. Cela donne parfois l'aspect de caricatures qui m'ont souvent déplu. C'est dommage car je trouve le dynamisme des postures bon. De même je trouve les reproductions des tableaux de Renoir bien plus belles que les modèles décrits par Lemonnier.
Enfin contrairement à la belle couverture j'ai trouvé la mise en couleur assez terne ce qui est un comble pour la biographie d'un peintre aussi illustre.
Malgré ces réserves j'ai trouvé cette lecture très agréable et instructive, ce que je trouve être important. 3.5
La rencontre entre une petite fille et un ours est devenu un classique de la littérature enfantine. Dans ce diptyque, les autrices Ingrid Chabbert et Léa Mazé respectent les codes convenus pour ce type de récit.
Bébé recueillie par un ours dans la montagne le scénario commence un peu comme le Pyrénées de Loisel. Mais ici Elma possède un destin prophétique qui va entraîner le couple sur un chemin initiatique plein de dangers.
Même si le récit va à toute vitesse avec un texte simple et peu présent, le scénario s'engage vite vers des valeurs d'abnégation, de dévouement et d'intérêt général. La fin assez triste de l'histoire est portée par ces belles valeurs proposées aux enfants.
Il n'y a donc aucune mièvrerie dans cette série et j'ai trouvé la conclusion très touchante.
Le graphisme un peu géométrique à mon goût est singulier. Léa Mazé travaille beaucoup sur les décors de la forêt dans des tons roux- orangés qui donnent une belle ambiance d'automne à ce conte. Cela vient en contraste avec les tons bleus assez froids de l'ours, de la chevelure d'Elma ou de l'ennemi du couple.
Le dessin propose beaucoup de dynamisme dans les courses de l'ours et d'Elma en contre point avec le côté contemplatif des belles planches dédiées à la beauté sylvestre.
Une lecture rapide mais qui propose un beau graphisme et un récit portant de belles valeurs. 3.5
C'est sur le stand des éditions "Les rêveurs" à Angoulême que je me suis laissé tenter par cet album en voyant que Lelis, auteur brésilien, était présent. J'étais déjà admiratif des aquarelles qu'il réalisait en dédicace, mais la lecture de cet album m'a pleinement convaincu de son talent.
Lelis contextualise la réalisation de cette BD en début d'album. L'idée de base était au début de réaliser un album (pas une BD) pour enfants qui mettait en avant le pouvoir de la lecture et de l'imagination, en référence à une anecdote qu'il relate. Le COVID est passé par là, l’extrême droite aussi, et la tristesse ambiante a poussé Lelis à réaliser un album pour sortir les gens de cette torpeur morbide et les faire rire. C'est comme ça que "En fuite !" va prendre forme. Il reprend l'idée du pouvoir de la littérature en y intégrant ce qui le faisait rire enfant : les films de Buster Keaton et de Laurel et Hardy.
Car "En fuite !", c'est ça : pas de texte, juste de savoureuses aquarelles sur un trait éraillé mais d'une expressivité folle, tant dans ses petites cases que ses magnifiques pleines pages aux détails redoutables ! On est happés par ces successions d'événements "rocamburlesques" en collant aux basques de nos deux agents municipaux en charge de récupérer les animaux errants. Le fantastique (ou le rêve ?) s'invite au détour d'une librairie et voilà que de nouveaux personnages et de nouveaux horizons se dessinent... pour reprendre leur course folle !
Lelis voulait régaler ses compatriotes d'un peu de bonne humeur pour faire la nique au triste contexte qui l'entourait : pari tenu et son humour, sa fraicheur et sa poésie ont largement dépassé ses frontières ! Merci aux éditions Les Rêveurs (qui porte décidément bien son nom) pour nous avoir fait passer ce petit bijou ; un vrai ravissement !
Imaginez.
Il existe un programme qui permet de corriger les œuvres littéraires lorsque celles-ci sont mauvaises ou mal écrites, un algorithme qui arrive à cerner les incohérences ou le mauvais goût. En gros, une intelligence artificielle qui officiera en lieu et place des éditeurs de chair et de sang. De toute façon, la plupart ne lisent pas tous les bouquins qu'on leur envoie, trop de masse. L'idée, si elle peut faire flipper, fait tout de même sens.
Imaginez encore.
Ce programme est en réalité chapeauté par des héros issus d’œuvres diverses : manga, roman graphique, roman à l'eau de rose, aventure de capes et d'épées, etc. Ces personnages travaillent au sein même dudit programme et entrent dans les œuvres pour en corriger les défauts avant édition. Et ces derniers, s'ils savent qu'ils ne sont que fiction, savent aussi que leur réalité fictionnelle est LEUR réalité. Avec leurs souvenirs, leurs amours, leurs familles.
Imaginez une dernière fois.
A la suite de la mort d'un de ces "éditeurs", la cheffe engage un petit nouveau, personnage issu d'un roman graphique qui raconte l'histoire d'un auteur de bande dessinée. Triple mise en abyme. Le personnage de l’œuvre écrit lui-même une histoire sur un autre personnage (que l'on ne verra pas).
Bah, avec tout ça, on pourrait prendre peur.
Et oui, les première pages font peur, on ne comprend pas où on va. Puis le talent de Sean Murphy passe par là et il arrive à nous accrocher finalement très rapidement. Et c'est génial.
Nous voici donc plongé au sein du programme avec cette bande de héros de seconde zone qui, maintenant qu'ils sont sortis de leurs œuvres originelles, se battent pour sauver les livres. Quel scénario brillant.
Sans se prendre la tête outre mesure, Sean Murphy pose les bonnes questions tout en n'omettant pas de nous passionner par les aventures de nos héros dans ce monde éditorial. Pêle-mêle :
- la question de la perception de la réalité entre deux personnes est posée intelligemment. Le personnage issu du manga est touchant lorsque, après des moqueries au sujet de l’œuvre complètement barrée (et débile) dont il est issu, explique que pour lui, c'est la seule réalité qu'il connaisse et qu'elle est donc SA réalité.
- la question du pouvoir des livres est aussi malignement interrogée : à partir de quand un livre d'Histoire, pour reprendre l'exemple utilisé dans la BD, remplace la vraie Histoire ?
- la question de la catégorisation est présente aussi, peut-on changer, même lorsque nous avons été "programmé", éduqué d'une manière et pas d'une autre ?
- etc.
Le dessin est splendide, Sean Murphy arrive à reconstituer les styles de chacun des univers présenté dans le comics. Le découpage est vraiment bien foutu et les scènes d'actions se lisent avec délectation.
De même, j'ai beaucoup apprécié le clin d’œil à Punk Rock Jesus du même auteur (il y en a peut-être d'autres).
Seul petit bémol, qui n’est pas du fait des auteurs mais de l’édition française, j’ai relevé quelques coquilles et fautes d’orthographe.
J'en suis presque à regretter que ce comics ne soit qu'un one-shot, tellement l'univers pensé par Sean Murphy pourrait nous amener vers de multiples réflexions sur la littérature, sur la nature humaine, sur la sociologie des rapports humains. Mais c'est peut-être très bien ainsi, l'auteur nous ouvre une porte, à nous de continuer à la penser, à la faire vivre.
Vraiment bravo !
Comme beaucoup j'ai lu le roman de Camus au lycée. Ouvrage de toute une génération (pas la mienne) et je dois dire que j'étais passé un peu à travers à l'époque même si j'en ai gardé des souvenirs assez précis.
Je remercie Jacques Ferrandez de m'avoir permis cette relecture que j'ai trouvée très nourrissante. En effet je trouve cette adaptation vraiment excellente entièrement dans l'esprit Camus.
Il est vrai que c'est probablement plus facile d'appréhender le personnage de Meursault quand on a un vécu un peu plus étoffé qu'à 18 ans.
Les dialogues semblent être issu directement du roman (je n'ai pas vérifié) ce qui souligne la virtuosité du découpage et de la mise en scène de Ferrandez. Le graphisme remplace la partie descriptive du roman avec brio. L'ambiance algéroise est décrite avec justesse. L'atmosphère surchauffée qui tient un rôle si important dans le roman est toujours présente.
J'ai même trouvé des plus à la lecture de la BD comme l'incarnation du frère assassiné ou l'enchaînement de l'enterrement suivi de la rencontre avec Marie bien plus explicites en image. Le trait est fin, précis et détaillé. Les extérieurs d'Alger sont très beaux et montrent la magnificence de cette ville.
Une excellente lecture qui ne m'a pas lâché et que je ne peux que conseiller aux lycéens (et aux autres). Finalement je trouve que les propositions de l'auteur valent explications du texte de Camus.
Un très bon moment de lecture.
Ce qui m'interpelle en premier, c'est la concision du récit. Non pas par le nombre de pages, ni par sa durée chronologique (qui finalement s'avère conséquente), mais par son fond propre. Autrement dit, une histoire qui repose seulement sur une dizaine de flashbacks pris à des époques variées. Toutefois, ces quelques scènes ont amplement suffit à transmettre à cette œuvre une grande richesse émotive. En effet, au travers d'une histoire avant tout familiale, l'auteur parvient avec une aisance insolente (et c'est ce que j'aime le plus) à nous plonger dans la peau des différents protagonistes pour ainsi nous éprouver/délecter d'un cocktail sensitif : de la pitié pour une mère à qui le bonheur a été volé et pour un gamin abandonné, de l'amertume envers deux jeunes adolescents qui délaissent leurs proches puis du plaisir et de l'excitation à les voir se (re)construire une nouvelle vie à l'autre bout du monde*, une alternance d'admiration et d'agacement pour un père téméraire, excessif mais déterminé, qui mène tant bien que mal sa barque...
*j'étais persuadé pendant toute ma lecture que l'histoire se passait en Amérique du sud et non en Afrique.
Ce n'est pas une œuvre qui m'a marqué par son sujet mais par la justesse des sentiments retranscrits à partir de souvenirs d'origine diverse et plus ou moins réels comme l'auteur le signale en préface.
Je recommande fortement la lecture ! :)
// MAJ 2026 après relecture // :
Je complète mon avis initial pour rendre ici un hommage global aux dessins ainsi qu'à la colorisation de P-H Gomont pour lesquels j'ai une grande affection depuis ma découverte de Malaterre et encore plus après la lecture du très bon SLAVA.
Il s'y retrouve une douce nostalgie fort délectable que je ne saurais expliquer davantage !
Cette série allait forcément me plaire, j’adore l’univers de Gotham, et je suis friand de ces séries télévisées genre NCIS, CSI (Les experts), Esprits Criminels etc. où on s’intéresse autant aux enquêtes criminelles qu’aux vies personnelles des enquêteurs. Et comme « Gotham Central » réunit ces deux éléments avec brio, j’ai passé un excellent moment de lecture.
Alors attention, être un fan d’histoires de Batman plus traditionnelles ne garantit pas que vous aimiez « Gotham Central ». Le personnage de Batman n’a vraiment qu’un rôle secondaire, et l’action passe souvent au second plan, laissant le premier rôle aux petits soucis personnels des différents détectives, ce qui ne sera sans doute pas au gout de tout le monde. De même, être un fan des séries télévisées suscitées n’est pas une garantie en soi, car il faut s’accommoder du fait que nos enquêteurs sont opposés à des super méchants genre Mister Freeze ou Joker :) Bref, un concept hybride qui ne plaira sans doute pas à tout le monde.
Les intrigues elles-mêmes sont intéressantes dans l’ensemble, mais sans pour autant être renversantes… j’allais quand même mettre un bon 3/5, et puis… j’ai lu le 5eme tome (en VO. La VF chez Urban Comics est en 4 tomes). Je l’ai trouvé remarquable, prenant au possible, et la fin m’a bouleversé comme peu de BDs le font. Je vous recommande vraiment d’aller jusqu’au bout avant de vous faire une opinion sur l’ensemble de la série.
Du coup ma note passe à 4/5, et je mets un coup de cœur ! Quel dommage que « Gotham Central » ait enflammé la critique US, mais sans jamais décoller au niveau des ventes… phénomène pas exclusivement « bien de chez nous » malheureusement.
(MAJ 2023 : Avis après lecture des 10 tomes parus en VO – la série est terminée, mais la VF semble toujours abandonnée, malgré la reprise chez Urban Comics… dommage)
Je me retrouve face au même dilemme que lorsque j’ai écrit mon avis sur Y Le Dernier Homme, autre série du même auteur : les défauts sautent aux yeux, et pourtant je n’ai pas pu m’empêcher d’apprécier la série dans son ensemble.
L’histoire frise souvent le ridicule. Je pense notamment à la façon dont notre héros se débarrasse de son ennemi juré, ou encore aux nombreuses dernières pages de chapitre versant dans le cliffhanger ridicule.
L’histoire tire en longueur, et sa qualité varie énormément d’un tome à un autre.
J’ai littéralement englouti les 6 premiers tomes. Le scenario est très moderne, très « post-9/11 ». Il est composé d’une trame générale (le phénomène mystérieux qui a donné ce pouvoir étrange à Mitchell Hundred) et la gestion quotidienne de la ville de New-York. La trame générale avance assez peu dans les 5 premiers tomes, mais décolle littéralement dans le 6eme, et m’a vraiment enchanté. Les amateurs de SF complexe (uchronie, dimensions parallèles…) vont être ravis, avec l’apparition d’un personnage complètement inattendu qui va éclaircir de nombreux points.
Les 5 premiers tomes se concentrent donc sur le passé du héros, et sur le présent, cad la gestion politique et sociale de New-York. L’action pure se fait rare, et des sujets tels que les droits des homosexuels, la peine de mort, la classification des drogues douces, la communication avec la presse, etc… sont traités avec intelligence. Ca fait plaisir de voir une BD mélanger une histoire typée SF avec des concepts aussi intéressants. Par contre j’imagine que le manque d’action et le coté assez pointu de certaines discussions (révisez votre politique américaines, le nom des deux partis politiques principaux etc…) risque de barber les lecteurs avides d’action.
Et puis les tomes 7 et 8 viennent tout gâcher, et sont d’une médiocrité inconcevable. Que s’est-il passé ?! Heureusement l’histoire se reprend dans les tomes 9 et 10, qui nous offrent un final plaisant. Ouf.
Une série inégale, mais remplie de qualités, que je recommande malgré les défauts ci-dessus.
Amateurs de beautés aux galbes envoûtants et à la poitrine généreuse, cette série est faite pour vous. Cette série ne se contente pas de vendre les charmes éblouissants de la très belle Coraline, elle y ajoute de l'humour et presque de la poésie.
En effet dans un univers érotique et onirique Filippi nous entraîne dans un scénario plutôt bien construit. Filippi semble être dans sa zone de confort avec les thématiques du rêve et des changements d'époques.
Je trouve que le récit réussit à trouver un nouveau souffle au tome 2 en nous révélant qui est cette mystérieuse Célia inconnue au tome 1 avec une relecture imprévue d'un célèbre conte.
J'ai beaucoup aimé la construction du personnage de Coralie qui a une plastique de miss monde mais qui se révèle d'une fine intelligence.
Le graphisme de Dodson est admirable. Il y a déjà ces deux couvertures qui embelliraient n'importe quelle vitrine. Ensuite Dodson propose un dessin très soigné non seulement pour les beautés féminines que l'on croise mais aussi pour toutes les machineries qui donnent cette atmosphère étrange et singulière au récit.
Au cinéma on parle d'érotisme en costumes. Les auteurs réussissent à merveille à sublimer le genre. Ils ont su créer un diptyque tout en élégance et en finesse. Un petit bijou pour le genre.
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Tome 1
Heraults nous plonge dans une aventure moyenâgeuse des plus plaisantes. On suit un ancien moine et un jeune peintre dont la mission consiste à répertorier et reproduire l'ensemble des blasons et armoiries de leurs contemporains. Cette mission est surtout présente en toile de fond, et très vite l'histoire s'oriente vers une enquête que vont mener nos 2 compagnons. Un chevalier s'est fait tuer lors d'un tournoi, et vu le nombre de coups d'épées reçus, nous avons forcément affaire à un meurtre.
C'est ainsi qu'ils se lancent à la recherche de la vérité. Leurs investigations sont très plaisantes à suivre. C'est plutôt prenant, bien ficelé, bien raconté, bref ça se lit tout seul. Et en plus l'ambiance et l'immersion sont au rendez vous grâce au dessin particulièrement réussi. Les décors sont de ceux qui nous transposent au moyen-âge. Les nombreuses vues de ruelles ou de villages, les plongés aériennes sur des châteaux, ou encore les pleines pages mettant en scène le tournoi sont de vraies réussites. Graphiquement c'est top, quelle ambiance !
Pour chipoter un peu, on pourrait dire que l'utilisation excessive du vieux français ou d'expression complète désuètes alourdit légèrement la lecture. Mais en tout cas cela ne gâche pas le plaisir que procure ce premier tome. En plus l'enquête se conclut à la fin, ce tome peut se lire comme un bon one-shot.
Tome 2
Ce second tome reprend la même recette, l'histoire offre une nouvelle enquête avec en toile de fond la même thématique, l'étude des blasons du moyen âge. Il sera ici question de la rivalité entre deux seigneurs dont les armoiries se ressemblent étrangement beaucoup. Partis pour rechercher qui a l'antériorité et qui est l'auteur du plagiat, nos héros vont être amenés à résoudre une affaire bien plus complexe, dans laquelle ils seront confronté à une série d'anciens meurtres.
Ça marche toujours aussi bien. Certes, on pourrait être tatillon sur certains détails un peu gros (personne ne semble s'être inquiété de toutes ces disparitions par exemple), mais ça reste anecdotique au final, car l'enquête est plaisante à suivre. Le récit est bien mené, l'intrigue est bouclée en 56 pages. On a à la fois une histoire simple à suivre et un contexte original.
Ces enquêtes moyenâgeuses sont vraiment une bonne idée. C'est efficace, et l'univers graphique est toujours aussi agréable.
D'un Renoir à l'autre
Je fais partie de ceux qui pensent que la BD est un excellent médium pour aider à la diffusion de la culture. C'est tout naturellement que je suis friand de nombreuses biographies d'hommes illustres qui ont aidé à rendre le monde plus beau et plus juste. C'est évidemment le cas de la famille Renoir comme le montre cette intéressante double biographie de Pierre-Auguste, le peintre, et de son fils Jean le cinéaste. Le scénario se déroule en trois parties : une biographie détaillée de Pierre-Auguste, celle plus brève de Jean, pour terminer par la courte période de la fin de vie du peintre en compagnie de son fils. La première partie reprend classiquement l'ordre chronologique depuis la naissance de Pierre-Auguste jusqu'aux départs de ses fils à la Grande Guerre. J'ai beaucoup aimé le côté intimiste du récit. La maturation psychologique et artistique d'Auguste auprès de son père, de ses rencontres amoureuses ou de ses amitiés artistiques est bien mise en valeur par le déroulé proposé par Eddy Simon. Le scénario ne se perd pas dans un catalogue des innombrables tableaux du Maître. Il rappelle à juste titre les grandes oeuvres d'Auguste en les incorporant dans un vécu et une pensée qui dépendent de la réalité de l'environnement de l'artiste. Je trouve que la seconde partie est presque en contraste car le côté intimiste est moins présent. C'est l'homme public et engagé qui subit ou agit sur un environnement politique qui le dépasse par moment. C'est aussi le reflet des deux oeuvres, une peinture plus intimiste par rapport à un cinéma plus politique et engagé. C'est probablement le but de la courte troisième partie qui aborde le thème de la filiation artistique et la question qui a taraudé Jean toute sa vie sur son positionnement vis à vis de son père. On peut donc lire cette série comme une excellente interrogation sur un rapport père/fils sublimé par tant de génie. Je suis un peu plus circonspect sur le graphisme de Lemonnier. Je trouve que Lemonnier choisit un style un peu crayonné qui déforme assez souvent les visages des personnages. Cela donne parfois l'aspect de caricatures qui m'ont souvent déplu. C'est dommage car je trouve le dynamisme des postures bon. De même je trouve les reproductions des tableaux de Renoir bien plus belles que les modèles décrits par Lemonnier. Enfin contrairement à la belle couverture j'ai trouvé la mise en couleur assez terne ce qui est un comble pour la biographie d'un peintre aussi illustre. Malgré ces réserves j'ai trouvé cette lecture très agréable et instructive, ce que je trouve être important. 3.5
Elma - Une vie d'ours
La rencontre entre une petite fille et un ours est devenu un classique de la littérature enfantine. Dans ce diptyque, les autrices Ingrid Chabbert et Léa Mazé respectent les codes convenus pour ce type de récit. Bébé recueillie par un ours dans la montagne le scénario commence un peu comme le Pyrénées de Loisel. Mais ici Elma possède un destin prophétique qui va entraîner le couple sur un chemin initiatique plein de dangers. Même si le récit va à toute vitesse avec un texte simple et peu présent, le scénario s'engage vite vers des valeurs d'abnégation, de dévouement et d'intérêt général. La fin assez triste de l'histoire est portée par ces belles valeurs proposées aux enfants. Il n'y a donc aucune mièvrerie dans cette série et j'ai trouvé la conclusion très touchante. Le graphisme un peu géométrique à mon goût est singulier. Léa Mazé travaille beaucoup sur les décors de la forêt dans des tons roux- orangés qui donnent une belle ambiance d'automne à ce conte. Cela vient en contraste avec les tons bleus assez froids de l'ours, de la chevelure d'Elma ou de l'ennemi du couple. Le dessin propose beaucoup de dynamisme dans les courses de l'ours et d'Elma en contre point avec le côté contemplatif des belles planches dédiées à la beauté sylvestre. Une lecture rapide mais qui propose un beau graphisme et un récit portant de belles valeurs. 3.5
En fuite !
C'est sur le stand des éditions "Les rêveurs" à Angoulême que je me suis laissé tenter par cet album en voyant que Lelis, auteur brésilien, était présent. J'étais déjà admiratif des aquarelles qu'il réalisait en dédicace, mais la lecture de cet album m'a pleinement convaincu de son talent. Lelis contextualise la réalisation de cette BD en début d'album. L'idée de base était au début de réaliser un album (pas une BD) pour enfants qui mettait en avant le pouvoir de la lecture et de l'imagination, en référence à une anecdote qu'il relate. Le COVID est passé par là, l’extrême droite aussi, et la tristesse ambiante a poussé Lelis à réaliser un album pour sortir les gens de cette torpeur morbide et les faire rire. C'est comme ça que "En fuite !" va prendre forme. Il reprend l'idée du pouvoir de la littérature en y intégrant ce qui le faisait rire enfant : les films de Buster Keaton et de Laurel et Hardy. Car "En fuite !", c'est ça : pas de texte, juste de savoureuses aquarelles sur un trait éraillé mais d'une expressivité folle, tant dans ses petites cases que ses magnifiques pleines pages aux détails redoutables ! On est happés par ces successions d'événements "rocamburlesques" en collant aux basques de nos deux agents municipaux en charge de récupérer les animaux errants. Le fantastique (ou le rêve ?) s'invite au détour d'une librairie et voilà que de nouveaux personnages et de nouveaux horizons se dessinent... pour reprendre leur course folle ! Lelis voulait régaler ses compatriotes d'un peu de bonne humeur pour faire la nique au triste contexte qui l'entourait : pari tenu et son humour, sa fraicheur et sa poésie ont largement dépassé ses frontières ! Merci aux éditions Les Rêveurs (qui porte décidément bien son nom) pour nous avoir fait passer ce petit bijou ; un vrai ravissement !
The Plot Holes
Imaginez. Il existe un programme qui permet de corriger les œuvres littéraires lorsque celles-ci sont mauvaises ou mal écrites, un algorithme qui arrive à cerner les incohérences ou le mauvais goût. En gros, une intelligence artificielle qui officiera en lieu et place des éditeurs de chair et de sang. De toute façon, la plupart ne lisent pas tous les bouquins qu'on leur envoie, trop de masse. L'idée, si elle peut faire flipper, fait tout de même sens. Imaginez encore. Ce programme est en réalité chapeauté par des héros issus d’œuvres diverses : manga, roman graphique, roman à l'eau de rose, aventure de capes et d'épées, etc. Ces personnages travaillent au sein même dudit programme et entrent dans les œuvres pour en corriger les défauts avant édition. Et ces derniers, s'ils savent qu'ils ne sont que fiction, savent aussi que leur réalité fictionnelle est LEUR réalité. Avec leurs souvenirs, leurs amours, leurs familles. Imaginez une dernière fois. A la suite de la mort d'un de ces "éditeurs", la cheffe engage un petit nouveau, personnage issu d'un roman graphique qui raconte l'histoire d'un auteur de bande dessinée. Triple mise en abyme. Le personnage de l’œuvre écrit lui-même une histoire sur un autre personnage (que l'on ne verra pas). Bah, avec tout ça, on pourrait prendre peur. Et oui, les première pages font peur, on ne comprend pas où on va. Puis le talent de Sean Murphy passe par là et il arrive à nous accrocher finalement très rapidement. Et c'est génial. Nous voici donc plongé au sein du programme avec cette bande de héros de seconde zone qui, maintenant qu'ils sont sortis de leurs œuvres originelles, se battent pour sauver les livres. Quel scénario brillant. Sans se prendre la tête outre mesure, Sean Murphy pose les bonnes questions tout en n'omettant pas de nous passionner par les aventures de nos héros dans ce monde éditorial. Pêle-mêle : - la question de la perception de la réalité entre deux personnes est posée intelligemment. Le personnage issu du manga est touchant lorsque, après des moqueries au sujet de l’œuvre complètement barrée (et débile) dont il est issu, explique que pour lui, c'est la seule réalité qu'il connaisse et qu'elle est donc SA réalité. - la question du pouvoir des livres est aussi malignement interrogée : à partir de quand un livre d'Histoire, pour reprendre l'exemple utilisé dans la BD, remplace la vraie Histoire ? - la question de la catégorisation est présente aussi, peut-on changer, même lorsque nous avons été "programmé", éduqué d'une manière et pas d'une autre ? - etc. Le dessin est splendide, Sean Murphy arrive à reconstituer les styles de chacun des univers présenté dans le comics. Le découpage est vraiment bien foutu et les scènes d'actions se lisent avec délectation. De même, j'ai beaucoup apprécié le clin d’œil à Punk Rock Jesus du même auteur (il y en a peut-être d'autres). Seul petit bémol, qui n’est pas du fait des auteurs mais de l’édition française, j’ai relevé quelques coquilles et fautes d’orthographe. J'en suis presque à regretter que ce comics ne soit qu'un one-shot, tellement l'univers pensé par Sean Murphy pourrait nous amener vers de multiples réflexions sur la littérature, sur la nature humaine, sur la sociologie des rapports humains. Mais c'est peut-être très bien ainsi, l'auteur nous ouvre une porte, à nous de continuer à la penser, à la faire vivre. Vraiment bravo !
L'Etranger
Comme beaucoup j'ai lu le roman de Camus au lycée. Ouvrage de toute une génération (pas la mienne) et je dois dire que j'étais passé un peu à travers à l'époque même si j'en ai gardé des souvenirs assez précis. Je remercie Jacques Ferrandez de m'avoir permis cette relecture que j'ai trouvée très nourrissante. En effet je trouve cette adaptation vraiment excellente entièrement dans l'esprit Camus. Il est vrai que c'est probablement plus facile d'appréhender le personnage de Meursault quand on a un vécu un peu plus étoffé qu'à 18 ans. Les dialogues semblent être issu directement du roman (je n'ai pas vérifié) ce qui souligne la virtuosité du découpage et de la mise en scène de Ferrandez. Le graphisme remplace la partie descriptive du roman avec brio. L'ambiance algéroise est décrite avec justesse. L'atmosphère surchauffée qui tient un rôle si important dans le roman est toujours présente. J'ai même trouvé des plus à la lecture de la BD comme l'incarnation du frère assassiné ou l'enchaînement de l'enterrement suivi de la rencontre avec Marie bien plus explicites en image. Le trait est fin, précis et détaillé. Les extérieurs d'Alger sont très beaux et montrent la magnificence de cette ville. Une excellente lecture qui ne m'a pas lâché et que je ne peux que conseiller aux lycéens (et aux autres). Finalement je trouve que les propositions de l'auteur valent explications du texte de Camus.
Malaterre
Un très bon moment de lecture. Ce qui m'interpelle en premier, c'est la concision du récit. Non pas par le nombre de pages, ni par sa durée chronologique (qui finalement s'avère conséquente), mais par son fond propre. Autrement dit, une histoire qui repose seulement sur une dizaine de flashbacks pris à des époques variées. Toutefois, ces quelques scènes ont amplement suffit à transmettre à cette œuvre une grande richesse émotive. En effet, au travers d'une histoire avant tout familiale, l'auteur parvient avec une aisance insolente (et c'est ce que j'aime le plus) à nous plonger dans la peau des différents protagonistes pour ainsi nous éprouver/délecter d'un cocktail sensitif : de la pitié pour une mère à qui le bonheur a été volé et pour un gamin abandonné, de l'amertume envers deux jeunes adolescents qui délaissent leurs proches puis du plaisir et de l'excitation à les voir se (re)construire une nouvelle vie à l'autre bout du monde*, une alternance d'admiration et d'agacement pour un père téméraire, excessif mais déterminé, qui mène tant bien que mal sa barque... *j'étais persuadé pendant toute ma lecture que l'histoire se passait en Amérique du sud et non en Afrique. Ce n'est pas une œuvre qui m'a marqué par son sujet mais par la justesse des sentiments retranscrits à partir de souvenirs d'origine diverse et plus ou moins réels comme l'auteur le signale en préface. Je recommande fortement la lecture ! :) // MAJ 2026 après relecture // : Je complète mon avis initial pour rendre ici un hommage global aux dessins ainsi qu'à la colorisation de P-H Gomont pour lesquels j'ai une grande affection depuis ma découverte de Malaterre et encore plus après la lecture du très bon SLAVA. Il s'y retrouve une douce nostalgie fort délectable que je ne saurais expliquer davantage !
Gotham Central
Cette série allait forcément me plaire, j’adore l’univers de Gotham, et je suis friand de ces séries télévisées genre NCIS, CSI (Les experts), Esprits Criminels etc. où on s’intéresse autant aux enquêtes criminelles qu’aux vies personnelles des enquêteurs. Et comme « Gotham Central » réunit ces deux éléments avec brio, j’ai passé un excellent moment de lecture. Alors attention, être un fan d’histoires de Batman plus traditionnelles ne garantit pas que vous aimiez « Gotham Central ». Le personnage de Batman n’a vraiment qu’un rôle secondaire, et l’action passe souvent au second plan, laissant le premier rôle aux petits soucis personnels des différents détectives, ce qui ne sera sans doute pas au gout de tout le monde. De même, être un fan des séries télévisées suscitées n’est pas une garantie en soi, car il faut s’accommoder du fait que nos enquêteurs sont opposés à des super méchants genre Mister Freeze ou Joker :) Bref, un concept hybride qui ne plaira sans doute pas à tout le monde. Les intrigues elles-mêmes sont intéressantes dans l’ensemble, mais sans pour autant être renversantes… j’allais quand même mettre un bon 3/5, et puis… j’ai lu le 5eme tome (en VO. La VF chez Urban Comics est en 4 tomes). Je l’ai trouvé remarquable, prenant au possible, et la fin m’a bouleversé comme peu de BDs le font. Je vous recommande vraiment d’aller jusqu’au bout avant de vous faire une opinion sur l’ensemble de la série. Du coup ma note passe à 4/5, et je mets un coup de cœur ! Quel dommage que « Gotham Central » ait enflammé la critique US, mais sans jamais décoller au niveau des ventes… phénomène pas exclusivement « bien de chez nous » malheureusement.
Ex Machina
(MAJ 2023 : Avis après lecture des 10 tomes parus en VO – la série est terminée, mais la VF semble toujours abandonnée, malgré la reprise chez Urban Comics… dommage) Je me retrouve face au même dilemme que lorsque j’ai écrit mon avis sur Y Le Dernier Homme, autre série du même auteur : les défauts sautent aux yeux, et pourtant je n’ai pas pu m’empêcher d’apprécier la série dans son ensemble. L’histoire frise souvent le ridicule. Je pense notamment à la façon dont notre héros se débarrasse de son ennemi juré, ou encore aux nombreuses dernières pages de chapitre versant dans le cliffhanger ridicule. L’histoire tire en longueur, et sa qualité varie énormément d’un tome à un autre. J’ai littéralement englouti les 6 premiers tomes. Le scenario est très moderne, très « post-9/11 ». Il est composé d’une trame générale (le phénomène mystérieux qui a donné ce pouvoir étrange à Mitchell Hundred) et la gestion quotidienne de la ville de New-York. La trame générale avance assez peu dans les 5 premiers tomes, mais décolle littéralement dans le 6eme, et m’a vraiment enchanté. Les amateurs de SF complexe (uchronie, dimensions parallèles…) vont être ravis, avec l’apparition d’un personnage complètement inattendu qui va éclaircir de nombreux points. Les 5 premiers tomes se concentrent donc sur le passé du héros, et sur le présent, cad la gestion politique et sociale de New-York. L’action pure se fait rare, et des sujets tels que les droits des homosexuels, la peine de mort, la classification des drogues douces, la communication avec la presse, etc… sont traités avec intelligence. Ca fait plaisir de voir une BD mélanger une histoire typée SF avec des concepts aussi intéressants. Par contre j’imagine que le manque d’action et le coté assez pointu de certaines discussions (révisez votre politique américaines, le nom des deux partis politiques principaux etc…) risque de barber les lecteurs avides d’action. Et puis les tomes 7 et 8 viennent tout gâcher, et sont d’une médiocrité inconcevable. Que s’est-il passé ?! Heureusement l’histoire se reprend dans les tomes 9 et 10, qui nous offrent un final plaisant. Ouf. Une série inégale, mais remplie de qualités, que je recommande malgré les défauts ci-dessus.
Songes
Amateurs de beautés aux galbes envoûtants et à la poitrine généreuse, cette série est faite pour vous. Cette série ne se contente pas de vendre les charmes éblouissants de la très belle Coraline, elle y ajoute de l'humour et presque de la poésie. En effet dans un univers érotique et onirique Filippi nous entraîne dans un scénario plutôt bien construit. Filippi semble être dans sa zone de confort avec les thématiques du rêve et des changements d'époques. Je trouve que le récit réussit à trouver un nouveau souffle au tome 2 en nous révélant qui est cette mystérieuse Célia inconnue au tome 1 avec une relecture imprévue d'un célèbre conte. J'ai beaucoup aimé la construction du personnage de Coralie qui a une plastique de miss monde mais qui se révèle d'une fine intelligence. Le graphisme de Dodson est admirable. Il y a déjà ces deux couvertures qui embelliraient n'importe quelle vitrine. Ensuite Dodson propose un dessin très soigné non seulement pour les beautés féminines que l'on croise mais aussi pour toutes les machineries qui donnent cette atmosphère étrange et singulière au récit. Au cinéma on parle d'érotisme en costumes. Les auteurs réussissent à merveille à sublimer le genre. Ils ont su créer un diptyque tout en élégance et en finesse. Un petit bijou pour le genre.