Cette série jeunesse ne prend pas les enfants pour des niais. Dans un univers animalier assez cocasse, le petit ourson Arthur va se trouver au centre d'énigmes avec de multiples rebondissements.
Entouré d'une bande de copains et copines d'horizons différents son parcours lui fera découvrir sa face cachée (son pouvoir), l'amitié et un début d'amour. Les scénarii sont construits autour de textes assez difficiles qui nécessitent un bon niveau de lecture.
Loïc Clément propose un vrai travail sur le langage que ce soit à travers l'escargot Gonzague au vocabulaire très soutenu ou grâce à la petite Pélagie qui joue sur les sonorités et les assonances.
Le dessin d'Anne Montel ne manque pas de charme avec son bestiaire très fourni d'animaux qui sortent de l'ordinaire pour certains. Une petite trouvaille graphique avec ces habitations qui ressemblent à des contenants alimentaires (pot de miel, pot de confiture ou autres)
Cela dégage une atmosphère gentille sans être nian-nian avec une histoire qu'on ne lit pas en cinq minutes.
Une lecture agréable qui allie divertissement et apprentissage.
Étrangement, j'aime beaucoup Skydoll, même si je suis tout à fait d'accord avec les avis comme quoi l'histoire n'est pas super. Leur manière d'aborder la religion et le contrôle des masses n'est pas du tout originale et très cringe sur les bord. Mais, bon, le premier est sorti en 2000 et ça parait, alors je leur pardonne. Les thèmes de l'intrigue sont basées sur l'experience de Canepa et Barbucci comme artistes travaillant pour Disney et l'enfer qu'ils y ont vécus (les yeux de Noa me font beaucoup penser à ceux de la petite sirène d'ailleurs) et le retour en force de la religion en Italie vers la fin des années 90. Malheureusement, le mélange de tout ça n'est pas très réussit.
Pour ce qui est des origines de Noa...quel bordel. Plus ça avance, plus ça devient n'importe quoi et ça ne fait aucun, mais aucun sens. Le tome 4 (qui a finit par sortir!) est vraiment le pire à ce sujet. D'ailleurs, c'est celui au pire rythme et il n'a aucune intrigue, je ne comprends pas à quoi ça à servit de le publier? 10 ans pour ça? Il ne fait absolument pas avancer l'histoire.
...Et malgré tout ça, j'adore relire Skydoll. Les dessins et les couleurs (surtout les couleurs) sont très agréables à regarder et je réussit quand même à apprécier les personnages et cette histoire un peu nulle :')
Ça réussit à être charmant!
Par contre, vu que la publications des bd s'étends maintenant sur plus de 20 ans, le style de dessins et la direction artistique a quand même un peu changé. Il suffit de comparer le T1 et T4, ils sont totalement différents. (Je ne sais pas ce qui c'est passé dans l'application des couleurs dans le T4, mais le contraste est comme absent dans certaines cases? Ça devient très difficiles de bien voir ce qui s'y passe. Une chance que j'ai la publication en noir et blanc et celle en couleur, ça me permet de comparer les deux).
J'invite les gens à donner une chance à Skydoll, surtout si vous aimez les environnements détaillés et les planches aux couleurs originales.
Ps. L'auteur de l'avis précédent semble oublier qu'il y a aussi une femme qui travaille sur cette histoire et qui est en charge des couleurs: Barbara Canepa.
Dans cette série jeunesse, humains et sorcières cohabitent en bonne entente. Et les jeunes apprentis-sorcières suivent plusieurs années de formation en étant réparties par groupes de trois assignées à une sorcière adulte qui va leur apprendre à développer les pouvoirs, chacune dans l'une des cinq spécialités existantes de magie : Alchimie, Divination, Herbologie, Divination ou Démonologie. Cette dernière spécialité consiste à connaitre et maîtriser les créatures magiques, esprits démoniaques ou fantomatiques, et c'est l'une d'entre elles qui sera à l'origine de l'aventure au sein du premier tome de cette série.
Nous allons suivre le trio formé de Mandragore, Belladona et Fortuna, âgées de 12 à 15 ans, et plus particulièrement la dernière d'entre elles qui peine à développer ses pouvoirs de Divination, au grand dam de sa famille qui est spécialisée dans le domaine depuis des générations. La pression est donc forte sur les épaules de la pauvre Fortuna, suffisamment forte pour l'amener à accepter un marché avec une dangereuse créature.
Si le contexte d'un monde de gentilles sorcières est devenu un grand classique de la littérature jeunesse depuis Harry Potter, j'ai apprécié la grande maturité de cette BD. Il n'y a pas de manichéisme, pas de péripéties cousues de fil blanc et pas de développements faciles ou attendus. Les relations entre les protagonistes sont très réussies, avec des dialogues intelligents et des sujets intéressants abordés avec justesse. J'ai tout particulièrement aimé la personnalité marquée des différents protagonistes, ne donnant jamais l'impression de suivre un héros unique et des seconds rôles à ses côtés mais bien un ensemble de personnages dont chacun des actes est aussi important.
A l'image du graphisme simple mais très agréable et joliment colorisé, le récit se suit avec un réel plaisir, coulant avec un grand naturel et offrant des développements inattendus et souvent empreints de sagesse. Je conseille cette lecture autant aux jeunes ados qu'aux lecteurs adultes et je serai ravi de lire d'autres aventures de Fortuna et ses amies si la qualité reste du même niveau.
J’ai fini par lire cette bd que je voyais depuis longtemps, notamment dans les immanquables, mais qui ne m’attirait pas plus que ça. Finalement, Casterman m’a quasi forcé la main en proposant une réédition à bas prix de certains de ses classiques à l’occasion du festival d’Angoulême. J’ai donc pu enfin lire cette bande dessinée, et c’est vrai que c’est bien.
L’histoire est sympa, l’immersion du fantastique pas trop dérangeante pour la fluidité et la cohérence. J’avoue que j’ai souvent un peu peur du « c’est pas grave, c’est magique » où le fantastique explique un peu tout et n’importe quoi, mais plus je lis de récit fantastiques plus j’apprécie. Ici, il vient en support d’une histoire d’exclusion, de défiance et de jeux de pouvoirs dans un patelin rural où les rôles sociaux sont bien définis. Comès vient nous raconter la stupidité et la méchanceté banale et quotidienne des petites gens, qui finit par blesser, humilier et tuer. Le personnage de Silence est un témoin actif de tout cela et des luttes qu’il ne comprend pas mais auxquelles il participe. Ce personnage est assez réussi, il devient assez sympathique aux yeux du lecteur et on se prend d’amitié et de compassion pour lui. Les autres personnages sont réussis, j’ai personnellement bien aimé ceux de la sorcière et du sorcier, et celui du nain qui se lie d’amitié avec Silence. L’histoire ne m’a pas lâchée du début à la fin et j’avoue que j’ai été captivé jusqu’au bout.
Le dessin est un plus du récit selon moi, il est vraiment beau. J’ai bien aimé les traits des personnages et surtout leurs expressions faciales que je trouve très fortes. Chaque personnage a une expression bien à lui, et cela renforce la puissance du récit. Une bien bonne bd qui va me pousser à lire d’autres œuvres de Comès.
Eh bien pour le coup, j’ai adoré ! J’avais vu la bd en librairie et elle m’intriguait, mais sans plus. C’est finalement l’avis de Blue Boy qui m’a encouragé à passer le pas. Et je n’ai pas été déçu.
« Meurtre Télécommandé » nous plonge dans une atmosphère particulière. Le cadre est tout ce qu’il y a de plus classique, une enquête sur un meurtre, plusieurs suspects, et un enquêteur solitaire qui doit composer avec la méfiance de la police locale, police locale rustre, incompétente, etc. Mais on s’arrête là pour le classicisme. Déjà, mais ça on le comprend au premier regard sur la couverture, il y a (un peu) de fantastique. J’avoue que je m’attendais à ce qu’il y en ait plus, mais c’est finalement bien dosé et pas trop prégnant. Le fantastique est bien amené et contribue surtout à une certains ambiance décalée de cette bd, qui est un peu dans son propre monde, et pas mal loufoque, mais du bon côté. Ce côté perché et loufoque est contrebalancé par un dessin hyper classique et des personnages qui ont des airs hyper sérieux et austères. Le décalage entre le récit et le sérieux des personnages marche très bien.
Et l’enquête en elle-même n’est pas non plus déplaisante. En fait, elle sert seulement pour l’auteur à développer l’histoire de chacun des suspects et à leur inventer un trait de caractère et une histoire toutes plus absurdes les unes que les autres. L’enquêteur rend visite à chacun des suspects, ceux-ci sont développés et on passe au suivant, ça fait presque comme des mini histoires. Et mine de rien, même si c’est cent fois revu, j’aime bien le fond de l’histoire qui met en évidence plusieurs enjeux autour de l’occupation des espaces naturels, de la colonisation par les bourgeois de lieux naturels autrefois abandonnés, etc. Bref, j’aime bien le cadre et, surtout, la narration. Je me suis beaucoup amusé à la lecture, et j’ai beaucoup aimé.
Le dessin, comme je l’ai dit, est sur une ligne très classique, ce qui apporte un contraste assez sympa avec l’histoire qui, sous des dehors classiques, est perchée. J’ai beaucoup aimé ce dessin que je trouve très beau. C’est classique mais admirablement réalisé. Les personnages sont beaux, ont les traits du visage fins et précis. Les décors sont eux aussi ultra réalistes. Le noir et blanc est également agréable à l’œil et se prête bien à cette bd.
Je recommande en tout cas la lecture de cette bd qui m’a beaucoup plu.
Une bande dessinée très intéressante, une histoire familiale alsacienne qui bouleverse l’histoire….
D’une génération à une autre…. La nationalité change et les idées aussi.
Dessin et dialogues très agréables.
Simon Hureau est un amoureux de la vie et de la nature. Dans ses oeuvres précédentes on pouvait déjà entrevoir son amour des insectes dans Palaces ou celui des chiroptères dans Intrus à l'Etrange.
Simon Hureau profite de l'acquisition d'un bout de terrain pour nous faire partager sa passion pour la vie sous forme végétale ou animale.
Grâce à son oeil et une sensibilité d'artiste, l'auteur nous conduit à explorer un monde que nous ignorons le plus souvent. Pire même c'est un monde que beaucoup cherche à détruire par ignorance, bêtise ou par profit à court terme.
Le scénario est vraiment singulier puisqu'il met en scène directement Simon Hureau et sa famille. C'est toujours courageux de se dévoiler ainsi. Car l'auteur fait plus que nous livrer un documentaire de jardinage bio. C'est une vraie pensée sur la biodiversité avec un discours écologique responsable et crédible que Simon Hureau met à la disposition de tous.
Si Hureau "cultive son jardin" ce n'est pas pour fuir le sauvage du monde à la manière d'un Candide mais aussi pour réintroduire cette part sauvage, au sens naturel, sans lequel nous ne pourrons pas survivre longtemps. À tous d'en prendre conscience et de trouver les justes équilibres.
C'est un vaste chantier que Simon Hureau nous propose même si je crains de ne pas pouvoir l'aider dans cette tâche.
J'ai bien un petit bout de jardin mais ce que fait Hureau en une semaine doit représenter un an de mon intérêt sur ma très petite parcelle.
Toutefois je rejoins Hureau sur de nombreux points : jamais de produits chimiques, minimum d'eau gaspillé, respect des petites bêtes (j'ai un faible pour les araignées) sauf les moustiques et les frelons asiatiques mais cela s'arrête là.
Quel plaisir des yeux que le graphisme de Simon Hureau. Avec son style si personnel il me réconcilie avec la notion de créativité dans ce domaine. J'ai déjà exprimé pour L'Empire des hauts murs mon admiration pour son trait qui sublime ses personnages mais aussi ses décors et ses observations "biologiques".
Une telle copie pour le concours de l'Agro mériterait probablement un 20. La précision de ses planches anatomiques d'insectes ou de plantes ne dénoterait dans aucun ouvrage scientifique spécialisé. C'est tellement plus beau que ces animations conçues à l'ordinateur.
Une lecture assez singulière mais pleine d'optimisme et d'amour pour la vie supportée par un graphisme très abouti. Un très bon 4.
J'ai beaucoup aimé ce petit divertissement de Pénélope Bagieu. J'ai trouvé cela souvent drôle, très frais et très tonique.
J'ai beaucoup aimé le personnage de Zoé sorte de fleur du pavé parisien bien tendre et "délicieuse". Je ne me suis pas trop attaché à la crédibilité de la situation ni à son originalité.
Je pense que le sel de l'ouvrage est dans la dynamique du récit. Pénélope Bagieu y repend un humour qui égratigne le sexisme et l'égocentrisme d'un monde ou intelligence et bling bling se côtoient.
J'ai apprécié ce graphisme rond et souple qui met en valeur les atouts mimiques et physiques de Zoé au contact de son (ses ?) Pygmalion involontaire.
Une lecture récréative bien agréable que j'ai lu comme un vaudeville qui rend de bonne humeur.
Quentin Zuttion évolue plutôt bien. Auparavant, il s'attachait à des sujets forts et ne parvenait à s'en dégager : ses tranches de vies étaient surchargées dramatiquement et cela impactait lourdement le rythme de ses récits. L'envie de bien faire nuisant à la fluidité de l'ensemble.
Ici, comme déjà avec La Dame blanche, tout glisse avec une relative légèreté, parce que les personnages sont mieux campés, le contexte mieux dessiné.
La candide naïveté accompagnant ses personnages est reçue par le lecteur avec bienveillance, on sourit plutôt que de se moquer de la complicité retrouvée autour d'une chanson ridicule de Lara Fabian, parce que tout a l'apparence d'un gentil vraisemblable et remue une tendre nostalgie partagée.
En travaillant notre bienveillance, Zuttion fait agréablement passer ses messages de tolérance.
Je ne pense pas qu'un îlot de bonheur soit la suite du même personnage de Quelques Jours d'été. Bien sûr la thématique reste la même à la différence fondamentale que l'enfant se retrouve actif dans la tempête parentale.
Si la rencontre du vieux pêcheur n'avait pu empêcher la rupture, celle du SDF porte des fruits plus tangibles dans la communication parent/enfant qui se rétablit. Ici encore Chabouté nous propose un récit mélancolique plein d'humanité où chacun apporte à l'autre.
Une rencontre qui oblige si l'on veut se montrer digne de la confiance établie avec l'autre. Chabouté nous amène avec délicatesse à comprendre que c'est la solitude qui a nourri la détresse et l'impuissance. C'est le partage avec l'autre dans une rencontre improbable mais opportune qui sauve.
Le graphisme en N&B de Chabouté apporte une vraie touche poétique au récit. Il peint à merveille cette ambiance intime et délicate du parc où le silence est rempli de messages pour qui veut voir.
Comme pour les quelques jours d'été, c'est une belle lecture pour ne pas laisser filer le bonheur à cause de notre passivité. 3.5
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Le Temps des Mitaines
Cette série jeunesse ne prend pas les enfants pour des niais. Dans un univers animalier assez cocasse, le petit ourson Arthur va se trouver au centre d'énigmes avec de multiples rebondissements. Entouré d'une bande de copains et copines d'horizons différents son parcours lui fera découvrir sa face cachée (son pouvoir), l'amitié et un début d'amour. Les scénarii sont construits autour de textes assez difficiles qui nécessitent un bon niveau de lecture. Loïc Clément propose un vrai travail sur le langage que ce soit à travers l'escargot Gonzague au vocabulaire très soutenu ou grâce à la petite Pélagie qui joue sur les sonorités et les assonances. Le dessin d'Anne Montel ne manque pas de charme avec son bestiaire très fourni d'animaux qui sortent de l'ordinaire pour certains. Une petite trouvaille graphique avec ces habitations qui ressemblent à des contenants alimentaires (pot de miel, pot de confiture ou autres) Cela dégage une atmosphère gentille sans être nian-nian avec une histoire qu'on ne lit pas en cinq minutes. Une lecture agréable qui allie divertissement et apprentissage.
Sky-Doll
Étrangement, j'aime beaucoup Skydoll, même si je suis tout à fait d'accord avec les avis comme quoi l'histoire n'est pas super. Leur manière d'aborder la religion et le contrôle des masses n'est pas du tout originale et très cringe sur les bord. Mais, bon, le premier est sorti en 2000 et ça parait, alors je leur pardonne. Les thèmes de l'intrigue sont basées sur l'experience de Canepa et Barbucci comme artistes travaillant pour Disney et l'enfer qu'ils y ont vécus (les yeux de Noa me font beaucoup penser à ceux de la petite sirène d'ailleurs) et le retour en force de la religion en Italie vers la fin des années 90. Malheureusement, le mélange de tout ça n'est pas très réussit. Pour ce qui est des origines de Noa...quel bordel. Plus ça avance, plus ça devient n'importe quoi et ça ne fait aucun, mais aucun sens. Le tome 4 (qui a finit par sortir!) est vraiment le pire à ce sujet. D'ailleurs, c'est celui au pire rythme et il n'a aucune intrigue, je ne comprends pas à quoi ça à servit de le publier? 10 ans pour ça? Il ne fait absolument pas avancer l'histoire. ...Et malgré tout ça, j'adore relire Skydoll. Les dessins et les couleurs (surtout les couleurs) sont très agréables à regarder et je réussit quand même à apprécier les personnages et cette histoire un peu nulle :') Ça réussit à être charmant! Par contre, vu que la publications des bd s'étends maintenant sur plus de 20 ans, le style de dessins et la direction artistique a quand même un peu changé. Il suffit de comparer le T1 et T4, ils sont totalement différents. (Je ne sais pas ce qui c'est passé dans l'application des couleurs dans le T4, mais le contraste est comme absent dans certaines cases? Ça devient très difficiles de bien voir ce qui s'y passe. Une chance que j'ai la publication en noir et blanc et celle en couleur, ça me permet de comparer les deux). J'invite les gens à donner une chance à Skydoll, surtout si vous aimez les environnements détaillés et les planches aux couleurs originales. Ps. L'auteur de l'avis précédent semble oublier qu'il y a aussi une femme qui travaille sur cette histoire et qui est en charge des couleurs: Barbara Canepa.
Fortuna
Dans cette série jeunesse, humains et sorcières cohabitent en bonne entente. Et les jeunes apprentis-sorcières suivent plusieurs années de formation en étant réparties par groupes de trois assignées à une sorcière adulte qui va leur apprendre à développer les pouvoirs, chacune dans l'une des cinq spécialités existantes de magie : Alchimie, Divination, Herbologie, Divination ou Démonologie. Cette dernière spécialité consiste à connaitre et maîtriser les créatures magiques, esprits démoniaques ou fantomatiques, et c'est l'une d'entre elles qui sera à l'origine de l'aventure au sein du premier tome de cette série. Nous allons suivre le trio formé de Mandragore, Belladona et Fortuna, âgées de 12 à 15 ans, et plus particulièrement la dernière d'entre elles qui peine à développer ses pouvoirs de Divination, au grand dam de sa famille qui est spécialisée dans le domaine depuis des générations. La pression est donc forte sur les épaules de la pauvre Fortuna, suffisamment forte pour l'amener à accepter un marché avec une dangereuse créature. Si le contexte d'un monde de gentilles sorcières est devenu un grand classique de la littérature jeunesse depuis Harry Potter, j'ai apprécié la grande maturité de cette BD. Il n'y a pas de manichéisme, pas de péripéties cousues de fil blanc et pas de développements faciles ou attendus. Les relations entre les protagonistes sont très réussies, avec des dialogues intelligents et des sujets intéressants abordés avec justesse. J'ai tout particulièrement aimé la personnalité marquée des différents protagonistes, ne donnant jamais l'impression de suivre un héros unique et des seconds rôles à ses côtés mais bien un ensemble de personnages dont chacun des actes est aussi important. A l'image du graphisme simple mais très agréable et joliment colorisé, le récit se suit avec un réel plaisir, coulant avec un grand naturel et offrant des développements inattendus et souvent empreints de sagesse. Je conseille cette lecture autant aux jeunes ados qu'aux lecteurs adultes et je serai ravi de lire d'autres aventures de Fortuna et ses amies si la qualité reste du même niveau.
Silence
J’ai fini par lire cette bd que je voyais depuis longtemps, notamment dans les immanquables, mais qui ne m’attirait pas plus que ça. Finalement, Casterman m’a quasi forcé la main en proposant une réédition à bas prix de certains de ses classiques à l’occasion du festival d’Angoulême. J’ai donc pu enfin lire cette bande dessinée, et c’est vrai que c’est bien. L’histoire est sympa, l’immersion du fantastique pas trop dérangeante pour la fluidité et la cohérence. J’avoue que j’ai souvent un peu peur du « c’est pas grave, c’est magique » où le fantastique explique un peu tout et n’importe quoi, mais plus je lis de récit fantastiques plus j’apprécie. Ici, il vient en support d’une histoire d’exclusion, de défiance et de jeux de pouvoirs dans un patelin rural où les rôles sociaux sont bien définis. Comès vient nous raconter la stupidité et la méchanceté banale et quotidienne des petites gens, qui finit par blesser, humilier et tuer. Le personnage de Silence est un témoin actif de tout cela et des luttes qu’il ne comprend pas mais auxquelles il participe. Ce personnage est assez réussi, il devient assez sympathique aux yeux du lecteur et on se prend d’amitié et de compassion pour lui. Les autres personnages sont réussis, j’ai personnellement bien aimé ceux de la sorcière et du sorcier, et celui du nain qui se lie d’amitié avec Silence. L’histoire ne m’a pas lâchée du début à la fin et j’avoue que j’ai été captivé jusqu’au bout. Le dessin est un plus du récit selon moi, il est vraiment beau. J’ai bien aimé les traits des personnages et surtout leurs expressions faciales que je trouve très fortes. Chaque personnage a une expression bien à lui, et cela renforce la puissance du récit. Une bien bonne bd qui va me pousser à lire d’autres œuvres de Comès.
Meurtre télécommandé
Eh bien pour le coup, j’ai adoré ! J’avais vu la bd en librairie et elle m’intriguait, mais sans plus. C’est finalement l’avis de Blue Boy qui m’a encouragé à passer le pas. Et je n’ai pas été déçu. « Meurtre Télécommandé » nous plonge dans une atmosphère particulière. Le cadre est tout ce qu’il y a de plus classique, une enquête sur un meurtre, plusieurs suspects, et un enquêteur solitaire qui doit composer avec la méfiance de la police locale, police locale rustre, incompétente, etc. Mais on s’arrête là pour le classicisme. Déjà, mais ça on le comprend au premier regard sur la couverture, il y a (un peu) de fantastique. J’avoue que je m’attendais à ce qu’il y en ait plus, mais c’est finalement bien dosé et pas trop prégnant. Le fantastique est bien amené et contribue surtout à une certains ambiance décalée de cette bd, qui est un peu dans son propre monde, et pas mal loufoque, mais du bon côté. Ce côté perché et loufoque est contrebalancé par un dessin hyper classique et des personnages qui ont des airs hyper sérieux et austères. Le décalage entre le récit et le sérieux des personnages marche très bien. Et l’enquête en elle-même n’est pas non plus déplaisante. En fait, elle sert seulement pour l’auteur à développer l’histoire de chacun des suspects et à leur inventer un trait de caractère et une histoire toutes plus absurdes les unes que les autres. L’enquêteur rend visite à chacun des suspects, ceux-ci sont développés et on passe au suivant, ça fait presque comme des mini histoires. Et mine de rien, même si c’est cent fois revu, j’aime bien le fond de l’histoire qui met en évidence plusieurs enjeux autour de l’occupation des espaces naturels, de la colonisation par les bourgeois de lieux naturels autrefois abandonnés, etc. Bref, j’aime bien le cadre et, surtout, la narration. Je me suis beaucoup amusé à la lecture, et j’ai beaucoup aimé. Le dessin, comme je l’ai dit, est sur une ligne très classique, ce qui apporte un contraste assez sympa avec l’histoire qui, sous des dehors classiques, est perchée. J’ai beaucoup aimé ce dessin que je trouve très beau. C’est classique mais admirablement réalisé. Les personnages sont beaux, ont les traits du visage fins et précis. Les décors sont eux aussi ultra réalistes. Le noir et blanc est également agréable à l’œil et se prête bien à cette bd. Je recommande en tout cas la lecture de cette bd qui m’a beaucoup plu.
Une famille en guerre
Une bande dessinée très intéressante, une histoire familiale alsacienne qui bouleverse l’histoire…. D’une génération à une autre…. La nationalité change et les idées aussi. Dessin et dialogues très agréables.
L'Oasis
Simon Hureau est un amoureux de la vie et de la nature. Dans ses oeuvres précédentes on pouvait déjà entrevoir son amour des insectes dans Palaces ou celui des chiroptères dans Intrus à l'Etrange. Simon Hureau profite de l'acquisition d'un bout de terrain pour nous faire partager sa passion pour la vie sous forme végétale ou animale. Grâce à son oeil et une sensibilité d'artiste, l'auteur nous conduit à explorer un monde que nous ignorons le plus souvent. Pire même c'est un monde que beaucoup cherche à détruire par ignorance, bêtise ou par profit à court terme. Le scénario est vraiment singulier puisqu'il met en scène directement Simon Hureau et sa famille. C'est toujours courageux de se dévoiler ainsi. Car l'auteur fait plus que nous livrer un documentaire de jardinage bio. C'est une vraie pensée sur la biodiversité avec un discours écologique responsable et crédible que Simon Hureau met à la disposition de tous. Si Hureau "cultive son jardin" ce n'est pas pour fuir le sauvage du monde à la manière d'un Candide mais aussi pour réintroduire cette part sauvage, au sens naturel, sans lequel nous ne pourrons pas survivre longtemps. À tous d'en prendre conscience et de trouver les justes équilibres. C'est un vaste chantier que Simon Hureau nous propose même si je crains de ne pas pouvoir l'aider dans cette tâche. J'ai bien un petit bout de jardin mais ce que fait Hureau en une semaine doit représenter un an de mon intérêt sur ma très petite parcelle. Toutefois je rejoins Hureau sur de nombreux points : jamais de produits chimiques, minimum d'eau gaspillé, respect des petites bêtes (j'ai un faible pour les araignées) sauf les moustiques et les frelons asiatiques mais cela s'arrête là. Quel plaisir des yeux que le graphisme de Simon Hureau. Avec son style si personnel il me réconcilie avec la notion de créativité dans ce domaine. J'ai déjà exprimé pour L'Empire des hauts murs mon admiration pour son trait qui sublime ses personnages mais aussi ses décors et ses observations "biologiques". Une telle copie pour le concours de l'Agro mériterait probablement un 20. La précision de ses planches anatomiques d'insectes ou de plantes ne dénoterait dans aucun ouvrage scientifique spécialisé. C'est tellement plus beau que ces animations conçues à l'ordinateur. Une lecture assez singulière mais pleine d'optimisme et d'amour pour la vie supportée par un graphisme très abouti. Un très bon 4.
Cadavre exquis
J'ai beaucoup aimé ce petit divertissement de Pénélope Bagieu. J'ai trouvé cela souvent drôle, très frais et très tonique. J'ai beaucoup aimé le personnage de Zoé sorte de fleur du pavé parisien bien tendre et "délicieuse". Je ne me suis pas trop attaché à la crédibilité de la situation ni à son originalité. Je pense que le sel de l'ouvrage est dans la dynamique du récit. Pénélope Bagieu y repend un humour qui égratigne le sexisme et l'égocentrisme d'un monde ou intelligence et bling bling se côtoient. J'ai apprécié ce graphisme rond et souple qui met en valeur les atouts mimiques et physiques de Zoé au contact de son (ses ?) Pygmalion involontaire. Une lecture récréative bien agréable que j'ai lu comme un vaudeville qui rend de bonne humeur.
Toutes les princesses meurent après minuit
Quentin Zuttion évolue plutôt bien. Auparavant, il s'attachait à des sujets forts et ne parvenait à s'en dégager : ses tranches de vies étaient surchargées dramatiquement et cela impactait lourdement le rythme de ses récits. L'envie de bien faire nuisant à la fluidité de l'ensemble. Ici, comme déjà avec La Dame blanche, tout glisse avec une relative légèreté, parce que les personnages sont mieux campés, le contexte mieux dessiné. La candide naïveté accompagnant ses personnages est reçue par le lecteur avec bienveillance, on sourit plutôt que de se moquer de la complicité retrouvée autour d'une chanson ridicule de Lara Fabian, parce que tout a l'apparence d'un gentil vraisemblable et remue une tendre nostalgie partagée. En travaillant notre bienveillance, Zuttion fait agréablement passer ses messages de tolérance.
Un îlot de bonheur
Je ne pense pas qu'un îlot de bonheur soit la suite du même personnage de Quelques Jours d'été. Bien sûr la thématique reste la même à la différence fondamentale que l'enfant se retrouve actif dans la tempête parentale. Si la rencontre du vieux pêcheur n'avait pu empêcher la rupture, celle du SDF porte des fruits plus tangibles dans la communication parent/enfant qui se rétablit. Ici encore Chabouté nous propose un récit mélancolique plein d'humanité où chacun apporte à l'autre. Une rencontre qui oblige si l'on veut se montrer digne de la confiance établie avec l'autre. Chabouté nous amène avec délicatesse à comprendre que c'est la solitude qui a nourri la détresse et l'impuissance. C'est le partage avec l'autre dans une rencontre improbable mais opportune qui sauve. Le graphisme en N&B de Chabouté apporte une vraie touche poétique au récit. Il peint à merveille cette ambiance intime et délicate du parc où le silence est rempli de messages pour qui veut voir. Comme pour les quelques jours d'été, c'est une belle lecture pour ne pas laisser filer le bonheur à cause de notre passivité. 3.5