Les derniers avis (32296 avis)

Couverture de la série Quelques Jours d'été
Quelques Jours d'été

J'ai apprécié ces deux histoires d'enfants blessés par la mésentente de leurs parents. Je me rends compte que chaque récit nécessite un avis et je refais donc ma copie. Quand on a huit ans on est bien obligé de subir les tempêtes parentales. C'est comme cela que l'on se retrouve seul avec "des vieux" que l'on ne connait pas. La parole est rare mais l'écoute et l'attention bien réelle de la part de ces étrangers qui ouvrent bien plus que leur porte. Chabouté nous propose un récit tout de tendresse et de partage pour les uns et les autres. La bonne mise en scène de Chabouté réduit les échanges verbaux à leur minimum. La transmission entre enfant et adulte se fait aussi par d'autres moyens qui instaurent la confiance. Si le récit mélancolique m'a séduit c'est surtout le graphisme N&B qui porte les émotions de l'histoire. L'auteur privilégie les têtes à têtes remplis d'expressions où les sentiments intimes des personnages sont tangibles. Le travail sur les contrastes complète cette atmosphère douce et mélancolique. Une belle et tendre lecture pour nous apprendre à ne pas passer à côté des beautés ou des gestes qui construisent le bonheur. 3.5

10/06/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Le Culte de Mars
Le Culte de Mars

Je suis très franchement surpris dans le bon sens du terme après la lecture de cette BD dont je n'attendais pas grand chose. L'histoire prend son temps pour se dérouler, une bonne chose puisque le récit post-apocalyptique a souvent tendance à confondre la vitesse et la précipitation du récit. Ici tout prend du temps, développant progressivement le cadre de vie et le protagoniste. C'est agréable de comprendre petit à petit l'orientation qu'a pris ce monde et la façon dont les personnes structurent ce monde. La BD évolue vers quelque chose d'attendu lorsqu'on sait que c'est une BD post-apocalyptique, mais elle le fait intelligemment. Je m'attendais à la révélation finale, mais je ne m'attendais pas à la façon dont celle-ci serait amenée. L'auteure a su manier la façon de faire et le développement jusqu'à me surprendre, ce que j'apprécie. D'autre part j'aime beaucoup la façon dont le récit aborde le rapport aux connaissances ou simplement au fait de communiquer. Le récit est certes classique dans son déroulé mais le propos est bien mené, ce qui est franchement agréable. Le dessin me plait bien, sans que je n'aille crier au génie. C'est très efficace et assez doux à l’œil, avec une colorisation qui va bien. On dirait presque un récit pour enfant mais le ton est résolument tourné vers les jeunes et les adultes. En somme, la parfaite BD découverte pour une nouvelle auteure : intéressant, prenant, surprenant et bien dessinée. Je suivrais ce que l'auteure aura a proposer d'autre, cette BD est déjà très bien en soi !

09/06/2023 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Ne lâche pas ma main
Ne lâche pas ma main

L'équipe qui a réalisé l'excellent album Nymphéas noirs revient avec une nouvelle adaptation d'un roman de Michel Bussi. Cette fois, l'histoire a pour cadre l'Île de la Réunion, de nos jours. Une touriste disparait mystérieusement de son hôtel et tout laisse penser que son mari s'en est débarrassé au cours d'une dispute qui a mal tourné. Mais pour l'inspectrice en charge de l'affaire, trop de choses clochent dans cette affaire, et cela se confirme quand le mari et la petite fille du couple disparaissent à leur tour. S'engage alors une course poursuite d'un bout à l'autre de l'île, permettant au passage au lecteur de découvrir en partie les lieux. L'histoire s'entame comme un épisode de Meurtre au Paradis, la Réunion remplaçant le cadre plus Guadeloupéen de la série télévisée. Ambiance de police locale, petit territoire paradisiaque où tout le monde se connait et où le moindre crime fait tâche, et un soupçon d'humour dans la personnalité des protagonistes, notamment l'adjoint de l'enquêtrice. Puis finalement l'histoire devient plus sérieuse, tournant au thriller et à la chasse à l'homme, le sérieux étant encore aggravé par la mise en danger d'une petite fille entraînée bien malgré elle dans la situation. C'est un excellent polar, à la fois exotique et bien mené. L'histoire tient en haleine et met longtemps à se laisser deviner. La narration suit à la fois le point de vue de l'inspectrice et celui du fugitif, sans pour autant laisser deviner les raisons des actes de ce dernier. On a également droit parfois au point de vue de la petite fille qui vient elle aussi brouiller les cartes et plonger le lecteur dans davantage de doute envers l'identité du coupable. Le lecteur est également fortement dépaysé, la mise en scène de la vie et de la géographie de l'Île de la Réunion étant très bien rendue. On a donc là un thriller aussi bon dans son déroulement que beau dans son graphisme. Toutefois, là où Nymphéas noirs marquait par son retournement de situation final, ici c'est la révélation de l'enquête qui pêche un peu. Sans en dévoiler trop, j'ai trouvé un peu bancales ou du moins faciles les motivations des principaux instigateurs des faits. De ce fait, la BD échappe au coup de cœur pour ma part mais je la conseille quand même sans hésiter.

09/06/2023 (modifier)
Couverture de la série Dans les glaces
Dans les glaces

Simon Schwartz (auteur allemand que je découvre ici) a retracé l’épopée de la « conquête » du pôle Nord, et surtout a remis au centre un grand oublié de l’Histoire dans ce domaine, Matthew Henson. S’il a parfois interverti certains événements, il est resté fidèle à l’essentiel (une bonne chronologie permet de faire le point en fin d’album). Les expéditions de Peary et certaines de leurs conséquences (autour des autochtones « rapportés » aux Etats-Unis, et traités de façon scandaleuse) ont aussi été mises en avant dans plusieurs BD (Minik ou Groenland Manhattan), mais si Schwartz montre aussi l’arrivisme, le cynisme de Peary, il met surtout l’accent – à juste titre – sur le rôle d’Henson, et la façon dont il a été évincé par Peary (cela arrangeait la société raciste de l’époque, Henson, le véritable « découvreur » du pôle Nord étant noir). Par son nom, Schwartz était peut-être prédestiné à réparer cette injustice mémorielle… La narration est fluide, agréable. Les personnages sont bien campés : Cook et Peary prêts à tout pour recevoir les honneurs, Henson effacé malgré une vie où il a fait preuve de courage et de caractère. Le dessin de Schwartz est particulier, relativement original, et probablement déroutant pour certains lecteurs. J’ai en tout cas bien aimé son trait très stylisé. Qui fonctionne encore mieux lorsqu’il faut illustrer des légendes inuites, mais qui est aussi agréable et efficace pour le reste. Une lecture agréable et intéressante donc. Note réelle 3,5/5.

08/06/2023 (modifier)
Couverture de la série Vincent - Un saint au temps des mousquetaires
Vincent - Un saint au temps des mousquetaires

J'ai été un peu surpris de constater que Dufaux avait voulu écrire une série avec un saint comme personnage principal. Pas n'importe quel saint tellement Monsieur Vincent a eu une influence souvent méconnue dans l'histoire caritative française. C'est un personnage que je connais bien, que j'apprécie beaucoup et j'avais peur des raccourcis habituels dans ce domaine. Je dois admettre que les auteurs ont transformé l'essai avec brio (Vincent de Paul était Dacquois !). J'ai trouvé l'idée de cette intrigue policière très bien imaginée. Elle tombe juste avec le personnage de Monsieur Vincent qui a eu le charisme de se faire accepter par toutes les couches sociales. En effet s’il fut le précepteur des enfants de la famille de Gondi, famille royale, il fut aussi l'aumônier des galériens et grand artisan du développement de l'accueil dans les hôpitaux. J'ai trouvé le scénario subtil car derrière l'énigme du meurtre de son jeune protégé, c'est tout un tableau des oeuvres fécondes du futur saint que les auteurs nous décrivent sans tomber dans l'hagiographie. Cela sonne juste comme sonne juste cette ambiance du début du XVIIème siècle encore fragile de ces luttes où le mélange de religion et de politique conduisait plus sûrement à la misère qu'aux béatitudes. Le graphisme de Jamar est excellent dans son mode réaliste. Les décors sont dessinés avec une grande précision et une belle méticulosité. Jamar nous fait passer du Paris des Grands à celui du Peuple avec aisance et en toute crédibilité. Cela m'a rappelé le graphisme très documenté des chemins de Malfosse mais en plus moderne et plus dynamique. Une excellente lecture où j'ai retrouvé avec joie une fiction historique pleine de sens sur un personnage qui mérite d'être connu.

08/06/2023 (modifier)
Par Xaj
Note: 4/5
Couverture de la série Nic et Mino
Nic et Mino

Les moins de la série : - la fameuse ligne claire, certes, mais parfois un peu trop sèche, anguleuse (voir le personnage de Sweet Gran, à titre d'illustration). Jean Ache a été ailleurs capable d'un trait plus souple... - Ces aventures ayant été la plupart du temps livrées à raison de 2 pages hebdo, l'abus - en fin de page 2- d'un suspense artificiel, afin de créer un effet d'attente par rapport au numéro à venir: généralement, la montagne promise accouche d'une souris au numéro suivant; - Une certaine naïveté, une naïveté certaine : par exemple, afin d'être identifiés en toute circonstance par les plus jeunes lecteurs, nos héros présentent le même aspect en tous lieux, des dunes arabiques aux glaces du Pôle Sud. Dur, dur... Les plus : - une BD qui dépayse. On quittait moins le sol national dans les années 50-60 qu'aujourd'hui. Or, cette série a fait abondamment voyager les lecteurs du journal de Mickey et, donc (pour le meilleur ou pour le pire) rêver. - Une ambiance très Sixties, proche de celle de Gil Jourdan ou Tif et Tondu : on appréciera les intérieurs, les tenues, les voitures des protagonistes si typiques de cette époque. Allergiques à la nostalgie s'abstenir... - Enfin - et surtout - la saga est rythmée et entraînante : les albums poussifs ou aux ressorts très artificiels ("Terrible tante Amélie", peut-être ?) sont assez rares. Malgré quelques temps morts çà et là, l'ensemble se lit très agréablement et mérite d'être redécouvert.

07/06/2023 (modifier)
Couverture de la série Les Petits Génies - Little Agatha Christie
Les Petits Génies - Little Agatha Christie

J'ai passé un moment agréable de lecture en compagnie de la petite Agatha Miller qui deviendra la grande Agatha Christie. J'avais beaucoup aimé l'humour d'Augel avec son petit Mozart. L'auteur continue à exprimer son humour avec une grande dame de la littérature populaire. Dans une suite d'histoires courtes où s'intercalent des gags Augel met en scène une petite chipie dans le contexte familial de son enfance. Une enfance joyeuse qui fait penser à Augel qu'elle y a trouvé un terreau favorable à sa créativité. Pour rester dans l'esprit de son illustre personnage Augel s'amuse à proposer des histoires avec des énigmes interactives. Les solutions sont en fin d'album avec quelques pages de jeux ou d'informations sur la vie et l'oeuvre de l'autrice. Cela s'adresse à un jeune public qui peut commencer à découvrir les romans cités mais les plus âgés y trouveront une lecture fraiche et ludique. Le graphisme privilégie l'humour et le dynamisme. Il peut plaire à un large public qui y trouvera soit un côté drôle soit presque caricatural gentil. Les dialogues sont très bons avec de nombreuses réparties vives et drôles. Les couleurs sont très agréables. Une bonne petite lecture pour échanger avec ses enfants.

07/06/2023 (modifier)
Par grogro
Note: 4/5
Couverture de la série Contrition
Contrition

Voilà une bonne histoire sur un sujet très sensible : la pédophilie. La chose y est toutefois abordée sous l'angle du polar, ce qui permet un recul appréciable. L'intrigue se situe en grande partie dans le quartier de Contrition, un quartier de parias où les pédophiles, à leur sortie de prison, viennent finir leurs jours. Un corps carbonisé est retrouvé. La police conclut au suicide et l'affaire est enterrée. Mais une journaliste habituée à piger dans la rubrique des chiens écrasés d'une gazette locale va mener sa propre enquête... Le truc tient la rampe et parvient à capter le lecteur. Il faut dire que pour ne rien gâcher, le dessin est d'une efficacité redoutable malgré quelques maladresses (il chausse du douze le mec en couverture ?). Le scénario ne pourrait être qu'une belle mécanique avec sa fin à couper le souffle (cellezéceux qui ont vu Le Fils des frangins Dardenne sauront de quoi il est question), mais il donne lieu à une réflexion sur la question de la pédophilie, et le traitement des délinquants sexuels. C'est en creux, bien sur, à travers le passé des personnages qui se dévoile peu à peu, à travers les histoires qui les réunissent. Il ne s'agit pas d'excuser ces actes, bien entendu, et loin s'en faut, mais bien de comprendre ce qui y conduit. Et je conclurai comme Cacal69 par cette citation : "faire des mauvaises choses ne fait pas nécessairement de vous une mauvaise personne". Un début d'embryon de thérapie ?... En tout cas, une très bonne lecture.

07/06/2023 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Voix des bêtes, la faim des hommes
La Voix des bêtes, la faim des hommes

Thomas Gilbert propose un album qui revisite finalement des thèmes assez proches de son superbe Les Filles de Salem, à savoir la bêtise humaine et religieuse, et la violence à l’encontre des faibles (les femmes, les enfants, les animaux), mais dans un contexte moins réaliste, presque fantasy… et j’ai beaucoup aimé. L’histoire se présente sous la forme d’une grande aventure en compagnie de Brunehilde, meneuse de loups (personnage légendaire proche d’une sorcière) et des compagnons qu’elle rencontre sur son chemin. Elle va s’opposer à un tueur en série issu de la religion chrétienne (encore une fois malmenée par l’auteur) et prendre la défense des animaux, accusés à tord par les villageois. En tout cas j’ai trouvé l’histoire prenante et rondement menée, et le personnage de Brunehilde très attachant - j’ai beaucoup aimé ses valeurs et sa quête. La mise en image est superbe. J’ai notamment adoré les paysages de campagne. Je note cependant quelques soucis de narration, avec des sauts temporels pas très clairs, qui ont rendu ma lecture un peu ardue, sans toutefois gâcher mon plaisir. Un chouette one-shot.

06/06/2023 (modifier)
Couverture de la série Tête de Chien
Tête de Chien

Bienvenue dans l’univers des tournois médiévaux ! Le trio formé par Vincent Brugeas, Ronan Toulhoat et Yoann Guillo nous revient avec ce récit d’aventure s’inscrivant dans un cadre historique bien particulier. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce récit fait montre de plus d’efficacité que d’originalité. En effet, les personnages proposent des profils assez courants dans les récits d’aventure. Tout d’abord un duo formé par un jeune homme pas très futé mais courageux et chevaleresque et une jeune femme bien plus maligne et encore plus réaliste. Ajoutez à cela que la jeune dame en question doit cacher son sexe puisqu’elle participe aux tournois. Enfin, n’oubliez pas le jeune écuyer habile et débrouillard. Quant aux autres personnages, on retrouve un chevalier qui cache son identité, des nobles pas trop nobles ou encore des mercenaires aux bonnes têtes et pratiques de brigand. Du classique, vous dis-je ! L’histoire ? Un enchainement de joutes avec pour objectif de vaincre le chevalier adverse afin de lui réclamer rançon. Nos héros, malgré leur talent, tirent le diable par la queue et se doivent sinon de vaincre du moins d’aller assez loin dans le tournoi pour se faire quelques menues monnaies. A nouveau, je ne vois pas là de quoi crier à l’originalité. Mais puteborgne, qu’est-ce que c’est efficace ! J’ai dévoré ce premier tome, m’attachant aux personnages, appréciant le contexte historique, m’amusant de certaines péripéties… et ne m’inquiétant nullement pour le sort réservé aux héros tant on sent que ceux-ci ont encore bien des aventures à vivre avant de rendre l’âme. Une vraie lecture détente, bien rythmée, bien contée, bien dessinée, bien colorisée, bien prévisible. Vraiment sympa !

06/06/2023 (modifier)