Les derniers avis (31463 avis)

Couverture de la série Arrête d'oublier de te souvenir
Arrête d'oublier de te souvenir

On est là dans la plus pure veine autobiographique du comics, comme Joe Matt a pu le faire sur plusieurs albums (il y a pas mal de points communs entre ces deux auteurs), et sur un ton assez proche : pas mal d’autodérision, Peter Kuper n’hésitant pas à montrer certains passages pénibles, ridicules de sa vie (par exemple lors de ses premiers flirts). Cette autodérision est souvent l’occasion d’aérer le récit, en insufflant quelques petites touches d’humour. Globalement, c’est inégal, mais vraiment intéressant – mais il ne faut pas être réfractaire à ce genre autocentré, nombriliste. D’autant plus que le rythme est lui aussi irrégulier. Certains passages sont moins intéressants, franchement longuets, tandis que d’autres sont un peu expédiés (comme on pourrait le faire dans un journal intime). Graphiquement, c’est très lisible, simple, sans fioriture. Au final, c’est une lecture agréable, que j’ai bien aimée. C’est assez dense et compact (format oblige), ça ne se lit pas en cinq minutes ! Mais, dans le genre autobio/indé/comics, c’est une belle réussite dont je vous recommande la lecture. Note réelle 3,5/5.

10/11/2022 (modifier)
Couverture de la série Fatalitas
Fatalitas

Je tournais autour depuis un bout de temps, la couverture me faisait de l’œil mais une lecture récente via emprunt. Verdict : j’aurais du le lire plus tôt, un chouette album. Ce n’est qu’à la lecture que j’ai réalisé que c’était une autre œuvre du dessinateur de RIP, Julien Monier affinera son style par la suite mais c’est déjà bien plaisant, une narration fluide, des persos avec de sacrés trognes et des couleurs bien agréables. On avale d’une traite la centaine de planches (surprenant d’ailleurs, je ne m’attendais pas à autant à la vue de l’épaisseur de l’album). Niveau histoire, j’ai été happé d’entrée de jeu. Trois amis marseillais commettent une boulette la vieille de leur départ pour l’armée, ils le paieront très cher une fois sur place. Rien de vraiment sorcier mais c’est bien réalisé pour un bon petit moment. 3,5+

09/11/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série November
November

Mise à jour suite à lecture du tome 2. Un polar glauque comme je les aime. Tome 1 J'ai été happé dès les premières planches par cet univers où violence et magouilles sont au centre du récit. Une intrigue qui part dans tous les sens autour de trois femmes très différentes les unes des autres. Aucun point en commun et pourtant elles vont être mêlées à une histoire sordide, volontairement ou non. Une narration non linéaire qui au fur et à mesure commence à lever (très légèrement) une partie du voile. Des héroïnes attachantes, un scénario bien charpenté et une ville mystérieuse sont les points forts de ce comics. Tome 2 Toujours autant de plaisir à retrouver Dee, la junkie éclopée, Kay la flic déchue et Emma-Rose, la belle survoltée. Toujours cette narration maîtrisée qui nous fait passer d'un personnage à l'autre jusqu'à ce qu'elles soient réunies pour un final sanglant et des destins bien différents. Un graphisme qui va à l'essentiel, tout en simplicité et efficacité. Un découpage réussi. Des couleurs qui donnent ce côté rétro que j'aime beaucoup. Un excellent polar que je ne peux que conseiller pour son côté baroque et son ambiance poisseuse. Je peux enfin donner mon coup de cœur.

06/06/2022 (MAJ le 09/11/2022) (modifier)
Couverture de la série L'Homme de l'année - 1687
L'Homme de l'année - 1687

Ce tome 19 de la collection l'Homme de l'année propose un sujet qui ne pouvait que m'intéresser, et qui s'appuie sur des faits connus, mais qui sont malléables, il y a donc matière à enrober des faits réels tout en remaniant la Grande Histoire et en redistribuant les rôles, et d'ailleurs l'ouvrage est bien documenté. Mais en fait, le Masque de Fer n'est révélé qu'à la fin, il sert de prétexte pour une étude fort instructive et savoureuse dont le personnage principal est Bénigne Dauvergne de Saint-Mars, certainement le geôlier le plus célèbre de l'Histoire puisqu'il est resté ainsi comme celui qui garda le mystérieux homme au masque, et ce jusqu'à sa mort en 1708, c'est donc bien lui l'homme de l'année 1687 qui marque l'arrivée à Pignerol de ce prisonnier à part. On suit donc la vie quotidienne et la progression de Saint-Mars à Pignerol qui doit gérer la détention de ses prisonniers célèbres, jusqu'à sa nomination à la Bastille en 1698, qu'il commandera jusqu'à sa mort en 1708. Parmi ses prisonniers prestigieux, on trouve Mathioli, un espion italien (qui fut pris par erreur un temps pour le Masque de Fer), l’ancien surintendant des finances Nicolas Fouquet, et le duc de Lauzun, grand séducteur qui avait offensé le roi par son projet d'épouser de façon morganatique sa propre cousine (et petite-fille d'Henri IV) la Grande Mademoiselle. La construction du scénario bénéficie de beaucoup de soin et de précisions historiques (on cite au détour d'une page le nom de Lautréamont qui fut l'âme d'un complot en 1674), ce qui rend la lecture de cet opus fort appréciable. L'idée de suivre le directeur de prison Saint-Mars est bien trouvée, c'est le personnage central, on découvre sa personnalité et ses relations avec ses hôtes célèbres à qui on permet de vivre encore un semblant de prestige. Ceux-ci n'étaient pas enfermés sur la paille d'un cachot humide et enchaînés comme de vulgaires détenus, ils avaient des cellules aménagées, avec du mobilier, des livres, du linge et un valet, on leur servait de bons repas et on vidait tous les jours leurs latrines. On trouve aussi un certain Eustache Danger ; ce personnage (qui fut également nommé Dauger) a souvent été confondu avec le Masque de Fer parce qu'il connaissait des secrets et qu'il avait entendu des choses qu'il n'aurait pas dû entendre. Ici, les auteurs en font le valet de Fouquet dont le sien vient de mourir, et il rapporte à Saint-Mars les ragots qu'il entend entre Lauzun et Fouquet dans un rapport très détaillé. Comme on le voit, ces faits sont inventés mais peuvent sembler autant plausibles que savoureux. Les dessins de Vladimir Aleksic ont la même qualité que le scénario : la rigueur. Son style colle bien au ton de la bande, ses dessins sont détaillés, et il évite toute pose ou cadrage pouvant figer ses personnages. De plus, un effort particulier est donné aux décors intérieurs et extérieurs, ce qui renforce l'ancrage dans la période du XVIIème siècle, et les visages connus sont bien reproduits d'après les tableaux que l'on possède. Maintenant vient la fameuse énigme, attendez-vous à un truc énorme, surtout depuis que l'on connaît l'identité relative du personnage dans les documentaires que j'ai cités en présentation. Le vrai Masque de Fer (qui en fait n'était qu'un masque de velours avec des armatures en fer) détenait semble-t-il des secrets compromettants pour la couronne et sur Louis XIV, ce qui explique sa détention au secret, mais il devait être bien traité, et il le sera jusqu'à sa mort en 1703 à la Bastille ; sa cellule sera fouillée et on brûlera ses affaires et son matelas, on voit cette scène dans l'album. Ce n'était en réalité qu'un personnage assez anonyme et peu important. Mais les auteurs donnent leur propre version, elle pourra sans aucun doute surprendre, et personnellement je la trouve un peu tirée par les cheveux, mais après tout, pourquoi pas ? En tout cas, tout ceci donne un bel album de la série l'Homme de l'année, tant au niveau graphique qu'au niveau scénaristique, qui propose une réponse étonnante concernant l'identité du personnage masqué.

09/11/2022 (modifier)
Couverture de la série Fausse Route
Fausse Route

Pas mal de choses classiques, sans doute déjà vues, dans ce polar, mais j’en suis sorti très satisfait. Je vois que les avis sont souvent mitigés, et en tout cas très partagés. Je me range sans hésitation du côté de ceux qui ont aimé cette lecture. Le côté graphique est relativement original, en tout cas parfait pour ce genre de récit, qui mise pas mal sur le rythme, les destins qui s’entrechoquent, et qui ne cherche pas à fouiller les personnalités des personnages ou les détails de l’intrigue. Un trait gras, nerveux, très sombre (et pas forcément toujours très lisible – seul petit bémol me concernant), qui accompagne très bien la cavale de nos deux personnages principaux. Le premier tiers de l’album est extrêmement bien découpé (mais la suite est aussi bien menée) : nous suivons la cavale d’un détenu, Bobo, poursuivi par matons, flics, clébards et hélicoptère, dans une nuit glaciale. Au cours de sa fuite, il croise Nadia, qui elle aussi ne souhaite pas – pour d’autres raisons – croiser la route des flics. Dès lors leur destin va s’unir, pour le meilleur et pour le pire. L’intrigue est assez concise, dans le temps et l’espace, sans fioriture, et très noire jusqu’au bout, avec une chute qui l’est forcément – assez ironique, même si on la devine quelque temps à l’avance. Un polar brut de décoffrage, mais bien fichu, dynamique, une lecture rapide (peu de textes), mais très agréable.

09/11/2022 (modifier)
Couverture de la série Les Animaux dénaturés
Les Animaux dénaturés

Je trouve la couverture particulièrement ratée et si mon libraire n’avait pas accolé un coup de cœur à cet album, je pense sincèrement que je n’y aurais prêté aucune attention… et je serais passé à côté de quelque chose ! Adapté d’un roman dont je viens juste de découvrir qu’il trainait dans ma bibliothèque (mais que je n’ai personnellement jamais lu), ce récit est à la fois un roman d’aventure, une histoire d’amour, une farce et une réflexion sur l’homme et la nature de son humanité. Ecrit en 1952, le roman est un peu daté sur certains aspects mais il reste pertinent à bien des points de vue et nous pousse à réfléchir à ce qui fait qu’un humain est humain, à ce qui nous autorise à exploiter telle ou telle espèce animale, en clair à ce qui nous différencie des autres animaux. L’adaptation que nous proposent Hélène Bruller et Joseph Falzon est fluide et ne souffre absolument pas du passage d’un média à un autre. Hélène Bruller s’est vraiment approprié ce récit pour nous le livrer à sa sauce, bien soutenue par le dessin expressif et caricatural de Joseph Falzon. C’est drôle et vivant, féroce par moments, touchant à d’autres. Je trouve que leur travail commun est assez proche de ce que fait un Pierre-Henri Gomont sur « Slava » par exemple : à la fois drôle et sujet à réflexion. J’ai dévoré le récit, même si à l’occasion, j’ai trouvé que les personnages tergiversaient ou ne se posaient pas les bonnes questions. Mais ça, pour moi, c’est la preuve que j’étais emporté par l’aventure, presque actif aux côtés des personnages. En clair, j’ai vraiment bien aimé et je ne peux que chaudement recommander.

09/11/2022 (modifier)
Couverture de la série Les Exploits de Yoyo
Les Exploits de Yoyo

Je n’ai lu que le premier album, que je possède depuis pas mal de temps. Je ne trouvais pas le suivant, et la lecture des avis précédents ne m’a pas poussé à poursuivre ma recherche, tant il semble jouer sur un autre registre, et romprait probablement le charme qui a agi lors de ma lecture de « La lune noire ». La série est catégorisée en aventure, mais l’album que j’ai lu est franchement inclassable. Un peu d’aventure certes, mais aussi de la SF, du fantastique, mais aussi pas mal d’humour noir (c’est d’ailleurs cet aspect qui m’a le plus intéressé). L’intrigue est totalement foutraque, et l’on retrouve ici ce que j’aime bien dans pas mal de séries scénarisées par Yann (ici plutôt dans ses débuts), à savoir une certaine irrévérence, une provocation plus ou moins légère. Il ne faut en effet pas prendre au premier (ni même au deuxième !) degré le personnage de Yoyo, son comportement et ses paroles. On a là en effet une vision raciste (tendance « Ya bon Banania ») du nègre sauvage et gentiment cannibale. Physiquement déjà – la couleur bleue mise à part (mais n’est-elle pas là justement pour créer un décalage, pour signaler la farce et l’incongruité omniprésentes ?) – Yoyo ressemble davantage avec ses lèvres botoxées, aux Noirs de Tintin au Congo qu’à une quelconque réalité. Et les stéréotypes racistes sont aussi convoqués pour d’autres personnages (comme les tziganes – l’intrigue se déroulant dans des Carpates d’opérette). Pour le reste, l’histoire fourre-tout, foutraque, enchaine les situations improbables, avec des personnages aux dialogues surprenant (Yoyo avec son anglais faussement guindé et miteux, les « autochtones » avec leur langage singeant diverses langues et propices aux jeux de mots vaseux), et une fillette, héritière d’une dynastie connue à Monaco, habillée comme une petite fille modèle, mais qui se révèle être une véritable pétroleuse. Le dessin de Le Gall est simple, sans fioriture, mais efficace, fluide. Il agrémente ses planches de quelques petits détails sympathiques, comme ces quadrillages rouges et blancs (dirigeable, vêtements de Yoyo, etc.). Sans doute pas le plus abouti (c’était pour lui aussi l'une de ses premières publications je crois), mais ça passe bien avec le scénario de Yann. Il faut donc être adepte du loufoque, de l’absurde, d’un certain humour noir, et ne pas frémir devant un usage fréquent de stéréotypes (racistes le plus souvent), pour apprécier cet album. Mais j’y ai trouvé mon compte. Note réelle 3,5/5.

08/11/2022 (modifier)
Couverture de la série Histoires incroyables du timbre en BD
Histoires incroyables du timbre en BD

Je ne suis pas philatéliste mais j'ai pris beaucoup de plaisir à lire cette série docu-BD. Il est inutile de rappeler l'importance du courrier dans le développement des sociétés modernes. La série montre comment le timbre a participé de façon si importante aux échanges épistolaires. Entre Histoire et anecdotes significatives les 15 récits courts proposés nous font découvrir une multitude de faits tous très intéressants. La mise en scène de l'ouvrage fait bien ressortir la spécificité de ce petit bout de papier. Il est fonctionnel en premier lieu mais aussi graphique et donc artistique, il possède une histoire propre reliée à l'époque de son édition et aux événements qui s'y rattachent. Tous ces éléments en font un objet assez unique à la fois à la portée de tous mais parfois singulier comme une oeuvre d'art inestimable. Le graphisme collectif est dans l'ensemble réaliste historique et très coloré. Un peu à l'image des timbres dont il se fait la vitrine. Le monde de la BD n'est pas étranger à sa production puisque de nombreux auteurs ont été sollicités pour créer des dessins de timbres. Une série docu-BD bien agréable à lire même (et surtout ?) pour les non-initiés au monde des timbres.

08/11/2022 (modifier)
Par iannick
Note: 4/5
Couverture de la série Les Petites Victoires
Les Petites Victoires

A mon avis, « Les Petites victoires » réalisée par Yvon Roy devrait être offert systématiquement aux parents d’enfant autiste car c’est un ouvrage optimiste qui évite le larmoiement. L’auteur nous raconte comment il a vécu l’autisme d’Olivier, son fils. On y découvre les diverses péripéties qui ont amené Yvon Roy et son ex-compagne à faire en sorte que leur enfant puisse trouver sa place dans la société. Cette adaptation fut longue et il a fallu tout l’amour de ses parents pour qu’Olivier puisse surmonter son handicap, et aussi beaucoup d’observations et d’interrogations de leurs parts afin de proposer à leur fils des épreuves adaptées à sa situation de handicap. Cette biographie se déroule sur une quinzaine d’années, le temps qu’Olivier soit un adolescent suffisamment autonome pour qu’il puisse « vivre sa vie » : de la patience, de la persévérance et surtout de l’amour, ce sont ces qualités qui ont permis à Olivier d’arriver à ce résultat. J’ai apprécié le style adopté par l’auteur. « Les Petites victoires » nous présente un mini-carnet à la fin du livre, on y aperçoit les esquisses et croquis préparatoires d’Yvon Roy, il y explique pourquoi il a fait évoluer son coup de patte habituellement réaliste vers un graphique semi-réaliste pour concevoir son histoire : le résultat donne une bande dessinée très agréable à contempler. « Les Petites victoires » est une bande dessinée qui m’a touché dans le sens positif du terme puisqu’on ressort de cette lecture avec un grand sourire aux coins des lèvres en voyant à quel point cet enfant a été entouré d’amour pour surmonter sa situation de handicap.

08/11/2022 (modifier)
Couverture de la série Nellie Bly - Dans l'antre de la folie
Nellie Bly - Dans l'antre de la folie

Je ne connaissais pas l'histoire captivante de Nellie Bly. Nellie est le nom de plume d'Elizabeth Cochrane, une jeune pionnière du journalisme d'investigation. À une époque où le journalisme était un métier quasi exclusivement masculin, Nellie à 23 ans va vendre un reportage sensationnel au NY World du célèbre Joseph Pulitzer. Le scénario s'articule autour de l'expérience de Nellie qui dénonce les conditions indignes voire criminelles que subissaient les femmes internées dans l'asile de Blackwell à NY. Virginie Ollagnier ne se contente pas de suivre un récit linéaire des horreurs subies par ces pauvres femmes. L'autrice intercale des scènes de flashback de l'enfance de Nellie pour faire comprendre les motivations et la personnalité de la jeune femme. Plus j'ai avancé dans le récit et plus j'ai été envouté par la puissance de la détermination de Nellie. Détermination à faire reconnaître la valeur professionnelle des femmes mais aussi détermination à lutter contre toutes les injustices que son sexe a subies depuis si longtemps. Le récit est mené avec beaucoup d'intelligence, sans provocation féministe ce qui renforce à mon avis le message transmis. Le graphisme s'appuie sur deux mises en couleur distinctes en fonction de la période visitée. Les passages dans l'asile sont assez sombres à base de bleus et de vert gris alors que les flashbacks sont beaucoup plus lumineux et colorés. Les extérieurs sont travaillés avec soin mais le principal atout des dessins de Carole Maurel est de nous faire vivre les émotions de Nellie pendant ces dix jours en enfer. Une excellente lecture documentaire biographique sur une personnalité pas assez connue en France.

08/11/2022 (modifier)