Les derniers avis (32293 avis)

Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Le Cœur en braille
Le Cœur en braille

Malgré quelques aspects téléphonés ou peu crédibles, le Cœur en braille est une belle histoire d'amour romantique pour adolescents. On tombe rapidement sous le charme de ses personnages et de leur situation tout en sensibilité. Qu'il s'agisse du héros et de son père qui pleurent l'absence de la mère tout en se serrant les coudes, ou évidemment de cette belle relation avec l'héroïne qui se révèle très mignonne, on s'attache facilement aux protagonistes. Les dialogues sonnent juste, les comportements des uns et des autres sont très plausibles et réfléchis. Et puis le dessin est lui aussi très agréable, même si forcément rendre le couple de héros aussi beau aide forcément à rendre l'histoire encore plus romantique. Là où j'ai eu un peu plus de mal, c'est dans la crédibilité de l'entreprise des deux héros : autant je comprends forcément le soutien essentiel de l'un envers l'autre dans une telle situation, et je trouve ça beau, autant je vois mal comment certains éléments peuvent être réalisés concrètement. ça parait trop facile. Et facile aussi de laisser le lecteur dans l'ignorance de ce qu'a bien pu dire le meilleur ami aux parents pour sauver la situation en fin de récit... mais bon, c'est la même méthode qu'a utilisée Hergé pour ne jamais expliquer comment le Capitaine Haddock était venu en aide à Tintin au pays de l'Or Noir. Globalement, je me suis bien laissé emporter par le récit, en grande partie grâce au charme de l'héroïne je dois l'avouer. C'est une belle romance sur le thème du handicap et de la musique.

29/07/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série Aquaman - Andromeda
Aquaman - Andromeda

L'achat d'une BD d'Aquaman était pour moi quelque chose d'inimaginable (je n'aime pas ce super-héros), sauf que la jolie couverture, les noms au générique et son feuilletage rapide m'ont fait changer d'avis. Ne vous attendez pas à lire un comics de super-héros, car si Aquaman est bien présent, il ne tient pas LE rôle principal, celui-ci est dédié à Yvette Verne, experte en sciences cognitives et comportementales. Ram V nous propose un huis clos psychologique qui va doucement basculer dans l'horreur. L'Andromeda est un sous-marin qui peut évoluer en eau très profonde, il va se rendre au point nemo, c'est le point de l'océan le plus éloigné de toute terre émergée, il est utilisé comme décharge spaciale, il aurait déjà accueilli 300 engins spaciaux en fin de vie. Il est situé dans le pacifique sud. Mais ce qui amène L'Andromeda sur ce lieu, c'est la présence d'un objet extra-terrestre au fond de l'océan, son équipage doit établir un premier contact. Un récit qui lorgne sur "Abyss", Lovecraft et le mythe de l'Atlantide, une histoire qui reste classique, le suspense est maintenu du début à la fin et la narration fait monter crescendo la tension, tout en effectuant quelques flash-back pour nous éclairer sur le passé de nos protagonistes. Des personnages tout aussi classiques mais qui tiennent bien leur rôle. Pas besoin d'avoir des connaissances sur Aquaman pour comprendre et apprécier ce comics. Christian Ward arrive à réaliser un petit miracle en nous proposant des planches magnifiques du fond de l'océan dans des couleurs bariolées où les bleus, les verts, les roses et les mauves explosent. Les personnages sont réussis, particulièrement Aquaman. La partie graphique apporte ce supplément d'intérêt qui a rendu ma lecture très agréable. Je recommande pour les amateurs du genre.

26/07/2023 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Théodora - La Reine courtisane
Théodora - La Reine courtisane

Toujours un peu perdu dans la riche Histoire de l'Empire romain, cette série s'annonce prometteuse et captivante. Il faut dire que la jeune et belle Théodora a du charme et de l’abnégation à revendre ! Nous sommes donc au VIe siècle, plongé du côté de Constantinople (l'ancienne Byzance) où la jeune Théodora, modeste fille d'un montreur d'ours va petit à petit réussir à s'imposer pour gravir les échelons de la très hiérarchisée société de l'Empire romain. Son don pour la danse va lui permettre de fréquenter la haute noblesse romaine, grecque et égyptienne et lui ouvrir les portes d'une vie nouvelle jusqu'aux sommets de l'Empire... Le premier tome de cette série pose donc les bases de cette ascension, avec ses "accidents" tragiques, ses échecs, mais aussi ses flambantes réussites. La persévérance et la personnalité bien trempée de Théodora tracent le sillon profond d'une vie choisie révélant la force de caractère de cette femme. Le dessin réaliste d'Andrea Riccadonna est très élégant, fouillé et soigné, tant dans les décors que dans la représentation des personnages ; la colorisation d'Angelo Iozza est des plus réussies et met parfaitement en dessin le coup de crayon de son collègue, ce qui donne à l'ensemble une très bonne qualité graphique. J'attends donc la suite et fin prévue dans un second tome avec curiosité et impatience, le destin de cette femme étant assez exceptionnel.

26/07/2023 (modifier)
Couverture de la série Là-bas
Là-bas

Tronchet est un auteur que j’aime bien – surtout dans sa veine humoristique. C’est plus inégal je trouve dans d’autres genres, ou alors lorsqu’il n’est qu’au dessin, souvent avec sa compagne Anne Sibran, comme c’est le cas ici. Je ne connais pas le roman (en grande partie autobiographique) de Sibran dont s’inspire cet album. Mais l’adaptation, qui a forcément dû faire des coupes, est vraiment réussie, puisqu’en quelques cases, les auteurs arrivent à faire passer beaucoup d’émotions – on passe rapidement du rire aux larmes (voir le moment où le personnage principal cherche à acheter un pavillon de banlieue). Le récit tourne autour de la difficulté, de la douleur d’être déraciné, puisque nous suivons un pied-noir et sa famille, brutalement passés de l’Algérie à la métropole, avec tous les renoncements nécessaires – et pas toujours admis. L’histoire est simple, mais émouvante, et la lecture agréable. Un album recommandable, c’est certain. Note réelle 3,5/5

26/07/2023 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Punk Rock et mobile homes
Punk Rock et mobile homes

Décidément, Derf Backderf a l'art de me faire rire à travers ses BD, autant qu'il sait faire pleurer. Dans la droite lignée de toutes ses autres oeuvres (ce qui semble logique puisqu'il s'agit de son premier roman graphique), "Punk Rock et mobile homes" est un ouvrage sur l'adolescence, le lycée, les atypiques, la musique. Les thèmes chers à l'auteur se retrouvent ici encore, avec ce personnage central qui évoque plusieurs autre protagonistes que j'ai pu voir dans ses BD. Le Baron, nom que s'est donné un étudiant étrange, fan de Tolkien et plutôt barré dans son genre, traverse le récit au son des musiques punk qui l'émaillent. On retrouve les groupes emblématiques de ces années-là, dans l'ambiance autant que dans les thématiques. C'est la petite ville de la Rust Belt, les avenirs sombres, le lycée violent, les luttes entre jeunes ... L'ambiance de ces lycées n'a visiblement pas changé, avec une certaine propension au harcèlement (malheureusement toujours d'actualité). Et par dessus ça, l'affirmation d'un jeune homme issu de basse condition. Ce que j'aime chez l'auteur, c'est qu'il ne se contente pas de l'histoire banale et classique du lycée, l'ambiance et les copains. Il relie ça à d'autres thématiques tout aussi importantes, comme la question de la crise dans ces anciennes cités industrielles, les malades mentaux, l'ambiance de caravanes dans lesquelles des gens vivent à l'année, ou même l'oncle alcoolique qui se révèle finalement investi d'une certaine personnalité juste avant la fin. Derf Backderf ne se prive pas de brouiller les pistes sur les personnages, certains réservant de sacrées surprises avec l'avancée du récit. Déjà Otto, dit Le Baron, puisqu'il agit d'une façon bien souvent déconcertante, mélange de jeune très banal et d'un rôle plus mature, assez lucide sur la réalité de son monde. Mais le casting n'est pas en reste et transpire les anecdotes vécues. C'est surtout une galerie de personnages étranges qui donne corps à ce récit, chacun semblant plus taré l'un que l'autre. L'intérêt principal de cette BD, pour moi, c'est l'humour. Il est assené par grandes claques dans la gueule du lecteur, avec ces moments hallucinants et surréalistes mais en même temps terriblement drôle. Je ne me suis pas remis de la session de sac sur la tête, tellement inattendue. J'ai aussi adoré l'ambiance qui s'en dégage, mélange de souvenirs de jeunesse mais aussi d'une période de nouveauté musicale qui explose les codes. C'est le début du punk rock, de l'ambiance fuck le système et des audaces sur scène. Le dessin de Backderf correspond tout à fait à ce qu'il faut attendre de ce genre de récit, avec ses personnages très longilignes et aux tronches impayables. C'est un poil moins maitrisé que ce qu'il fait dans d'autres récits du genre, mais je ne peux qu'approuver. J'aime beaucoup cet auteur, il me le rends bien volume après volume. Franchement, j'ai hâte de continuer à le lire !

26/07/2023 (modifier)
Par karibou79
Note: 4/5
Couverture de la série Le Château des Animaux
Le Château des Animaux

Je sens entre mes mains un futur classique si la qualité des 3 premiers tomes se confirme dans les suivants et passerai automatiquement la note à 5. Cette revisite du triste récit de la Ferme des animaux vise tellement juste. Le dessin anthropomorphique est parfaitement équilibré, l'animal reste un animal même si son émotion est humaine. Il y de sacrées trognoles mais on ne bascule pas dans du Disney, les limites physionomiques sont scrupuleusement respectées. La ferme est un vase clos parfaitement pensé et mis en image, on est dans un monde en marge du nôtre. La colorisation, les couvertures... tout est parfait du côté graphique. Côté scénario, Dorison assure toujours, il sublime tous les thèmes qu'il touche. Comme au théâtre, il arrive à faire carburer l'empathie pour les justes et pester contre la caste des tyrans qui tient bon face aux actions entreprises par les pauvres chats, lapins et poulets... mais la justice triomphera j'en suis sûr ! Nous vivons dans un monde juste, pas vrai...?

25/07/2023 (modifier)
Par karibou79
Note: 4/5
Couverture de la série Quartier lointain
Quartier lointain

Un scénario et une sensibilité qui visent un large spectre générationnel, un dessin élégant pas trop typé manga et enfin un prix à Angoulême. Ce diptyque a permis au manga de faire découvrir à beaucoup une autre face, une plus ouverte sur le monde en restant ancré dans le Japon traditionnel. Taniguchi est comme notre Moebius national, un bâtisseur de ponts entre l'Europe et l'Asie, qui sait toucher le coeur des lecteurs. Ici, c'est un voyage dans le temps qui nous est proposé, sans SF. Le pitch a déjà été abordé sous de nombreux angles, il est là prétexte à une introspection sur soi-même. Un ouvrage touchant qui fera mouche pour beaucoup, surtout si vous appréciez le calme.

25/07/2023 (modifier)
Couverture de la série Dans la forêt - d'après le roman de Jean Hegland
Dans la forêt - d'après le roman de Jean Hegland

Je ne suis pas toujours très réceptif aux récits post apocalyptiques mais la série de Lomig m'a bien séduit. Lomig adapte le roman de l'auteure américaine Jean Hegland (1996) qui s'interroge sur notre perte de contact et de connaissance avec notre milieu naturel. L'ambiance post apocalyptique assez légère, me semble d'ailleurs un prétexte pour nous faire prendre conscience de notre position de consommateurs passifs et assistés vis à vis des ressources qui nous font vivre. Pourtant Eva et Nelly sont deux soeurs brillantes dans les études ou les arts loin du modèle de consommatrices addictives style fashion victim. Le récit assez classique va les placer à travers plusieurs épisodes dramatiques d'une position cloîtrée assez passive à une position finale ouverte dans la confiance en l'avenir. Au final c'est cette confiance dans leurs possibilités à vivre le lendemain qui les rend capables de partir à l'assaut de l'avenir sans toutes leurs réserves. La symbolique est forte et Hegland nous renvoie aux peuples qui n'accumulaient et ne gaspillaient pas. C'est une proposition à la fois écologique et comportementale forte qui va à l'encontre de nos habitudes sociétales depuis des siècles. Lomig propose un récit fluide sans trop de textes et l'auteur invite ses lecteurs à accompagner les deux soeurs sur la redécouverte de leur monde. Il propose ainsi des choix forts qui peuvent aller à l'encontre des idées pré-pensées. Le graphisme de Lomig soutient parfaitement son scénario. Sa ligne est douce et fine pour décrire le monde élégant et protégé des deux soeurs. Il y a beaucoup de sensualité dans les épisodes de danses d'Eva ou de sexualité de Nelly. La richesse des détails des chambres de la maison donne l'illusion de la protection par les objets accumulés. Lomig excelle à mettre en contraste la variété du monde artificiel de la maison et la variété du monde naturel de la forêt. Une série intéressante qui mérite une lecture attentive pour un roman subtil.

25/07/2023 (modifier)
Couverture de la série Miss Chat
Miss Chat

J'ai bien apprécié cette série pour la jeunesse/ tout public qui propose des enquêtes policières humoristiques et fantastiques. Jean-Luc Fromental nous replace dans un univers scandinave influencé par Oyvind Torseter et sa Tête de mule. Fromental nous propose donc un scénario à mi-chemin entre humour et fantastique où l'enquête est plus prétexte à jeux de mots et situations déroutantes. Le texte et le vocabulaire est très travaillé pour de jeunes lecteurs avec beaucoup de fluidité et une approche ludique de mots compliqués et d'une syntaxe recherchée. Le récit se déroule avec beaucoup de fluidité et c'est très agréable de suivre cette sympathique Miss Chat malgré peu d'action et une voix off très présente mais très dynamique. Le dessin de Joëlle Jolivet est bien moins minimaliste que celui de Torseter mais travaille aussi sur un trait simple et économe qui va à l'essentiel de l'expressivité. La présentation est moderne et plaisante alternant les planches aux découpages variés insufflant ainsi un joli rythme aux aventures de notre petite détective. Une lecture très agréable "pour commencer à lire et ne plus s'arrêter". Un bon 3.5

25/07/2023 (modifier)
Couverture de la série Johnny Cash - I see a darkness
Johnny Cash - I see a darkness

Je connais Johnny Cash via sa très belle interprétation de "Hurt" et de quelques autres de ses titres phares. Je dois avouer que cette biographie proposée par Reinhard Kleist m'a séduit. Il faut dire que la vie de Cash est tellement riche d'éléments tragiques, émotionnels, émouvants, déroutants et interpelant que cela donne un scénario digne d'une excellente fiction. Très intelligemment Kleist construit son récit autour de trois thématiques fortes de la vie de Cash : la famille, la drogue et le monde carcéral. Les compositions du musicien résultent souvent du choc et des souffrances que Cash a éprouvés à trouver une solution au mal-être issu de ses contradictions dans une humanité blessée. Ce sont ces blessures que le récit de Kleist réussit à nous faire partager. L'auteur nous fait très bien comprendre pourquoi la musique de Cash a réussi à bouleverser une grande partie de la communauté blanche "dure au mal" à l'identique des chants des esclaves pour la communauté Afro-Américaine. Kleist explore tous les aspects de la vedette sans verser dans une hagiographie béate. Il en ressort une profonde impression d'humanité blessée vraiment très émouvante. Le graphisme de Kleist accompagne très bien la diversité des épisodes vécus par la vedette. Si la plus grande partie est proposée avec un trait assez réaliste et documentaire souvent taillé à la serpe, certains passages se rapportant à des chansons travaillent sur d'autres registres comme la caricature. Le tout est proposé avec un N&B bien travaillé dans ses contrastes et ses éclairages. J'ai trouvé l'ensemble très dynamique, sans temps mort et très varié. Une bonne lecture qui m'a donné envie d'approfondir ma connaissance de l'oeuvre de Cash.

24/07/2023 (modifier)