Les derniers avis (32292 avis)

Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Corps sonores
Corps sonores

Étonnante lecture qui me fait dire, une fois finie, que j'ai beaucoup aimé quand même. Malgré quelques défauts qui m'ont sauté aux yeux, notamment sur le dessin qui a parfois des traits que je trouve trop bruts, je suis resté sur une impression globale très positive et qui m'a franchement plu. Je ne saurais dire exactement pourquoi, mais j'ai trouvé que cette idée de portraits de couples, de rencontres, de séparation, d'amours et de tendresse, de sexe et de relations juste et surtout touchante. Les relations brossées sont crédibles et même souvent profondes alors que chaque histoire dépasse rarement la dizaine de pages. Contrairement à d'autres BD que j'ai lues récemment, là j'y crois aux histoires qu'on me raconte ! J'y crois parce qu'elles sont justes dans la forme et le fond, exprimant nombre de façons d'aimer. On a les couples, en séparation, en formation, en crises, en consolidation, en routine. C'est des rencontres qui n'avancent pas, qui avancent, qui s'arrêtent. C'est des ruptures douloureuses, normales, sincères. Des retrouvailles, des moments revécus. J'ai eu plus d'une fois une sensation de tendresse envers les personnages, mais aussi des regards émus sur la façon dont chacun vit la situation. Je connaissais Julie Maroh pour son fameux Le Bleu est une couleur chaude mais je trouve que cet album n'a pas à rougir de la comparaison. C'est très juste, dans le ton et la forme, avec une sincérité qui pointe à travers les histoires. Quels que soient l'âge, la taille, le genre, le passé, on peut tous se retrouver à un moment dans une histoire. L'auteur glisse volontairement des personnages aux genres et sexualités moins conformes à la norme hétéro, et pour ma part ça m'a plu. Notamment parce que je n'ai jamais eu l'impression que ça me mettait sur la touche mais aussi parce que j'ai eu très vite tendance à m'en foutre de l'étiquette de tout un chacun et juste apprécier ce qui faisait le sel de chaque relation. Et à ce niveau là, les personnages suffisent, indifféremment de ce qu'ils sont. Donc oui, c'est pas forcément quelque chose qui plaira à tout le monde mais pour ma part je trouve ça sincère, plaisant et franchement beau par moments. Une BD singulière, que je recommande.

22/09/2023 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Je suis un dragon
Je suis un dragon

Voici donc la première BD scénarisée par Adrien Tomas, auteur de fantasy français qui connaît un certain succès. Cette histoire émarge aux frontières de son genre de prédilection, puisqu'on y retrouve des sorciers, des princesses, des dragons... Mais dans une utilisation plutôt originale. En effet, si le dragon est ici une sorte de représentant de la justice, indissociablement lié à une princesse, ce sont les chevaliers les méchants. Ce qui nous donne un album assez échevelé, avec de l'action quasiment non-stop. Malgré ce rythme soutenu, il n'oublie pas de soigner ses personnages, en particulier le trio d'adolescents qui se dégage en cours de route. Mais pour le coup ce format de one-shot est frustrant : l'univers esquissé est plutôt intéressant, et la conclusion, si elle n'est pas bâclée, arrive trop vite et laisse le lecteur avec un goût de trop peu. Pour tout dire j'ai failli ne mettre qu'un 3/5. Mais la qualité d'écriture est telle que j'ai gardé le 4. Maureen Casulli, si son trait semi-réaliste n'est pas encore arrivé à maturité, se montre tout de même à l'aise dans cet exercice d'urban fantasy destiné aux adolescents. Un bon petit moment de lecture.

22/09/2023 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Les Sirènes de Bagdad
Les Sirènes de Bagdad

Du fait de notre positionnement dans l'Occident, nous avons peu d'occasions d'avoir le point de vue de l'autre côté, celle des populations du Moyen-Orient qui subissent l'oppression, la cruauté et la bêtise crasse des armées de "blancs". Il faut donc profiter de ces récits qui nous plongent dans le quotidien de gens qui n'ont rien fait au départ, et se retrouvent animés d'une colère froide, dévastatrice... et compréhensible. (je parle bien sûr du sentiment de colère, je ne cautionne en aucun cas les actes extrêmes qu'elle peut générer) Ceci étant posé, nous suivons donc un jeune homme ordinaire, cultivé, intelligent, qui assiste à des actes gratuits de cruauté, et tombent dans la misère la plus totale. Avant de subir un retournement de cerveau et d'être éligible pour la pire des vengeances. C'est mené de main de maître, la descente aux enfers de ce jeune homme est accompagnée d'une galerie de personnages pleins de nuances, celui qui apparaît comme le gros lourdaud va devenir le pivot de l'histoire au deuxième tiers, celui dont le destin va faire basculer la décision de notre héros. Par deux fois. C'est très subtil, et le dessin de Winoc, à la fois détaillé et lumineux, apporte toutes les nuances nécessaires à cette histoire poignante. Je n'ai pas lu le roman de Yasmina Khadra, mais le boulot fait par Winoc est remarquable.

22/09/2023 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Pour Sanpei
Pour Sanpei

3.5 Après avoir lu la série de Fumiyo Kouno que j'ai le moins aimée, voilà que je termine avec celle que j'ai le plus aimée pour le moment parmi les œuvres traduites en français. C'est dans la lignée de ce que fait l'autrice: on suit le quotidien d'une famille japonaise. Il y a rien d'ambitieux, c'est du contemplatif rempli de bon sentiment avec un peu d'humour et ici cela fonctionne très bien. Les personnages sont tous attachants et j'ai bien aimé suivre la vie du grand-père qui fait de son mieux pour aider sa famille. L'humour m'a régulièrement fait sourire et j'ai pris du plaisir à lire ces deux tomes. Bon, il y a certes des chapitres un peu moins bons et à quelques reprises je ne comprenais pas trop les actions des personnages (sans doute à cause des différences culturelles), mais globalement s'est une lecture très divertissante.

21/09/2023 (modifier)
Couverture de la série Shutter Island
Shutter Island

J'ai vraiment beaucoup apprécié l'adaptation par De Metter du roman (noir) de Denis Lehane. J'ai vu le film avec l'interprétation magistrale de Di Capprio dans le rôle de Teddy Daniels. Cette connaissance du récit aide à se détacher du récit pour en savourer toute la richesse. J'ai trouvé les choix de De Metter absolument parfaits dans la fluidité et les enchaînements ainsi que dans la mise en scène proposée. De Metter équilibre parfaitement son récit entre l'intrigue portée par Teddy et les enjeux plus généraux des soins psychiatriques. Cet ouvrage résonne particulièrement moderne à notre époque où la psychiatrie reste un parent pauvre de notre système de soins. Les peintures de De Metter sont très en phase avec son excellent déroulé. Il a peu d'action donc tout se déroule dans les expressions des différents personnages présents à chaque scéne. Les regards, les inclinaisons des têtes ou la gestuelle des corps sont autant de non-dits significatifs du déroulé des événements. S’il y peu de décors, les couleurs et les éclairages construisent une ambiance très convenable. Pour ceux qui connaissent le récit, la conclusion n'est pas aussi spectaculaire que dans le film mais je la trouve plus porteuse de réflexion. Une très bonne lecture.

21/09/2023 (modifier)
Couverture de la série Ernest & Rebecca
Ernest & Rebecca

Quelle bonne surprise j'ai eue à la lecture de cette sympathique série pour les 10 ans. Les séries mettant en scène deux soeurs, une ado et une du primaire, sont devenues légions. Il faut tout le brio de Guillaume Bianco pour apporter du nouveau dans ce créneau. C'est la relation imprévue de Rebecca avec ses microbes qui fait toute l'originalité du récit. On sent que Bianco a hésité entre des pages gags et un récit complet. Il choisit un schéma qui apporte une chute en fin de page tout en proposant une continuité qui assure la cohérence de l'album. Les chutes ne sont pas forcément hilarantes mais c'est un humour que j'apprécie. D'autant plus que l'auteur touche de façon assez tendre et touchante à des thématiques sérieuses comme l'impact psychologique de la séparation des parents. C'est une thématique que Filippi avait exploré dans Les Mondes Cachés mais d'une façon plus superficielle et plus dans l'humour. J'ai bien aimé que Bianco travaille les quatre personnages principaux de façon équilibrée. La série est aussi très valorisée par l'excellent graphisme d'Antonello Dalena. Son trait fin rend les personnages très drôles dans leurs expressions comiques. Il y a d'ailleurs un décalage entre le graphisme très humoristique et l'ambiance un peu lourde apportée par la maladie et la séparation. Une série très aboutie avec de l'originalité et de la créativité qui sort un peu des clichés du genre. 3.5

21/09/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Ciel dans la tête
Le Ciel dans la tête

Un gros coup de cœur que cette BD. La couverture résume bien cet album avec ce ciel étoilé dans la tête de Nivek. Atteindre une inaccessible étoile. Antonio Altarriba (L'Art de voler - Moi, assassin - Moi, menteur), après un gros travail de recherche et de documentation, propose une fiction forte, réaliste et sans concession sur le pourquoi de cette crise migratoire tout en envoyant une pique à la politique européenne. Nivek est un "enfant" de douze ans qui travaille dans une mine illégale de coltan, au Sud-Kivu en République Démocratique du Congo, un minerai qui entre dans la fabrication de nos téléphones portables et qui attise les convoitises. Des milices armées se font la guerre pour s'approprier les mines. Et Nivek va intégrer une de ces milices, il va devenir un Kadogo, un enfant soldat du Congo. C'est à partir de ce moment qu'une certaine déshumanisation s'opère, il faut dire que le rite de passage pour devenir Kadogo est d'une extrême abomination ..... vivre ou mourir. Il va devenir un guerrier sanguinaire. Des milices sans pitié, elles tuent et elles violent par plaisir, pour l'appât du gain. "Au Congo pour être quelqu'un il faut avoir un fusil ...... plus tu tues, plus on te respecte". Nivek rêve d'Europe, d'une autre vie, il ne veut plus être un pion interchangeable, et avec son ami Joseph, il va entreprendre un long périple qui va le mener jusqu'au marché aux esclaves de Misrata en Libye, sur les bords de la méditerranée avant une traversée qui va lui enlever tous ses rêves. Une odyssée qui le fera traverser la forêt équatoriale, la savane et le désert. Un récit qui permet de découvrir les fabuleux paysages de l'Afrique, mais aussi la richesse de ses habitants, car tout n'est pas que noirceur. Une narration maîtrisée en six chapitres qui compartimente bien les différentes étapes de son long voyage initiatique. Un récit qui pue la réalité, non moralisateur, dur, poignant et qui pose beaucoup de questions. Un petit mot sur la dernière planche, elle m'a beaucoup ému. Je découvre le dessin de Sergio Garcia Sánchez, la grosse claque. Un style à nul autre pareil, des personnages en mode caricature, aux visages expressifs et aux corps en élastomère avec ces bras et ces jambes aux longueurs démesurées. Une mise en page inventive et immersive. Les couleurs de Lola Moral sont superbes. Très, très beau. Une BD à ne pas mettre dans toutes les mains, certains passages sont très durs malgré le dessin qui en adoucit l'horreur. Je conseille chaudement la lecture de ce récit.

21/09/2023 (modifier)
Couverture de la série Dans le même bateau
Dans le même bateau

Ouh punaise. En voilà un album qu’il est bien !! Je découvre l’auteure mais je vais me pencher sur ses autres productions, une lecture intéressante, légère et agréable. J’ai trouvé qu’elle réussissait un beau numéro d’équilibriste avec ce récit autobiographique. Elle nous narre son expérience dans l’aviron junior à la fin de son adolescence (1989 à 91), nous sommes en Allemagne de l’Ouest post chute mur de Berlin, un mélange de chroniques familiale, adolescente, sportive et historique. C’est vraiment sympa à suivre en plus d’être instructif et authentique. Les 2 précédents aviseurs ne s’y sont pas trompés, c’est servi avec beaucoup de sincérité et de (fausse) simplicité, d’ailleurs Canarde pointe très bien un des thèmes de l’album. Une mise en page aérée pour un récit qui respire malgré sa belle densité. Une belle découverte pour ma part.

21/09/2023 (modifier)
Couverture de la série Kobane Calling
Kobane Calling

A l’instar des meilleurs Delisle, on a avec ce « Kobane Calling » un excellent documentaire, qui réussit le tour de force d’être instructif, de bien montrer sur place et dans les détails la réalité d’une population en guerre, tout en le faisant de façon presque ludique, en tout cas avec un ton souvent décalé – avec de nombreuses digressions plus ou moins humoristiques – qui rend la lecture fluide et très agréable. On retrouve ici le ton et quelques trucs que l’auteur emploie dans ses autres albums autobiographiques (beaucoup d’autodérision, son double le tatou, etc.). J’aime bien, c’est efficace. En tout cas ici ça fonctionne parfaitement. Zerocalcare se met en scène, mais pas en avant. En tout cas il ne vole pas la vedette à son sujet. Son dessin, très simple et fluide, très lisible, est à l’unisson de cet album franchement réussi, et qui assène quelques vérités quant à l’utilisation de la situation par les autres pays (puisque la lutte contre Daech semble être mise en sourdine) : la Turquie qui, avec la complaisance de la « communauté internationale » persécute les Kurdes, abandonnés par les occidentaux dès lors qu’ils ne servent plus de chair à canon contre Daech. Une chouette lecture en tout cas !

21/09/2023 (modifier)
Couverture de la série Les Parrains - Il était une fois à New York (Mafia Story)
Les Parrains - Il était une fois à New York (Mafia Story)

Je poste mon avis après lecture des 6 premiers tomes d’une série qui porte bien son nom ! En effet, il s’agit bien pour Chauvel de dresser une suite de portraits (la plupart du temps des débuts à la gloire, puis de la gloire à la chute, sous forme de diptyques) qui, au final, forment une histoire du crime organisé aux États-Unis dans les années 1930. Chauvel s’est documenté (un dossier complète chaque album pour expliquer les sources des choix scénaristiques), et sa narration très fluide rend très claire sa petite histoire de la mafia, dans laquelle nous voyons apparaître des noms désormais célèbres (Lucky Luciano par exemple). On peut éventuellement reprocher un texte un peu trop abondant parfois, un style indirect envahissant. Mais le fait est que les amateurs du genre et de l’époque y trouveront leur compte. En effet, le sujet aidant, on ne s’ennuie pas, que ce soit pour la partie « ascension », remplie de meurtres et autres coups tordus, ou la partie « déchéance », avec les procès (qui n’arrêtent pas le rythme des morts). Généralement bâties en diptyques (mais le tout forme un ensemble, les noms et faits se recoupant parfois), les histoires sont bien fichues, de qualité égale. Rien d’exceptionnel, mais suffisamment captivant pour les amateurs, du très bon boulot en tout cas. Note réelle 3,5/5.

21/09/2023 (modifier)