Tokyo Mystery Café est une plongée en plein cœur de la capitale japonaise pour des enquêtes policières qui sont autant de découvertes des ruelles tokyoïtes et de l'esprit nippon.
Nahel vient de débarquer au Japon dans l'espoir de devenir apprenti-mangaka. Hébergé dans une petite chambre en plein cœur du quartier d'Akihabara, il se rend vite compte que ce sera plus compliqué que prévu. Surtout le jour où son logeur se retrouve agressé chez lui et qu'il doit fuir de mystérieux poursuivants. Heureusement, il va être recueilli par un couple de détectives privés atypiques : un patron de restaurant dynamique et sa très jeune associée plutôt douée dans les technologies modernes. Ensemble ils vont remonter la piste de ce qu'il est arrivé au logeur de Nahel et surtout à la jeune fille qu'il hébergeait en secret.
Derrière cette série se trouve l'Atelier Sentô, à savoir le duo Cécile Brun et Philippe Pichard qui était à l'origine de l'éditeur Issekinicho. Ces deux là n'ont plus à prouver leur amour et leur bonne connaissance du monde japonais. J'aime leur style graphique combiné, l'une au dessin, l'autre à la couleur. Il a un petit côté kawai tout en se focalisant beaucoup sur les décors et permettant de découvrir en couleurs et avec plaisir des coins japonais typiques, colorés et pittoresques. J'apprécie aussi leur utilisation régulière d'angles de vue façon objectif fish-eye permettant d'embrasser plus globalement des endroits exigus comme il en existe beaucoup au Japon. Florent Chavouet (Manabé Shima, Tokyo Sanpo) utilisait aussi avec succès cette méthode.
La plongée dans le Japon actuel est très réussie et dépaysante. Les protagonistes sont bien trouvés puisque nous avons à la fois le franco-japonais auquel le lecteur peut s'identifier et les détectives bien japonais et leurs proches : ils sont dotés de personnalités originales et intéressantes, et en même temps ils permettent de ne pas se retrouver dans un carnet de voyage mais bien dans des histoires d'enquêtes policières mouvementées et prenantes. Celle-ci, bien mystérieuse au premier abord, révèle assez vite ses contours pour mettre le lecteur face à des situations complexes et là encore très japonaises qui surprennent et amènent une petite part de réflexion. Tout tient la route et capte facilement le lecteur. La fin de la première enquête trouve tout de même une résolution assez... bizarre... pour un occidental. J'ai eu un peu de mal à trouver crédible les suites qui sont sensées en découler, mais c'est une réflexion que le héros lui-même se fait.
En tout cas, le premier tome pose les bases d'une petite équipe de personnages attachants et de lieux qu'on aura grand plaisir à retrouver pour de nouvelles aventures. Vivement mon prochain voyage au Japon avec les tomes suivants de cette série.
Adolescent je lisais "Je Bouquine". Et j'attendais toujours avec impatience les petits strips de James Bonk.
A l'époque de ma prime jeunesse j'avais eu quelques difficultés à trouver ces albums édité chez Cornélius. Bien m'en à pris. 15 ans après je relis toujours avec plaisir ces strips absurdes.
C'est un peu le même type d'humour que Libon (dont je suis un grand fan).
Dans James Bonk rien d'extrèmement recherché, c'était des strips de bas de page pour agrémenter la revue "Je Bouquine", et pourtant on se marre bien.
Si vous arrivez à mettre la main dessus n'hésitez pas ! C'est frais, simple, sans prétention et ça fonctionne très bien !
J'ai eu beaucoup de difficulté à noter cette série de Pénélope Bagieu. En effet j'ai pris beaucoup de plaisir à lire cette biographie de la jeunesse d'Ellen Cohen, chanteuse si particulière du groupe des "The Mamas & The Papas".
En effet j'ai trouvé beaucoup de qualités au récit de l'auteure mais je ne comprends pas le choix graphique de Bagieu dans la présentation de ses personnages à l'exception de Michelle. Je pourrais faire miennes les critiques d'Agecanonix sur la disharmonie du trait de Bagieu concernant Ellen, sa famille et ses amis. C'est d'ailleurs assez incompréhensible et correspond aux photos du groupe que l'on trouve sur le net où Michelle est toujours mise en avant alors que c'est une musicienne très moyenne et que l'identité du groupe repose sur Cass.
De plus les décors sont totalement absents à quelques exceptions et le N&B proposé est vraiment basique donnant une impression de croquis pas assez travaillés. C'est vraiment dommage car je me suis beaucoup attaché au récit d'Ellen qui rétablit les mérites de Cass dans leurs succès.
Par contre j'aime bien la construction des planches assez psychédéliques ce qui correspond bien à l'esprit de l'époque.
Je trouve le rythme très bon même si j'ai une réserve sur ces petits chapitres de personnages où je me suis un peu perdu par moment.
J'ai surtout aimé l'esprit du récit qui décrit cette artiste avec beaucoup d'humour. Elle est très représentative de cette génération qui a révolutionné beaucoup de moeurs et ouvert la porte à de grands changements sociétaux en occident.
Je n'ai pas encore dit que j'aime beaucoup cette chanson qui n'avait besoin que d'une guitare et deux voix pour toucher au coeur.
Une lecture sympa pour les nostalgiques ou pour découvrir une époque tellement éloignée de la nôtre.
Après toutes les autres lectures de l'autrice, je ne pouvais pas laisser passer ce nouvel album de Lou Lubie dont une seule de ses BD manque dans mes étagères. Après avoir parlé des Cyclothymiques dans Goupil ou face, elle évoque ici la question des HPI, terme que l'on entend souvent associé à des parents parlant de leur progéniture, mais qu'on connait très mal.
Et je suis toujours charmé de voir ce qu'elle est capable de nous faire comme réalisation : une BD didactique simple et claire, parlant d'une petite histoire de rencontre entre deux êtres, Raya et Birdo, l'oiseau et le poisson, qui racontent leur vie, leur différence, le tout enrobé dans une petite histoire sympathique.
Que dire que je n'ai pas déjà dit dans les autres critiques ? C'est une autrice que j'adore parce qu'elle est très clair dans son propos, citant articles et recherches, retraçant l'histoire de ce neuroatypisme, tout en nous racontant une histoire touchante de deux personnes se rencontrant et se découvrant en parfaite harmonie. Le plaisir vient de ces personnages touchants qu'on découvre, la différence qui est progressivement expliqué, et l'empathie qui est alors possible avec ces deux jeunes gens qui souffrent de l'ignorance de leur condition.
Comme à chaque fois, Lou Lubie sait se faire inventive dans le dessin. Ici c'est particulièrement Raya, avec cette image de poisson dans un bocal servant de tête qui permets une jolie métaphore tout en restant parfaitement lisible. Je n'ai jamais eu l'impression que le dessin devenait étrange, l'utilisation est maitrisée et donne souvent l'illusion du visage. D'autre part, les parties plus précises sur les HPI sont parfaitement clairs et lisibles malgré l'accumulation d'informations et de graphiques.
Pour moi, nous avons ici quelque chose qui correspond parfaitement à ce que Lou Lubie a déjà pu nous proposer auparavant, et j'en suis très heureux. C'est simple, efficace, précis, on en ressort plus instruit et peut-être un peu plus empathique, mais pour autant c'est un plaisir de lecture aussi. Les personnages sont attachants et leurs histoires, même fictive, fait terriblement juste. Une nouvelle réussite pour une autrice que je continue de trouver géniale !
Etonnante mais très bonne BD. Etonnante par son ton, simple et amusant, dans un style d'histoires correspondant à la chronique ordinaire, la vie de quartier. Mais ce ton banal, quotidien, est entrecoupé d'une violence incroyable, celle de la dictature franquiste, de souvenirs d'une guerre civile. Et pourtant, le tout est bel et bien une "simple" BD sur la vie quotidienne.
L'intégrale est un beau pavé qui vaut le détour. J'ai dévoré littéralement les pages, avec ses petites histoires toujours croquées comme des chroniques quotidiennes qu'un blog-bd aurait adoré, mais mâtinées de la noirceur d'une vie sous la dictature, les flics violents qui peuvent arrêter n'importe qui, les violences de rues et le poids de la religion, de la morale. L'ombre de la guerre plane dans beaucoup d'histoires : disparus, traumatisés, déçus … C'est une société étrange que cette Espagne des années 50.
Mais si l'ensemble se tient aussi bien, c'est que Giménez croque l'ensemble avec un ton neutre. L'histoire d'une mère qui meurt de la tuberculose aura le même dessin, le même ton et la même représentation que les querelles d'enfants ou les premiers chagrins d'amour. Ce qui donne un ton tragi-comique à chaque histoire dont on ne peut deviner l'orientation et la chute. Il y a des histoires glaçantes, des histoires touchantes, des histoires amusantes, beaucoup de naïveté aussi dans les yeux d'enfants qui ne comprennent pas le monde qui les entoure.
Giménez croque le tout avec un dessin qui n'est pas sans me rappeler Will Eisner, qui faisait aussi des chroniques ordinaires, et qui fait très esprit Fluide glacial. Le dessin est net, sans fioritures et croque la rue dans ses détails qui lui donnent une consistance. C'est les déchets, les graffitis, les passants qui font vivre cette rue de Madrid. J'ajouterais que les cases présentant des métiers de la rue de cette époque ajoutent au charme de l'ensemble.
C'est le genre de BD que j'adore car elle permets d'appréhender la vie quotidienne sous une dictature. Ce n'est pas une peur constante, un tourment de tout les instants. La vie est banale, quotidienne, remplie de détails déjà vu mille fois dans d'autres vies. Et puis quelques notes, de ci, de là, qui apparaissent : une arrestation arbitraire, des scènes pathétique, quelques conversations indiquant que tout n'est pas si simple. Mais ce qui se dégage de cette BD, c'est finalement une compilation d'histoire d'enfance, la vie du quartier, les gueules de cette époque. Très sympa à lire et éclairant sur cette époque de l'Espagne. Je ne peux que conseiller la lecture !
Un album de médiéval fantastique, mais qui ne surjoue rien, le fantastique étant réduit à la portion congrue. C’est d’ailleurs toute la narration qui se la joue modeste, sur un rythme lent (mais pas ennuyeux !), où nous suivons Brunehilde, une meneuse de loups, vaguement guérisseuse, et quelques personnages, qui un temps l’accompagnent (un colporteur, puis un bûcheron), dans une traversée du centre de la France actuelle, dans les dernières années du Xème siècle, quelques dizaines d’années après la fin de l’Empire carolingien (quelques termes permettent de situer la période), vers Aurillac.
Une période assez trouble, mais la violence, pourtant bien présente (elle éclate dans le dernier tiers de l’album – le fantastique devenant alors plus présent), est ici comme atténuée par narration et personnages, Brunehilde la fuyant et la condamnant/combattant à la fois (voir sa réaction lors d’une exécution publique). Une vision apaisée de la société de l’époque. Elle trouve toujours des gens pour l’accueillir et la nourrir – y compris dans un village touché par maladie et famine (ce côté peut-être un peu naïf n’est pas trop gênant).
Brunehilde est aussi éprise de justice, et veut disculper les loups d’une série de « meurtres » sauvages d’enfants. Cela bascule donc dans une sorte d’enquête, dans laquelle Église et religion ont leur part (les peurs millénaristes de l’époque attisaient les angoisses). Certains passages par contre sont un peu obscurs (la transition est parfois brutale, en particulier dans les dernières pages).
Le dessin, qui s’éloigne des canons réalistes classiques (dans un style rappelant Bastien Vivès), n’est pas désagréable, et j’ai bien aimé la colorisation. Mes seuls bémols, ce sont ces traits de visages parfois effacés – ce que je n’aime pas en général – et une petite erreur (une flèche « change d’œil » lors de la mort d’un des compagnons de Brunehilde).
Une histoire pas forcément très fouillée, mais que j’ai trouvé agréable et originale. Une lecture recommandable.
Note réelle 3,5/5.
Je profite de l’adaptation en film l’an dernier, pour enfin cesser de procrastiner sur la lecture de cette enquête.
Malgré tout ce que je connaissais déjà par ailleurs, j’ai appris plein de choses sur les détails et surtout les dessous de l’affaire. Il semble que la journaliste ait vraiment bien mené son enquête, et son entêtement et sa façon de réunir et faire se communiquer les intervenants (victimes et témoins, notamment de certains services de santé) a eu l’art de faire bouger des choses.
Non seulement sur le fond l’enquête est bien réalisée, mais elle est ici retranscrite de main de maître.
Une première partie nous plonge dans l’historique des soupçons qui planent, les questionnements des protagonistes, puis les analyses, les alertes aux diverses autorités, le déni et les mensonges de celles-ci, puis les menaces et intimidations… Le tout extrêmement documenté, sources, articles de presse et interventions audiovisuelles datées et vérifiables, franchement bien fait.
En seconde partie, la question essentielle du pourquoi de tout ce gâchis. À charge bien sûr des politiques agricoles productivistes menées depuis quelques décennies au détriment de l’écologie des systèmes naturels, du bien-être animal et de la santé des hommes, riverains, consommateurs, mais aussi agriculteurs piégés dans le système compris.
Sur l’historique de la révélation de ce scandale (qui perdurera sans changement drastique de politique agricole et alimentaire) le médium de la bd ne permet pas forcément de toucher le plus grand nombre, même si perso je le trouve parfait. Le film a certainement eu plus d’impact. D’ailleurs, que je sache, une commune au moins, s’est plaint de la dégradation de l’image touristique de ses plages.
Lecture instructive et plus qu’utile. Et qui nous rappelle que la protection du travail des journalistes d’investigation reste une nécessité.
Quel plaisir de retrouver Chabouté à ce niveau ! Depuis « Un peu de bois et d'acier » aucune de ses bandes dessinées ne m’avait procuré autant de plaisir que ce Musée. Un dessin en noir et blanc toujours aussi beau, des cadrages bien pensés et au service de l’histoire, un humour très présent, l’art de titiller la curiosité du lecteur avec de petites histoires dans l’histoire, l’art de les rendre complices également (ahhh, toute cette histoire autour d’un tableau que l’on ne voit qu’à la fin mais que ceux qui ont déjà visité le Musée d’Orsay –ou qui connaissent sa collection- reconnaissent rien qu’en voyant les réactions des visiteurs devant ledit tableau : du grand art !)
Franchement, j’ai dévoré le livre. Il se lit vite (beaucoup de passages muets) mais il est tout sauf vide. Il se passe toujours quelque chose et c’est un plaisir d’y revenir pour relire l’histoire avec un autre regard, enrichi par notre première lecture.
Un très grand cru !!
Chouette initiative des éditions "The Hoochie Coochie", très justement récompensé par une sélection au prix patrimoine d'Angoulème 2024, de déterrer, rassembler et publier le gros de l'Oeuvre d' Imagex, météorite fulgurante du monde de la bande dessinée du milieu des années 80, en une bien belle anthologie.
Cet auteur aura sévit très peu de temps et malgré sa carrière éphémère, il a inspiré grand nombre d'auteurs catalogué indé qui le revendique clairement (Entre autre Matt Konture et Dav Guedin).
Environ 40 ans plus tard, ces histoires ont bien vieilli et semble toujours aussi à propos.
Vous retrouverez donc de nombreux récits précédemment proposé dans les recueils Mauvais rêves ou Colonie de vacanse mais aussi quelques inédits (4 au total) ainsi que d'autres publications.
Ressort de cette anthologie une grande cohérence et cohésion d'ensemble tant de nombreuses thématiques sont communes (Enfance, Maltraitance, etc...).
Ressort de cette anthologie une grande frustration car à travers ces différentes histoires, on découvre les prémices d'une Oeuvre qui possédait un potentiel énorme et d'un Artiste qui malheureusement n'atteindra jamais sa pleine maturité BD (artistique et scénaristique).
Le style Graphique d'Imagex est plus varié qu'il n'y parait de premier abord rappelant foultitude d'auteurs typé indé, d'Olivier Texier en passant par les auteurs cités quelques lignes plus haut et allant même jusqu'à me faire penser sur certaines histoires au grand Winshluss !!
Pour votre culture, ne passez pas à coté de ce condensé d'Imagex!
Note réelle: 03.5/5 arrondi à 4 pour la qualité éditoriale.
J’ai beaucoup aimé ce « regard neuf et historiquement juste sur le monde de la piraterie », pour citer l’éditeur.
Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat remettent les pendules à l’heure, via une préface informative, et surtout via l’histoire de la BD, qui se présente sous la forme d’une grande épopée remplie d’action et de personnages charismatiques. Les auteurs nous montrent une piraterie démocratique et fraternelle à l’opposé des mythes du pirate haineux et barbare véhiculés par la culture populaire. C’est passionnant, même si certains protagonistes m’ont paru trop lisses, trop parfaits. La dernière partie du récit est plus sédentaire, ce qui semble avoir gêné certains lecteurs, mais moi j’ai trouvé cet enlisement pertinent et assez bien vu d’un point de vue narratif.
La mise en image de Ronan Toulhoat est parfaite et exactement ce que j’attends d’une telle histoire. J’ai particulièrement apprécié les superbes double-pages qui introduisent chaque chapitre, ainsi que les scènes d’action, très dynamiques et lisibles.
Un chouette one-shot, prenant et diablement intéressant.
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Tokyo Mystery Café
Tokyo Mystery Café est une plongée en plein cœur de la capitale japonaise pour des enquêtes policières qui sont autant de découvertes des ruelles tokyoïtes et de l'esprit nippon. Nahel vient de débarquer au Japon dans l'espoir de devenir apprenti-mangaka. Hébergé dans une petite chambre en plein cœur du quartier d'Akihabara, il se rend vite compte que ce sera plus compliqué que prévu. Surtout le jour où son logeur se retrouve agressé chez lui et qu'il doit fuir de mystérieux poursuivants. Heureusement, il va être recueilli par un couple de détectives privés atypiques : un patron de restaurant dynamique et sa très jeune associée plutôt douée dans les technologies modernes. Ensemble ils vont remonter la piste de ce qu'il est arrivé au logeur de Nahel et surtout à la jeune fille qu'il hébergeait en secret. Derrière cette série se trouve l'Atelier Sentô, à savoir le duo Cécile Brun et Philippe Pichard qui était à l'origine de l'éditeur Issekinicho. Ces deux là n'ont plus à prouver leur amour et leur bonne connaissance du monde japonais. J'aime leur style graphique combiné, l'une au dessin, l'autre à la couleur. Il a un petit côté kawai tout en se focalisant beaucoup sur les décors et permettant de découvrir en couleurs et avec plaisir des coins japonais typiques, colorés et pittoresques. J'apprécie aussi leur utilisation régulière d'angles de vue façon objectif fish-eye permettant d'embrasser plus globalement des endroits exigus comme il en existe beaucoup au Japon. Florent Chavouet (Manabé Shima, Tokyo Sanpo) utilisait aussi avec succès cette méthode. La plongée dans le Japon actuel est très réussie et dépaysante. Les protagonistes sont bien trouvés puisque nous avons à la fois le franco-japonais auquel le lecteur peut s'identifier et les détectives bien japonais et leurs proches : ils sont dotés de personnalités originales et intéressantes, et en même temps ils permettent de ne pas se retrouver dans un carnet de voyage mais bien dans des histoires d'enquêtes policières mouvementées et prenantes. Celle-ci, bien mystérieuse au premier abord, révèle assez vite ses contours pour mettre le lecteur face à des situations complexes et là encore très japonaises qui surprennent et amènent une petite part de réflexion. Tout tient la route et capte facilement le lecteur. La fin de la première enquête trouve tout de même une résolution assez... bizarre... pour un occidental. J'ai eu un peu de mal à trouver crédible les suites qui sont sensées en découler, mais c'est une réflexion que le héros lui-même se fait. En tout cas, le premier tome pose les bases d'une petite équipe de personnages attachants et de lieux qu'on aura grand plaisir à retrouver pour de nouvelles aventures. Vivement mon prochain voyage au Japon avec les tomes suivants de cette série.
James Bonk
Adolescent je lisais "Je Bouquine". Et j'attendais toujours avec impatience les petits strips de James Bonk. A l'époque de ma prime jeunesse j'avais eu quelques difficultés à trouver ces albums édité chez Cornélius. Bien m'en à pris. 15 ans après je relis toujours avec plaisir ces strips absurdes. C'est un peu le même type d'humour que Libon (dont je suis un grand fan). Dans James Bonk rien d'extrèmement recherché, c'était des strips de bas de page pour agrémenter la revue "Je Bouquine", et pourtant on se marre bien. Si vous arrivez à mettre la main dessus n'hésitez pas ! C'est frais, simple, sans prétention et ça fonctionne très bien !
California dreamin'
J'ai eu beaucoup de difficulté à noter cette série de Pénélope Bagieu. En effet j'ai pris beaucoup de plaisir à lire cette biographie de la jeunesse d'Ellen Cohen, chanteuse si particulière du groupe des "The Mamas & The Papas". En effet j'ai trouvé beaucoup de qualités au récit de l'auteure mais je ne comprends pas le choix graphique de Bagieu dans la présentation de ses personnages à l'exception de Michelle. Je pourrais faire miennes les critiques d'Agecanonix sur la disharmonie du trait de Bagieu concernant Ellen, sa famille et ses amis. C'est d'ailleurs assez incompréhensible et correspond aux photos du groupe que l'on trouve sur le net où Michelle est toujours mise en avant alors que c'est une musicienne très moyenne et que l'identité du groupe repose sur Cass. De plus les décors sont totalement absents à quelques exceptions et le N&B proposé est vraiment basique donnant une impression de croquis pas assez travaillés. C'est vraiment dommage car je me suis beaucoup attaché au récit d'Ellen qui rétablit les mérites de Cass dans leurs succès. Par contre j'aime bien la construction des planches assez psychédéliques ce qui correspond bien à l'esprit de l'époque. Je trouve le rythme très bon même si j'ai une réserve sur ces petits chapitres de personnages où je me suis un peu perdu par moment. J'ai surtout aimé l'esprit du récit qui décrit cette artiste avec beaucoup d'humour. Elle est très représentative de cette génération qui a révolutionné beaucoup de moeurs et ouvert la porte à de grands changements sociétaux en occident. Je n'ai pas encore dit que j'aime beaucoup cette chanson qui n'avait besoin que d'une guitare et deux voix pour toucher au coeur. Une lecture sympa pour les nostalgiques ou pour découvrir une époque tellement éloignée de la nôtre.
Comme un oiseau dans un bocal - Portraits de surdoués
Après toutes les autres lectures de l'autrice, je ne pouvais pas laisser passer ce nouvel album de Lou Lubie dont une seule de ses BD manque dans mes étagères. Après avoir parlé des Cyclothymiques dans Goupil ou face, elle évoque ici la question des HPI, terme que l'on entend souvent associé à des parents parlant de leur progéniture, mais qu'on connait très mal. Et je suis toujours charmé de voir ce qu'elle est capable de nous faire comme réalisation : une BD didactique simple et claire, parlant d'une petite histoire de rencontre entre deux êtres, Raya et Birdo, l'oiseau et le poisson, qui racontent leur vie, leur différence, le tout enrobé dans une petite histoire sympathique. Que dire que je n'ai pas déjà dit dans les autres critiques ? C'est une autrice que j'adore parce qu'elle est très clair dans son propos, citant articles et recherches, retraçant l'histoire de ce neuroatypisme, tout en nous racontant une histoire touchante de deux personnes se rencontrant et se découvrant en parfaite harmonie. Le plaisir vient de ces personnages touchants qu'on découvre, la différence qui est progressivement expliqué, et l'empathie qui est alors possible avec ces deux jeunes gens qui souffrent de l'ignorance de leur condition. Comme à chaque fois, Lou Lubie sait se faire inventive dans le dessin. Ici c'est particulièrement Raya, avec cette image de poisson dans un bocal servant de tête qui permets une jolie métaphore tout en restant parfaitement lisible. Je n'ai jamais eu l'impression que le dessin devenait étrange, l'utilisation est maitrisée et donne souvent l'illusion du visage. D'autre part, les parties plus précises sur les HPI sont parfaitement clairs et lisibles malgré l'accumulation d'informations et de graphiques. Pour moi, nous avons ici quelque chose qui correspond parfaitement à ce que Lou Lubie a déjà pu nous proposer auparavant, et j'en suis très heureux. C'est simple, efficace, précis, on en ressort plus instruit et peut-être un peu plus empathique, mais pour autant c'est un plaisir de lecture aussi. Les personnages sont attachants et leurs histoires, même fictive, fait terriblement juste. Une nouvelle réussite pour une autrice que je continue de trouver géniale !
Barrio
Etonnante mais très bonne BD. Etonnante par son ton, simple et amusant, dans un style d'histoires correspondant à la chronique ordinaire, la vie de quartier. Mais ce ton banal, quotidien, est entrecoupé d'une violence incroyable, celle de la dictature franquiste, de souvenirs d'une guerre civile. Et pourtant, le tout est bel et bien une "simple" BD sur la vie quotidienne. L'intégrale est un beau pavé qui vaut le détour. J'ai dévoré littéralement les pages, avec ses petites histoires toujours croquées comme des chroniques quotidiennes qu'un blog-bd aurait adoré, mais mâtinées de la noirceur d'une vie sous la dictature, les flics violents qui peuvent arrêter n'importe qui, les violences de rues et le poids de la religion, de la morale. L'ombre de la guerre plane dans beaucoup d'histoires : disparus, traumatisés, déçus … C'est une société étrange que cette Espagne des années 50. Mais si l'ensemble se tient aussi bien, c'est que Giménez croque l'ensemble avec un ton neutre. L'histoire d'une mère qui meurt de la tuberculose aura le même dessin, le même ton et la même représentation que les querelles d'enfants ou les premiers chagrins d'amour. Ce qui donne un ton tragi-comique à chaque histoire dont on ne peut deviner l'orientation et la chute. Il y a des histoires glaçantes, des histoires touchantes, des histoires amusantes, beaucoup de naïveté aussi dans les yeux d'enfants qui ne comprennent pas le monde qui les entoure. Giménez croque le tout avec un dessin qui n'est pas sans me rappeler Will Eisner, qui faisait aussi des chroniques ordinaires, et qui fait très esprit Fluide glacial. Le dessin est net, sans fioritures et croque la rue dans ses détails qui lui donnent une consistance. C'est les déchets, les graffitis, les passants qui font vivre cette rue de Madrid. J'ajouterais que les cases présentant des métiers de la rue de cette époque ajoutent au charme de l'ensemble. C'est le genre de BD que j'adore car elle permets d'appréhender la vie quotidienne sous une dictature. Ce n'est pas une peur constante, un tourment de tout les instants. La vie est banale, quotidienne, remplie de détails déjà vu mille fois dans d'autres vies. Et puis quelques notes, de ci, de là, qui apparaissent : une arrestation arbitraire, des scènes pathétique, quelques conversations indiquant que tout n'est pas si simple. Mais ce qui se dégage de cette BD, c'est finalement une compilation d'histoire d'enfance, la vie du quartier, les gueules de cette époque. Très sympa à lire et éclairant sur cette époque de l'Espagne. Je ne peux que conseiller la lecture !
La Voix des bêtes, la faim des hommes
Un album de médiéval fantastique, mais qui ne surjoue rien, le fantastique étant réduit à la portion congrue. C’est d’ailleurs toute la narration qui se la joue modeste, sur un rythme lent (mais pas ennuyeux !), où nous suivons Brunehilde, une meneuse de loups, vaguement guérisseuse, et quelques personnages, qui un temps l’accompagnent (un colporteur, puis un bûcheron), dans une traversée du centre de la France actuelle, dans les dernières années du Xème siècle, quelques dizaines d’années après la fin de l’Empire carolingien (quelques termes permettent de situer la période), vers Aurillac. Une période assez trouble, mais la violence, pourtant bien présente (elle éclate dans le dernier tiers de l’album – le fantastique devenant alors plus présent), est ici comme atténuée par narration et personnages, Brunehilde la fuyant et la condamnant/combattant à la fois (voir sa réaction lors d’une exécution publique). Une vision apaisée de la société de l’époque. Elle trouve toujours des gens pour l’accueillir et la nourrir – y compris dans un village touché par maladie et famine (ce côté peut-être un peu naïf n’est pas trop gênant). Brunehilde est aussi éprise de justice, et veut disculper les loups d’une série de « meurtres » sauvages d’enfants. Cela bascule donc dans une sorte d’enquête, dans laquelle Église et religion ont leur part (les peurs millénaristes de l’époque attisaient les angoisses). Certains passages par contre sont un peu obscurs (la transition est parfois brutale, en particulier dans les dernières pages). Le dessin, qui s’éloigne des canons réalistes classiques (dans un style rappelant Bastien Vivès), n’est pas désagréable, et j’ai bien aimé la colorisation. Mes seuls bémols, ce sont ces traits de visages parfois effacés – ce que je n’aime pas en général – et une petite erreur (une flèche « change d’œil » lors de la mort d’un des compagnons de Brunehilde). Une histoire pas forcément très fouillée, mais que j’ai trouvé agréable et originale. Une lecture recommandable. Note réelle 3,5/5.
Algues vertes - L'Histoire interdite
Je profite de l’adaptation en film l’an dernier, pour enfin cesser de procrastiner sur la lecture de cette enquête. Malgré tout ce que je connaissais déjà par ailleurs, j’ai appris plein de choses sur les détails et surtout les dessous de l’affaire. Il semble que la journaliste ait vraiment bien mené son enquête, et son entêtement et sa façon de réunir et faire se communiquer les intervenants (victimes et témoins, notamment de certains services de santé) a eu l’art de faire bouger des choses. Non seulement sur le fond l’enquête est bien réalisée, mais elle est ici retranscrite de main de maître. Une première partie nous plonge dans l’historique des soupçons qui planent, les questionnements des protagonistes, puis les analyses, les alertes aux diverses autorités, le déni et les mensonges de celles-ci, puis les menaces et intimidations… Le tout extrêmement documenté, sources, articles de presse et interventions audiovisuelles datées et vérifiables, franchement bien fait. En seconde partie, la question essentielle du pourquoi de tout ce gâchis. À charge bien sûr des politiques agricoles productivistes menées depuis quelques décennies au détriment de l’écologie des systèmes naturels, du bien-être animal et de la santé des hommes, riverains, consommateurs, mais aussi agriculteurs piégés dans le système compris. Sur l’historique de la révélation de ce scandale (qui perdurera sans changement drastique de politique agricole et alimentaire) le médium de la bd ne permet pas forcément de toucher le plus grand nombre, même si perso je le trouve parfait. Le film a certainement eu plus d’impact. D’ailleurs, que je sache, une commune au moins, s’est plaint de la dégradation de l’image touristique de ses plages. Lecture instructive et plus qu’utile. Et qui nous rappelle que la protection du travail des journalistes d’investigation reste une nécessité.
Musée
Quel plaisir de retrouver Chabouté à ce niveau ! Depuis « Un peu de bois et d'acier » aucune de ses bandes dessinées ne m’avait procuré autant de plaisir que ce Musée. Un dessin en noir et blanc toujours aussi beau, des cadrages bien pensés et au service de l’histoire, un humour très présent, l’art de titiller la curiosité du lecteur avec de petites histoires dans l’histoire, l’art de les rendre complices également (ahhh, toute cette histoire autour d’un tableau que l’on ne voit qu’à la fin mais que ceux qui ont déjà visité le Musée d’Orsay –ou qui connaissent sa collection- reconnaissent rien qu’en voyant les réactions des visiteurs devant ledit tableau : du grand art !) Franchement, j’ai dévoré le livre. Il se lit vite (beaucoup de passages muets) mais il est tout sauf vide. Il se passe toujours quelque chose et c’est un plaisir d’y revenir pour relire l’histoire avec un autre regard, enrichi par notre première lecture. Un très grand cru !!
Anthologie Imagex
Chouette initiative des éditions "The Hoochie Coochie", très justement récompensé par une sélection au prix patrimoine d'Angoulème 2024, de déterrer, rassembler et publier le gros de l'Oeuvre d' Imagex, météorite fulgurante du monde de la bande dessinée du milieu des années 80, en une bien belle anthologie. Cet auteur aura sévit très peu de temps et malgré sa carrière éphémère, il a inspiré grand nombre d'auteurs catalogué indé qui le revendique clairement (Entre autre Matt Konture et Dav Guedin). Environ 40 ans plus tard, ces histoires ont bien vieilli et semble toujours aussi à propos. Vous retrouverez donc de nombreux récits précédemment proposé dans les recueils Mauvais rêves ou Colonie de vacanse mais aussi quelques inédits (4 au total) ainsi que d'autres publications. Ressort de cette anthologie une grande cohérence et cohésion d'ensemble tant de nombreuses thématiques sont communes (Enfance, Maltraitance, etc...). Ressort de cette anthologie une grande frustration car à travers ces différentes histoires, on découvre les prémices d'une Oeuvre qui possédait un potentiel énorme et d'un Artiste qui malheureusement n'atteindra jamais sa pleine maturité BD (artistique et scénaristique). Le style Graphique d'Imagex est plus varié qu'il n'y parait de premier abord rappelant foultitude d'auteurs typé indé, d'Olivier Texier en passant par les auteurs cités quelques lignes plus haut et allant même jusqu'à me faire penser sur certaines histoires au grand Winshluss !! Pour votre culture, ne passez pas à coté de ce condensé d'Imagex! Note réelle: 03.5/5 arrondi à 4 pour la qualité éditoriale.
La République du Crâne
J’ai beaucoup aimé ce « regard neuf et historiquement juste sur le monde de la piraterie », pour citer l’éditeur. Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat remettent les pendules à l’heure, via une préface informative, et surtout via l’histoire de la BD, qui se présente sous la forme d’une grande épopée remplie d’action et de personnages charismatiques. Les auteurs nous montrent une piraterie démocratique et fraternelle à l’opposé des mythes du pirate haineux et barbare véhiculés par la culture populaire. C’est passionnant, même si certains protagonistes m’ont paru trop lisses, trop parfaits. La dernière partie du récit est plus sédentaire, ce qui semble avoir gêné certains lecteurs, mais moi j’ai trouvé cet enlisement pertinent et assez bien vu d’un point de vue narratif. La mise en image de Ronan Toulhoat est parfaite et exactement ce que j’attends d’une telle histoire. J’ai particulièrement apprécié les superbes double-pages qui introduisent chaque chapitre, ainsi que les scènes d’action, très dynamiques et lisibles. Un chouette one-shot, prenant et diablement intéressant.