C’est une lecture très agréable – et relativement rapide, malgré l’importante pagination. Je retrouve Bajram dans un univers SF certes différent de ses succès autour d’Universal War (même si on retrouve ici des réflexions autour de l’avenir de l’humanité).
Il n’y a pas ici de space opera, tout se passe sur une planète inconnue, voire à l’intérieur d’un « volcan » mystérieux. La narration est un chouia linéaire, où nous suivons les membres d’un équipage échoué sur cette planète, qui découvrent les uns après les autres différents « peuples », dans une « descente au cœur des profondeurs de la planète et de leurs angoisses.
Le dessin de De Rochebrune est agréable et intéressant, même si certaines cases sont un peu sombres et difficiles à déchiffrer.
Au rebours du fil narratif, on peut reprocher un tout petit peu de manque de profondeur, et une fin – ouverte – peut-être un peu « facile ».
Mais ne boudons pas notre plaisir, le scénario de Bajram et Mangin procure une lecture très agréable.
J’ai beaucoup aimé ce livre, je trouve que les dessins sont vraiment bien réalisés et qu’il raconte en détails l’histoire de cette femme qui est à mes yeux une héroïne chargée de bouter les Anglais hors du royaume de France et qui réussit finalement à le faire mais qui finit par être condamnée à mourir pour hérésie sur le bûcher.
Ce livre est pour moi un véritable coup de coeur, j’ai beaucoup aimé l’histoire.
Pendant la Guerre du Pacifique, l'ensemble de la société japonaise a été mobilisée pour soutenir l'effort de guerre. C'est ainsi que des écolières d'Okinawa, ce petit archipel au sud des îles principales du Japon, se sont retrouvées auxiliaires médicales dans les hôpitaux de campagne de l'armée impériale. Un bouleversement déjà important, qui a basculé définitivement quand les bombardements de l'armée américaine se sont intensifiés et que les blessés ont continué à affluer, sans moyens pour les soigner.
C'est l'histoire -en partie fictive- de deux d'entre elles, Mayu et San, qu'a choisi de raconter la mangaka Machiko Kyô, en prenant leur point de vue. Ces adolescentes, qui un mois précédent, jouaient encore à la poupée (ou à des jeux équivalent), se retrouvent au milieu de l'horreur. Obligées de transporter des membres coupés pour arrêter les hémorragies ou la septicémie, de balancer des corps sans vie dans une fosse à l'intérieur de la grotte où est installé leur hôpital, de courir pour aller chercher de la nourriture ou des médicaments, les privations qui arrivent rapidement... C'est une vision sans concession d'un conflit qui nous est livré, jusqu'à l'inexorable, mais aussi la vie d'après. Il y a aussi une dimension onirique, lorsque San se remémore sa vie d'écolière, qui se superpose par moments avec la réalité du monde présent.
Au-delà de la chronique historique, sans précision autre que la localisation à Okinawa, c'est aussi une chronique sociale basée sur différentes anecdotes que l'autrice a pu rassembler qui nous est livrée. Son trait fin, aéré, presque seulement esquissé, contraste avec la brutalité des faits, et le fait d'avoir transformé les hommes en silhouettes blanches en dit long sur la symbolique qu'a voulu installer Machiko Kyô, qui en dit quelques mots en postface.
C'est glaçant.
C'est en discutant avec Näamlock sur un petit salon geek que j'ai appris l'existence de cette BD, dont je n'avais jamais entendu parler. Intrigué par le pitch, je l'ai lu, et bien aimé le résultat.
Comme indiqué dans le résumé, c'est un peu comme une histoire d'amour qui commence de manière un peu banale, et qui se termine d'une façon totalement inattendue (et il faut bien le dire, plutôt trash), avec une montée en tension qui instille le malaise chez le lecteur. Ça a commencé comme une histoire à contrainte dans l'esprit de Näamlock, qui l'a ensuite proposée à son complice Monsieur K., lequel s'est totalement investi dans l'écriture, apportant une patte peut-être plus gore encore. Il est un peu difficile d'en parler sans déflorer l'intrigue, mais on va essayer de ressortir des éléments probants. La sensation de malaise dont je parlais plus haut provoque le doute dans notre esprit : ce qu'on voit, ce qu'on lit, est-il réel ou le fait du cerveau peut-être malade de Martin ? Pourquoi ce changement d'ambiance chromatique à deux reprises ? (en vérité c'est transparent dans le récit, mais cela participe grandement à la finesse de la réalisation). L'autre défi est de faire correspondre une case à une journée, pour une histoire qui dure environ neuf mois.
Neuf mois. Comme une grossesse. S'agirait-il d'un indice sur le mal qui obsède et ronge Martin ? Les affiches présentes dans son appartement, savamment parsemées par Monsieur K., en sont-ils un autre ? Le sujet du projet de film qu'il arrive à faire accepter par un producteur (et à réaliser, ce qui est un brin surréaliste) participe-t-il à brouiller les pistes, ou au contraire, à renforcer les convictions ? Monsieur K. a un trait semi-réaliste, une ligne claire qui a un côté colérique dans les expressions de ses personnages, donnant un cachet particulier à ces vignettes, dont l'ambiance en bichromie change brutalement en cours de route.
Dernier indice, ou pas. Comme l'indiquent les auteurs en postface, le récit a été pensé et publié en ligne dans une période très particulière, celle de la pandémie de covid-19. Une période surréaliste, à peine plus croyable que l'histoire racontée dans l'album.
Au final, même si l'histoire en elle-même n'est pas très originale (je pourrais citer quelques films sur le même sujet, des films qui ont certainement inspiré les auteurs), le traitement avec contraintes qu'ils se sont imposé permet d'en faire un album un peu OVNI, mais tout à fait recommandable, pour peu que vous aimiez l'horreur suintante et rampante.
J'ai profité d'un week-end cocooning pour lire et apprécier à sa juste valeur ces deux pavés. La qualité de l'édition est sublime, un grand format qui permet de se plonger dans des territoires inconnus.
Yukinobu Hoshino a voulu rendre hommage au film '2001, l'odyssée de l'espace' en proposant une suite qui respecte l'œuvre originale. D'ailleurs le premier chapitre en est un joli clin d'œil.
Et pour cela il va nous emmener aux confins de l'univers à travers 19 chapitres pour nous narrer sa version de la conquête de l'espace.
Une odyssée captivante qui va se dérouler sur 400 ans et où chaque chapitre suit chronologiquement l'avancée technologique, mais aussi celle de l'humanité. Toujours plus loin et plus rapidement.
Des chapitres indépendants les uns des autres avec des personnages bien campés et certains seront présents dans plusieurs de ces histoires avec pour fil conducteur la famille... Robinson.
De nombreux thèmes seront décortiqués dont l'exploitation outrancière des ressources naturelles, la biodiversité, la colonisation de nouvelles planètes ou la vie extra-terrestre dans des intrigues qui prennent le temps de se développer.
L'ensemble forme un tout cohérent et prodigieusement immersif.
Une œuvre ambitieuse, mature et réaliste avec des intérêts qui divergent suivant que les protagonistes soient scientifiques, colons, diplomates ou même le pape en personne.
La partie graphique est somptueuse avec un côté vintage qui me plaît beaucoup.
J'ai aimé le rendu de l'espace sidéral, des mondes visités et l'architecture des vaisseaux spaciaux dans un noir et blanc de toute beauté.
En cadeau, quelques planches, ci et là, en couleurs.
Dépaysement garanti.
Un incontournable pour les amoureux de space opera et d'anticipation !
Coup de cœur.
Oui, cette BD est franchement bien fichue ! J'aime beaucoup ce que fait Zelba de manière globale, même si toutes ses BD n'ont pas été un coup de cœur, mais je suis l'auteure de très longtemps via son blog et je trouve qu'elle a souvent une audace dans son propos qui me plait beaucoup.
Malgré les contraintes de la collection (pas toujours simples mais pouvant donner des petites BD sympathiques) Zelba nous pond une petite fable amusante et bien sentie sur la question de la représentation du nu féminin dans l'art. Si le ton est mi-amusé mi-sérieux, le ton reste résolument dans la fable avec des personnalités marquées et même dans les physiques (je pense au nez des gérants du musée). En se démarquant visuellement et dans le ton fantaisiste du récit, elle s'amuse alors à retranscrire des peintures assez fidèlement tout en jouant visuellement de celles-ci.
Si le ton reste volontairement amusé et léger, les considérations dans la BD sont assez lourdes de sens et la réflexion est très sympathique : plutôt qu'un nouvel élan de censure morale ou de cacher ce qui pourrait gêner aujourd'hui, Zelba part sur une idée amusante mais qui propose de réfléchir plus large. On change notre façon d'être et de voir plutôt que d'interdire. A ce niveau-là, j'aime bien la réflexion.
C'est le genre de BD dont l'idée est assez bien menée, avec une question du genre et de la sexualisation contre la nudité, le tout enrobé dans une histoire mettant en lumière les incessantes remarques sexistes qui continuent de fleurir en société. Je ne suis pas une femme mais je vois bien à quel point notre société habitue tout être humain de sexe féminin à se comporter face à une société encore bien machiste, par des petits gestes et des réflexions quotidiennes. Mettre en lumière la question du regard sur l'art comme le regard sur le corps est très pertinente et ouvre la voie à plein de réflexions sur l'art et ce qu'on autorise ou fait en son nom (remarque qui devient un vrai sujet de société aujourd'hui).
J'ajouterais que le trait de Zelba est fidèle à ce qu'elle fait : des personnages parfaitement reconnaissables, une utilisation judicieuse de la couleur, des cadrages variés et une absence de cases, des compositions originales (quoique parfois un peu trop chargées à mon gout). J'avais déjà remarqué et apprécié son trait sur son blog à l'époque, elle reste diablement efficace. En tout cas, pour cette BD qui m'a bien plu.
C'est le genre d'album que je recommanderais car il ouvre facilement le débat et le dialogue sur cette question qui mérite qu'on réfléchisse. Le sexisme est présent à bien des niveaux dans notre société, ouvrir les yeux dessus est toujours une bonne chose. Un bon 3.5 rehaussé !
Comme Noirdésir, je vais être indulgent sur ma note en me plaçant dans la catégorie du public visé, à savoir plutôt ado.
Passez cette intro, je rejoins mes prédécesseurs pour dire que c’est un chouette album pour cette cible.
Un récit initiatique inspiré d’un Proche-Orient à tendance médiévale, pas d’énormes surprises au programme mais un beau message de tolérance distillé par les auteures. Méfiez vous de l’endoctrinement.
Une lecture fluide malgré un nombre conséquent de pages, une mise en page agréable, le propos est intelligent, bref plutôt sympa à parcourir.
Du bon boulot, de part leurs origines on ressent bien l’investissement des 2 autrices sur le sujet.
Alors oui ; ayant lu l’œuvre de Masamune Shirow APRÈS avoir vu son adaptation pour le cinéma par Mamoru Oshii, j'ai été un peu moins conquis par l'original tant sa version animée, forcément condensée, est plus efficace dans son exposition mieux ciblée du sujet et, surtout, extrêmement esthétique -sans parler de la bande originale !
Mais le Manga en lui-même est vraiment intéressant. Il y a un soucis de réalisme bienvenu dans l'analyse des rapports politiques entretenus par les pouvoirs en place, dans ce futur quasi contemporain où l'on suit les aventures des membres d'une section d'intervention spéciale, au service du gouvernement. Les différents protagonistes sont très bien définis -sans qu'il soit besoin d'en tartiner des pages- et on comprend illico la nature de leurs relations. Le chef de l'équipe, Aramaki, est particulièrement réussi : mélange cocasse d'évidente supériorité intellectuelle et de maitrise de soi professionnelle, il prouve néanmoins à plusieurs reprises une très nette tendance à une empathie bienvenue -sans compter que son physique de vieux macaque et ses bouffées de colère -rares- offrent à ses subalternes, à chacune de ses interventions, une nouvelle occasion de se moquer (mais en douce...).
L'humour est d'ailleurs omniprésent et contrebalance assez agréablement le caractère pas du tout rigolo de l'héroïne, le major Motoko Kusanagi, cyborg dont seul le cerveau et une partie de la moelle épinière demeurent biologiques ; et qui, à mesure que les missions s'accumulent, commence à s'interroger sur le sens de son existence -et même sur la réalité de son identité, tant la partie mécanique de son quotidien est prépondérante. En effets, la plupart des membres de l'unité qu'elle chapeaute sont plus ou moins "appareillés" de la sorte ; et le bon fonctionnement de leurs prothèses avantageuses nécessite une maintenance régulière -et coûteuse : le fait est plusieurs fois mentionné. Cela donne une coloration assez nouvelle -et inquiétante- au sujet du libre-arbitre, quand la dépendance envers l'employeur est une question de survie...
Mais le Manga ne s'attaque pas directement à ces aspects de l'histoire, étant plutôt partial au travail de police proprement-dit, qui voit la section 9 affrontée à divers gangs de trafiquants et/ou magouilleurs politiques ; scénarios-prétextes pour installer un univers "crédible" afin de mieux apprécier le futur dilemme existentiel du major.
Le fait est que le nœud de l'intrigue, tournant autour de ce Ghost sensé être la preuve de l'existence d'une identité au sein d'un corps synthétique, arrive un poil tard dans le récit ; avec la demande d'asile politique (astuce très originale, pour le coup !) d'une créature préfabriquée prétendant être une nouvelle forme de vie. La "rencontre" avec Kusanagi, bien que passionnante dans ses potentialités, demeure un poil frustrante quant à son exploitation scénaristique : tout va soudain très vite et l'héroïne, déjà pas mal réfrigérante, semble s'éloigner encore d'avantage après l'évènement-clé du Manga. C'est probablement voulu par l'auteur mais, néanmoins, pas vraiment satisfaisant pour le lecteur.
Mais le talent de Masamune Shirow est bien réel et, de bastons spectaculaires en explications de textes (!) pluridisciplinaires, le tout entrecoupé de nombreux écarts gaguesques (les baffes qu'il se prend, le Batou ! !), on passe un bon moment, extrêmement graphique, avec la section 9 !
Masamune Shirow semble assez "aware" en ce qui concerne la géopolitique et la technologie -et aussi la biologie, a priori ! Le récit profite donc pas mal de ses connaissances, et on suit les "aventures" mouvementées (!) du couple de héros avec l'impression agréable d'une profondeur certaine dans le propos ; les conflits en jeux permettant d'étayer une réflexion philosophique sur notre nature et notre devenir, en tant que race et/ou individus.
Son analyse apparemment très réaliste du quotidien de ces agents, tout récemment recrutés par les services de sécurité d'Aegis (pays nouveau-né dont l'administration, très contrôlée, est révolutionnairement assumée par une coopération humains/humains améliorés plus une I.A. !), nous offre un point de vue très original sur les possibles futurs de nos sociétés modernes.
Le récit est particulièrement bien rythmé jusqu'à l'arrestation du diplomate en cavale à bord d'un Landmate géant, sorte d'exosquelette utilisé pour le combat. Dunan et Briareos, couple de soldats ayant survécu à la guerre (mondiale), servent de référence lambda au lecteur pour apprécier le haut degré de sophistication de cette utopie, ainsi que les moyens terrifiants dont ses élites dirigeantes disposent -et qu'elles n'hésitent pas à employer : la drogue désinhibante d’Athéna, par exemple, pour pousser un groupe de dissidents à se trahir ! Le but officiel qui justifie ces extrêmes étant "l'amélioration" de la race humaine, sous peine d'extinction inévitable.
Très réussis dans leur caractérisation, les deux partenaires amoureux forcent la sympathie tant l'intelligence et l'humanisme de Briareos sont mis en valeur par le côté pragmatique (un peu radical...) et impulsif de Dunan.
La violence, présentée comme inévitable -presque essentielle...- est omniprésente mais justifiée par le sujet ; et un humour typique Manga la contrebalance avec beaucoup de justesse et d'à propos, sans jamais nuire au ton de l'histoire : Hitomi est irrésistible d'amateurisme et de naïveté (bulle d'oxygène particulièrement bienvenue au milieu de tous ces professionnels du combat !) et c'est bien la première fois qu'un "fan-service" aussi manifeste est aussi bien "glissé" entre les pages d'un Manga...
Masamune Shirow a une foule d'idées passionnantes : l'Hermès, Artémis, la spécificité si subtile des Bioroids... Et la relation intime des deux héros, alors que l'un est presque entièrement cybernétique (et complètement inhumain d'apparence !) est traitée comme allant de soi, sans surenchère scénaristique ou voyeurisme gratuit ; pointant assez clairement où se situe la part d'Humanité nécessaire à une existence digne, pour l'auteur. Chapeau. Et son dessin, à la fois pêchu dans les scènes d'action et super-maitrisé pour chaque panorama d'Olympus (ou d'ailleurs), brille de spontanéité et d'honnêteté -et aussi de personnalité.
Du grand bon spectacle, pourvu qu'on ait le coeur bien accroché.
C'est sur les conseils de Grogro lors d'une discussion à Angoulême que j'ai fait l'acquisition de ce pavé pour ma médiathèque il y a quelques mois. Vu le pavé et les piles de BD qui m'attendaient, il m'aura fallu patienter longuement pour trouver le temps nécessaire à cette lecture conséquente, mais ça en valait plus que la peine ! Tout comme lui je sors ravi de cette album qui m'aura hypnotisé une longue journée. Impossible de le lâcher !
Car notre duo d'auteurs nous propose une fresque remarquable qui s'étale de la fin de années 60' jusqu'aux années 2000. Cinq tomes ici condensés dans une lourde intégrale mais qui ne font pas dans la dentelle. De la rébellion de base de nos ados confrontés au conservatisme ambiant de l'époque aux désillusions qu'aura aussi laissé l'utopique communauté libertaire qui fait office de pivot dans ce récit, notre brochette de personnages navigue bien loin d'un long fleuve tranquille !
Et c'est la force de cette aventure que de nous embarquer dans cette aventure en suivant des protagonistes bourrés (ça ils savent faire ! :p ) de contradictions, loin d'un manichéisme facile ou d'un prosélytisme militant pour défendre leur utopie. Car la confrontation entre cette dernière et la vie quotidienne est parfois brutale et frontale. Entre les grands moments de folie et de joies et les tragédies qui surviennent, le grand écart émotionnel n'est jamais loin pour le lecteur.
L'autre point fort de cette série concerne la justesse qu'ont réussi à trouver les auteurs pour nous dépeindre ces décennies qui s'enchainent ; que ce soit par les chansons qui fleurissent au fil des planches, les évolutions sociales ou politiques, c'est toujours avec finesse et sans être caricaturaux que le lecteur traverse ces époques en s'y retrouvant facilement.
Côté dessin, Comment nous propose un style simple mais d'une redoutable efficacité. On est pas dans le réalisme mais bien dans la sensibilité et l'expressivité, ce qui cadre parfaitement avec cette aventure humaine.
Une série que je recommande chaudement !
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Inhumain
C’est une lecture très agréable – et relativement rapide, malgré l’importante pagination. Je retrouve Bajram dans un univers SF certes différent de ses succès autour d’Universal War (même si on retrouve ici des réflexions autour de l’avenir de l’humanité). Il n’y a pas ici de space opera, tout se passe sur une planète inconnue, voire à l’intérieur d’un « volcan » mystérieux. La narration est un chouia linéaire, où nous suivons les membres d’un équipage échoué sur cette planète, qui découvrent les uns après les autres différents « peuples », dans une « descente au cœur des profondeurs de la planète et de leurs angoisses. Le dessin de De Rochebrune est agréable et intéressant, même si certaines cases sont un peu sombres et difficiles à déchiffrer. Au rebours du fil narratif, on peut reprocher un tout petit peu de manque de profondeur, et une fin – ouverte – peut-être un peu « facile ». Mais ne boudons pas notre plaisir, le scénario de Bajram et Mangin procure une lecture très agréable.
Moi, Jeanne d'Arc (Jeanne d'Arc)
J’ai beaucoup aimé ce livre, je trouve que les dessins sont vraiment bien réalisés et qu’il raconte en détails l’histoire de cette femme qui est à mes yeux une héroïne chargée de bouter les Anglais hors du royaume de France et qui réussit finalement à le faire mais qui finit par être condamnée à mourir pour hérésie sur le bûcher. Ce livre est pour moi un véritable coup de coeur, j’ai beaucoup aimé l’histoire.
Cocon
Pendant la Guerre du Pacifique, l'ensemble de la société japonaise a été mobilisée pour soutenir l'effort de guerre. C'est ainsi que des écolières d'Okinawa, ce petit archipel au sud des îles principales du Japon, se sont retrouvées auxiliaires médicales dans les hôpitaux de campagne de l'armée impériale. Un bouleversement déjà important, qui a basculé définitivement quand les bombardements de l'armée américaine se sont intensifiés et que les blessés ont continué à affluer, sans moyens pour les soigner. C'est l'histoire -en partie fictive- de deux d'entre elles, Mayu et San, qu'a choisi de raconter la mangaka Machiko Kyô, en prenant leur point de vue. Ces adolescentes, qui un mois précédent, jouaient encore à la poupée (ou à des jeux équivalent), se retrouvent au milieu de l'horreur. Obligées de transporter des membres coupés pour arrêter les hémorragies ou la septicémie, de balancer des corps sans vie dans une fosse à l'intérieur de la grotte où est installé leur hôpital, de courir pour aller chercher de la nourriture ou des médicaments, les privations qui arrivent rapidement... C'est une vision sans concession d'un conflit qui nous est livré, jusqu'à l'inexorable, mais aussi la vie d'après. Il y a aussi une dimension onirique, lorsque San se remémore sa vie d'écolière, qui se superpose par moments avec la réalité du monde présent. Au-delà de la chronique historique, sans précision autre que la localisation à Okinawa, c'est aussi une chronique sociale basée sur différentes anecdotes que l'autrice a pu rassembler qui nous est livrée. Son trait fin, aéré, presque seulement esquissé, contraste avec la brutalité des faits, et le fait d'avoir transformé les hommes en silhouettes blanches en dit long sur la symbolique qu'a voulu installer Machiko Kyô, qui en dit quelques mots en postface. C'est glaçant.
L'Alter Ego
C'est en discutant avec Näamlock sur un petit salon geek que j'ai appris l'existence de cette BD, dont je n'avais jamais entendu parler. Intrigué par le pitch, je l'ai lu, et bien aimé le résultat. Comme indiqué dans le résumé, c'est un peu comme une histoire d'amour qui commence de manière un peu banale, et qui se termine d'une façon totalement inattendue (et il faut bien le dire, plutôt trash), avec une montée en tension qui instille le malaise chez le lecteur. Ça a commencé comme une histoire à contrainte dans l'esprit de Näamlock, qui l'a ensuite proposée à son complice Monsieur K., lequel s'est totalement investi dans l'écriture, apportant une patte peut-être plus gore encore. Il est un peu difficile d'en parler sans déflorer l'intrigue, mais on va essayer de ressortir des éléments probants. La sensation de malaise dont je parlais plus haut provoque le doute dans notre esprit : ce qu'on voit, ce qu'on lit, est-il réel ou le fait du cerveau peut-être malade de Martin ? Pourquoi ce changement d'ambiance chromatique à deux reprises ? (en vérité c'est transparent dans le récit, mais cela participe grandement à la finesse de la réalisation). L'autre défi est de faire correspondre une case à une journée, pour une histoire qui dure environ neuf mois. Neuf mois. Comme une grossesse. S'agirait-il d'un indice sur le mal qui obsède et ronge Martin ? Les affiches présentes dans son appartement, savamment parsemées par Monsieur K., en sont-ils un autre ? Le sujet du projet de film qu'il arrive à faire accepter par un producteur (et à réaliser, ce qui est un brin surréaliste) participe-t-il à brouiller les pistes, ou au contraire, à renforcer les convictions ? Monsieur K. a un trait semi-réaliste, une ligne claire qui a un côté colérique dans les expressions de ses personnages, donnant un cachet particulier à ces vignettes, dont l'ambiance en bichromie change brutalement en cours de route. Dernier indice, ou pas. Comme l'indiquent les auteurs en postface, le récit a été pensé et publié en ligne dans une période très particulière, celle de la pandémie de covid-19. Une période surréaliste, à peine plus croyable que l'histoire racontée dans l'album. Au final, même si l'histoire en elle-même n'est pas très originale (je pourrais citer quelques films sur le même sujet, des films qui ont certainement inspiré les auteurs), le traitement avec contraintes qu'ils se sont imposé permet d'en faire un album un peu OVNI, mais tout à fait recommandable, pour peu que vous aimiez l'horreur suintante et rampante.
2001 Nights stories
J'ai profité d'un week-end cocooning pour lire et apprécier à sa juste valeur ces deux pavés. La qualité de l'édition est sublime, un grand format qui permet de se plonger dans des territoires inconnus. Yukinobu Hoshino a voulu rendre hommage au film '2001, l'odyssée de l'espace' en proposant une suite qui respecte l'œuvre originale. D'ailleurs le premier chapitre en est un joli clin d'œil. Et pour cela il va nous emmener aux confins de l'univers à travers 19 chapitres pour nous narrer sa version de la conquête de l'espace. Une odyssée captivante qui va se dérouler sur 400 ans et où chaque chapitre suit chronologiquement l'avancée technologique, mais aussi celle de l'humanité. Toujours plus loin et plus rapidement. Des chapitres indépendants les uns des autres avec des personnages bien campés et certains seront présents dans plusieurs de ces histoires avec pour fil conducteur la famille... Robinson. De nombreux thèmes seront décortiqués dont l'exploitation outrancière des ressources naturelles, la biodiversité, la colonisation de nouvelles planètes ou la vie extra-terrestre dans des intrigues qui prennent le temps de se développer. L'ensemble forme un tout cohérent et prodigieusement immersif. Une œuvre ambitieuse, mature et réaliste avec des intérêts qui divergent suivant que les protagonistes soient scientifiques, colons, diplomates ou même le pape en personne. La partie graphique est somptueuse avec un côté vintage qui me plaît beaucoup. J'ai aimé le rendu de l'espace sidéral, des mondes visités et l'architecture des vaisseaux spaciaux dans un noir et blanc de toute beauté. En cadeau, quelques planches, ci et là, en couleurs. Dépaysement garanti. Un incontournable pour les amoureux de space opera et d'anticipation ! Coup de cœur.
Le Grand incident
Oui, cette BD est franchement bien fichue ! J'aime beaucoup ce que fait Zelba de manière globale, même si toutes ses BD n'ont pas été un coup de cœur, mais je suis l'auteure de très longtemps via son blog et je trouve qu'elle a souvent une audace dans son propos qui me plait beaucoup. Malgré les contraintes de la collection (pas toujours simples mais pouvant donner des petites BD sympathiques) Zelba nous pond une petite fable amusante et bien sentie sur la question de la représentation du nu féminin dans l'art. Si le ton est mi-amusé mi-sérieux, le ton reste résolument dans la fable avec des personnalités marquées et même dans les physiques (je pense au nez des gérants du musée). En se démarquant visuellement et dans le ton fantaisiste du récit, elle s'amuse alors à retranscrire des peintures assez fidèlement tout en jouant visuellement de celles-ci. Si le ton reste volontairement amusé et léger, les considérations dans la BD sont assez lourdes de sens et la réflexion est très sympathique : plutôt qu'un nouvel élan de censure morale ou de cacher ce qui pourrait gêner aujourd'hui, Zelba part sur une idée amusante mais qui propose de réfléchir plus large. On change notre façon d'être et de voir plutôt que d'interdire. A ce niveau-là, j'aime bien la réflexion. C'est le genre de BD dont l'idée est assez bien menée, avec une question du genre et de la sexualisation contre la nudité, le tout enrobé dans une histoire mettant en lumière les incessantes remarques sexistes qui continuent de fleurir en société. Je ne suis pas une femme mais je vois bien à quel point notre société habitue tout être humain de sexe féminin à se comporter face à une société encore bien machiste, par des petits gestes et des réflexions quotidiennes. Mettre en lumière la question du regard sur l'art comme le regard sur le corps est très pertinente et ouvre la voie à plein de réflexions sur l'art et ce qu'on autorise ou fait en son nom (remarque qui devient un vrai sujet de société aujourd'hui). J'ajouterais que le trait de Zelba est fidèle à ce qu'elle fait : des personnages parfaitement reconnaissables, une utilisation judicieuse de la couleur, des cadrages variés et une absence de cases, des compositions originales (quoique parfois un peu trop chargées à mon gout). J'avais déjà remarqué et apprécié son trait sur son blog à l'époque, elle reste diablement efficace. En tout cas, pour cette BD qui m'a bien plu. C'est le genre d'album que je recommanderais car il ouvre facilement le débat et le dialogue sur cette question qui mérite qu'on réfléchisse. Le sexisme est présent à bien des niveaux dans notre société, ouvrir les yeux dessus est toujours une bonne chose. Un bon 3.5 rehaussé !
Écuyère
Comme Noirdésir, je vais être indulgent sur ma note en me plaçant dans la catégorie du public visé, à savoir plutôt ado. Passez cette intro, je rejoins mes prédécesseurs pour dire que c’est un chouette album pour cette cible. Un récit initiatique inspiré d’un Proche-Orient à tendance médiévale, pas d’énormes surprises au programme mais un beau message de tolérance distillé par les auteures. Méfiez vous de l’endoctrinement. Une lecture fluide malgré un nombre conséquent de pages, une mise en page agréable, le propos est intelligent, bref plutôt sympa à parcourir. Du bon boulot, de part leurs origines on ressent bien l’investissement des 2 autrices sur le sujet.
The Ghost in the shell
Alors oui ; ayant lu l’œuvre de Masamune Shirow APRÈS avoir vu son adaptation pour le cinéma par Mamoru Oshii, j'ai été un peu moins conquis par l'original tant sa version animée, forcément condensée, est plus efficace dans son exposition mieux ciblée du sujet et, surtout, extrêmement esthétique -sans parler de la bande originale ! Mais le Manga en lui-même est vraiment intéressant. Il y a un soucis de réalisme bienvenu dans l'analyse des rapports politiques entretenus par les pouvoirs en place, dans ce futur quasi contemporain où l'on suit les aventures des membres d'une section d'intervention spéciale, au service du gouvernement. Les différents protagonistes sont très bien définis -sans qu'il soit besoin d'en tartiner des pages- et on comprend illico la nature de leurs relations. Le chef de l'équipe, Aramaki, est particulièrement réussi : mélange cocasse d'évidente supériorité intellectuelle et de maitrise de soi professionnelle, il prouve néanmoins à plusieurs reprises une très nette tendance à une empathie bienvenue -sans compter que son physique de vieux macaque et ses bouffées de colère -rares- offrent à ses subalternes, à chacune de ses interventions, une nouvelle occasion de se moquer (mais en douce...). L'humour est d'ailleurs omniprésent et contrebalance assez agréablement le caractère pas du tout rigolo de l'héroïne, le major Motoko Kusanagi, cyborg dont seul le cerveau et une partie de la moelle épinière demeurent biologiques ; et qui, à mesure que les missions s'accumulent, commence à s'interroger sur le sens de son existence -et même sur la réalité de son identité, tant la partie mécanique de son quotidien est prépondérante. En effets, la plupart des membres de l'unité qu'elle chapeaute sont plus ou moins "appareillés" de la sorte ; et le bon fonctionnement de leurs prothèses avantageuses nécessite une maintenance régulière -et coûteuse : le fait est plusieurs fois mentionné. Cela donne une coloration assez nouvelle -et inquiétante- au sujet du libre-arbitre, quand la dépendance envers l'employeur est une question de survie... Mais le Manga ne s'attaque pas directement à ces aspects de l'histoire, étant plutôt partial au travail de police proprement-dit, qui voit la section 9 affrontée à divers gangs de trafiquants et/ou magouilleurs politiques ; scénarios-prétextes pour installer un univers "crédible" afin de mieux apprécier le futur dilemme existentiel du major. Le fait est que le nœud de l'intrigue, tournant autour de ce Ghost sensé être la preuve de l'existence d'une identité au sein d'un corps synthétique, arrive un poil tard dans le récit ; avec la demande d'asile politique (astuce très originale, pour le coup !) d'une créature préfabriquée prétendant être une nouvelle forme de vie. La "rencontre" avec Kusanagi, bien que passionnante dans ses potentialités, demeure un poil frustrante quant à son exploitation scénaristique : tout va soudain très vite et l'héroïne, déjà pas mal réfrigérante, semble s'éloigner encore d'avantage après l'évènement-clé du Manga. C'est probablement voulu par l'auteur mais, néanmoins, pas vraiment satisfaisant pour le lecteur. Mais le talent de Masamune Shirow est bien réel et, de bastons spectaculaires en explications de textes (!) pluridisciplinaires, le tout entrecoupé de nombreux écarts gaguesques (les baffes qu'il se prend, le Batou ! !), on passe un bon moment, extrêmement graphique, avec la section 9 !
Apple Seed
Masamune Shirow semble assez "aware" en ce qui concerne la géopolitique et la technologie -et aussi la biologie, a priori ! Le récit profite donc pas mal de ses connaissances, et on suit les "aventures" mouvementées (!) du couple de héros avec l'impression agréable d'une profondeur certaine dans le propos ; les conflits en jeux permettant d'étayer une réflexion philosophique sur notre nature et notre devenir, en tant que race et/ou individus. Son analyse apparemment très réaliste du quotidien de ces agents, tout récemment recrutés par les services de sécurité d'Aegis (pays nouveau-né dont l'administration, très contrôlée, est révolutionnairement assumée par une coopération humains/humains améliorés plus une I.A. !), nous offre un point de vue très original sur les possibles futurs de nos sociétés modernes. Le récit est particulièrement bien rythmé jusqu'à l'arrestation du diplomate en cavale à bord d'un Landmate géant, sorte d'exosquelette utilisé pour le combat. Dunan et Briareos, couple de soldats ayant survécu à la guerre (mondiale), servent de référence lambda au lecteur pour apprécier le haut degré de sophistication de cette utopie, ainsi que les moyens terrifiants dont ses élites dirigeantes disposent -et qu'elles n'hésitent pas à employer : la drogue désinhibante d’Athéna, par exemple, pour pousser un groupe de dissidents à se trahir ! Le but officiel qui justifie ces extrêmes étant "l'amélioration" de la race humaine, sous peine d'extinction inévitable. Très réussis dans leur caractérisation, les deux partenaires amoureux forcent la sympathie tant l'intelligence et l'humanisme de Briareos sont mis en valeur par le côté pragmatique (un peu radical...) et impulsif de Dunan. La violence, présentée comme inévitable -presque essentielle...- est omniprésente mais justifiée par le sujet ; et un humour typique Manga la contrebalance avec beaucoup de justesse et d'à propos, sans jamais nuire au ton de l'histoire : Hitomi est irrésistible d'amateurisme et de naïveté (bulle d'oxygène particulièrement bienvenue au milieu de tous ces professionnels du combat !) et c'est bien la première fois qu'un "fan-service" aussi manifeste est aussi bien "glissé" entre les pages d'un Manga... Masamune Shirow a une foule d'idées passionnantes : l'Hermès, Artémis, la spécificité si subtile des Bioroids... Et la relation intime des deux héros, alors que l'un est presque entièrement cybernétique (et complètement inhumain d'apparence !) est traitée comme allant de soi, sans surenchère scénaristique ou voyeurisme gratuit ; pointant assez clairement où se situe la part d'Humanité nécessaire à une existence digne, pour l'auteur. Chapeau. Et son dessin, à la fois pêchu dans les scènes d'action et super-maitrisé pour chaque panorama d'Olympus (ou d'ailleurs), brille de spontanéité et d'honnêteté -et aussi de personnalité. Du grand bon spectacle, pourvu qu'on ait le coeur bien accroché.
Les Indociles
C'est sur les conseils de Grogro lors d'une discussion à Angoulême que j'ai fait l'acquisition de ce pavé pour ma médiathèque il y a quelques mois. Vu le pavé et les piles de BD qui m'attendaient, il m'aura fallu patienter longuement pour trouver le temps nécessaire à cette lecture conséquente, mais ça en valait plus que la peine ! Tout comme lui je sors ravi de cette album qui m'aura hypnotisé une longue journée. Impossible de le lâcher ! Car notre duo d'auteurs nous propose une fresque remarquable qui s'étale de la fin de années 60' jusqu'aux années 2000. Cinq tomes ici condensés dans une lourde intégrale mais qui ne font pas dans la dentelle. De la rébellion de base de nos ados confrontés au conservatisme ambiant de l'époque aux désillusions qu'aura aussi laissé l'utopique communauté libertaire qui fait office de pivot dans ce récit, notre brochette de personnages navigue bien loin d'un long fleuve tranquille ! Et c'est la force de cette aventure que de nous embarquer dans cette aventure en suivant des protagonistes bourrés (ça ils savent faire ! :p ) de contradictions, loin d'un manichéisme facile ou d'un prosélytisme militant pour défendre leur utopie. Car la confrontation entre cette dernière et la vie quotidienne est parfois brutale et frontale. Entre les grands moments de folie et de joies et les tragédies qui surviennent, le grand écart émotionnel n'est jamais loin pour le lecteur. L'autre point fort de cette série concerne la justesse qu'ont réussi à trouver les auteurs pour nous dépeindre ces décennies qui s'enchainent ; que ce soit par les chansons qui fleurissent au fil des planches, les évolutions sociales ou politiques, c'est toujours avec finesse et sans être caricaturaux que le lecteur traverse ces époques en s'y retrouvant facilement. Côté dessin, Comment nous propose un style simple mais d'une redoutable efficacité. On est pas dans le réalisme mais bien dans la sensibilité et l'expressivité, ce qui cadre parfaitement avec cette aventure humaine. Une série que je recommande chaudement !