J’ai adoré !!
D’abord la mise en page que j’ai trouvé réussie et chaleureuse. C’est sans fausses notes, des couleurs chaudes alliées à un trait et des cases tout en rondeur. Je connaissais le dessinateur mais il ne m’avait jamais autant subjugué. Je ressentais le soleil durant ma lecture.
Et enfin le sujet, pas tant la jeunesse de Gisèle Halimi (que j’avoue connaître bien peu) que le portrait de cette petite tunisienne face aux différents diktats, je trouve cette approche excellente. Le propos apparaît ainsi bien plus universel qu’un simple documentaire.
Le parcours et la résilience de notre héroïne force l’admiration, à glisser dans toutes les mains.
Un excellent album
J'ai beaucoup apprécié la lecture de ces trois biographies proposées par Bernard Swysen. J'ai trouvé le travail de documentation et de synthèse du scénariste assez remarquable pour aller plus loin qu'une simple énumération d'anecdotes ou de listing d'une filmographie très célèbre.
Swysen a voulu donner du sens et une âme à ces trois caractères hors normes. C'est particulièrement vrai pour les deux femmes qui sont souvent actrices et victimes de leur succès mondial.
Nul autre que Charles Chaplin ne mérite plus sa place dans la collection "Les étoiles de l'Histoire" proposée par Dupuis. Bernard Swysen livre un scénario précis et qui couvre de manière très complète la vie du célèbre artiste.
Les trente pages de l'album dévolues à la tendre jeunesse de Chaplin, avant son arrivée en Amérique, montre l'importance de cette période dans la construction psychologique et professionnelle de la Star.
Le récit s'attache à nous rappeler la formidable fécondité de l'oeuvre ainsi que sa pertinence dans un siècle si mouvementé, mais pas que. En effet je trouve que la mise en scène de Swysen est très intéressante car elle donne une part importante aux qualités humaines de Chaplin.
Comme le montre une case de la page 54 deux personnes coexistaient dans sa personne, Charles et Charlot : " Charlot mon reflet inversé sans qui je ne serais rien." Si sa longue vie artistique ne fut que succès sa vie d'enfant et d'homme a connu des parcours bien plus escarpé.
Le récit montre bien l'importance et la difficulté de sa relation avec les femmes ou le courage et la fermeté de ses engagements politiques. C'est d'ailleurs une prouesse de caser autant d'évènements importants de sa biographie en seulement 72 pages. Peut-être qu'un tel destin méritait deux opus.
Le graphisme semi réaliste de Bruno Bazile est très plaisant et permet la mise en valeur des éléments dramatiques ou comiques des épisodes de la vie de Chaplin. Il y a beaucoup de dynamisme dans le récit qui n'arrête pas de nous proposer des anecdotes instructives.
On passe souvent du rire aux larmes ou à l'indignation ce qui est un bel hommage à l'oeuvre de Chaplin. Les auteurs ont donc bien réussi à se mettre dans les pas de l'étoile pour nous inciter à voir ou revoir une partie de ses films dont certains resteront à jamais inoubliables.
Une bonne lecture pour découvrir un génie du cinéma. L'ouvrage se termine par quelques photos de ses films ou de sa vie intime.
Pour Marilyn, Swysen plonge aussi très longuement dans son enfance pas facile pour rendre intelligible un comportement à double facette. Il en résulte la description d'un personnage à la fois touchant et irritant. Les auteurs ne s'appesantissent pas sur sa relation avec JFK et ne partent pas dans des hypothèses fantaisistes pour créer du fantasme.
Les auteurs mettent en avant son magnétisme sexuel quasi surnaturel sur les hommes sans tomber dans le ragot destructeur. Cela donne un récit très sensible qui possède une grande cohérence psychologique. Ses mariages avec Dimaggio et Miller sont très détaillés avec des portraits bien équilibrés.
Le graphisme de Christian Paty est un peu en décalage avec le fonds du récit. En effet son trait renvoie à un dessin assez jeunesse et humoristique qui détonne un peu avec le sérieux du récit. La vie de Marilyn pour glamour qu'elle semble être n'a pas du tout été un long fleuve tranquille. Entre abandons, marchandisation sexuelle, déceptions conjugales, déprime permanente et fausses couches à répétition les situations sont souvent plus dramatiques que comiques.
C'est la même remarque pour BB. Les deux stars qui ont été considérées comme les plus belles femmes du monde à leur époque ne sont pas dessinées comme des poupées si attractives physiquement. C'est le côté humain qui est mis en valeur pour découvrir ce qui se cache derrière les lumières aveuglantes.
Le parallèle entre Marilyn et BB semble évident. Pourtant à la lecture des deux biographies je me suis rendu compte des énormes différences entre les deux personnalités. BB est une personnalité forte qui a su s'affranchir du système, faire bouger le politique et suivre une voie personnelle pleine d'engagements et de courage même si je ne partage pas tous ses choix.
Les trois lectures sont d'un très bon niveau. J'y ai appris une multitude de détails vraiment intéressants sur le cinéma mais surtout sur la révolution des moeurs qui ont accompagné ces artistes (surtout les deux femmes).
Une belle série pour les fans de cinéma et au-delà.
Le volet investigation de cette oeuvre est évidemment l'intérêt de la lecture. Ce que vous apprendrez des laboratoires Servier vous révoltera. Et l'activisme de la lanceuse d'alerte Irène Frachon vous réconciliera avec l'humain.
Le dessin sobre ici s'efface devant les enjeux et les témoignages qui sont au cœur de cette histoire.
Par contre, si vous n'avez pas de curiosité vis à vis de ce scandale national, restez sur Netflix.
Comme j'imagine que vous avez déjà entendu parler de réchauffement climatique je n'aborderai pas le sujet du livre. Mais je souhaite insister sur le talent de Blain à mettre en image les discours de Janco. Cette capacité de synthèse et d'humour m'a bluffé. Et heureusement, car ce sujet est complexe et déprimant !
Évidemment, conseil de lecture à tous et à tout age.
Cette BD s'adresse à toute personne qui a accroché ou juste approché l'univers Star Wars sans nécessairement en être un fan.
En effet, l'histoire de la création de ce premier film à la fin des années 70 est un témoignage cinématographique incroyable. Tout prend des dimensions hors normes.
Ce film a inventé tous les codes de l'aventure spatiale à Hollywood. Il a créé des personnages devenus légendaires dans notre culture. Il a profondément marqué tous les enfants et ados des années 80 qui ont ensuite transmis cet héritage à leur propres enfants. Tous sont capables d'en fredonner le thème musical. Puis en terme de chiffres au box office... il a tout explosé !
Et pourtant, on découvre tout au long de notre lecture, que Star Wars est un film d'auteur. Laborieusement écrit durant de longs mois, il a du batailler contre les studios, lutter contre toutes les adversités, méprisé par beaucoup, mais aussi bricolé et soutenu par des copains quand nécessaire. Réalisation épique.
Un grand merci au talent et au travail soigné des auteurs qui nous ont fait vivre cette aventure.
Je remercie les précédents aviseurs, sans eux je serais passé 10 fois devant cette série sans m’arrêter.
Pas grand chose qui m’attire aux premiers abords … mais on va pas se mentir, c’est vachement bien !!
J’ai aimé l’universalité de ton, le courage de cette institutrice (et des enfants), la fluidité du récit, ses personnages charismatiques, la justesse de la mise en scène, le message passé, les couleurs chatoyantes, les hommages disséminés, le dessin lisible … bref je vous renvoie à leurs avis.
Perso j’ai vibré durant ma lecture, vraiment très chouette.
Lors d'une interview de Manara sur France Info, ce dernier a confié qu'il avait réalisé l'adaptation du célèbre thriller médiéval d'Umberto Eco à la demande de la famille Eco, pour se faire pardonner d'un dessin dédicacé un peu osé transmis à Carlotta, la fille, alors même qu'il ne connaissait pas son âge!
Je ne m'attarderai pas sur l'histoire du roman d'Umberto Eco que tout le monde connait, au moins grâce à l'adaptation cinématographique de Jean-Jacques Annaud sortie en 1986. Ce premier tome du futur diptyque de Manara est fidèle à l’œuvre originelle et reprend de nombreux passages littéraux du roman. Les dialogues sont denses, conférant une belle profondeur à l'histoire et aux relations entre les personnages, ce qui ne fut pas pour me déplaire. Je suis en revanche un peu moins fan de l'introduction de l'histoire par Umberto Eco durant les 2-3 premières pages...
Mais le point le plus fort de cette BD reste le trait précis et fin de Milo Manara. Les visages des nombreux moines sont très détaillés et bien distinguables les uns des autres, permettant de ne pas se perdre dans l'histoire (les traits du visage du héros, Guillaume de Baskerville, semblent d'ailleurs empruntés à Marlon Brando) . Les cadrages de certains décors renforcent bien l'immensité de certaines pièces (la bibliothèque notamment) et le côté oppressant de ce huis-clos se déroulant uniquement dans une abbaye. Mention spéciale également aux enluminures des livres du monastère qui empruntent à la fois aux standards de l'époque mais également à l'imagination de Manara ! Je n'en dirai pas plus...
En résumé, une belle adaptation classique et fidèle au roman, qui ne demande qu'à être confirmée avec le second tome.
Originalité : 3/5 - Histoire : 4/5
Dessin : 4,5/5 - Mise en couleurs : 4/5
NOTE GLOBALE : 15,5/20
Ce récit retrace la vie d'un jeune congolais, mineur de père en fils et qui va tout faire pour s'extirper de cette condition, mais à quel prix.
Nivek se lance un défi, vivre ou plus exactement survivre au quotidien pour atteindre un objectif, aller vivre en Europe. Il part dans un périple où tout lui est inconnu. Pour quitter son pays et le continent d'Afrique, Nivek va rencontrer le pire.
L'enfer des mines ou l'endoctrinement des enfants soldats au Congo sont racontés avec un niveau de violence rarement atteint et malgré tout on sent que ce scénario est proche d'une réalité sordide. Quelque soit le pays où Nivek se trouve, la violence est permanente. Il y a les dominants et les victimes avec des rapports de force tellement disproportionnés que la mort est souvent proche pour les plus faibles.Un drame humain qui est un témoignage poignant et qui nous fait comprendre comment et pourquoi des hommes et des femmes sont prêts à risquer leurs vies pour échapper à un destin souvent dramatique.
Alterriba dénonce l'emprise des occidentaux ou de la chine en Afrique, le racisme de l'Europe face à l'arrivée des migrants, un pamphlet violent pour nous rappeler que même l'esclavagisme n'a pas disparu.
L'Eldorado tant espéré n'est qu'une chimère inaccessible. Au bout du voyage, il n'y a pas l'opulence rêvée mais la pauvreté dans un pays riche.
L'originalité du dessin, ce sont ces corps longilignes et anormalement élastiques qui me font penser à des corps en souffrance permanente physique et mental.
Une aventure inhumaine, âpre et violente.
Après Petit robot je découvre Zita, une petite héroïne qui essaye de rattraper une grosse bêtise. Ici encore j'ai beaucoup apprécié le travail de Ben Hatke. Si la série est avant tout destinée à un public assez jeune, elle se laisse très facilement lire par un public avec quelques décennies de plus au compteur.
Le scénario, pour être assez commun, est traité avec beaucoup de vivacité et un excellent rythme. Le tome 1 est focalisé sur la découverte du nouvel univers de Zita avec la création de son équipe de choc, figure de la diversité cosmique. La narration est très fluide et introduit des concepts pas si simples. Le récit se développe sur plus de 140 pages ce qui laisse le loisir à l'auteur de développer les personnalités attachantes des personnages secondaires (Pipeau, Mulot ou le très drôle N1).
Ben Hatke propose plusieurs rebondissements qui enrichissent l'histoire et le dénouement est finement travaillé avec beaucoup subtilité. Les dialogues n'envahissent pas l'espace mais sont d'un très bon niveau sans aucune vulgarité.
Le graphisme de l'auteur travaille avec un trait simple mais très expressif ce qui renforce le dynamisme du récit. Je ne me suis pas ennuyé du tout pendant ma lecture. Le bestiaire est assez créatif dans un style Star War mais dans un monde très pacifié.
La suite propose de réfléchir sur le concept de notoriété dans un star system que les ados connaissent bien.
Ben Hatke y introduit les valeurs de courage, don de soi ou fidélité.
Une excellente lecture, fraiche et plaisante qui peut permettre un bon moment de partage autour de belles valeurs.
J'ai bien apprécié la lecture du premier cycle des aventures de cet archéologue aventurier malgré lui (tomes 1 à4). Pourtant Jean Yves Brouard et Patrick Dumas proposent un récit qui renvoie au plus pur classicisme des BD jeunesses de Tintin, Jacobs ou Lefranc.
Vu mon peu de goût pour B&M ou Alix j'aurais pu, me détourner assez vite de cette série mais je suis tombé sous le charme désuet du travail des deux auteurs.
Ma première remarque est le très bon travail de Brouard pour nous fournir un scénario très élaboré sur les quatre épisodes du cycle.
Il y a une grande cohérence entre le comportement d'Allan et sa profession ce qui permet de nous ouvrir à plusieurs civilisations anciennes (Egypte, Hopis du Nouveau Mexique ou peuples du Pacifique). L'auteur présente un héros qui ne s'impose pas poursuivant son chemin dans l'intrigue principale dans le respect des cultures rencontrées.
Chaque épisode confronte Allan avec des adversaires redoutables et des situations périlleuses dans de nombreux naufrages. Brouard se tourne alors (comme un clin d'oeil) vers le lecteur pour sortir son héros d'une issue fatale par une aide "miraculeuse" du scénariste.
Cela donne un petit côté décalé que j'ai lu comme une petite moquerie d'autodérision sur la résolution de ce type de situations.
Pour le reste le scénario est bien cohérent, s'appuyant sur un texte très élaboré et précis dans les domaines de l'archéologie ou de la navigation. Malgré ce bon niveau de lecture, la narration n'est jamais lourde et reste fluide pour des lecteurs assez jeunes.
Le graphisme est un modèle de ligne claire très classique avec la mise en couleur qui lui correspond. J'y ai retrouvé un dynamisme à la Hergé qui rend la lecture agréable. Je veux souligner le grand soin apporté aux décors et aux paysages notamment dans le tome 4 qui dévoile le sens du parcours d'Allan dans une direction fantastique où l'irrationnel s'invite d'une façon assez imprévisible pour un dénouement subtil.
Une bonne lecture récréative pour un large public.
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Gisèle Halimi - Une jeunesse tunisienne
J’ai adoré !! D’abord la mise en page que j’ai trouvé réussie et chaleureuse. C’est sans fausses notes, des couleurs chaudes alliées à un trait et des cases tout en rondeur. Je connaissais le dessinateur mais il ne m’avait jamais autant subjugué. Je ressentais le soleil durant ma lecture. Et enfin le sujet, pas tant la jeunesse de Gisèle Halimi (que j’avoue connaître bien peu) que le portrait de cette petite tunisienne face aux différents diktats, je trouve cette approche excellente. Le propos apparaît ainsi bien plus universel qu’un simple documentaire. Le parcours et la résilience de notre héroïne force l’admiration, à glisser dans toutes les mains. Un excellent album
Les Etoiles de l'Histoire
J'ai beaucoup apprécié la lecture de ces trois biographies proposées par Bernard Swysen. J'ai trouvé le travail de documentation et de synthèse du scénariste assez remarquable pour aller plus loin qu'une simple énumération d'anecdotes ou de listing d'une filmographie très célèbre. Swysen a voulu donner du sens et une âme à ces trois caractères hors normes. C'est particulièrement vrai pour les deux femmes qui sont souvent actrices et victimes de leur succès mondial. Nul autre que Charles Chaplin ne mérite plus sa place dans la collection "Les étoiles de l'Histoire" proposée par Dupuis. Bernard Swysen livre un scénario précis et qui couvre de manière très complète la vie du célèbre artiste. Les trente pages de l'album dévolues à la tendre jeunesse de Chaplin, avant son arrivée en Amérique, montre l'importance de cette période dans la construction psychologique et professionnelle de la Star. Le récit s'attache à nous rappeler la formidable fécondité de l'oeuvre ainsi que sa pertinence dans un siècle si mouvementé, mais pas que. En effet je trouve que la mise en scène de Swysen est très intéressante car elle donne une part importante aux qualités humaines de Chaplin. Comme le montre une case de la page 54 deux personnes coexistaient dans sa personne, Charles et Charlot : " Charlot mon reflet inversé sans qui je ne serais rien." Si sa longue vie artistique ne fut que succès sa vie d'enfant et d'homme a connu des parcours bien plus escarpé. Le récit montre bien l'importance et la difficulté de sa relation avec les femmes ou le courage et la fermeté de ses engagements politiques. C'est d'ailleurs une prouesse de caser autant d'évènements importants de sa biographie en seulement 72 pages. Peut-être qu'un tel destin méritait deux opus. Le graphisme semi réaliste de Bruno Bazile est très plaisant et permet la mise en valeur des éléments dramatiques ou comiques des épisodes de la vie de Chaplin. Il y a beaucoup de dynamisme dans le récit qui n'arrête pas de nous proposer des anecdotes instructives. On passe souvent du rire aux larmes ou à l'indignation ce qui est un bel hommage à l'oeuvre de Chaplin. Les auteurs ont donc bien réussi à se mettre dans les pas de l'étoile pour nous inciter à voir ou revoir une partie de ses films dont certains resteront à jamais inoubliables. Une bonne lecture pour découvrir un génie du cinéma. L'ouvrage se termine par quelques photos de ses films ou de sa vie intime. Pour Marilyn, Swysen plonge aussi très longuement dans son enfance pas facile pour rendre intelligible un comportement à double facette. Il en résulte la description d'un personnage à la fois touchant et irritant. Les auteurs ne s'appesantissent pas sur sa relation avec JFK et ne partent pas dans des hypothèses fantaisistes pour créer du fantasme. Les auteurs mettent en avant son magnétisme sexuel quasi surnaturel sur les hommes sans tomber dans le ragot destructeur. Cela donne un récit très sensible qui possède une grande cohérence psychologique. Ses mariages avec Dimaggio et Miller sont très détaillés avec des portraits bien équilibrés. Le graphisme de Christian Paty est un peu en décalage avec le fonds du récit. En effet son trait renvoie à un dessin assez jeunesse et humoristique qui détonne un peu avec le sérieux du récit. La vie de Marilyn pour glamour qu'elle semble être n'a pas du tout été un long fleuve tranquille. Entre abandons, marchandisation sexuelle, déceptions conjugales, déprime permanente et fausses couches à répétition les situations sont souvent plus dramatiques que comiques. C'est la même remarque pour BB. Les deux stars qui ont été considérées comme les plus belles femmes du monde à leur époque ne sont pas dessinées comme des poupées si attractives physiquement. C'est le côté humain qui est mis en valeur pour découvrir ce qui se cache derrière les lumières aveuglantes. Le parallèle entre Marilyn et BB semble évident. Pourtant à la lecture des deux biographies je me suis rendu compte des énormes différences entre les deux personnalités. BB est une personnalité forte qui a su s'affranchir du système, faire bouger le politique et suivre une voie personnelle pleine d'engagements et de courage même si je ne partage pas tous ses choix. Les trois lectures sont d'un très bon niveau. J'y ai appris une multitude de détails vraiment intéressants sur le cinéma mais surtout sur la révolution des moeurs qui ont accompagné ces artistes (surtout les deux femmes). Une belle série pour les fans de cinéma et au-delà.
Mediator - Un crime chimiquement pur
Le volet investigation de cette oeuvre est évidemment l'intérêt de la lecture. Ce que vous apprendrez des laboratoires Servier vous révoltera. Et l'activisme de la lanceuse d'alerte Irène Frachon vous réconciliera avec l'humain. Le dessin sobre ici s'efface devant les enjeux et les témoignages qui sont au cœur de cette histoire. Par contre, si vous n'avez pas de curiosité vis à vis de ce scandale national, restez sur Netflix.
Le Monde sans fin
Comme j'imagine que vous avez déjà entendu parler de réchauffement climatique je n'aborderai pas le sujet du livre. Mais je souhaite insister sur le talent de Blain à mettre en image les discours de Janco. Cette capacité de synthèse et d'humour m'a bluffé. Et heureusement, car ce sujet est complexe et déprimant ! Évidemment, conseil de lecture à tous et à tout age.
Les Guerres de Lucas
Cette BD s'adresse à toute personne qui a accroché ou juste approché l'univers Star Wars sans nécessairement en être un fan. En effet, l'histoire de la création de ce premier film à la fin des années 70 est un témoignage cinématographique incroyable. Tout prend des dimensions hors normes. Ce film a inventé tous les codes de l'aventure spatiale à Hollywood. Il a créé des personnages devenus légendaires dans notre culture. Il a profondément marqué tous les enfants et ados des années 80 qui ont ensuite transmis cet héritage à leur propres enfants. Tous sont capables d'en fredonner le thème musical. Puis en terme de chiffres au box office... il a tout explosé ! Et pourtant, on découvre tout au long de notre lecture, que Star Wars est un film d'auteur. Laborieusement écrit durant de longs mois, il a du batailler contre les studios, lutter contre toutes les adversités, méprisé par beaucoup, mais aussi bricolé et soutenu par des copains quand nécessaire. Réalisation épique. Un grand merci au talent et au travail soigné des auteurs qui nous ont fait vivre cette aventure.
L'Institutrice
Je remercie les précédents aviseurs, sans eux je serais passé 10 fois devant cette série sans m’arrêter. Pas grand chose qui m’attire aux premiers abords … mais on va pas se mentir, c’est vachement bien !! J’ai aimé l’universalité de ton, le courage de cette institutrice (et des enfants), la fluidité du récit, ses personnages charismatiques, la justesse de la mise en scène, le message passé, les couleurs chatoyantes, les hommages disséminés, le dessin lisible … bref je vous renvoie à leurs avis. Perso j’ai vibré durant ma lecture, vraiment très chouette.
Le Nom de la Rose
Lors d'une interview de Manara sur France Info, ce dernier a confié qu'il avait réalisé l'adaptation du célèbre thriller médiéval d'Umberto Eco à la demande de la famille Eco, pour se faire pardonner d'un dessin dédicacé un peu osé transmis à Carlotta, la fille, alors même qu'il ne connaissait pas son âge! Je ne m'attarderai pas sur l'histoire du roman d'Umberto Eco que tout le monde connait, au moins grâce à l'adaptation cinématographique de Jean-Jacques Annaud sortie en 1986. Ce premier tome du futur diptyque de Manara est fidèle à l’œuvre originelle et reprend de nombreux passages littéraux du roman. Les dialogues sont denses, conférant une belle profondeur à l'histoire et aux relations entre les personnages, ce qui ne fut pas pour me déplaire. Je suis en revanche un peu moins fan de l'introduction de l'histoire par Umberto Eco durant les 2-3 premières pages... Mais le point le plus fort de cette BD reste le trait précis et fin de Milo Manara. Les visages des nombreux moines sont très détaillés et bien distinguables les uns des autres, permettant de ne pas se perdre dans l'histoire (les traits du visage du héros, Guillaume de Baskerville, semblent d'ailleurs empruntés à Marlon Brando) . Les cadrages de certains décors renforcent bien l'immensité de certaines pièces (la bibliothèque notamment) et le côté oppressant de ce huis-clos se déroulant uniquement dans une abbaye. Mention spéciale également aux enluminures des livres du monastère qui empruntent à la fois aux standards de l'époque mais également à l'imagination de Manara ! Je n'en dirai pas plus... En résumé, une belle adaptation classique et fidèle au roman, qui ne demande qu'à être confirmée avec le second tome. Originalité : 3/5 - Histoire : 4/5 Dessin : 4,5/5 - Mise en couleurs : 4/5 NOTE GLOBALE : 15,5/20
Le Ciel dans la tête
Ce récit retrace la vie d'un jeune congolais, mineur de père en fils et qui va tout faire pour s'extirper de cette condition, mais à quel prix. Nivek se lance un défi, vivre ou plus exactement survivre au quotidien pour atteindre un objectif, aller vivre en Europe. Il part dans un périple où tout lui est inconnu. Pour quitter son pays et le continent d'Afrique, Nivek va rencontrer le pire. L'enfer des mines ou l'endoctrinement des enfants soldats au Congo sont racontés avec un niveau de violence rarement atteint et malgré tout on sent que ce scénario est proche d'une réalité sordide. Quelque soit le pays où Nivek se trouve, la violence est permanente. Il y a les dominants et les victimes avec des rapports de force tellement disproportionnés que la mort est souvent proche pour les plus faibles.Un drame humain qui est un témoignage poignant et qui nous fait comprendre comment et pourquoi des hommes et des femmes sont prêts à risquer leurs vies pour échapper à un destin souvent dramatique. Alterriba dénonce l'emprise des occidentaux ou de la chine en Afrique, le racisme de l'Europe face à l'arrivée des migrants, un pamphlet violent pour nous rappeler que même l'esclavagisme n'a pas disparu. L'Eldorado tant espéré n'est qu'une chimère inaccessible. Au bout du voyage, il n'y a pas l'opulence rêvée mais la pauvreté dans un pays riche. L'originalité du dessin, ce sont ces corps longilignes et anormalement élastiques qui me font penser à des corps en souffrance permanente physique et mental. Une aventure inhumaine, âpre et violente.
Zita la fille de l'espace
Après Petit robot je découvre Zita, une petite héroïne qui essaye de rattraper une grosse bêtise. Ici encore j'ai beaucoup apprécié le travail de Ben Hatke. Si la série est avant tout destinée à un public assez jeune, elle se laisse très facilement lire par un public avec quelques décennies de plus au compteur. Le scénario, pour être assez commun, est traité avec beaucoup de vivacité et un excellent rythme. Le tome 1 est focalisé sur la découverte du nouvel univers de Zita avec la création de son équipe de choc, figure de la diversité cosmique. La narration est très fluide et introduit des concepts pas si simples. Le récit se développe sur plus de 140 pages ce qui laisse le loisir à l'auteur de développer les personnalités attachantes des personnages secondaires (Pipeau, Mulot ou le très drôle N1). Ben Hatke propose plusieurs rebondissements qui enrichissent l'histoire et le dénouement est finement travaillé avec beaucoup subtilité. Les dialogues n'envahissent pas l'espace mais sont d'un très bon niveau sans aucune vulgarité. Le graphisme de l'auteur travaille avec un trait simple mais très expressif ce qui renforce le dynamisme du récit. Je ne me suis pas ennuyé du tout pendant ma lecture. Le bestiaire est assez créatif dans un style Star War mais dans un monde très pacifié. La suite propose de réfléchir sur le concept de notoriété dans un star system que les ados connaissent bien. Ben Hatke y introduit les valeurs de courage, don de soi ou fidélité. Une excellente lecture, fraiche et plaisante qui peut permettre un bon moment de partage autour de belles valeurs.
Allan Mac Bride
J'ai bien apprécié la lecture du premier cycle des aventures de cet archéologue aventurier malgré lui (tomes 1 à4). Pourtant Jean Yves Brouard et Patrick Dumas proposent un récit qui renvoie au plus pur classicisme des BD jeunesses de Tintin, Jacobs ou Lefranc. Vu mon peu de goût pour B&M ou Alix j'aurais pu, me détourner assez vite de cette série mais je suis tombé sous le charme désuet du travail des deux auteurs. Ma première remarque est le très bon travail de Brouard pour nous fournir un scénario très élaboré sur les quatre épisodes du cycle. Il y a une grande cohérence entre le comportement d'Allan et sa profession ce qui permet de nous ouvrir à plusieurs civilisations anciennes (Egypte, Hopis du Nouveau Mexique ou peuples du Pacifique). L'auteur présente un héros qui ne s'impose pas poursuivant son chemin dans l'intrigue principale dans le respect des cultures rencontrées. Chaque épisode confronte Allan avec des adversaires redoutables et des situations périlleuses dans de nombreux naufrages. Brouard se tourne alors (comme un clin d'oeil) vers le lecteur pour sortir son héros d'une issue fatale par une aide "miraculeuse" du scénariste. Cela donne un petit côté décalé que j'ai lu comme une petite moquerie d'autodérision sur la résolution de ce type de situations. Pour le reste le scénario est bien cohérent, s'appuyant sur un texte très élaboré et précis dans les domaines de l'archéologie ou de la navigation. Malgré ce bon niveau de lecture, la narration n'est jamais lourde et reste fluide pour des lecteurs assez jeunes. Le graphisme est un modèle de ligne claire très classique avec la mise en couleur qui lui correspond. J'y ai retrouvé un dynamisme à la Hergé qui rend la lecture agréable. Je veux souligner le grand soin apporté aux décors et aux paysages notamment dans le tome 4 qui dévoile le sens du parcours d'Allan dans une direction fantastique où l'irrationnel s'invite d'une façon assez imprévisible pour un dénouement subtil. Une bonne lecture récréative pour un large public.