"Mary la Noire" est un diptyque envoûtant.
On est porté par cette histoire touchante, aux allures de contes. D’ailleurs, le duo formé par Rodolphe & Florence Magnin n’est pas étranger à la réussite de cette courte série. En effet, ces deux auteurs se complètent à la perfection, le récit onirique de Rodolphe se mariant fort bien avec la touche de poésie apportée par les planches de la talentueuse Florence Magnin.
Le final m’a paru un peu précipité mais n’entache en rien la qualité de cette série, bien au contraire !
Il me reste à lire "L’autre monde" des mêmes auteurs, qu’il me tarde de découvrir !
J'ai vraiment beaucoup aimé poulet aux prunes. Décidément, la façon qu'a Marjane Satrapi de raconter ses histoires me touche particulièrement. On pouvait craindre qu'après Persepolis elle n'ait plus grand chose à raconter, grave erreur ! Poulet aux prunes est là pour nous le prouver.
Ici, la construction de récit est intelligente et rigoureuse, avec une progression dramatique parfaitement maîtrisée, et les personnages sont bien caractérisés, attachants. Le dramatique cotoie le comique de façon équilibrée, comme dans Persepolis, pour finalement faire de ce poulet aux prunes un récit doux amer émouvant, étonnant, original.
Vraiment une très bonne BD.
Futur classique ! Un premier album très prometteur, à base de manipulation, dans un cadre historique et géographique propice aux intrigues. Car Jean Dufaux prouve, une fois de plus, son talent pour des histoires passionnantes, des jeux de miroir...
Espérons que les différents éléments aperçus dans ce premier tome trouveront leur compte dans le second. En tous les cas, le graphisme de Martin Jamar, tour à tour proche d'un Juillard et du style Vécu, est très bon.
(La ligne de front)
Mon avis se rapproche de celui de Ro un peu plus bas. On distingue nettement deux parties dans cet album.
Un 1ere que j’ai trouvé très agréable, mélangeant allégrement humour débile et réflexion sur la guerre, en fait sur la Grande Guerre, et le fait que des généraux complètement déconnectés de la réalité jouaient à une partie d’échec géante, et que les pions étaient des pauvres gens comme vous et moi. Ce mélange « humour débile / réflexion sérieuse » m’a un peu dérouté au début, mais je m’y suis bien fait, et au finale, il faut reconnaître que Larcenet a beaucoup à dire sur le sujet.
Par contre moi aussi j’ai trouvé la 2eme partie, plus fantastique, un peu indigeste. Pas raté, pas désagréable, mais j’ai eu du mal à faire le lien avec la 1ere partie… au final, je me demande bien quel message l’auteur a essayé de me faire passer… Je manque peut-être de poésie ou d’imagination:)
Bon, je pense que « La ligne de front » reste un album à lire. Du très bon Larcenet, presque aussi bon que « Le combat ordinaire ».
Bonne série, particulièrement pour le premier cycle qui mériterait 5/5 à lui tout seul. Les autres cycles sont différents en terme de scénario, bien qu’il s’agisse à chaque fois d’intrigue fantastico-policière, les Albums 3, 4,5 & 6 sont beaucoup trop « surnaturels » à mon goût et perdent largement en qualité de narration. Je pense que dans l'intérêt de la série il faut revenir dans l'esprit du premier cycle.
Coté dessin : il s’améliore au fur et à mesure des livres. Le trait se précise et la mise en couleur est tout à fait en harmonie avec ce genre d’histoire.
Le petit conseil : acheter 1&2 les yeux fermés ; si vous aimez l’histoire du 3&4, vous aimerez très certainement 5&6
Ajout du 10/11/06 : Le 4ieme cycle commence en toute beauté avec cet album « wintertime ». La lecture est vraiment captivante. Je sens que quelques très anciens problèmes de familles de nos héros vont resurgir tout en étant mêlé à une intrigue de momie Egyptienne ! Pas compliqué du tout ! Franchement c’est bien, vivement la suite !
Plus de 60 ans d'action et de bonne humeur.
Franquin 1er le Grand reste LE dessinateur de cette série. Il fut aidé par bon nombre de grandes signatures dont Greg.
Tome & Janry réussirent à en garder très souvent l'esprit en dignes héritiers.
Fournier eut bien du mérite de passer après Franquin et ne s'en est pas si mal tiré.
Munuera et Morvan posent leurs marques dans un 1er album correct mais peu folichon.
Yves Chaland fit une tentative nostalgique et design.
Nic Broca & Cauvin, mieux vaut en rire qu'en pleurer...
Jijé inventa Fantasio, dessinait trop vieillot mais fut le maître du maître (Franquin).
Luc Lafnet n'est connu que des collectionneurs fous.
Idem pour Henri Gillain.
Quant au créateur initial, Rob-Vel... ben, euh... Il eut le mérite de créer le perso...
Machine qui rêve est un album à part, une tentative bien faite mais qui heurta la plupart des lecteurs. Dommage...
Spirou est une BD indispensable à tout bédéphile. Certains albums restent des summums (le nid, Z etc...). D'autres volumes (je songe à ceux de Nic Broca) me font mal au coeur pour Spirou :(
Pourquoi cet homme se laisse dépérir ? Toute la question est là dans cet album. Bien sûr, au premier abord, on pense tous que c'est à cause de la perte de son Tar, mais la narration de ces huit jours, nous donne petit à petit d'autres indices, plus subtils, plus forts aussi. Une histoire d'amour perdue ? Un mariage sans conviction ? Une famille non aimante ? Le tar est évidemment qu'une excuse, mais la perte d'envie est réel. Au travers d'anecdotes de la vie passée, présente et future de cet homme, Marjane Satrapi fait passé un message : le fameux carpe diem, pour ne pas par la suite regretter sa vie (cela fait un peu Cercle des poètes disparus la !).
Une Illustration à la "Satrapi", en quelques coups de crayons, elle chope parfaitement les expressions et les attidudes de ses personnages et nous les rend attachant bien au-delà du scénario.
Bref, du bon Satrapi, à ne pas bouder !
Note approximative : 3.5/5
A la lecture des 3 premiers chapitres de cette BD, j'étais complètement sous le charme.
Le dessin est beau, tout simplement beau. Il n'est pas "épatant" à mes yeux comme certains dessins plus proches de tableaux de peinture que de dessins BD (je pense par exemple à La Vengeance du Comte Skarbek de Rosinski) mais il est très beau et très agréable à lire.
Quant à l'histoire, elle se laisse couler, comme un poème, comme un rêve, comme une évasion sur une île que personnellement je trouverais paradisiaque (Prado est galicien, je suis d'origine bretonne, on doit avoir les mêmes fantasmes d'île abandonnée, de phare dominant une mer changeante, etc...).
Mais à partir du chapitre 4 arrive un peu d'action et ça a, d'une certaine manière, brisé le charme pour moi. S'en suit une intrigue qui devient un peu plus terre à terre, avec engueulades, incompréhensions, drames. Je trouvais ça pas mal mais j'étais nettement moins charmé.
Et puis vient la fin, ajoutant une dose de fantastique (ou de poésie comme vous le voudrez). Je n'ai pas trouvé cette fin mauvaise mais je l'ai finalement trouvée un peu simple, sans grand bouleversement comme la citation de Borges en début d'album aurait pu me le faire espérer. En tant que grand lecteur de SF-Fantastique, disons que cette fin m'a semblé presque facile.
Globalement, j'ai bien aimé cet album, je l'ai trouvé très beau, j'ai vraiment été charmé par le début. Mais il me reste au final une impression d'oeuvre qui aurait pu être nettement meilleure si elle avait été encore plus loin dans la poésie uniquement sans s'embarrasser de la part d'"action" trop terre à terre des chapitre 4 et 5.
Autant prévenir de suite. J’ai longuement hésité entre 3 et 4 étoiles. Le moins que je puisse dire c’est qu’il s’agit d’une bd costaude qu’il faut savoir apprivoiser. Ce n’est pas très compliqué à lire, remarquez, on entre dedans facilement, mais il n’est pas aisé de savoir quand on en ressort. Je crois avoir une interprétation de cette histoire absurde mais j’imagine qu’il doit en exister d’autre… Le style graphique de Pontarolo est très particulier, très carré, un peu froid mais esthétique, le type même de graphisme qu’on attend d’une collection comme Carrément bd. A tenter !
C'est vraiment un bon shonen, Naruto! Avec comme grande qualité à mon sens de limiter la répétitivité. On est souvent bien surpris par les gags ou la tournure des événements, ce qui fait qu'on ne s'ennuie pas, qu'on se laisse prendre et qu'on finit au fil de l'eau par porter dans son coeur ce petit shonen avec son petit héros. C'est vrai tout de même qu'on enchaîne combats, gags, combats, gags... mais le tout reste frais et sympathique.
J'aime beaucoup le fait que deux histoires -celle concernant le tournoi et celle concernant les villages- s'entremêlent et se répondent.
J'ai été assez gêné par le manque de clarté des dessins du début des tomes, notamment dans les scènes de combat, mais tout ceci s'améliore au fur et à mesure des tomes.
Les personnages sont supers sympathiques, tous charismatiques, ce qui fait qu'on se prend vite au jeu des relations entre les personnages.
Naruto, c'est clairement pas de la grande littérature, mais c'est une série plaisante, distrayante, sympathique et amusante. Ce qui en fait tout son charme...
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Mary la Noire
"Mary la Noire" est un diptyque envoûtant. On est porté par cette histoire touchante, aux allures de contes. D’ailleurs, le duo formé par Rodolphe & Florence Magnin n’est pas étranger à la réussite de cette courte série. En effet, ces deux auteurs se complètent à la perfection, le récit onirique de Rodolphe se mariant fort bien avec la touche de poésie apportée par les planches de la talentueuse Florence Magnin. Le final m’a paru un peu précipité mais n’entache en rien la qualité de cette série, bien au contraire ! Il me reste à lire "L’autre monde" des mêmes auteurs, qu’il me tarde de découvrir !
Poulet aux Prunes
J'ai vraiment beaucoup aimé poulet aux prunes. Décidément, la façon qu'a Marjane Satrapi de raconter ses histoires me touche particulièrement. On pouvait craindre qu'après Persepolis elle n'ait plus grand chose à raconter, grave erreur ! Poulet aux prunes est là pour nous le prouver. Ici, la construction de récit est intelligente et rigoureuse, avec une progression dramatique parfaitement maîtrisée, et les personnages sont bien caractérisés, attachants. Le dramatique cotoie le comique de façon équilibrée, comme dans Persepolis, pour finalement faire de ce poulet aux prunes un récit doux amer émouvant, étonnant, original. Vraiment une très bonne BD.
Double Masque
Futur classique ! Un premier album très prometteur, à base de manipulation, dans un cadre historique et géographique propice aux intrigues. Car Jean Dufaux prouve, une fois de plus, son talent pour des histoires passionnantes, des jeux de miroir... Espérons que les différents éléments aperçus dans ce premier tome trouveront leur compte dans le second. En tous les cas, le graphisme de Martin Jamar, tour à tour proche d'un Juillard et du style Vécu, est très bon.
Une aventure rocambolesque de...
(La ligne de front) Mon avis se rapproche de celui de Ro un peu plus bas. On distingue nettement deux parties dans cet album. Un 1ere que j’ai trouvé très agréable, mélangeant allégrement humour débile et réflexion sur la guerre, en fait sur la Grande Guerre, et le fait que des généraux complètement déconnectés de la réalité jouaient à une partie d’échec géante, et que les pions étaient des pauvres gens comme vous et moi. Ce mélange « humour débile / réflexion sérieuse » m’a un peu dérouté au début, mais je m’y suis bien fait, et au finale, il faut reconnaître que Larcenet a beaucoup à dire sur le sujet. Par contre moi aussi j’ai trouvé la 2eme partie, plus fantastique, un peu indigeste. Pas raté, pas désagréable, mais j’ai eu du mal à faire le lien avec la 1ere partie… au final, je me demande bien quel message l’auteur a essayé de me faire passer… Je manque peut-être de poésie ou d’imagination:) Bon, je pense que « La ligne de front » reste un album à lire. Du très bon Larcenet, presque aussi bon que « Le combat ordinaire ».
Fog
Bonne série, particulièrement pour le premier cycle qui mériterait 5/5 à lui tout seul. Les autres cycles sont différents en terme de scénario, bien qu’il s’agisse à chaque fois d’intrigue fantastico-policière, les Albums 3, 4,5 & 6 sont beaucoup trop « surnaturels » à mon goût et perdent largement en qualité de narration. Je pense que dans l'intérêt de la série il faut revenir dans l'esprit du premier cycle. Coté dessin : il s’améliore au fur et à mesure des livres. Le trait se précise et la mise en couleur est tout à fait en harmonie avec ce genre d’histoire. Le petit conseil : acheter 1&2 les yeux fermés ; si vous aimez l’histoire du 3&4, vous aimerez très certainement 5&6 Ajout du 10/11/06 : Le 4ieme cycle commence en toute beauté avec cet album « wintertime ». La lecture est vraiment captivante. Je sens que quelques très anciens problèmes de familles de nos héros vont resurgir tout en étant mêlé à une intrigue de momie Egyptienne ! Pas compliqué du tout ! Franchement c’est bien, vivement la suite !
Spirou et Fantasio
Plus de 60 ans d'action et de bonne humeur. Franquin 1er le Grand reste LE dessinateur de cette série. Il fut aidé par bon nombre de grandes signatures dont Greg. Tome & Janry réussirent à en garder très souvent l'esprit en dignes héritiers. Fournier eut bien du mérite de passer après Franquin et ne s'en est pas si mal tiré. Munuera et Morvan posent leurs marques dans un 1er album correct mais peu folichon. Yves Chaland fit une tentative nostalgique et design. Nic Broca & Cauvin, mieux vaut en rire qu'en pleurer... Jijé inventa Fantasio, dessinait trop vieillot mais fut le maître du maître (Franquin). Luc Lafnet n'est connu que des collectionneurs fous. Idem pour Henri Gillain. Quant au créateur initial, Rob-Vel... ben, euh... Il eut le mérite de créer le perso... Machine qui rêve est un album à part, une tentative bien faite mais qui heurta la plupart des lecteurs. Dommage... Spirou est une BD indispensable à tout bédéphile. Certains albums restent des summums (le nid, Z etc...). D'autres volumes (je songe à ceux de Nic Broca) me font mal au coeur pour Spirou :(
Poulet aux Prunes
Pourquoi cet homme se laisse dépérir ? Toute la question est là dans cet album. Bien sûr, au premier abord, on pense tous que c'est à cause de la perte de son Tar, mais la narration de ces huit jours, nous donne petit à petit d'autres indices, plus subtils, plus forts aussi. Une histoire d'amour perdue ? Un mariage sans conviction ? Une famille non aimante ? Le tar est évidemment qu'une excuse, mais la perte d'envie est réel. Au travers d'anecdotes de la vie passée, présente et future de cet homme, Marjane Satrapi fait passé un message : le fameux carpe diem, pour ne pas par la suite regretter sa vie (cela fait un peu Cercle des poètes disparus la !). Une Illustration à la "Satrapi", en quelques coups de crayons, elle chope parfaitement les expressions et les attidudes de ses personnages et nous les rend attachant bien au-delà du scénario. Bref, du bon Satrapi, à ne pas bouder !
Trait de craie
Note approximative : 3.5/5 A la lecture des 3 premiers chapitres de cette BD, j'étais complètement sous le charme. Le dessin est beau, tout simplement beau. Il n'est pas "épatant" à mes yeux comme certains dessins plus proches de tableaux de peinture que de dessins BD (je pense par exemple à La Vengeance du Comte Skarbek de Rosinski) mais il est très beau et très agréable à lire. Quant à l'histoire, elle se laisse couler, comme un poème, comme un rêve, comme une évasion sur une île que personnellement je trouverais paradisiaque (Prado est galicien, je suis d'origine bretonne, on doit avoir les mêmes fantasmes d'île abandonnée, de phare dominant une mer changeante, etc...). Mais à partir du chapitre 4 arrive un peu d'action et ça a, d'une certaine manière, brisé le charme pour moi. S'en suit une intrigue qui devient un peu plus terre à terre, avec engueulades, incompréhensions, drames. Je trouvais ça pas mal mais j'étais nettement moins charmé. Et puis vient la fin, ajoutant une dose de fantastique (ou de poésie comme vous le voudrez). Je n'ai pas trouvé cette fin mauvaise mais je l'ai finalement trouvée un peu simple, sans grand bouleversement comme la citation de Borges en début d'album aurait pu me le faire espérer. En tant que grand lecteur de SF-Fantastique, disons que cette fin m'a semblé presque facile. Globalement, j'ai bien aimé cet album, je l'ai trouvé très beau, j'ai vraiment été charmé par le début. Mais il me reste au final une impression d'oeuvre qui aurait pu être nettement meilleure si elle avait été encore plus loin dans la poésie uniquement sans s'embarrasser de la part d'"action" trop terre à terre des chapitre 4 et 5.
Sapiens
Autant prévenir de suite. J’ai longuement hésité entre 3 et 4 étoiles. Le moins que je puisse dire c’est qu’il s’agit d’une bd costaude qu’il faut savoir apprivoiser. Ce n’est pas très compliqué à lire, remarquez, on entre dedans facilement, mais il n’est pas aisé de savoir quand on en ressort. Je crois avoir une interprétation de cette histoire absurde mais j’imagine qu’il doit en exister d’autre… Le style graphique de Pontarolo est très particulier, très carré, un peu froid mais esthétique, le type même de graphisme qu’on attend d’une collection comme Carrément bd. A tenter !
Naruto
C'est vraiment un bon shonen, Naruto! Avec comme grande qualité à mon sens de limiter la répétitivité. On est souvent bien surpris par les gags ou la tournure des événements, ce qui fait qu'on ne s'ennuie pas, qu'on se laisse prendre et qu'on finit au fil de l'eau par porter dans son coeur ce petit shonen avec son petit héros. C'est vrai tout de même qu'on enchaîne combats, gags, combats, gags... mais le tout reste frais et sympathique. J'aime beaucoup le fait que deux histoires -celle concernant le tournoi et celle concernant les villages- s'entremêlent et se répondent. J'ai été assez gêné par le manque de clarté des dessins du début des tomes, notamment dans les scènes de combat, mais tout ceci s'améliore au fur et à mesure des tomes. Les personnages sont supers sympathiques, tous charismatiques, ce qui fait qu'on se prend vite au jeu des relations entre les personnages. Naruto, c'est clairement pas de la grande littérature, mais c'est une série plaisante, distrayante, sympathique et amusante. Ce qui en fait tout son charme...