La famille ! Tout un concept très élaboré chez les Arnheim, mais aussi, à en croire Eisner, chez la plupart des Juifs immigrés aux Etats-Unis. Ils essaient de s'élever socialement, en contractant des alliances, tout à fait à la manière des souverains d'Europe.
C'est donc à tout un pan de l'histoire de son pays que nous invite Will Eisner, à l'histoire de fils de chiffonniers devenus banquiers ou agents de change. Conrad Arnheim est au centre du récit, lui qui représente la quintessence de cette attitude. Il ne recule devant rien pour s'élever socialement : buveur, coureur de jupons, fin nez en affaires, homme d'honneur, mari violent, père tour à tour attentif ou absent, sa seule préoccupation est de perpétuer le nom des Arnheim.
Ce type d'histoire pourra rebuter pas mal de lecteurs, mais l'oeuvre d'Eisner est tout à fait essentielle pour qui veut comprendre la société américaine. Son dessin élégant, toujours très européen, permet une lecture très agréable et facile.
Titre paru en septembre de cette année dans la collection Ecritures, Louis Riel est une oeuvre apparemment très appréciée dans la sphère du neuvième art francophone (bizarrement pas beaucoup d'écho sur bdtheque). Comme indiqué dans le résumé, Chester Brown raconte ici la vie d'un homme de la fin du 19ème siècle et de la révolution qu'il a menée même si tout ne s'est pas fini comme il l'aurait voulu. C'est évidemment un morceau d'histoire très intéressant et proche de nous, et qui plus est inconnu pour ma part.
On peut suivre chronologiquement les actions, et les 2 parties prenantes dans le conflit : les métis et le canada. Le récit de Brown se veut le plus fidèle possible à la réalité, le tout est étayé par une riche bibliographie et une foule de notes en fin d'ouvrage sur les choix et les sources de l'auteur.
La narration est agréable et la lecture jamais ennuyante sauf peut-être le passage du procès. Les pages sont construites sur un modèle de "gaufrier" (on dira aussi moules à gaufres :)) de 6 cases par pages, terme pour dire qu'il y a 3*2 cases de la même taille.
Bref c'est encore une très belle pièce de la collection Ecritures qui veut offrir un catalogue un peu plus hétéroclite que la production habituelle et on ne s'en plaint pas.
Incroyable.
Un ouvrage qui parvient à concilier autobiographie et imaginaire débridé. Parce que justement, l'épilepsie du frère de David et sa création littéraire (au sens large) semblent intimement liés. Au fil des années, l'auteur nous propose de le suivre dans la marasme psychique et physique qu'est la maladie de Jean-Christophe, parallèlement aux méandres de son imagination, qui est débordante. Avec David, on est horrifié, triste, excédé de ce qui se passe dans sa famille. C'est touchant au premier degré, et l'on sent que David B. y met toutes ses tripes, tout son coeur, tout l'amour/haine qu'il peut/a pu ressentir pour son frère, car son dessin est épuré, aiguisé, maîtrisé... C'est particulièrement flagrant lorsque David retranscrit les manifestations de son imagination débordante, au gré de scènes de bataille, de représentations grotesques... A suivre également, la "frise" sur les couvertures, qui montre l'évolution du Haut Mal...
Une oeuvre unique.
Tout comme Kael, je suis sorti de cet album sous le charme. Ce sont des histoires de midinettes, certes, mais bien contées, avec de très bons dialogues, des situations cocasses et un dessin très réussi. Seul regret, cet almbum charrie une vision un peu caricaturale de la gente masculine : quand une fille se retrouve seule quelque part, elle se fait obligatoirement agresser par une bande de mecs en chaleur...
Mais je chipote, cela reste hautement recommandable comme bd.
C'est espagnol, je crois... Mais on aurait aimé que Mr Paquet nous en dise un peu plus sur cette dessinatrice qui a bien du talent.
Alors là, chapeau!
Deux volumes de plaisir à l'état pur.
Le talent de Gibrat est époustouflant, ses dessins sont fins et agréablement composés, servis par une colorisation fabuleuse.
L'histoire est originale, très humaine, ponctuée par une chute qui vous met une grande claque.
Alors pourquoi pas culte? Peut être parce que le récit s'essoufle un peu au début du second tome, où j'aurais attendu autre chose que la poursuite de la routine qui s'est installée dans le premier volume.
Mais bon, ça reste vachement bien, hein! Foncez, ça se savoure comme un bon film avec des acteurs attachants.
Amateur de BD historiques, surtout quand ces dernières traitent de périodes peu exposées, j'ai été particulièrement séduit par Azrayen.
Le travail sérieux et complet de documentation effectué par Giroud (largement alimenté par l'expérience personnelle de son père, ainsi qu'expliqué dans l'intégrale) donne à cette oeuvre une crédibilité certaine. Ca, j'apprécie énormément dans ce genre d'exercice.
Le dessin de Lax, bon, je dois avouer que je ne suis pas un fan inconditionnel, mais son trait tourmenté, très personnel, cadre bien avec l'amertume de l'histoire et le côté très humain des protagonistes.
L'histoire, enfin, est solide. Elle n'évite pas certains poncifs et clichés propres à tous les scénarios sur les guerres modernes d'insurrection (les jeunes militaires paumés dans un conflit qui les dépasse, les civils malmenés par les évènement, etc..) mais reste objective et plutôt impartiale par rapport aux camps en présence.
Une parenthèse instructive et agréable (à lire) que cette série, comme un appel à se renseigner davantage sur cette vilaine petite période de notre histoire.
En voyant se manga dans les rayons de mon magasin préféré, je me suis dit : aïe encore en shonen de baston sans queue ni tête avec des femmes dans le rôle des plantes verte pour combler le manque d’implant mammaire des jeunes japonais.
Mais non, Bleach est bien mieux que ça. Bon, on a certes droit au refrain sur l’amitié et autre, mais il y a aussi une petite aura qui fait qu'il est mieux que les autres. D’abord le dessin ; tout simplement sublime, certes le style est particulier mais ça a l’avantage de ne pas ressembler aux autres shonen. Ensuite les différents personnages qui tout en reprenant les classiques canons à grosse poitrine, rival obscur, copain neuneu et autre, réussissent à être attachants (sauf les copains mais on a pas envie de taper dessus ce qui est déjà pas mal). Même Orihime qui a un bon 95E de tour de poitrine n’est pas là que pour émoustiller le lecteur.
En bref un très bon shonen qui, sans révolutionner le genre, se démarque bien de la rude concurrence.
"La peur, c'est la seule compagne fidèle du matador... De celui qui cherche à naître homme en poursuivant sa mort."
Ce roman graphique en trois volumes mérite bien 5/5 pour le scénario. Il est carrément génial. Il nous plonge au coeur de l'Espagne des années 30, et est presque un documentaire sur le monde de la corrida.
Indispensable à toute bonne bibliothèque de bd.
J'aime moins les dessins de Labiano, cependant. Sous la plume de Romero ou Delaby, ça aurait été un chef d'oeuvre.
Je suis un peu déçu, je m'attendais à beaucoup mieux, ayant lu plusieurs critiques sur cette bd, qui est en plus "accréditée" par Michael Green, consultant historique pour le film "gladiateur". Le dessinateur a décidément une fixation sur l'anatomie masculine, et c'est un peu dommage. Il ne manque pas une occasion de dessiner un homme à poil. L'esclave Draxius qui se fout à poil dans l'arène pour l'"apprivoiser", c'est totalement gratuit, et aussi ridicule que d'imaginer un torero espagnol qui arriverait à poil dans l'arène avant la corrida. C'est décevant dans un scénario de cette qualité.
Les dessins sont cependant magnifiques, et de grande qualité. Et il faut dire que la série semble s'améliorer avec le temps.
Historiquement, les gladiateurs ne se battaient pas nus. Ils portaient au minimum un "subligaculum ou sous-vêtement romains" dans le cas des rétiaires, ou un choton (tunique qui se portait par dessus le subligaculum). Et les sublicaculums des gladiateurs de Murena ressemblent plus à des sous-vêtements érotiques pour danseurs d'un bar homosexuel qu'aux subligaculums et chotons de combat portés par les gladiateurs qu'on peut voir sur différentes mosaiques et vases de l'époque classique romaine.
L'auteur semble confondre avec les jeux olympiques grecs, où les athlètes étaient nus, et qui étaient interdits aux femmes (qui avaient parfaitement le droit d'assister aux combats de gladiateurs de l'empire romain).
Paradoxalement, les filles nues se font très pudiques et discrètes, et n'apparaissent que très rarement au fil des pages.
Le scénario est génial.
Quel cynisme, ce qui m'impressionne dans cette série c'est cette lucidité. Une peinture sociale qui a l'air délirante mais qui sonne pourtant juste.
Mention pour Paintex, artiste minable, sans talent qui peine à cacher sa frustration. Félicitations pour les Poissart qui sont une représentation de la misère sociale mais qui continuent à se nourrir d'un pathétique espoir.
Une leçon magistrale d'humour noir.
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La Valse des Alliances
La famille ! Tout un concept très élaboré chez les Arnheim, mais aussi, à en croire Eisner, chez la plupart des Juifs immigrés aux Etats-Unis. Ils essaient de s'élever socialement, en contractant des alliances, tout à fait à la manière des souverains d'Europe. C'est donc à tout un pan de l'histoire de son pays que nous invite Will Eisner, à l'histoire de fils de chiffonniers devenus banquiers ou agents de change. Conrad Arnheim est au centre du récit, lui qui représente la quintessence de cette attitude. Il ne recule devant rien pour s'élever socialement : buveur, coureur de jupons, fin nez en affaires, homme d'honneur, mari violent, père tour à tour attentif ou absent, sa seule préoccupation est de perpétuer le nom des Arnheim. Ce type d'histoire pourra rebuter pas mal de lecteurs, mais l'oeuvre d'Eisner est tout à fait essentielle pour qui veut comprendre la société américaine. Son dessin élégant, toujours très européen, permet une lecture très agréable et facile.
Louis Riel - L'Insurgé
Titre paru en septembre de cette année dans la collection Ecritures, Louis Riel est une oeuvre apparemment très appréciée dans la sphère du neuvième art francophone (bizarrement pas beaucoup d'écho sur bdtheque). Comme indiqué dans le résumé, Chester Brown raconte ici la vie d'un homme de la fin du 19ème siècle et de la révolution qu'il a menée même si tout ne s'est pas fini comme il l'aurait voulu. C'est évidemment un morceau d'histoire très intéressant et proche de nous, et qui plus est inconnu pour ma part. On peut suivre chronologiquement les actions, et les 2 parties prenantes dans le conflit : les métis et le canada. Le récit de Brown se veut le plus fidèle possible à la réalité, le tout est étayé par une riche bibliographie et une foule de notes en fin d'ouvrage sur les choix et les sources de l'auteur. La narration est agréable et la lecture jamais ennuyante sauf peut-être le passage du procès. Les pages sont construites sur un modèle de "gaufrier" (on dira aussi moules à gaufres :)) de 6 cases par pages, terme pour dire qu'il y a 3*2 cases de la même taille. Bref c'est encore une très belle pièce de la collection Ecritures qui veut offrir un catalogue un peu plus hétéroclite que la production habituelle et on ne s'en plaint pas.
L'Ascension du Haut Mal
Incroyable. Un ouvrage qui parvient à concilier autobiographie et imaginaire débridé. Parce que justement, l'épilepsie du frère de David et sa création littéraire (au sens large) semblent intimement liés. Au fil des années, l'auteur nous propose de le suivre dans la marasme psychique et physique qu'est la maladie de Jean-Christophe, parallèlement aux méandres de son imagination, qui est débordante. Avec David, on est horrifié, triste, excédé de ce qui se passe dans sa famille. C'est touchant au premier degré, et l'on sent que David B. y met toutes ses tripes, tout son coeur, tout l'amour/haine qu'il peut/a pu ressentir pour son frère, car son dessin est épuré, aiguisé, maîtrisé... C'est particulièrement flagrant lorsque David retranscrit les manifestations de son imagination débordante, au gré de scènes de bataille, de représentations grotesques... A suivre également, la "frise" sur les couvertures, qui montre l'évolution du Haut Mal... Une oeuvre unique.
Souvenirs
Tout comme Kael, je suis sorti de cet album sous le charme. Ce sont des histoires de midinettes, certes, mais bien contées, avec de très bons dialogues, des situations cocasses et un dessin très réussi. Seul regret, cet almbum charrie une vision un peu caricaturale de la gente masculine : quand une fille se retrouve seule quelque part, elle se fait obligatoirement agresser par une bande de mecs en chaleur... Mais je chipote, cela reste hautement recommandable comme bd. C'est espagnol, je crois... Mais on aurait aimé que Mr Paquet nous en dise un peu plus sur cette dessinatrice qui a bien du talent.
Le Sursis
Alors là, chapeau! Deux volumes de plaisir à l'état pur. Le talent de Gibrat est époustouflant, ses dessins sont fins et agréablement composés, servis par une colorisation fabuleuse. L'histoire est originale, très humaine, ponctuée par une chute qui vous met une grande claque. Alors pourquoi pas culte? Peut être parce que le récit s'essoufle un peu au début du second tome, où j'aurais attendu autre chose que la poursuite de la routine qui s'est installée dans le premier volume. Mais bon, ça reste vachement bien, hein! Foncez, ça se savoure comme un bon film avec des acteurs attachants.
Azrayen'
Amateur de BD historiques, surtout quand ces dernières traitent de périodes peu exposées, j'ai été particulièrement séduit par Azrayen. Le travail sérieux et complet de documentation effectué par Giroud (largement alimenté par l'expérience personnelle de son père, ainsi qu'expliqué dans l'intégrale) donne à cette oeuvre une crédibilité certaine. Ca, j'apprécie énormément dans ce genre d'exercice. Le dessin de Lax, bon, je dois avouer que je ne suis pas un fan inconditionnel, mais son trait tourmenté, très personnel, cadre bien avec l'amertume de l'histoire et le côté très humain des protagonistes. L'histoire, enfin, est solide. Elle n'évite pas certains poncifs et clichés propres à tous les scénarios sur les guerres modernes d'insurrection (les jeunes militaires paumés dans un conflit qui les dépasse, les civils malmenés par les évènement, etc..) mais reste objective et plutôt impartiale par rapport aux camps en présence. Une parenthèse instructive et agréable (à lire) que cette série, comme un appel à se renseigner davantage sur cette vilaine petite période de notre histoire.
Bleach
En voyant se manga dans les rayons de mon magasin préféré, je me suis dit : aïe encore en shonen de baston sans queue ni tête avec des femmes dans le rôle des plantes verte pour combler le manque d’implant mammaire des jeunes japonais. Mais non, Bleach est bien mieux que ça. Bon, on a certes droit au refrain sur l’amitié et autre, mais il y a aussi une petite aura qui fait qu'il est mieux que les autres. D’abord le dessin ; tout simplement sublime, certes le style est particulier mais ça a l’avantage de ne pas ressembler aux autres shonen. Ensuite les différents personnages qui tout en reprenant les classiques canons à grosse poitrine, rival obscur, copain neuneu et autre, réussissent à être attachants (sauf les copains mais on a pas envie de taper dessus ce qui est déjà pas mal). Même Orihime qui a un bon 95E de tour de poitrine n’est pas là que pour émoustiller le lecteur. En bref un très bon shonen qui, sans révolutionner le genre, se démarque bien de la rude concurrence.
Matador
"La peur, c'est la seule compagne fidèle du matador... De celui qui cherche à naître homme en poursuivant sa mort." Ce roman graphique en trois volumes mérite bien 5/5 pour le scénario. Il est carrément génial. Il nous plonge au coeur de l'Espagne des années 30, et est presque un documentaire sur le monde de la corrida. Indispensable à toute bonne bibliothèque de bd. J'aime moins les dessins de Labiano, cependant. Sous la plume de Romero ou Delaby, ça aurait été un chef d'oeuvre.
Murena
Je suis un peu déçu, je m'attendais à beaucoup mieux, ayant lu plusieurs critiques sur cette bd, qui est en plus "accréditée" par Michael Green, consultant historique pour le film "gladiateur". Le dessinateur a décidément une fixation sur l'anatomie masculine, et c'est un peu dommage. Il ne manque pas une occasion de dessiner un homme à poil. L'esclave Draxius qui se fout à poil dans l'arène pour l'"apprivoiser", c'est totalement gratuit, et aussi ridicule que d'imaginer un torero espagnol qui arriverait à poil dans l'arène avant la corrida. C'est décevant dans un scénario de cette qualité. Les dessins sont cependant magnifiques, et de grande qualité. Et il faut dire que la série semble s'améliorer avec le temps. Historiquement, les gladiateurs ne se battaient pas nus. Ils portaient au minimum un "subligaculum ou sous-vêtement romains" dans le cas des rétiaires, ou un choton (tunique qui se portait par dessus le subligaculum). Et les sublicaculums des gladiateurs de Murena ressemblent plus à des sous-vêtements érotiques pour danseurs d'un bar homosexuel qu'aux subligaculums et chotons de combat portés par les gladiateurs qu'on peut voir sur différentes mosaiques et vases de l'époque classique romaine. L'auteur semble confondre avec les jeux olympiques grecs, où les athlètes étaient nus, et qui étaient interdits aux femmes (qui avaient parfaitement le droit d'assister aux combats de gladiateurs de l'empire romain). Paradoxalement, les filles nues se font très pudiques et discrètes, et n'apparaissent que très rarement au fil des pages. Le scénario est génial.
Les Poissart (Les Damnés de la terre associés)
Quel cynisme, ce qui m'impressionne dans cette série c'est cette lucidité. Une peinture sociale qui a l'air délirante mais qui sonne pourtant juste. Mention pour Paintex, artiste minable, sans talent qui peine à cacher sa frustration. Félicitations pour les Poissart qui sont une représentation de la misère sociale mais qui continuent à se nourrir d'un pathétique espoir. Une leçon magistrale d'humour noir.