Comme Cassidy, j’étais jeune quand la guerre d’ex-Yougoslavie avait secoué l’Europe, et je n’en gardais que des vagues souvenirs. J’aurais été bien incapable d’expliquer ce qui s’y était passé exactement, ce qui est quand même malheureux quand on considère que le drame s’est déroulé juste à coté de chez nous, il y a une 10aine d’années à peine.
Certes il existe de nombreux livres sur le sujet, mais il ne m’est jamais venu à l’esprit d’en ouvrir un. Est-ce pour cette raison que Joe Sacco a décidé de « vulgariser » l’événement en en faisant une BD, ou tout simplement parce qu’il juge que c’est un support comme un autre, parfaitement capable de faire passer son message, je ne sais pas. Mais le fait est là : grâce à cette BD, je me suis intéressé à cette période de notre histoire, et surtout je l’ai comprise.
Grâce au talent narratif de l’auteur, j’ai compris les engrenages politiques qui ont petit à petit créé ces tensions entre Serbes et Bosniaques. Grâce aux nombreux témoignages récoltés par l’auteur, j’ai pu me rendre compte des épouvantables crimes dont se sont rendus coupables les Serbes. Grâce à cette BD, j’ai compris que quand des associations pour la paix déclarent que « si on oublie le passé, l’histoire se répète », en parlant de l’holocauste, ils n’ont pas vraiment tort.
Alors oui, Joe Sacco ne donne la parole qu’à un seul camp, celui des opprimés. Quand on fait un procès, il est toujours préférable d’entendre les deux « camps ». Mais cette lecture m’a quand même ouvert les yeux sur les horreurs de la guerre en Bosnie, sur l’inactivité incompréhensible des force de l’ONU pourtant présentes sur place, et sur l’importance du journalisme … pas le journalisme à sensation qui pollue trop souvent nos télévisions, mais le journalisme qui témoigne et montre au monde les horreurs que certains malades voudraient bien voir passer sous silence.
Je viens de finir le 2e tome et je suis enchanté (c'est le mot je crois) par cette histoire !! Le thème me plaît beaucoup : l'Irlande et ses mystères m'ont toujours fait rêvé, ses fantômes, ses légendes, ses peuples mystérieux et son imaginaire féérique. Tout est très bien rendu ici, sans fausse note et sans trop de clichés. Le suspense est de plus présent. Les personnages sont attachants, et réussissent à susciter notre intérêt sinon à nous intriguer. Une belle réussite au niveau du scénario !!
Et lorsqu'on parle du dessin mes yeux pétillent. Moi j'adorrrre :) ! Les personnages sont très fins (les taches de rousseur d'Emilie lui donnent un charme fou), expressifs, vivants. Et les décors, ah les décors.... Magnifiques !! L'ambiance est superbement rendue, on a vraiment l'impression de visiter ces contrées, les cadrages et les couleurs sont magiques. Quel talent !
Non vraiment c'est une très belle série que je recommande chaudement pour l'instant et j'ai hâte de voir la suite.
>> Bon je viens de lire le tome 3 et je suis déçu, ça part un peu en sucette l'histoire je trouve... J'aimais bien l'idée des fées et autres leprechauns, mais sa nouvelle idée est un peu excessive, trop StarGate... Bref j'ai envie de descendre ma note de 4 à 3, en raison d'une histoire qui prend une direction qui ne me plaît pas beaucoup, mais le graphisme reste exceptionnel !! On verra avec les tomes suivants.
La lecture des précédents avis devrait vous convaincre sans trop de problème de lire ce manga. Il s'agit effectivement d'un shonen, et a priori on peut craindre le pire, le genre de série où il arrive des trucs, de la baston, où l'histoire n'est pas spécialement cohérente, et qui dure 40 tomes.
Sauf que ce shonen-ci est fait par Mitsuru Adachi, auteur très particulier qui a son style bien à lui (trop à lui, pourrait-on presque dire, tant on a tendance à retrouver des éléments similaires dans ses différentes séries), et ce simple fait se révèle gage de qualité.
Alors qu'est-ce qui fait que cette série est un vrai petit bonheur à lire ?
1ère réponse, le graphisme. Il faut peut-être un temps pour s'adapter au dessin tout rond tout mignon d'Adachi, surtout au niveau des visages, mais une fois habitué vous verrez qu'il est effectivement tout rond tout mignon. Assez adorable. Ses personnages sont souvent très réservés d'apparence, très pince sans rire, et cela participe beaucoup au 2ème point.
2ème réponse donc, l'humour parfois couillon (comme le dit Altaïr dans je-ne-sais-plus quel avis) et souvent pince sans rire. Qu'il s'agisse de gags récurrents, du jeu sur les anachronismes, des petits jeux basés sur les quiproquos (certes aucunement profonds et même carrément conventionnels mais c'est complètement volontaire), qu'on les voie venir ou qu'ils surgissent inopinément, ils imprègnent totalement le récit. Sans parler des nombreux jolis jeux de mots qui ne passent malheureusement pas la barrière de la langue... il faudra se reporter aux notes de traduction pour les comprendre et les apprécier (malgré tout).
3ème réponse, le "suspense". Niji-iro Tohgarashi mélange pas mal d'éléments. L'arrivée d'étrangers mystérieux (d'où interactions nouvelles avec la planète sur laquelle se déroule l'histoire d'une part, et récit de leur passé d'autre part), des complots contre le shôgun, la poursuite des 7 frères (et soeur) par plein de vilains, la présence toujours sous-jacente de l'aspect romance avec Natane, les combats avec Furon, sans cesse reportés, etc, etc. Il y a vraiment beaucoup de choses, ce qui fait qu'on n'a vraiment pas le temps de s'ennuyer puisque l'intérêt alterne sans cesse entre ces différents points. Le lecteur est vraiment maintenu en haleine.
Exceptionnel ? Non. Indispensable ? Pas vraiment. Profond ? Non plus. Mais Niji-iro Tohgarashi est une série de très bonne facture, pleine de sensibilité, de réserve et d'humour, qui dégage une réelle personnalité et un charme prononcé. Ca se lit tout seul, on sourit bêtement, on rigole comme un con, et ça fait vraiment du bien.
Dans la catégorie "auteurs de comics sérieux et politiquement engagés", Sacco est totalement éclipsé par son collègue Spiegelman aux yeux du grand public. Il faut dire que faire des BDs sur le sort misérable du peuple palestinien ou les tragédies vécues par les civils maltais sous Mussolini vous offre une couverture médiatique moins importante que si vous choisissez des sujets plus vendeurs comme la Shoah ou les attentats du 11 septembre. Du coup, Sacco reste dans l’ombre… Mais bon, ça n’enlève rien à son talent et, à défaut de s’être fait des couilles en or et un piédestal en marbre de Grand Auteur de Bandes Dessinées, Sacco a quand même toute mon estime et mon admiration ce qui, vous en conviendrez, n’est quand même pas de la gnognotte.
Tantôt drôle, tantôt tragique, passant des anecdotes débiles sur la vie de rockers ratés en tournée à des planches glaçantes sur les bombardements sur des populations civiles, l’album montre l’étendue de la palette de Sacco, à mes yeux l’un des plus grands auteurs de comics actuels, moins pour sa plume de dessinateur (vu que son style n’est pas super beau, pour ne pas dire moche) que pour sa plume d’écrivain-reporter, son regard lucide et ironique sur le monde, son humour, sa modestie…
Soyons clair : si vous n’avez pas aimé Palestine ou Gorazde, ce n’est pas le Journal d’un défaitiste qui vous réconciliera avec cet auteur. En revanche, si vous ne le connaissez pas du tout, c’est le meilleur moyen de découvrir son œuvre (et de savoir tout de suite si vous aimerez ou non ses autres bouquins). Et si vous êtes fan, c’est carrément un titre indispensable.
Certains chapitres sont quand même plus faibles que d’autres. Autre défaut : il faut avouer que c’est un peu un mix de tout et n’importe quoi ; l’album manque donc un peu de cohésion. Du coup, il passe à côté de la note maximale.
Cela dit, ça reste un excellent livre, qui vaut bien ses 21 euros.
Franchement, vu le résumé qui est fait sur la fiche et sans avoir lu les avis des différents lecteurs, j'aurais mis ma main à couper que c'était un bon gros nanar. Comme "Sophia" quoi sauf que là j'avais raison. Si j'étais tombé par hasard dessus chez mon libraire, il lui aurait fallu des tonnes de persuasion pour me convaincre d'acheter ce bouquin, le photoshopage extrème n'étant pas, de plus, mon sport préféré. Donc forcément, en attaquant la lecture de l'ovni et malgré la lecture des différents avis, j'étais toujours un peu circonspect je vous l'avouerais. Mais bon, Kael m'avait juré qu'il y avait du cul donc ça devait se lire pas trop mal quand même.
Petite déception, du cul y en a pas tant que ça. Alors oui, certes, Lola est une pute et continue de mener une vie de bayadère même après avoir été enlevée par les extraterrestres mais c'est plus du cul marrant, notamment par la teneur des dialogues, qu'un défilé de chair gironde. Satisfaction: le graphisme, quand même vachement particulier, ne m'a pas fait plus souffrir que ça au contraire; il faut dire que le découpage est magistral, d'une originalité rarement vue en bande dessinée une fois que l'on a mis Andréas de côté.
Le scénar est complétement déjanté; Qwak est dans un trip interstellaire et il nous y entraine avec brio. Toujours à la lisière du nanar de par les différentes inventions extraterrestres (une nana se baladant dans l'espace en taille Galactus X Rocco et respirant l'air des planètes qu'elle croise, est-ce encore un scénario?), Qwak échappe miraculeusement à la culbute fatale sauf peut-être vers la fin et cette planche avec Chirac (habillé tout de même, on n'est pas à Brégançon) qui est vraiment de trop. Le côté déjanté et complétement décousu, tel un Blier sous acide, m'a au final totalement séduit, de même que la fin, pas forcément très originale pourtant (elle suit un peu le même principe que tous les films traitant de la théorie du chaos en fait). Mais bon on est loin du culte tout de même. On tient là une bonne BD, originale, et c'est déjà pas mal!
La lecture du premier opus, lors de sa sortie, ne m’avait pas franchement emballé, la faute à un récit qui ne m’avait pas captivé outre mesure malgré la qualité des planches de Sorel.
Une lecture récente des deux premiers tomes m’a fait revoir mon jugement. Bigre, comment ai-je pu passé à côté d’un tel récit ? Certes, le voile n’est pas entièrement levé, le côté fantastique de l’histoire gardant une part de mystère (la signification des lapins et des pies m’a aussi échappé, tout comme Ro). Toutefois, ces non-dits ne gênent en rien le plaisir de lecture, ni la compréhension de l’histoire, centralisée sur ce curieux petit bonhomme accompagnant William. De plus, la narration est vraiment prenante. Quant aux planches, elles parlent d’elles-mêmes !
J’attends la sortie du tome 4 pour commencer le second cycle. :)
Les BDs de Cabu, très imprégnées de l’esprit de l’époque à laquelle elles ont été écrites, tombent petit à petit dans un oubli quasi-total.
Pourtant Mon Beauf’, s’il représente clairement le Français moyen-minable de la France de De Gaulle, Pompidou et Giscard, le Dupont-Lajoie poujado des années 60-70, n’a pas tant vieilli que ça. D’ailleurs le mot lui-même, popularisé par Cabu justement, est rentré dans le français courant et s’utilise encore très couramment aujourd’hui. Et des beaufs semblables au beau-frère de Duduche, on en rencontre encore par paquets de 12 n’importe où, dans le métro, dans les troquets, dans les réunions de famille, à la télé. On les voit même fièrement relever la tête depuis quelques années, dans cette France réac qui a envoyé Le Pen au second tour des présidentielles 2002, qui mettra sans doute Sarkozy sur le trône en 2007, cette vieille France catho bien à droite qui envoie les CRS tabasser les lycéens qui manifestent, qui n’aime pas les Arabes, qui met en avant la "laïcité" quand il s'agit d'emmerder les musulmans puis, en bonne chrétienne, se prosterne officiellement quand le pape claque, qui n’aime pas les jeunes, qui aime son petit confort et sa sécurité, bref cette France qui a fini par arrêter de jouer au "pays des droits de l’Homme" pour s’assumer comme la mère-patrie des beaufs imbéciles et fachos dessinés par Cabu et chantés par Renaud.
Bref, dans le fond la France d’aujourd’hui et celle de Mon Beauf’ ne sont pas si différentes.
Du coup, la caricature vacharde (et pas toujours hyper subtile) de Cabu fait encore souvent mouche, même si depuis Cabu, le personnage du beauf a été maintes et maintes fois réutilisé en BD, à la télévision et au cinéma. Il faut néanmoins savoir que, si l’on a bien affaire à une BD d’humour et qu’il y a pas mal de bons gags bien sentis, il y a aussi quelques passages quasi "documentaires" plutôt sordides, ce qui fait qu’on ne rit pas toujours aux éclats face à Mon Beauf’. Un peu comme face à vrai beauf’ finalement : évidemment, il est si con que ça peut être drôle de l’écouter débiter ses débilités, et en même temps, c’est effrayant, parce qu’on sait que des comme lui, il y en a des millions d’autres, et que même ceux qui n’ont pas de fusil et de berger allemand chez eux ont sans doute, en revanche, une carte d’électeur.
Bref, voilà, personnellement je trouve que c’est une BD qu’il est bon de redécouvrir aujourd’hui (évidemment, c’est épuisé, pas réédité, donc il faudra fouiller chez les bouquinistes et sur le net).
En règle générale, je ne suis pas hyper-fan de BD-documentaires. Je suis même souvent très agacé par les consensus autour de BD "sérieuses" comme Rural ! ou Pilules bleues, persuadé que les gens les encensent non pas pour récompenser leur qualité, mais simplement pour témoigner leur sympathie à la cause traitée dans ces albums.
C'est donc avec un a priori plutôt négatif que j'ai ouvert Le Photographe (je précise néanmoins que je ne suis pas maso et que je n'ai pas décidé de le lire pour le plaisir de me faire du mal : c'était une obligation professionnelle).
J'ai été agréablement surpris, et j'ai dévoré les 2 tomes sans m'arrêter, comme une passionnante série d'aventures.
Le dessin de Guibert et les photos se complètent parfaitement. Le propos est intelligent, instructif, lucide, jamais larmoyant, ne verse pas dans la glorification à outrance des héros-qui-vouent-leur-vie-à-aider-les-autres.
Le périple de cette caravane se suit avec intérêt, on ne s'ennuie pas un instant. Bref, j'ai hâte que le tome 3 sorte.
Voilà une BD bien drôle comme je les aime... Se moquer gentiment des altermondialistes sans tomber dans une lourde parodie tout juste bonne à faire rire le MEDEF et les lecteurs du Figaro, telle est la grande réussite de cet album.
La caricature est franchement bien vue, certains gags m'ont carrément fait éclater de rire (la mascotte du mouvement ATTAC, l'arme absolue de José Bové, la visite à la boutique altermondialiste...), bref j'ai passé un très bon moment avec cette BD.
Devant tant d’avis dithyrambiques, j’ai profité d’une visite chez mon libraire pour me le procurer, et merci…
C’est génial ce truc. Et pourtant, ça cumule les handicaps (à mon sens), du photoshop en veux-tu ? En voila… et un scénario qui, mis entre les mains de n’importe qui, aurait pu donner un des pires nanars jamais vu.
Mais Qwak domine tout de A à Z sans la moindre fausse note, le dessin est traité avec beaucoup de brio, variation du trait et du style, mis en page donnant un vrai rythme aux dessins et le scénario est super bétonné.
On y croit… on n’y croit pas… on y croit à son histoire à Lola. Qwak nous emmène là où il veut et on se laisse faire, parce que ça fonctionne très bien et que c’est taillé au millimètre.
Bon, c’est clair, il y a du cul, mais en même temps c’est l’histoire d’une pute, et qui sait se servir de son « fond de commerce » pour obtenir tout ce qu’elle veut. Y compris sauver la terre (ou plutôt ses copines) de la destruction totale.
La première phrase donne effectivement le ton. Mais il n’y a rien de trop, c’est pas de la fesse pour de la fesse, ça s'inscrit dans une vrai logique scénaristique et ça ne tombe pas comme un cheveux (à défaut d’autre chose) dans la soupe. Bon, je n’irais pas l’offrir à mon petit neveu, non plus…
C’est absolument à lire, c’est la bd du moment, et je crois même qu’elle restera une référence…
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Gorazde
Comme Cassidy, j’étais jeune quand la guerre d’ex-Yougoslavie avait secoué l’Europe, et je n’en gardais que des vagues souvenirs. J’aurais été bien incapable d’expliquer ce qui s’y était passé exactement, ce qui est quand même malheureux quand on considère que le drame s’est déroulé juste à coté de chez nous, il y a une 10aine d’années à peine. Certes il existe de nombreux livres sur le sujet, mais il ne m’est jamais venu à l’esprit d’en ouvrir un. Est-ce pour cette raison que Joe Sacco a décidé de « vulgariser » l’événement en en faisant une BD, ou tout simplement parce qu’il juge que c’est un support comme un autre, parfaitement capable de faire passer son message, je ne sais pas. Mais le fait est là : grâce à cette BD, je me suis intéressé à cette période de notre histoire, et surtout je l’ai comprise. Grâce au talent narratif de l’auteur, j’ai compris les engrenages politiques qui ont petit à petit créé ces tensions entre Serbes et Bosniaques. Grâce aux nombreux témoignages récoltés par l’auteur, j’ai pu me rendre compte des épouvantables crimes dont se sont rendus coupables les Serbes. Grâce à cette BD, j’ai compris que quand des associations pour la paix déclarent que « si on oublie le passé, l’histoire se répète », en parlant de l’holocauste, ils n’ont pas vraiment tort. Alors oui, Joe Sacco ne donne la parole qu’à un seul camp, celui des opprimés. Quand on fait un procès, il est toujours préférable d’entendre les deux « camps ». Mais cette lecture m’a quand même ouvert les yeux sur les horreurs de la guerre en Bosnie, sur l’inactivité incompréhensible des force de l’ONU pourtant présentes sur place, et sur l’importance du journalisme … pas le journalisme à sensation qui pollue trop souvent nos télévisions, mais le journalisme qui témoigne et montre au monde les horreurs que certains malades voudraient bien voir passer sous silence.
L'héritage d'Emilie
Je viens de finir le 2e tome et je suis enchanté (c'est le mot je crois) par cette histoire !! Le thème me plaît beaucoup : l'Irlande et ses mystères m'ont toujours fait rêvé, ses fantômes, ses légendes, ses peuples mystérieux et son imaginaire féérique. Tout est très bien rendu ici, sans fausse note et sans trop de clichés. Le suspense est de plus présent. Les personnages sont attachants, et réussissent à susciter notre intérêt sinon à nous intriguer. Une belle réussite au niveau du scénario !! Et lorsqu'on parle du dessin mes yeux pétillent. Moi j'adorrrre :) ! Les personnages sont très fins (les taches de rousseur d'Emilie lui donnent un charme fou), expressifs, vivants. Et les décors, ah les décors.... Magnifiques !! L'ambiance est superbement rendue, on a vraiment l'impression de visiter ces contrées, les cadrages et les couleurs sont magiques. Quel talent ! Non vraiment c'est une très belle série que je recommande chaudement pour l'instant et j'ai hâte de voir la suite. >> Bon je viens de lire le tome 3 et je suis déçu, ça part un peu en sucette l'histoire je trouve... J'aimais bien l'idée des fées et autres leprechauns, mais sa nouvelle idée est un peu excessive, trop StarGate... Bref j'ai envie de descendre ma note de 4 à 3, en raison d'une histoire qui prend une direction qui ne me plaît pas beaucoup, mais le graphisme reste exceptionnel !! On verra avec les tomes suivants.
Niji-iro Tohgarashi
La lecture des précédents avis devrait vous convaincre sans trop de problème de lire ce manga. Il s'agit effectivement d'un shonen, et a priori on peut craindre le pire, le genre de série où il arrive des trucs, de la baston, où l'histoire n'est pas spécialement cohérente, et qui dure 40 tomes. Sauf que ce shonen-ci est fait par Mitsuru Adachi, auteur très particulier qui a son style bien à lui (trop à lui, pourrait-on presque dire, tant on a tendance à retrouver des éléments similaires dans ses différentes séries), et ce simple fait se révèle gage de qualité. Alors qu'est-ce qui fait que cette série est un vrai petit bonheur à lire ? 1ère réponse, le graphisme. Il faut peut-être un temps pour s'adapter au dessin tout rond tout mignon d'Adachi, surtout au niveau des visages, mais une fois habitué vous verrez qu'il est effectivement tout rond tout mignon. Assez adorable. Ses personnages sont souvent très réservés d'apparence, très pince sans rire, et cela participe beaucoup au 2ème point. 2ème réponse donc, l'humour parfois couillon (comme le dit Altaïr dans je-ne-sais-plus quel avis) et souvent pince sans rire. Qu'il s'agisse de gags récurrents, du jeu sur les anachronismes, des petits jeux basés sur les quiproquos (certes aucunement profonds et même carrément conventionnels mais c'est complètement volontaire), qu'on les voie venir ou qu'ils surgissent inopinément, ils imprègnent totalement le récit. Sans parler des nombreux jolis jeux de mots qui ne passent malheureusement pas la barrière de la langue... il faudra se reporter aux notes de traduction pour les comprendre et les apprécier (malgré tout). 3ème réponse, le "suspense". Niji-iro Tohgarashi mélange pas mal d'éléments. L'arrivée d'étrangers mystérieux (d'où interactions nouvelles avec la planète sur laquelle se déroule l'histoire d'une part, et récit de leur passé d'autre part), des complots contre le shôgun, la poursuite des 7 frères (et soeur) par plein de vilains, la présence toujours sous-jacente de l'aspect romance avec Natane, les combats avec Furon, sans cesse reportés, etc, etc. Il y a vraiment beaucoup de choses, ce qui fait qu'on n'a vraiment pas le temps de s'ennuyer puisque l'intérêt alterne sans cesse entre ces différents points. Le lecteur est vraiment maintenu en haleine. Exceptionnel ? Non. Indispensable ? Pas vraiment. Profond ? Non plus. Mais Niji-iro Tohgarashi est une série de très bonne facture, pleine de sensibilité, de réserve et d'humour, qui dégage une réelle personnalité et un charme prononcé. Ca se lit tout seul, on sourit bêtement, on rigole comme un con, et ça fait vraiment du bien.
Journal d'un défaitiste
Dans la catégorie "auteurs de comics sérieux et politiquement engagés", Sacco est totalement éclipsé par son collègue Spiegelman aux yeux du grand public. Il faut dire que faire des BDs sur le sort misérable du peuple palestinien ou les tragédies vécues par les civils maltais sous Mussolini vous offre une couverture médiatique moins importante que si vous choisissez des sujets plus vendeurs comme la Shoah ou les attentats du 11 septembre. Du coup, Sacco reste dans l’ombre… Mais bon, ça n’enlève rien à son talent et, à défaut de s’être fait des couilles en or et un piédestal en marbre de Grand Auteur de Bandes Dessinées, Sacco a quand même toute mon estime et mon admiration ce qui, vous en conviendrez, n’est quand même pas de la gnognotte. Tantôt drôle, tantôt tragique, passant des anecdotes débiles sur la vie de rockers ratés en tournée à des planches glaçantes sur les bombardements sur des populations civiles, l’album montre l’étendue de la palette de Sacco, à mes yeux l’un des plus grands auteurs de comics actuels, moins pour sa plume de dessinateur (vu que son style n’est pas super beau, pour ne pas dire moche) que pour sa plume d’écrivain-reporter, son regard lucide et ironique sur le monde, son humour, sa modestie… Soyons clair : si vous n’avez pas aimé Palestine ou Gorazde, ce n’est pas le Journal d’un défaitiste qui vous réconciliera avec cet auteur. En revanche, si vous ne le connaissez pas du tout, c’est le meilleur moyen de découvrir son œuvre (et de savoir tout de suite si vous aimerez ou non ses autres bouquins). Et si vous êtes fan, c’est carrément un titre indispensable. Certains chapitres sont quand même plus faibles que d’autres. Autre défaut : il faut avouer que c’est un peu un mix de tout et n’importe quoi ; l’album manque donc un peu de cohésion. Du coup, il passe à côté de la note maximale. Cela dit, ça reste un excellent livre, qui vaut bien ses 21 euros.
Apocalypse selon Lola (Lola Cordova)
Franchement, vu le résumé qui est fait sur la fiche et sans avoir lu les avis des différents lecteurs, j'aurais mis ma main à couper que c'était un bon gros nanar. Comme "Sophia" quoi sauf que là j'avais raison. Si j'étais tombé par hasard dessus chez mon libraire, il lui aurait fallu des tonnes de persuasion pour me convaincre d'acheter ce bouquin, le photoshopage extrème n'étant pas, de plus, mon sport préféré. Donc forcément, en attaquant la lecture de l'ovni et malgré la lecture des différents avis, j'étais toujours un peu circonspect je vous l'avouerais. Mais bon, Kael m'avait juré qu'il y avait du cul donc ça devait se lire pas trop mal quand même. Petite déception, du cul y en a pas tant que ça. Alors oui, certes, Lola est une pute et continue de mener une vie de bayadère même après avoir été enlevée par les extraterrestres mais c'est plus du cul marrant, notamment par la teneur des dialogues, qu'un défilé de chair gironde. Satisfaction: le graphisme, quand même vachement particulier, ne m'a pas fait plus souffrir que ça au contraire; il faut dire que le découpage est magistral, d'une originalité rarement vue en bande dessinée une fois que l'on a mis Andréas de côté. Le scénar est complétement déjanté; Qwak est dans un trip interstellaire et il nous y entraine avec brio. Toujours à la lisière du nanar de par les différentes inventions extraterrestres (une nana se baladant dans l'espace en taille Galactus X Rocco et respirant l'air des planètes qu'elle croise, est-ce encore un scénario?), Qwak échappe miraculeusement à la culbute fatale sauf peut-être vers la fin et cette planche avec Chirac (habillé tout de même, on n'est pas à Brégançon) qui est vraiment de trop. Le côté déjanté et complétement décousu, tel un Blier sous acide, m'a au final totalement séduit, de même que la fin, pas forcément très originale pourtant (elle suit un peu le même principe que tous les films traitant de la théorie du chaos en fait). Mais bon on est loin du culte tout de même. On tient là une bonne BD, originale, et c'est déjà pas mal!
Algernon Woodcock
La lecture du premier opus, lors de sa sortie, ne m’avait pas franchement emballé, la faute à un récit qui ne m’avait pas captivé outre mesure malgré la qualité des planches de Sorel. Une lecture récente des deux premiers tomes m’a fait revoir mon jugement. Bigre, comment ai-je pu passé à côté d’un tel récit ? Certes, le voile n’est pas entièrement levé, le côté fantastique de l’histoire gardant une part de mystère (la signification des lapins et des pies m’a aussi échappé, tout comme Ro). Toutefois, ces non-dits ne gênent en rien le plaisir de lecture, ni la compréhension de l’histoire, centralisée sur ce curieux petit bonhomme accompagnant William. De plus, la narration est vraiment prenante. Quant aux planches, elles parlent d’elles-mêmes ! J’attends la sortie du tome 4 pour commencer le second cycle. :)
Mon Beauf'
Les BDs de Cabu, très imprégnées de l’esprit de l’époque à laquelle elles ont été écrites, tombent petit à petit dans un oubli quasi-total. Pourtant Mon Beauf’, s’il représente clairement le Français moyen-minable de la France de De Gaulle, Pompidou et Giscard, le Dupont-Lajoie poujado des années 60-70, n’a pas tant vieilli que ça. D’ailleurs le mot lui-même, popularisé par Cabu justement, est rentré dans le français courant et s’utilise encore très couramment aujourd’hui. Et des beaufs semblables au beau-frère de Duduche, on en rencontre encore par paquets de 12 n’importe où, dans le métro, dans les troquets, dans les réunions de famille, à la télé. On les voit même fièrement relever la tête depuis quelques années, dans cette France réac qui a envoyé Le Pen au second tour des présidentielles 2002, qui mettra sans doute Sarkozy sur le trône en 2007, cette vieille France catho bien à droite qui envoie les CRS tabasser les lycéens qui manifestent, qui n’aime pas les Arabes, qui met en avant la "laïcité" quand il s'agit d'emmerder les musulmans puis, en bonne chrétienne, se prosterne officiellement quand le pape claque, qui n’aime pas les jeunes, qui aime son petit confort et sa sécurité, bref cette France qui a fini par arrêter de jouer au "pays des droits de l’Homme" pour s’assumer comme la mère-patrie des beaufs imbéciles et fachos dessinés par Cabu et chantés par Renaud. Bref, dans le fond la France d’aujourd’hui et celle de Mon Beauf’ ne sont pas si différentes. Du coup, la caricature vacharde (et pas toujours hyper subtile) de Cabu fait encore souvent mouche, même si depuis Cabu, le personnage du beauf a été maintes et maintes fois réutilisé en BD, à la télévision et au cinéma. Il faut néanmoins savoir que, si l’on a bien affaire à une BD d’humour et qu’il y a pas mal de bons gags bien sentis, il y a aussi quelques passages quasi "documentaires" plutôt sordides, ce qui fait qu’on ne rit pas toujours aux éclats face à Mon Beauf’. Un peu comme face à vrai beauf’ finalement : évidemment, il est si con que ça peut être drôle de l’écouter débiter ses débilités, et en même temps, c’est effrayant, parce qu’on sait que des comme lui, il y en a des millions d’autres, et que même ceux qui n’ont pas de fusil et de berger allemand chez eux ont sans doute, en revanche, une carte d’électeur. Bref, voilà, personnellement je trouve que c’est une BD qu’il est bon de redécouvrir aujourd’hui (évidemment, c’est épuisé, pas réédité, donc il faudra fouiller chez les bouquinistes et sur le net).
Le Photographe
En règle générale, je ne suis pas hyper-fan de BD-documentaires. Je suis même souvent très agacé par les consensus autour de BD "sérieuses" comme Rural ! ou Pilules bleues, persuadé que les gens les encensent non pas pour récompenser leur qualité, mais simplement pour témoigner leur sympathie à la cause traitée dans ces albums. C'est donc avec un a priori plutôt négatif que j'ai ouvert Le Photographe (je précise néanmoins que je ne suis pas maso et que je n'ai pas décidé de le lire pour le plaisir de me faire du mal : c'était une obligation professionnelle). J'ai été agréablement surpris, et j'ai dévoré les 2 tomes sans m'arrêter, comme une passionnante série d'aventures. Le dessin de Guibert et les photos se complètent parfaitement. Le propos est intelligent, instructif, lucide, jamais larmoyant, ne verse pas dans la glorification à outrance des héros-qui-vouent-leur-vie-à-aider-les-autres. Le périple de cette caravane se suit avec intérêt, on ne s'ennuie pas un instant. Bref, j'ai hâte que le tome 3 sorte.
Il faut tuer José Bové
Voilà une BD bien drôle comme je les aime... Se moquer gentiment des altermondialistes sans tomber dans une lourde parodie tout juste bonne à faire rire le MEDEF et les lecteurs du Figaro, telle est la grande réussite de cet album. La caricature est franchement bien vue, certains gags m'ont carrément fait éclater de rire (la mascotte du mouvement ATTAC, l'arme absolue de José Bové, la visite à la boutique altermondialiste...), bref j'ai passé un très bon moment avec cette BD.
Apocalypse selon Lola (Lola Cordova)
Devant tant d’avis dithyrambiques, j’ai profité d’une visite chez mon libraire pour me le procurer, et merci… C’est génial ce truc. Et pourtant, ça cumule les handicaps (à mon sens), du photoshop en veux-tu ? En voila… et un scénario qui, mis entre les mains de n’importe qui, aurait pu donner un des pires nanars jamais vu. Mais Qwak domine tout de A à Z sans la moindre fausse note, le dessin est traité avec beaucoup de brio, variation du trait et du style, mis en page donnant un vrai rythme aux dessins et le scénario est super bétonné. On y croit… on n’y croit pas… on y croit à son histoire à Lola. Qwak nous emmène là où il veut et on se laisse faire, parce que ça fonctionne très bien et que c’est taillé au millimètre. Bon, c’est clair, il y a du cul, mais en même temps c’est l’histoire d’une pute, et qui sait se servir de son « fond de commerce » pour obtenir tout ce qu’elle veut. Y compris sauver la terre (ou plutôt ses copines) de la destruction totale. La première phrase donne effectivement le ton. Mais il n’y a rien de trop, c’est pas de la fesse pour de la fesse, ça s'inscrit dans une vrai logique scénaristique et ça ne tombe pas comme un cheveux (à défaut d’autre chose) dans la soupe. Bon, je n’irais pas l’offrir à mon petit neveu, non plus… C’est absolument à lire, c’est la bd du moment, et je crois même qu’elle restera une référence…