"Ne jamais se faire un ennemi de Luz", telle est en somme une des pensées qui peut venir à la lecture des Mégret gèrent la ville. Car la caricature est féroce. Poussée très loin aussi. Il ne s'agit pas d'une caricature qui reste proche de la réalité, non, plutôt une caricature qui extraie la substantifique moëlle de l'esprit des événements et des personnages et les restitue sous des dehors outrés, grotesques... et terriblement jouissifs. Les pages suivent parfois l'actualité de l'époque, mais certains thèmes reviennent (nécéssairement) fréquemment et sont plutôt intemporels.
Qu'il s'agisse des Agad' mon p'tit rat, agad' ! de (je cite) "la grande gourde", des exclamations telles que Par la sainte moustache !, Doux Adolf !, Führer for ever et autres, ou encore du dessin qui fourmille de petits détails (tiens, l'appareil photo qui au lieu de faire "clic" fait "kuklux" ! :D), tout dans cet album est absolument jubilatoire ! L'image donnée par Luz est extrême (droite, ah ah ah. Pardon...) et en plus de faire rire, fait bien comprendre certains mécanismes.
Le dessin justement, est également un des points forts de l'album : le coup de crayon de Luz est vraiment excellent, d'une parfaite maîtrise dans ses persos et leurs expressions.
Je mettrais presque un 5, si ce n'était une petite lassitude au bout de 80 pages (rappelons qu'il s'agit initialement de planches hebdomadaires), mais ne vous y trompez pas : dans son genre, cet album EST culte ! Par contre, si vous faites parti du FN, vous risquez de moins rire. Evidemment, mille bunkers.
Je suis relativement embêté pour noter cette série. En effet je la trouve moins réussie que Love My life, mais elle est tout de même bien...
Le style de dessin épuré de Ebine Yamaji me touche toujours autant. J'apprécie vraiment la lecture de ses mangas pour la qualité et la beauté de son dessin.
L'histoire est profonde, mais les personnages sont beaucoup moins attachants que dans Love My Life, manga duquel se détachait un véritable dynamisme. Là on sombre un peu dans le tristus et dans le nostalgique, car au final Rutsu ne sait pas qui elle est, n'arrive pas à s'assumer et fait preuve de lâcheté envers les deux personnes qu'elle aime. J'apprécie ceci étant la profondeur du récit, qui soulève de fortes questions et qui montre qu'on ne "naît pas homosexuel", ce que pensent beaucoup de personnes. Etant persuadé que tous se demandent un jour, "pourquoi l'homosexualité?", voire "pourquoi une personne du même sexe m'attire ?", je trouve que ce manga retranscrit bien ce que pense Ebine Yamaji.
J'aime beaucoup aussi les liens que garde Yamaji avec le quotidien, les arts et la sexualité... Son monde ressemble au nôtre en toute simplicité et c'est vraiment agréable à lire.
Presque du 5/5: du très bon et un petit creux dans cette grande série: le tout se révèle très agréable à lire.
Pour tout dire j'ai adoré les tomes 1 à 5 avec un gros coup de coeur pour "le vengeur" (tome 4), qui se révèle à la fois d'une grande force et d'une grande finesse en traitant les thèmes de l'amour, de la famille, de la religion et de la politique durant la seconde guerre mondiale.
Je trouve réellement qu'il y a un creux sur les tomes 6 et 7, même s'ils restent agréables à lire.
Le tout repart au tome 8, qui traite agréablement bien des évolutions du traitement de la démence, jusqu'au tome 11, épilogue qui conclut et complète cette série.
C'est le mode de construction anté chronologique qui donne force à la série: lors de la parution j'attendais vraiment de savoir qui avait le bouquin dans les mains, quelle était l'histoire du livre et qui se la passaient de main en main... Je trouve que Giroud se sert très bien du prétexte du livre, pour aborder des éléments marquants de l'histoire, et des interrogations actuelles ( la folie, la religion), tout en laissant part aux émotions...
En ce qui concerne les dessins, je trouve que l'idée de faire participer des dessinateurs différents est très bonne... même si je n'apprécie pas tout (comme le côté cireux du troisième tome)...
Bref une série à lire, à relire, dans l'ordre chronologique, ou anté (c'est quoi le mot déjà???)... En lisant les tomes à la suite ou en one-shot...
"J'écris à l'adulte que je serai plus tard pour qu'il ne devienne pas celui que je redoute" Cette seule phrase figurant sur le 4e de couverture a suffit à me convaincre d'acheter cet album.
Cette idée est dès le départ assez lumineuse, mais son traitement l'est plus encore. A chaque chapitre on remonte le temps de quelques années, après avoir découvert une nouvelle page de cette lettre. Tout s'enchaine, et en quelques épisodes de vie, on voit comme le héros (l'auteur ???) a changé, à quel point il est loin d'être celui qu'il rêvait d'être, gardant pourtant les mêmes doutes. Le ton employé par l'auteur donne une certaine justesse à ce récit.
La bichromie m'a laissé un peu de marbre par contre, je crois que j'aurais préféré que ça reste en noir et blanc finalement. Le dessin de Pomès (crayon ? fusain ?) se suffit à lui même.
Un album original et assez troublant finalement.
Je me souviens avoir lu, relu et re-relu un nombre incalculable de fois mes quelques albums de Jhen quand j'étais un piti garçon, fan de chateaux forts et de chevaliers en armure.
Aujourd'hui, après les avoir parcouru à nouveau, j'en retire autant de plaisir mais pour des raisons différentes.
D'abord parce que j'apprécie le sérieux de la documentation de l'auteur à sa juste valeur. Je ne suis pas médiéviste mais il me semble qu'évènements, costumes et décors sont méticuleusement reconstitués et - pour ce que j'en sais - très fidèles à la réalité historique.
Ensuite parce que le ton assez sombre de la BD (en ce sens très différent d'Alix) sonne souvent juste. Les personnages sont durs et souvent cyniques (il y a bien sûr l'effrayant et charismatique Gilles de Rais, mais Jhen lui même peut être parfois assez tranchant), les combats sont sanglants à souhait et le contexte de cette France qui sort péniblement de la Guerre de cent ans n'est pas sans évoquer l'atmosphère des compagnons du crépuscule de Bourgeon.
Ce qui m'a un peu déçu, c'est le héros lui même qui souffre du même défaut qu'Alix: il manque souvent d'épaisseur et sert surtout de prétexte à emmener le lecteur dans tel endroit, ou dans le cadre de tel évènement historique. En gros, il manque un peu d'âme.
Cette BD ne satisfera certainement pas un très large public mais les amateurs du bas Moyen Age y trouveront probablement leur compte.
Très bon one shot signé par le duo qu'on ne présente plus, Rosinski et Van Hamme.
Une histoire brutale, cynique et pleine d'ironie. Voilà quelque chose qui m'a agréablement surpris de la part de VH qui a su dans cet opus se démarquer de son univers habituel économico-géopolitico-sulitzérien. Le récit, à la première personne, est sobre et bien rythmé, et les rebondissements sont nombreux. J'irai peut être même jusqu'à dire qu'il y aurait là matière à un bon scénar' de film (- Oulà, Gévaudan, comme vous y allez! - Si, si, j'insiste).
Les dessins sont de très bonne facture et les fresques que l'on retrouve entre chaque grande partie sont tout bêtement à tomber par terre tellement que c'est beau.
Alors, pourquoi pas un 5/5 espèce de gros radin, allez vous me demander? Ben disons que ça révolutionne pas le genre non plus, et je ne pense pas que cette BD fera oeuvre de référence en la matière quand même.
Si vous avez aimé Western, allez lire On a tué Wild Bill, ça devrait vous plaire également..
La collection "Mirages" de Delcourt nous offre coup sur coup trois chefs- d'oeuvre, après "trois éclats blancs" et "la malle Sanderson", voici donc "elle ne pleure pas, elle chante", adapté d'un roman d'Amélie Sarn par un Corbeyran inattendu.
Parfaitement mis en image par Thierry Murat, cette BD est un concentré de sensibilité, de non-dit, de haine, et d'amour. Les décors d'ailleurs minimalistes (dans le style d'Emmanuel Guibert) rendent le récit encore plus poignant en concentrant l'histoire sur Laura et son père. Un découpage parfaitement maîtrisé illustre le drame de Laura, victime d'inceste pendant son enfance.
Un récit dur, très dur même, et on ne peut que saluer les auteurs d'avoir traiter ce sujet encore tabou sous forme de bande dessinée. Comme quoi, même en BD, les mauvais sentiments font de bons albums ! A découvrir d'urgence !
Cette BD est véritablement fantastique notamment grâce au ton légèrement décalé et au mode de narration : à chaque case, son commentaire, empreint d'autodérision. Personnages moroses et risibles, réalité morne d'un étudiant peu expansif ; mode d'alimentation douteux,...
Ca ne paraît pas très excitant dit comme ça, mais c'est extrêmement drôle et piquant. Ca donne envie de devenir ami avec l'auteur...
Est-ce parce que je n'avais jamais entendu parler de la série MP3 que je me suis plutôt poilé en lisant cette BD? Possible. A partir du moment où je n'avais aucune idée préconçue (pour cause), je me suis plutôt poilé en suivant le début des aventures de nos héros super stéréotypés: le bon gros barbare bien bourin, la magicienne qui fait des sorts en dépit du bon sens, le voleur un peu couard, le nain pas plus haut que les phasques qui pullulent dans les oubliettes humides, le ranger autocrate mais pas très vaillant, tout ici est exagéré et caricaturé à grands traits certes, mais reste vraiment marrant dans le genre. Je ne suis pas très client du dessin très cartoonesque mais vu le genre, on peut dire que ça cadre sans problème.
C’est vraiment une excellente Bd, que ce soit au niveau des textes (du vieux français) et des dessins (le tome 3 est un pur bonheur en termes de fidélité architecturale) D’autre part cette ambiance moyenâgeuse est digne d’un livre d’histoire.
Au niveau du scénario, le tome 1&3 m’ont beaucoup plus, le tome 2 m’a paru un peu confus à la première lecture et surtout j’ai eu du mal a raccrocher les wagons avec le tome 3.
Mais bon, achat chaudement recommandé.
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Les Mégret Gèrent la Ville
"Ne jamais se faire un ennemi de Luz", telle est en somme une des pensées qui peut venir à la lecture des Mégret gèrent la ville. Car la caricature est féroce. Poussée très loin aussi. Il ne s'agit pas d'une caricature qui reste proche de la réalité, non, plutôt une caricature qui extraie la substantifique moëlle de l'esprit des événements et des personnages et les restitue sous des dehors outrés, grotesques... et terriblement jouissifs. Les pages suivent parfois l'actualité de l'époque, mais certains thèmes reviennent (nécéssairement) fréquemment et sont plutôt intemporels. Qu'il s'agisse des Agad' mon p'tit rat, agad' ! de (je cite) "la grande gourde", des exclamations telles que Par la sainte moustache !, Doux Adolf !, Führer for ever et autres, ou encore du dessin qui fourmille de petits détails (tiens, l'appareil photo qui au lieu de faire "clic" fait "kuklux" ! :D), tout dans cet album est absolument jubilatoire ! L'image donnée par Luz est extrême (droite, ah ah ah. Pardon...) et en plus de faire rire, fait bien comprendre certains mécanismes. Le dessin justement, est également un des points forts de l'album : le coup de crayon de Luz est vraiment excellent, d'une parfaite maîtrise dans ses persos et leurs expressions. Je mettrais presque un 5, si ce n'était une petite lassitude au bout de 80 pages (rappelons qu'il s'agit initialement de planches hebdomadaires), mais ne vous y trompez pas : dans son genre, cet album EST culte ! Par contre, si vous faites parti du FN, vous risquez de moins rire. Evidemment, mille bunkers.
Indigo Blue
Je suis relativement embêté pour noter cette série. En effet je la trouve moins réussie que Love My life, mais elle est tout de même bien... Le style de dessin épuré de Ebine Yamaji me touche toujours autant. J'apprécie vraiment la lecture de ses mangas pour la qualité et la beauté de son dessin. L'histoire est profonde, mais les personnages sont beaucoup moins attachants que dans Love My Life, manga duquel se détachait un véritable dynamisme. Là on sombre un peu dans le tristus et dans le nostalgique, car au final Rutsu ne sait pas qui elle est, n'arrive pas à s'assumer et fait preuve de lâcheté envers les deux personnes qu'elle aime. J'apprécie ceci étant la profondeur du récit, qui soulève de fortes questions et qui montre qu'on ne "naît pas homosexuel", ce que pensent beaucoup de personnes. Etant persuadé que tous se demandent un jour, "pourquoi l'homosexualité?", voire "pourquoi une personne du même sexe m'attire ?", je trouve que ce manga retranscrit bien ce que pense Ebine Yamaji. J'aime beaucoup aussi les liens que garde Yamaji avec le quotidien, les arts et la sexualité... Son monde ressemble au nôtre en toute simplicité et c'est vraiment agréable à lire.
Le Décalogue
Presque du 5/5: du très bon et un petit creux dans cette grande série: le tout se révèle très agréable à lire. Pour tout dire j'ai adoré les tomes 1 à 5 avec un gros coup de coeur pour "le vengeur" (tome 4), qui se révèle à la fois d'une grande force et d'une grande finesse en traitant les thèmes de l'amour, de la famille, de la religion et de la politique durant la seconde guerre mondiale. Je trouve réellement qu'il y a un creux sur les tomes 6 et 7, même s'ils restent agréables à lire. Le tout repart au tome 8, qui traite agréablement bien des évolutions du traitement de la démence, jusqu'au tome 11, épilogue qui conclut et complète cette série. C'est le mode de construction anté chronologique qui donne force à la série: lors de la parution j'attendais vraiment de savoir qui avait le bouquin dans les mains, quelle était l'histoire du livre et qui se la passaient de main en main... Je trouve que Giroud se sert très bien du prétexte du livre, pour aborder des éléments marquants de l'histoire, et des interrogations actuelles ( la folie, la religion), tout en laissant part aux émotions... En ce qui concerne les dessins, je trouve que l'idée de faire participer des dessinateurs différents est très bonne... même si je n'apprécie pas tout (comme le côté cireux du troisième tome)... Bref une série à lire, à relire, dans l'ordre chronologique, ou anté (c'est quoi le mot déjà???)... En lisant les tomes à la suite ou en one-shot...
A la lettre près
"J'écris à l'adulte que je serai plus tard pour qu'il ne devienne pas celui que je redoute" Cette seule phrase figurant sur le 4e de couverture a suffit à me convaincre d'acheter cet album. Cette idée est dès le départ assez lumineuse, mais son traitement l'est plus encore. A chaque chapitre on remonte le temps de quelques années, après avoir découvert une nouvelle page de cette lettre. Tout s'enchaine, et en quelques épisodes de vie, on voit comme le héros (l'auteur ???) a changé, à quel point il est loin d'être celui qu'il rêvait d'être, gardant pourtant les mêmes doutes. Le ton employé par l'auteur donne une certaine justesse à ce récit. La bichromie m'a laissé un peu de marbre par contre, je crois que j'aurais préféré que ça reste en noir et blanc finalement. Le dessin de Pomès (crayon ? fusain ?) se suffit à lui même. Un album original et assez troublant finalement.
Jhen (Xan)
Je me souviens avoir lu, relu et re-relu un nombre incalculable de fois mes quelques albums de Jhen quand j'étais un piti garçon, fan de chateaux forts et de chevaliers en armure. Aujourd'hui, après les avoir parcouru à nouveau, j'en retire autant de plaisir mais pour des raisons différentes. D'abord parce que j'apprécie le sérieux de la documentation de l'auteur à sa juste valeur. Je ne suis pas médiéviste mais il me semble qu'évènements, costumes et décors sont méticuleusement reconstitués et - pour ce que j'en sais - très fidèles à la réalité historique. Ensuite parce que le ton assez sombre de la BD (en ce sens très différent d'Alix) sonne souvent juste. Les personnages sont durs et souvent cyniques (il y a bien sûr l'effrayant et charismatique Gilles de Rais, mais Jhen lui même peut être parfois assez tranchant), les combats sont sanglants à souhait et le contexte de cette France qui sort péniblement de la Guerre de cent ans n'est pas sans évoquer l'atmosphère des compagnons du crépuscule de Bourgeon. Ce qui m'a un peu déçu, c'est le héros lui même qui souffre du même défaut qu'Alix: il manque souvent d'épaisseur et sert surtout de prétexte à emmener le lecteur dans tel endroit, ou dans le cadre de tel évènement historique. En gros, il manque un peu d'âme. Cette BD ne satisfera certainement pas un très large public mais les amateurs du bas Moyen Age y trouveront probablement leur compte.
Western
Très bon one shot signé par le duo qu'on ne présente plus, Rosinski et Van Hamme. Une histoire brutale, cynique et pleine d'ironie. Voilà quelque chose qui m'a agréablement surpris de la part de VH qui a su dans cet opus se démarquer de son univers habituel économico-géopolitico-sulitzérien. Le récit, à la première personne, est sobre et bien rythmé, et les rebondissements sont nombreux. J'irai peut être même jusqu'à dire qu'il y aurait là matière à un bon scénar' de film (- Oulà, Gévaudan, comme vous y allez! - Si, si, j'insiste). Les dessins sont de très bonne facture et les fresques que l'on retrouve entre chaque grande partie sont tout bêtement à tomber par terre tellement que c'est beau. Alors, pourquoi pas un 5/5 espèce de gros radin, allez vous me demander? Ben disons que ça révolutionne pas le genre non plus, et je ne pense pas que cette BD fera oeuvre de référence en la matière quand même. Si vous avez aimé Western, allez lire On a tué Wild Bill, ça devrait vous plaire également..
Elle ne pleure pas, elle chante
La collection "Mirages" de Delcourt nous offre coup sur coup trois chefs- d'oeuvre, après "trois éclats blancs" et "la malle Sanderson", voici donc "elle ne pleure pas, elle chante", adapté d'un roman d'Amélie Sarn par un Corbeyran inattendu. Parfaitement mis en image par Thierry Murat, cette BD est un concentré de sensibilité, de non-dit, de haine, et d'amour. Les décors d'ailleurs minimalistes (dans le style d'Emmanuel Guibert) rendent le récit encore plus poignant en concentrant l'histoire sur Laura et son père. Un découpage parfaitement maîtrisé illustre le drame de Laura, victime d'inceste pendant son enfance. Un récit dur, très dur même, et on ne peut que saluer les auteurs d'avoir traiter ce sujet encore tabou sous forme de bande dessinée. Comme quoi, même en BD, les mauvais sentiments font de bons albums ! A découvrir d'urgence !
Les Sardines sont cuites
Cette BD est véritablement fantastique notamment grâce au ton légèrement décalé et au mode de narration : à chaque case, son commentaire, empreint d'autodérision. Personnages moroses et risibles, réalité morne d'un étudiant peu expansif ; mode d'alimentation douteux,... Ca ne paraît pas très excitant dit comme ça, mais c'est extrêmement drôle et piquant. Ca donne envie de devenir ami avec l'auteur...
Le Donjon de Naheulbeuk
Est-ce parce que je n'avais jamais entendu parler de la série MP3 que je me suis plutôt poilé en lisant cette BD? Possible. A partir du moment où je n'avais aucune idée préconçue (pour cause), je me suis plutôt poilé en suivant le début des aventures de nos héros super stéréotypés: le bon gros barbare bien bourin, la magicienne qui fait des sorts en dépit du bon sens, le voleur un peu couard, le nain pas plus haut que les phasques qui pullulent dans les oubliettes humides, le ranger autocrate mais pas très vaillant, tout ici est exagéré et caricaturé à grands traits certes, mais reste vraiment marrant dans le genre. Je ne suis pas très client du dessin très cartoonesque mais vu le genre, on peut dire que ça cadre sans problème.
Les Compagnons du Crépuscule
C’est vraiment une excellente Bd, que ce soit au niveau des textes (du vieux français) et des dessins (le tome 3 est un pur bonheur en termes de fidélité architecturale) D’autre part cette ambiance moyenâgeuse est digne d’un livre d’histoire. Au niveau du scénario, le tome 1&3 m’ont beaucoup plus, le tome 2 m’a paru un peu confus à la première lecture et surtout j’ai eu du mal a raccrocher les wagons avec le tome 3. Mais bon, achat chaudement recommandé.