Après avoir été l'un des "pères fondateurs" des comics modernes (avec The Spirit, notamment), Will Eisner, vers la fin de sa carrière (rappelons qu'il nous a quitté début 2005, alors qu'une partie de son oeuvre reste encore inédite), tentera de faire oeuvre de salubrité publique en réhabilitant la figure du Juif dans sa vraie place. De La valse des Alliances au pacte avec Dieu, en passant par Le Building, il a livré de nombreux chefs-d'oeuvre ces dernières années. Fagin le Juif s'inscrit dans cette même optique. Mais cette fois-ci il s'est attaqué à une figure éminente de la littérature classique anglaise, celle de Fagin, "protecteur" mais aussi persécuteur d'Oliver Twist, héros du roman éponyme.
Le personnage connaissant de nombreuses zones d'ombre dans le roman, Eisner lui invente une enfance, une jeunesse. Celles-ci témoignent d'un souci constant du jeune Moses Fagin de vouloir s'élever -d'abord honnêtement- dans la société londonienne de la seconde moitié du 19ème siècle. Mais le rejet, les préjugés auront raison de sa bonne volonté, et il finira prêteur et receleur.
Une fois encore, le récit d'Eisner est intense, un véritable réquisitoire contre la figure du "Juif", voleur, magouilleur et intrigant. Ce sont les circonstances qui rendront Fagin incapable de s'intégrer, même si les origines ashkénazes (comprenez, venant d'Allemagne et d'Europe centrale, par "opposition" aux séfarades, venus d'Espagne et du Portugal) l'ont prédisposé à rester un marginal.
Eisner s'attache également à abattre les clichés : ainsi, Fagin est blond (donc typiquement ashkénaze), et non pas brun, au nez camus et front fuyant, comme l'imagerie populaire et les media de l'époque représentaient le juif. Pour appuyer son propos, on trouve en fin d'ouvrage des gravures de l'époque. A noter également, les deux niveaux de lecture, introduits par l'apparition de Charles Dickens himself dans l'histoire, pour un savoureux dialogue avec Fagin en fin d'album.
A 85 ans, le trait du maître était toujours aussi sûr, et sa soif d'écrire toujours impossible à étancher, comme en témoignent son prologue et sa postface.
C'est un bouquin intéressant de celui qui a donné ses lettres de noblesse au "graphic novel". A lire !
Voilà sans doute la Bd de Stassen et Lapière qui m'a le plus plu jusqu'à présent.
Je trouve que le dessin de Stassen y est légèrement moins esthétique et maîtrisé que dans Deogratias par exemple, mais il reste beau et agréable à lire à mes yeux. J'aime beaucoup cet encrage gras et ces couleurs fortes.
Mais j'ai également beaucoup accroché au scénario. Ce n'est pas un conte comme Thérèse, ni une tranche de vie et d'Histoire comme Les Enfants ou Deogratias. C'est une vraie longue histoire, le destin de deux jeunes, Celestin et Leila, qui vont chacun vivre leurs vies et leurs aventures avant de se rencontrer puis de repartir chacun de leurs côtés. Ces histoires sont en elles-mêmes intéressantes, prenantes et bien souvent pleines d'une émotion palpable.
Outre ce scénario qui est déjà bon, j'apprécie le fait que cette BD soit moins noire que la plupart des autres oeuvres de ces deux auteurs. Le récit est réaliste et bien souvent dur pour les pauvres Celestin et Leila, mais il y a en permanence une touche d'espoir, de bonheur, d'envie d'aller plus loin qui éloigne le pessimisme tragique des autres BDs de ces auteurs.
J'ai été assez touché par cette BD et je trouve que beaucoup de scènes sont belles et fortes, de même que je trouve que l'ensemble du récit est bon et bien raconté.
De l’action et de l’humour, cette bd je l’ai découverte grâce à mon père. Alors dès que j’ai vu que l’on ressortait les intégraux de Gil Jourdan je me suis empressé de les acheter tous. Et puis il y a cette rencontre entre Libellule et Crouton qui est très spécial, mais aussi les différences styles d’enquêtes que Maurice Tillieux crée et qui nous tiennent en haleine jusqu'à la dernière page.
Je ne connaisais pas Goossens. Et puis, voir son nom sur un album de l'Association m'a mis la puce à l'oreille. Il s'agit là d'un recueil d'humour qui part dans toutes les directions, mais qu'importe ! La plupart des histoires sont empreintes d'une réflexion mâtinée de n'importe quoi, et on marche à (presque) tous les coups.
Seules deux ou trois histoires vers la fin m'ont laissé de marbre, car je ne les ai tout simplement pas comprises. :S
Mais dans l'ensemble c'est un très bon album d'humour.
Euh... Pas mieux ! :)
Une vraie découverte que cette BD. Si si, je vous assure, j'ai quitté mon habit d'amateur de BD "moisies" pour vous dire ça. Car La Bouchère est un véritable petit bijou, excellemment écrit par une jeune femme visiblement très érudite (mais pas pédante), et qui plus est, très douée en dessin ! J'ai trouvé que ça ressemblait à du Cuvelier, pour ceux à qui cet auteur dit quelque chose. Du Cuvelier qui ne se prend pas au sérieux, une histoire picaresque et complètement anachronique (les moines du 16ème siècle qui pratiquent le shaolin, quelle trouvaille monstrueuse !!).
Vraiment, si vous tombez sur ces deux albums, jetez-vous dessus !
Je trouve que cette série est bien construite plaisante à lire, amusante parfois... Elle pose quelques questions sur pourquoi vivre, sur pourquoi se lever, pourquoi manger... et répond par le thème romantique de l'opposition entre l'amour et l'art: "malheureux en amour, génie en art"... L'interprétation est ce qu'elle est, et personnellement je n'y adhère pas (peut-être en réaction à mon programme du bac français???)
Je trouve au final que cet album n'a pas la profondeur de Persepolis. Malgré tout, beaucoup de questions sont soulevées dans ce livre. Personnellement j'ai trouvé que la lecture et la narration étaient très légères et faciles à lire, alors qu'après la lecture cette histoire continuait à nous interroger... C'est donc un album "petit pimouss: petit mais costaud": on ne s'en rend pas compte à la lecture mais il est beaucoup plus profond qu'il n'y parait...
Petit mot sur le dessin: tout en allusion et bien construit. Avec une grande clarté.
A lire, mais je trouve vraiment que Persepolis est plus réussi
Je n’ai pour l’instant lu que les deux premiers tomes, je crois que j’ai un peu peur d’être déçu par le changement de dessinateur.
J’aime beaucoup le dessin de Tillier, et la mise en couleur y est pour quelques chose je pense. C’est doux, c’est beau.
Et cette histoire d’automate m’a vraiment touché, d’habitude je trouve la narration en voix off un peu lourde ( même si ce n'est pas tout en voix off ) mais là c’était nickel, j’ai été happé par cet automate et c’était vraiment agréable de suivre la recherche de son amour perdu.
J’aime aussi cet univers apocalyptique qui renaît, où les hommes s’entretuent et où les pantins vivent dans la paix.
Au final beaucoup de sentiments se dégagent de cette série : la tristesse, la mélancolie, le désespoir, la haine, l’amour, l’espoir. Ca n'arrive pas assez souvent pour le souligner.
Vraiment une excellente série, à tout point de vue, même si je ne l'ai pas fini.
Les scènes de sexe ne sont pas en reste dans cette BD, le personnage principal, Bang Bang, ne se fait pas prier pour assouvir les désirs de tous les mâles passant à proximité. Tout au long de la série le jeu consiste à mettre Bang Bang dans une situation critique afin qu'elle s'en sorte en utilisant ses talents de baiseuse. Tant mieux, elle adore ça.
Il y a quand même un scénario relativement travaillé, c'est du policier qui ne manque pas d'humour pour le premier tome, la suite est un peu plus exotique mais les magouilles foireuses sont toujours là.
Les dessins en noir et blanc sont très bien, Cicca Bang Bang est très belle, les types ont souvent des mines patibulaires et abruties qui vont merveilleusement bien avec l'histoire.
Les scènes de cul sont basiques mais explicites, l'angle est toujours avantageux.
Au niveau du découpage c'est nickel aussi, c'est plutôt nerveux et c'est parfait pour cette BD où les situations rocambolesques se succèdent sans baisse de rythme.
Donc une série sympa, les albums sont vraiment indépendants, si vous ne devez en lire qu'un, choisissez le premier, c'est celui qui fonctionne le mieux. Allez, une bonne note pour cette BD qui m'a bien amusé.
De Larcenet, je ne connaissais que "Les Entremondes" (2 tomes dans la collection Poisson Pilote") qui ne m'avait pas emballé : je n'appréciais pas le dessin et peu l'univers.
Et là par contre, même si le dessin, pour moi, n'a rien de formidable, j'ai été complètement sous le charme : des personnages attachants, une histoire simple avec ça et là des questionnements existentiels qui nous renvoient à notre propre vie, et toujours un humour latent avec des dialogues par moment irrésistibles.
Bref, une des BD que je relierai, je pense toujours avec le même plaisir.
Allez, le deuxième album m'ayant mieux marqué que le premier, on passe à côté du 5/5...mais d'un iota de poil de rien du tout.
Vivement la suite...
J'ai vraiment été séduit par cette BD.
J'aime beaucoup cette histoire complexe, pleine de méandres et d'intrigues entrecroisées, qui nous force à réfléchir et nous laisse dans l'expectative face à toutes les interrogations qu'elle suscite.
La trame de fond (invasion de la Louisiane par les troupes du Nord) est vraiment bien choisie et rendue, recréant une atmosphère de confusion totale, de décrépitude des gens et des décors et de violence omniprésente (ce qui peut parfois trancher bizarrement avec le dessin qui paraît plutôt léger et proche de la BD comique).
L'irruption du vaudou dans le second tome est également une pure réussite.
Je comprends que certains puissent être rebutés (on a parfois l'impression de prendre le train en route et d'avoir raté quelque chose, surtout à la première lecture) mais ça n'a pas été mon cas.
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Fagin le Juif
Après avoir été l'un des "pères fondateurs" des comics modernes (avec The Spirit, notamment), Will Eisner, vers la fin de sa carrière (rappelons qu'il nous a quitté début 2005, alors qu'une partie de son oeuvre reste encore inédite), tentera de faire oeuvre de salubrité publique en réhabilitant la figure du Juif dans sa vraie place. De La valse des Alliances au pacte avec Dieu, en passant par Le Building, il a livré de nombreux chefs-d'oeuvre ces dernières années. Fagin le Juif s'inscrit dans cette même optique. Mais cette fois-ci il s'est attaqué à une figure éminente de la littérature classique anglaise, celle de Fagin, "protecteur" mais aussi persécuteur d'Oliver Twist, héros du roman éponyme. Le personnage connaissant de nombreuses zones d'ombre dans le roman, Eisner lui invente une enfance, une jeunesse. Celles-ci témoignent d'un souci constant du jeune Moses Fagin de vouloir s'élever -d'abord honnêtement- dans la société londonienne de la seconde moitié du 19ème siècle. Mais le rejet, les préjugés auront raison de sa bonne volonté, et il finira prêteur et receleur. Une fois encore, le récit d'Eisner est intense, un véritable réquisitoire contre la figure du "Juif", voleur, magouilleur et intrigant. Ce sont les circonstances qui rendront Fagin incapable de s'intégrer, même si les origines ashkénazes (comprenez, venant d'Allemagne et d'Europe centrale, par "opposition" aux séfarades, venus d'Espagne et du Portugal) l'ont prédisposé à rester un marginal. Eisner s'attache également à abattre les clichés : ainsi, Fagin est blond (donc typiquement ashkénaze), et non pas brun, au nez camus et front fuyant, comme l'imagerie populaire et les media de l'époque représentaient le juif. Pour appuyer son propos, on trouve en fin d'ouvrage des gravures de l'époque. A noter également, les deux niveaux de lecture, introduits par l'apparition de Charles Dickens himself dans l'histoire, pour un savoureux dialogue avec Fagin en fin d'album. A 85 ans, le trait du maître était toujours aussi sûr, et sa soif d'écrire toujours impossible à étancher, comme en témoignent son prologue et sa postface. C'est un bouquin intéressant de celui qui a donné ses lettres de noblesse au "graphic novel". A lire !
Le Bar du vieux Français
Voilà sans doute la Bd de Stassen et Lapière qui m'a le plus plu jusqu'à présent. Je trouve que le dessin de Stassen y est légèrement moins esthétique et maîtrisé que dans Deogratias par exemple, mais il reste beau et agréable à lire à mes yeux. J'aime beaucoup cet encrage gras et ces couleurs fortes. Mais j'ai également beaucoup accroché au scénario. Ce n'est pas un conte comme Thérèse, ni une tranche de vie et d'Histoire comme Les Enfants ou Deogratias. C'est une vraie longue histoire, le destin de deux jeunes, Celestin et Leila, qui vont chacun vivre leurs vies et leurs aventures avant de se rencontrer puis de repartir chacun de leurs côtés. Ces histoires sont en elles-mêmes intéressantes, prenantes et bien souvent pleines d'une émotion palpable. Outre ce scénario qui est déjà bon, j'apprécie le fait que cette BD soit moins noire que la plupart des autres oeuvres de ces deux auteurs. Le récit est réaliste et bien souvent dur pour les pauvres Celestin et Leila, mais il y a en permanence une touche d'espoir, de bonheur, d'envie d'aller plus loin qui éloigne le pessimisme tragique des autres BDs de ces auteurs. J'ai été assez touché par cette BD et je trouve que beaucoup de scènes sont belles et fortes, de même que je trouve que l'ensemble du récit est bon et bien raconté.
Gil Jourdan
De l’action et de l’humour, cette bd je l’ai découverte grâce à mon père. Alors dès que j’ai vu que l’on ressortait les intégraux de Gil Jourdan je me suis empressé de les acheter tous. Et puis il y a cette rencontre entre Libellule et Crouton qui est très spécial, mais aussi les différences styles d’enquêtes que Maurice Tillieux crée et qui nous tiennent en haleine jusqu'à la dernière page.
Laisse autant le vent emporter tout
Je ne connaisais pas Goossens. Et puis, voir son nom sur un album de l'Association m'a mis la puce à l'oreille. Il s'agit là d'un recueil d'humour qui part dans toutes les directions, mais qu'importe ! La plupart des histoires sont empreintes d'une réflexion mâtinée de n'importe quoi, et on marche à (presque) tous les coups. Seules deux ou trois histoires vers la fin m'ont laissé de marbre, car je ne les ai tout simplement pas comprises. :S Mais dans l'ensemble c'est un très bon album d'humour.
La Bouchère
Euh... Pas mieux ! :) Une vraie découverte que cette BD. Si si, je vous assure, j'ai quitté mon habit d'amateur de BD "moisies" pour vous dire ça. Car La Bouchère est un véritable petit bijou, excellemment écrit par une jeune femme visiblement très érudite (mais pas pédante), et qui plus est, très douée en dessin ! J'ai trouvé que ça ressemblait à du Cuvelier, pour ceux à qui cet auteur dit quelque chose. Du Cuvelier qui ne se prend pas au sérieux, une histoire picaresque et complètement anachronique (les moines du 16ème siècle qui pratiquent le shaolin, quelle trouvaille monstrueuse !!). Vraiment, si vous tombez sur ces deux albums, jetez-vous dessus !
Poulet aux Prunes
Je trouve que cette série est bien construite plaisante à lire, amusante parfois... Elle pose quelques questions sur pourquoi vivre, sur pourquoi se lever, pourquoi manger... et répond par le thème romantique de l'opposition entre l'amour et l'art: "malheureux en amour, génie en art"... L'interprétation est ce qu'elle est, et personnellement je n'y adhère pas (peut-être en réaction à mon programme du bac français???) Je trouve au final que cet album n'a pas la profondeur de Persepolis. Malgré tout, beaucoup de questions sont soulevées dans ce livre. Personnellement j'ai trouvé que la lecture et la narration étaient très légères et faciles à lire, alors qu'après la lecture cette histoire continuait à nous interroger... C'est donc un album "petit pimouss: petit mais costaud": on ne s'en rend pas compte à la lecture mais il est beaucoup plus profond qu'il n'y parait... Petit mot sur le dessin: tout en allusion et bien construit. Avec une grande clarté. A lire, mais je trouve vraiment que Persepolis est plus réussi
Fée et tendres Automates
Je n’ai pour l’instant lu que les deux premiers tomes, je crois que j’ai un peu peur d’être déçu par le changement de dessinateur. J’aime beaucoup le dessin de Tillier, et la mise en couleur y est pour quelques chose je pense. C’est doux, c’est beau. Et cette histoire d’automate m’a vraiment touché, d’habitude je trouve la narration en voix off un peu lourde ( même si ce n'est pas tout en voix off ) mais là c’était nickel, j’ai été happé par cet automate et c’était vraiment agréable de suivre la recherche de son amour perdu. J’aime aussi cet univers apocalyptique qui renaît, où les hommes s’entretuent et où les pantins vivent dans la paix. Au final beaucoup de sentiments se dégagent de cette série : la tristesse, la mélancolie, le désespoir, la haine, l’amour, l’espoir. Ca n'arrive pas assez souvent pour le souligner. Vraiment une excellente série, à tout point de vue, même si je ne l'ai pas fini.
Bang Bang
Les scènes de sexe ne sont pas en reste dans cette BD, le personnage principal, Bang Bang, ne se fait pas prier pour assouvir les désirs de tous les mâles passant à proximité. Tout au long de la série le jeu consiste à mettre Bang Bang dans une situation critique afin qu'elle s'en sorte en utilisant ses talents de baiseuse. Tant mieux, elle adore ça. Il y a quand même un scénario relativement travaillé, c'est du policier qui ne manque pas d'humour pour le premier tome, la suite est un peu plus exotique mais les magouilles foireuses sont toujours là. Les dessins en noir et blanc sont très bien, Cicca Bang Bang est très belle, les types ont souvent des mines patibulaires et abruties qui vont merveilleusement bien avec l'histoire. Les scènes de cul sont basiques mais explicites, l'angle est toujours avantageux. Au niveau du découpage c'est nickel aussi, c'est plutôt nerveux et c'est parfait pour cette BD où les situations rocambolesques se succèdent sans baisse de rythme. Donc une série sympa, les albums sont vraiment indépendants, si vous ne devez en lire qu'un, choisissez le premier, c'est celui qui fonctionne le mieux. Allez, une bonne note pour cette BD qui m'a bien amusé.
Le combat ordinaire
De Larcenet, je ne connaissais que "Les Entremondes" (2 tomes dans la collection Poisson Pilote") qui ne m'avait pas emballé : je n'appréciais pas le dessin et peu l'univers. Et là par contre, même si le dessin, pour moi, n'a rien de formidable, j'ai été complètement sous le charme : des personnages attachants, une histoire simple avec ça et là des questionnements existentiels qui nous renvoient à notre propre vie, et toujours un humour latent avec des dialogues par moment irrésistibles. Bref, une des BD que je relierai, je pense toujours avec le même plaisir. Allez, le deuxième album m'ayant mieux marqué que le premier, on passe à côté du 5/5...mais d'un iota de poil de rien du tout. Vivement la suite...
Kochka
J'ai vraiment été séduit par cette BD. J'aime beaucoup cette histoire complexe, pleine de méandres et d'intrigues entrecroisées, qui nous force à réfléchir et nous laisse dans l'expectative face à toutes les interrogations qu'elle suscite. La trame de fond (invasion de la Louisiane par les troupes du Nord) est vraiment bien choisie et rendue, recréant une atmosphère de confusion totale, de décrépitude des gens et des décors et de violence omniprésente (ce qui peut parfois trancher bizarrement avec le dessin qui paraît plutôt léger et proche de la BD comique). L'irruption du vaudou dans le second tome est également une pure réussite. Je comprends que certains puissent être rebutés (on a parfois l'impression de prendre le train en route et d'avoir raté quelque chose, surtout à la première lecture) mais ça n'a pas été mon cas. A découvrir très vite!