Note approximative : 3.5/5
Autant j'ai eu un peu de mal avec les premières pages de ce One-Shot car l'action y est un peu confuse quand on ne sait pas encore qui est qui et qui fait quoi, autant Cla$$War commence fort dès le début.
En effet, prenez un condensé des idées des films de Michael Moore (Bowling for Columbine et Fahrenheit 911), et voilà ce que vous aurez comme postulat de base de cette BD dès le début de l'intrigue. La première grande scène que nous suivons est en effet la rébellion du super-héros American, symbôle de la gloire Américaine et grand héros de la guerre des USA contre les "terroristes globaux". American vient confronter le président des USA, affichant à la face du peuple Américain les mensonges et horreurs que les USA et le Président lui-même ont réalisés dans le monde et sur leur territoire national. American dénonce une classe de riches capitalistes et lobbys qui, depuis les années 50, organisent les guerres, entretiennent les dictatures, lobotomisent les Américains avec la télé et la société de consommation, etc... Un condensé des idées des anti-américains au sens anti-gouvernement capitaliste et ultra-libéral des USA, car American se dit patriote et amoureux de son pays, mais il se déclare en guerre contre le gouvernement fantôche et ceux qui trompent le peuple Américain. Ce discours anti-"complot gouvernemental" est énoncé de manière tellement claire et nette dès le début de Cla$$War et tellement mis dans le contexte historique et actuel du monde réel (guerre en Irak, évènements réels du 20e siècle, etc...) que c'en est assez fort (du moins dans le monde de la BD car le sujet a été totalement traité sur Internet et ailleurs notamment depuis la dernière guerre en Irak).
Partant de ce contexte, l'album va ensuite s'intéresser au combat opposant American et son ami et mentor, Isaac un ancien tueur black, aux autres super-héros créés comme American par les USA et qui tiennent à garder les privilèges que leur statut leur offre. En chemin, on suit les manigances du gouvernement des USA qui tente de contrer le scandale que American a dévoilé au peuple Américain, de manipuler l'opinion et qui bien sûr n'a pas de meilleure idée que de lancer une guerre contre "un pays terroriste" pour faire oublier tout ça.
Cla$$War est donc assez fort au niveau de la dénonciation des manigances des puissants USA, mais cette BD se trouve aussi dans la mouvance de la destruction du mythe des super-héros américains dont la plupart des membres se révèlent être de beaux salauds. D'une certaine manière, Cla$$War se trouve à mi-chemin entre les séries Rising Stars, The Authority et Martha Washington - Liberty, un rêve américain.
Le sujet est fort, les personnages pas mauvais, l'intrigue assez rondement menée et prenante, le message assez intelligent. C'est une BD que j'ai donc lue avec un réel plaisir.
Mais je pourrais faire quelques reproches néanmoins à cette série.
D'une part, le dessin est assez inégal. Il y a plusieurs dessinateurs et celui qui remplit le plus de pages (et surtout celles du début) a un style pour lequel les personnages sont difficilement reconnaissables si ce n'était leur costume qui permet de les différencier. Pas facile de suivre la narration quand on ne sait pas reconnaître bien qui est qui en début d'album.
D'autre part, autant le sujet traité est fort, autant la série manque quand même beaucoup de finesse. On est loin de la finesse d'une série comme les Watchmen. Le sujet du complot gouvernemental est balancé comme une masse dès le début de l'histoire et ensuite ce sont manigances gouvernementales et combats directs ou indirects entre super-héros. Le Président des USA est représenté comme un vrai bouseux aussi subtil qu'un taureau face à un drap rouge. En fait, ce manque de finesse réduit un peu la force du thème de cette série.
Et enfin, ce One-Shot n'a pas de vraie fin. Quand on termine l'album, on en redemande, on se dit qu'il devrait sans doute y avoir un second tome car il n'y a pas de conclusion réelle à toute l'intrigue. D'une certaine manière, la fin est ouverte, laissant libre cours à l'imagination et l'intelligence du lecteur et on pourrait estimer y regagner là ce qu'on perdait en finesse avant, mais d'une autre côté, c'est quand même assez frustrant de ne voir presque rien se conclure et quelques pistes lancées en cours d'album rester sans finalité.
Quelques défauts donc avec en premier un manque de finesse dans cette intrigue assez forte, mais une BD de super-héros assez intelligente, avec de bons personnages, un thème assez polémique et très actuel, et un récit qui se lit très bien.
Etant fan d'Hellboy et ayant lu pas mal de bonnes critiques sur cette série, je me suis lancée !
Et a la lecture de la première histoire du premier tome, "au creux de la terre" je n'ai pas été déçu ! L'apparition d'un nouveau personnage est fort plaisante et c'est un vrai plaisir de voir les personnages secondaires d'hellboy très bien exploiter. Par contre, la suite est un peu décevante, les autres histoires sont beaucoup plus courtes et manque un peu d'intérêt. Pour résumer un album sympathique, nous en apprenant un peu plus sur les personnages de l'univers d'Hellboy et que les inconditionnels du garçon de l'enfer doivent se procurer ;) .
(Je met 4/5 , c'est en espérant que le tome 2 soit meilleur ) ;)
Comme beaucoup ci-dessous, j'ai découvert ce petit bijou grâce à BDT et il est vrai que sans les critiques des plus flatteuses dont il a fait l'objet, je ne m'y serai probablement pas attardé (d'autant plus que le Soleil des Loups ne m'avait pas franchement emballé).
Bon, ben pas de doute, hein, c'est très très sympa.
Comme tout ou presque a déjà été dit, je me contenterai de souligner que moi, ce qui m'a avant tout frappé dans les aventures érotico-cosmico-trash de Lola, c'est l'énergie et le rythme qui s'en dégagent.
Les couleurs flashy, les styles de dessin changeants, les mises en page délirantes sont autant d'éléments qui font de ce bouquin un concentré d'action/aventures/humour ultra-speed et décapant.
L'histoire pour ne rien gâcher est assez originale, louchant parfois du côté de la parodie mais dotée d'une armature SF de très bonne facture (avec quelques trouvailles vraiment intéressantes, dont entre autres, la technique de combat développée par Lola).
Le sexe est certes très présent, c'est bien mais ce n'est clairement pas le but premier de cette BD (me semble-t-il). Je l'ai plutôt vu comme une petite touche supplémentaire de politiquement incorrect.
La suite, car je n'ose imaginer que suite il n'y ait pas, est attendue avec impatience.
Voilà ce que l'on peut appeler une oeuvre originale.
Le dessin très fouillé et particulier, mis en page dans un découpage par petites cases, chacune d'entre elles ciselée comme un petit bijou, est quelque chose de vraiment unique.
La monochromie du début s'enrichit peu à peu d'une lumière et de teintes très particulières qui donnent à l'ensemble une texture et une densité très fortes.
L'histoire ensuite. Que dire?
Le Mur de Pan est un livre univers. J'entends par là que l'auteur semble s'être livré à une démarche structurée de création d'un monde qui en dépit de ses particularismes fantastiques (dont le Mur n'est pas des moindres) reste cohérent et riche. Page après page, tome après tome, le lecteur en découvre de nouvelles facettes sous la forme de races, de lieux ou de croyances qui le plongent de surprise en surprise.
L'ensemble est donc extrêmement riche mais aussi complexe. Lire le Mur de Pan n'est pas facile et nécessite souvent un effort. Mais pour ceux qui se donnent la peine, c'est vraiment une expérience mémorable.
Soda, une très bonne BD en passe de devenir un grand classique.
On nous propose un plan classique mais toujours très efficace quand il s'agit de suivre les tribulations d'un personnage.
D'un côté la ligne générale: c'est l'histoire d'un flic de Manhattan qui se fait passer pour un pasteur afin d'épargner le coeur fragile d'une mère qui ne sort jamais de son appartement.
A partir de cette situation de base somme toute assez originale se déroulent toutes sortes de péripéties.
Le scénariste a en effet adopté le format "un tome-une histoire". A la manière des tragédies classiques, il met en place le tryptique "unité de lieu, de temps et d'action": c'est à dire que des évènements s'enchaînent autour d'une histoire particulière, toujours au même endroit, New-York, et toujours en une journée.
Comme les tragédiens grecs avant lui, l'auteur canalise toutes les tensions dans un espace de temps et de lieu restreint, de façon à donner plus de force et d'intensité à l'(unique) intigue ainsi traitée.
De même, le souci d'une ligne directrice claire donne la priorité à la cohérence au mépris de l'encombrement, et celà pour ne pas faire perdre de vue au lecteur la menée générale de l'enquête.
Il n'empêche que les histoires sont pour la plupart d'une remarquable qualité: on arrive toujours à surprendre le lecteur.
Une autre force de cette série est que les auteurs arrivent à créer un univers propre: les personnages prennent au fil des épisodes des personnalités de plus en plus affirmées, et notons qu'on évite la caricature, même si les clichés ne sont pas évités pour autant.
En outre, les créateurs de "Soda" nous décrivent avec acuité le monde (souvent souterrain) de la grosse pomme, et parfois nous montrent de façon extraordinaire son évolution, de même que les différentes entités et populations qui la composent.
Cet aspect-là contribue à l'intérêt de cette BD, qui n'est donc pas une simple succession d'enquêtes policières sur fond d'intrigue générale.
Le dessin est très accessible, ni trop sombre, ni trop "cartoon", ni trop réaliste, c'est pour cela que l'on peut venir très tôt à cette série.
Bref, de par sa structure qui rend les histoires si excitantes comme pour des éléments plus générals sur la ville de New-York, renforcée par une réflexion sur la nature humaine, tout cela contribue à rendre cette série -qui n'est pas que policière- très accessible et très captivante.
Très bon Tezuka encore une fois pour cette histoire en 2 volumes, mais souvent "Tezuka" et "très bon" vont de pair. Barbara la souillon alcoolique et squatteuse est la muse de l'écrivain mais celui-ci l'ignore et quand il l'apprend n'y croit pas une seconde. On suit une espèce de jeu du "je t'aime / je t'aime plus". Bizarrement même si ça peut sembler pas très palpitant sur le papier, on est bien pris par le rythme de cette histoire un peu déjantée.
Bonne édition dans la lignée de Ayako avec le même style de couverture, sens de lecture japonais.
Côté dessin rien de nouveau, on aime ou pas.
Très bon album de Baru paru initialement aux éditions Albin Michel et je découvre en postant la série que c'est maintenant chez Casterman. Cela raconte l'histoire semble-t-il vraie mais ça on l'apprend à la fin d'un boxeur venu d'Algérie dans le contexte qu'on connaît dans les années 60. Il est tiraillé entre les 2 camps, récupéré, manipulé et veut garder son indépendance, ne pas répondre aux menaces du FLN.
Aidé au scénario par Jean-Marc Thévenet, Baru raconte ici une histoire qui sonne juste, prenante et sans temps mort. Le sujet en lui-même est intéressant car il couvre un pan d'histoire très récent mais encore obscur. On a parlé récemment avec le téléfilm Nuit Noire de la répression de la manifestation des Algériens dans les rues de Paris. On retrouve cet événement, ici parmi d'autres annotés avec des renvois en bas de page, bien que cet album date de 1990.
Sur un scénario qui pourra sembler similaire à un plus récent ouvrage de Baru, L'Enragé, ce petit album est une vraie réussite à mon sens aidé par l'habituel dessin réaliste.
Après avoir lu Le Journal de mon père que j'avais beaucoup apprécié je suis tombé sur ce recueil de nouvelles. Une fois de plus, Jirô Taniguchi m'a subjugué par la sensibilité qui transparaît dans ses oeuvres.
L'agonie du chien est tellement émouvante que j'en ai eu les larmes aux yeux, ce qui d'habitude ne m'arrive jamais en lisant. On se met à la place des propriétaires du chien et à celle du chien lui-même. Fabuleux!
Taniguchi prouve une fois de plus qu'il est un grand mangaka.
Comme beaucoup, j'ai acheté cet album les yeux fermés. Il y avait tant de trucs intéressants écrits à propos de cette Lola, que j'ai voulu la rencontrer. C'est à préciser, parce que quand j'ai ouvert cet album à sa sortie, l'envie n'était pas là. Je trouvais l'ensemble, bizarre...
Aprés lecture, je reconnais une nouvelle fois, les limites de mon intuition personnelle. J'ai beaucoup aimé cette Lola, qui ne m'avait pourtant pas spécialement tapé dans l'oeil.
L'histoire est fine, les références discrètes au cinéma sont bien vues (j'ai du mal à croire que Matrix n'a pas influencé Qwak), et l'humour est présent. Mais ce que j'ai vraiment aimé, c'est la vision du monde, du sexe et des gens que propose cette histoire. Par exemple ? : "sur terre je m'en sortais avec mon cul, dans l'espace il n'y avait pas de raison que ça change" (je cite de mémoire cette réplique qui a tout d'une réplique culte...).
Côté graphisme, c'est bourré de trouvailles. sur ce coup là, Qwak, se révèle plein de ressources et d'imagination.
Bref, une petite bd bien foutue qui a tout ce qu'il faut, la où il faut.
mon conseil qui semble évident ? A lire d'urgence !
Ma note s'approche du 3,5/5.
Car Kingdom Come a été pour moi un choc d'abord visuel. Alex Ross a un talent fou, il tient sa plume comme un dieu ! Qu'il soit amené à en illustrer (des dieux, ou des demis), n'est dès lors pas très étonnant...
Presque chaque case est une peinture d'une incroyable efficacité, photoréaliste comme l'a souligné le posteur initial, et c'est un vrai régal pour les yeux.
Au niveau de l'histoire, on a parfois un peu de mal à accrocher. Bon, c'est vrai, le retour de Superman et ses amis au premier plan n'est pas irrésistible, mais on n'en est pas loin. J'ai été un peu dérouté par la profusion des super-héros. Je suppose qu'ils viennent tous de l'univers DC, mais vu que je ne connais pas trop celui-ci... Je me suis senti un peu perdu.
Ceci dit, ce fut un excellent moment de lecture.
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Classwar (Cla$$war)
Note approximative : 3.5/5 Autant j'ai eu un peu de mal avec les premières pages de ce One-Shot car l'action y est un peu confuse quand on ne sait pas encore qui est qui et qui fait quoi, autant Cla$$War commence fort dès le début. En effet, prenez un condensé des idées des films de Michael Moore (Bowling for Columbine et Fahrenheit 911), et voilà ce que vous aurez comme postulat de base de cette BD dès le début de l'intrigue. La première grande scène que nous suivons est en effet la rébellion du super-héros American, symbôle de la gloire Américaine et grand héros de la guerre des USA contre les "terroristes globaux". American vient confronter le président des USA, affichant à la face du peuple Américain les mensonges et horreurs que les USA et le Président lui-même ont réalisés dans le monde et sur leur territoire national. American dénonce une classe de riches capitalistes et lobbys qui, depuis les années 50, organisent les guerres, entretiennent les dictatures, lobotomisent les Américains avec la télé et la société de consommation, etc... Un condensé des idées des anti-américains au sens anti-gouvernement capitaliste et ultra-libéral des USA, car American se dit patriote et amoureux de son pays, mais il se déclare en guerre contre le gouvernement fantôche et ceux qui trompent le peuple Américain. Ce discours anti-"complot gouvernemental" est énoncé de manière tellement claire et nette dès le début de Cla$$War et tellement mis dans le contexte historique et actuel du monde réel (guerre en Irak, évènements réels du 20e siècle, etc...) que c'en est assez fort (du moins dans le monde de la BD car le sujet a été totalement traité sur Internet et ailleurs notamment depuis la dernière guerre en Irak). Partant de ce contexte, l'album va ensuite s'intéresser au combat opposant American et son ami et mentor, Isaac un ancien tueur black, aux autres super-héros créés comme American par les USA et qui tiennent à garder les privilèges que leur statut leur offre. En chemin, on suit les manigances du gouvernement des USA qui tente de contrer le scandale que American a dévoilé au peuple Américain, de manipuler l'opinion et qui bien sûr n'a pas de meilleure idée que de lancer une guerre contre "un pays terroriste" pour faire oublier tout ça. Cla$$War est donc assez fort au niveau de la dénonciation des manigances des puissants USA, mais cette BD se trouve aussi dans la mouvance de la destruction du mythe des super-héros américains dont la plupart des membres se révèlent être de beaux salauds. D'une certaine manière, Cla$$War se trouve à mi-chemin entre les séries Rising Stars, The Authority et Martha Washington - Liberty, un rêve américain. Le sujet est fort, les personnages pas mauvais, l'intrigue assez rondement menée et prenante, le message assez intelligent. C'est une BD que j'ai donc lue avec un réel plaisir. Mais je pourrais faire quelques reproches néanmoins à cette série. D'une part, le dessin est assez inégal. Il y a plusieurs dessinateurs et celui qui remplit le plus de pages (et surtout celles du début) a un style pour lequel les personnages sont difficilement reconnaissables si ce n'était leur costume qui permet de les différencier. Pas facile de suivre la narration quand on ne sait pas reconnaître bien qui est qui en début d'album. D'autre part, autant le sujet traité est fort, autant la série manque quand même beaucoup de finesse. On est loin de la finesse d'une série comme les Watchmen. Le sujet du complot gouvernemental est balancé comme une masse dès le début de l'histoire et ensuite ce sont manigances gouvernementales et combats directs ou indirects entre super-héros. Le Président des USA est représenté comme un vrai bouseux aussi subtil qu'un taureau face à un drap rouge. En fait, ce manque de finesse réduit un peu la force du thème de cette série. Et enfin, ce One-Shot n'a pas de vraie fin. Quand on termine l'album, on en redemande, on se dit qu'il devrait sans doute y avoir un second tome car il n'y a pas de conclusion réelle à toute l'intrigue. D'une certaine manière, la fin est ouverte, laissant libre cours à l'imagination et l'intelligence du lecteur et on pourrait estimer y regagner là ce qu'on perdait en finesse avant, mais d'une autre côté, c'est quand même assez frustrant de ne voir presque rien se conclure et quelques pistes lancées en cours d'album rester sans finalité. Quelques défauts donc avec en premier un manque de finesse dans cette intrigue assez forte, mais une BD de super-héros assez intelligente, avec de bons personnages, un thème assez polémique et très actuel, et un récit qui se lit très bien.
B.P.R.D.
Etant fan d'Hellboy et ayant lu pas mal de bonnes critiques sur cette série, je me suis lancée ! Et a la lecture de la première histoire du premier tome, "au creux de la terre" je n'ai pas été déçu ! L'apparition d'un nouveau personnage est fort plaisante et c'est un vrai plaisir de voir les personnages secondaires d'hellboy très bien exploiter. Par contre, la suite est un peu décevante, les autres histoires sont beaucoup plus courtes et manque un peu d'intérêt. Pour résumer un album sympathique, nous en apprenant un peu plus sur les personnages de l'univers d'Hellboy et que les inconditionnels du garçon de l'enfer doivent se procurer ;) . (Je met 4/5 , c'est en espérant que le tome 2 soit meilleur ) ;)
Apocalypse selon Lola (Lola Cordova)
Comme beaucoup ci-dessous, j'ai découvert ce petit bijou grâce à BDT et il est vrai que sans les critiques des plus flatteuses dont il a fait l'objet, je ne m'y serai probablement pas attardé (d'autant plus que le Soleil des Loups ne m'avait pas franchement emballé). Bon, ben pas de doute, hein, c'est très très sympa. Comme tout ou presque a déjà été dit, je me contenterai de souligner que moi, ce qui m'a avant tout frappé dans les aventures érotico-cosmico-trash de Lola, c'est l'énergie et le rythme qui s'en dégagent. Les couleurs flashy, les styles de dessin changeants, les mises en page délirantes sont autant d'éléments qui font de ce bouquin un concentré d'action/aventures/humour ultra-speed et décapant. L'histoire pour ne rien gâcher est assez originale, louchant parfois du côté de la parodie mais dotée d'une armature SF de très bonne facture (avec quelques trouvailles vraiment intéressantes, dont entre autres, la technique de combat développée par Lola). Le sexe est certes très présent, c'est bien mais ce n'est clairement pas le but premier de cette BD (me semble-t-il). Je l'ai plutôt vu comme une petite touche supplémentaire de politiquement incorrect. La suite, car je n'ose imaginer que suite il n'y ait pas, est attendue avec impatience.
Le Mur de Pan
Voilà ce que l'on peut appeler une oeuvre originale. Le dessin très fouillé et particulier, mis en page dans un découpage par petites cases, chacune d'entre elles ciselée comme un petit bijou, est quelque chose de vraiment unique. La monochromie du début s'enrichit peu à peu d'une lumière et de teintes très particulières qui donnent à l'ensemble une texture et une densité très fortes. L'histoire ensuite. Que dire? Le Mur de Pan est un livre univers. J'entends par là que l'auteur semble s'être livré à une démarche structurée de création d'un monde qui en dépit de ses particularismes fantastiques (dont le Mur n'est pas des moindres) reste cohérent et riche. Page après page, tome après tome, le lecteur en découvre de nouvelles facettes sous la forme de races, de lieux ou de croyances qui le plongent de surprise en surprise. L'ensemble est donc extrêmement riche mais aussi complexe. Lire le Mur de Pan n'est pas facile et nécessite souvent un effort. Mais pour ceux qui se donnent la peine, c'est vraiment une expérience mémorable.
Soda
Soda, une très bonne BD en passe de devenir un grand classique. On nous propose un plan classique mais toujours très efficace quand il s'agit de suivre les tribulations d'un personnage. D'un côté la ligne générale: c'est l'histoire d'un flic de Manhattan qui se fait passer pour un pasteur afin d'épargner le coeur fragile d'une mère qui ne sort jamais de son appartement. A partir de cette situation de base somme toute assez originale se déroulent toutes sortes de péripéties. Le scénariste a en effet adopté le format "un tome-une histoire". A la manière des tragédies classiques, il met en place le tryptique "unité de lieu, de temps et d'action": c'est à dire que des évènements s'enchaînent autour d'une histoire particulière, toujours au même endroit, New-York, et toujours en une journée. Comme les tragédiens grecs avant lui, l'auteur canalise toutes les tensions dans un espace de temps et de lieu restreint, de façon à donner plus de force et d'intensité à l'(unique) intigue ainsi traitée. De même, le souci d'une ligne directrice claire donne la priorité à la cohérence au mépris de l'encombrement, et celà pour ne pas faire perdre de vue au lecteur la menée générale de l'enquête. Il n'empêche que les histoires sont pour la plupart d'une remarquable qualité: on arrive toujours à surprendre le lecteur. Une autre force de cette série est que les auteurs arrivent à créer un univers propre: les personnages prennent au fil des épisodes des personnalités de plus en plus affirmées, et notons qu'on évite la caricature, même si les clichés ne sont pas évités pour autant. En outre, les créateurs de "Soda" nous décrivent avec acuité le monde (souvent souterrain) de la grosse pomme, et parfois nous montrent de façon extraordinaire son évolution, de même que les différentes entités et populations qui la composent. Cet aspect-là contribue à l'intérêt de cette BD, qui n'est donc pas une simple succession d'enquêtes policières sur fond d'intrigue générale. Le dessin est très accessible, ni trop sombre, ni trop "cartoon", ni trop réaliste, c'est pour cela que l'on peut venir très tôt à cette série. Bref, de par sa structure qui rend les histoires si excitantes comme pour des éléments plus générals sur la ville de New-York, renforcée par une réflexion sur la nature humaine, tout cela contribue à rendre cette série -qui n'est pas que policière- très accessible et très captivante.
Barbara
Très bon Tezuka encore une fois pour cette histoire en 2 volumes, mais souvent "Tezuka" et "très bon" vont de pair. Barbara la souillon alcoolique et squatteuse est la muse de l'écrivain mais celui-ci l'ignore et quand il l'apprend n'y croit pas une seconde. On suit une espèce de jeu du "je t'aime / je t'aime plus". Bizarrement même si ça peut sembler pas très palpitant sur le papier, on est bien pris par le rythme de cette histoire un peu déjantée. Bonne édition dans la lignée de Ayako avec le même style de couverture, sens de lecture japonais. Côté dessin rien de nouveau, on aime ou pas.
Le Chemin de l'Amérique
Très bon album de Baru paru initialement aux éditions Albin Michel et je découvre en postant la série que c'est maintenant chez Casterman. Cela raconte l'histoire semble-t-il vraie mais ça on l'apprend à la fin d'un boxeur venu d'Algérie dans le contexte qu'on connaît dans les années 60. Il est tiraillé entre les 2 camps, récupéré, manipulé et veut garder son indépendance, ne pas répondre aux menaces du FLN. Aidé au scénario par Jean-Marc Thévenet, Baru raconte ici une histoire qui sonne juste, prenante et sans temps mort. Le sujet en lui-même est intéressant car il couvre un pan d'histoire très récent mais encore obscur. On a parlé récemment avec le téléfilm Nuit Noire de la répression de la manifestation des Algériens dans les rues de Paris. On retrouve cet événement, ici parmi d'autres annotés avec des renvois en bas de page, bien que cet album date de 1990. Sur un scénario qui pourra sembler similaire à un plus récent ouvrage de Baru, L'Enragé, ce petit album est une vraie réussite à mon sens aidé par l'habituel dessin réaliste.
Terre de rêves
Après avoir lu Le Journal de mon père que j'avais beaucoup apprécié je suis tombé sur ce recueil de nouvelles. Une fois de plus, Jirô Taniguchi m'a subjugué par la sensibilité qui transparaît dans ses oeuvres. L'agonie du chien est tellement émouvante que j'en ai eu les larmes aux yeux, ce qui d'habitude ne m'arrive jamais en lisant. On se met à la place des propriétaires du chien et à celle du chien lui-même. Fabuleux! Taniguchi prouve une fois de plus qu'il est un grand mangaka.
Apocalypse selon Lola (Lola Cordova)
Comme beaucoup, j'ai acheté cet album les yeux fermés. Il y avait tant de trucs intéressants écrits à propos de cette Lola, que j'ai voulu la rencontrer. C'est à préciser, parce que quand j'ai ouvert cet album à sa sortie, l'envie n'était pas là. Je trouvais l'ensemble, bizarre... Aprés lecture, je reconnais une nouvelle fois, les limites de mon intuition personnelle. J'ai beaucoup aimé cette Lola, qui ne m'avait pourtant pas spécialement tapé dans l'oeil. L'histoire est fine, les références discrètes au cinéma sont bien vues (j'ai du mal à croire que Matrix n'a pas influencé Qwak), et l'humour est présent. Mais ce que j'ai vraiment aimé, c'est la vision du monde, du sexe et des gens que propose cette histoire. Par exemple ? : "sur terre je m'en sortais avec mon cul, dans l'espace il n'y avait pas de raison que ça change" (je cite de mémoire cette réplique qui a tout d'une réplique culte...). Côté graphisme, c'est bourré de trouvailles. sur ce coup là, Qwak, se révèle plein de ressources et d'imagination. Bref, une petite bd bien foutue qui a tout ce qu'il faut, la où il faut. mon conseil qui semble évident ? A lire d'urgence !
Kingdom Come
Ma note s'approche du 3,5/5. Car Kingdom Come a été pour moi un choc d'abord visuel. Alex Ross a un talent fou, il tient sa plume comme un dieu ! Qu'il soit amené à en illustrer (des dieux, ou des demis), n'est dès lors pas très étonnant... Presque chaque case est une peinture d'une incroyable efficacité, photoréaliste comme l'a souligné le posteur initial, et c'est un vrai régal pour les yeux. Au niveau de l'histoire, on a parfois un peu de mal à accrocher. Bon, c'est vrai, le retour de Superman et ses amis au premier plan n'est pas irrésistible, mais on n'en est pas loin. J'ai été un peu dérouté par la profusion des super-héros. Je suppose qu'ils viennent tous de l'univers DC, mais vu que je ne connais pas trop celui-ci... Je me suis senti un peu perdu. Ceci dit, ce fut un excellent moment de lecture.