Ayant déjà beaucoup apprécié la série Baker Street des mêmes auteurs, il est clair que je pouvais pas passer à coté de ces Aventures de Philip et Francis.
J'étais assez impatient de lire cet album et je dois dire que je n'ai pas été déçu.
Pierre Veys nous parodie admirablement l'univers de Blake et Mortimer. Rassurez- vous, il ne faut pas spécialement être fan des héros de Jacobs pour apprécier toutes les saveurs de cette bd.
En résumé, Philip et Francis sont membres des services secrets britanniques (M15 ou M 16 ?) et nos deux compères vont être confrontés à une affaire plutôt bizarre. Oui, Les femmes se rebellent de manière souvent choquante. Ce qui, à long terme, pourrait conduire à l'effondrement de l'empire britannique.
A partir de là, le scénariste va nous emmener dans une enquête loufoque et absurde mais qui vaut franchement le détour.
On ne s'ennuie pas un seul instant et je dois avouer que certaines répliques m'ont même fait penser à Goscinny.
Le dessin de Nicolas Barral est très réussi. Celui-ci colle parfaitement avec le récit et certaines scènes sont vraiment hilarantes.
Si vous voulez passer un bon moment de détente, je vous conseille cette nouvelle série.
Vous ne serez pas déçu.
C'est à suivre !
Gros coup de coeur sur le dessin. Nicky que je ne connaissais absolument pas m'a tout l'air de ne pas être un débutant ! Son dessin correspond très exactement à ce que j'attends d'une bonne BD X.
Les différentes histoires courtes sont très diversifiées, et même si elles ne sont pas d'une originalité dingue, elles sont finalement très plaisantes et souvent amusantes.
Les amateurs du genre ne peuvent qu'être comblés avec ce Royal Gentlemen Club. :)
Note approximative : 3.5/5
Cette série d'histoires courtes me fait penser à un recueil de bons haïkus : des récits simples qui amènent à prendre son temps pour réfléchir sur des petites choses de la vie, ressentir des émotions, avoir un sentiment de nostalgie pour certaines choses que l'on a vécues, que l'on ressent en découvrant l'histoire ou que l'on imagine. Tout est dans la finesse et la façon dont elle nous ouvre les yeux sur des choses qu'on connaissait déjà, qu'on comprenait déjà mais sans s'en rendre compte, sans avoir pris le temps d'y réfléchir, sans avoir pris le temps de les ressentir.
J'ai vraiment été charmé par les 2 premières histoires de cet album qui ont su toucher ma corde sensible. J'ai également aimé la 3e histoire puis je dois admettre avoir un peu moins été touché par les autres histoires tout en reconnaissant leur belle qualité et leur sincérité. Et au final, même si c'est un album dont je ne peux pas dire qu'il est parfait (d'où ma note légèrement inférieure à 4/5), je l'ai lu avec un réel plaisir et suis heureux de le posséder.
Note approximative : 3,5/5
Voilà un petit album sympathique. Comme pas mal de lecteurs, je l'ai feuilleté, ai lu quelques gags qui m'ont bien fait marrer, et du coup je l'ai acheté.
La lecture en est très agréable : les gags sont basiques, mais efficaces. Gros coup de coeur pour les gags où la souris intervient, interagit avec le gardien. Cela aurait pu rester dans un style "patate" (dixit Matyo lui-même), mais les histoires sont très modernes.
La communion artistique entre les deux auteurs est quasi-parfaite, puisqu'ils ont tous les deux dessiné et scénarisé l'album.
Le coup de coeur graphique de l'année 2005 (enfin, pour moi). Il ne faut surtout pas s'arrêter à la couverture (que je trouve personnellement très laide), ne pas hésiter à ouvrir et feuilleter l'album, et se laisser porter par le trait à la fois élégant, mignon et très maîtrisé de Virginie Augustin. Des ambiances pastels très réussies et un graphisme qui m'a rappelé, par moments, celui de Où le regard ne porte pas...
Quant à l'histoire, il est difficile de dire au terme du premier tome si elle est bonne, mais elle se suit sans déplaisir. A suivre !
Trondheim ou l'art de rendre le quotidien savoureux et intéressant. Mine de rien, c'est un exploit; parce qu'on ne peut pas dire que la vie de Trondheim soit des plus excitantes ou passionnantes. Certes, il voyage finalement fréquemment pour un gars qui ne se sent jamais aussi bien que chez lui mais on reste quand même bien loin de la grande aventure. Et pourtant, Lewis nous fait partager ses voyages en Andalousie, à la Réunion ou au Japon avec un entrain extrêmement communicatif: qu'il parte en excursion sur le piton de la fournaise, qu'il mange de la papaye et un carri d'agneau ou qu'il déambule dans les magasins de jouets de Tokyo en se foutant de la gueule de Blain, toutes ces minuscules péripéties m'ont intéressé et souvent vraiment fait marrer; c'est ce qu'on doit appeler le talent.
Petit bémol cependant: les périodes hors voyage m'ont moins plu, ce qui explique pourquoi les tomes 1 et 4 sortent du lot à mes yeux (notamment le 4, beaucoup plus imposant et riche). J'ai également du mal avec le fait que Trondheim se soit interdit le tipex et ait préféré raturer. Il voulait montrer ainsi qu'il ne trichait pas et ne préparait pas plus que ça ces carnets mais ça salope carrément les cases. Et puis à partir du moment où il décide de corriger, ça change finalement pas grand chose de le faire proprement, ça n'est de toute façon plus sa "première intention".
Voici une BD très divertissante et qui vaut le coup d'oeil, c'est bien dessiné, les couleurs sont sombres mais vont bien avec la BD et l'histoire se suit bien, certes la fin est un peu rapide mais bon ... moi ça ne me dérange pas. A lire.
Deuxième collaboration chez Marvel pour Azzarello et Corben, après la mini-série Banner, voici Cage qui nous parle d'un personnage beaucoup moins connu que Hulk mais néanmoins intéressant : Luke Cage alias Power Man.
Un peu à la manière du cinéma d'exploitation, l'industrie du comic s'est toujours arrangée pour créer des personnages correspondant à des sous-genres ou des modes. She-Hulk en est un bel exemple.
Pour le genre dit "blackploitation" les héros noirs ont fait leur apparition : Blade dans la série Tomb of Dracula par exemple, qui n'avait rien à voir avec le personnage du film éponyme.
Power Man est l'un de ceux-la, c'est un archétype, le héros sorti du ghetto, plutôt dur à cuire et expéditif tout en ayant un grand coeur... une pauvre caricature en fait. Il a servi d'acolyte à Dany Rand/Iron Fist et a même un peu assuré l'intérim chez les FF. Mais c'était un phénomène de mode, un personnage qui n'a jamais vraiment décollé, de plus son look "disco" était plutôt ridicule.
Aujourd'hui Corben et Azzarello revisitent le parcours de ce personnage et créent une histoire brutale et sans concession.
Cela se passe à Harlem et on sent vraiment la misère, c'est tellement bien décrit que le ghetto se ressent comme étant quasiment un personnage.
Les dialogues d'Azzarello sont parfaits, comme souvent il fait mouche. Le mode narratif utilise les pensées du personnage principal et vu que celui-ci ne s'embarrasse ni de détours ni de convenance, c'est plutôt incisif.
Les dessins si particuliers de Corben sont impeccables, son style boursouflé et caricatural convient parfaitement à l'ambiance. Corben rend les personnages très expressifs, excessivement expressifs même parfois, et cela fonctionne. Pour les environnements c'est crade et glauque à souhait, c'est très réaliste. Vu que la mise en couleur est à la hauteur, du point de vue graphique c'est une réussite.
Un comic qui y va fort sur la violence urbaine, où les fusillades sont monnaie courante et bien sûr la violence de cet univers est ici largement présente.
Certains trouveront sûrement cela trop bourrin et ils n'auront pas tort, moi j'aime bien le délire des auteurs je trouve leur oeuvre réussie.
Si vous avez apprécié Hard Time vous ne serez pas déçus, même si ici l'histoire est beaucoup plus basique et moins nauséeuse.
Bref, fans de romans graphiques au propos réfléchi, fuyez!
Fans d'action bien barrée et de personnages Hard-boiled qui s'en mettent plein la gueule, lisez le !
Après avoir été présenté en France dans le magazine Fantask numéro 3 ou 4, Spider-man a été publié en France pour la première fois en 1969 (dans le magazine Marvel je crois).
Intéressant ce que dit Bédélisse, je pense la même chose, si vous êtes tenté par les vieux Spider-man, préférez les tomes dessinés par John Romita sr.
Même si Ditko a le mérite d'avoir "inventé"* Spider-man, je trouve que Romita sr a par la suite donné plus d'ampleur et de force au personnage, en fait il a posé les bases de ce qu'il est devenu aujourd'hui. Pour moi ça reste le Spidey de référence, même si le style de Ditko ne manque pas de qualités et est très dynamique pour l'époque.
Ceci dit, il faut vraiment être un fan du Tisseur pour lire tout les volumes composant la série. Les histoires sont simples, les scénarios c'est du Stan Lee pur jus, avec les passages d'humour bien lourd et les joutes verbales autant que physiques entre Spidey et ses ennemis les plus "old school". Sans oublier bien sûr les clins d'oeil et tirades constantes que Stan Lee adresse au lecteur.
Tout cela a beaucoup vieilli, les personnages sont très manichéens, et cela paraît tourner en rond : Flash est le caïd joli coeur éternel rival de Peter, Tante May doit mourir un épisode sur deux, Peter est amoureux de Gwen, le bouffon vert est génial et fou...
On trouve aussi des ennemis de Spidey qui n'existent quasiment plus aujourd'hui comme le Caméléon, le Kangourou etc.
Je me répète mais il faut vraiment être fan de l'araignée pour en lire "l'intégrale" même si quelques épisodes sont chargés d'un parfum de nostalgie qui touchera tous ceux qui autrefois lisaient les mythiques périodiques que sont Strange ou Nova, par exemple.
Je mets la note de 4/5 tout en étant conscient que objectivement aujourd'hui elle n'est pas du tout représentative de la qualité de cette oeuvre. Quoi que l'on puisse en penser maintenant cela reste tout de même "Culte" pour pas mal de gens.
* Ditko est mort, il s'était brouillé avec Stan Lee à ce sujet, tous deux revendiquaient la paternité de Spider-man.
Un comic qui a le mérite d'être original, en plus les deux premiers tomes sont traités différemment, l'univers varie d'un volume à l'autre, l'intérêt ne faiblit pas et l'histoire s'installe tranquillement. Pour l'instant c'est du bon, en plus c'est divertissant.
Les dessins sont corrects sans être extraordinaires, le découpage nickel et niveau couleurs c'est conforme à l'ensemble, du travail soigné.
Indépendamment la représentation des personnages me paraît idéalement retranscrite, tant au niveau graphique que descriptif, j'adore Barbe Bleue par exemple, on sent bien le danger potentiel qu'il véhicule sous ses airs respectables.
La société des "Fables" est bien construite, tout fonctionne de façon très simple et les trouvailles originales fourmillent. Les rapports entre les personnages sont ambigus et complexes, ce qui n'est pas étonnant au regard de leur statut, différent de celui des simples "communs".
Une lecture que j'ai fort apprécié, que je trouve assez riche. Seul petit bémol, les couvertures, qui même si elles se démarquent du style comic habituel, ne sont pas très accrocheuses.
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Les Aventures de Philip et Francis
Ayant déjà beaucoup apprécié la série Baker Street des mêmes auteurs, il est clair que je pouvais pas passer à coté de ces Aventures de Philip et Francis. J'étais assez impatient de lire cet album et je dois dire que je n'ai pas été déçu. Pierre Veys nous parodie admirablement l'univers de Blake et Mortimer. Rassurez- vous, il ne faut pas spécialement être fan des héros de Jacobs pour apprécier toutes les saveurs de cette bd. En résumé, Philip et Francis sont membres des services secrets britanniques (M15 ou M 16 ?) et nos deux compères vont être confrontés à une affaire plutôt bizarre. Oui, Les femmes se rebellent de manière souvent choquante. Ce qui, à long terme, pourrait conduire à l'effondrement de l'empire britannique. A partir de là, le scénariste va nous emmener dans une enquête loufoque et absurde mais qui vaut franchement le détour. On ne s'ennuie pas un seul instant et je dois avouer que certaines répliques m'ont même fait penser à Goscinny. Le dessin de Nicolas Barral est très réussi. Celui-ci colle parfaitement avec le récit et certaines scènes sont vraiment hilarantes. Si vous voulez passer un bon moment de détente, je vous conseille cette nouvelle série. Vous ne serez pas déçu. C'est à suivre !
Royal Gentlemen Club
Gros coup de coeur sur le dessin. Nicky que je ne connaissais absolument pas m'a tout l'air de ne pas être un débutant ! Son dessin correspond très exactement à ce que j'attends d'une bonne BD X. Les différentes histoires courtes sont très diversifiées, et même si elles ne sont pas d'une originalité dingue, elles sont finalement très plaisantes et souvent amusantes. Les amateurs du genre ne peuvent qu'être comblés avec ce Royal Gentlemen Club. :)
L'Orme du Caucase
Note approximative : 3.5/5 Cette série d'histoires courtes me fait penser à un recueil de bons haïkus : des récits simples qui amènent à prendre son temps pour réfléchir sur des petites choses de la vie, ressentir des émotions, avoir un sentiment de nostalgie pour certaines choses que l'on a vécues, que l'on ressent en découvrant l'histoire ou que l'on imagine. Tout est dans la finesse et la façon dont elle nous ouvre les yeux sur des choses qu'on connaissait déjà, qu'on comprenait déjà mais sans s'en rendre compte, sans avoir pris le temps d'y réfléchir, sans avoir pris le temps de les ressentir. J'ai vraiment été charmé par les 2 premières histoires de cet album qui ont su toucher ma corde sensible. J'ai également aimé la 3e histoire puis je dois admettre avoir un peu moins été touché par les autres histoires tout en reconnaissant leur belle qualité et leur sincérité. Et au final, même si c'est un album dont je ne peux pas dire qu'il est parfait (d'où ma note légèrement inférieure à 4/5), je l'ai lu avec un réel plaisir et suis heureux de le posséder.
Le Gardien de la tour
Note approximative : 3,5/5 Voilà un petit album sympathique. Comme pas mal de lecteurs, je l'ai feuilleté, ai lu quelques gags qui m'ont bien fait marrer, et du coup je l'ai acheté. La lecture en est très agréable : les gags sont basiques, mais efficaces. Gros coup de coeur pour les gags où la souris intervient, interagit avec le gardien. Cela aurait pu rester dans un style "patate" (dixit Matyo lui-même), mais les histoires sont très modernes. La communion artistique entre les deux auteurs est quasi-parfaite, puisqu'ils ont tous les deux dessiné et scénarisé l'album.
Alim le tanneur
Le coup de coeur graphique de l'année 2005 (enfin, pour moi). Il ne faut surtout pas s'arrêter à la couverture (que je trouve personnellement très laide), ne pas hésiter à ouvrir et feuilleter l'album, et se laisser porter par le trait à la fois élégant, mignon et très maîtrisé de Virginie Augustin. Des ambiances pastels très réussies et un graphisme qui m'a rappelé, par moments, celui de Où le regard ne porte pas... Quant à l'histoire, il est difficile de dire au terme du premier tome si elle est bonne, mais elle se suit sans déplaisir. A suivre !
Carnet de bord
Trondheim ou l'art de rendre le quotidien savoureux et intéressant. Mine de rien, c'est un exploit; parce qu'on ne peut pas dire que la vie de Trondheim soit des plus excitantes ou passionnantes. Certes, il voyage finalement fréquemment pour un gars qui ne se sent jamais aussi bien que chez lui mais on reste quand même bien loin de la grande aventure. Et pourtant, Lewis nous fait partager ses voyages en Andalousie, à la Réunion ou au Japon avec un entrain extrêmement communicatif: qu'il parte en excursion sur le piton de la fournaise, qu'il mange de la papaye et un carri d'agneau ou qu'il déambule dans les magasins de jouets de Tokyo en se foutant de la gueule de Blain, toutes ces minuscules péripéties m'ont intéressé et souvent vraiment fait marrer; c'est ce qu'on doit appeler le talent. Petit bémol cependant: les périodes hors voyage m'ont moins plu, ce qui explique pourquoi les tomes 1 et 4 sortent du lot à mes yeux (notamment le 4, beaucoup plus imposant et riche). J'ai également du mal avec le fait que Trondheim se soit interdit le tipex et ait préféré raturer. Il voulait montrer ainsi qu'il ne trichait pas et ne préparait pas plus que ça ces carnets mais ça salope carrément les cases. Et puis à partir du moment où il décide de corriger, ça change finalement pas grand chose de le faire proprement, ça n'est de toute façon plus sa "première intention".
Mortepierre
Voici une BD très divertissante et qui vaut le coup d'oeil, c'est bien dessiné, les couleurs sont sombres mais vont bien avec la BD et l'histoire se suit bien, certes la fin est un peu rapide mais bon ... moi ça ne me dérange pas. A lire.
Cage - Mafia blues
Deuxième collaboration chez Marvel pour Azzarello et Corben, après la mini-série Banner, voici Cage qui nous parle d'un personnage beaucoup moins connu que Hulk mais néanmoins intéressant : Luke Cage alias Power Man. Un peu à la manière du cinéma d'exploitation, l'industrie du comic s'est toujours arrangée pour créer des personnages correspondant à des sous-genres ou des modes. She-Hulk en est un bel exemple. Pour le genre dit "blackploitation" les héros noirs ont fait leur apparition : Blade dans la série Tomb of Dracula par exemple, qui n'avait rien à voir avec le personnage du film éponyme. Power Man est l'un de ceux-la, c'est un archétype, le héros sorti du ghetto, plutôt dur à cuire et expéditif tout en ayant un grand coeur... une pauvre caricature en fait. Il a servi d'acolyte à Dany Rand/Iron Fist et a même un peu assuré l'intérim chez les FF. Mais c'était un phénomène de mode, un personnage qui n'a jamais vraiment décollé, de plus son look "disco" était plutôt ridicule. Aujourd'hui Corben et Azzarello revisitent le parcours de ce personnage et créent une histoire brutale et sans concession. Cela se passe à Harlem et on sent vraiment la misère, c'est tellement bien décrit que le ghetto se ressent comme étant quasiment un personnage. Les dialogues d'Azzarello sont parfaits, comme souvent il fait mouche. Le mode narratif utilise les pensées du personnage principal et vu que celui-ci ne s'embarrasse ni de détours ni de convenance, c'est plutôt incisif. Les dessins si particuliers de Corben sont impeccables, son style boursouflé et caricatural convient parfaitement à l'ambiance. Corben rend les personnages très expressifs, excessivement expressifs même parfois, et cela fonctionne. Pour les environnements c'est crade et glauque à souhait, c'est très réaliste. Vu que la mise en couleur est à la hauteur, du point de vue graphique c'est une réussite. Un comic qui y va fort sur la violence urbaine, où les fusillades sont monnaie courante et bien sûr la violence de cet univers est ici largement présente. Certains trouveront sûrement cela trop bourrin et ils n'auront pas tort, moi j'aime bien le délire des auteurs je trouve leur oeuvre réussie. Si vous avez apprécié Hard Time vous ne serez pas déçus, même si ici l'histoire est beaucoup plus basique et moins nauséeuse. Bref, fans de romans graphiques au propos réfléchi, fuyez! Fans d'action bien barrée et de personnages Hard-boiled qui s'en mettent plein la gueule, lisez le !
Spider-Man - L'intégrale
Après avoir été présenté en France dans le magazine Fantask numéro 3 ou 4, Spider-man a été publié en France pour la première fois en 1969 (dans le magazine Marvel je crois). Intéressant ce que dit Bédélisse, je pense la même chose, si vous êtes tenté par les vieux Spider-man, préférez les tomes dessinés par John Romita sr. Même si Ditko a le mérite d'avoir "inventé"* Spider-man, je trouve que Romita sr a par la suite donné plus d'ampleur et de force au personnage, en fait il a posé les bases de ce qu'il est devenu aujourd'hui. Pour moi ça reste le Spidey de référence, même si le style de Ditko ne manque pas de qualités et est très dynamique pour l'époque. Ceci dit, il faut vraiment être un fan du Tisseur pour lire tout les volumes composant la série. Les histoires sont simples, les scénarios c'est du Stan Lee pur jus, avec les passages d'humour bien lourd et les joutes verbales autant que physiques entre Spidey et ses ennemis les plus "old school". Sans oublier bien sûr les clins d'oeil et tirades constantes que Stan Lee adresse au lecteur. Tout cela a beaucoup vieilli, les personnages sont très manichéens, et cela paraît tourner en rond : Flash est le caïd joli coeur éternel rival de Peter, Tante May doit mourir un épisode sur deux, Peter est amoureux de Gwen, le bouffon vert est génial et fou... On trouve aussi des ennemis de Spidey qui n'existent quasiment plus aujourd'hui comme le Caméléon, le Kangourou etc. Je me répète mais il faut vraiment être fan de l'araignée pour en lire "l'intégrale" même si quelques épisodes sont chargés d'un parfum de nostalgie qui touchera tous ceux qui autrefois lisaient les mythiques périodiques que sont Strange ou Nova, par exemple. Je mets la note de 4/5 tout en étant conscient que objectivement aujourd'hui elle n'est pas du tout représentative de la qualité de cette oeuvre. Quoi que l'on puisse en penser maintenant cela reste tout de même "Culte" pour pas mal de gens. * Ditko est mort, il s'était brouillé avec Stan Lee à ce sujet, tous deux revendiquaient la paternité de Spider-man.
Fables
Un comic qui a le mérite d'être original, en plus les deux premiers tomes sont traités différemment, l'univers varie d'un volume à l'autre, l'intérêt ne faiblit pas et l'histoire s'installe tranquillement. Pour l'instant c'est du bon, en plus c'est divertissant. Les dessins sont corrects sans être extraordinaires, le découpage nickel et niveau couleurs c'est conforme à l'ensemble, du travail soigné. Indépendamment la représentation des personnages me paraît idéalement retranscrite, tant au niveau graphique que descriptif, j'adore Barbe Bleue par exemple, on sent bien le danger potentiel qu'il véhicule sous ses airs respectables. La société des "Fables" est bien construite, tout fonctionne de façon très simple et les trouvailles originales fourmillent. Les rapports entre les personnages sont ambigus et complexes, ce qui n'est pas étonnant au regard de leur statut, différent de celui des simples "communs". Une lecture que j'ai fort apprécié, que je trouve assez riche. Seul petit bémol, les couvertures, qui même si elles se démarquent du style comic habituel, ne sont pas très accrocheuses.