"Défendre l'existence des miracles n'est pas facile. On n'y croit ou pas. Moi j'y crois."
Will Eisner. (les premières phrases de sa préface pour Petits miracles.)
Cet album est composé de quatre histoires de longueur inégale, se passant toutes dans le quartier où Eisner a vécu enfant, dans un "Bloc" comme disaient les gens qui y vivaient.
L'auteur installe avec aisance une ambiance dans ses histoires de façon marquante, les personnages nous livrent leurs modes de vie en quelques phrases et quelques gestes. C'est la magie d'Eisner, réussir à installer une vraie atmosphère en quelques cases.
Les choses de la vie, les moments simples, deviennent ici des petits miracles, et c'est tellement bien raconté et illustré, que c'est un vrai plaisir de regarder le petit monde qui évolue dans ces histoires.
Les dessins sont magnifiques, le découpage est parfait, souvent il n'y a pas de cases, l'action se laisse suivre avec simplicité. L'album n'a pas été imprimé en noir et blanc, mais dans une teinte marron* qui donne une élégante patine aux illustrations. Ainsi les histoires ressemblent encore plus à des souvenirs.
J'ai beaucoup aimé cet album empreint de poésie, peu importe que ces tranches de vie aient été vécues ou imaginées... Elles sont belles et touchantes c'est ce qui compte. A lire.
Will Eisner était immense. Ses oeuvres témoignent aujourd'hui de son talent.
Au même titre que Jack Kirby il restera pour toujours un des grands maîtres de la BD américaine.
*La couleur que l'on préfère sur Bdt, bien sûr!
Lune Rouge est un conte qui unit aventure et merveilleux avec brio. Le tandem constitués par les deux jeunes héros (le trio, si on compte le personnage invisible dont on ne sait vraiment s’il existe) fonctionne de manière efficace, la confrontation des caractères est un des moteurs principaux de l’intrigue.
Risso a épuré son trait pour trouver un ton plus enfantin, rondouillard et je trouve l’ensemble très beau, malgré une couverture pas terrible qui ne rend pas justice à l’album. Ca se dévore à tout âge.
J'ai lu cette petite BD trouvée par hasard à la terrasse d'un café et je me suis marrée toute seule devant les regards interloqués des passants.
C'est totalement absurde avec de l'humour noir comme j'aime... Et on peut le relire plusieurs fois en trouvant d'autres petits détails qu'on avait ratés à la première lecture.
C'est drôle, plein d'allusions fines, super bien construit et le parti pris de la répétition, pour hyper risqué qu'il soit est parfaitement conduit et utilisé.
Un vrai bon achat de hasard!
Il y a des univers dans lesquels on entre facilement et puis d'autres qui nous laissent sur le bord de la route. Pour ma part, je suis bien entré dans le monde de Cromwell stone. Contrairement à ce que j'ai pu lire ici ou là, je n'ai pas trouvé l'ensemble hermétique. C'est vrai que toutes les réponses ne sont pas servies sur un plateau, mais la cohérence de l'ensemble est telle, qu'on arrive à ce construire son propre chemin dans la densité de l'histoire.
Quant au graphisme, il "brille" de manière extraordinaire dans la maîtrise du noir et gris. Les planches sont visuellement d'une beauté qui frappe l'esprit. L'approche des personnages est plus classique, mais tout aussi maîtrisé.
Ma conclusion : une bd à (re)découvrir, sans aucune hésitation.
J'ai été agréablement surprise par le vol du corbeau. Des échos plutôt défavorables étaient parvenus à mes oreilles, et je m'attendais à être déçue. Pour moi c'est une BD qui se veut légère, il ne faut pas y voir plus qu'une "aventurette sous l'occupation". Les personnages sont moins intéressants que dans "le sursis", mais il y a par contre un plaisir palpable de l'auteur dans son dessin et surtout sa mise en couleur. L'histoire et le cadre font cliché, mais ça rajoute un charme un peu désuet je trouve.
Bref, de la bonne BD distrayante, très jolie, bien racontée, pas prise de tête. ça fait du bien de temps en temps.
Deuxième série que je lis de Sfar après l'excellent Chat du rabbin.
Les histoires de ce professeur sont complètement décalées. Il n’y a aucune explication donnée ou même recherchée à ces phénomènes fantastiques et tant mieux, ça plomberait le récit.
Là on se laisse guider, j’ai suivi avec joie le professeur et ses amis dans leurs aventures, l’humour est présent, les personnages sont attachants, que du bon quoi.
Bon, le dessin de Sfar on n’accroche ou on n’accroche pas, il est très singulier, baroque, moi ça m’a pas posé de problèmes, il convient bien à ce genre de récit et à ses péripéties. J’ai pas noté trop de différences au changement de dessinateur, Tanquerelle reprend le style de Sfar.
La narration est originale, Sfar joue avec les personnages et leur point de vue, leur investissement dans l’histoire, comme avec Eliphas ou la fille de Humpty Dumpty.
Les 3 premiers tomes se valent et sont très différents, le quatrième est en dessous niveau scénar, il se passe presque rien.
Une bonne série, pleines de qualités, j’attends les autres tomes !
Un petit coup de cœur pour cette BD qu’on nous a présentée comme un phénomène. Car c’est vraiment une belle BD. Peu d’auteurs ont abordé avec cette sensibilité, ce recul, mais aussi cette immersion les amours lesbiennes adolescentes. Ca sent d’ailleurs presque le vécu (en même temps, c’est difficile à vérifier, je n’ai jamais été lesbienne). Le dessin m’a un peu rebuté : figé, trop répétitif à mon goût, il m’a gêné dans ma lecture.
Bref, j’ai été touché par cette histoire simple et compliquée à la fois. Il manque un peu d’originalité dans le graphisme pour me conquérir totalement.
Du très très bon 4, presque du cinq...Peut-être qu'à force de relectures, je vais vraiment adorer cette BD. En effet mes sentiments ont évolué face à cette BD.
Je pense que si j'avais du mettre un avis au sortir de la lecture ça aurait du 2.5, car j'étais assez gêné au départ pas le caractère super touffu du dessin et par le fait que le scénario pouvait parfois sembler manquer de fil conducteur. Mais je gardais toujours une attirance pour cette Bd sans savoir pourquoi, et donc à force de relecture, je trouve que cette série est de très grande qualité.
Pour le dessin : le caractère touffu, qui me gênait au départ, se révèle en fait être un point fort de cette BD, car ça apporte beaucoup : des touches d'humour, de la compréhension, de la nostalgie.
En en fait c'est la même chose pour le scénario, les nombreuses ruptures qui m'ont gênées au début révèlent en fait de beaucoup de finesse et de justesse dans le traitement du sujet.
Je reste donc très largement conquis par cette BD, jusqu'à me dire que dès que j'ai des sous je vais l'acheter.
Bon comme d’autres l’ont dit avant moi, le 5/5 est presque là, mais les tomes sont trop inégaux pour classer la série en culte. Cependant on n’en est pas loin du tout.
Tout d’abord le concept initial est franchement agréable : la rencontre d’une terrienne seule abandonné avec un univers d’extraterrestres tous différents. On est au cœur de la SF et ça fait plaisir !
Personnellement j’aime bien le mélange entre la SF et le médiéval, ingrédients que l’on retrouve dans sillage notamment dans le tome 4, mais dans chaque tome on retrouve un mélange entre des façons de penser différentes : humain primitif vs extraterrestres au sommet de la technologie, technologie spatiale vs révolution industrielle, future vs monde médiéval, êtres vivants vs mécas, libres vs prisonniers etc.
De plus les personnages sont vraiment bien faits et représentent chacun une qualité ou un défaut de l’homme ; il y a la témérité (navïs), l’honnêteté (bobo), la fourberie et le mensonge (l’ambassadeur), la bonne conscience (snivel), etc.
En somme, c’est une très bonne série qui se lie très bien et plus d’une fois.
Le scénario de Morgana est selon moi très proche de celui du fléau des dieux, on y retrouve les mêmes ingrédients : une jeune et belles femmes luttant pour le salut du monde, elle est l’élue, et un méchant vil est sanguinaire qui souhaite tout détruire pour avoir le pouvoir, et comme de bien entendu ils sont forcément attirés l’un vers l’autre ! Le tout dans un univers futuriste et médiéval où l’épée à la même importance que les vaisseaux spatiaux (mélange de genre que j’affectionne particulièrement)
Le scénario est donc commun mais on accroche de suite, les personnages sont assez énigmatiques pour entretenir le suspense. Le dessin, qu’en à lui, est franchement agréable Alberti est vraiment un grand (j’adore vraiment le gris pastel avec beaucoup de rouge ).
PS : les vaisseaux en forme de moulinet de pêche je trouve ça spécial même si y a une justification presque plausible, on va dire que c’est la petite
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Petits miracles
"Défendre l'existence des miracles n'est pas facile. On n'y croit ou pas. Moi j'y crois." Will Eisner. (les premières phrases de sa préface pour Petits miracles.) Cet album est composé de quatre histoires de longueur inégale, se passant toutes dans le quartier où Eisner a vécu enfant, dans un "Bloc" comme disaient les gens qui y vivaient. L'auteur installe avec aisance une ambiance dans ses histoires de façon marquante, les personnages nous livrent leurs modes de vie en quelques phrases et quelques gestes. C'est la magie d'Eisner, réussir à installer une vraie atmosphère en quelques cases. Les choses de la vie, les moments simples, deviennent ici des petits miracles, et c'est tellement bien raconté et illustré, que c'est un vrai plaisir de regarder le petit monde qui évolue dans ces histoires. Les dessins sont magnifiques, le découpage est parfait, souvent il n'y a pas de cases, l'action se laisse suivre avec simplicité. L'album n'a pas été imprimé en noir et blanc, mais dans une teinte marron* qui donne une élégante patine aux illustrations. Ainsi les histoires ressemblent encore plus à des souvenirs. J'ai beaucoup aimé cet album empreint de poésie, peu importe que ces tranches de vie aient été vécues ou imaginées... Elles sont belles et touchantes c'est ce qui compte. A lire. Will Eisner était immense. Ses oeuvres témoignent aujourd'hui de son talent. Au même titre que Jack Kirby il restera pour toujours un des grands maîtres de la BD américaine. *La couleur que l'on préfère sur Bdt, bien sûr!
Lune Rouge
Lune Rouge est un conte qui unit aventure et merveilleux avec brio. Le tandem constitués par les deux jeunes héros (le trio, si on compte le personnage invisible dont on ne sait vraiment s’il existe) fonctionne de manière efficace, la confrontation des caractères est un des moteurs principaux de l’intrigue. Risso a épuré son trait pour trouver un ton plus enfantin, rondouillard et je trouve l’ensemble très beau, malgré une couverture pas terrible qui ne rend pas justice à l’album. Ca se dévore à tout âge.
Francis
J'ai lu cette petite BD trouvée par hasard à la terrasse d'un café et je me suis marrée toute seule devant les regards interloqués des passants. C'est totalement absurde avec de l'humour noir comme j'aime... Et on peut le relire plusieurs fois en trouvant d'autres petits détails qu'on avait ratés à la première lecture. C'est drôle, plein d'allusions fines, super bien construit et le parti pris de la répétition, pour hyper risqué qu'il soit est parfaitement conduit et utilisé. Un vrai bon achat de hasard!
Cromwell Stone
Il y a des univers dans lesquels on entre facilement et puis d'autres qui nous laissent sur le bord de la route. Pour ma part, je suis bien entré dans le monde de Cromwell stone. Contrairement à ce que j'ai pu lire ici ou là, je n'ai pas trouvé l'ensemble hermétique. C'est vrai que toutes les réponses ne sont pas servies sur un plateau, mais la cohérence de l'ensemble est telle, qu'on arrive à ce construire son propre chemin dans la densité de l'histoire. Quant au graphisme, il "brille" de manière extraordinaire dans la maîtrise du noir et gris. Les planches sont visuellement d'une beauté qui frappe l'esprit. L'approche des personnages est plus classique, mais tout aussi maîtrisé. Ma conclusion : une bd à (re)découvrir, sans aucune hésitation.
Le Vol du Corbeau
J'ai été agréablement surprise par le vol du corbeau. Des échos plutôt défavorables étaient parvenus à mes oreilles, et je m'attendais à être déçue. Pour moi c'est une BD qui se veut légère, il ne faut pas y voir plus qu'une "aventurette sous l'occupation". Les personnages sont moins intéressants que dans "le sursis", mais il y a par contre un plaisir palpable de l'auteur dans son dessin et surtout sa mise en couleur. L'histoire et le cadre font cliché, mais ça rajoute un charme un peu désuet je trouve. Bref, de la bonne BD distrayante, très jolie, bien racontée, pas prise de tête. ça fait du bien de temps en temps.
Professeur Bell
Deuxième série que je lis de Sfar après l'excellent Chat du rabbin. Les histoires de ce professeur sont complètement décalées. Il n’y a aucune explication donnée ou même recherchée à ces phénomènes fantastiques et tant mieux, ça plomberait le récit. Là on se laisse guider, j’ai suivi avec joie le professeur et ses amis dans leurs aventures, l’humour est présent, les personnages sont attachants, que du bon quoi. Bon, le dessin de Sfar on n’accroche ou on n’accroche pas, il est très singulier, baroque, moi ça m’a pas posé de problèmes, il convient bien à ce genre de récit et à ses péripéties. J’ai pas noté trop de différences au changement de dessinateur, Tanquerelle reprend le style de Sfar. La narration est originale, Sfar joue avec les personnages et leur point de vue, leur investissement dans l’histoire, comme avec Eliphas ou la fille de Humpty Dumpty. Les 3 premiers tomes se valent et sont très différents, le quatrième est en dessous niveau scénar, il se passe presque rien. Une bonne série, pleines de qualités, j’attends les autres tomes !
Blue
Un petit coup de cœur pour cette BD qu’on nous a présentée comme un phénomène. Car c’est vraiment une belle BD. Peu d’auteurs ont abordé avec cette sensibilité, ce recul, mais aussi cette immersion les amours lesbiennes adolescentes. Ca sent d’ailleurs presque le vécu (en même temps, c’est difficile à vérifier, je n’ai jamais été lesbienne). Le dessin m’a un peu rebuté : figé, trop répétitif à mon goût, il m’a gêné dans ma lecture. Bref, j’ai été touché par cette histoire simple et compliquée à la fois. Il manque un peu d’originalité dans le graphisme pour me conquérir totalement.
L'Ascension du Haut Mal
Du très très bon 4, presque du cinq...Peut-être qu'à force de relectures, je vais vraiment adorer cette BD. En effet mes sentiments ont évolué face à cette BD. Je pense que si j'avais du mettre un avis au sortir de la lecture ça aurait du 2.5, car j'étais assez gêné au départ pas le caractère super touffu du dessin et par le fait que le scénario pouvait parfois sembler manquer de fil conducteur. Mais je gardais toujours une attirance pour cette Bd sans savoir pourquoi, et donc à force de relecture, je trouve que cette série est de très grande qualité. Pour le dessin : le caractère touffu, qui me gênait au départ, se révèle en fait être un point fort de cette BD, car ça apporte beaucoup : des touches d'humour, de la compréhension, de la nostalgie. En en fait c'est la même chose pour le scénario, les nombreuses ruptures qui m'ont gênées au début révèlent en fait de beaucoup de finesse et de justesse dans le traitement du sujet. Je reste donc très largement conquis par cette BD, jusqu'à me dire que dès que j'ai des sous je vais l'acheter.
Sillage
Bon comme d’autres l’ont dit avant moi, le 5/5 est presque là, mais les tomes sont trop inégaux pour classer la série en culte. Cependant on n’en est pas loin du tout. Tout d’abord le concept initial est franchement agréable : la rencontre d’une terrienne seule abandonné avec un univers d’extraterrestres tous différents. On est au cœur de la SF et ça fait plaisir ! Personnellement j’aime bien le mélange entre la SF et le médiéval, ingrédients que l’on retrouve dans sillage notamment dans le tome 4, mais dans chaque tome on retrouve un mélange entre des façons de penser différentes : humain primitif vs extraterrestres au sommet de la technologie, technologie spatiale vs révolution industrielle, future vs monde médiéval, êtres vivants vs mécas, libres vs prisonniers etc. De plus les personnages sont vraiment bien faits et représentent chacun une qualité ou un défaut de l’homme ; il y a la témérité (navïs), l’honnêteté (bobo), la fourberie et le mensonge (l’ambassadeur), la bonne conscience (snivel), etc. En somme, c’est une très bonne série qui se lie très bien et plus d’une fois.
Morgana
Le scénario de Morgana est selon moi très proche de celui du fléau des dieux, on y retrouve les mêmes ingrédients : une jeune et belles femmes luttant pour le salut du monde, elle est l’élue, et un méchant vil est sanguinaire qui souhaite tout détruire pour avoir le pouvoir, et comme de bien entendu ils sont forcément attirés l’un vers l’autre ! Le tout dans un univers futuriste et médiéval où l’épée à la même importance que les vaisseaux spatiaux (mélange de genre que j’affectionne particulièrement) Le scénario est donc commun mais on accroche de suite, les personnages sont assez énigmatiques pour entretenir le suspense. Le dessin, qu’en à lui, est franchement agréable Alberti est vraiment un grand (j’adore vraiment le gris pastel avec beaucoup de rouge ). PS : les vaisseaux en forme de moulinet de pêche je trouve ça spécial même si y a une justification presque plausible, on va dire que c’est la petite