Appollo et Brüno lancent une nouvelle série policière de science-fiction au look résolument rétro (70’s) et au ton plutôt original.
Voir un héros black qui semble sorti des films black des années 70 se rendre sur une base sur une planète pratiquement vierge, pour résoudre un mystérieux crime passionnel, j’aime bien l’idée. Quand en plus, ce crime ne s’avère pas si passionnel que ça et que tous les scientifiques de la base semblent un peu zarbis, ça devient encore plus intéressant.
Biotope, c’est un peu comme si Shaft partait résoudre les problèmes de la station Solaris. J’aime le caractère bougon du personnage principal, et le mystère qui grandit tout au long de la lecture de l’album.
Je trouve cette série parfaitement délirante, je n'ai pas mis 5/5 car j'attends le dernier tome pour me prononcer sur sa "cultitude" ;) mais pour le moment, je suis fan!
Les différents calembours, et allusion à toutes sortes de films, musiques ou autres m'ont bien accroché ! D'autant qu'ils sont bien intégrés dans l'histoire et ne ralentissent pas la narration, en fait on passe à coté de plein de choses à la première lecture mais on y retourne avec plaisir !
De plus, ce personnage du Capitaine qui fait planter tous ces plans "trésors" volontairement me séduit et titille ma curiosité au plus au point pour savoir ou il veut en venir (c'est d'ailleurs de cela que dépendra le 5/5 !).
De plus les dessins cartoonesques et les couleurs pastelles sont très agréables à admirer!
J'adore donc cette BD sur tous les points et j'attends la conclusion avec impatience, si vous ne connaissez pas courrez-y...
La sortie (enfin !) du tome 3 chez Panini me donne l'occasion de donner mon avis.
L'agent Graves, personnage mystérieux, rend visite à différentes personnes à priori sans lien (si ce n'est un drame personnel passé) et leur propose le même deal : dans une mallette, un flingue, 100 balles et une photo. Sur la photo, la personne responsable de leurs malheurs. Et grâce à l'arme et aux balles non-identifiables, l'assurance absolue de ne pas être poursuivis.
Sur cette idée de base maligne, Azzarello développe des histoires autonomes sur 1 ou plusieurs épisodes, mais finalement toutes liées par la trame générale de la série, qui prend lentement forme en filigrane. Que veut Graves ? Qui manipule qui ?
Et pour servir son scénario, le formidable Eduardo Risso, tout en ombres savamment réparties, fait merveille pour traduire l'ambiance polar.
Bref, un must.
Les "monstres" ?... Un véritable délire graphique hebdomadaire, accompagné de commentaires censés décrire les us et coutumes de chaque animal.
Et quand ce n'est pas Franquin qui rédige les textes, c'est Yvan Delporte -grand scénariste toujours en vie- qui remplit les "blancs" de sa verve légendaire.
Franquin adorait ses monstres, autant que Gaston, le Marsupilami et autres Modeste et Pompon.
Ces "choses" forment un pan étroit, marginal, mais plein de saveur de son oeuvre ; mais un pan de choix.
A vous de découvrir -comme je l'ai fait- la vie secrète de l'autrucmuche, des gnarks, de l'éployeuse tubulée, du polysnif, du mathusalosaure ou du boueux H'rrrplp-plic et autres "joyeusetés"....
"Un monstre par semaine" est un bien bel opus qui regroupe 26 bestioles grand-format, et édité dans un tirage luxueux.
Désopilant, poilant comme ses bébêtes... Un incontournable de l'univers "Franquinien".
Pour les amoureux de Franquin... et du rire...
L'Indochine, le Mékong, les jonques, les pirates... et tout cela à la fin du 19ème siècle sur fond de conquête française. Autant d'éléments qui fleurent bon l'aventure avec un grand A.
Que c'est bien fait !...
Le travail scénaristique de Bartoll est ici encore une fois remarquable. "Mékong" fait l'objet d'un excellent (à mes yeux) travail de recherche et de documentation.
J'ai "bondi" dans les aventures d'Alan Thomas, et ai été téléporté dans un univers enivrant. Et même si cet opus a toutes les apparences d'une mise en place, j'ai plongé tête baissée dans ces aventures aux couleurs chatoyantes.
Et quel travail graphique de Coyère !... Excellent !Un dessinateur à découvrir. Un trait net, sans bavure, la gestuelle des personnages pleinement lisible. Très beaux arrière-plans, bien structurés architecturalement, et coloris "de là-bas".
Du travail très bien fait. A découvrir. Vite.
C’est un très beau one-shot que nous propose Hermann, « On a tué Wild Bill » fait partie de mes bds westerns préférées.
Certes, le scénario est très classique car il se présente sous la forme d’une énième vengeance.
Mais, les décors et l’ambiance me sont apparus très fidèles à l’idée que je me fais de cette époque (lisez surtout le "mini documentaire" du début de livre !). C’est un western qui m’a semblé très réaliste à mi-chemin entre les films de Sergio Leone et ceux joués par John Wayne. Dans « On a tué Wild Bill », il n’y a pas point de fusillade toutes les 3 pages, pas non plus de violence gratuite comme on en trouve dans « Bouncer », ni de héros intouchable. Je ne me suis pas du tout ennuyé à la lecture de cet album, les péripéties du personnage principal sortent de l’ordinaire et celui-ci m’est apparu plutôt attachant.
Personnellement, je trouve qu’Hermann a réalisé graphiquement une de ses plus belles bds.
A la lecture, dans sa façon de mettre en scène son histoire, j’ai eu l’impression de regarder un film. Les cases s’enchaînent sans heurt avec une facilité de lecture déconcertante ! Les choix de cadrage sont remarquablement pertinents, j’ai énormément aimé le découpage de Hermann.
Quant au style de cet auteur, je l’ai beaucoup apprécié dans ce one-shot. L’album a été dessiné en couleurs directes aux tons très réalistes. J’émets toutefois un petit reproche sur ce dernier point où je pense que l’emploi de tons plus tranchants aurait été préférable afin de mieux marquer les ambiances (particulièrement lors des scènes de tensions).
« On a tué Wild Bill » est une bd qui devrait enthousiasmer tous les amateurs de westerns. A défaut d’un scénario original, je pense que le lecteur appréciera le style très réaliste de cette époque (du moins, dans mon idée…) et la mise en page exceptionnelle. Le dessin de Hermann est franchement magnifique et cet album me semble être la plus belle bd que l’auteur ait faite jusqu’à ce jour.
Planchon s'attaque ici au récit le plus célèbre de l'Histoire.
Et alors là, tout y passe : les rois-mages, la tentation dans le désert, la crucifixion...
Mais où cela devient "hénaurme" c'est qu'ici Jésus est un jeune patron d'entreprise branché. Il porte du Lacoste et joue au golf.
Là, sincèrement, je me suis marré ! Une vraie parodie, jouissive textuellement et visuellement ! Qui plus est, l'auteur la traite comme un roman-photos à l'ancienne : il y balance des scènes mélo-dramatiques souvent accompagnées de dialogues crétins.
Et le tout est alimenté par des images délicieusement retouchées.
Une question -quand même- reste en suspens à la fin de l'histoire : Jésus a été crucifié.
Mais qui donc va hériter des parts majoritaires du holding et des mille hectares que Dieu comptait lui laisser ?...
Cartoonesque, loufoque, faussement débile... un vrai délire par moments !
Sautez sur ce livre si l'occasion vous en est donnée. Du pur bonheur...
Il aurait mieux fallu que l'éditeur reprenne l'édito de Ptit Luc, plutôt que de mettre cette courte phrase en 4ème de couv. Mais l'édito est long. Il nous parle de quelle manière Ptit Luc par ses voyages a fait la connaissance de ces hommes et des ces femmes qui vont l'Afrique de la BD, comment il lui aura fallu se battre de longues années pour trouver les auteurs, réunir leurs écrits, trouver un éditeur en France…
Ceci n'est pas une histoire, mais des histoires. On pourrait presque dire l'Histoire avec la vision, la sensibilité et la culture africaine.
Ceci est donc un recueil d'historiettes, de quelques pages chacune.
Baignée de l'esprit africain, si cela avait été scénarisé par un Européen, on l'aurait accusé d'utiliser des images éculées de l'Afrique, de ses mystères, de sa violence, de sa misère, de ses femmes qui sont belles, des problèmes politiques, du chômage mais aussi du changement de mentalité qui s'opère et de la libération de la femme.
Chaque histoire raconte un bout d'Afrique, presque toute utilise une part de grigris et de marabouts, de collier magique et autres objets sacrés.
Mais presque à chaque page, on y découvre aussi violence quasi omniprésente, et des femmes qui font tourner les têtes.
Les sujets sont traités avec une légèreté de ton, avec un détachement salvateur, avec un érotisme parfois surprenant mais jamais vulgaire.
Une vision de l'Afrique intéressante et surprenante.
Coté dessin, plusieurs artistes intervenant il est difficile de donner une note. Globalement, On sent un fort potentiel dans chacun de ces artistes aux styles bien campés. Chaque dessinateur présente ses particularités. D'un trait réaliste au trait plus 'cartoon', chacun y va de sa sensibilité.
On passe aisément sur tous les défauts de jeunesse obligatoire pour ces artistes qui n'ont pas eu la chance avant de profiter de l'aide apporté par Ptit Luc à leur développement.
En tout cas une belle initiative et un bel album rempli de sensibilité sous toutes ses formes.
C'est dans un roman qu'apparaît pour la première fois Tarzan, ce en 1912. Jusqu'à sa mort -en 1950- Burroughs en écrira pas moins de 34 épisodes.
Mais le mythe -car c'en est un- est déjà lancé.
Tarzan va d'abord faire l'objet d'une adaptation cinématographique en 1918.
Il faudra pourtant attendre 1929 pour voir ses aventures transcrites sur papier.
C'est en effet le 7 Janvier 1929 qu'il apparaît pour la première fois, sous forme de strip, dans divers quotidiens US. Le succès est considérable et ne se démentira plus.
Sous la plume de divers dessinateurs, dont certains de véritables "pointures", Tarzan va connaître une popularité mondiale ; popularité d'ailleurs renforcée grâce aux films tournés avec Johnny Weismuller en vedette.
En France ?...
Déjà en 1930, l'éditeur Hachette publie des histoires dites "récitatives" (dessin + ajout d'un texte qui explique l'action en cours). Diverses maisons d'éditions reprendront le personnage qui paraîtra dans de nombreux périodiques : "L'As", "L'Intrépide", "Hurrah !", "Junior" et d'autres encore. Il aura même son propre journal : 293 parutions de 1946 à 1952.
Tarzan ?.. un véritable héros universel qui fera l'objet de films, séries télévisées, dessins animés, périodiques, albums, récits complets, jeux, figurines, petits formats, etc... et aura bien des ersatz : "Akim", "Tarou", sans compter les parodies (Tarzoon, des histoires par Gotlib...)
Un héros intemporel, encore dans toutes les mémoires. Et c'est tant mieux !...
Les albums ?...
J'en ai recensé 62 (non comptés ceux édités en langue française au Québec).
Sa carrière, d'ailleurs, est assez difficile à suivre :
- Une trentaine d'opus cartonnés chez Hachette, de 1936 à 1953
- Quatre tomes aux Editions Mondiales, en 1955 et 1956
- Quatre tomes chez SPE en 1946
- 15 opus brochés chez Sagédition de 1975 à 1983
Etc... etc...
Seulement une soixantaine d'albums ?... penserez-vous ...
Oui, mais c'est sans compter les 323 histoires parues en périodiques, les récits complets, etc...
Tarzan ?... C'est un des plus fort tirages jamais réalisés. Savez-vous que le périodique à son nom (période d'avant-guerre) "tirait" à plus de 300.000 (TROIS CENT MILLE ) exemplaires par SEMAINE ?...
Fou, non ?...
Tarzan ?... Il en aura connu, des histoires. Et aussi moult dessinateurs. Les plus "beaux" ? : Harold Foster, Burne Hogarth, Bob Lubbers, Russ Manning, John Celardo...
Tarzan, Jane et Cheeta ?... Un fabuleux brelan d'as qui a encore de très beaux jours devant lui...
OOOOOyoyoyoyoyoooOOOOHH !!!...
Je viens de lire "Le journal d'un remplaçant".
Je l'ai un peu ouvert pour y jeter un oeil, et je me suis vu ne le refermer (le livre, pas l’œil) qu'au bout d'une heure, après l'avoir fini.
Un peu comme avec Les Mauvaises gens de Davodeau, ce type de BD-documentaire se révèle vite formidablement intéressant et palpitant. Sur un sujet, l'apprentissage scolaire, qui touche tout le monde en vérité (comme il est relevé dans le bouquin), Martin Vidberg brode une chronique quotidienne de sa propre expérience.
Pour la forme, la grande qualité de l'auteur est d'avoir su conserver tout du long le style "journal de bord" très factuel, sans jamais faire de concession à la dérive autobiographique (sauf une petite fois, mais c'est clairement annoncé comme tel).
La qualité narrative de la simplicité des planches proposées permet également une grande appropriation de l'histoire par le lecteur (je n'ai véritablement pas pu décrocher avant la dernière page).
En revanche, même si les "Patates d'Everland" se révèlent très expressives, j'ai parfois eu du mal à identifier tel ou tel personnage (pour tout dire je ne reconnaissais jamais Jonas de Rémy, par exemple), et le texte n'est pas d'une aide absolu sur ce point spécifique. Je pense tout de même que, le propos n'étant pas de présenter une fiction socio-psychologique autour de characters* (*en anglais dans le texte, ça englobe mieux), mais plutôt un rapport factuel, cette option a été délibérément choisie par Martin-Everland pour éviter toute identification aux personnages, ou même de les considérer comme des personnages.
Personne, ici, sous les crayons de l'auteur, ne joue un rôle.
Pour le fond, on peut y trouver dépeint agréablement ce qui fait le quotidien professionnel d'un instit' (pardon "professeur des écoles") d'aujourd'hui, les précisions et les aspects spécifiques du milieu de l'enseignement spécialisé en complément très enrichissant. J'y ai trouvé des échos avec ce que me racontent régulièrement mes amis dans la branche.
Je regrette un peu le redondant discours militant anti-système (le système ici est l'Education Nationale), syndrome, à mon humble avis, du jeune professeur (faut dire aussi, pour leur défense, qu'ils sont un peu beaucoup lâchés au feu en solo), mais ça m'a fait rire lors des moments ou ce discours est traité avec ironie.
Il n’en reste pas moins que ce Journal est captivant de bout en bout, tant par le style retenu que par son sujet finalement universel, et que je le recommande plus que chaudement.
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Biotope
Appollo et Brüno lancent une nouvelle série policière de science-fiction au look résolument rétro (70’s) et au ton plutôt original. Voir un héros black qui semble sorti des films black des années 70 se rendre sur une base sur une planète pratiquement vierge, pour résoudre un mystérieux crime passionnel, j’aime bien l’idée. Quand en plus, ce crime ne s’avère pas si passionnel que ça et que tous les scientifiques de la base semblent un peu zarbis, ça devient encore plus intéressant. Biotope, c’est un peu comme si Shaft partait résoudre les problèmes de la station Solaris. J’aime le caractère bougon du personnage principal, et le mystère qui grandit tout au long de la lecture de l’album.
Ratafia
Je trouve cette série parfaitement délirante, je n'ai pas mis 5/5 car j'attends le dernier tome pour me prononcer sur sa "cultitude" ;) mais pour le moment, je suis fan! Les différents calembours, et allusion à toutes sortes de films, musiques ou autres m'ont bien accroché ! D'autant qu'ils sont bien intégrés dans l'histoire et ne ralentissent pas la narration, en fait on passe à coté de plein de choses à la première lecture mais on y retourne avec plaisir ! De plus, ce personnage du Capitaine qui fait planter tous ces plans "trésors" volontairement me séduit et titille ma curiosité au plus au point pour savoir ou il veut en venir (c'est d'ailleurs de cela que dépendra le 5/5 !). De plus les dessins cartoonesques et les couleurs pastelles sont très agréables à admirer! J'adore donc cette BD sur tous les points et j'attends la conclusion avec impatience, si vous ne connaissez pas courrez-y...
100 bullets
La sortie (enfin !) du tome 3 chez Panini me donne l'occasion de donner mon avis. L'agent Graves, personnage mystérieux, rend visite à différentes personnes à priori sans lien (si ce n'est un drame personnel passé) et leur propose le même deal : dans une mallette, un flingue, 100 balles et une photo. Sur la photo, la personne responsable de leurs malheurs. Et grâce à l'arme et aux balles non-identifiables, l'assurance absolue de ne pas être poursuivis. Sur cette idée de base maligne, Azzarello développe des histoires autonomes sur 1 ou plusieurs épisodes, mais finalement toutes liées par la trame générale de la série, qui prend lentement forme en filigrane. Que veut Graves ? Qui manipule qui ? Et pour servir son scénario, le formidable Eduardo Risso, tout en ombres savamment réparties, fait merveille pour traduire l'ambiance polar. Bref, un must.
Un monstre par semaine
Les "monstres" ?... Un véritable délire graphique hebdomadaire, accompagné de commentaires censés décrire les us et coutumes de chaque animal. Et quand ce n'est pas Franquin qui rédige les textes, c'est Yvan Delporte -grand scénariste toujours en vie- qui remplit les "blancs" de sa verve légendaire. Franquin adorait ses monstres, autant que Gaston, le Marsupilami et autres Modeste et Pompon. Ces "choses" forment un pan étroit, marginal, mais plein de saveur de son oeuvre ; mais un pan de choix. A vous de découvrir -comme je l'ai fait- la vie secrète de l'autrucmuche, des gnarks, de l'éployeuse tubulée, du polysnif, du mathusalosaure ou du boueux H'rrrplp-plic et autres "joyeusetés".... "Un monstre par semaine" est un bien bel opus qui regroupe 26 bestioles grand-format, et édité dans un tirage luxueux. Désopilant, poilant comme ses bébêtes... Un incontournable de l'univers "Franquinien". Pour les amoureux de Franquin... et du rire...
Mékong
L'Indochine, le Mékong, les jonques, les pirates... et tout cela à la fin du 19ème siècle sur fond de conquête française. Autant d'éléments qui fleurent bon l'aventure avec un grand A. Que c'est bien fait !... Le travail scénaristique de Bartoll est ici encore une fois remarquable. "Mékong" fait l'objet d'un excellent (à mes yeux) travail de recherche et de documentation. J'ai "bondi" dans les aventures d'Alan Thomas, et ai été téléporté dans un univers enivrant. Et même si cet opus a toutes les apparences d'une mise en place, j'ai plongé tête baissée dans ces aventures aux couleurs chatoyantes. Et quel travail graphique de Coyère !... Excellent !Un dessinateur à découvrir. Un trait net, sans bavure, la gestuelle des personnages pleinement lisible. Très beaux arrière-plans, bien structurés architecturalement, et coloris "de là-bas". Du travail très bien fait. A découvrir. Vite.
On a tué Wild Bill
C’est un très beau one-shot que nous propose Hermann, « On a tué Wild Bill » fait partie de mes bds westerns préférées. Certes, le scénario est très classique car il se présente sous la forme d’une énième vengeance. Mais, les décors et l’ambiance me sont apparus très fidèles à l’idée que je me fais de cette époque (lisez surtout le "mini documentaire" du début de livre !). C’est un western qui m’a semblé très réaliste à mi-chemin entre les films de Sergio Leone et ceux joués par John Wayne. Dans « On a tué Wild Bill », il n’y a pas point de fusillade toutes les 3 pages, pas non plus de violence gratuite comme on en trouve dans « Bouncer », ni de héros intouchable. Je ne me suis pas du tout ennuyé à la lecture de cet album, les péripéties du personnage principal sortent de l’ordinaire et celui-ci m’est apparu plutôt attachant. Personnellement, je trouve qu’Hermann a réalisé graphiquement une de ses plus belles bds. A la lecture, dans sa façon de mettre en scène son histoire, j’ai eu l’impression de regarder un film. Les cases s’enchaînent sans heurt avec une facilité de lecture déconcertante ! Les choix de cadrage sont remarquablement pertinents, j’ai énormément aimé le découpage de Hermann. Quant au style de cet auteur, je l’ai beaucoup apprécié dans ce one-shot. L’album a été dessiné en couleurs directes aux tons très réalistes. J’émets toutefois un petit reproche sur ce dernier point où je pense que l’emploi de tons plus tranchants aurait été préférable afin de mieux marquer les ambiances (particulièrement lors des scènes de tensions). « On a tué Wild Bill » est une bd qui devrait enthousiasmer tous les amateurs de westerns. A défaut d’un scénario original, je pense que le lecteur appréciera le style très réaliste de cette époque (du moins, dans mon idée…) et la mise en page exceptionnelle. Le dessin de Hermann est franchement magnifique et cet album me semble être la plus belle bd que l’auteur ait faite jusqu’à ce jour.
Jésus et les copains
Planchon s'attaque ici au récit le plus célèbre de l'Histoire. Et alors là, tout y passe : les rois-mages, la tentation dans le désert, la crucifixion... Mais où cela devient "hénaurme" c'est qu'ici Jésus est un jeune patron d'entreprise branché. Il porte du Lacoste et joue au golf. Là, sincèrement, je me suis marré ! Une vraie parodie, jouissive textuellement et visuellement ! Qui plus est, l'auteur la traite comme un roman-photos à l'ancienne : il y balance des scènes mélo-dramatiques souvent accompagnées de dialogues crétins. Et le tout est alimenté par des images délicieusement retouchées. Une question -quand même- reste en suspens à la fin de l'histoire : Jésus a été crucifié. Mais qui donc va hériter des parts majoritaires du holding et des mille hectares que Dieu comptait lui laisser ?... Cartoonesque, loufoque, faussement débile... un vrai délire par moments ! Sautez sur ce livre si l'occasion vous en est donnée. Du pur bonheur...
BD Africa
Il aurait mieux fallu que l'éditeur reprenne l'édito de Ptit Luc, plutôt que de mettre cette courte phrase en 4ème de couv. Mais l'édito est long. Il nous parle de quelle manière Ptit Luc par ses voyages a fait la connaissance de ces hommes et des ces femmes qui vont l'Afrique de la BD, comment il lui aura fallu se battre de longues années pour trouver les auteurs, réunir leurs écrits, trouver un éditeur en France… Ceci n'est pas une histoire, mais des histoires. On pourrait presque dire l'Histoire avec la vision, la sensibilité et la culture africaine. Ceci est donc un recueil d'historiettes, de quelques pages chacune. Baignée de l'esprit africain, si cela avait été scénarisé par un Européen, on l'aurait accusé d'utiliser des images éculées de l'Afrique, de ses mystères, de sa violence, de sa misère, de ses femmes qui sont belles, des problèmes politiques, du chômage mais aussi du changement de mentalité qui s'opère et de la libération de la femme. Chaque histoire raconte un bout d'Afrique, presque toute utilise une part de grigris et de marabouts, de collier magique et autres objets sacrés. Mais presque à chaque page, on y découvre aussi violence quasi omniprésente, et des femmes qui font tourner les têtes. Les sujets sont traités avec une légèreté de ton, avec un détachement salvateur, avec un érotisme parfois surprenant mais jamais vulgaire. Une vision de l'Afrique intéressante et surprenante. Coté dessin, plusieurs artistes intervenant il est difficile de donner une note. Globalement, On sent un fort potentiel dans chacun de ces artistes aux styles bien campés. Chaque dessinateur présente ses particularités. D'un trait réaliste au trait plus 'cartoon', chacun y va de sa sensibilité. On passe aisément sur tous les défauts de jeunesse obligatoire pour ces artistes qui n'ont pas eu la chance avant de profiter de l'aide apporté par Ptit Luc à leur développement. En tout cas une belle initiative et un bel album rempli de sensibilité sous toutes ses formes.
Tarzan par Burne Hogarth
C'est dans un roman qu'apparaît pour la première fois Tarzan, ce en 1912. Jusqu'à sa mort -en 1950- Burroughs en écrira pas moins de 34 épisodes. Mais le mythe -car c'en est un- est déjà lancé. Tarzan va d'abord faire l'objet d'une adaptation cinématographique en 1918. Il faudra pourtant attendre 1929 pour voir ses aventures transcrites sur papier. C'est en effet le 7 Janvier 1929 qu'il apparaît pour la première fois, sous forme de strip, dans divers quotidiens US. Le succès est considérable et ne se démentira plus. Sous la plume de divers dessinateurs, dont certains de véritables "pointures", Tarzan va connaître une popularité mondiale ; popularité d'ailleurs renforcée grâce aux films tournés avec Johnny Weismuller en vedette. En France ?... Déjà en 1930, l'éditeur Hachette publie des histoires dites "récitatives" (dessin + ajout d'un texte qui explique l'action en cours). Diverses maisons d'éditions reprendront le personnage qui paraîtra dans de nombreux périodiques : "L'As", "L'Intrépide", "Hurrah !", "Junior" et d'autres encore. Il aura même son propre journal : 293 parutions de 1946 à 1952. Tarzan ?.. un véritable héros universel qui fera l'objet de films, séries télévisées, dessins animés, périodiques, albums, récits complets, jeux, figurines, petits formats, etc... et aura bien des ersatz : "Akim", "Tarou", sans compter les parodies (Tarzoon, des histoires par Gotlib...) Un héros intemporel, encore dans toutes les mémoires. Et c'est tant mieux !... Les albums ?... J'en ai recensé 62 (non comptés ceux édités en langue française au Québec). Sa carrière, d'ailleurs, est assez difficile à suivre : - Une trentaine d'opus cartonnés chez Hachette, de 1936 à 1953 - Quatre tomes aux Editions Mondiales, en 1955 et 1956 - Quatre tomes chez SPE en 1946 - 15 opus brochés chez Sagédition de 1975 à 1983 Etc... etc... Seulement une soixantaine d'albums ?... penserez-vous ... Oui, mais c'est sans compter les 323 histoires parues en périodiques, les récits complets, etc... Tarzan ?... C'est un des plus fort tirages jamais réalisés. Savez-vous que le périodique à son nom (période d'avant-guerre) "tirait" à plus de 300.000 (TROIS CENT MILLE ) exemplaires par SEMAINE ?... Fou, non ?... Tarzan ?... Il en aura connu, des histoires. Et aussi moult dessinateurs. Les plus "beaux" ? : Harold Foster, Burne Hogarth, Bob Lubbers, Russ Manning, John Celardo... Tarzan, Jane et Cheeta ?... Un fabuleux brelan d'as qui a encore de très beaux jours devant lui... OOOOOyoyoyoyoyoooOOOOHH !!!...
Le Journal d'un remplaçant
Je viens de lire "Le journal d'un remplaçant". Je l'ai un peu ouvert pour y jeter un oeil, et je me suis vu ne le refermer (le livre, pas l’œil) qu'au bout d'une heure, après l'avoir fini. Un peu comme avec Les Mauvaises gens de Davodeau, ce type de BD-documentaire se révèle vite formidablement intéressant et palpitant. Sur un sujet, l'apprentissage scolaire, qui touche tout le monde en vérité (comme il est relevé dans le bouquin), Martin Vidberg brode une chronique quotidienne de sa propre expérience. Pour la forme, la grande qualité de l'auteur est d'avoir su conserver tout du long le style "journal de bord" très factuel, sans jamais faire de concession à la dérive autobiographique (sauf une petite fois, mais c'est clairement annoncé comme tel). La qualité narrative de la simplicité des planches proposées permet également une grande appropriation de l'histoire par le lecteur (je n'ai véritablement pas pu décrocher avant la dernière page). En revanche, même si les "Patates d'Everland" se révèlent très expressives, j'ai parfois eu du mal à identifier tel ou tel personnage (pour tout dire je ne reconnaissais jamais Jonas de Rémy, par exemple), et le texte n'est pas d'une aide absolu sur ce point spécifique. Je pense tout de même que, le propos n'étant pas de présenter une fiction socio-psychologique autour de characters* (*en anglais dans le texte, ça englobe mieux), mais plutôt un rapport factuel, cette option a été délibérément choisie par Martin-Everland pour éviter toute identification aux personnages, ou même de les considérer comme des personnages. Personne, ici, sous les crayons de l'auteur, ne joue un rôle. Pour le fond, on peut y trouver dépeint agréablement ce qui fait le quotidien professionnel d'un instit' (pardon "professeur des écoles") d'aujourd'hui, les précisions et les aspects spécifiques du milieu de l'enseignement spécialisé en complément très enrichissant. J'y ai trouvé des échos avec ce que me racontent régulièrement mes amis dans la branche. Je regrette un peu le redondant discours militant anti-système (le système ici est l'Education Nationale), syndrome, à mon humble avis, du jeune professeur (faut dire aussi, pour leur défense, qu'ils sont un peu beaucoup lâchés au feu en solo), mais ça m'a fait rire lors des moments ou ce discours est traité avec ironie. Il n’en reste pas moins que ce Journal est captivant de bout en bout, tant par le style retenu que par son sujet finalement universel, et que je le recommande plus que chaudement.