Série policière de 7 à 77 ans.
Petite histoire personnelle : mon petit neveu de 12 ans qui ne lit que des mangas de baston (Naruto, Dragon Ball, One Piece) et des Titeuf m'a fait découvrir les tomes 9 à 19 de Jérome K. Jérome Bloche. J'ai dévoré ces 11 tomes en 3 jours et j'ai refilé le virus à ma mère qui ne décolle plus de cette série alors que je n'ai pas réussi à lui faire lire une de mes nombreuses BD.
Mais revenons à nos moutons... où plutôt à notre détective.
Ce jeune détective, distrait, maladroit et naïf (pour ne pas dire nunuche) est surtout très attachant. Il a quand même un bon sens d'observation et de déduction qui lui permet de résoudre quelques intrigues alambiquées (mais pas trop) et de se sortir de bien mauvaises situations (oui, il a aussi la faculté de s'attirer des ennuis).
Les personnages secondaires comme la petite amie, Babette, ou la concierge ou la voisine (mal-)voyante du dessous sont tout aussi sympathiques et participent beaucoup aux enquêtes. C'est drôle et distrayant.
Alors bien sûr, les intrigues sont un peu convenues et parfois capilo-tractées mais ça ne m'a pas gâché mon plaisir à dévorer tous ces tomes d'une traite.
Le dessin n'est pas extraordinaire (ligne claire des familles) mais convient parfaitement à l'atmosphère bon-enfant de la série. C'est mignon et les personnages ont tous une "bonne tronche".
Bon maintenant, il ne me reste plus qu'à trouver les 8 premiers tomes... je crois que je suis accro :)
Série bien sympa et prometteuse.
D'habitude je n'achète pas le 1er tome d'une nouvelle série. Je préfère attendre que quelques tomes soient sortis et qu'il y ait plusieurs avis positifs sur bdtheque :). Mais grâce à l'interview des auteurs et en feuilletant ce 1er tome chez mon libraire, j'ai craqué, je l'ai acheté. Et bien m'en a pris :)
D'abord l'histoire est trépidante et sans temps mort. Je ne vous ferai pas de résumé (voir celui de la fiche) mais en lisant ce 1er tome, j'ai eu l'impression de lire le story-board d'un film de Quentin Tarantino : héros avec un lourd passif, petites frappes, tueurs à gages, règlements de comptes, vengeances, amour naïf (certains diraient "romantique"), destins croisés, flashbacks... et une scène finale qui est un clin d'oeil à un grand film de Tarantino et qui augure d'un début de 2nd tome bien palpitant.
Même si le dessin semble encore hésitant sur certaines cases, il me paraît tout à fait convenable et approprié à ce type d'histoire mafieuse et bourrée d'action. Le rythme est soutenu par un cadrage efficace. Le seul reproche (et ceux qui ont déjà lu un de mes avis vont dire : Encore !) que je ferai est que le dessinateur utilise trop de hachures pour créer des ombres, pour flouter l'image ou pour donner un effet de vitesse (ben oui, j'aime pas :)).
En tout cas, vivement la suite !
Dès la première page, Jean-Michel Charlier avertit à travers les dialogues de voyageurs d'un vaisseau que le "démon des caraïbes" rode à la recherche de galions espagnols à piller. Bien évidemment Barbe-Rouge surgit à l'abordage et le pirate n'est pas du genre à avoir pitié. Pourtant, il recueille un nouveau-né qu'il choisit comme fils adoptif.
Comme on le voit, les péripéties s'enchaînent rapidement et l'enfant, Eric, encadré par le savant unijambiste "Triple-Patte" et le fidèle noir Baba grandit et réprouve rapidement la vie de meurtres de son père de substitution. C'est donc le jeune homme que nous suivrons en Angleterre où il va étudier, mais la série parle davantage des rapports entre les deux hommes et Eric reviendra vers son père, bien persuadé de le ramener dans le droit chemin.
Le scénariste sait donner de l'épaisseur à ses intrigues en créant un cadre émotionnel crédible en même temps qu'il exploite des situations classiques qu'il réinvente grâce à son sens du suspense et de l'action. Son texte est sans doute abondant parfois, mais il s'accorde avec le dessin réaliste et agréable de Hubinon qui, tout de même très raisonnable et parfois un peu schématique, trahit quelque peu son âge. L'ensemble n'en reste pas moins de grande qualité et passionnant, embarquez-vous et partez à la chasse au trésor avec des personnages auxquels Chalier donne une vraie dimension, tout comme d'ailleurs aux nombreux ennemis de Barbe-Rouge qui jurent sa perte.
Après la disparition d'Hubinon, Charlier relance la série avec Jijé et son fils Lorg. Jijé possède un grand sens du mouvement et créé des trognes inimitables. "L'île des vaisseaux perdus" où Eric recherche son père adoptif disparu alors qu'il s'était lancé dans une nouvelle chasse au trésor est une des plus grande réussite de la série. Jijé meurt à son tour et Gaty le remplace en terminant ce cycle d'un trait agréable et proche de son prédécesseur.
Charlier lance une série parallèle dessinée par Pellerin qui n'aura que deux titres mais où le dessinateur, venant de l'illustration, friand de plans larges, donne une version documentaire et minutieuse absolument magnifique de cette série.
Après la mort de Charlier, seul Gaty poursuit la série avec Jean Ollivier au scénario. Le résultat est naïf et bon enfant, finalement agréable contrairement à ce qu'on en a dit, mais moins puissant que ce que produisait le scénariste précédent.
Marc Bourgne au dessin et Perrissin au scénario reprennent la série pour un résultat excellent mais curieux : ils ne respectent en rien la mythologie mise en place par leur prédécesseurs, père et fils se vouent une haine sans bornes, et les grandes batailles ont fait place à des aventures réduites à un minimum de personnages, dont les psychologies sont modifiées.
Bref, c'est bien mais curieusement ça ne respecte pas ce qui a été mis en place par les autres auteurs, ce qui peut être tout de même gênant (voire un peu méprisant).
En tout cas, un grand classique qui a connu bien des tumultes dans sa création, et mérite d'être découvert.
Ciel ! Je n'avais pas avisé cette série dont j'ai pourtant bien dû lire et relire l'intégrale quand j'étais moi-même adolescent et post-ado.
Une galerie de personnages attachants, à la fois crédibles et juste caricaturaux comme il le faut, des relations simples et agréables entre eux, un humour relativement fin, et toute une ambiance qui rend vraiment l'atmosphère de la vie des adolescents de la fin des années 70 jusqu'au début des années 90.
Le tout servi par le dessin agréable et typé de Jannin.
Quand je lis un de ces albums, c'est toujours avec plaisir et une certaine nostalgie. Et je me souviens encore de certains gags (notamment un qui se moquait gentiment des "japoniaiseries" de l'époque) qui m'ont vraiment fait rire.
Je ne suis pas un grand consommateur de comics de super héros et même si je connais bien évidement Daredevil, c’est la première fois que je lis une série qui lui est entièrement consacrée. La transposition du format américain au format européen à malheureusement coupé 1 cm en haut et en bas de chaque page, mais cela ne gène heureusement pas la lecture. Les dessins sont d’ailleurs très bons.
J’ai dans un premier temps bien accroché à l’histoire principale, mais j’ai quand même été un peu perturbé par certains passages. Par exemple ceux ou notre héros croise la route d’une bande de justicier et qu’ils se bastonnent pendant des pages entières, sans qu’au final cela présente un intérêt pour l’histoire.
Par contre quand dans la dernière partie, l’auteur recentre les évènements sur l’histoire principale, je n’ai pas pu lâcher la BD. Le scénario est vraiment béton, on se rend compte que certains petits détails insignifiants ont en fait une grande importance. C’est remarquablement construit. Et les retournements de situation successifs sont terriblement bien trouvés. Bref, j’ai vraiment dévoré les derniers chapitres.
A mon avis cet épisode à tout pour devenir un incontournable aux yeux des fans de Daredevil.
Un univers vraiment original, surprenant et marquant. Un côté de la science-fiction qui n'avait encore jamais été exploré (à ma connaissance bien sûr). Des personnages attachants, de nombreux rebondissements : on a franchement envie de découvrir la suite car on laisse les héros dans une position plus qu'inconfortable et délicate.
Je suis un adepte de la série Aldébaran-Bételgeuse- et maintenant Antarès, donc j'ai ouvert ce nouveau tome (et nouveau cycle) avec un état d'esprit bienveillant (juste un peu inquiet, cf.infra) et une impatience enfin assouvie. Donc plutôt bien disposé à apprécier la BD .
Et... Je n'ai pas été déçu. Pour tout nouveau lecteur cette "saga" de science fiction choque toujours par les dessins des personnages, cela ne change pas, expressions figées, dessin "naïf", mais la qualité scénaristique, les décors oniriques et les personnages aux personnalités parfaitement mises en scène auxquels on s'attache immédiatement font très vite oublier le manque de qualité dans le dessin des expressions des personnes.
Aldébaran est un excellent cycle, monde onirique, personnages forts, mystères, action, rebondissements, tout ça dans une ambiance où l'on sent l'influence du Brésil natal de Léo.
Je l'ai relu dernièrement (avant de découvrir Antarès) et le plaisir est intact.
Bételgeuse est dans la même veine (Léo semble marqué par les régimes dictatoriaux, il a quitté le Brésil à cause d'une dictature), peut-être un peu moins intense (et encore...), seul vrai bémol, certaines situations et dialogues pas du tout crédibles, maladresse pardonnable à la vue de la qualité globale mais qui parfois ponctuent des évènements ou des transitions dans le récit d'une manière un peu expéditive et manquant de réalisme, notamment dans la psychologie des personnages. Par exemple le coté "peu farouche" de Kim associé à une attraction de la gente masculine quelques peu excessive (c'est un euphémisme)... Voir absolument tous les hommes "amoureux" et Kim qui propose une relation sexuelle avec la même décontraction que celle que l'on a à proposer un apéro...
En conclusion si ces quelques défauts sont un peu décevant, il n'en reste pas moins que la magie du monde de Léo opère toujours aussi bien.
Enfin, Antarès, j'étais impatient mais un peu inquiet, et je trouve que Léo s'en est parfaitement bien sorti, avec un album de transition parfaitement mené. Introduction au nouveau cycle, avec un passage sur Terre qui, s'il nous change des mondes oniriques que j'apprécie tant, est parfaitement bien mené avec un Paris tout à fait réaliste, comme d'habitude Léo nous emmène en 1 seconde dans son imaginaire. Un nouveau mystère apparaît, de nouveaux personnages, vivement la suite, introduction parfaite. Un bémol ? Allez mais vraiment léger, la "surprise" que nous réserve Kim dans ce tome je pense que nous sommes nombreux à l'avoir vu venir à la fin de Bételgeuse d'une manière évidente, la cause ? Toujours ces quelques situations peu crédibles du cycle 2. Donc en fin de compte ce bémol vient de Bételgeuse et non pas d'Antarès. ;)
Merci Léo, continuez à nous emmener dans vos univers, à nous présenter des personnages si attachant et à instiller des critiques sur notre monde, bien réel celui-ci.
TOME 2:
Moi quand j'ai découvert le deuxième tome de cette bd c'était en prépublication dans Pif gadget en 1989. Perso je me demande encore comment ça ce fait que j'avais ce numéro : j'avais un an !
Enfin bref, l'univers du japon féodale est très bien construit et retranscrit, tout en étant stylisé juste ce qu'il faut. A ce titre le combat à cheval sur le lac gelé est très bien retransmis.
La quête de vengeance de Mashémalo, qui se croise avec les sombres histoires de complots au sein de la cour du shogun, crée vraiment bien ce sentiment que derrière les discours et les événements officiels se tirent les ficelles d'une intrigue vraiment adulte (attention ça tranche !).
P.S.: si quelqu'un possède les éditions album : je suis preneur quelque soit l'état !
J'ai lu Matricule triple zéro, Aventures en jaune et shukumei lors de leur parution dans le journal de Spirou. J'avais de suite adoré, et encore aujourd'hui, cet humour provocateur et jubilatoire qui était à l'époque tout à fait neuf.
Les caractères des 3 "héros" aussi étaient très novateurs, comparés aux stéréotypes habituels, et qui sévissent toujours aujourd'hui.
Lorsque enfin ces albums ont été édités, je me suis jeté dessus. Mais j'ai été un peu déçu par les remaniements de dessins et de couleurs. Ca fait plus "lisse", les originaux y ont perdu de leur force et de leur atmosphère (notamment sur shukumei).
Ensuite j'ai acheté le crâne du père Zé dès sa sortie, et là, l'état de grâce était terminé. La belle Alix prend le premier rôle et l'humour ravageur s'émousse, devient plus standard.
Bref, je n'ai pas poursuivi la collection, préférant rester sur l'excellente impression des 3 premiers albums.
Quant au dessin, pour moi, Conrad n'a jamais été aussi bon que dans cette série. J'ai même envie de dire que son dessin était meilleur au début que maintenant, où il est plus lisse, plus ligne claire.
En fait, c'est très dur à noter, Je mettrais culte pour les premiers albums et seulement pas mal à partir du "père Zé". Quoi que je n'ai pas lu les suivants, alors...?
Maurice Rajsfus, journaliste et historien, est né de parents juifs polonais. Pourtant, son origine juive ne l’a pas empêché de se trouver aux côtés des Algériens qui se battaient pour leur indépendance, de 1954 à 1962 ainsi que d’affirmer sa solidarité avec les Palestiniens dans leur volonté de créer un Etat laïque et démocratique.
« Moussa et David » illustre parfaitement cette dichotomie. Le début du récit est un rappel didactique et historique de la naissance et de l’évolution des peuples juifs et palestiniens. Il se poursuit par une description sans concession du quotidien des deux jeunes enfants et de leur rencontre inespérée. Aucun misérabilisme, aucun parti pris, juste un appel à la tolérance et à la paix.
Les textes sont magnifiquement mis en images par Jacques Demiguel. Son style, à la fois naïf et surréaliste, recourt à l’utilisation de symboles très forts comme la colombe ou la branche d’olivier.
Cet opus, poignant et très documenté, est un formidable outil de compréhension pour petits et grands.
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Jérôme K. Jérôme Bloche
Série policière de 7 à 77 ans. Petite histoire personnelle : mon petit neveu de 12 ans qui ne lit que des mangas de baston (Naruto, Dragon Ball, One Piece) et des Titeuf m'a fait découvrir les tomes 9 à 19 de Jérome K. Jérome Bloche. J'ai dévoré ces 11 tomes en 3 jours et j'ai refilé le virus à ma mère qui ne décolle plus de cette série alors que je n'ai pas réussi à lui faire lire une de mes nombreuses BD. Mais revenons à nos moutons... où plutôt à notre détective. Ce jeune détective, distrait, maladroit et naïf (pour ne pas dire nunuche) est surtout très attachant. Il a quand même un bon sens d'observation et de déduction qui lui permet de résoudre quelques intrigues alambiquées (mais pas trop) et de se sortir de bien mauvaises situations (oui, il a aussi la faculté de s'attirer des ennuis). Les personnages secondaires comme la petite amie, Babette, ou la concierge ou la voisine (mal-)voyante du dessous sont tout aussi sympathiques et participent beaucoup aux enquêtes. C'est drôle et distrayant. Alors bien sûr, les intrigues sont un peu convenues et parfois capilo-tractées mais ça ne m'a pas gâché mon plaisir à dévorer tous ces tomes d'une traite. Le dessin n'est pas extraordinaire (ligne claire des familles) mais convient parfaitement à l'atmosphère bon-enfant de la série. C'est mignon et les personnages ont tous une "bonne tronche". Bon maintenant, il ne me reste plus qu'à trouver les 8 premiers tomes... je crois que je suis accro :)
Lenny Valentino
Série bien sympa et prometteuse. D'habitude je n'achète pas le 1er tome d'une nouvelle série. Je préfère attendre que quelques tomes soient sortis et qu'il y ait plusieurs avis positifs sur bdtheque :). Mais grâce à l'interview des auteurs et en feuilletant ce 1er tome chez mon libraire, j'ai craqué, je l'ai acheté. Et bien m'en a pris :) D'abord l'histoire est trépidante et sans temps mort. Je ne vous ferai pas de résumé (voir celui de la fiche) mais en lisant ce 1er tome, j'ai eu l'impression de lire le story-board d'un film de Quentin Tarantino : héros avec un lourd passif, petites frappes, tueurs à gages, règlements de comptes, vengeances, amour naïf (certains diraient "romantique"), destins croisés, flashbacks... et une scène finale qui est un clin d'oeil à un grand film de Tarantino et qui augure d'un début de 2nd tome bien palpitant. Même si le dessin semble encore hésitant sur certaines cases, il me paraît tout à fait convenable et approprié à ce type d'histoire mafieuse et bourrée d'action. Le rythme est soutenu par un cadrage efficace. Le seul reproche (et ceux qui ont déjà lu un de mes avis vont dire : Encore !) que je ferai est que le dessinateur utilise trop de hachures pour créer des ombres, pour flouter l'image ou pour donner un effet de vitesse (ben oui, j'aime pas :)). En tout cas, vivement la suite !
Barbe-Rouge
Dès la première page, Jean-Michel Charlier avertit à travers les dialogues de voyageurs d'un vaisseau que le "démon des caraïbes" rode à la recherche de galions espagnols à piller. Bien évidemment Barbe-Rouge surgit à l'abordage et le pirate n'est pas du genre à avoir pitié. Pourtant, il recueille un nouveau-né qu'il choisit comme fils adoptif. Comme on le voit, les péripéties s'enchaînent rapidement et l'enfant, Eric, encadré par le savant unijambiste "Triple-Patte" et le fidèle noir Baba grandit et réprouve rapidement la vie de meurtres de son père de substitution. C'est donc le jeune homme que nous suivrons en Angleterre où il va étudier, mais la série parle davantage des rapports entre les deux hommes et Eric reviendra vers son père, bien persuadé de le ramener dans le droit chemin. Le scénariste sait donner de l'épaisseur à ses intrigues en créant un cadre émotionnel crédible en même temps qu'il exploite des situations classiques qu'il réinvente grâce à son sens du suspense et de l'action. Son texte est sans doute abondant parfois, mais il s'accorde avec le dessin réaliste et agréable de Hubinon qui, tout de même très raisonnable et parfois un peu schématique, trahit quelque peu son âge. L'ensemble n'en reste pas moins de grande qualité et passionnant, embarquez-vous et partez à la chasse au trésor avec des personnages auxquels Chalier donne une vraie dimension, tout comme d'ailleurs aux nombreux ennemis de Barbe-Rouge qui jurent sa perte. Après la disparition d'Hubinon, Charlier relance la série avec Jijé et son fils Lorg. Jijé possède un grand sens du mouvement et créé des trognes inimitables. "L'île des vaisseaux perdus" où Eric recherche son père adoptif disparu alors qu'il s'était lancé dans une nouvelle chasse au trésor est une des plus grande réussite de la série. Jijé meurt à son tour et Gaty le remplace en terminant ce cycle d'un trait agréable et proche de son prédécesseur. Charlier lance une série parallèle dessinée par Pellerin qui n'aura que deux titres mais où le dessinateur, venant de l'illustration, friand de plans larges, donne une version documentaire et minutieuse absolument magnifique de cette série. Après la mort de Charlier, seul Gaty poursuit la série avec Jean Ollivier au scénario. Le résultat est naïf et bon enfant, finalement agréable contrairement à ce qu'on en a dit, mais moins puissant que ce que produisait le scénariste précédent. Marc Bourgne au dessin et Perrissin au scénario reprennent la série pour un résultat excellent mais curieux : ils ne respectent en rien la mythologie mise en place par leur prédécesseurs, père et fils se vouent une haine sans bornes, et les grandes batailles ont fait place à des aventures réduites à un minimum de personnages, dont les psychologies sont modifiées. Bref, c'est bien mais curieusement ça ne respecte pas ce qui a été mis en place par les autres auteurs, ce qui peut être tout de même gênant (voire un peu méprisant). En tout cas, un grand classique qui a connu bien des tumultes dans sa création, et mérite d'être découvert.
Germain et nous
Ciel ! Je n'avais pas avisé cette série dont j'ai pourtant bien dû lire et relire l'intégrale quand j'étais moi-même adolescent et post-ado. Une galerie de personnages attachants, à la fois crédibles et juste caricaturaux comme il le faut, des relations simples et agréables entre eux, un humour relativement fin, et toute une ambiance qui rend vraiment l'atmosphère de la vie des adolescents de la fin des années 70 jusqu'au début des années 90. Le tout servi par le dessin agréable et typé de Jannin. Quand je lis un de ces albums, c'est toujours avec plaisir et une certaine nostalgie. Et je me souviens encore de certains gags (notamment un qui se moquait gentiment des "japoniaiseries" de l'époque) qui m'ont vraiment fait rire.
Daredevil - Father
Je ne suis pas un grand consommateur de comics de super héros et même si je connais bien évidement Daredevil, c’est la première fois que je lis une série qui lui est entièrement consacrée. La transposition du format américain au format européen à malheureusement coupé 1 cm en haut et en bas de chaque page, mais cela ne gène heureusement pas la lecture. Les dessins sont d’ailleurs très bons. J’ai dans un premier temps bien accroché à l’histoire principale, mais j’ai quand même été un peu perturbé par certains passages. Par exemple ceux ou notre héros croise la route d’une bande de justicier et qu’ils se bastonnent pendant des pages entières, sans qu’au final cela présente un intérêt pour l’histoire. Par contre quand dans la dernière partie, l’auteur recentre les évènements sur l’histoire principale, je n’ai pas pu lâcher la BD. Le scénario est vraiment béton, on se rend compte que certains petits détails insignifiants ont en fait une grande importance. C’est remarquablement construit. Et les retournements de situation successifs sont terriblement bien trouvés. Bref, j’ai vraiment dévoré les derniers chapitres. A mon avis cet épisode à tout pour devenir un incontournable aux yeux des fans de Daredevil.
Quartier M
Un univers vraiment original, surprenant et marquant. Un côté de la science-fiction qui n'avait encore jamais été exploré (à ma connaissance bien sûr). Des personnages attachants, de nombreux rebondissements : on a franchement envie de découvrir la suite car on laisse les héros dans une position plus qu'inconfortable et délicate.
Antarès
Je suis un adepte de la série Aldébaran-Bételgeuse- et maintenant Antarès, donc j'ai ouvert ce nouveau tome (et nouveau cycle) avec un état d'esprit bienveillant (juste un peu inquiet, cf.infra) et une impatience enfin assouvie. Donc plutôt bien disposé à apprécier la BD . Et... Je n'ai pas été déçu. Pour tout nouveau lecteur cette "saga" de science fiction choque toujours par les dessins des personnages, cela ne change pas, expressions figées, dessin "naïf", mais la qualité scénaristique, les décors oniriques et les personnages aux personnalités parfaitement mises en scène auxquels on s'attache immédiatement font très vite oublier le manque de qualité dans le dessin des expressions des personnes. Aldébaran est un excellent cycle, monde onirique, personnages forts, mystères, action, rebondissements, tout ça dans une ambiance où l'on sent l'influence du Brésil natal de Léo. Je l'ai relu dernièrement (avant de découvrir Antarès) et le plaisir est intact. Bételgeuse est dans la même veine (Léo semble marqué par les régimes dictatoriaux, il a quitté le Brésil à cause d'une dictature), peut-être un peu moins intense (et encore...), seul vrai bémol, certaines situations et dialogues pas du tout crédibles, maladresse pardonnable à la vue de la qualité globale mais qui parfois ponctuent des évènements ou des transitions dans le récit d'une manière un peu expéditive et manquant de réalisme, notamment dans la psychologie des personnages. Par exemple le coté "peu farouche" de Kim associé à une attraction de la gente masculine quelques peu excessive (c'est un euphémisme)... Voir absolument tous les hommes "amoureux" et Kim qui propose une relation sexuelle avec la même décontraction que celle que l'on a à proposer un apéro... En conclusion si ces quelques défauts sont un peu décevant, il n'en reste pas moins que la magie du monde de Léo opère toujours aussi bien. Enfin, Antarès, j'étais impatient mais un peu inquiet, et je trouve que Léo s'en est parfaitement bien sorti, avec un album de transition parfaitement mené. Introduction au nouveau cycle, avec un passage sur Terre qui, s'il nous change des mondes oniriques que j'apprécie tant, est parfaitement bien mené avec un Paris tout à fait réaliste, comme d'habitude Léo nous emmène en 1 seconde dans son imaginaire. Un nouveau mystère apparaît, de nouveaux personnages, vivement la suite, introduction parfaite. Un bémol ? Allez mais vraiment léger, la "surprise" que nous réserve Kim dans ce tome je pense que nous sommes nombreux à l'avoir vu venir à la fin de Bételgeuse d'une manière évidente, la cause ? Toujours ces quelques situations peu crédibles du cycle 2. Donc en fin de compte ce bémol vient de Bételgeuse et non pas d'Antarès. ;) Merci Léo, continuez à nous emmener dans vos univers, à nous présenter des personnages si attachant et à instiller des critiques sur notre monde, bien réel celui-ci.
Mashémalo
TOME 2: Moi quand j'ai découvert le deuxième tome de cette bd c'était en prépublication dans Pif gadget en 1989. Perso je me demande encore comment ça ce fait que j'avais ce numéro : j'avais un an ! Enfin bref, l'univers du japon féodale est très bien construit et retranscrit, tout en étant stylisé juste ce qu'il faut. A ce titre le combat à cheval sur le lac gelé est très bien retransmis. La quête de vengeance de Mashémalo, qui se croise avec les sombres histoires de complots au sein de la cour du shogun, crée vraiment bien ce sentiment que derrière les discours et les événements officiels se tirent les ficelles d'une intrigue vraiment adulte (attention ça tranche !). P.S.: si quelqu'un possède les éditions album : je suis preneur quelque soit l'état !
Les Innommables
J'ai lu Matricule triple zéro, Aventures en jaune et shukumei lors de leur parution dans le journal de Spirou. J'avais de suite adoré, et encore aujourd'hui, cet humour provocateur et jubilatoire qui était à l'époque tout à fait neuf. Les caractères des 3 "héros" aussi étaient très novateurs, comparés aux stéréotypes habituels, et qui sévissent toujours aujourd'hui. Lorsque enfin ces albums ont été édités, je me suis jeté dessus. Mais j'ai été un peu déçu par les remaniements de dessins et de couleurs. Ca fait plus "lisse", les originaux y ont perdu de leur force et de leur atmosphère (notamment sur shukumei). Ensuite j'ai acheté le crâne du père Zé dès sa sortie, et là, l'état de grâce était terminé. La belle Alix prend le premier rôle et l'humour ravageur s'émousse, devient plus standard. Bref, je n'ai pas poursuivi la collection, préférant rester sur l'excellente impression des 3 premiers albums. Quant au dessin, pour moi, Conrad n'a jamais été aussi bon que dans cette série. J'ai même envie de dire que son dessin était meilleur au début que maintenant, où il est plus lisse, plus ligne claire. En fait, c'est très dur à noter, Je mettrais culte pour les premiers albums et seulement pas mal à partir du "père Zé". Quoi que je n'ai pas lu les suivants, alors...?
Moussa et David - Deux enfants d'un même pays
Maurice Rajsfus, journaliste et historien, est né de parents juifs polonais. Pourtant, son origine juive ne l’a pas empêché de se trouver aux côtés des Algériens qui se battaient pour leur indépendance, de 1954 à 1962 ainsi que d’affirmer sa solidarité avec les Palestiniens dans leur volonté de créer un Etat laïque et démocratique. « Moussa et David » illustre parfaitement cette dichotomie. Le début du récit est un rappel didactique et historique de la naissance et de l’évolution des peuples juifs et palestiniens. Il se poursuit par une description sans concession du quotidien des deux jeunes enfants et de leur rencontre inespérée. Aucun misérabilisme, aucun parti pris, juste un appel à la tolérance et à la paix. Les textes sont magnifiquement mis en images par Jacques Demiguel. Son style, à la fois naïf et surréaliste, recourt à l’utilisation de symboles très forts comme la colombe ou la branche d’olivier. Cet opus, poignant et très documenté, est un formidable outil de compréhension pour petits et grands.