Chaque tome constitue une histoire complète avec une trame de fond qui court sur toute la série.
Bien que bénéficiant d’une narration maîtrisée, les histoires sont relativement basiques et un peu "faciles". Mais l’intérêt de la série est à chercher ailleurs. Les histoires ne servent en réalité qu’à mieux cerner IAN, véritable moteur de la série. Et sur ce plan, c’est plutôt réussi ! Chaque tome en dévoile un peu plus sur IAN, ses performances et ses défaillances. L’intrigue se fait jour dans le tome 2 pour se dévoiler davantage dans le 3. Une série légère en apparence mais qui possède une base solide et intrigante. Côté dessins, l’évolution du trait de Ralph Meyer est palpable avec l’avancement de la série. Le trait réaliste et austère du premier tome s’assouplit avec les suivants pour devenir plus dynamique, bien dans l’air du temps en quelques sortes. La colorisation évolue elle aussi dans le bon sens.
Bref, voici une série plus profonde qu’il n’y parait et qui mérite toute votre attention !
Un Jean Van Hamme très inspiré et pertinent pour cette courte série, où il s'intéresse aux dérives d'une société moderne pourtant selon toute apparence préoccupée du bonheur de ses citoyens.
Aux travers de courtes histoires d'une quinzaine de planches, il illustre ainsi les rapports des individus aux loisirs, au travail, aux liens sociaux, au pouvoir, l'accession aux soins, etc... Après avoir cerné les rouages de cette civilisation (moderne donc), Van Hamme en tire une conclusion dans une histoire longue où tous les protagonistes croisés se retrouvent.
On ne peut pas dire que la morale de la fable soit particulièrement optimiste, elle n'en est pas moins savoureuse par les dérives qu'elle dénonce, d'autant que le scénariste fait preuve d'imagination et d'humour. La construction narrative est imparable, la maîtrise est évidente et rien n'est laissé au hasard, la galerie de personnages est bien illustrée par des dialogues inspirés, bref, c'est du très beau travail. La singularité de l'être humain qui se révolte au milieu d'une civilisation uniformisée est ainsi particulièrement bien défendue, et chacun pourra tirer ses propres conclusions de l'épilogue.
Le traitement réaliste de Griffo est efficace et solidement construit. Le dessinateur valorise les différentes histoires en créant parfaitement les décors et les costumes des différentes classes sociales étudiées, et son travail sur les ambiances est trop peu souligné. Les couleurs sombres rendent le coté fade du monde décrit. L'auteur ne se laisse donc aller à aucune facilité, et forme un tandem efficace avec son scénariste.
Une oeuvre créée par deux auteurs au meilleur de leur forme, qui construisent une chronique réaliste et passionnante d'une société aux préoccupations qui ne nous sont pas étrangères.
Ces trois albums quasi-prophétiques ont aujourd'hui une vingtaine d'années : à lire pour voir si les observations des auteurs pourraient se concrétiser.
Un témoignage sincère et poignant, qui mélange savamment le quotidien d’une jeune femme iranienne à des faits historiques marquants : guerre Iran/Irak, extrémisme religieux, l’Islam et la condition de la femme... L’Iran nous est dépeint comme un pays à double facette, où les gens ont un style de vie assez proche du nôtre en privé, chez eux, mais se transforment dès qu’ils sortent en public, pour satisfaire les « gardiens de la révolution » (la police quoi).
Il faut noter que malgré le sérieux des sujets traités, l’omniprésence de l’humour et le découpage de l’histoire en de nombreux petits chapitres font que ce pavé se lit sans effort, avec beaucoup de plaisir. Suivre la vie de Marjane Satrapi depuis son enfance jusqu’à l’âge adulte nous permet de voir son point de vue évoluer et gagner en maturité. Cette « analyse sur le long terme » est fascinante.
Le dessin est très inventif, et me rappelle un peu celui de David B. dans L'Ascension du Haut Mal.
Bref, si vous êtes friands d’histoires autobiographiques et de documentaires, "Persepolis" devrait vous plaire… moi, j’ai adoré.
Lex Luthor est l'un des personnages les plus fascinant de l'univers DC à mes yeux. Selon les époques il a été présenté de différentes manières, si pendant le Golden age Lex était présenté comme un savant fou à l'intelligence ultra développée, il en va autrement aujourd'hui. Au même titre que les héros DC, Lex Luthor a lui aussi bénéficié d'une évolution au fil du temps, c'est toujours un salaud mais il a gagné en complexité, c'est un personnage plus nuancé qu'autrefois (voir Superman - For All Seasons par exemple).
C'est Brian Azzarello et Lee Bermejo qui rendent aujourd'hui hommage à Luthor. Un Luthor se battant de toutes ses forces, luttant de toute son âme, contre un Superman plus présenté comme une entité supérieure que comme une personne, ce qui est finalement logique. En tant que fan de Superman, on peut toutefois regretter qu'il semble si distant dans cette histoire, il en est presque absent, et même si il apparaît physiquement - de façon toujours très impressionnante - il ne prononcera que deux phrases en tout et pour tout dans l'histoire.
Si il est loin d'être nouveau, le point de vue des auteurs est intéressant, c'est Luthor qui narre cette histoire, nous voyons donc Superman à travers les yeux de son pire ennemi. Lex Luthor paraît donc sans doute plus grand et plus noble que ce qu'il est. Que serait-il sans Superman?
Ce livre nous présente un Luthor moins froid, plus humain que l'on ne l'a sans doute jamais vu, un personnage décrit avec autant de finesse qu'il impose naturellement son charisme au lecteur. Cependant, Lex Luthor même si il a des qualités, reste un homme passionné, emporté, très absolu, il est indéniablement dangereux, il n'est en aucun cas montré comme un Bon dans cette histoire, il n'y a aucune complaisance à son égard de la part des auteurs.
D'un niveau purement scénaristique, il faut bien reconnaître que cette histoire n'est pas des plus renversantes, Pour abattre son ennemi juré, Luthor recycle un des ses plans déja utilisé des milliers de fois sous diverses formes, cela ne veut pas dire pour autant que le fond est creux. Ce qui est intéressant ici est cette espèce d'opposition entre "hommes", induite en partie par les personnalités de Luthor et Superman. C'est aussi cette obsession folle qu'entretient Lex Luthor envers Superman qui fascine. Une obsession tellement forte qu'elle détourne les yeux de Luthor d'autres choses importantes.
D'un point de vue narratif, cette BD est parfaitement réussie, Les pensées exprimées pouvant quasiment tout le temps être attribuées soit à Lex soit à Superman, ce qui mine de rien donne une force différente à certains propos.
Il y a aussi un invité de marque dans cette BD, un personnage important: Batman, le Croquemitaine de Gotham. Il n'est pas là pour faire de la figuration, son rôle a beaucoup de saveur. Ses rencontres avec Lex Luthor et Superman sont présentées en parallèle et c'est du pur bonheur! Un chapitre tout simplement dantesque, pas simplement dans cette histoire mais qui s'inscrit également dans la mythologie des personnages.
Les dessins sont de Lee Bermejo, un habitué de Batman, qui nous offre un Superman tout en beauté. Le style de Lee Bermejo est très travaillé, très moderne aussi. Si il n'est pas forcément du goût de tous, son travail sur les costumes est d'une grande originalité.
Cet album est pour moi une petite réussite, de plus facilement accessible, même si l'on ne connaît que très peu Superman, l'histoire étant plus basée sur des relations que des faits héroïques.
J'en conseille donc chaudement la lecture.
Ah! J'ai failli oublier, ça peut en intéresser certains... Le même duo d'auteur est train de plancher sur un projet similaire pour... le Joker, affaire à suivre donc.
JJJ
La première chose qui m’a attiré vers cette bd a été le dessin. On est limite dans le crayonné élaboré, propre, tout en nuance de gris. Ca m’a plu.
Ensuite, la thématique, même si manquant un brin d’originalité car déjà traitée, m’a titillé le cervelet. L’histoire d’une bande de potes qui se retrouve dans un gîte du sud de la France pour une petite semaine de vacances, mais avec un contexte en fond plutôt « chargé » entre eux comme souvent pour des amis qui se connaissent depuis bien longtemps.
Sur les 4 jours qui précédent la dernière éclipse totale de soleil en France, on les suit dans leurs doutes formulés à propos de l’amitié et de l’amour, leurs joies, leurs choix, leurs frustrations et parfois leurs règlements de comptes.
Fane et Jim, au-delà d’une écriture très intime sur des sujets qui leur tiennent à cœur, se sont livrés à un exercice de scénarisation basé sur l’improvisation, une sorte de cadavre exquis en bande dessinée. Chacun rebondissant sur les cases données par l’autre. Il en ressort une vraie vitalité, où le rythme change habilement en fonction de la légèreté ou la gravité des propos et des sujets abordés et offrant ainsi des personnages aux caractères bien marqués.
On rigole volontiers à leurs blagues de potes parfois un peu pourries et leurs coups de gueule laissent rarement de marbre.
Du coup, il devient un peu difficile de lâcher cette bd avant la fin sans un petit quelque chose qui ressemble à de la frustration. La lecture s’enchaîne un peu de manière frénétique.
Les sujets abordés sont justes et touchent à l’intime des auteurs et des rapports qu’il peut exister entre amis.
On frôle certainement parfois le stéréotype dans l’expression des sentiments et leur mise en scène, et c’est certainement ce qui peut lasser un peu dans cette bd, mais certains passages de notre vie, bien qu’on s’en défende, ne tombent ils pas justement dans ces stéréotypes ?
Il en ressort pour moi du coup un grand sentiment de justesse.
On tombe au final sur une bd affichant un certain optimisme nuancé par la nature des rapports humain mais et surtout une bd pleine d’humanisme.
J'ai beaucoup aimé "le réseau Bombyce". Le Bordeaux imaginaire qui nous est ici dépeint est magnifique et a quelque chose d'envoûtant. Le graphisme est somptueux et la colorisation sied à merveille à ces planches. Le graphisme de cette oeuvre est en lui même une poésie et un plaisir des yeux qui vaut le détour.
L'histoire me laisse un peu plus perplexe. Le rythme est intéressant mais, après un premier tome riche (et un peu dur, mieux vaut avoir le coeur bien accroché par moments), le second tome est finalement assez creux puisqu'il ne s'agit que d'une simple et longue course-poursuite sans grand ressort scénaristique.
J'aimerais beaucoup connaître la suite et le dénouement de cette histoire mais voici 5 ans que le dernier tome est sorti et tout laisse penser que cette oeuvre est abandonnée (aucune information ne permet de penser le contraire). Il ne me restera au final qu'une grande frustration d'avoir commencé une grande oeuvre et de ne pouvoir en connaître l'épilogue.... Donc, comme à mon habitude, je ne conseille pas l'achat d'une BD abandonnée.
Globalement, je dis "OUI" à GTO. Cette oeuvre est comme son héros : bourrée de petits défauts mais aussi pleine de grandes qualités.
Graphiquement c'est du manga, plutôt soigné, sans trop de S.D. (Super Deformed : toutes les miniatures, gouttes de sueur et autres étoiles caractéristiques des manga) avec des décors et surtout des personnages qui ne respirent pas trop le copié/collé. Bref : du manga certes (certains n'aimeront donc pas) mais plutôt du bon.
J'ai trouvé certains passages assez vulgaires, voire scato, mais bon, cela reste moins cru que Saru Lock par exemple, notamment du fait d'un humour omniprésent qui permet de faire passer la pilule dans ces moments là. Au rayon des petits défauts, il faut ajouter la répétitivité d'un scénario parfois un peu pauvre (à la troisième étudiante poussée dans le vide par accident du toit d'un immeuble, on se dit qu'il y a quand même un peu d'abus) et la pauvreté de certains dialogues.
Pourtant j'ai apprécié cette oeuvre qu'il est difficile de lâcher une fois entamée. Le rythme est vraiment prenant et cette oeuvre est d'un optimisme qui met du baume au coeur. Nombre de valeurs (et culture, déviances, fonctionnement scolaire et social...) purement japonaises y sont abordées, pourtant la mayonnaise prend, même pour un lectorat pas forcément rodé aux us et coutumes japonaises. Ce manga fait la part belle au "nekketsu" (Terme désignant les valeurs viriles traditionnelles telles que le courage, l'amitié et surtout le dépassement de soi. Le titre le plus connu en France basé sur le "nekketsu" est sans doute Saint Seya ou les héros, une bande d'amis, se surpassent en permanence). Ici, il ne s'agit pas tant de se relever après des coups de poings mais plutôt des coups du sort.
Ce manga doit pour moi sa réussite à ses personnages hauts en couleurs et attachants, à son optimisme échevelé et à son rythme particulièrement entraînant.
Shenzhen est le carnet de voyage de Guy Delisle. Ce monsieur est envoyé en Chine à Shenzhen pour une durée de 3 mois afin de superviser un atelier de création de dessin animé. Seulement voilà, cette ville n'a rien des grandes villes comme Canton ou Hong Kong l'occidentale. C'est une ville de province grise, froide et triste...
L'auteur affronte ici un véritable choc culturel. Et oui en Chine rien n'est comme en Europe. Il se heurte à la barrière de la langue, du caractère, de l'ambiance, du monde du travail ou encore de la nourriture.
C'est cette expérience que nous livre ici Guy Delisle. Son album est une somme d'anecdotes et de clin d'oeil sur l'ensemble de son séjour : le portier de son hôtel qui parle anglais, l'éclairage dans les chambres d'hôtel, le dentiste, le club de sport, etc.
Cette construction du récit par anecdote est vraiment centrale. Il n'y a pas véritablement d'histoire suivie. Les évènements s'enchaînent. L'auteur vous parle d'un dentiste sur un page et à la suivante vous parle de nourriture. Il y a tout de même un fil rouge mais ce n'est pas le principal.
La maîtrise du ton humoristique est absolument fabuleuse ! J'ai très souvent souri et même ri. Il a un ton léger et parfois acide qui vise juste. Une case lui suffit pour faire passer son impression.
Le dessin est crayonné avec une pointe grasse comme les crayola de mon enfance. Je me demande même si ce n'est pas ce qu'il a utilisé ! Le noir et blanc est ici parfait pour retranscrire l'ambiance des villes populaires chinoises et son état d'esprit sur place.
J'ai passé un excellent moment avec Shenzhen. J'ai d'autant plus apprécié que je suis moi-même allé à Taiwan et que j'ai retrouvé dans ce one shot cette ambiance si particulière. Delisle ne caricature pas ! Il restitue, avec humour certes, mais toujours fidèlement.
A découvrir !
Avis sur la série :
Enfin des BD qui s'intéressent aux mythes germano-scandinaves. Deux mois après S. Ferran et son Anneau des Nibelungen, les auteurs livrent leur version fidèle et personnelle à la fois des anciens récits du Nord.
S'inspirant en même temps de la Tétralogie de Wagner et des Eddas des Vikings ils proposent un récit fluide, épique, avec un graphisme aux lignes pures qui rappellent parfois celles de John Howe pour le Seigneur des Anneaux. L'anneau maudit n'a pas fini de faire parler de lui.
Bravo !
Avis sur le tome 0 :
Ce prologue vient compléter le récit amorcé en 2007.
Le graphisme me paraît plus abouti encore que celui de Djief même si les sources d'inspiration sont évidemment les mêmes : plus de détails, une excellente colorisation. Tout cela est donc très beau à regarder. La couverture fait très envie et rappelle un certain Balrog... Le "costume" des ondines du Rhin fait penser à celui d'une Gardienne des Clés issue d'une autre grande série consacrée à un héros nordique... Bref.
En revanche, était-il nécessaire de produire un tome "0" lorsque l'on attend avec impatience la suite ? (je ne dirai rien sur les suites attendues de Sébastien Ferran ou d'Alex Alice qui ont sorti leur premiers tomes respectifs sur le même sujet la même année).
Pour ce qui est l'écriture, peut-être deviens-je vieux, snob ou trop regardant, mais je ne le trouve pas bien écrit, quelques répliques ou quelques termes de vocabulaire passent mal et font perdre la beauté littéraire et mythologique d'un récit d'une telle puissance par ailleurs.
En un mot si on on a commencé la série et qu'on aime, il ne faut pas se priver
J’aime beaucoup les carnets de voyage et les récits historiques, « Quitter Saigon » est en quelque sorte un mélange de ces deux genres.
« Quitter Saigon » nous conte trois témoignages de Vietnamiens qui ont quitté leur pays pour s’installer en France.
Le premier récit nous parle du père de l’auteur, Clément Baloup qui évoque surtout sa jeunesse pendant l’occupation américaine où il passait son temps à s’amuser… c’est, à mon avis, l’histoire la moins intéressante des trois.
La deuxième partie nous présente les péripéties d’un fonctionnaire sous le régime communiste. Cet homme va connaître un camp de concentration pour des raisons qui l’échappe et qui nous échappe aussi. C’est, à mon avis, le récit le plus touchant et le plus « incroyable » du livre.
La troisième histoire met en scène les aventures assez rocambolesques d’un des témoins. Pendant sa jeunesse et à cause de ses cheveux blonds qui le font ressembler aux européens, celui-ci devra employer maintes méthodes pour fuir l’occupant japonais. Et le lecteur est invité à suivre cet enfant qui deviendra ensuite un jeune homme et quittera l’Indochine…
Ce récit est moins émouvant que la deuxième histoire mais reste, à moins avis, très intéressant.
J’aime énormément la mise en couleurs de Clément Baloup. A partir de gouaches, il utilise des tons chaleureux lorsque les séquences se passent en France et une palette grisâtre quand les scènes se déroulent en Indochine. Ce traitement graphique et le format du livre me rappelle beaucoup la bd de Renaud de Heyn La Tentation.
Le seul reproche que je fais à « Quitter Saigon », c’est que, malgré des moments pénibles qu’ont traversé les différents protagonistes du livre, ceux-ci m’ont semblé assez froids. Peut-être que le ton neutre nous permet de prendre du recul par rapport aux témoignages de ces trois témoins mais je trouve tout de même assez bizarre cette attitude…
« Quitter Saigon » est une bd très intéressante à lire. Elle nous permet d’apprendre de nombreuses choses sur l’histoire de l’Indochine au XXème à travers le témoignage de trois réfugiés vietnamiens. Le dessin de Clément Baloup est agréable à contempler et sa mise en couleurs m’est apparue parfaitement adaptée aux trois récits qui composent ce livre. Bd très instructif à lire absolument… dommage que la lecture soit un peu courte.
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IAN
Chaque tome constitue une histoire complète avec une trame de fond qui court sur toute la série. Bien que bénéficiant d’une narration maîtrisée, les histoires sont relativement basiques et un peu "faciles". Mais l’intérêt de la série est à chercher ailleurs. Les histoires ne servent en réalité qu’à mieux cerner IAN, véritable moteur de la série. Et sur ce plan, c’est plutôt réussi ! Chaque tome en dévoile un peu plus sur IAN, ses performances et ses défaillances. L’intrigue se fait jour dans le tome 2 pour se dévoiler davantage dans le 3. Une série légère en apparence mais qui possède une base solide et intrigante. Côté dessins, l’évolution du trait de Ralph Meyer est palpable avec l’avancement de la série. Le trait réaliste et austère du premier tome s’assouplit avec les suivants pour devenir plus dynamique, bien dans l’air du temps en quelques sortes. La colorisation évolue elle aussi dans le bon sens. Bref, voici une série plus profonde qu’il n’y parait et qui mérite toute votre attention !
S.O.S. Bonheur
Un Jean Van Hamme très inspiré et pertinent pour cette courte série, où il s'intéresse aux dérives d'une société moderne pourtant selon toute apparence préoccupée du bonheur de ses citoyens. Aux travers de courtes histoires d'une quinzaine de planches, il illustre ainsi les rapports des individus aux loisirs, au travail, aux liens sociaux, au pouvoir, l'accession aux soins, etc... Après avoir cerné les rouages de cette civilisation (moderne donc), Van Hamme en tire une conclusion dans une histoire longue où tous les protagonistes croisés se retrouvent. On ne peut pas dire que la morale de la fable soit particulièrement optimiste, elle n'en est pas moins savoureuse par les dérives qu'elle dénonce, d'autant que le scénariste fait preuve d'imagination et d'humour. La construction narrative est imparable, la maîtrise est évidente et rien n'est laissé au hasard, la galerie de personnages est bien illustrée par des dialogues inspirés, bref, c'est du très beau travail. La singularité de l'être humain qui se révolte au milieu d'une civilisation uniformisée est ainsi particulièrement bien défendue, et chacun pourra tirer ses propres conclusions de l'épilogue. Le traitement réaliste de Griffo est efficace et solidement construit. Le dessinateur valorise les différentes histoires en créant parfaitement les décors et les costumes des différentes classes sociales étudiées, et son travail sur les ambiances est trop peu souligné. Les couleurs sombres rendent le coté fade du monde décrit. L'auteur ne se laisse donc aller à aucune facilité, et forme un tandem efficace avec son scénariste. Une oeuvre créée par deux auteurs au meilleur de leur forme, qui construisent une chronique réaliste et passionnante d'une société aux préoccupations qui ne nous sont pas étrangères. Ces trois albums quasi-prophétiques ont aujourd'hui une vingtaine d'années : à lire pour voir si les observations des auteurs pourraient se concrétiser.
Persepolis
Un témoignage sincère et poignant, qui mélange savamment le quotidien d’une jeune femme iranienne à des faits historiques marquants : guerre Iran/Irak, extrémisme religieux, l’Islam et la condition de la femme... L’Iran nous est dépeint comme un pays à double facette, où les gens ont un style de vie assez proche du nôtre en privé, chez eux, mais se transforment dès qu’ils sortent en public, pour satisfaire les « gardiens de la révolution » (la police quoi). Il faut noter que malgré le sérieux des sujets traités, l’omniprésence de l’humour et le découpage de l’histoire en de nombreux petits chapitres font que ce pavé se lit sans effort, avec beaucoup de plaisir. Suivre la vie de Marjane Satrapi depuis son enfance jusqu’à l’âge adulte nous permet de voir son point de vue évoluer et gagner en maturité. Cette « analyse sur le long terme » est fascinante. Le dessin est très inventif, et me rappelle un peu celui de David B. dans L'Ascension du Haut Mal. Bref, si vous êtes friands d’histoires autobiographiques et de documentaires, "Persepolis" devrait vous plaire… moi, j’ai adoré.
Luthor (Superman - Lex Luthor)
Lex Luthor est l'un des personnages les plus fascinant de l'univers DC à mes yeux. Selon les époques il a été présenté de différentes manières, si pendant le Golden age Lex était présenté comme un savant fou à l'intelligence ultra développée, il en va autrement aujourd'hui. Au même titre que les héros DC, Lex Luthor a lui aussi bénéficié d'une évolution au fil du temps, c'est toujours un salaud mais il a gagné en complexité, c'est un personnage plus nuancé qu'autrefois (voir Superman - For All Seasons par exemple). C'est Brian Azzarello et Lee Bermejo qui rendent aujourd'hui hommage à Luthor. Un Luthor se battant de toutes ses forces, luttant de toute son âme, contre un Superman plus présenté comme une entité supérieure que comme une personne, ce qui est finalement logique. En tant que fan de Superman, on peut toutefois regretter qu'il semble si distant dans cette histoire, il en est presque absent, et même si il apparaît physiquement - de façon toujours très impressionnante - il ne prononcera que deux phrases en tout et pour tout dans l'histoire. Si il est loin d'être nouveau, le point de vue des auteurs est intéressant, c'est Luthor qui narre cette histoire, nous voyons donc Superman à travers les yeux de son pire ennemi. Lex Luthor paraît donc sans doute plus grand et plus noble que ce qu'il est. Que serait-il sans Superman? Ce livre nous présente un Luthor moins froid, plus humain que l'on ne l'a sans doute jamais vu, un personnage décrit avec autant de finesse qu'il impose naturellement son charisme au lecteur. Cependant, Lex Luthor même si il a des qualités, reste un homme passionné, emporté, très absolu, il est indéniablement dangereux, il n'est en aucun cas montré comme un Bon dans cette histoire, il n'y a aucune complaisance à son égard de la part des auteurs. D'un niveau purement scénaristique, il faut bien reconnaître que cette histoire n'est pas des plus renversantes, Pour abattre son ennemi juré, Luthor recycle un des ses plans déja utilisé des milliers de fois sous diverses formes, cela ne veut pas dire pour autant que le fond est creux. Ce qui est intéressant ici est cette espèce d'opposition entre "hommes", induite en partie par les personnalités de Luthor et Superman. C'est aussi cette obsession folle qu'entretient Lex Luthor envers Superman qui fascine. Une obsession tellement forte qu'elle détourne les yeux de Luthor d'autres choses importantes. D'un point de vue narratif, cette BD est parfaitement réussie, Les pensées exprimées pouvant quasiment tout le temps être attribuées soit à Lex soit à Superman, ce qui mine de rien donne une force différente à certains propos. Il y a aussi un invité de marque dans cette BD, un personnage important: Batman, le Croquemitaine de Gotham. Il n'est pas là pour faire de la figuration, son rôle a beaucoup de saveur. Ses rencontres avec Lex Luthor et Superman sont présentées en parallèle et c'est du pur bonheur! Un chapitre tout simplement dantesque, pas simplement dans cette histoire mais qui s'inscrit également dans la mythologie des personnages. Les dessins sont de Lee Bermejo, un habitué de Batman, qui nous offre un Superman tout en beauté. Le style de Lee Bermejo est très travaillé, très moderne aussi. Si il n'est pas forcément du goût de tous, son travail sur les costumes est d'une grande originalité. Cet album est pour moi une petite réussite, de plus facilement accessible, même si l'on ne connaît que très peu Superman, l'histoire étant plus basée sur des relations que des faits héroïques. J'en conseille donc chaudement la lecture. Ah! J'ai failli oublier, ça peut en intéresser certains... Le même duo d'auteur est train de plancher sur un projet similaire pour... le Joker, affaire à suivre donc. JJJ
Petites éclipses
La première chose qui m’a attiré vers cette bd a été le dessin. On est limite dans le crayonné élaboré, propre, tout en nuance de gris. Ca m’a plu. Ensuite, la thématique, même si manquant un brin d’originalité car déjà traitée, m’a titillé le cervelet. L’histoire d’une bande de potes qui se retrouve dans un gîte du sud de la France pour une petite semaine de vacances, mais avec un contexte en fond plutôt « chargé » entre eux comme souvent pour des amis qui se connaissent depuis bien longtemps. Sur les 4 jours qui précédent la dernière éclipse totale de soleil en France, on les suit dans leurs doutes formulés à propos de l’amitié et de l’amour, leurs joies, leurs choix, leurs frustrations et parfois leurs règlements de comptes. Fane et Jim, au-delà d’une écriture très intime sur des sujets qui leur tiennent à cœur, se sont livrés à un exercice de scénarisation basé sur l’improvisation, une sorte de cadavre exquis en bande dessinée. Chacun rebondissant sur les cases données par l’autre. Il en ressort une vraie vitalité, où le rythme change habilement en fonction de la légèreté ou la gravité des propos et des sujets abordés et offrant ainsi des personnages aux caractères bien marqués. On rigole volontiers à leurs blagues de potes parfois un peu pourries et leurs coups de gueule laissent rarement de marbre. Du coup, il devient un peu difficile de lâcher cette bd avant la fin sans un petit quelque chose qui ressemble à de la frustration. La lecture s’enchaîne un peu de manière frénétique. Les sujets abordés sont justes et touchent à l’intime des auteurs et des rapports qu’il peut exister entre amis. On frôle certainement parfois le stéréotype dans l’expression des sentiments et leur mise en scène, et c’est certainement ce qui peut lasser un peu dans cette bd, mais certains passages de notre vie, bien qu’on s’en défende, ne tombent ils pas justement dans ces stéréotypes ? Il en ressort pour moi du coup un grand sentiment de justesse. On tombe au final sur une bd affichant un certain optimisme nuancé par la nature des rapports humain mais et surtout une bd pleine d’humanisme.
Le Réseau Bombyce
J'ai beaucoup aimé "le réseau Bombyce". Le Bordeaux imaginaire qui nous est ici dépeint est magnifique et a quelque chose d'envoûtant. Le graphisme est somptueux et la colorisation sied à merveille à ces planches. Le graphisme de cette oeuvre est en lui même une poésie et un plaisir des yeux qui vaut le détour. L'histoire me laisse un peu plus perplexe. Le rythme est intéressant mais, après un premier tome riche (et un peu dur, mieux vaut avoir le coeur bien accroché par moments), le second tome est finalement assez creux puisqu'il ne s'agit que d'une simple et longue course-poursuite sans grand ressort scénaristique. J'aimerais beaucoup connaître la suite et le dénouement de cette histoire mais voici 5 ans que le dernier tome est sorti et tout laisse penser que cette oeuvre est abandonnée (aucune information ne permet de penser le contraire). Il ne me restera au final qu'une grande frustration d'avoir commencé une grande oeuvre et de ne pouvoir en connaître l'épilogue.... Donc, comme à mon habitude, je ne conseille pas l'achat d'une BD abandonnée.
GTO - Great Teacher Onizuka
Globalement, je dis "OUI" à GTO. Cette oeuvre est comme son héros : bourrée de petits défauts mais aussi pleine de grandes qualités. Graphiquement c'est du manga, plutôt soigné, sans trop de S.D. (Super Deformed : toutes les miniatures, gouttes de sueur et autres étoiles caractéristiques des manga) avec des décors et surtout des personnages qui ne respirent pas trop le copié/collé. Bref : du manga certes (certains n'aimeront donc pas) mais plutôt du bon. J'ai trouvé certains passages assez vulgaires, voire scato, mais bon, cela reste moins cru que Saru Lock par exemple, notamment du fait d'un humour omniprésent qui permet de faire passer la pilule dans ces moments là. Au rayon des petits défauts, il faut ajouter la répétitivité d'un scénario parfois un peu pauvre (à la troisième étudiante poussée dans le vide par accident du toit d'un immeuble, on se dit qu'il y a quand même un peu d'abus) et la pauvreté de certains dialogues. Pourtant j'ai apprécié cette oeuvre qu'il est difficile de lâcher une fois entamée. Le rythme est vraiment prenant et cette oeuvre est d'un optimisme qui met du baume au coeur. Nombre de valeurs (et culture, déviances, fonctionnement scolaire et social...) purement japonaises y sont abordées, pourtant la mayonnaise prend, même pour un lectorat pas forcément rodé aux us et coutumes japonaises. Ce manga fait la part belle au "nekketsu" (Terme désignant les valeurs viriles traditionnelles telles que le courage, l'amitié et surtout le dépassement de soi. Le titre le plus connu en France basé sur le "nekketsu" est sans doute Saint Seya ou les héros, une bande d'amis, se surpassent en permanence). Ici, il ne s'agit pas tant de se relever après des coups de poings mais plutôt des coups du sort. Ce manga doit pour moi sa réussite à ses personnages hauts en couleurs et attachants, à son optimisme échevelé et à son rythme particulièrement entraînant.
Shenzhen
Shenzhen est le carnet de voyage de Guy Delisle. Ce monsieur est envoyé en Chine à Shenzhen pour une durée de 3 mois afin de superviser un atelier de création de dessin animé. Seulement voilà, cette ville n'a rien des grandes villes comme Canton ou Hong Kong l'occidentale. C'est une ville de province grise, froide et triste... L'auteur affronte ici un véritable choc culturel. Et oui en Chine rien n'est comme en Europe. Il se heurte à la barrière de la langue, du caractère, de l'ambiance, du monde du travail ou encore de la nourriture. C'est cette expérience que nous livre ici Guy Delisle. Son album est une somme d'anecdotes et de clin d'oeil sur l'ensemble de son séjour : le portier de son hôtel qui parle anglais, l'éclairage dans les chambres d'hôtel, le dentiste, le club de sport, etc. Cette construction du récit par anecdote est vraiment centrale. Il n'y a pas véritablement d'histoire suivie. Les évènements s'enchaînent. L'auteur vous parle d'un dentiste sur un page et à la suivante vous parle de nourriture. Il y a tout de même un fil rouge mais ce n'est pas le principal. La maîtrise du ton humoristique est absolument fabuleuse ! J'ai très souvent souri et même ri. Il a un ton léger et parfois acide qui vise juste. Une case lui suffit pour faire passer son impression. Le dessin est crayonné avec une pointe grasse comme les crayola de mon enfance. Je me demande même si ce n'est pas ce qu'il a utilisé ! Le noir et blanc est ici parfait pour retranscrire l'ambiance des villes populaires chinoises et son état d'esprit sur place. J'ai passé un excellent moment avec Shenzhen. J'ai d'autant plus apprécié que je suis moi-même allé à Taiwan et que j'ai retrouvé dans ce one shot cette ambiance si particulière. Delisle ne caricature pas ! Il restitue, avec humour certes, mais toujours fidèlement. A découvrir !
Le Crépuscule des Dieux
Avis sur la série :
Enfin des BD qui s'intéressent aux mythes germano-scandinaves. Deux mois après S. Ferran et son Anneau des Nibelungen, les auteurs livrent leur version fidèle et personnelle à la fois des anciens récits du Nord.
S'inspirant en même temps de la Tétralogie de Wagner et des Eddas des Vikings ils proposent un récit fluide, épique, avec un graphisme aux lignes pures qui rappellent parfois celles de John Howe pour le Seigneur des Anneaux. L'anneau maudit n'a pas fini de faire parler de lui.
Bravo !
Avis sur le tome 0 :
Ce prologue vient compléter le récit amorcé en 2007.
Le graphisme me paraît plus abouti encore que celui de Djief même si les sources d'inspiration sont évidemment les mêmes : plus de détails, une excellente colorisation. Tout cela est donc très beau à regarder. La couverture fait très envie et rappelle un certain Balrog... Le "costume" des ondines du Rhin fait penser à celui d'une Gardienne des Clés issue d'une autre grande série consacrée à un héros nordique... Bref.
En revanche, était-il nécessaire de produire un tome "0" lorsque l'on attend avec impatience la suite ? (je ne dirai rien sur les suites attendues de Sébastien Ferran ou d'Alex Alice qui ont sorti leur premiers tomes respectifs sur le même sujet la même année).
Pour ce qui est l'écriture, peut-être deviens-je vieux, snob ou trop regardant, mais je ne le trouve pas bien écrit, quelques répliques ou quelques termes de vocabulaire passent mal et font perdre la beauté littéraire et mythologique d'un récit d'une telle puissance par ailleurs.
En un mot si on on a commencé la série et qu'on aime, il ne faut pas se priver
Mémoires de Viet kieu (Quitter Saïgon)
J’aime beaucoup les carnets de voyage et les récits historiques, « Quitter Saigon » est en quelque sorte un mélange de ces deux genres. « Quitter Saigon » nous conte trois témoignages de Vietnamiens qui ont quitté leur pays pour s’installer en France. Le premier récit nous parle du père de l’auteur, Clément Baloup qui évoque surtout sa jeunesse pendant l’occupation américaine où il passait son temps à s’amuser… c’est, à mon avis, l’histoire la moins intéressante des trois. La deuxième partie nous présente les péripéties d’un fonctionnaire sous le régime communiste. Cet homme va connaître un camp de concentration pour des raisons qui l’échappe et qui nous échappe aussi. C’est, à mon avis, le récit le plus touchant et le plus « incroyable » du livre. La troisième histoire met en scène les aventures assez rocambolesques d’un des témoins. Pendant sa jeunesse et à cause de ses cheveux blonds qui le font ressembler aux européens, celui-ci devra employer maintes méthodes pour fuir l’occupant japonais. Et le lecteur est invité à suivre cet enfant qui deviendra ensuite un jeune homme et quittera l’Indochine… Ce récit est moins émouvant que la deuxième histoire mais reste, à moins avis, très intéressant. J’aime énormément la mise en couleurs de Clément Baloup. A partir de gouaches, il utilise des tons chaleureux lorsque les séquences se passent en France et une palette grisâtre quand les scènes se déroulent en Indochine. Ce traitement graphique et le format du livre me rappelle beaucoup la bd de Renaud de Heyn La Tentation. Le seul reproche que je fais à « Quitter Saigon », c’est que, malgré des moments pénibles qu’ont traversé les différents protagonistes du livre, ceux-ci m’ont semblé assez froids. Peut-être que le ton neutre nous permet de prendre du recul par rapport aux témoignages de ces trois témoins mais je trouve tout de même assez bizarre cette attitude… « Quitter Saigon » est une bd très intéressante à lire. Elle nous permet d’apprendre de nombreuses choses sur l’histoire de l’Indochine au XXème à travers le témoignage de trois réfugiés vietnamiens. Le dessin de Clément Baloup est agréable à contempler et sa mise en couleurs m’est apparue parfaitement adaptée aux trois récits qui composent ce livre. Bd très instructif à lire absolument… dommage que la lecture soit un peu courte.