Une nouvelle série historique chez Delcourt.
Chaque tome formera une histoire complète.
Ce premier tome est une réussite, le scénario est intéressant et repose sur des faits historiques. Un glossaire est fourni en fin d'album car l'auteur utilise des termes d'époque. On s'aperçoit rapidement qu'un grand travail de documentation a été fourni avant de s'atteler à ce projet.
Le dessin est très réaliste. Le trait est fin et les couleurs sont superbes. Graphiquement, c'est vraiment parfait pour ce style de récit.
Les personnages sont suffisamment approfondis pour que l'on s'y intéresse. Ils ont généralement une forte personnalité ce qui se comprend facilement vu le contexte de l'histoire.
Le cahier complémentaire de 8 pages est vraiment bien fait, il apporte un plus indéniable pour comprendre l'époque dans laquelle évolue l'histoire, et la partie cahier graphique confirme tout le talent d'Alexis Alexander au dessin.
La lecture demande de la patience, comme souvent avec les BD historiques. Le seul bémol que je noterai sur ce premier tome concerne certaines cases où le texte est vraiment petit, j'ai beau avoir une bonne vue, il m'a fallu forcer pour les lire.
La couverture n'est pas racoleuse, mais l'ensemble est de grande qualité et mérite que l'on s'y intéresse.
Décidément la collection "Ecritures" de Casterman continue de m'enchanter. Après le très réussi Kiki de Montparnasse, voilà "Petites éclipses", réflexion amère sur les trentenaires à travers 6 personnages.
Même si l'ombre de Frédéric Beigbeder plane sur ce livre, Fane et Jim ont su créer un univers particulier qui allie histoire douce-amère, humour, violence, et déchéance.
Car l'idée principale de ce pavé, qui se lit d'une traite, est bien de décrire la déchéance de couples qui, à travers 4 journées, vont s'aimer, se trahir, se déchirer et surtout vont parler à en faire mal.
Je connaissais Fane seulement de nom (notamment avec sa reprise de Joe Bar Team) et Jim, par ses séries d'humour. L'alchimie entre ces auteurs fonctionne à merveille, et le dessin de Fane s'adapte fort bien au scénario concocté par les deux auteurs.
Ils nous livrent là, un récit sans concession sur les hommes et les femmes, récit où l'on rit tout de même beaucoup grâce aux dialogues savoureux qui parsèment l'ensemble de cette bande dessinée.
Achetez-la.
J'aime beaucoup le dessin de Duchazeau et j'avais beaucoup aimé La nuit de l'inca. Je partais donc plutôt convaincu avant la lecture de cet album et je n'ai pas été déçu.
J'avais peur que le dessin en noir et blanc me déçoive un peu. Au final, il se révèle parfois sombre, quelque fois même étouffant, mais il est excellent et convient formidablement au récit et à son ambiance. Les planches sont très belles et certaines font même preuve d'une virtuosité impressionnante. Plaisir des yeux d'une part, mais aussi véritable fusion avec le récit et son atmosphère.
Le scénario m'a vraiment plu par plusieurs aspects. J'apprécie grandement la façon dont il nous place au sein de l'Empire Inca et dont il nous fait vivre de l'intérieur avec brio l'invasion par les Espagnols de Pissaro. C'est très réaliste et surtout bien raconté.
Le personnage principal, notamment, est vraiment bien trouvé. Etant "chasqui", messager, il nous permet de découvrir en même temps que tout l'empire inca les informations essentielles qui circulent. Il est en outre créé de manière à avoir ce qu'il faut de ressentiment envers le Grand Inca et de manière à avoir une envie de se rendre des abords de l'Empire jusqu'à la capitale Cuzco en même temps que les envahisseurs.
Ces derniers, les Espagnols, sont à la fois tout à fait réalistes et déshumanisés, présentés comme des sortes d'icônes mystérieuses et apocalyptiques.
Un cocktail donc de réalisme historique et d'ambiance fataliste réussie. Une vision de l'Empire Inca à même de ravir les amateurs d'Histoire tout en plaisant aux amateurs de récits humains, d'aventure et de sombres émotions.
Que j’aime le pessimisme de Mazan !
Ravages de la malbouffe, consommation outrancière, marginalité physique ou marginalité tout court, névroses en tous genres, pollution, délaissement des vieux, génétique dégénérée, et j’en passe… Autant de thèmes «sympathiques», scénographie grisâtre des aventures de Philibert. Mais, pas de craintes ! Ici, ni pleurnicherie, ni déprime. Par la forme, l’auteur imprime un ton décalé au récit. Attirant notre attention sur le héros principal, il nous détourne de l’âpreté du fond pour nous épargner la pesanteur.
Et il est bougrement attachant le gars Philibert !
Médecin légiste original, plein d’humour, et anticonformiste désabusé, on le rencontre dans le premier opus, cheminant, bon gré, mal gré, dans un monde régenté par le décorum de la «bouffetance démesurée». Dans une galerie de corps dilatés et de cellulite, on assiste à son quotidien. Il nous y dévoile un peu de sa vie et de ses états d’âme puis noue une idylle improbable avec la tendre et fragile Léa, jolie artiste-peintre anorexique et obsessionnelle…
Dans le second volet, il assiste Alcide, son commissaire de frangin, saisi d’une d’affaire de meurtres qui prend ses sources 19 ans auparavant au fin fond d’un bayou. Des crimes commis dans un golf, ancien quartier démoli de leur enfance, mais où subsiste encore la maison de leur mère, ultime résistante des riverains et témoin potentiel. C’est le prétexte à des visites répétées chez une maman pleine de manies et terriblement enracinée dans le passé…
Graphiquement, c’est somptueux. Le trait est fin, subtil et élancé, abondant en détails savamment cogités, mais toujours affranchi du superflu. J’adore m’égarer dans les rues et les atours de la ville, arrêtant mon regard sur les visages d’une foule truculente, admirant au passage les multiples façades et vitrines aux pubs, affiches et autres enseignes raffinées. Puis revenir goûter les ambiances saisissantes de ces cases aux nuances divines. Ah, cette plage désolante près de la centrale qui me fait tant envie ! Ah, ce bayou où je peux presque entendre les cris des bébés alligators et sentir l’humidité des swamps !
Le découpage est à la hauteur. Fashbacks, enquête policière à rebours, narration double, insertion de gravures ou de pages de gazette, dialogues croustillants sont quelques-uns des nombreux éléments d’une mise en scène efficace, inventive et fluide. J’ai un faible pour les intermèdes où l’on peut « fureter » dans le journal de bord intime de Philibert.
Ainsi, Mazan, dans une oeuvre au contenu somme toute sérieux, nous confie ses points de vue sur des questions d’aujourd’hui. Mais, par un habile détournement du propos et une approche mêlant humour, dérision et poésie, il maintient toute l’intensité alarmiste en arrière-plan. C’est la légèreté qui prédomine. Malgré la gravité des sujets, on se délecte du maussade, enjoué et insouciant. Ne serait-ce qu’une ruse ? Car, tout bien considéré, en nous renvoyant cette image de lecteur indifférent, il parvient à titiller nos consciences.
Une excellente série dont on appréciera les divers degrés de lecture.
« Astro City » est sans doute la BD qui me rappelle le plus Watchmen, le chef d’œuvre de Alan Moore (sans toutefois l’égaler). Rythme lent, super héros sur le retour remplis de doutes et de regrets, intrigue intéressante et bien construite.
Par contre pas d’exercice de style dans la narration, tout est simple, linéaire, facile à suivre. De même le dessin et surtout les couleurs sont plus modernes. Les couleurs de Watchmen ont je pense déçu beaucoup de lecteurs non habitués aux vieux comics américains.
Je ferai juste un tout petit reproche au scénario : la fin est assez prévisible. Une fois que le héros a compris ce qu’il se passait, plus de surprise, plus de retournement de situation, tout se déroule comme prévu. Dommage, j’aime bien les fins qui chamboulent tout.
Mais qu’importe, j’ai vraiment passé un excellent moment de lecture, et je recommande « Astro City » à tous les fans de super héros et de polars pas trop portés sur l’action.
J’ai beaucoup aimé Girls des frères Luna, je me suis donc logiquement procuré leur 1ère œuvre publiée, « Ultra », malgré un a priori un peu négatif : le quotidien et la vie amoureuse de super héroïnes, je me demandais quand même ce que ça allait donner.
Et bien c’est excellent, principalement grâce à un traitement original et rempli d’humour. Les couvertures des différents « comic books » originaux sont des imitations de magazines féminins, avec des titres du genre « comment attirer le sexe opposé quand on est tragiquement moche », « super régime pour super héroïnes » et des sujets tel que la cellulite, la mode ou les relations de stars. Ces fausses couvertures (voir ici) sont super bien faites et à mourir de rire. A l’intérieur on retrouve aussi des fausses publicités rigolotes mettant en scène les héroïnes de l’histoire, des faux concours, et des interviews vraiment bien réalisées, nous faisant presque oublier que les différents protagonistes sont fictifs.
Et l’histoire elle-même alors ? Et bien une fois les 1ères impressions « cucul la praline » passées, on retrouve finalement des sujets assez profonds sur le journalisme, les paparazzi, l’intolérance, et la société américaine en générale. C’est caustique, pas toujours très fin ou nouveau, mais assez juste, je trouve, et surtout rempli d’humour.
Quant au dessin, bon, le style des frères Luna ne fait pas l’unanimité, mais moi je trouve qu’il sert bien l’histoire.
Voilà, en conclusion « Ultra » est vraiment une BD originale, rigolote, et m’a fait passer un excellent moment de lecture, ponctué de nombreux sourires et éclats de rire. A lire !
Une bonne histoire de Batman, qui comme Rire et Mourir se penche sur la relation complexe entre un Batman toujours aussi tourmenté et un Joker passé à la loupe, décortiqué, analysé… C’est bien simple, cette BD en dit plus sur le Joker que toutes les autres BD de Batman que j’ai pu lire.
Le scénario est intéressant, mais un peu difficile à suivre je trouve, à cause d’un découpage original mais parfois confus et d’une narration volontairement hachée, mélangeant passé et présent. Mais bon l’intrigue est intéressante, et m’a tenu en haleine de la 1ere à la dernière page.
Le dessin risque de déstabiliser les puristes, et me rappelle un peu le style de Dave McKean. Moi, je suis fan, je trouve ça magnifique, mais je me doute bien que ça risque de ne pas plaire à tout le monde.
En conclusion, si vous êtes fan de Batman, pas de doute, « Secrets » est un excellent épisode dont vous pouvez difficilement vous passer. Par contre si vous n’avez jamais lu de Batman, je pense qu’il a des épisodes plus accessibles, par exemple Année 1 ou Un long Halloween.
Le trône d'argile a tout d'abord été un immense flash sur la couverture du tome deux présentée sur le forum il y a quelques semaines. Je ne pouvais pas passer à côté. Je suis donc allé me procurer les deux tomes sortis.
Le dessin est exactement à l'image des deux couvertures : magnifique ! Le trait, le découpage, les décors, les personnages, le dynamisme, tout, oui tout y est ! Les planches mêmes les plus simples sont belles. Aucun déchet.
Les couleurs sont encore meilleures que le dessin, toujours choisies avec soin et une grande efficacité.
Le tome un me plaît cependant un peu plus par son dessin et ses couleurs plus clairs que le tome deux. La tendance plus sombre est d'ailleurs visible jusque sur la splendide couverture du tome 2.
Note : 5/5 sans hésitation !
Le scénario se base sur la guerre de cent ans entre l'Angleterre et la France. Tout va mal au royaume de France : le roi perd la raison, le monarque anglais réclame le trône en héritage, les deux fils aînés du roi ont été assassiné, le dauphin est faible et peu respecté, la Bourgogne attaque les Armagnacs, Paris est tombée...
Un homme sonne la révolte : le charismatique Tanneguy du Châtel.
Je ne peux garantir la réalité historique du récit par manque de souvenirs précis sur l'histoire de France mais l'histoire semble respectée du moins dans les grandes lignes.
Au-delà de ça, le récit est passionnant et à mon avis non réservé aux amateurs d'histoire dont je fais partie.
Le trône d'argile est à mon avis LA BD historique du moment. Peut être même la meilleure devant Murena (selon mon goût) mais pour confirmer ce sentiment il faudra attendre la suite qui je l'espère sera à la hauteur.
Allez-y les yeux fermés, Le trône d'argile a de grandes chances de vous plaire.
Après lecture des 2 premiers tomes.
"LA série historique du moment".
L'histoire s'appuie sur des personnages historiques, et semble globalement reconstitué le contexte et les faits propres à la guerre de cent ans.
Le scénario est intelligemment structuré et fait la part belle à l'action quand il le faut.
Les couvertures sont superbes, et ........... l'intérieur aussi.
Un futur grand classique.
J'espère que l'histoire ne traînera pas trop en longueur par la suite et conservera le rythme soutenu des 2 premiers tomes.
J'ai hésité entre 3 et 4 pour la notation, un 3,5 serait donc plus approprié.
Le personnage principal est vraiment déconcertant et pourtant très attachant.
Si les couleurs, vives et denses, correspondent bien à la légèreté de l'histoire, j'ai par contre eu plus de mal avec le dessin, sur lequel je n'ai pas ressenti grand chose.
La BD est quand même un petit concentré de bonheur, un beau conte qui plaira au plus grand nombre.
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Souvenirs de la Grande Armée
Une nouvelle série historique chez Delcourt. Chaque tome formera une histoire complète. Ce premier tome est une réussite, le scénario est intéressant et repose sur des faits historiques. Un glossaire est fourni en fin d'album car l'auteur utilise des termes d'époque. On s'aperçoit rapidement qu'un grand travail de documentation a été fourni avant de s'atteler à ce projet. Le dessin est très réaliste. Le trait est fin et les couleurs sont superbes. Graphiquement, c'est vraiment parfait pour ce style de récit. Les personnages sont suffisamment approfondis pour que l'on s'y intéresse. Ils ont généralement une forte personnalité ce qui se comprend facilement vu le contexte de l'histoire. Le cahier complémentaire de 8 pages est vraiment bien fait, il apporte un plus indéniable pour comprendre l'époque dans laquelle évolue l'histoire, et la partie cahier graphique confirme tout le talent d'Alexis Alexander au dessin. La lecture demande de la patience, comme souvent avec les BD historiques. Le seul bémol que je noterai sur ce premier tome concerne certaines cases où le texte est vraiment petit, j'ai beau avoir une bonne vue, il m'a fallu forcer pour les lire. La couverture n'est pas racoleuse, mais l'ensemble est de grande qualité et mérite que l'on s'y intéresse.
Petites éclipses
Décidément la collection "Ecritures" de Casterman continue de m'enchanter. Après le très réussi Kiki de Montparnasse, voilà "Petites éclipses", réflexion amère sur les trentenaires à travers 6 personnages. Même si l'ombre de Frédéric Beigbeder plane sur ce livre, Fane et Jim ont su créer un univers particulier qui allie histoire douce-amère, humour, violence, et déchéance. Car l'idée principale de ce pavé, qui se lit d'une traite, est bien de décrire la déchéance de couples qui, à travers 4 journées, vont s'aimer, se trahir, se déchirer et surtout vont parler à en faire mal. Je connaissais Fane seulement de nom (notamment avec sa reprise de Joe Bar Team) et Jim, par ses séries d'humour. L'alchimie entre ces auteurs fonctionne à merveille, et le dessin de Fane s'adapte fort bien au scénario concocté par les deux auteurs. Ils nous livrent là, un récit sans concession sur les hommes et les femmes, récit où l'on rit tout de même beaucoup grâce aux dialogues savoureux qui parsèment l'ensemble de cette bande dessinée. Achetez-la.
Les vaincus
J'aime beaucoup le dessin de Duchazeau et j'avais beaucoup aimé La nuit de l'inca. Je partais donc plutôt convaincu avant la lecture de cet album et je n'ai pas été déçu. J'avais peur que le dessin en noir et blanc me déçoive un peu. Au final, il se révèle parfois sombre, quelque fois même étouffant, mais il est excellent et convient formidablement au récit et à son ambiance. Les planches sont très belles et certaines font même preuve d'une virtuosité impressionnante. Plaisir des yeux d'une part, mais aussi véritable fusion avec le récit et son atmosphère. Le scénario m'a vraiment plu par plusieurs aspects. J'apprécie grandement la façon dont il nous place au sein de l'Empire Inca et dont il nous fait vivre de l'intérieur avec brio l'invasion par les Espagnols de Pissaro. C'est très réaliste et surtout bien raconté. Le personnage principal, notamment, est vraiment bien trouvé. Etant "chasqui", messager, il nous permet de découvrir en même temps que tout l'empire inca les informations essentielles qui circulent. Il est en outre créé de manière à avoir ce qu'il faut de ressentiment envers le Grand Inca et de manière à avoir une envie de se rendre des abords de l'Empire jusqu'à la capitale Cuzco en même temps que les envahisseurs. Ces derniers, les Espagnols, sont à la fois tout à fait réalistes et déshumanisés, présentés comme des sortes d'icônes mystérieuses et apocalyptiques. Un cocktail donc de réalisme historique et d'ambiance fataliste réussie. Une vision de l'Empire Inca à même de ravir les amateurs d'Histoire tout en plaisant aux amateurs de récits humains, d'aventure et de sombres émotions.
Les Aventures de Philibert
Que j’aime le pessimisme de Mazan ! Ravages de la malbouffe, consommation outrancière, marginalité physique ou marginalité tout court, névroses en tous genres, pollution, délaissement des vieux, génétique dégénérée, et j’en passe… Autant de thèmes «sympathiques», scénographie grisâtre des aventures de Philibert. Mais, pas de craintes ! Ici, ni pleurnicherie, ni déprime. Par la forme, l’auteur imprime un ton décalé au récit. Attirant notre attention sur le héros principal, il nous détourne de l’âpreté du fond pour nous épargner la pesanteur. Et il est bougrement attachant le gars Philibert ! Médecin légiste original, plein d’humour, et anticonformiste désabusé, on le rencontre dans le premier opus, cheminant, bon gré, mal gré, dans un monde régenté par le décorum de la «bouffetance démesurée». Dans une galerie de corps dilatés et de cellulite, on assiste à son quotidien. Il nous y dévoile un peu de sa vie et de ses états d’âme puis noue une idylle improbable avec la tendre et fragile Léa, jolie artiste-peintre anorexique et obsessionnelle… Dans le second volet, il assiste Alcide, son commissaire de frangin, saisi d’une d’affaire de meurtres qui prend ses sources 19 ans auparavant au fin fond d’un bayou. Des crimes commis dans un golf, ancien quartier démoli de leur enfance, mais où subsiste encore la maison de leur mère, ultime résistante des riverains et témoin potentiel. C’est le prétexte à des visites répétées chez une maman pleine de manies et terriblement enracinée dans le passé… Graphiquement, c’est somptueux. Le trait est fin, subtil et élancé, abondant en détails savamment cogités, mais toujours affranchi du superflu. J’adore m’égarer dans les rues et les atours de la ville, arrêtant mon regard sur les visages d’une foule truculente, admirant au passage les multiples façades et vitrines aux pubs, affiches et autres enseignes raffinées. Puis revenir goûter les ambiances saisissantes de ces cases aux nuances divines. Ah, cette plage désolante près de la centrale qui me fait tant envie ! Ah, ce bayou où je peux presque entendre les cris des bébés alligators et sentir l’humidité des swamps ! Le découpage est à la hauteur. Fashbacks, enquête policière à rebours, narration double, insertion de gravures ou de pages de gazette, dialogues croustillants sont quelques-uns des nombreux éléments d’une mise en scène efficace, inventive et fluide. J’ai un faible pour les intermèdes où l’on peut « fureter » dans le journal de bord intime de Philibert. Ainsi, Mazan, dans une oeuvre au contenu somme toute sérieux, nous confie ses points de vue sur des questions d’aujourd’hui. Mais, par un habile détournement du propos et une approche mêlant humour, dérision et poésie, il maintient toute l’intensité alarmiste en arrière-plan. C’est la légèreté qui prédomine. Malgré la gravité des sujets, on se délecte du maussade, enjoué et insouciant. Ne serait-ce qu’une ruse ? Car, tout bien considéré, en nous renvoyant cette image de lecteur indifférent, il parvient à titiller nos consciences. Une excellente série dont on appréciera les divers degrés de lecture.
Astro City - Des ailes de plomb
« Astro City » est sans doute la BD qui me rappelle le plus Watchmen, le chef d’œuvre de Alan Moore (sans toutefois l’égaler). Rythme lent, super héros sur le retour remplis de doutes et de regrets, intrigue intéressante et bien construite. Par contre pas d’exercice de style dans la narration, tout est simple, linéaire, facile à suivre. De même le dessin et surtout les couleurs sont plus modernes. Les couleurs de Watchmen ont je pense déçu beaucoup de lecteurs non habitués aux vieux comics américains. Je ferai juste un tout petit reproche au scénario : la fin est assez prévisible. Une fois que le héros a compris ce qu’il se passait, plus de surprise, plus de retournement de situation, tout se déroule comme prévu. Dommage, j’aime bien les fins qui chamboulent tout. Mais qu’importe, j’ai vraiment passé un excellent moment de lecture, et je recommande « Astro City » à tous les fans de super héros et de polars pas trop portés sur l’action.
Ultra
J’ai beaucoup aimé Girls des frères Luna, je me suis donc logiquement procuré leur 1ère œuvre publiée, « Ultra », malgré un a priori un peu négatif : le quotidien et la vie amoureuse de super héroïnes, je me demandais quand même ce que ça allait donner. Et bien c’est excellent, principalement grâce à un traitement original et rempli d’humour. Les couvertures des différents « comic books » originaux sont des imitations de magazines féminins, avec des titres du genre « comment attirer le sexe opposé quand on est tragiquement moche », « super régime pour super héroïnes » et des sujets tel que la cellulite, la mode ou les relations de stars. Ces fausses couvertures (voir ici) sont super bien faites et à mourir de rire. A l’intérieur on retrouve aussi des fausses publicités rigolotes mettant en scène les héroïnes de l’histoire, des faux concours, et des interviews vraiment bien réalisées, nous faisant presque oublier que les différents protagonistes sont fictifs. Et l’histoire elle-même alors ? Et bien une fois les 1ères impressions « cucul la praline » passées, on retrouve finalement des sujets assez profonds sur le journalisme, les paparazzi, l’intolérance, et la société américaine en générale. C’est caustique, pas toujours très fin ou nouveau, mais assez juste, je trouve, et surtout rempli d’humour. Quant au dessin, bon, le style des frères Luna ne fait pas l’unanimité, mais moi je trouve qu’il sert bien l’histoire. Voilà, en conclusion « Ultra » est vraiment une BD originale, rigolote, et m’a fait passer un excellent moment de lecture, ponctué de nombreux sourires et éclats de rire. A lire !
Batman - Secrets
Une bonne histoire de Batman, qui comme Rire et Mourir se penche sur la relation complexe entre un Batman toujours aussi tourmenté et un Joker passé à la loupe, décortiqué, analysé… C’est bien simple, cette BD en dit plus sur le Joker que toutes les autres BD de Batman que j’ai pu lire. Le scénario est intéressant, mais un peu difficile à suivre je trouve, à cause d’un découpage original mais parfois confus et d’une narration volontairement hachée, mélangeant passé et présent. Mais bon l’intrigue est intéressante, et m’a tenu en haleine de la 1ere à la dernière page. Le dessin risque de déstabiliser les puristes, et me rappelle un peu le style de Dave McKean. Moi, je suis fan, je trouve ça magnifique, mais je me doute bien que ça risque de ne pas plaire à tout le monde. En conclusion, si vous êtes fan de Batman, pas de doute, « Secrets » est un excellent épisode dont vous pouvez difficilement vous passer. Par contre si vous n’avez jamais lu de Batman, je pense qu’il a des épisodes plus accessibles, par exemple Année 1 ou Un long Halloween.
Le Trône d'argile
Le trône d'argile a tout d'abord été un immense flash sur la couverture du tome deux présentée sur le forum il y a quelques semaines. Je ne pouvais pas passer à côté. Je suis donc allé me procurer les deux tomes sortis. Le dessin est exactement à l'image des deux couvertures : magnifique ! Le trait, le découpage, les décors, les personnages, le dynamisme, tout, oui tout y est ! Les planches mêmes les plus simples sont belles. Aucun déchet. Les couleurs sont encore meilleures que le dessin, toujours choisies avec soin et une grande efficacité. Le tome un me plaît cependant un peu plus par son dessin et ses couleurs plus clairs que le tome deux. La tendance plus sombre est d'ailleurs visible jusque sur la splendide couverture du tome 2. Note : 5/5 sans hésitation ! Le scénario se base sur la guerre de cent ans entre l'Angleterre et la France. Tout va mal au royaume de France : le roi perd la raison, le monarque anglais réclame le trône en héritage, les deux fils aînés du roi ont été assassiné, le dauphin est faible et peu respecté, la Bourgogne attaque les Armagnacs, Paris est tombée... Un homme sonne la révolte : le charismatique Tanneguy du Châtel. Je ne peux garantir la réalité historique du récit par manque de souvenirs précis sur l'histoire de France mais l'histoire semble respectée du moins dans les grandes lignes. Au-delà de ça, le récit est passionnant et à mon avis non réservé aux amateurs d'histoire dont je fais partie. Le trône d'argile est à mon avis LA BD historique du moment. Peut être même la meilleure devant Murena (selon mon goût) mais pour confirmer ce sentiment il faudra attendre la suite qui je l'espère sera à la hauteur. Allez-y les yeux fermés, Le trône d'argile a de grandes chances de vous plaire.
Le Trône d'argile
Après lecture des 2 premiers tomes. "LA série historique du moment". L'histoire s'appuie sur des personnages historiques, et semble globalement reconstitué le contexte et les faits propres à la guerre de cent ans. Le scénario est intelligemment structuré et fait la part belle à l'action quand il le faut. Les couvertures sont superbes, et ........... l'intérieur aussi. Un futur grand classique. J'espère que l'histoire ne traînera pas trop en longueur par la suite et conservera le rythme soutenu des 2 premiers tomes.
Célestin Gobe-la-lune
J'ai hésité entre 3 et 4 pour la notation, un 3,5 serait donc plus approprié. Le personnage principal est vraiment déconcertant et pourtant très attachant. Si les couleurs, vives et denses, correspondent bien à la légèreté de l'histoire, j'ai par contre eu plus de mal avec le dessin, sur lequel je n'ai pas ressenti grand chose. La BD est quand même un petit concentré de bonheur, un beau conte qui plaira au plus grand nombre.