Je pense que c’est tout à fait le genre de BD qui s’apprécie différemment en fonction du moment de lecture et de l’état d’esprit dans lequel on se trouve. Le cadre, un petit pays d’Amérique du sud en pleine révolution, ses méchants soldats et ses gentils révolutionnaires est un contexte déjà vu et revu mille fois. Le gentil fils à papa immergé au milieu de la populace, ça fait très cliché quand même.
J’ai trouvé qu’on ne s’ennuie pas du tout, l’histoire est bien racontée, intéressante, surtout dans le premier tome. Gabriel, le « muchacho », débarque dans un petit village en pleine jungle et découvre qu’il s’y passe pas mal de trucs pas très catholiques. Et puis le petit est quand même touchant.
Je suis un peu moins emballé par le second tome, où il y a pas mal de longueurs avec ce périple dans la jungle. Et puis la petite séquence sur l’oppression des homosexuels à la fin est un peu ratée je trouve, ça fait un peu petite leçon de bonne morale.
Tout de même, malgré ces 2 détails, une très bonne lecture. Je ne pensais pas que j’apprécierais autant. J’ai dû la lire dans un bon jour.
Excellent tome d'introduction. On ressent la touche Loisel à plein nez, et ce même si ce n'est pas lui qui dessine. Bien sûr, il faudra noter la série sur son intégralité. D'ailleurs 3 tomes, c'est un bon compromis entre la densité du récit et le "vidage de porte monnaie".
Pour en venir à nos moutons, je suis vraiment content de mon investissement, les dessins sont fins et plaisants, les couleurs chatoyantes et le récit très bien emmené.
Vivement la suite.
Ca faisait un moment que je tournais autour de cet album sans avoir eu l'occasion de le lire. Je craignais que son sujet ne me captive pas, le cyclisme étant un sport qui ne me passionne franchement guère. Mais les très nombreux bons avis m'ont motivé à le lire. Et maintenant que j'en ai eu l'occasion, je ne le regrette pas : c'est une bonne BD. Voilà un bel hommage et une jolie tranche d'histoire du cyclisme au début de son époque la plus glorieuse, une époque où le Tour de France était encore plus qu'une immense gageure physique mais un défi titanesque que seuls esprits forts pouvaient envisager et endurer sur la longueur. Et surtout les passionnés non sponsorisés et sans équipe comme le héros de cette histoire.
Le dessin de Lax est excellent. Je regrette juste son choix d'utiliser des teintes assez monochromes pour ses planches. Les quelques cases où les couleurs sont plus variées montrent que cela aurait pu être graphiquement grandiose sur tout l'album.
Quant au récit, il est beau et fort. Un vrai hymne à la persévérance et à l'ambition sportive dans ce qu'elle a de plus pur. La fin en est d'autant plus cruelle et par là même d'autant plus juste et parlante.
Joli !
Les histoires paranormales ne sont pas vraiment ma tasse de thé et pourtant ce récit ne m'a pas rebuté.
En effet il se dégage de l'ensemble le souci de ne pas prendre le lecteur pour un mouton sous prétexte que l'on verse dans le fantastique. Les séquences d'évasion mentale sont intégrées de façon cohérente, elles ne phagocytent pas l'intrigue.
Quant aux dessins, j'adhère complètement au style de Taranzano.
La couverture n'est pas mensongère: hormis sur quelques cases (et des rictus un peu étranges) tout l'album est du même acabit.
C'est beau !
J'ai du mal à croire qu'il s'agit d'un 1er album tant le trait est constant et rigoureux.
La scène d'action en début de tome le reflète bien. Elle est à la fois dynamique (genre proche du comic) et réaliste de part sa lisibilité et la continuité qui existe entre les cases (avec un soin apporté à la correspondance des armes à feu que j'apprécie).
Un bel objet, vraiment.
Au final, ce qui rend l'album aussi accrocheur, c'est aussi que chaque page possède un intérêt : soit historique, soit pour l'intrigue, soit graphique... il n'y a rien à jeter.
Ce sont les avis de bédéphiles qui m’ont encouragé à lire « Le pont ».
En effet, après un rapide coup d'oeil sur le contenu de l’album, le traitement graphique ne me plaisait pas. Je trouvais le dessin trop épuré, les décors ne me semblaient pas assez détaillés.
Mais, après lecture, ma vision sur le graphisme de cette bd a nettement évolué. Le trait de Christian Durieux m’est apparu finalement bien adapté au récit.
La narration est excellente. En tout cas, je n’ai pas de remarque particulièrement à faire sur une éventuelle incompréhension du sens de lecture dans ce one-shot.
Les personnages sont très expressifs, la mise en couleurs reproduit bien l’ambiance glaciale dans laquelle évolue l’histoire.
Au commencement du récit, le lecteur découvre un univers glacial qui ressemble très fortement à l’arctique et l’antarctique. En fait, il y a aucune indication de lieu ou d’époque, peu importe car c’est très secondaire…
Dans une banquise, trois hommes se sont égarés, ils ont trouvé refuge dans une sorte de capsule mais ces naufragés n’ont plus aucun espoir de s’en tirer. Un jour, lors d’une sortie, nos trois « robinsons » vont découvrir un pont de glace avec à son sommet une forme gelée représentant un homme… Peu de temps après, un navire va les recueillir et les emmener dans une ville…
Le scénario comporte une ambiance fantastique qui m’a captivé. Je précise : fantastique au niveau de l’ambiance puisqu’il n’y a aucun monstre, fantastique parce que l’histoire effleure l’irrationnel. J’ai été également charmé par la philosophie de ce récit dont je vous laisse découvrir le thème.
En tout cas, l’histoire m’a vraiment intrigué, le scénario m’est apparu très bien construit et j’ai ressenti qu’une hâte au dénouement : c’est de relire ce récit !
D’albums en albums, Futuropolis s’impose de plus de plus comme mon éditeur préféré. Avec « Le pont », il nous propose encore une fois un récit qui a su me passionner, intriguer et m’interroger. Ne vous laissez pas démotiver par le dessin assez basique de Christian Durieux, au contraire, il m’est apparu très bien adapté au dessin. La mise en couleurs et le découpage sont, à mon avis, excellents. Bref, à mon avis, « Le pont » est incontestablement une réussite… comme la plupart des bds qui sont parues chez Futuropolis !
Il y a au moins deux branches dans la "Fantasy". L'une est âpre et violente, peuplée de combats sauvages... La mort et le sang y rôdent, assistés de démoniaques invocations. On pourrait appeler ce domaine la fantasy virile... A l'opposé il y a un domaine plus proche du conte de fées, où la vie est douce et la Nature partiellement domestiquée continue à recéler son lot de bois mystérieux. Une forme d'utopie nostalgique où notre esprit peut aller se réfugier, comme lorsqu'on prend un week-end à la campagne. Le début du 'Seigneur des Anneaux', avec la vie dans La Comté, vous voyez ?
'Château L'Attente' appartient bien évidemment à cette seconde communauté. Ici les méchants ne le sont pas totalement, ou n'arrivent jamais à leurs fins. La vie s'écoule sans violence. Il y est beaucoup question de femmes enceintes, de causeries au coin du feu, d'épluchages de légumes et de bons petits plats. Les personnalités s'harmonisent progressivement dans une douce collectivité utopique.
Bref 'Château L'Attente' est Le livre pour passer l'hiver au coin du feu, un chat sur les genoux et une théière bien chaude à portée de main, tandis que le gâteau au four commence à exhaler de doux parfums mielleux. Vive les longues soirées d'hiver et les gros grimoires !
Les qualités de cette œuvre se transforment immédiatement en défauts pour qui viendrait y chercher affrontements fulgurants et rêves de puissance...
Un mot sur le dessin :
Évocations de l'enluminure et de la gravure d'antan, le trait et la construction des planches demeurent assez hésitants pendant 200 pages avant de trouver leurs marques et de devenir franchement maîtrisés aux alentours des 300 planches et ce, jusqu'à la fin.
J'avoue ne pas apprécier les BD "classiques" de Guy Delisle. Par contre, ses tranches de vie lors de ses voyage en Chine (Shenzhen), en Corée du Nord (Pyongyang), et maintenant en Birmanie (pardon... au Myanman) sont une réussite totale. C'est drôle, critique, avec un dessin décalé toujours très réussi.
Bref, dans Chroniques birmanes, il nous raconte son voyage d'un an pour accompagner sa moitié qui travaille pour MSF France. Il s'occupe de son tout jeune enfant, donne quelques cours d'animation (il a travaillé dans le dessin animé, en plus de la BD) à des jeunes birmans qui ont su (un peu) évoluer. Ca se passe avant les problèmes dont on a entendu parler il y a quelques temps chez nous, mais en fait, c'était tout pareil déjà. Et il en ressort une chose : les dirigeants de ce pays sont de vrais malades mentaux...
Une BD intéressante, rendant bien le regard d'un occidental sur une dictature oubliée de tous.
Pour cette série, on est bien obligé de considérer deux périodes: les trois premiers tomes, dessinés par Crisse, et les suivants, beaucoup plus tardif d'un point de vue parution, dessinés par Mitric
dessins de Crisse (tomes 1 à 3)
c'est du 5/5
Là, on fleurte avec la perfection en Bd SF : un super background, tous les personnages sont géniaux, des dessins à couper le souffle (quelques exemples : la chasse aux lamentins célestes, la cité Dakoï, l'armada Callystes...), un scénario épique digne du cycle de "Dune", de Frank Herbert, beaucoup d'humour. Que du bonheur!
Seul bémol: on ne voit pas trop ou Crisse veut en venir. D'ailleurs je crois bien que lui non plus ne le sait pas trop. D'ailleurs, la série s'arrête, monsieur Crisse passe à autre chose (de nettement moins bon niveau, d'ailleurs). C'est un peu comme si on coupait le film du dimanche soir au niveau de la pub. Frustrant.
dessin de Mitric (tomes 4 et 5)
Bon, comme préssenti, c'est le clash. Non pas que le dessin de Mitric soit mauvais, mais ça fait vraiment James Bond après Sean Connery.
Coté scénario, ça part tout à fait sur autre chose, plus mystique, plus théatral, moins drole. Il y a de nombreuses références à la série satellite, quelques erreurs scénaristiques, et pour finir la prophétie initiale ne s'accomplie pas vraiment, elle se modifie en cours de récit, ce qui semble prouver que Crisse était un peu parti à l'aveuglette dans cette série. Au fait, quel est l'éditeur qui a mené cette série d'une main de maître?
Bon, je vais arrreter de persiffler, ça reste quand même un bon space opéra dans l'ensemble, mais j'ai vraiment l'impression que Crisse a légèrement raté l'opportunité de réaliser une série référence dans le genre. On va quand même faire sauter une petite étoile, pour le principe.
Dès le premier tome, l'ambiance est déjà bien pesante. On souffre avec les personnages. Ce ne sont pas des héros, juste des gens ordinaires, plutôt des "loosers". Vont-ils accepter le marché qu'on leur propose et s'improviser assassins ? Qu'ont-ils à perdre ?
Le deuxième tome, mené tambour battant, fait encore monter la pression.
Le troisième est du même tonneau, avec des rebondissements de dernière minute, qui relancent encore l'intrigue...
Encore un scénario extraordinaire de Callède. Vraiment, ils sont rares les auteurs qui arrivent à créer une telle ambiance sur un support BD. On sent que tout peut arriver à tout moment. Halletant.
Pour ne pas trop en dévoiler, je dirai que je suis plutôt déçu par la tournure que prend la série au dernier tome. Dommage, ça donne un peu l'impression d'un rendez vous manqué...
Le dessin souffre de certaines imperfections au premier tome, mais cela s'ameliore nettement dans les suivants. Personnellement je n'aime pas trop les couvertures, mais c'est un point de détail.
Le Tendre est pour moi un des meilleurs, si ce n'est le meilleur, scénariste de BD à l'heure actuelle. Le pari du western, qui attire beaucoup de scénaristes, est souvent un exercice périlleux tant le genre a été exploité. Le Tendre s'en sort plus qu'honorablement, abordant l'Ouest américain en partant de l'autre rive. La psychologie des personnages est toujours aussi bien soignée et n'est pas figée, comme on le voit trop souvent.
Il semble qu'au bout de 9 tomes, la série prenne son rythme de croisière, avec des aventures plus ou moins réussies, mais un niveau général toujours satisfaisant.
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Muchacho
Je pense que c’est tout à fait le genre de BD qui s’apprécie différemment en fonction du moment de lecture et de l’état d’esprit dans lequel on se trouve. Le cadre, un petit pays d’Amérique du sud en pleine révolution, ses méchants soldats et ses gentils révolutionnaires est un contexte déjà vu et revu mille fois. Le gentil fils à papa immergé au milieu de la populace, ça fait très cliché quand même. J’ai trouvé qu’on ne s’ennuie pas du tout, l’histoire est bien racontée, intéressante, surtout dans le premier tome. Gabriel, le « muchacho », débarque dans un petit village en pleine jungle et découvre qu’il s’y passe pas mal de trucs pas très catholiques. Et puis le petit est quand même touchant. Je suis un peu moins emballé par le second tome, où il y a pas mal de longueurs avec ce périple dans la jungle. Et puis la petite séquence sur l’oppression des homosexuels à la fin est un peu ratée je trouve, ça fait un peu petite leçon de bonne morale. Tout de même, malgré ces 2 détails, une très bonne lecture. Je ne pensais pas que j’apprécierais autant. J’ai dû la lire dans un bon jour.
Le Grand Mort
Excellent tome d'introduction. On ressent la touche Loisel à plein nez, et ce même si ce n'est pas lui qui dessine. Bien sûr, il faudra noter la série sur son intégralité. D'ailleurs 3 tomes, c'est un bon compromis entre la densité du récit et le "vidage de porte monnaie". Pour en venir à nos moutons, je suis vraiment content de mon investissement, les dessins sont fins et plaisants, les couleurs chatoyantes et le récit très bien emmené. Vivement la suite.
L'Aigle sans orteils
Ca faisait un moment que je tournais autour de cet album sans avoir eu l'occasion de le lire. Je craignais que son sujet ne me captive pas, le cyclisme étant un sport qui ne me passionne franchement guère. Mais les très nombreux bons avis m'ont motivé à le lire. Et maintenant que j'en ai eu l'occasion, je ne le regrette pas : c'est une bonne BD. Voilà un bel hommage et une jolie tranche d'histoire du cyclisme au début de son époque la plus glorieuse, une époque où le Tour de France était encore plus qu'une immense gageure physique mais un défi titanesque que seuls esprits forts pouvaient envisager et endurer sur la longueur. Et surtout les passionnés non sponsorisés et sans équipe comme le héros de cette histoire. Le dessin de Lax est excellent. Je regrette juste son choix d'utiliser des teintes assez monochromes pour ses planches. Les quelques cases où les couleurs sont plus variées montrent que cela aurait pu être graphiquement grandiose sur tout l'album. Quant au récit, il est beau et fort. Un vrai hymne à la persévérance et à l'ambition sportive dans ce qu'elle a de plus pur. La fin en est d'autant plus cruelle et par là même d'autant plus juste et parlante. Joli !
Les Portes de Shamballah
Les histoires paranormales ne sont pas vraiment ma tasse de thé et pourtant ce récit ne m'a pas rebuté. En effet il se dégage de l'ensemble le souci de ne pas prendre le lecteur pour un mouton sous prétexte que l'on verse dans le fantastique. Les séquences d'évasion mentale sont intégrées de façon cohérente, elles ne phagocytent pas l'intrigue. Quant aux dessins, j'adhère complètement au style de Taranzano. La couverture n'est pas mensongère: hormis sur quelques cases (et des rictus un peu étranges) tout l'album est du même acabit. C'est beau ! J'ai du mal à croire qu'il s'agit d'un 1er album tant le trait est constant et rigoureux. La scène d'action en début de tome le reflète bien. Elle est à la fois dynamique (genre proche du comic) et réaliste de part sa lisibilité et la continuité qui existe entre les cases (avec un soin apporté à la correspondance des armes à feu que j'apprécie). Un bel objet, vraiment. Au final, ce qui rend l'album aussi accrocheur, c'est aussi que chaque page possède un intérêt : soit historique, soit pour l'intrigue, soit graphique... il n'y a rien à jeter.
Le Pont
Ce sont les avis de bédéphiles qui m’ont encouragé à lire « Le pont ». En effet, après un rapide coup d'oeil sur le contenu de l’album, le traitement graphique ne me plaisait pas. Je trouvais le dessin trop épuré, les décors ne me semblaient pas assez détaillés. Mais, après lecture, ma vision sur le graphisme de cette bd a nettement évolué. Le trait de Christian Durieux m’est apparu finalement bien adapté au récit. La narration est excellente. En tout cas, je n’ai pas de remarque particulièrement à faire sur une éventuelle incompréhension du sens de lecture dans ce one-shot. Les personnages sont très expressifs, la mise en couleurs reproduit bien l’ambiance glaciale dans laquelle évolue l’histoire. Au commencement du récit, le lecteur découvre un univers glacial qui ressemble très fortement à l’arctique et l’antarctique. En fait, il y a aucune indication de lieu ou d’époque, peu importe car c’est très secondaire… Dans une banquise, trois hommes se sont égarés, ils ont trouvé refuge dans une sorte de capsule mais ces naufragés n’ont plus aucun espoir de s’en tirer. Un jour, lors d’une sortie, nos trois « robinsons » vont découvrir un pont de glace avec à son sommet une forme gelée représentant un homme… Peu de temps après, un navire va les recueillir et les emmener dans une ville… Le scénario comporte une ambiance fantastique qui m’a captivé. Je précise : fantastique au niveau de l’ambiance puisqu’il n’y a aucun monstre, fantastique parce que l’histoire effleure l’irrationnel. J’ai été également charmé par la philosophie de ce récit dont je vous laisse découvrir le thème. En tout cas, l’histoire m’a vraiment intrigué, le scénario m’est apparu très bien construit et j’ai ressenti qu’une hâte au dénouement : c’est de relire ce récit ! D’albums en albums, Futuropolis s’impose de plus de plus comme mon éditeur préféré. Avec « Le pont », il nous propose encore une fois un récit qui a su me passionner, intriguer et m’interroger. Ne vous laissez pas démotiver par le dessin assez basique de Christian Durieux, au contraire, il m’est apparu très bien adapté au dessin. La mise en couleurs et le découpage sont, à mon avis, excellents. Bref, à mon avis, « Le pont » est incontestablement une réussite… comme la plupart des bds qui sont parues chez Futuropolis !
Château l'Attente
Il y a au moins deux branches dans la "Fantasy". L'une est âpre et violente, peuplée de combats sauvages... La mort et le sang y rôdent, assistés de démoniaques invocations. On pourrait appeler ce domaine la fantasy virile... A l'opposé il y a un domaine plus proche du conte de fées, où la vie est douce et la Nature partiellement domestiquée continue à recéler son lot de bois mystérieux. Une forme d'utopie nostalgique où notre esprit peut aller se réfugier, comme lorsqu'on prend un week-end à la campagne. Le début du 'Seigneur des Anneaux', avec la vie dans La Comté, vous voyez ? 'Château L'Attente' appartient bien évidemment à cette seconde communauté. Ici les méchants ne le sont pas totalement, ou n'arrivent jamais à leurs fins. La vie s'écoule sans violence. Il y est beaucoup question de femmes enceintes, de causeries au coin du feu, d'épluchages de légumes et de bons petits plats. Les personnalités s'harmonisent progressivement dans une douce collectivité utopique. Bref 'Château L'Attente' est Le livre pour passer l'hiver au coin du feu, un chat sur les genoux et une théière bien chaude à portée de main, tandis que le gâteau au four commence à exhaler de doux parfums mielleux. Vive les longues soirées d'hiver et les gros grimoires ! Les qualités de cette œuvre se transforment immédiatement en défauts pour qui viendrait y chercher affrontements fulgurants et rêves de puissance... Un mot sur le dessin : Évocations de l'enluminure et de la gravure d'antan, le trait et la construction des planches demeurent assez hésitants pendant 200 pages avant de trouver leurs marques et de devenir franchement maîtrisés aux alentours des 300 planches et ce, jusqu'à la fin.
Chroniques Birmanes
J'avoue ne pas apprécier les BD "classiques" de Guy Delisle. Par contre, ses tranches de vie lors de ses voyage en Chine (Shenzhen), en Corée du Nord (Pyongyang), et maintenant en Birmanie (pardon... au Myanman) sont une réussite totale. C'est drôle, critique, avec un dessin décalé toujours très réussi. Bref, dans Chroniques birmanes, il nous raconte son voyage d'un an pour accompagner sa moitié qui travaille pour MSF France. Il s'occupe de son tout jeune enfant, donne quelques cours d'animation (il a travaillé dans le dessin animé, en plus de la BD) à des jeunes birmans qui ont su (un peu) évoluer. Ca se passe avant les problèmes dont on a entendu parler il y a quelques temps chez nous, mais en fait, c'était tout pareil déjà. Et il en ressort une chose : les dirigeants de ce pays sont de vrais malades mentaux... Une BD intéressante, rendant bien le regard d'un occidental sur une dictature oubliée de tous.
Kookaburra
Pour cette série, on est bien obligé de considérer deux périodes: les trois premiers tomes, dessinés par Crisse, et les suivants, beaucoup plus tardif d'un point de vue parution, dessinés par Mitric dessins de Crisse (tomes 1 à 3) c'est du 5/5 Là, on fleurte avec la perfection en Bd SF : un super background, tous les personnages sont géniaux, des dessins à couper le souffle (quelques exemples : la chasse aux lamentins célestes, la cité Dakoï, l'armada Callystes...), un scénario épique digne du cycle de "Dune", de Frank Herbert, beaucoup d'humour. Que du bonheur! Seul bémol: on ne voit pas trop ou Crisse veut en venir. D'ailleurs je crois bien que lui non plus ne le sait pas trop. D'ailleurs, la série s'arrête, monsieur Crisse passe à autre chose (de nettement moins bon niveau, d'ailleurs). C'est un peu comme si on coupait le film du dimanche soir au niveau de la pub. Frustrant. dessin de Mitric (tomes 4 et 5) Bon, comme préssenti, c'est le clash. Non pas que le dessin de Mitric soit mauvais, mais ça fait vraiment James Bond après Sean Connery. Coté scénario, ça part tout à fait sur autre chose, plus mystique, plus théatral, moins drole. Il y a de nombreuses références à la série satellite, quelques erreurs scénaristiques, et pour finir la prophétie initiale ne s'accomplie pas vraiment, elle se modifie en cours de récit, ce qui semble prouver que Crisse était un peu parti à l'aveuglette dans cette série. Au fait, quel est l'éditeur qui a mené cette série d'une main de maître? Bon, je vais arrreter de persiffler, ça reste quand même un bon space opéra dans l'ensemble, mais j'ai vraiment l'impression que Crisse a légèrement raté l'opportunité de réaliser une série référence dans le genre. On va quand même faire sauter une petite étoile, pour le principe.
Enchaînés
Dès le premier tome, l'ambiance est déjà bien pesante. On souffre avec les personnages. Ce ne sont pas des héros, juste des gens ordinaires, plutôt des "loosers". Vont-ils accepter le marché qu'on leur propose et s'improviser assassins ? Qu'ont-ils à perdre ? Le deuxième tome, mené tambour battant, fait encore monter la pression. Le troisième est du même tonneau, avec des rebondissements de dernière minute, qui relancent encore l'intrigue... Encore un scénario extraordinaire de Callède. Vraiment, ils sont rares les auteurs qui arrivent à créer une telle ambiance sur un support BD. On sent que tout peut arriver à tout moment. Halletant. Pour ne pas trop en dévoiler, je dirai que je suis plutôt déçu par la tournure que prend la série au dernier tome. Dommage, ça donne un peu l'impression d'un rendez vous manqué... Le dessin souffre de certaines imperfections au premier tome, mais cela s'ameliore nettement dans les suivants. Personnellement je n'aime pas trop les couvertures, mais c'est un point de détail.
Chinaman
Le Tendre est pour moi un des meilleurs, si ce n'est le meilleur, scénariste de BD à l'heure actuelle. Le pari du western, qui attire beaucoup de scénaristes, est souvent un exercice périlleux tant le genre a été exploité. Le Tendre s'en sort plus qu'honorablement, abordant l'Ouest américain en partant de l'autre rive. La psychologie des personnages est toujours aussi bien soignée et n'est pas figée, comme on le voit trop souvent. Il semble qu'au bout de 9 tomes, la série prenne son rythme de croisière, avec des aventures plus ou moins réussies, mais un niveau général toujours satisfaisant.