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Par Tetsuo
Note: 4/5
Couverture de la série A la lettre près
A la lettre près

C'est fou comme on peut changer. De nos rêves d'adolescent, il ne reste parfois rien, même pas le souvenir de ces années passées. Quand on est jeune, on pense avoir la vie devant soi, des projets plein la tête, des idées préconçues et puis... le temps passe... on oublie tout ça pour ne garder que le quotidien et les aléas de la vie. Je crois que ce qui fait mouche, c'est qu'on peut regarder dans ce bouquin comme dans un miroir. Autrement dit, que faisons-nous de nos illusions et de nos rêves le temps passant ? Changeons-nous ? Réalisons-nous que nous changeons ? Oublions-nous jusqu'au notre personnalité d'adolescent ? Je n'ai pas de réponse, Cyril Pomès a lui une attitude pessimiste et donne une version plus que décevante de notre évolution au fil de l'âge. Il est vrai que son personnage est particulier, mais un peu de nous-même est visible et comparable. Et puis la construction, surprenante, est vraiment habile. Nous suivons des étapes de la vie de Patrick, rythmées par la lecture des portions de sa lettre à 17 ans. Le dessin est accrocheur et la bichromie ne gêne en rien la lecture. Intéressant et saisissant.

19/12/2007 (modifier)
Par Cassidy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Vie secrète des jeunes
La Vie secrète des jeunes

Autant le dire tout de suite, je mets 4/5 en sachant que c'est une note qui ne paraîtra sans doute justifiée qu'aux inconditionnels de Sattouf ; ceux qui n'aiment pas trop ou apprécient mais sans plus cet auteur ne seront vraisemblablement pas plus conquis par ce titre, et ceux qui ne connaissent pas du tout devraient commencer par autre chose. Mais pour un fan comme moi, ben, c'est d'la bonne. Suite de strips sans rapport les uns aux autres et sans "chute", la série aurait pu s'appeler "La Vie secrète des cons" voire "La Vie secrète des gros connards incurables", non seulement parce qu'il n'y a pas que des jeunes dedans, mais aussi parce qu'à 2 ou 3 exceptions près, Sattouf n'a choisi de représenter que les moins reluisants de ses contemporains. Et si vous n'êtes pas particulièrement friand d'humour noir et méchant, vous n'apprécierez pas forcément cet enfilage de situations qui, pour reprendre une citation de John Waters, sont "tragiquement risibles et risiblement tragiques" ; bien qu'ils prêtent involontairement à rire, les personnages dépeints ici sont quand même un échantillon d'humanité assez désespérant et je conçois que certains lecteurs trouveront un peu vain de traquer ainsi les conversations les plus débiles et les individus les plus imbéciles comme si le seul but de l'auteur était de prouver que décidément, les jeunes d'aujourd'hui sont un ramassis de minables dégénérés irrécupérables. On pourra aussi reprocher à Sattouf de continuer un règlement de comptes entamé après avoir quitté la BD "sérieuse", sur le thème "Pour me venger de tous ces connards qui m'ont bien pourri ma scolarité, et de toutes les filles qui n'ont pas voulu coucher avec moi, je vais en mettre plein la gueule des jeunes de cité qui sont tous des barbares tarés et des femmes qui sont toutes des pouffiasses décérébrées", et trouver qu'il se répète un peu, après Pascal Brutal ou Les pauvres aventures de Jérémie. Et aussi que, faute d'une véritable histoire et d'authentiques gags, il est assez difficile de se plonger avec passion dans un album qui de toutes façons, n'a pas été écrit en tant qu'album de bandes dessinées, mais comme une succession de strips hebdomadaires. Oui je sais, ça fait beaucoup tout ça. Mais derrière ce qui peut apparaître comme de la méchanceté gratuite, de la basse vengeance, voire du déballage stérile de platitudes, je trouve personnellement que La Vie secrète des jeunes, que j'avais déjà apprécié en strips dans Charlie et que j'ai été content de retrouver en recueil, est un exercice finalement assez salutaire de dénonciation de la connerie ambiante, d'autant plus réjouissant que la misanthropie de Sattouf n'est pas seulement portée par un évident besoin de revanche, mais par un grand sens de l'observation, un trait simple mais incisif, et surtout un talent certain pour la mise en scène et le dialogue, retranscrit avec une habileté "goossenssienne" dans sa traduction écrite de sons, d'intonations, de tics verbaux, et grâce auquel chaque strip semble plus "vivant", plus vrai que n'importe quelle BD à vocation réaliste voire documentaire (il faut l'honnête crudité d'un gars comme Sattouf pour résister à la tentation de mettre des phrases trop belles pour être vraies dans la bouche de ses anti-héros). Bref, en cette période de Noël, un bien beau cadeau à mettre sous le sapin d'un fan de Sattouf.

19/12/2007 (MAJ le 19/12/2007) (modifier)
Par Den
Note: 4/5
Couverture de la série Dessus-dessous
Dessus-dessous

J'ai découvert cette bande-dessinée étrange et originale dans un ouvrage que l'on m'a offert intitulé "30 héros de toujours, chefs d'oeuvre de la BD 1830-1930" de Claude Moliterni publié en 2005 aux Editions Omnibus. On y découvre 6 histoires de la petite Lovekins et de Muffaroo. Ce livre est certainement plus facile à trouver que celui répertorié ici. Ces petites histoires en 12 cases sont cohérentes et je les trouve sympathiques. Mais qu'on les apprécie ou pas on ne peut que reconnaître que Gustave Verbeek a bien maîtrisé son sujet. En faisant abstraction de la représentation pas toujours convaincante des personnages lorsque l'on retourne le livre (il faut s'habituer aux jambes à l'envers au-dessus des têtes qui ne s'insèrent pas vraiment à leur chevelure ou à leur couvre-chef), j'ai été épaté par l'efficacité du procédé. On peut trouver des illustrations tirées de "The Upside-Downs Little Lady Lovekins and Old Man Muffaroo" sur le site hollandais : http://www.planetperplex.com/nl/gustave_verbeek.html Elles donnent un bon aperçu de la qualité du travail de l'auteur. En tout cas je ne peux que recommander de jeter un oeil curieux sur cette oeuvre qui mériterait d'être davantage connue et reconnue. Je m'étonne que, semble-t-il, personne depuis un siècle n'ait cherché à renouveler ce type d'exercice de style. Il faudrait rendre un hommage à Verbeeck en publiant un recueil de récits regroupant des dessinateurs contemporains invités à exploiter cette technique de l'upside-down.

19/12/2007 (MAJ le 19/12/2007) (modifier)
Par Altaïr
Note: 4/5
Couverture de la série Cinéma
Cinéma

Très belle BD, très originale dans son concept, proche du dessin animé. Il y a une certaine poésie qui se dégage de l'ensemble, de ces séquences parfois drôles, parfois contemplatives, parfois purement esthétiques, souvent un mélange de tout cela. Malgré tout, l'auteur tourne parfois un peu en rond, et réutilise à l'envi certaines recettes, comme le fondu-enchaîné par les yeux ou les courbes seins/fesses. Au début, cela donne l'impression de variations sur un même thème, mais à la fin la lassitude pointe...

19/12/2007 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 4/5
Couverture de la série Dessus-dessous
Dessus-dessous

J’ai essayé de résumer ce qui ne sait l’être… Cette série est vieille, très vieille… Elle débute dans les pages du « New York Herald » le 11 Octobre 1903 et s’y termine dans le n° du 15 Janvier 1905. Le postulat est on ne peut plus simple, linéaire même. Mais la forme graphique utilisée par l’auteur est, elle, assez incroyable. J’explique : vous prenez une planche, vous la lisez, vous RETOURNEZ la planche et continuez ainsi la suite de la lecture. Deux planches sont ainsi dessinées sur une seule. Une robe de Lovekins, en tournant la page à plat, devient le chapeau de Muffaroo ; ses longs cheveux deviennent la moustache du vieux monsieur, un nuage devient buisson, un reflet dans l’eau –une fois retourné- devient un village, etc… Surprenant… vraiment… et créé voici plus de cent ans !… Vérifié, cela s’appelle de la transsubstantiation (si ! si !…) ; une sorte de réversibilité de miroir (euh… vous suivez ?…). Je ne connais que deux BD novatrices créées en ces débuts des années 1900 : Little Nemo et la présente série. Mais si Nemo est un voyage dans les rêves, cette présente série est une véritable déraison graphique vraiment expérimentale. L’auteur ?… ben, il est Belge… et né au Japon en 1867. Installé aux Etats-Unis, sa principale création seront ces personnages interchangeables pour une fantaisie imaginaire au complet non sens. Unique, je pense. Qui plus est, l’auteur, dans sa mise en page, utilise la technique dite « du gaufrier » ; à savoir 6 vignettes par planches (un peu comme Jojo et Jimmy) , ce qui rend la lecture de la « seconde » planche assez aisée. Complètement oublié si Horay n’avait publié un tome en 1978. Une série étonnante, surréaliste, que l’on peut détester ou aimer. Ce que j’ai fait. Et même beaucoup.

18/12/2007 (modifier)
Couverture de la série Bouncer
Bouncer

Révision totale de mon avis. J'ai enfin lu la série en entier. :) Cette histoire de familles est assez intéressante. Jodo nous livre ici un western aux allures violentes et sans aucune pitié. Le scénario, malgré un certain essoufflement dans le tome 3, tient le rail et nous entraine dans une spirale infernale où la cruauté gagne en profondeur, inversement proportionnelle à la montée en puissance de tragédie familliale. Les albums sont parsemés de rebondissements et on ressent chez Jodo une certaine idée de fatalisme dans cette série, notament avec la relation entre Bouncer et le bourrau Antoine. Bien que l'on ait une toute petite trace d'initiation, ce thème n'est pas celui qui tient le rôle principale dans cette saga mais, quand on parle des indiens il est difficile de passer outre surtout quand le scénariste est le sublimissime Jodorowsky. Cette course aprés la mort est diablement bien dessinée par le maître Boucq qui signe là une série de caractère avec des dessins qui, en plus d'être à l'image de la qualité graphique de celui qui tient le crayon, sont tout aussi agréable à regarder que peuvent l'être les décors naturels de Mesa Verde, Black Canyon et de l'Ouest américain en générale. Ces 2 hommes, avec le Bouncer, font ce qu'ils savent faire à la perfection : une bande dessinée originale et de qualité.

24/06/2002 (MAJ le 18/12/2007) (modifier)
Par Ems
Note: 4/5
Couverture de la série Tanatos
Tanatos

Vivement le second et dernier tome !!!! J'ai adoré ce premier volet, c'est dense, bien conté, très structuré. Le dessin m'a plu, si l'on ne se formalise pas sur des détails, il est réussi et qui plus est, approprié à l'histoire. Ma seule crainte, qui sera dissipée dans un mois, est que le second tome ne soit pas à la hauteur, mais ça semble tellement maîtrisé, que je reste optimiste. Je n'ai pas vraiment été attiré par la couverture, d'autant que la production en fin d'année était quantitative. Ca aurait été une erreur de passer à côté de cet ouvrage.

16/12/2007 (modifier)
Par Tomeke
Note: 4/5
Couverture de la série Où le regard ne porte pas...
Où le regard ne porte pas...

«Commençons par le commencement », disait « je ne sais plus qui », mais qui aurait mieux fait de la fermer un peu tant on nous ressort cette phrase beaucoup trop souvent ! Le 1er tome tout d’abord, complètement envoûtant, poétique et cruel, tant au niveau du scénario que des dessins et couleurs utilisés... Magnifique ! Le 2ème tome ensuite, alors là, une question se pose : « ai-je donc bien acheté le 2ème album de cette série ? ». La direction prise par le scénariste est totalement imprévue et inédite dans ce qui m’a été donné de lire précédemment. On parle d’autres choses, d’une légère trame fantastique mêlée à cette amitié du 1er tome, d’une histoire triste, violente sans vraiment l’être, d’un amour impossible et de vies parallèles... En conclusion, je trouve cela splendide car, et les avis précédents ne me démentiront pas, il fallait oser prendre ce pari, cela plaît ou pas, le défi est lancé... Moi, j’ai adoré ! Passer à côté, c’est dommage, vous manqueriez vraiment de contempler quelque chose d’enfin différent!

16/12/2007 (MAJ le 16/12/2007) (modifier)
Par cac
Note: 4/5
Couverture de la série L'Argent roi
L'Argent roi

Voici un sympathique recueil de 4 auteurs très appréciables orientés dans la veine indé. Le thème principal donné par les directeurs de la collection je suppose est "l'argent". Chaque auteur était libre de laisser son imagination batifoler sur ce sujet. Baudoin choisit l'angle autobiographique en racontant son premier boulot dans sa jeunesse. Thomas Ott avec son habituel superbe dessin "carte à gratter" livre une histoire muette et très cynique comme il sait les faire. Il y a en effet souvent des retournements de situation dans ses albums et son histoire illustre très bien l'adage qui dit que l'argent ne fait pas le bonheur. Je ne connaissais pas Del Barrio l'auteur de la troisième histoire, c'est original sur le plan graphique, mais c'est sans doute l'histoire que j'ai le moins appréciée. Enfin F'murr livre un conte sur la philanthropie mal venue d'un milliardaire inspiré de mythologie grecque. L'ensemble vaut vraiment le coup d'oeil.

16/12/2007 (modifier)
Par herve
Note: 4/5
Couverture de la série Château l'Attente
Château l'Attente

Je suis tombé sous le charme de "Château l'attente" qui mêle contes ainsi qu'éléments d'héroïc fantaisy. Présenté sous forme assez luxueuse, il faut l'avouer, ce premier volume de plus de 450 pages en noir et blanc se laisse lire avec facilité. Un univers complètement loufoque où se côtoient des femmes à barbe, des animaux qui parlent, un bébé affreux, et une jeune fille en rupture de ban avec sa famille, bref une galerie de personnages hors du commun mais attachants. On se croirait presque dans le film "Freaks" - mais en plus soft -, d'ailleurs comme dans ce chef d'oeuvre des années 30, le cirque a une grande importance dans cet opus. Un petit régal qui me fait songer, comme Alix l'a déjà signalé, à l'univers de Bone (c'est dire si la barre est placée haute).

16/12/2007 (MAJ le 16/12/2007) (modifier)