Une vielle série qui n'est plus disponible en librairie, ce qui est dommage car je n'ai lu qu'un tome de cette série qui est tout bonnement géniale ! J'adore le dessin d'Alexis qui est réaliste tout en étant marrant. La couleur va à merveille d'ailleurs et cela donne de bonnes cases comme lorsque le professeur montre à Timoléon la machine à voyager dans le temps pour la première fois en l'éclairant à la lampe à l'huile.
Les scénarios de Fred sont tout simplement débiles et marrants. On rigole bien des tentatives désastreuses du professeur et de Timoléon pour essayer de devenir riches en se servant de la machine. Dommage que cette série soit tombée dans l'oubli. Elle ne mérite pas cela.
Voilà une belle surprise de fin d'année.
Siegfried est l'adaptation toute personnelle de l'opéra de Richard Wagner par Alex Alice. Il n'est pas évident de comprendre, puis de rendre compte de sa compréhension d'un opéra aussi long. Alex Alice semble avoir attendu le temps nécessaire à la bonne maturation pour nous livrer un album très réussi.
Coté scénario, nous baignons dans les légendes nordiques. Nous retrouvons donc les Nibelungs et Odin qui joue de la foudre. Toutes les pièces de l'histoire sont parfaitement apportées et introduites. Sans temps mort, même si certains passages plus introspectifs ou mélodramatiques ralentissent le rythme, nous ne sommes jamais en train de nous plaindre d'un quelconque défaut. Tout s'enchaine et s'emmêle logiquement. Le ton est juste. Alex Alice après avoir œuvré comme simple dessinateur sur la série Le Troisième Testament prend ici un très bon départ dans la catégorie scénariste ET dessinateur.
Coté dessin, j'ai longtemps hésité à dissocier le scénario et le dessin tant l'un semble ne pas survivre sans l'autre. Le scénario et les baisses de régime citées précédemment sont en fait compensés par la beauté du dessin dans ces instants. Le trait tirant régulièrement sur le cartoonesque, principalement dans les expressions des visages, est très juste. Les mouvements, les cadrages, les positions tout est d'excellente facture. Les couleurs dans les tons bleutés (cf la couverture !) rendent très bien l'ambiance de nuits enneigées des terres nordiques.
En se penchant un peu plus sur le dessin, il est incroyable de s'apercevoir que les décors ne sont en fait jamais détaillés, mais que la technique utilisée donne une vraie impression de profondeur et de complexité. Un dessin dynamique, précis, magnifié par des couleurs contrastées et chatoyantes.
Un excellent premier tome.
« 300 » ? C’est le nombre de guerriers spartiates qui, avec le roi Léonidas, affrontèrent la massive armée perse au 5ème siècle avant JC dans la passe très étroite des Thermopyles.
Honte à moi, fan d’histoire ! Je ne connaissais absolument pas ce haut fait important de l’Antiquité ! J’ai découvert ce récit en allant voir le film. Ce long métrage, je l’ai adoré ! Par contre, la bd, elle ne m’attirait pas plus que ça car, au premier coup d’œil, la mise en page me semblait fouillie, le dessin était loin de correspondre à que j’admire dans la bd et son prix est élevé (20€00) !
Et puis, très récemment, je me suis laissé tenter par cette lecture pour finalement apprécier très fortement cette bd !
J’ai adoré le souffle héroïque de ce récit bien servi par un dessin au trait épais de Frank Miller et par une mise en couleurs somptueuse aux tons chauds parfaitement adaptée aux scènes de tension et de batailles.
J’y ai aimé également la forte présence de la voix off qui confère une dimension épique à cette histoire et les nombreuses cases au plan large qui nous laissent apparaître le gigantisme de la bataille (le format à l’italienne convient parfaitement à cette bd).
Quant à l’histoire proprement dite, il y a, à mon avis, beaucoup de choses à en discuter ! Le scénario est plus subtil qu’un affrontement entre le bien et mal. En lisant cette bd, le lecteur ne peut que s’interroger sur la pertinence de cette guerre, sur la soi-disant défense de la démocratie alors que le héros de ce récit est un roi et que les esclaves existaient dans cette société, sur l’arrogance des spartiates qui étaient certains d’être supérieurs aux perses (bien que le roi perse Xerxés soit lui aussi insolent en se prenant pour un dieu ! Et bien que les écrits de l’époque montrent que les spartiates étaient considérés comme étant les plus grands guerriers parmi tous les peuples méditerranéens) et l’irrespect de ceux-ci envers les autres peuples, et sur plein de choses encore ! Ce qui fait que je suis ressorti secoué, ébloui, méfiant, écœuré, interrogatif de cette lecture et… j’adore ça quand un album ne me laisse pas indifférent et m’encourage à effectuer des recherches sur un fait historique !
« 300 » est exactement le genre de bd historique que j’aime lire ! La narration, le dessin, la mise en couleurs me sont apparus excellents et parfaitement adaptés au récit. A mon avis, cette histoire va plus loin qu’une simple bataille entre les spartiates et les perses, elle nous interroge sur l’utilité de cette guerre et sur l’idéologie spartiate qui m’a semblé pleine de paradoxes. Un must !
Un bon western avec un humour très cynique. Les scénarios sont simples et quelques fois peu originaux (les indiens exploités dans le tome 2 notamment), mais c'est traité avec un humour très méchant sous le charme duquel je suis tombé. J'adore le personnage de Lincoln qui est un véritable salaud sans toutefois être vraiment méchant. Ce qui fait de lui un antihéros très attachant.
Les autres personnages sont aussi attachants et constituent l'univers excellent de cette oeuvre. En particulier Dieu et le diable qui se livrent une sorte de guerre dont l'enjeu est Lincoln. Quant au dessin, il ne me plaisait pas au début, mais j'ai fini par m'habituer sans toutefois aimer. Ce n'est pas mon style.
"Les 7 vies de l’épervier" est la série incontournable de la collection Vécu de chez Glénat, en partie grâce à ses multiples séries en parallèle. Bien sûr la lecture de ces dernières n’est pas indispensable pour découvrir celle-ci et la lire seule permettra de laisser une part de mystère autour de cette histoire et de laisser libre cours à son imagination.
L’histoire nous conte les destins croisés de 7 personnages dans la France d’Henri IV, ce dernier étant l’un des 7 rôles de cette pièce orchestrée par le malin. Pour les 5 premiers tomes, on distingue deux histoires parallèles, d’un côté celle du roi et de l’autre celle d’Ariane de Troïl et de l’Epervier. Le contexte historique est plutôt bien représenté et les fantaisies scénaristiques de Cothias concernant le roi et ses turpitudes pallient à l’ennui qu’auraient pu procurer les manœuvres politiques au sein de la cour. Les quelques scènes d’action et les faces à faces agrémentés d’excellents dialogues en font un très bon divertissement.
Le côté fantastique peut dérouter et on peut le trouver un peu inutile mais contrairement aux "Voleurs d’Empire" où pour moi ça avait été le cas, là j’ai trouvé ça appréciable et cela donne une cohérence au récit d’ensemble.
Ca reste une très grande série qui mériterait d’être immanquable, si j’ai l’occasion de lire les autres pourquoi pas, mais j’ai peur d’être déçu, d’ailleurs étant donné la suite ; Plume aux vents, je n’ai pas bien compris la fin.
Ce manga est, à en croire mon libraire, peu connu et peu sollicité des amateurs du genre.
Dommage car cette série (en 8 tomes) possède pour moi bien des qualités que tant d'autres mangas n'ont pas. Pour commencer, une idée de départ intéressante et riche en potentialités, mais ce n'est pas là ce qui la rend la plus remarquable.
Non, c'est plutôt le soin apporté aux personnages, qu'ils soient humains ou du type ES, et les rapports complexes qui se nouent entre eux. Et en particulier l'épaisseur inaccoutumée donnée au personnage de la jeune femme, Mine Kujô - une scientifique plus intéressée par son métier que par ses relations avec les autres et qui, confrontée à une série d'évènements dramatiques dans lesquels elle se retrouve impliquée, devra apprendre, au même titre que Shuro, à (re)définir la place qu'elle occupe dans la société.
C'est d'ailleurs le thème principal sous-jacent d'un manga où plane en permanence un sentiment de mélancolie dû à cette difficulté d'adaptation.
Là-dessus vient se greffer une intrigue de type thriller, assez proche (trop ?) de celle de Monster, avec son jeune garçon aux pouvoirs psychiques terrifiants, dépourvu d' "âme", et qui tue avec l'insouciance d'un jardinier éliminant de vulgaires pucerons. Ce qui nous vaut aussi, au passage, une réflexion dérangeante sur la valeur toute relative d'une vie.
Bref, comme on peut le constater, ce manga atypique mérite amplement le terme "adulte" (à l'instar des oeuvres de Taniguchi).
Quant au dessin de Fuyumi Soryo, dont certains déplorent le manque d'expressivité, je l'ai trouvé pour ma part très agréable, fin et précis, proche de celui d'un Urosawa. Mais c'est vrai que je ne suis pas très client du style shonen avec ses personnages aux physionomies exagérées.
J’avais vraiment apprécié le travail de l’auteur sur « son » Dracula : réalisé sur carte à gratter.
Ici, c’est à nouveau un vrai « beau livre ».
Hyppolite s’attaque ici au roman de Robert Louis Stevenson ; et ce à l’aquarelle. De par sa perception du narratif originel et son traitement graphique, j’ai « vu un roman » qui mêle drame intime et franche épopée.
Que dire : une réussite graphique –une vraie- splendidement réalisée où la narration n’est pas oubliée.
Adaptation réussie en deux très beaux tomes –tant en contenant qu’en contenu- qui ne m’ont vraiment pas laissé indifférent, réalisés par un auteur assez rare. Mais un auteur qui laissera une production d’une réelle qualité. Et ça… c’est pas tous les jours.
En 1895 à Paris, Bastien Larkos alias Bastos, voleur en mauvaise posture, est amené malgré lui à se rendre à Moscou pour y livrer une mystérieuse valise. C'est le début d'une passionnante aventure qui nous emmène aux confins de la Russie du tsar Nicolas II et dans laquelle on côtoie de nombreux personnages savoureux, dont Zakousky le Samoyède, le costaud Vénitien Paolo Barzelletta, le professeur Lakonik et sa fille Irina, la danseuse Marina Vinogradov, le tsar et j'en passe.
C'est toujours avec grand plaisir que je relis les aventures de "Bastos et Zakousky" (j'ai l'intégrale en 2 volumes). Le récit de Corteggiani est dense et bien construit et on se laisse mener dans cette Russie tumultueuse de la fin du XIXe siècle. Le dessin de Tranchand est agréable. J'y apprécie notamment ses personnages très expressifs qui tendent à laisser croire que l'on a affaire à un récit humoristique. L'histoire l'est en partie mais elle s'oriente en cours de route vers des considérations plus sombres et au final assez dramatiques.
Bref, c'est une excellente BD malheureusement méconnue.
Ah ! Voici une bonne série policière qui est vraiment noire par moment. Les scénarios sont écrits avec du génie dans ce genre. Chaque album est différent de l'autre avec un traitement différent à chaque fois. L'idée de départ est très intéressante, mais quelquefois pas assez exploitée à mon goût : Un policier se fait passer pour un prêtre auprès de sa mère qui est cardiaque et ne supporterait pas de voir son fils policier.
Les intrigues nous prennent dès le début et l'atmosphère des scènes est bien décrite, surtout celle qui se passe à la fin. La psychologie des personnages est clairement montrée et de bonne manière. Le dessin est très bien et le trait énergique et fluide va très bien avec les scénarios.
Un peu en dessous de la Rubrique-à-Brac (bien que plusieurs histoires sont des inédits de cette série) ou Cinémastock, mais quand même génial. On se marre du début à la fin devant ses histoires qui sont souvent des péchés de jeunesse. Où Gotlib va t-il chercher tout ça ? Il a vraiment une grande imagination comme on en fait plus. Un grand de la bande dessinée.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Time is Money (Timoléon)
Une vielle série qui n'est plus disponible en librairie, ce qui est dommage car je n'ai lu qu'un tome de cette série qui est tout bonnement géniale ! J'adore le dessin d'Alexis qui est réaliste tout en étant marrant. La couleur va à merveille d'ailleurs et cela donne de bonnes cases comme lorsque le professeur montre à Timoléon la machine à voyager dans le temps pour la première fois en l'éclairant à la lampe à l'huile. Les scénarios de Fred sont tout simplement débiles et marrants. On rigole bien des tentatives désastreuses du professeur et de Timoléon pour essayer de devenir riches en se servant de la machine. Dommage que cette série soit tombée dans l'oubli. Elle ne mérite pas cela.
Siegfried
Voilà une belle surprise de fin d'année. Siegfried est l'adaptation toute personnelle de l'opéra de Richard Wagner par Alex Alice. Il n'est pas évident de comprendre, puis de rendre compte de sa compréhension d'un opéra aussi long. Alex Alice semble avoir attendu le temps nécessaire à la bonne maturation pour nous livrer un album très réussi. Coté scénario, nous baignons dans les légendes nordiques. Nous retrouvons donc les Nibelungs et Odin qui joue de la foudre. Toutes les pièces de l'histoire sont parfaitement apportées et introduites. Sans temps mort, même si certains passages plus introspectifs ou mélodramatiques ralentissent le rythme, nous ne sommes jamais en train de nous plaindre d'un quelconque défaut. Tout s'enchaine et s'emmêle logiquement. Le ton est juste. Alex Alice après avoir œuvré comme simple dessinateur sur la série Le Troisième Testament prend ici un très bon départ dans la catégorie scénariste ET dessinateur. Coté dessin, j'ai longtemps hésité à dissocier le scénario et le dessin tant l'un semble ne pas survivre sans l'autre. Le scénario et les baisses de régime citées précédemment sont en fait compensés par la beauté du dessin dans ces instants. Le trait tirant régulièrement sur le cartoonesque, principalement dans les expressions des visages, est très juste. Les mouvements, les cadrages, les positions tout est d'excellente facture. Les couleurs dans les tons bleutés (cf la couverture !) rendent très bien l'ambiance de nuits enneigées des terres nordiques. En se penchant un peu plus sur le dessin, il est incroyable de s'apercevoir que les décors ne sont en fait jamais détaillés, mais que la technique utilisée donne une vraie impression de profondeur et de complexité. Un dessin dynamique, précis, magnifié par des couleurs contrastées et chatoyantes. Un excellent premier tome.
300
« 300 » ? C’est le nombre de guerriers spartiates qui, avec le roi Léonidas, affrontèrent la massive armée perse au 5ème siècle avant JC dans la passe très étroite des Thermopyles. Honte à moi, fan d’histoire ! Je ne connaissais absolument pas ce haut fait important de l’Antiquité ! J’ai découvert ce récit en allant voir le film. Ce long métrage, je l’ai adoré ! Par contre, la bd, elle ne m’attirait pas plus que ça car, au premier coup d’œil, la mise en page me semblait fouillie, le dessin était loin de correspondre à que j’admire dans la bd et son prix est élevé (20€00) ! Et puis, très récemment, je me suis laissé tenter par cette lecture pour finalement apprécier très fortement cette bd ! J’ai adoré le souffle héroïque de ce récit bien servi par un dessin au trait épais de Frank Miller et par une mise en couleurs somptueuse aux tons chauds parfaitement adaptée aux scènes de tension et de batailles. J’y ai aimé également la forte présence de la voix off qui confère une dimension épique à cette histoire et les nombreuses cases au plan large qui nous laissent apparaître le gigantisme de la bataille (le format à l’italienne convient parfaitement à cette bd). Quant à l’histoire proprement dite, il y a, à mon avis, beaucoup de choses à en discuter ! Le scénario est plus subtil qu’un affrontement entre le bien et mal. En lisant cette bd, le lecteur ne peut que s’interroger sur la pertinence de cette guerre, sur la soi-disant défense de la démocratie alors que le héros de ce récit est un roi et que les esclaves existaient dans cette société, sur l’arrogance des spartiates qui étaient certains d’être supérieurs aux perses (bien que le roi perse Xerxés soit lui aussi insolent en se prenant pour un dieu ! Et bien que les écrits de l’époque montrent que les spartiates étaient considérés comme étant les plus grands guerriers parmi tous les peuples méditerranéens) et l’irrespect de ceux-ci envers les autres peuples, et sur plein de choses encore ! Ce qui fait que je suis ressorti secoué, ébloui, méfiant, écœuré, interrogatif de cette lecture et… j’adore ça quand un album ne me laisse pas indifférent et m’encourage à effectuer des recherches sur un fait historique ! « 300 » est exactement le genre de bd historique que j’aime lire ! La narration, le dessin, la mise en couleurs me sont apparus excellents et parfaitement adaptés au récit. A mon avis, cette histoire va plus loin qu’une simple bataille entre les spartiates et les perses, elle nous interroge sur l’utilité de cette guerre et sur l’idéologie spartiate qui m’a semblé pleine de paradoxes. Un must !
Lincoln
Un bon western avec un humour très cynique. Les scénarios sont simples et quelques fois peu originaux (les indiens exploités dans le tome 2 notamment), mais c'est traité avec un humour très méchant sous le charme duquel je suis tombé. J'adore le personnage de Lincoln qui est un véritable salaud sans toutefois être vraiment méchant. Ce qui fait de lui un antihéros très attachant. Les autres personnages sont aussi attachants et constituent l'univers excellent de cette oeuvre. En particulier Dieu et le diable qui se livrent une sorte de guerre dont l'enjeu est Lincoln. Quant au dessin, il ne me plaisait pas au début, mais j'ai fini par m'habituer sans toutefois aimer. Ce n'est pas mon style.
Les 7 vies de l'épervier
"Les 7 vies de l’épervier" est la série incontournable de la collection Vécu de chez Glénat, en partie grâce à ses multiples séries en parallèle. Bien sûr la lecture de ces dernières n’est pas indispensable pour découvrir celle-ci et la lire seule permettra de laisser une part de mystère autour de cette histoire et de laisser libre cours à son imagination. L’histoire nous conte les destins croisés de 7 personnages dans la France d’Henri IV, ce dernier étant l’un des 7 rôles de cette pièce orchestrée par le malin. Pour les 5 premiers tomes, on distingue deux histoires parallèles, d’un côté celle du roi et de l’autre celle d’Ariane de Troïl et de l’Epervier. Le contexte historique est plutôt bien représenté et les fantaisies scénaristiques de Cothias concernant le roi et ses turpitudes pallient à l’ennui qu’auraient pu procurer les manœuvres politiques au sein de la cour. Les quelques scènes d’action et les faces à faces agrémentés d’excellents dialogues en font un très bon divertissement. Le côté fantastique peut dérouter et on peut le trouver un peu inutile mais contrairement aux "Voleurs d’Empire" où pour moi ça avait été le cas, là j’ai trouvé ça appréciable et cela donne une cohérence au récit d’ensemble. Ca reste une très grande série qui mériterait d’être immanquable, si j’ai l’occasion de lire les autres pourquoi pas, mais j’ai peur d’être déçu, d’ailleurs étant donné la suite ; Plume aux vents, je n’ai pas bien compris la fin.
ES (Eternal sabbath)
Ce manga est, à en croire mon libraire, peu connu et peu sollicité des amateurs du genre. Dommage car cette série (en 8 tomes) possède pour moi bien des qualités que tant d'autres mangas n'ont pas. Pour commencer, une idée de départ intéressante et riche en potentialités, mais ce n'est pas là ce qui la rend la plus remarquable. Non, c'est plutôt le soin apporté aux personnages, qu'ils soient humains ou du type ES, et les rapports complexes qui se nouent entre eux. Et en particulier l'épaisseur inaccoutumée donnée au personnage de la jeune femme, Mine Kujô - une scientifique plus intéressée par son métier que par ses relations avec les autres et qui, confrontée à une série d'évènements dramatiques dans lesquels elle se retrouve impliquée, devra apprendre, au même titre que Shuro, à (re)définir la place qu'elle occupe dans la société. C'est d'ailleurs le thème principal sous-jacent d'un manga où plane en permanence un sentiment de mélancolie dû à cette difficulté d'adaptation. Là-dessus vient se greffer une intrigue de type thriller, assez proche (trop ?) de celle de Monster, avec son jeune garçon aux pouvoirs psychiques terrifiants, dépourvu d' "âme", et qui tue avec l'insouciance d'un jardinier éliminant de vulgaires pucerons. Ce qui nous vaut aussi, au passage, une réflexion dérangeante sur la valeur toute relative d'une vie. Bref, comme on peut le constater, ce manga atypique mérite amplement le terme "adulte" (à l'instar des oeuvres de Taniguchi). Quant au dessin de Fuyumi Soryo, dont certains déplorent le manque d'expressivité, je l'ai trouvé pour ma part très agréable, fin et précis, proche de celui d'un Urosawa. Mais c'est vrai que je ne suis pas très client du style shonen avec ses personnages aux physionomies exagérées.
Le maître de Ballantraë
J’avais vraiment apprécié le travail de l’auteur sur « son » Dracula : réalisé sur carte à gratter. Ici, c’est à nouveau un vrai « beau livre ». Hyppolite s’attaque ici au roman de Robert Louis Stevenson ; et ce à l’aquarelle. De par sa perception du narratif originel et son traitement graphique, j’ai « vu un roman » qui mêle drame intime et franche épopée. Que dire : une réussite graphique –une vraie- splendidement réalisée où la narration n’est pas oubliée. Adaptation réussie en deux très beaux tomes –tant en contenant qu’en contenu- qui ne m’ont vraiment pas laissé indifférent, réalisés par un auteur assez rare. Mais un auteur qui laissera une production d’une réelle qualité. Et ça… c’est pas tous les jours.
Bastos et Zakousky
En 1895 à Paris, Bastien Larkos alias Bastos, voleur en mauvaise posture, est amené malgré lui à se rendre à Moscou pour y livrer une mystérieuse valise. C'est le début d'une passionnante aventure qui nous emmène aux confins de la Russie du tsar Nicolas II et dans laquelle on côtoie de nombreux personnages savoureux, dont Zakousky le Samoyède, le costaud Vénitien Paolo Barzelletta, le professeur Lakonik et sa fille Irina, la danseuse Marina Vinogradov, le tsar et j'en passe. C'est toujours avec grand plaisir que je relis les aventures de "Bastos et Zakousky" (j'ai l'intégrale en 2 volumes). Le récit de Corteggiani est dense et bien construit et on se laisse mener dans cette Russie tumultueuse de la fin du XIXe siècle. Le dessin de Tranchand est agréable. J'y apprécie notamment ses personnages très expressifs qui tendent à laisser croire que l'on a affaire à un récit humoristique. L'histoire l'est en partie mais elle s'oriente en cours de route vers des considérations plus sombres et au final assez dramatiques. Bref, c'est une excellente BD malheureusement méconnue.
Soda
Ah ! Voici une bonne série policière qui est vraiment noire par moment. Les scénarios sont écrits avec du génie dans ce genre. Chaque album est différent de l'autre avec un traitement différent à chaque fois. L'idée de départ est très intéressante, mais quelquefois pas assez exploitée à mon goût : Un policier se fait passer pour un prêtre auprès de sa mère qui est cardiaque et ne supporterait pas de voir son fils policier. Les intrigues nous prennent dès le début et l'atmosphère des scènes est bien décrite, surtout celle qui se passe à la fin. La psychologie des personnages est clairement montrée et de bonne manière. Le dessin est très bien et le trait énergique et fluide va très bien avec les scénarios.
Trucs-en-Vrac
Un peu en dessous de la Rubrique-à-Brac (bien que plusieurs histoires sont des inédits de cette série) ou Cinémastock, mais quand même génial. On se marre du début à la fin devant ses histoires qui sont souvent des péchés de jeunesse. Où Gotlib va t-il chercher tout ça ? Il a vraiment une grande imagination comme on en fait plus. Un grand de la bande dessinée.