Horriblement tordant ! Léandri me fait totalement marrer avec ses Photos-BD qui ont la particularité de prendre des codes de la BD (des gouttes de sueurs sur les personnages inquiets notamment). J'aurais bien aimé voir ça en dessin.
Les scénarios vont de la parodie délirante (Spartacus, Cyrano) à des moments quotidiens de la vie montrés de façon totalement absurde (prendre le taxi, acheter une voiture). Chaque fois, Léandri tape dans le mille ! En plus, c'est très amusant de voir des auteurs qui n'ont pas peur de se ridiculiser pour nous faire rire.
Après lecture des 4 premiers tomes.
J'ai clairement aimé cette série, mais j'attends la suite pour noter plus finement.
L'univers est complexe et semble se jouer sur 3 niveaux.
Les personnages sont réellement attachants, l'envie de connaître la suite est totale.
L'emprunt va certainement se convertir en achat dans les prochains temps.
Le dessin n'est pas des plus académiques mais il est efficace (même effet qu'avec les autres productions de Peeters : bof à feuilleter, génial dans la lecture une fois immerger dans l'histoire).
Le scénario m'a paru cohérent pour le peu qu'on veuille se donner la peine de rentrer dans l'histoire.
Difficile à raconter mais tellement bon à lire !!!
Le conte, au travers de sa perspective poétique, propose souvent (avec plus ou moins de réussite) une thématique multidimensionnelle débouchant sur un plaisir pluriel. Aux premières émotions d’une lecture classique et candide, s’ajoute, pour les plus ambitieux, un bonheur intellectuel consistant à débusquer les sous entendus et à tenter de décrypter les paraboles (chacun n’y trouvant, dans la majorité des cas, que son propre message) pour créer ainsi une connivence jubilatoire (et illusoire ?) avec l’auteur.
Viktor présente certainement toutes ces caractéristiques. Cependant, je me suis régalé à seulement demeurer « naïf ». Dédaignant les aspects allusifs et les éventuelles réflexions sur l’espoir ou la quête identitaire, je me suis abandonné à l’onirisme de cette ballade mélancolique, bercé par le rythme d’une délicieuse linéarité narrative. Magie d’un texte délicat transcendé par l’esthétisme d’une ligne contrastée et nerveuse, scénographie torturée et oppressante d’un univers graphique en noir & blanc (ou plutôt gris, d’un si beau gris) dans lequel les faciès lunaires ou funèbres de personnages Burtoniens reflètent une douce et inquiétante tristesse. Une ambiance somptueuse et sombre éclairée de quelques instants plus lumineux, où, tour à tour, les mots, rares et précieux, se noient ou émergent pour mieux scintiller et nous envoûter.
Les réfractaires à la poésie passeront probablement leur chemin, les autres s’offriront une petite parenthèse de rêve, simple et pourtant magnifique.
La série initiale des Mondes d’Aldébaran, qui a permis de révéler le génie de son auteur Léo.
J’épingle, de mémoire, plusieurs grandes qualités dans cette série : l’histoire extraordinaire de ces jeunes, auxquels il n’est pas très compliqué de s’identifier, l’imagination dont fait preuve l’auteur quant à la richesse de la faune et la flore de la planète où se déroule l’histoire, avec certaines caractéristiques similaires à notre Terre, ce qui permet de faciliter l’immersion dans l’aventure, le suspens et les interrogations qui naissent au fil des albums sur l’origine des "phénomènes" et des protagonistes,…
Il s’agit vraiment selon moi d’une série de qualité, plus passionnante et fatalement plus innovante que les séries parallèles qui suivent. Les dessins de Léo sont typiques, de bonne qualité même s’il est vrai que les sourires des personnages paraissent parfois peu naturels, cela reste un détail. Les couleurs sont chaudes et collent parfaitement avec l’exotisme proposé.
En conclusion, il s’agit d’une série originale et bien exploitée, en cinq tomes, offrant un bon compromis entre longueur et exploitation des éléments du récit.
Dessiner un récit qui s'inscrit dans une époque et un lieu différents de ceux où on vit est un exercice périlleux qui a bien du mal le plus souvent à résister aux attraits de l'exotisme facile et du cliché. Le Japon fait partie de ces pays souvent égratignés...
Mais ici, comme dans Kogaratsu, point d'image d'Epinal. Michetz est manifestement imprégné de culture japonaise, et est à ma connaissance, et de loin, le meilleur dessinateur français sur ce pays. Son style mélange les influences graphiques orientales, estampes Ukiyo-e en tête, avec ses femmes fardées au visage ovale, ses compositions inventives, et le dessin fluide au pinceau, avec les influences occidentales de cadrage, mise en scène, réalisme des costumes et des décors. Le résultat est parfaitement réussi, extrêmement élégant, dans toutes les oeuvres de Michetz mais tout particulièrement dans ces deux tomes de "Tako".
Dans cette BD, Yann lui livre un scénario particulièrement noir où chaque protagoniste semble l'emporter sur l'autre en cruauté. Le mariage des deux est très réussi, même s'il vaut mieux déconseiller cette série à ceux qui n'aiment pas les BDs dérangeantes.
La couverture et un feuilletage rapide m’avaient fait craindre une BD “moisie” (que les amateurs du genre me pardonnent ;) ) et m’avaient fait différer ma lecture.
Grave erreur !
Même si je dois admettre qu’il m’a fallu quelques pages pour m’habituer à ce trait hachuré et assez réaliste, j’ai fini par le trouver assez plaisant, par la suite.
L’histoire, elle, est surprenante. On pense, au premier abord avoir à faire à une classique saga familiale dans un contexte médiéval, ce que l’on a, de fait, pendant les 9 dixièmes de ce premier tome.
L’intrigue se complexifie et laisse entrevoir la richesse de son univers, au fur et à mesure que sont introduits de nouveaux personnages.
Mais, les incursions dans le fantastique, et le fait que certains personnages ne sont pas ce qu’ils semblent être, accentuent le sentiment d’être en présence d’une histoire riche en rebondissements.
Puis, à la toute fin, on bascule vraiment dans une autre dimension, laissant présager une suite assez passionnante, pourvu qu’elle tienne les promesses de ce final.
Ceci dit, je comprends aussi que cette fin puisse dérouter.
J’attends la suite, qui devrait m’amener à modifier ma note.
Tome 2 :
Décidément, cette série prend une tournure fantastique bien plaisante. Presque à chaque page, on est dérouté, le scénario nous prend à contre-pied. Mais j’aime beaucoup ça !
Le dessin est fidèle à celui du premier tome : sobre et précis.
Cette fois encore, j’attends la suite avec impatience, et pour le moment, maintiens la note. Euh, non, en fait je la monte ! :)
C'est excellent ! Frais, léger, plein d'humour (je sais, tous ces qualificatifs ont déjà été employés mais ce sont les plus adaptés), un dessin tout mignon, et une palette de couleurs acidulées qui réjouissent l'oeil, un scénario assez juste, une petite héroïne toute mimi et assez touchante, rien de bien révolutionnaire, les histoires sont gentillettes et au tome 3, limite répétitives, mais néanmoins j'ai plaisir à lire ces albums alors que de toute évidence j'ai passé l'âge du coeur de cible ;)
Cependant, plutôt à offrir qu'à s'offrir.
tome 4 :
Encore un tome touché par la grâce ! Décidemment, Julien Neel est remarquablement doué pour saisir les états d’âme des pré-ado et ados. C’est toujours aussi juste, plein de poésie, le dessin me semble encore meilleur qu’avant, et la mise en couleur, là, c’est vraiment du tout bon ! Je me suis même extasiée sur certaines planches, tant les ambiances chromatiques étaient réussies !
Ce tome, c’est une parenthèse d’été, de soleil, de farniente et de bonheur, au cœur de cet hiver.
Note et vif conseil de lecture inchangés ! :)
A la lecture, je me disais "mais je ne peux pas mettre plus de 3/5 à un truc aussi noir !"...
Et puis finalement je l'avoue, j'ai trop aimé "Fell" pour le sous-évaluer.
Je ne suis pas un gros amateur, encore moins un connaisseur du polar urbain. Je ne saurais donc juger de son originalité au niveau des détails. Pour ce qui est du sujet, comme l'a souligné JJJ, c'est du vu, revu, lu et relu. Ce qui m'a impressionné, c'est vraiment le soin mis à la peinture psychologique des personnages. Richard Fell est pour moi un personnage exceptionnel, un flic intelligent, bon mais pas naïf (enfin, jusqu'à un certain point, voir l'histoire du camé qui découpe la fille dont il est amoureux). Warren Ellis nous dépeint une ville d'une noirceur absolue, dont l'espoir s'est échappé depuis longtemps, une ville où le sang et la mort hantent les rues en permanence. C'est glauque, mais on est accroché, malgré soi. L'histoire du père qui... ah non je ne dirai rien, mais ça m'a tétanisé.
Côté graphique, je dois dire que le style de Templesmith m'a... troublé. Il se livre à un drôle d'exercice, à mi-chemin du réalisme et de la caricature, et le résultat est original, à défaut d'être subjectivement beau.
Une série à découvrir.
Je m'attaque à un monument de la série d'aventure...
S'il est vrai que cette BD est bourrée de clichés, je pense qu'elle est à prendre pour ce qu'elle est : un récit de pure aventure, qui fait appel à certains de nos fantasmes et fait dès lors son petit effet.
Fantasmes ?? Qui n'a pas rêvé de posséder une gigantesque fortune, de s'entourer de jolies filles, d'être casse-cou comme un cascadeur, de vivre des aventures aussi palpitantes et de toujours s'en sortir la tête haute ; en bref, l'homme parfait...
Chaque partie de récit se passe en deux tomes, bonne idée pour maintenir le rythme de l'histoire. Certaines aventures sont moins bonnes que les autres, d'autres souffrent de temps mort ou d'explications détaillées, parfois en sur-abondance (Van Hamme l'économiste...).
Ou sinon, l'ensemble reste plaisant, les dessins sont très corrects et les couleurs sont vives et adaptées.
C'est une série divertissante, qui se lit et se relit avec un réel plaisir.
Ancien étudiant en fac d'histoire, j'ai toujours été attiré par l'Antiquité. Aussi quand j'ai découvert une série sur le règne de Néron je ne me suis pas posé de questions. Les couvertures étaient en plus magnifiques.
Premier constat : c'est beau. Il y a un vrai souci de documentation de la part des auteurs, du coup, comme dans la série télévisée "Rome", on est transporté dans l'univers de la Rome du début de l'Empire : les armes, les vêtements, l'architecture, tout nous plonge dans le 1er siècle après J.-C.
Deuxième constat : le parti pris des auteurs de mélanger faits historiques et fiction fonctionne à merveille. On apprend énormément de choses dans cette série notamment grâce à des notes en fin de tome. L'histoire est bien sûr romancée mais avec beaucoup de talent : il n'y a rien de larmoyant ou de pesant. Les parties inventées s'intègrent très bien à la grande Histoire et on a même du mal parfois à voir la frontière entre les deux. Un grand bravo aux auteurs qui ont réussi un véritable tour de force.
En conclusion, il n'y a rien à jeter pour moi dans cette série. Amateurs d'histoire, jetez-vous sur elle. Si l'histoire vous rebute, ce n'est pas un problème. L'intrigue est passionnante et suffisamment bien racontée pour que l'on puisse la suivre même sans connaissances préalables sur la Rome antique.
Et là j'avais prévu un jeu de mots sur Rome antique mais François Feldman me l'a piqué dans son oeuvre majeure : Les valses de Vienne ! Quel fumier ce François Feldman !
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Photos-BD
Horriblement tordant ! Léandri me fait totalement marrer avec ses Photos-BD qui ont la particularité de prendre des codes de la BD (des gouttes de sueurs sur les personnages inquiets notamment). J'aurais bien aimé voir ça en dessin. Les scénarios vont de la parodie délirante (Spartacus, Cyrano) à des moments quotidiens de la vie montrés de façon totalement absurde (prendre le taxi, acheter une voiture). Chaque fois, Léandri tape dans le mille ! En plus, c'est très amusant de voir des auteurs qui n'ont pas peur de se ridiculiser pour nous faire rire.
Koma
Après lecture des 4 premiers tomes. J'ai clairement aimé cette série, mais j'attends la suite pour noter plus finement. L'univers est complexe et semble se jouer sur 3 niveaux. Les personnages sont réellement attachants, l'envie de connaître la suite est totale. L'emprunt va certainement se convertir en achat dans les prochains temps. Le dessin n'est pas des plus académiques mais il est efficace (même effet qu'avec les autres productions de Peeters : bof à feuilleter, génial dans la lecture une fois immerger dans l'histoire). Le scénario m'a paru cohérent pour le peu qu'on veuille se donner la peine de rentrer dans l'histoire. Difficile à raconter mais tellement bon à lire !!!
Viktor
Le conte, au travers de sa perspective poétique, propose souvent (avec plus ou moins de réussite) une thématique multidimensionnelle débouchant sur un plaisir pluriel. Aux premières émotions d’une lecture classique et candide, s’ajoute, pour les plus ambitieux, un bonheur intellectuel consistant à débusquer les sous entendus et à tenter de décrypter les paraboles (chacun n’y trouvant, dans la majorité des cas, que son propre message) pour créer ainsi une connivence jubilatoire (et illusoire ?) avec l’auteur. Viktor présente certainement toutes ces caractéristiques. Cependant, je me suis régalé à seulement demeurer « naïf ». Dédaignant les aspects allusifs et les éventuelles réflexions sur l’espoir ou la quête identitaire, je me suis abandonné à l’onirisme de cette ballade mélancolique, bercé par le rythme d’une délicieuse linéarité narrative. Magie d’un texte délicat transcendé par l’esthétisme d’une ligne contrastée et nerveuse, scénographie torturée et oppressante d’un univers graphique en noir & blanc (ou plutôt gris, d’un si beau gris) dans lequel les faciès lunaires ou funèbres de personnages Burtoniens reflètent une douce et inquiétante tristesse. Une ambiance somptueuse et sombre éclairée de quelques instants plus lumineux, où, tour à tour, les mots, rares et précieux, se noient ou émergent pour mieux scintiller et nous envoûter. Les réfractaires à la poésie passeront probablement leur chemin, les autres s’offriront une petite parenthèse de rêve, simple et pourtant magnifique.
Aldébaran
La série initiale des Mondes d’Aldébaran, qui a permis de révéler le génie de son auteur Léo. J’épingle, de mémoire, plusieurs grandes qualités dans cette série : l’histoire extraordinaire de ces jeunes, auxquels il n’est pas très compliqué de s’identifier, l’imagination dont fait preuve l’auteur quant à la richesse de la faune et la flore de la planète où se déroule l’histoire, avec certaines caractéristiques similaires à notre Terre, ce qui permet de faciliter l’immersion dans l’aventure, le suspens et les interrogations qui naissent au fil des albums sur l’origine des "phénomènes" et des protagonistes,… Il s’agit vraiment selon moi d’une série de qualité, plus passionnante et fatalement plus innovante que les séries parallèles qui suivent. Les dessins de Léo sont typiques, de bonne qualité même s’il est vrai que les sourires des personnages paraissent parfois peu naturels, cela reste un détail. Les couleurs sont chaudes et collent parfaitement avec l’exotisme proposé. En conclusion, il s’agit d’une série originale et bien exploitée, en cinq tomes, offrant un bon compromis entre longueur et exploitation des éléments du récit.
Tako
Dessiner un récit qui s'inscrit dans une époque et un lieu différents de ceux où on vit est un exercice périlleux qui a bien du mal le plus souvent à résister aux attraits de l'exotisme facile et du cliché. Le Japon fait partie de ces pays souvent égratignés... Mais ici, comme dans Kogaratsu, point d'image d'Epinal. Michetz est manifestement imprégné de culture japonaise, et est à ma connaissance, et de loin, le meilleur dessinateur français sur ce pays. Son style mélange les influences graphiques orientales, estampes Ukiyo-e en tête, avec ses femmes fardées au visage ovale, ses compositions inventives, et le dessin fluide au pinceau, avec les influences occidentales de cadrage, mise en scène, réalisme des costumes et des décors. Le résultat est parfaitement réussi, extrêmement élégant, dans toutes les oeuvres de Michetz mais tout particulièrement dans ces deux tomes de "Tako". Dans cette BD, Yann lui livre un scénario particulièrement noir où chaque protagoniste semble l'emporter sur l'autre en cruauté. Le mariage des deux est très réussi, même s'il vaut mieux déconseiller cette série à ceux qui n'aiment pas les BDs dérangeantes.
Messire Guillaume
La couverture et un feuilletage rapide m’avaient fait craindre une BD “moisie” (que les amateurs du genre me pardonnent ;) ) et m’avaient fait différer ma lecture. Grave erreur ! Même si je dois admettre qu’il m’a fallu quelques pages pour m’habituer à ce trait hachuré et assez réaliste, j’ai fini par le trouver assez plaisant, par la suite. L’histoire, elle, est surprenante. On pense, au premier abord avoir à faire à une classique saga familiale dans un contexte médiéval, ce que l’on a, de fait, pendant les 9 dixièmes de ce premier tome. L’intrigue se complexifie et laisse entrevoir la richesse de son univers, au fur et à mesure que sont introduits de nouveaux personnages. Mais, les incursions dans le fantastique, et le fait que certains personnages ne sont pas ce qu’ils semblent être, accentuent le sentiment d’être en présence d’une histoire riche en rebondissements. Puis, à la toute fin, on bascule vraiment dans une autre dimension, laissant présager une suite assez passionnante, pourvu qu’elle tienne les promesses de ce final. Ceci dit, je comprends aussi que cette fin puisse dérouter. J’attends la suite, qui devrait m’amener à modifier ma note. Tome 2 : Décidément, cette série prend une tournure fantastique bien plaisante. Presque à chaque page, on est dérouté, le scénario nous prend à contre-pied. Mais j’aime beaucoup ça ! Le dessin est fidèle à celui du premier tome : sobre et précis. Cette fois encore, j’attends la suite avec impatience, et pour le moment, maintiens la note. Euh, non, en fait je la monte ! :)
Lou !
C'est excellent ! Frais, léger, plein d'humour (je sais, tous ces qualificatifs ont déjà été employés mais ce sont les plus adaptés), un dessin tout mignon, et une palette de couleurs acidulées qui réjouissent l'oeil, un scénario assez juste, une petite héroïne toute mimi et assez touchante, rien de bien révolutionnaire, les histoires sont gentillettes et au tome 3, limite répétitives, mais néanmoins j'ai plaisir à lire ces albums alors que de toute évidence j'ai passé l'âge du coeur de cible ;) Cependant, plutôt à offrir qu'à s'offrir. tome 4 : Encore un tome touché par la grâce ! Décidemment, Julien Neel est remarquablement doué pour saisir les états d’âme des pré-ado et ados. C’est toujours aussi juste, plein de poésie, le dessin me semble encore meilleur qu’avant, et la mise en couleur, là, c’est vraiment du tout bon ! Je me suis même extasiée sur certaines planches, tant les ambiances chromatiques étaient réussies ! Ce tome, c’est une parenthèse d’été, de soleil, de farniente et de bonheur, au cœur de cet hiver. Note et vif conseil de lecture inchangés ! :)
Fell
A la lecture, je me disais "mais je ne peux pas mettre plus de 3/5 à un truc aussi noir !"... Et puis finalement je l'avoue, j'ai trop aimé "Fell" pour le sous-évaluer. Je ne suis pas un gros amateur, encore moins un connaisseur du polar urbain. Je ne saurais donc juger de son originalité au niveau des détails. Pour ce qui est du sujet, comme l'a souligné JJJ, c'est du vu, revu, lu et relu. Ce qui m'a impressionné, c'est vraiment le soin mis à la peinture psychologique des personnages. Richard Fell est pour moi un personnage exceptionnel, un flic intelligent, bon mais pas naïf (enfin, jusqu'à un certain point, voir l'histoire du camé qui découpe la fille dont il est amoureux). Warren Ellis nous dépeint une ville d'une noirceur absolue, dont l'espoir s'est échappé depuis longtemps, une ville où le sang et la mort hantent les rues en permanence. C'est glauque, mais on est accroché, malgré soi. L'histoire du père qui... ah non je ne dirai rien, mais ça m'a tétanisé. Côté graphique, je dois dire que le style de Templesmith m'a... troublé. Il se livre à un drôle d'exercice, à mi-chemin du réalisme et de la caricature, et le résultat est original, à défaut d'être subjectivement beau. Une série à découvrir.
Largo Winch
Je m'attaque à un monument de la série d'aventure... S'il est vrai que cette BD est bourrée de clichés, je pense qu'elle est à prendre pour ce qu'elle est : un récit de pure aventure, qui fait appel à certains de nos fantasmes et fait dès lors son petit effet. Fantasmes ?? Qui n'a pas rêvé de posséder une gigantesque fortune, de s'entourer de jolies filles, d'être casse-cou comme un cascadeur, de vivre des aventures aussi palpitantes et de toujours s'en sortir la tête haute ; en bref, l'homme parfait... Chaque partie de récit se passe en deux tomes, bonne idée pour maintenir le rythme de l'histoire. Certaines aventures sont moins bonnes que les autres, d'autres souffrent de temps mort ou d'explications détaillées, parfois en sur-abondance (Van Hamme l'économiste...). Ou sinon, l'ensemble reste plaisant, les dessins sont très corrects et les couleurs sont vives et adaptées. C'est une série divertissante, qui se lit et se relit avec un réel plaisir.
Murena
Ancien étudiant en fac d'histoire, j'ai toujours été attiré par l'Antiquité. Aussi quand j'ai découvert une série sur le règne de Néron je ne me suis pas posé de questions. Les couvertures étaient en plus magnifiques. Premier constat : c'est beau. Il y a un vrai souci de documentation de la part des auteurs, du coup, comme dans la série télévisée "Rome", on est transporté dans l'univers de la Rome du début de l'Empire : les armes, les vêtements, l'architecture, tout nous plonge dans le 1er siècle après J.-C. Deuxième constat : le parti pris des auteurs de mélanger faits historiques et fiction fonctionne à merveille. On apprend énormément de choses dans cette série notamment grâce à des notes en fin de tome. L'histoire est bien sûr romancée mais avec beaucoup de talent : il n'y a rien de larmoyant ou de pesant. Les parties inventées s'intègrent très bien à la grande Histoire et on a même du mal parfois à voir la frontière entre les deux. Un grand bravo aux auteurs qui ont réussi un véritable tour de force. En conclusion, il n'y a rien à jeter pour moi dans cette série. Amateurs d'histoire, jetez-vous sur elle. Si l'histoire vous rebute, ce n'est pas un problème. L'intrigue est passionnante et suffisamment bien racontée pour que l'on puisse la suivre même sans connaissances préalables sur la Rome antique. Et là j'avais prévu un jeu de mots sur Rome antique mais François Feldman me l'a piqué dans son oeuvre majeure : Les valses de Vienne ! Quel fumier ce François Feldman !