La série la plus drôle des 10 dernières années du Journal Spirou. Il faut dire que les deux auteurs (Gaudelette et Larcenet) ne sont pas n'importe qui ! Comme dans les autres séries que j'ai lues d'eux, je me suis bien marré devant les différentes histoires mettant en vedette des animaux humanisés parfois très cyniques.
Je ne sais pas trop si c'est réellement destiné aux enfants car on retrouve des trucs plutôt subtils comme par exemple deux ou trois allusions au sexe. Bon. C'est plutôt très soft (je ne vois pas trop Dupuis refaire le coup de mettre dans leur magazine une bd aussi adulte que Les Innommables), mais il y a tout de même des allusions ! On y retrouve aussi une certaine cruauté là aussi soft, mais présente quand même.
Un autre excellent roman graphique de Will Eisner et pas n'importe lequel car c'est avec celui-ci que le roman graphique a été lancé. Pendant quatre histoires, on suit la vie habituelle des gens. On voit leurs frustrations, leurs bonheurs et parfois leurs ascensions et/ou leur déchéance. Tout ceci est captivant et rempli d'émotion comme le grand Eisner sait le faire.
J'ai une affection particulière pour la troisième qui met en scène un concierge victime de ses frustrations sexuelles et du jugement des autres.
Fables est l'une des BD que je suis avec le plus d'intérêt actuellement. Chaque tome apporte quelque chose de nouveau à cet univers. Et l'on s'attache aux Fables, ces personnages exilés du monde des Fables, réfugiés à New York dans le quartier de Fableville, se protégeant des communs (les gens quoi) grâce à des sortilèges. Des personnages immortels, vivant grâce à l'imaginaire des conteurs d'histoires...
Le premier tome de cette série n'en est pas le meilleur, la mise en place d'un univers si riche étant hélas souvent aussi fastidieuse que nécessaire, l'intrigue se contente de relater une enquête policière classique. Cela permet néanmoins de présenter presque tous les protagonistes vivant à Fableville.
A partir du deuxième tome cela devient beaucoup plus original, beaucoup plus riche et foisonnant dans le traitement, la série sort d’un cadre classique et n’y reviendra plus. Ensuite chaque volume présente une histoire unique tout en apportant assez d'éléments à la trame de la série pour la rendre plus accrocheuse. Le plaisir de lecture va crescendo.
Les personnages de cette série sont d'une richesse peu commune, la communauté des Fables est vaste, les personnages sont difficile à cerner mais tous attachants : On adore Bigby et Blanche neige autant que le Prince Charmant ou Barbe Bleue... Tous ne sont pas dans le même camp, loin de là, mais l'intérêt des Fables étant commun contre un mystérieux ennemi nommé "l'Adversaire", les Fables doivent œuvrer ensemble. Les Fables se connaissent bien depuis des siècles, la méfiance est souvent de mise entre les membres de la communauté.
Fables est une série bien écrite et admirablement dessinée. Le monde que l'on voit prendre vie sous les pinceaux de Mark Buckingham est réellement empreint d'une imagerie fantastique sortie des contes et des légendes.
J'en suis à la lecture du cinquième tome, et je trouve toujours cette série aussi passionnante, à mes yeux c'est actuellement une des meilleures publications de chez Vertigo. Je conseille à tous la lecture de cette BD. Ainsi que la lecture de Fables - 1001 nuits de Neige , un épisode spécial se déroulant un siècle avant le premier tome et révélant des éléments sur certains des personnages. Un épisode nullement indispensable pour l'appréciation de la série mère, mais dont il serait dommage de se priver en regard de ses grandes qualités (et les dessins d'artistes comme Bolton ou Bolland ça ne se rate pas !).
Lisez Fables c'est un must.
JJJ
Ca faisait longtemps qu’une BD ne m’avait pas retourné l’estomac de cette façon. Allez, je l’avoue carrément : un passage m’a fait pleurer (oh moquez-vous, je suis peut-être une chochotte, mais mon cœur d’artichaut a souffert sur certaines pages). Mais le plus fort, c’est que je ne qualifierai même pas cette histoire de sombre ou déprimante. Non, en refermant la BD je me suis retrouvé le cœur rempli d’une envie pressante de vivre, de profiter de la vie, de maintenant, des gens autours de moi.
Une énième histoire sur le thème usé « profitez, la vie est trop courte » donc. Certes. Mais le ton est tellement juste, pas larmoyant pour un sou. Et surtout le fait que le personnage principal soit un comique, et que son talent et ses spectacles soient utilisés pour faire passer un tel message, moi je trouve ça super fort.
J’imagine que le dessin épuré en noir et blanc risque de décourager les lecteurs qui donnent beaucoup d’importance à cet aspect d’une BD. Mais franchement si ce genre de récit vous tente, ne passez pas à coté de ce petit bijou.
Note approximative : 3.5/5
Considéré comme un one-shot à part, cet album est une sorte de hors-série de la BD Le Quatrième pouvoir. Son récit n'est pas dans la continuité de celui de la série originelle mais il vaut véritablement mieux avoir lu cette dernière pour bien profiter de ses subtilités. On retrouve en effet son contexte géopolitique interstellaire et quelques-uns de ses personnages, amenés dans le récit sans présentation préalable qui aurait permis au néophyte de bien tout cerner.
C'est avec une grande joie que j'ai retrouvé le dessin de Gimenez dans le domaine où il excelle parfaitement : de dantesques décors de space-opera, des vaisseaux spatiaux et des véhicules de combats futuristes.
Un véritable plaisir des yeux pour les amateurs du genre !
On s'attarde fréquemment sur telle ou telle planche pour en admirer le soin et la beauté. Seuls les habituels petits soucis d'anatomie humaine des personnages de Gimenez empêchent ces dessins d'atteindre la perfection à mes yeux.
Quant au récit, il est dense et assez prenant. Il se révèlera cependant un peu confus, d'autant plus pour qui n'a pas lu Le Quatrième pouvoir. Pour gagner en efficacité et en concision, l'auteur s'autorise notamment quelques petites ellipses obligeant le lecteur à maintenir son attention éveillée. De même, certains dialogues simultanés auront tendance à paraitre un peu embrouillés.
Mais dans l'ensemble, c'est un bon scénario qui fait honneur au dessin qui le sert. Les deux sont parfaitement adaptés l'un à l'autre et cela fait plaisir. Un bon one-shot de divertissement pour ceux qui aiment le space-opera et un hors-série de qualité pour Le Quatrième pouvoir.
Nonobstant la profonde admiration que j’ai pour les autres ouvrages d’Alan Moore, j’ai pris dès l’ouverture de ce pavé le pli d’oublier l’identité de son génial scénariste. Le but étant de ne pas trop biaiser le présent avis ; que je vais tenter de faire bref mais bon, on n’avise pas cela comme on aviserait n’importe quelle autre série !
D’abord, et je rejoins les avis précédents, la qualité matérielle de la BD proposée est indéniable. L’éditeur a fait très fort, l’objet en tant que tel est magnifique, ce qui explique notamment le prix demandé.
L’histoire est déjà présentée dans les autres avis, je ne vais pas répéter le caractère pornographique de l’ouvrage, qui s’adresse dès lors à un public adulte. Ce dernier devra, sans nul doute, prendre le pari de remettre en question l’entièreté de ses mœurs. Là où c’est intéressant, selon moi, c’est que l’on est loin du porno abrutissant ; l’auteur nous livre ici une histoire terriblement subtile dans sa construction, dans les références littéraires développées et dans les bases psychanalytiques référencées (fantasmes, rêves, pulsions, et les deux topiques,...).
Les différents chapitres présentent aux lecteurs comment les héroïnes (Alice, Wendy et Dorothy) ont construit l’univers féerique dans lequel elles évoluent ; univers connus de tous les enfants : Le pays des merveilles, le pays imaginaire ou Oz… Innovant et intelligent !
Les dessins et les couleurs, qui se rapprochent de l’univers du conte, étayent le caractère envoûtant et érotique de l’histoire. Lors de la lecture, j’ai plusieurs fois eu l’impression d’un flou dans la coloration, d’un brouillard féerique, issu d’un rêve… Les décors sont également très intéressants : le style victorien pigmenté d’Art Nouveau est vraiment adapté à cette époque du début du siècle.
Enfin, c’est la mise en page très accomplie (je dirais parfaite), comparable au chef d’œuvre Watchmen, qui constitue véritablement l’atout principal de cet ouvrage ; de mémoire me vient directement certains passages extraordinaires (par ex. le chapitre des ombres avec Wendy, le chapitre des 7 péchés capitaux,…). Il est également nécessaire de relever que la mise en page est différente selon la narratrice du récit pornographique présenté… Magnifique !
En conclusion, cette BD se démarque véritablement de ce qui existe déjà et à la fermeture, l’identité de son génial créateur m’est revenue comme une grosse claque dans la figure…
P.S: considérant le prix et le fait que cette BD ne se lit pas toutes les semaines, l'achat est conseillé à ceux qui apprécient les autres ouvrages de Moore.
Bon, je l’avoue, en tant qu’être humain à part entière, il existe une (petite ?) partie de moi qui crève d’envie d’être un salaud. Le besoin somnolent de se réjouir de la médiocrité des vies d’autrui, un peu pour me rassurer sur la relative qualité de la mienne, beaucoup par unique plaisir. Dérapage réveille puis révèle ce côté voyeur et béatement malsain, dévoilant un road-movie sans concession, sombre et déjanté, à l’humour noir redoutablement efficace.
Un pseudo polar, aux allures de huis clos automobile, dont la truculence toute particulière (limite trash) oscille allégrement entre cynisme, absurdité, cruauté, effroi, caricature, tension, drôlerie ou encore paranoïa. Cocktail explosif nous régalant à chaque page de dialogues incisifs et dérangeants, il est servi par une narration stylée et accrocheuse qui distille habilement de nombreux flashbacks pathétiques sur l’histoire de chacun des protagonistes et leur apporte, paradoxalement, une indéniable crédibilité. On se gargarisera d’autant mieux du misérabilisme de ces existences pitoyables (au moins moi, en tout cas… Quel sadique !). Le dessin n’est pas en reste. Un trait primaire, très « brut de décoffrage » et qui, barbouillé d’un lavis gris des plus plaisant, nous abandonne entre deux impressions troublantes : un amusement né du décalage qu’instaure son aspect satirique et loufoque accompagné d’un malaise sourd tant il laisse suinter le côté puant et nauséeux du récit. J’adore ! Le seul petit hic, c’est le final, trop abrupt, qui ne m’apparaît pas tout à fait à la hauteur. Ou peut-être est-ce simplement la déception d’être privé de façon aussi brusque d’une lecture viciée tellement jubilatoire.
Quatre étoiles avec bémol pour cet album décapant qui m’a bien fait marré ! Il serait franchement couillon de passer à côté.
3.5
Une série très poétique qui nous emmène dans un monde magique rempli de poètes, d'animaux étrangers et d'ambiances féeriques. À chaque lecture d'un tome, j'ai le goût de vivre dans ce monde inventé par le génial Greg et mis en image par le talentueux Dany.
Je conseillerais l'achat des premiers tomes car je trouve que les derniers ne sont pas très bons. De plus, il y a une certaine répétition par moment. Par exemple, Le Château des 4 lunes et L'Oiseau de par-ci par-là possèdent tous les deux une intrigue qui se ressemble beaucoup.
"Uchronie[s] New Byzance" mettait en scène un futur ou l'Islam serait la religion dominante du monde. New Harlem place cette fois les noirs aux commandes de toutes les entreprises et institutions tandis que les blancs sont des pauvres parqués dans des ghettos pourris et désuets.
2 univers complètement distincts ? Il faut croire que non. Zack est le personnage principal des deux. Et pourtant il ne semble pas le savoir lui-même. Nous voici donc plongés au cœur de deux réalités parallèles dont certains détails commencent déjà à se recouper. A commencer par Utopia, un immense et mystérieux complexe immobilier.
L'intrigue est posée, le suspens commence déjà à monter. Le dessin est un peu moins bon que dans la première série, mais il colle parfaitement à l'ambiance futuriste. Un trait fin et précis, des décors détaillés, bref tout ce que j'aime.
Corbeyran se lance dans un projet vaste et ambitieux. Cet univers est bourré de mystères, les 2 premiers tomes sont pleins de promesses. Cette saga me tient déjà en haleine et c'est avec impatience que j'attends la sortie des tomes suivants. 3 dessinateurs différents vont permettre une parution rapide pour mon plus grand bonheur.
Une vie de quartier à la lisière d'une ville, aux multiples personnages tous différents et tous baignant dans la même fange, prostitution, drogue, crime, arnaque et mensonge. Le tout sur fond de musique rap, de peu d'amour et surtout beaucoup d'humour.
Du plus jeune au plus vieux tous sont attachants, avec en haut de l'affiche une Museline plantureuse, mère maquerelle et putain, sirène échouée sur son lit, attendant son lot de matelots de passage.
Et le singe ? Et la dame blanche ? Eux aussi font partie de l'histoire…
Encore du grand Dumontheuil, sans aucun doute.
Mille pardons, j'avais oublié Angéli au scénario.
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Pedro le Coati
La série la plus drôle des 10 dernières années du Journal Spirou. Il faut dire que les deux auteurs (Gaudelette et Larcenet) ne sont pas n'importe qui ! Comme dans les autres séries que j'ai lues d'eux, je me suis bien marré devant les différentes histoires mettant en vedette des animaux humanisés parfois très cyniques. Je ne sais pas trop si c'est réellement destiné aux enfants car on retrouve des trucs plutôt subtils comme par exemple deux ou trois allusions au sexe. Bon. C'est plutôt très soft (je ne vois pas trop Dupuis refaire le coup de mettre dans leur magazine une bd aussi adulte que Les Innommables), mais il y a tout de même des allusions ! On y retrouve aussi une certaine cruauté là aussi soft, mais présente quand même.
Un Pacte avec Dieu (Un bail avec Dieu / Le Contrat)
Un autre excellent roman graphique de Will Eisner et pas n'importe lequel car c'est avec celui-ci que le roman graphique a été lancé. Pendant quatre histoires, on suit la vie habituelle des gens. On voit leurs frustrations, leurs bonheurs et parfois leurs ascensions et/ou leur déchéance. Tout ceci est captivant et rempli d'émotion comme le grand Eisner sait le faire. J'ai une affection particulière pour la troisième qui met en scène un concierge victime de ses frustrations sexuelles et du jugement des autres.
Fables
Fables est l'une des BD que je suis avec le plus d'intérêt actuellement. Chaque tome apporte quelque chose de nouveau à cet univers. Et l'on s'attache aux Fables, ces personnages exilés du monde des Fables, réfugiés à New York dans le quartier de Fableville, se protégeant des communs (les gens quoi) grâce à des sortilèges. Des personnages immortels, vivant grâce à l'imaginaire des conteurs d'histoires... Le premier tome de cette série n'en est pas le meilleur, la mise en place d'un univers si riche étant hélas souvent aussi fastidieuse que nécessaire, l'intrigue se contente de relater une enquête policière classique. Cela permet néanmoins de présenter presque tous les protagonistes vivant à Fableville. A partir du deuxième tome cela devient beaucoup plus original, beaucoup plus riche et foisonnant dans le traitement, la série sort d’un cadre classique et n’y reviendra plus. Ensuite chaque volume présente une histoire unique tout en apportant assez d'éléments à la trame de la série pour la rendre plus accrocheuse. Le plaisir de lecture va crescendo. Les personnages de cette série sont d'une richesse peu commune, la communauté des Fables est vaste, les personnages sont difficile à cerner mais tous attachants : On adore Bigby et Blanche neige autant que le Prince Charmant ou Barbe Bleue... Tous ne sont pas dans le même camp, loin de là, mais l'intérêt des Fables étant commun contre un mystérieux ennemi nommé "l'Adversaire", les Fables doivent œuvrer ensemble. Les Fables se connaissent bien depuis des siècles, la méfiance est souvent de mise entre les membres de la communauté. Fables est une série bien écrite et admirablement dessinée. Le monde que l'on voit prendre vie sous les pinceaux de Mark Buckingham est réellement empreint d'une imagerie fantastique sortie des contes et des légendes. J'en suis à la lecture du cinquième tome, et je trouve toujours cette série aussi passionnante, à mes yeux c'est actuellement une des meilleures publications de chez Vertigo. Je conseille à tous la lecture de cette BD. Ainsi que la lecture de Fables - 1001 nuits de Neige , un épisode spécial se déroulant un siècle avant le premier tome et révélant des éléments sur certains des personnages. Un épisode nullement indispensable pour l'appréciation de la série mère, mais dont il serait dommage de se priver en regard de ses grandes qualités (et les dessins d'artistes comme Bolton ou Bolland ça ne se rate pas !). Lisez Fables c'est un must. JJJ
L'Accablante apathie des dimanches à rosbif
Ca faisait longtemps qu’une BD ne m’avait pas retourné l’estomac de cette façon. Allez, je l’avoue carrément : un passage m’a fait pleurer (oh moquez-vous, je suis peut-être une chochotte, mais mon cœur d’artichaut a souffert sur certaines pages). Mais le plus fort, c’est que je ne qualifierai même pas cette histoire de sombre ou déprimante. Non, en refermant la BD je me suis retrouvé le cœur rempli d’une envie pressante de vivre, de profiter de la vie, de maintenant, des gens autours de moi. Une énième histoire sur le thème usé « profitez, la vie est trop courte » donc. Certes. Mais le ton est tellement juste, pas larmoyant pour un sou. Et surtout le fait que le personnage principal soit un comique, et que son talent et ses spectacles soient utilisés pour faire passer un tel message, moi je trouve ça super fort. J’imagine que le dessin épuré en noir et blanc risque de décourager les lecteurs qui donnent beaucoup d’importance à cet aspect d’une BD. Mais franchement si ce genre de récit vous tente, ne passez pas à coté de ce petit bijou.
L'Île D-7
Note approximative : 3.5/5 Considéré comme un one-shot à part, cet album est une sorte de hors-série de la BD Le Quatrième pouvoir. Son récit n'est pas dans la continuité de celui de la série originelle mais il vaut véritablement mieux avoir lu cette dernière pour bien profiter de ses subtilités. On retrouve en effet son contexte géopolitique interstellaire et quelques-uns de ses personnages, amenés dans le récit sans présentation préalable qui aurait permis au néophyte de bien tout cerner. C'est avec une grande joie que j'ai retrouvé le dessin de Gimenez dans le domaine où il excelle parfaitement : de dantesques décors de space-opera, des vaisseaux spatiaux et des véhicules de combats futuristes. Un véritable plaisir des yeux pour les amateurs du genre ! On s'attarde fréquemment sur telle ou telle planche pour en admirer le soin et la beauté. Seuls les habituels petits soucis d'anatomie humaine des personnages de Gimenez empêchent ces dessins d'atteindre la perfection à mes yeux. Quant au récit, il est dense et assez prenant. Il se révèlera cependant un peu confus, d'autant plus pour qui n'a pas lu Le Quatrième pouvoir. Pour gagner en efficacité et en concision, l'auteur s'autorise notamment quelques petites ellipses obligeant le lecteur à maintenir son attention éveillée. De même, certains dialogues simultanés auront tendance à paraitre un peu embrouillés. Mais dans l'ensemble, c'est un bon scénario qui fait honneur au dessin qui le sert. Les deux sont parfaitement adaptés l'un à l'autre et cela fait plaisir. Un bon one-shot de divertissement pour ceux qui aiment le space-opera et un hors-série de qualité pour Le Quatrième pouvoir.
Filles perdues
Nonobstant la profonde admiration que j’ai pour les autres ouvrages d’Alan Moore, j’ai pris dès l’ouverture de ce pavé le pli d’oublier l’identité de son génial scénariste. Le but étant de ne pas trop biaiser le présent avis ; que je vais tenter de faire bref mais bon, on n’avise pas cela comme on aviserait n’importe quelle autre série ! D’abord, et je rejoins les avis précédents, la qualité matérielle de la BD proposée est indéniable. L’éditeur a fait très fort, l’objet en tant que tel est magnifique, ce qui explique notamment le prix demandé. L’histoire est déjà présentée dans les autres avis, je ne vais pas répéter le caractère pornographique de l’ouvrage, qui s’adresse dès lors à un public adulte. Ce dernier devra, sans nul doute, prendre le pari de remettre en question l’entièreté de ses mœurs. Là où c’est intéressant, selon moi, c’est que l’on est loin du porno abrutissant ; l’auteur nous livre ici une histoire terriblement subtile dans sa construction, dans les références littéraires développées et dans les bases psychanalytiques référencées (fantasmes, rêves, pulsions, et les deux topiques,...). Les différents chapitres présentent aux lecteurs comment les héroïnes (Alice, Wendy et Dorothy) ont construit l’univers féerique dans lequel elles évoluent ; univers connus de tous les enfants : Le pays des merveilles, le pays imaginaire ou Oz… Innovant et intelligent ! Les dessins et les couleurs, qui se rapprochent de l’univers du conte, étayent le caractère envoûtant et érotique de l’histoire. Lors de la lecture, j’ai plusieurs fois eu l’impression d’un flou dans la coloration, d’un brouillard féerique, issu d’un rêve… Les décors sont également très intéressants : le style victorien pigmenté d’Art Nouveau est vraiment adapté à cette époque du début du siècle. Enfin, c’est la mise en page très accomplie (je dirais parfaite), comparable au chef d’œuvre Watchmen, qui constitue véritablement l’atout principal de cet ouvrage ; de mémoire me vient directement certains passages extraordinaires (par ex. le chapitre des ombres avec Wendy, le chapitre des 7 péchés capitaux,…). Il est également nécessaire de relever que la mise en page est différente selon la narratrice du récit pornographique présenté… Magnifique ! En conclusion, cette BD se démarque véritablement de ce qui existe déjà et à la fermeture, l’identité de son génial créateur m’est revenue comme une grosse claque dans la figure… P.S: considérant le prix et le fait que cette BD ne se lit pas toutes les semaines, l'achat est conseillé à ceux qui apprécient les autres ouvrages de Moore.
Dérapage
Bon, je l’avoue, en tant qu’être humain à part entière, il existe une (petite ?) partie de moi qui crève d’envie d’être un salaud. Le besoin somnolent de se réjouir de la médiocrité des vies d’autrui, un peu pour me rassurer sur la relative qualité de la mienne, beaucoup par unique plaisir. Dérapage réveille puis révèle ce côté voyeur et béatement malsain, dévoilant un road-movie sans concession, sombre et déjanté, à l’humour noir redoutablement efficace. Un pseudo polar, aux allures de huis clos automobile, dont la truculence toute particulière (limite trash) oscille allégrement entre cynisme, absurdité, cruauté, effroi, caricature, tension, drôlerie ou encore paranoïa. Cocktail explosif nous régalant à chaque page de dialogues incisifs et dérangeants, il est servi par une narration stylée et accrocheuse qui distille habilement de nombreux flashbacks pathétiques sur l’histoire de chacun des protagonistes et leur apporte, paradoxalement, une indéniable crédibilité. On se gargarisera d’autant mieux du misérabilisme de ces existences pitoyables (au moins moi, en tout cas… Quel sadique !). Le dessin n’est pas en reste. Un trait primaire, très « brut de décoffrage » et qui, barbouillé d’un lavis gris des plus plaisant, nous abandonne entre deux impressions troublantes : un amusement né du décalage qu’instaure son aspect satirique et loufoque accompagné d’un malaise sourd tant il laisse suinter le côté puant et nauséeux du récit. J’adore ! Le seul petit hic, c’est le final, trop abrupt, qui ne m’apparaît pas tout à fait à la hauteur. Ou peut-être est-ce simplement la déception d’être privé de façon aussi brusque d’une lecture viciée tellement jubilatoire. Quatre étoiles avec bémol pour cet album décapant qui m’a bien fait marré ! Il serait franchement couillon de passer à côté.
Olivier Rameau
3.5 Une série très poétique qui nous emmène dans un monde magique rempli de poètes, d'animaux étrangers et d'ambiances féeriques. À chaque lecture d'un tome, j'ai le goût de vivre dans ce monde inventé par le génial Greg et mis en image par le talentueux Dany. Je conseillerais l'achat des premiers tomes car je trouve que les derniers ne sont pas très bons. De plus, il y a une certaine répétition par moment. Par exemple, Le Château des 4 lunes et L'Oiseau de par-ci par-là possèdent tous les deux une intrigue qui se ressemble beaucoup.
Uchronie[s] - New Harlem
"Uchronie[s] New Byzance" mettait en scène un futur ou l'Islam serait la religion dominante du monde. New Harlem place cette fois les noirs aux commandes de toutes les entreprises et institutions tandis que les blancs sont des pauvres parqués dans des ghettos pourris et désuets. 2 univers complètement distincts ? Il faut croire que non. Zack est le personnage principal des deux. Et pourtant il ne semble pas le savoir lui-même. Nous voici donc plongés au cœur de deux réalités parallèles dont certains détails commencent déjà à se recouper. A commencer par Utopia, un immense et mystérieux complexe immobilier. L'intrigue est posée, le suspens commence déjà à monter. Le dessin est un peu moins bon que dans la première série, mais il colle parfaitement à l'ambiance futuriste. Un trait fin et précis, des décors détaillés, bref tout ce que j'aime. Corbeyran se lance dans un projet vaste et ambitieux. Cet univers est bourré de mystères, les 2 premiers tomes sont pleins de promesses. Cette saga me tient déjà en haleine et c'est avec impatience que j'attends la sortie des tomes suivants. 3 dessinateurs différents vont permettre une parution rapide pour mon plus grand bonheur.
Le Singe et la Sirène
Une vie de quartier à la lisière d'une ville, aux multiples personnages tous différents et tous baignant dans la même fange, prostitution, drogue, crime, arnaque et mensonge. Le tout sur fond de musique rap, de peu d'amour et surtout beaucoup d'humour. Du plus jeune au plus vieux tous sont attachants, avec en haut de l'affiche une Museline plantureuse, mère maquerelle et putain, sirène échouée sur son lit, attendant son lot de matelots de passage. Et le singe ? Et la dame blanche ? Eux aussi font partie de l'histoire… Encore du grand Dumontheuil, sans aucun doute. Mille pardons, j'avais oublié Angéli au scénario.