C'est une fable sur la soif de pouvoir et de richesses, où les événements s'enchaînent presque sans répit, un long moment de lecture en perspective, avec une narration agréable et fluide.
Voici quelques personnages, Le Giaour, étrange visiteur aux pouvoirs et formes diverses, Elbis le roi des Enfers, Carathis, la mère possessive de Vathek calife de Samarah et la belle Nouronihar. Tous réunis pour une aventure fantastique au final grandiose et surprenant.
Il y a souvent des moments terribles, des crimes atroces sont perpétrés pour conquérir la puissance absolue et devenir le maître de toute chose.
Le dessin est assez beau, coloré juste ce qu'il faut, associé à un découpage original, souvent en pleine page. Le grand format de la collection Carrément BD est parfait pour ce genre d'histoires où on est immédiatement immergé.
En bref c'est une belle bête, à lire et à posséder.
Une série dans un monde imaginaire délirant, au scénario original qui évolue au fur et à mesure des tomes... Une curiosité à part qui reste malheureusement peu connue.
Cette série représente une vraie curiosité artistique. Elle est difficile à résumer. Il s'agit en quelque sorte d'une grande improvisation sur le thème de l'imaginaire, où l'auteur invente peu à peu un univers et des personnages à qui il donne vie et qu'il regarde ensuite évoluer tout comme lui-même évolue. L'auteur lui-même finira d'ailleurs par s'intégrer au récit à partir du tome 5 ajoutant encore à l'effet de mise en abime du récit qui se sait être un récit, qui se sait exister en bande dessinée et qui se sait être lu par des lecteurs dont les personnages peuvent même entendre les chuchotements parfois.
De même que le récit et l'univers évoluent, c'est le dessin de Cabanes qui change de tomes en tomes. D'un noir et blanc beau mais un peu surchargé pour le premier tome, il gagne ensuite des couleurs, puis se modifie, s'améliore, change tout simplement. Ma préférence va à l'esthétique des planches du tome 5 même si le tome 7 représente le niveau encore au dessus, l'auteur épurant un peu son trait pour lui donner plus de dynamisme et de vie. C'est en tout cas très beau (sauf les premiers tomes auxquels je n'accroche que moyennement) et je suis régulièrement épaté par la maîtrise technique de Cabanes.
"Dans les villages" est une oeuvre qui mérite à être mieux connue mais qui ne plaira pas à tout le monde car c'est une oeuvre vraiment à part, une oeuvre qui se sait être une oeuvre et en joue et en improvise.
Alors là...
Très impressionnant, dès les premières pages, une maîtrise graphique à tomber sur le cul, reléguant tout de suite l'intrigue au second plan (désolé, j'suis surtout un visuel), enfin, juste au début. Passque bon, c'est bien beau de s'extasier sur des découpages, une narration et une mise en page de fou furieux, mais y a quand même une histoire, et quelle histoire!
Une sorte de préquelle d'Akira, permettant à Otomo de faire une démonstration de ses talents de conteur, l'intrusion du fantastique se faisant naturellement, happant petit à petit le lecteur et les enquêteurs dans une histoire infernale, où ils demeurent impuissants face aux forces mises en oeuvre. Efficace.
Mais bon, 25 morts en l'espace de 3 ans dans le même quartier, suicides ou pas, je serais à la place des habitants, j'me ferais la malle illico... y a des petits trucs comme ça qui tiennent pas la route, enfin, ne boudons pas notre plaisir.
A lire!!
Plutôt bon comme manga...
Le début est très (trop?) classique, faisant évoluer le héros (Guts) dans un monde médiéval fantastique ultra-violent, où s'accumulent des scènes gratuites de boucherie et où est distillé un semblant de sensiblerie (à travers l'elfe Puck notamment)... pas très original.
Mais le récit bascule sur le passé du héros, et là, ça devient intéressant : certes, c'est toujours aussi gore mais à la place d'un sadique qui découpe ses adversaires en petits morceaux sans la moindre hésitation, on a un pauvre type, perdu au possible, qui erre sur les champs de bataille à la recherche de sa vraie place dans ce monde, épaulé par ses compagnons d'armes...
Quand l'auteur a commencé à s'attacher au passé du héros, je n'avais qu'une hâte, que ça retourne au récit principal, que la charcle reprenne de plus belle, sans se poser de questions, nan mais passqu'on avait bien compris que le Guts, c'était en fait un type tout sensible, et qu'il massacrait pas ses adversaires par goût du sang, qu'il cachait une part d'ombre, qu'il avait plein de blessures dans son coeur de petit garçon à lui... mais bon, force est de constater que la mayo prend bien, et que finalement, c'est pas si mal que ça, des histoires de gars bien torturé à la personnalité non monolithique. C'est vrai que c'est toujours aussi violent, mais bon, ça en devient presque secondaire. Les perso deviennent intéressants, surtout Griffith, l'androgyne et charismatique chef de la troupe des faucons, devenu un des cinq "God hand", de plus en plus consistant au fur et à mesure des tomes (mais bon dieu que sa coupe est moche).
Et pis surtout, on a envie de savoir ce qui s'est passé: pourquoi Guts est-il mutilé à ce point, pourquoi Griffith est-il justement devenu un démon, un des cinq "God hand", qu'est devenue Caska dans tout ça (et le reste de la troupe des faucons) ?
Quant au dessin, c'est vrai qu'il est pas gégé au début, notamment les tronches des perso, mais ça va en s'améliorant, les planches sont un peu moins chargées, plus aérées... j'en suis rendu au tome 9 et ça commence à être pas trop dégueu.
J'attends la suite, ça risque d'être vraiment intéressant, mais bon, paraît qu'il y a au moins 29 tomes, et que c'est point fini...
Une bonne série ("Award for Excellence" à l'Osamu Tezuka Culture Award 2002, juste après Vagabond, ça promet, quand même).
Update après lecture du tome 29:
Décidément, de mieux en mieux, avec un dessin qui s'améliore énormément. Question boucherie, on atteint des sommets... jamais vu ça. Un bestiaire qui s'étoffe, de nouveaux protagonistes, "gentils" z'et "méchants". Des personnalités développées (même si certains personnages ne semblent pas vraiment très utiles... enfin, un peu trop présents). La place de plus en plus importante du féerique comme pour contrebalancer la noirceur du récit, mais aussi peut-être comme clé de salut des héros... Les 3 premiers tomes sont très médiocres à côté, d'ailleurs, ils peuvent être rangés au placard, quant à la dizaine de tomes suivants, elle en devient relativement fade... en fait, ça prend vraiment une bonne tournure après le massacre de la troupe des faucons (donc après beaucoup de tomes).
Encore!
(venant de me procurer les tomes en Français, je m'aperçois que la traduction est, comment dire... j'veux pas dire, mais celle du premier tome est innommable! c'est pas possible, des dialogues pareils!)
Ajoutons donc notre pierre à cet édifice de louanges...
Adepte des jeux de rôles dans ma prime jeunesse, j’ai virtuellement traîné ma carcasse dans quelques univers parallèles, et voilà que quelques années plus tard, je tombe sur Lanfeust de Troy.
"Broarf! un truc d’heroic-fantasy de plus" soupirai-je, après avoir parcouru avec détachement et un certain dédain l'histoire du rouquin... "Mouaif, sympathoche". Et là, on me dit : "Alors, tous les détails, tu les as vus, chouette hein ?" Et moi de répondre : "Des détails ? Les deux-trois références BD ? Bien sûr ! tu me prends pour qui ? Je suis adepte de Maëster, moi, môssieur, rien ne m’échappe... Heing ? Quoi ? Des jeux cachés ? Où ça ?" On me montra alors tout ce que j’avais raté sur les deux-trois premiers tomes.
Partiellement remis de cette cuisante humiliation, je replongeai alors dans la lecture desdits tomes, pour me rendre compte, que non seulement c’était bourré de détails, de calembours, mais surtout que ce n’était pas de la simple H-F, mais une parodie !
Arleston est très bon créateur d’univers, cohérent et drôle (et pas vulgaire... bon, d’accord, un peu sanglant, mais marrant quand même le tonton). Il ridiculise joyeusement les classiques du genre en faisant d’un forgeron (le bouseux de base, légèrement niais sur les bords), un héros archi-super-hyper-extra puissant, qui fout la branlée à tout le monde, mais toujours aussi benêt, et qui n’est même pas capable d’assurer avé les filles ;). Ce héros a des compagnons qui ne lui servent pas uniquement de faire-valoir (raaah, Cixi !) et les seconds couteaux ne sont pas mal non plus (l’Haruspice, notamment). Quant au "gros méchant", c’est une bien belle ordure (beaucoup plus fin que son adversaire d’ailleurs... ben oui, lui au moins, il a de la classe).
Personnellement, je considère que le Troll Hébus (admirez la subtilité du jeu de mots, y en a plein des comme ça...) est le personnage principal de cette histoire... non pas que sans lui, il n’y aurait pas eu de quête, mais plutôt qu’elle se serait interrompue un peu prématurément (bon je sais, c’est idiot de dire ça, le scénariste aurait inventé autre chose, mais laissez-moi penser ce que je veux). Il met pas mal d'ambiance dans cette aventure, et ce, sans jouer le bouffon de service... ce rôle incombant conjointement aux compères Lanfeust et Or-Azur. Bon, maintenant, c’est vrai que graphiquement, il a méchamment évolué : d’un truc tout plein de muscles, on est passé à un truc tout plein de poils (pour se rapprocher de ses congénères de Trolls de Troy peut-être ?)... l’effet grosse brute s'est ainsi passablement estompé, m’enfin, 'y a que lui qui pourrait vraiment s’en plaindre :).
Cette quête du Magohamoth est merveilleusement illustrée par les dessins de Tarquin, qui s’améliore constamment, même s’il pêche par un manque de constance dans le graphisme de ses personnages, mais il est fort doué pour représenter les villes, la foule... Des dessins d'ailleurs sublimés par la mise en couleurs irréprochable de Guth et de ses potes.
Bon, il faut avouer que les tomes sont inégaux : le premier est une simple mise en bouche, donc on démarre doucement, mais sûrement ; les deux suivants installent le rythme... fort plaisants ; le quatrième est tout de même un peu décevant, des planches parfois vraiment moches, avec des couleurs... beurk ! mais difficile d’argumenter comme ça... c’est juste une impression globale, on attendait mieux pour clore la première partie de la petite balade du forgeron et de ses joyeux compagnons; le cinquième est très bon, relançant l’histoire sur les chapeaux de roue (avec un jeu-concours bien fun... ’y a eu que neuf gagnants sur les dix prévus... si j’avais su !) ; dans le sixième, l’humour passe au second plan, l’histoire devant tout de même avancer (c’est que les c*nneries, ça prend de la place) ; le septième marque l’arrivée de Guth qui remplace Lencot à la couleur, et ça se voit ! l’humour reprend ses droits et l’aventure est au rendez-vous (deux anachronismes à trouver, cherchez bien !) ; le huitième et dernier album nous offre une fin tout à fait honnête, où tous les ingrédients qui ont fait le succès de la série sont réunis... y a juste que la couverture, elle est pô belle :) (d’accord, ’y a aussi cette histoire de raz de marée qui n’est pas très claire).
C'est donc, vous l'aurez compris, une série que je conseille fortement, surtout pour les fans d’aventures, de gros bills, de filles sympa à mater et d’humour qui ne nécessite pas d’avoir bac+12 pour être compris. Même les lectrices y trouvent leur compte, avec un type qui se fait mener par le bout du nez par les femmes ;). J’en entends déjà qui disent que c’est pour les ados ce truc... et ils ont raison! C’est juste que dans ma tête, je suis encore un petit jeune boutonneux :D.
Amateurs de princesses à délivrer ou de questions métaphysiques, s’abstenir. On est là pour se marrer et en plus, ’y a une histoire, une vraie (le fameux fil conducteur, prétexte à une poilade un peu gore).
Maintenant, si vous êtes résolument réfractaires à l’humour de récré, il vous reste toujours deux monuments d’H-F pour vous consoler : l’incontournable Quête de l’Oiseau du Temps et l’excellentissime Légendes des Contrées Oubliées.
Franchement très drôle, absurde, bêtement méchante, décalée... Outlaw est pour moi une excellente BD, où l'incongruité le dispute au ridicule... tordant!
Fourquemin n'arrête pas de s'améliorer (que de changements depuis le premier Alban!), les couleurs collent pile poil à l'ambiance. Les personnages sont très attachants (pas mal pour des brigands), Dieter reprenant en quelque sorte le thème du candide dans un univers de brutes qui a fait le succès d'Alban.
Bref, cette série a tout pour plaire. :)
Et surtout, c'est d'une fluidité... impressionnant. On ne perd absolument rien de l'action, on comprend tout, ça s'enchaîne impeccablement! Moi je dis, y en a qui devraient prendre exemple!
Juste que la confrontation avec les patrons de la mine, dans le second tome, aurait pu être encore plus savoureuse si elle n'avait pas tourné si court... mais ce n'est là que détail, une goutte d'eau dans cet océan de talent (fouya, je m'emporte, là :D).
A lire, d'urgence!
Encore une série tout droit sortie de mon enfance...
Je n'ai pas grand-chose à rajouter, sinon que j'ai eu un peu de mal avec les "Nic & Cauvin et que le dernier album, s'il ne m'a pas vraiment déçu, m'a laissé dubitatif, tellement il ressemble plus à un OVNI qu'autre chose...
Alors, pour passer le temps, je vais vous raconter deux petites anecdotes:
C'était il y a fort longtemps, au moment de la sortie du "Réveil du Z". J'étais chez moi, avec des copains, et on faisait les c*** dans ma chambre, dans le noir... voilà qu'on se jette sur le lit, à trois, comme ça... mais soudain, l'un d'entre nous découvre qu'il est allongé sur ledit "Réveil du Z", acheté quelques jours auparavant par mon grand frère. Et le bouquin de se retrouver dans un état déplorable, la couverture étant tout simplement arrachée. Il faut se calmer et réagir avec discernement… mais le frangin est dans la pièce d’à côté, le danger est donc immédiat… la confusion et la tension sont donc à leur paroxysme! Que faire ? Et ben, on n’a pas dû réfléchir assez (et à vrai dire, la situation était insoluble, remplacer le livre aurait été impossible avec le peu de temps qu’il nous était imparti). C’est donc tout penauds, que nous sortons de ma chambre, pour aller dans le salon, la peur au ventre, sortant maladroitement que nous avions bien rangé ledit livre à sa place… Intrigué par notre comportement, mon frère (8 ans de plus que moi à l’époque, et toujours autant maintenant) se dirige vers ma chambre, pour y découvrir l’objet du délit!
Je vous fais grâce du passage où nous nous faisons copieusement enguirlander… mais c’est très vite l’heure des comptes.. sonnants et trébuchants. Et c’est sans aucune vergogne qu’il pique l’unique billet de 50F de son petit frère, pour remplacer son livre chéri (à l’époque, un livre devait coûter à peine plus de 25 balles).
Sans l’intervention de ma môman, je perdais mon bifton…
Moralité: 'faut jamais laisser traîner un bouquin ailleurs que sur une étagère!
Seconde histoire, qui doit remonter à encore plus loin : ma môman, déjà très gentille, au retour des courses, me fait la surprise d’un Spirou, la « Mauvaise tête ». J’étais tout content, moi. Je ne devais posséder à l’époque qu’un "Sylvain et Sylvette", deux "Achille Talon", un "Iznogoud", un "Tintin", 2 "4 as" et un double album du "Club des 5"… et devinez qui a senti la bonne affaire? Le même grand frère qui, sans aucun scrupule, s’est progressivement approprié l’album, arguant du fait que moi, je n’en faisais pas collection!
Moralité de tout ça: té, c’est chiant les grands frères!
Un grand merci à tous les auteurs de Spirou sans qui ces incroyables aventures familiales n’auraient jamais parsemé ma jeunesse et sans qui je n’aurais jamais découvert que mon frère est un maître ès mauvaise foi!
C’est avec un gros tas de mois de recul que je vous propose ma vision de Spoogue.
Je me présente: eusèbio (à ne pas confondre avec mon congénère lagomorphe ci-dessous), premier Lapin Spooguiste autoproclamé, nommé Grand Architecte de l’Expansion Spooguesque par mon Maître, le Grand Gourou Milhiet Lui-même. Ce premier point pour vous aider à comprendre mon "léger" enthousiasme à la lecture de ce premier opus.
Je vais être honnête, je ne l’ai pas acheté à sa sortie... je l’avais feuilleté, ça avait l’air marrant, mais sans plus. Je l’ai donc laissé de côté quelque temps. Mais à force d’en entendre parler, j’ai fini par m’y plonger sérieusement.
Et ce fut LA révélation :D.
Tous mes sens étaient en éveil. J'étais comme touché par la Grâce tellement c'était magnifique. J'étais devenu un des privilégiés à se régaler de cette histoire ;).
J’avoue avoir buté un petit peu sur les couleurs au début, elles ne sont pas fantastiques, mais je m’y suis très vite habitué, et le coup de crayon s’améliore de planche en planche. Les petites erreurs de proportions du début s'estompent rapidement. O. Milhiet a une maîtrise impressionnante du lieu d’action: tout reste à sa place malgré les changements d’angles de vue (tiens, ça me rappelle le boulot de Guarnido sur Blacksad). C’est bourré de petites scènes en arrière-plan, de gags à la c**, parfois préparés plusieurs cases à l’avance (interception en plein vol d’un piaf page 40), de trucidages en règle de nos amis les bêtes (taupes et oiseaux notamment).
Quant à l’histoire en elle-même, c’est un pur chef-d’œuvre :D: de l’érotisme... torride ("Mon loup ! Mon loup !"), de l’amour pour son prochain ("Et l’impôt sur la mendicité, vermine ?"), de l’action à revendre ("Sapin pour tout le monde !"), des dialogues percutants ("Viens te mesurer à moi si tu en as les bourses, maudit barbare !"), de la finesse ("Il va me faire rendre, ce conaud"), un humour sans pareil ("Je vais encore faire une dépression si je torture quelqu’un que je connais")... c’est du tout bon, on tape sur tout le monde, sans distinction, méchants comme gentils (je me demande d’ailleurs s’il y en a vraiment, des gentils).
Tout de même, réussir à nous rendre un bourreau sympathique et nous refourguer le héros le plus laid de l’univers de la BD... trop fort le Maître ! Il parvient même à donner un peu d'épaisseur à ses personnages en quelques pages, ce qui, avouons-le, n'est pas très évident en BD (en un tome de surcroît).
Je vous conseille donc très fortement ce bouquin, extrêmement bien servi par un humour très frais... noir et cynique d'accord, mais très frais. Le seul regret est que la série ne devrait pas compter plus de trois tomes (voire quatre?). On se consolera donc en pensant à ce véritable concentré de bonheur BD qui nous attend.
Vous trouverez peut-être mes propos excessifs, mais ce bouquin m'a vraiment beaucoup plu, et quand on adore, on ne compte pas, voire on exagère ;).
Et puis comme je le dis toujours: Spoogue, c'est de la poilade à retardement... plus on y pense, plus on trouve que c'est c**, et plus on a envie d'y retourner!
Pour finir, je ne peux m’empêcher de vous rapporter les propos qu’a tenus mon frère sur Spoogue. Et je pense que ça se passe de commentaires. Cela donne à peu près ceci: "c’est vraiment trop naze... ’faut absolument que je me l’achète !".
Bonne lecture!
Que dire, que dire... ?
Gunnm est un monument, effrayant, sublime...
J’ai lu cette série je ne sais combien de fois (10 fois ? plus ?)
Et pourtant, il m’est très difficile de dire pourquoi...
Parce que c’est l’histoire d’une femme qui se bat contre les autres et contre elle-même, juste pour se prouver désespérément qu’elle vit, qu’elle existe ?
Parce que c’est l’histoire d’un monde en pleine déchéance, qu’il ne reste à l’Humanité que le nom pour tenter de faire illusion ?
Ou parce que malgré tout, il existe des volontés plus fortes que tout, et qui poussent les hommes à aller de l’avant ?
...
Malgré une violence omniprésente, Gunnm parvient à conserver un brin de douceur, et ce, paradoxalement, à travers son héroïne, Gally, qui n’est finalement que la nettoyeuse la plus efficace (en langage profane, on dit "hunter warrior") ayant jamais foulé le sol de la décharge, l’auto-proclamé Ange de la Mort...
Et cette fuite en avant, qui passe par toujours plus de carnages, pour l’accomplissement de soi (de son karma, comme dirait Desty Nova, le véritable adversaire de Gally, dans toute cette histoire) est très déstabilisante... vous pourriez même dire malsaine et il est vrai que l’étalage complaisant d’entrailles fumantes est un spectacle peu ragoûtant, fort peu propice à l’épanouissement personnel, sauf quand on s’appelle Jack l’Eventreur ou Margareth Thatcher.
Mais Gally n’est qu’une enfant dont la mémoire a été volée par le temps et qui est à la recherche de son identité perdue. Et comme tout enfant, elle a besoin d’aimer et d’être aimée, pour se rappeler qu’elle existe, dans le cœur des autres, ceux qu’elle veut protéger, à tout prix. Et pour cela, elle va devenir l’arme la plus efficace qui soit, pour, pas à pas, se retrouver elle-même, à travers des combats qui lui coûtent de plus en plus, toujours plus violents, affrontant des individus parfois plus forts qu’elle, physiquement, psychiquement... et qui deviennent à leur tour des êtres chers, auprès desquels elle s’enrichit...
Que de périphrases pour décrire des boucheries cyberpostapocalyptiques, perpétrées par une psychopathe amateur de beaux couteaux et de gros flingues, me diriez-vous!
Mouais, quand on est très étroit d’esprit alors...
Comment faites-vous pour survivre dans un monde qui vous méprise quand vous débordez d’envie de vivre ?
Vous faites face !
Et Gally fait de son mieux... elle est comme une fleur qui s’épanouit sur un tas de fumier... la promesse d’un monde en devenir !
A dévorer...
Dirty Henry est un flic, un vrai !
Il sévit à New York City, dans l’état de New York, United States of America. En tant que représentant de l’ordre, il fait respecter la loi… sa loi ! Et il le fait à coup de magnum 44 et de pains dans la tronche !
Seulement, Henry n’est pas vraiment un parangon de vertu. Pour tout dire, il lui arrive de se tenir à l’abri des ennuis quand ça risque de chauffer de trop pour ses fesses, il est corruptible, âpre au gain, peu étouffé par les scrupules et un tantinet brutal. Mais attention, ce n’est pas un pourri pour autant, c’est juste qu’il a ses combines pour ne pas rester sur le carreau avant même de jouir pleinement de sa retraite. Et il fait profiter de son expérience à son nouveau coéquipier, Patrick "poussin" Flannaghan, tout droit sorti de l’école de police, et ce petit apprend vite, très vite…
Henry, en plus d’une coupe de cheveux digne du grand Dirty Harry lui-même et des abdominaux élevés au McDo, possède une chienne, Bullet, totalement lobotomisée par ses "susucres", anthropophage à ses heures et qui n’a pas son pareil pour retrouver un cadavre ou une cargaison de blanche…
Ce trio arpente donc inlassablement les rues de la grosse pomme, à la recherche de dangereux gangsters ou de malheureux disparus, remplissant son devoir, si ce n’est avec efficacité, au moins avec une certaine célérité.
Je ne me lasse pas d’admirer le tact dont fait preuve l’inspecteur auprès des familles de victimes d’enlèvement … une sorte de cynisme désabusé, teinté d’un brin de candeur… euh, toute relative, la candeur !
Et n’oublions surtout pas les méthodes d’interrogatoire de nos flics préférés, dignes des plus grands tortionnaires du temps de l’Inquisition…
Disons-le de suite, cette série est un pur bonheur. On navigue entre louftinguerie cynique et mauvais goût mâtiné Starsky et Hutch. Les classiques du genre, humour BD et séries policières américaines, sont pris à contre-pied pour notre plus grand bonheur. C’est parfois bête, souvent cruel, mais surtout, totalement amoral… jouissif !!!
Les gags sont en général en une planche, parfois en deux, mais il arrive, plus souvent dans le deuxième tome, qu’il y ait une sorte de fil conducteur sur plusieurs planches. Je pense notamment au gag de la "baballe", pages 7 et 9 du premier tome… franchement, si vous accrochez à celui-là, la série est faite pour vous !
À noter la présence, dans le rôle d’Olivier Seulpaïce, l’éditeur qui "a publié les plus grands best-sellers de l’histoire de l’édition", kidnappé page 14 du premier album, d’Olivier Sulpice, le patron des éditions Bamboo.
Le dessin de Jenfèvre est très inspiré de celui de Bercovici pour s’en éloigner très franchement dans le deuxième tome, sauf, chose curieuse, pour certains personnages féminins… le trait s’affirme donc, tout comme les couleurs, plus agressives, plus contrastées, moins palotes. Admirez donc le dernier gag du dernier opus: en plus d’être très bon, techniquement et graphiquement, c’est très fort !
Globalement, j’ai trouvé le second tome encore meilleur que le premier, qui avait pourtant mis la barre très haute. Ce dernier souffrait peut-être de gags inégaux, certains étant en effet plus convenus, moins iconoclastes… Mais le mal (très relatif, rassurez-vous) est réparé dans Gros pépins à Big Apple.
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Vathek
C'est une fable sur la soif de pouvoir et de richesses, où les événements s'enchaînent presque sans répit, un long moment de lecture en perspective, avec une narration agréable et fluide. Voici quelques personnages, Le Giaour, étrange visiteur aux pouvoirs et formes diverses, Elbis le roi des Enfers, Carathis, la mère possessive de Vathek calife de Samarah et la belle Nouronihar. Tous réunis pour une aventure fantastique au final grandiose et surprenant. Il y a souvent des moments terribles, des crimes atroces sont perpétrés pour conquérir la puissance absolue et devenir le maître de toute chose. Le dessin est assez beau, coloré juste ce qu'il faut, associé à un découpage original, souvent en pleine page. Le grand format de la collection Carrément BD est parfait pour ce genre d'histoires où on est immédiatement immergé. En bref c'est une belle bête, à lire et à posséder.
Dans les villages
Une série dans un monde imaginaire délirant, au scénario original qui évolue au fur et à mesure des tomes... Une curiosité à part qui reste malheureusement peu connue. Cette série représente une vraie curiosité artistique. Elle est difficile à résumer. Il s'agit en quelque sorte d'une grande improvisation sur le thème de l'imaginaire, où l'auteur invente peu à peu un univers et des personnages à qui il donne vie et qu'il regarde ensuite évoluer tout comme lui-même évolue. L'auteur lui-même finira d'ailleurs par s'intégrer au récit à partir du tome 5 ajoutant encore à l'effet de mise en abime du récit qui se sait être un récit, qui se sait exister en bande dessinée et qui se sait être lu par des lecteurs dont les personnages peuvent même entendre les chuchotements parfois. De même que le récit et l'univers évoluent, c'est le dessin de Cabanes qui change de tomes en tomes. D'un noir et blanc beau mais un peu surchargé pour le premier tome, il gagne ensuite des couleurs, puis se modifie, s'améliore, change tout simplement. Ma préférence va à l'esthétique des planches du tome 5 même si le tome 7 représente le niveau encore au dessus, l'auteur épurant un peu son trait pour lui donner plus de dynamisme et de vie. C'est en tout cas très beau (sauf les premiers tomes auxquels je n'accroche que moyennement) et je suis régulièrement épaté par la maîtrise technique de Cabanes. "Dans les villages" est une oeuvre qui mérite à être mieux connue mais qui ne plaira pas à tout le monde car c'est une oeuvre vraiment à part, une oeuvre qui se sait être une oeuvre et en joue et en improvise.
Dômu - Rêves d'enfants
Alors là... Très impressionnant, dès les premières pages, une maîtrise graphique à tomber sur le cul, reléguant tout de suite l'intrigue au second plan (désolé, j'suis surtout un visuel), enfin, juste au début. Passque bon, c'est bien beau de s'extasier sur des découpages, une narration et une mise en page de fou furieux, mais y a quand même une histoire, et quelle histoire! Une sorte de préquelle d'Akira, permettant à Otomo de faire une démonstration de ses talents de conteur, l'intrusion du fantastique se faisant naturellement, happant petit à petit le lecteur et les enquêteurs dans une histoire infernale, où ils demeurent impuissants face aux forces mises en oeuvre. Efficace. Mais bon, 25 morts en l'espace de 3 ans dans le même quartier, suicides ou pas, je serais à la place des habitants, j'me ferais la malle illico... y a des petits trucs comme ça qui tiennent pas la route, enfin, ne boudons pas notre plaisir. A lire!!
Berserk
Plutôt bon comme manga... Le début est très (trop?) classique, faisant évoluer le héros (Guts) dans un monde médiéval fantastique ultra-violent, où s'accumulent des scènes gratuites de boucherie et où est distillé un semblant de sensiblerie (à travers l'elfe Puck notamment)... pas très original. Mais le récit bascule sur le passé du héros, et là, ça devient intéressant : certes, c'est toujours aussi gore mais à la place d'un sadique qui découpe ses adversaires en petits morceaux sans la moindre hésitation, on a un pauvre type, perdu au possible, qui erre sur les champs de bataille à la recherche de sa vraie place dans ce monde, épaulé par ses compagnons d'armes... Quand l'auteur a commencé à s'attacher au passé du héros, je n'avais qu'une hâte, que ça retourne au récit principal, que la charcle reprenne de plus belle, sans se poser de questions, nan mais passqu'on avait bien compris que le Guts, c'était en fait un type tout sensible, et qu'il massacrait pas ses adversaires par goût du sang, qu'il cachait une part d'ombre, qu'il avait plein de blessures dans son coeur de petit garçon à lui... mais bon, force est de constater que la mayo prend bien, et que finalement, c'est pas si mal que ça, des histoires de gars bien torturé à la personnalité non monolithique. C'est vrai que c'est toujours aussi violent, mais bon, ça en devient presque secondaire. Les perso deviennent intéressants, surtout Griffith, l'androgyne et charismatique chef de la troupe des faucons, devenu un des cinq "God hand", de plus en plus consistant au fur et à mesure des tomes (mais bon dieu que sa coupe est moche). Et pis surtout, on a envie de savoir ce qui s'est passé: pourquoi Guts est-il mutilé à ce point, pourquoi Griffith est-il justement devenu un démon, un des cinq "God hand", qu'est devenue Caska dans tout ça (et le reste de la troupe des faucons) ? Quant au dessin, c'est vrai qu'il est pas gégé au début, notamment les tronches des perso, mais ça va en s'améliorant, les planches sont un peu moins chargées, plus aérées... j'en suis rendu au tome 9 et ça commence à être pas trop dégueu. J'attends la suite, ça risque d'être vraiment intéressant, mais bon, paraît qu'il y a au moins 29 tomes, et que c'est point fini... Une bonne série ("Award for Excellence" à l'Osamu Tezuka Culture Award 2002, juste après Vagabond, ça promet, quand même). Update après lecture du tome 29: Décidément, de mieux en mieux, avec un dessin qui s'améliore énormément. Question boucherie, on atteint des sommets... jamais vu ça. Un bestiaire qui s'étoffe, de nouveaux protagonistes, "gentils" z'et "méchants". Des personnalités développées (même si certains personnages ne semblent pas vraiment très utiles... enfin, un peu trop présents). La place de plus en plus importante du féerique comme pour contrebalancer la noirceur du récit, mais aussi peut-être comme clé de salut des héros... Les 3 premiers tomes sont très médiocres à côté, d'ailleurs, ils peuvent être rangés au placard, quant à la dizaine de tomes suivants, elle en devient relativement fade... en fait, ça prend vraiment une bonne tournure après le massacre de la troupe des faucons (donc après beaucoup de tomes). Encore! (venant de me procurer les tomes en Français, je m'aperçois que la traduction est, comment dire... j'veux pas dire, mais celle du premier tome est innommable! c'est pas possible, des dialogues pareils!)
Lanfeust de Troy
Ajoutons donc notre pierre à cet édifice de louanges... Adepte des jeux de rôles dans ma prime jeunesse, j’ai virtuellement traîné ma carcasse dans quelques univers parallèles, et voilà que quelques années plus tard, je tombe sur Lanfeust de Troy. "Broarf! un truc d’heroic-fantasy de plus" soupirai-je, après avoir parcouru avec détachement et un certain dédain l'histoire du rouquin... "Mouaif, sympathoche". Et là, on me dit : "Alors, tous les détails, tu les as vus, chouette hein ?" Et moi de répondre : "Des détails ? Les deux-trois références BD ? Bien sûr ! tu me prends pour qui ? Je suis adepte de Maëster, moi, môssieur, rien ne m’échappe... Heing ? Quoi ? Des jeux cachés ? Où ça ?" On me montra alors tout ce que j’avais raté sur les deux-trois premiers tomes. Partiellement remis de cette cuisante humiliation, je replongeai alors dans la lecture desdits tomes, pour me rendre compte, que non seulement c’était bourré de détails, de calembours, mais surtout que ce n’était pas de la simple H-F, mais une parodie ! Arleston est très bon créateur d’univers, cohérent et drôle (et pas vulgaire... bon, d’accord, un peu sanglant, mais marrant quand même le tonton). Il ridiculise joyeusement les classiques du genre en faisant d’un forgeron (le bouseux de base, légèrement niais sur les bords), un héros archi-super-hyper-extra puissant, qui fout la branlée à tout le monde, mais toujours aussi benêt, et qui n’est même pas capable d’assurer avé les filles ;). Ce héros a des compagnons qui ne lui servent pas uniquement de faire-valoir (raaah, Cixi !) et les seconds couteaux ne sont pas mal non plus (l’Haruspice, notamment). Quant au "gros méchant", c’est une bien belle ordure (beaucoup plus fin que son adversaire d’ailleurs... ben oui, lui au moins, il a de la classe). Personnellement, je considère que le Troll Hébus (admirez la subtilité du jeu de mots, y en a plein des comme ça...) est le personnage principal de cette histoire... non pas que sans lui, il n’y aurait pas eu de quête, mais plutôt qu’elle se serait interrompue un peu prématurément (bon je sais, c’est idiot de dire ça, le scénariste aurait inventé autre chose, mais laissez-moi penser ce que je veux). Il met pas mal d'ambiance dans cette aventure, et ce, sans jouer le bouffon de service... ce rôle incombant conjointement aux compères Lanfeust et Or-Azur. Bon, maintenant, c’est vrai que graphiquement, il a méchamment évolué : d’un truc tout plein de muscles, on est passé à un truc tout plein de poils (pour se rapprocher de ses congénères de Trolls de Troy peut-être ?)... l’effet grosse brute s'est ainsi passablement estompé, m’enfin, 'y a que lui qui pourrait vraiment s’en plaindre :). Cette quête du Magohamoth est merveilleusement illustrée par les dessins de Tarquin, qui s’améliore constamment, même s’il pêche par un manque de constance dans le graphisme de ses personnages, mais il est fort doué pour représenter les villes, la foule... Des dessins d'ailleurs sublimés par la mise en couleurs irréprochable de Guth et de ses potes. Bon, il faut avouer que les tomes sont inégaux : le premier est une simple mise en bouche, donc on démarre doucement, mais sûrement ; les deux suivants installent le rythme... fort plaisants ; le quatrième est tout de même un peu décevant, des planches parfois vraiment moches, avec des couleurs... beurk ! mais difficile d’argumenter comme ça... c’est juste une impression globale, on attendait mieux pour clore la première partie de la petite balade du forgeron et de ses joyeux compagnons; le cinquième est très bon, relançant l’histoire sur les chapeaux de roue (avec un jeu-concours bien fun... ’y a eu que neuf gagnants sur les dix prévus... si j’avais su !) ; dans le sixième, l’humour passe au second plan, l’histoire devant tout de même avancer (c’est que les c*nneries, ça prend de la place) ; le septième marque l’arrivée de Guth qui remplace Lencot à la couleur, et ça se voit ! l’humour reprend ses droits et l’aventure est au rendez-vous (deux anachronismes à trouver, cherchez bien !) ; le huitième et dernier album nous offre une fin tout à fait honnête, où tous les ingrédients qui ont fait le succès de la série sont réunis... y a juste que la couverture, elle est pô belle :) (d’accord, ’y a aussi cette histoire de raz de marée qui n’est pas très claire). C'est donc, vous l'aurez compris, une série que je conseille fortement, surtout pour les fans d’aventures, de gros bills, de filles sympa à mater et d’humour qui ne nécessite pas d’avoir bac+12 pour être compris. Même les lectrices y trouvent leur compte, avec un type qui se fait mener par le bout du nez par les femmes ;). J’en entends déjà qui disent que c’est pour les ados ce truc... et ils ont raison! C’est juste que dans ma tête, je suis encore un petit jeune boutonneux :D. Amateurs de princesses à délivrer ou de questions métaphysiques, s’abstenir. On est là pour se marrer et en plus, ’y a une histoire, une vraie (le fameux fil conducteur, prétexte à une poilade un peu gore). Maintenant, si vous êtes résolument réfractaires à l’humour de récré, il vous reste toujours deux monuments d’H-F pour vous consoler : l’incontournable Quête de l’Oiseau du Temps et l’excellentissime Légendes des Contrées Oubliées.
Outlaw
Franchement très drôle, absurde, bêtement méchante, décalée... Outlaw est pour moi une excellente BD, où l'incongruité le dispute au ridicule... tordant! Fourquemin n'arrête pas de s'améliorer (que de changements depuis le premier Alban!), les couleurs collent pile poil à l'ambiance. Les personnages sont très attachants (pas mal pour des brigands), Dieter reprenant en quelque sorte le thème du candide dans un univers de brutes qui a fait le succès d'Alban. Bref, cette série a tout pour plaire. :) Et surtout, c'est d'une fluidité... impressionnant. On ne perd absolument rien de l'action, on comprend tout, ça s'enchaîne impeccablement! Moi je dis, y en a qui devraient prendre exemple! Juste que la confrontation avec les patrons de la mine, dans le second tome, aurait pu être encore plus savoureuse si elle n'avait pas tourné si court... mais ce n'est là que détail, une goutte d'eau dans cet océan de talent (fouya, je m'emporte, là :D). A lire, d'urgence!
Spirou et Fantasio
Encore une série tout droit sortie de mon enfance... Je n'ai pas grand-chose à rajouter, sinon que j'ai eu un peu de mal avec les "Nic & Cauvin et que le dernier album, s'il ne m'a pas vraiment déçu, m'a laissé dubitatif, tellement il ressemble plus à un OVNI qu'autre chose... Alors, pour passer le temps, je vais vous raconter deux petites anecdotes: C'était il y a fort longtemps, au moment de la sortie du "Réveil du Z". J'étais chez moi, avec des copains, et on faisait les c*** dans ma chambre, dans le noir... voilà qu'on se jette sur le lit, à trois, comme ça... mais soudain, l'un d'entre nous découvre qu'il est allongé sur ledit "Réveil du Z", acheté quelques jours auparavant par mon grand frère. Et le bouquin de se retrouver dans un état déplorable, la couverture étant tout simplement arrachée. Il faut se calmer et réagir avec discernement… mais le frangin est dans la pièce d’à côté, le danger est donc immédiat… la confusion et la tension sont donc à leur paroxysme! Que faire ? Et ben, on n’a pas dû réfléchir assez (et à vrai dire, la situation était insoluble, remplacer le livre aurait été impossible avec le peu de temps qu’il nous était imparti). C’est donc tout penauds, que nous sortons de ma chambre, pour aller dans le salon, la peur au ventre, sortant maladroitement que nous avions bien rangé ledit livre à sa place… Intrigué par notre comportement, mon frère (8 ans de plus que moi à l’époque, et toujours autant maintenant) se dirige vers ma chambre, pour y découvrir l’objet du délit! Je vous fais grâce du passage où nous nous faisons copieusement enguirlander… mais c’est très vite l’heure des comptes.. sonnants et trébuchants. Et c’est sans aucune vergogne qu’il pique l’unique billet de 50F de son petit frère, pour remplacer son livre chéri (à l’époque, un livre devait coûter à peine plus de 25 balles). Sans l’intervention de ma môman, je perdais mon bifton… Moralité: 'faut jamais laisser traîner un bouquin ailleurs que sur une étagère! Seconde histoire, qui doit remonter à encore plus loin : ma môman, déjà très gentille, au retour des courses, me fait la surprise d’un Spirou, la « Mauvaise tête ». J’étais tout content, moi. Je ne devais posséder à l’époque qu’un "Sylvain et Sylvette", deux "Achille Talon", un "Iznogoud", un "Tintin", 2 "4 as" et un double album du "Club des 5"… et devinez qui a senti la bonne affaire? Le même grand frère qui, sans aucun scrupule, s’est progressivement approprié l’album, arguant du fait que moi, je n’en faisais pas collection! Moralité de tout ça: té, c’est chiant les grands frères! Un grand merci à tous les auteurs de Spirou sans qui ces incroyables aventures familiales n’auraient jamais parsemé ma jeunesse et sans qui je n’aurais jamais découvert que mon frère est un maître ès mauvaise foi!
Spoogue
C’est avec un gros tas de mois de recul que je vous propose ma vision de Spoogue. Je me présente: eusèbio (à ne pas confondre avec mon congénère lagomorphe ci-dessous), premier Lapin Spooguiste autoproclamé, nommé Grand Architecte de l’Expansion Spooguesque par mon Maître, le Grand Gourou Milhiet Lui-même. Ce premier point pour vous aider à comprendre mon "léger" enthousiasme à la lecture de ce premier opus. Je vais être honnête, je ne l’ai pas acheté à sa sortie... je l’avais feuilleté, ça avait l’air marrant, mais sans plus. Je l’ai donc laissé de côté quelque temps. Mais à force d’en entendre parler, j’ai fini par m’y plonger sérieusement. Et ce fut LA révélation :D. Tous mes sens étaient en éveil. J'étais comme touché par la Grâce tellement c'était magnifique. J'étais devenu un des privilégiés à se régaler de cette histoire ;). J’avoue avoir buté un petit peu sur les couleurs au début, elles ne sont pas fantastiques, mais je m’y suis très vite habitué, et le coup de crayon s’améliore de planche en planche. Les petites erreurs de proportions du début s'estompent rapidement. O. Milhiet a une maîtrise impressionnante du lieu d’action: tout reste à sa place malgré les changements d’angles de vue (tiens, ça me rappelle le boulot de Guarnido sur Blacksad). C’est bourré de petites scènes en arrière-plan, de gags à la c**, parfois préparés plusieurs cases à l’avance (interception en plein vol d’un piaf page 40), de trucidages en règle de nos amis les bêtes (taupes et oiseaux notamment). Quant à l’histoire en elle-même, c’est un pur chef-d’œuvre :D: de l’érotisme... torride ("Mon loup ! Mon loup !"), de l’amour pour son prochain ("Et l’impôt sur la mendicité, vermine ?"), de l’action à revendre ("Sapin pour tout le monde !"), des dialogues percutants ("Viens te mesurer à moi si tu en as les bourses, maudit barbare !"), de la finesse ("Il va me faire rendre, ce conaud"), un humour sans pareil ("Je vais encore faire une dépression si je torture quelqu’un que je connais")... c’est du tout bon, on tape sur tout le monde, sans distinction, méchants comme gentils (je me demande d’ailleurs s’il y en a vraiment, des gentils). Tout de même, réussir à nous rendre un bourreau sympathique et nous refourguer le héros le plus laid de l’univers de la BD... trop fort le Maître ! Il parvient même à donner un peu d'épaisseur à ses personnages en quelques pages, ce qui, avouons-le, n'est pas très évident en BD (en un tome de surcroît). Je vous conseille donc très fortement ce bouquin, extrêmement bien servi par un humour très frais... noir et cynique d'accord, mais très frais. Le seul regret est que la série ne devrait pas compter plus de trois tomes (voire quatre?). On se consolera donc en pensant à ce véritable concentré de bonheur BD qui nous attend. Vous trouverez peut-être mes propos excessifs, mais ce bouquin m'a vraiment beaucoup plu, et quand on adore, on ne compte pas, voire on exagère ;). Et puis comme je le dis toujours: Spoogue, c'est de la poilade à retardement... plus on y pense, plus on trouve que c'est c**, et plus on a envie d'y retourner! Pour finir, je ne peux m’empêcher de vous rapporter les propos qu’a tenus mon frère sur Spoogue. Et je pense que ça se passe de commentaires. Cela donne à peu près ceci: "c’est vraiment trop naze... ’faut absolument que je me l’achète !". Bonne lecture!
Gunnm
Que dire, que dire... ? Gunnm est un monument, effrayant, sublime... J’ai lu cette série je ne sais combien de fois (10 fois ? plus ?) Et pourtant, il m’est très difficile de dire pourquoi... Parce que c’est l’histoire d’une femme qui se bat contre les autres et contre elle-même, juste pour se prouver désespérément qu’elle vit, qu’elle existe ? Parce que c’est l’histoire d’un monde en pleine déchéance, qu’il ne reste à l’Humanité que le nom pour tenter de faire illusion ? Ou parce que malgré tout, il existe des volontés plus fortes que tout, et qui poussent les hommes à aller de l’avant ? ... Malgré une violence omniprésente, Gunnm parvient à conserver un brin de douceur, et ce, paradoxalement, à travers son héroïne, Gally, qui n’est finalement que la nettoyeuse la plus efficace (en langage profane, on dit "hunter warrior") ayant jamais foulé le sol de la décharge, l’auto-proclamé Ange de la Mort... Et cette fuite en avant, qui passe par toujours plus de carnages, pour l’accomplissement de soi (de son karma, comme dirait Desty Nova, le véritable adversaire de Gally, dans toute cette histoire) est très déstabilisante... vous pourriez même dire malsaine et il est vrai que l’étalage complaisant d’entrailles fumantes est un spectacle peu ragoûtant, fort peu propice à l’épanouissement personnel, sauf quand on s’appelle Jack l’Eventreur ou Margareth Thatcher. Mais Gally n’est qu’une enfant dont la mémoire a été volée par le temps et qui est à la recherche de son identité perdue. Et comme tout enfant, elle a besoin d’aimer et d’être aimée, pour se rappeler qu’elle existe, dans le cœur des autres, ceux qu’elle veut protéger, à tout prix. Et pour cela, elle va devenir l’arme la plus efficace qui soit, pour, pas à pas, se retrouver elle-même, à travers des combats qui lui coûtent de plus en plus, toujours plus violents, affrontant des individus parfois plus forts qu’elle, physiquement, psychiquement... et qui deviennent à leur tour des êtres chers, auprès desquels elle s’enrichit... Que de périphrases pour décrire des boucheries cyberpostapocalyptiques, perpétrées par une psychopathe amateur de beaux couteaux et de gros flingues, me diriez-vous! Mouais, quand on est très étroit d’esprit alors... Comment faites-vous pour survivre dans un monde qui vous méprise quand vous débordez d’envie de vivre ? Vous faites face ! Et Gally fait de son mieux... elle est comme une fleur qui s’épanouit sur un tas de fumier... la promesse d’un monde en devenir ! A dévorer...
Inspecteur Dirty (Dirty Henry)
Dirty Henry est un flic, un vrai ! Il sévit à New York City, dans l’état de New York, United States of America. En tant que représentant de l’ordre, il fait respecter la loi… sa loi ! Et il le fait à coup de magnum 44 et de pains dans la tronche ! Seulement, Henry n’est pas vraiment un parangon de vertu. Pour tout dire, il lui arrive de se tenir à l’abri des ennuis quand ça risque de chauffer de trop pour ses fesses, il est corruptible, âpre au gain, peu étouffé par les scrupules et un tantinet brutal. Mais attention, ce n’est pas un pourri pour autant, c’est juste qu’il a ses combines pour ne pas rester sur le carreau avant même de jouir pleinement de sa retraite. Et il fait profiter de son expérience à son nouveau coéquipier, Patrick "poussin" Flannaghan, tout droit sorti de l’école de police, et ce petit apprend vite, très vite… Henry, en plus d’une coupe de cheveux digne du grand Dirty Harry lui-même et des abdominaux élevés au McDo, possède une chienne, Bullet, totalement lobotomisée par ses "susucres", anthropophage à ses heures et qui n’a pas son pareil pour retrouver un cadavre ou une cargaison de blanche… Ce trio arpente donc inlassablement les rues de la grosse pomme, à la recherche de dangereux gangsters ou de malheureux disparus, remplissant son devoir, si ce n’est avec efficacité, au moins avec une certaine célérité. Je ne me lasse pas d’admirer le tact dont fait preuve l’inspecteur auprès des familles de victimes d’enlèvement … une sorte de cynisme désabusé, teinté d’un brin de candeur… euh, toute relative, la candeur ! Et n’oublions surtout pas les méthodes d’interrogatoire de nos flics préférés, dignes des plus grands tortionnaires du temps de l’Inquisition… Disons-le de suite, cette série est un pur bonheur. On navigue entre louftinguerie cynique et mauvais goût mâtiné Starsky et Hutch. Les classiques du genre, humour BD et séries policières américaines, sont pris à contre-pied pour notre plus grand bonheur. C’est parfois bête, souvent cruel, mais surtout, totalement amoral… jouissif !!! Les gags sont en général en une planche, parfois en deux, mais il arrive, plus souvent dans le deuxième tome, qu’il y ait une sorte de fil conducteur sur plusieurs planches. Je pense notamment au gag de la "baballe", pages 7 et 9 du premier tome… franchement, si vous accrochez à celui-là, la série est faite pour vous ! À noter la présence, dans le rôle d’Olivier Seulpaïce, l’éditeur qui "a publié les plus grands best-sellers de l’histoire de l’édition", kidnappé page 14 du premier album, d’Olivier Sulpice, le patron des éditions Bamboo. Le dessin de Jenfèvre est très inspiré de celui de Bercovici pour s’en éloigner très franchement dans le deuxième tome, sauf, chose curieuse, pour certains personnages féminins… le trait s’affirme donc, tout comme les couleurs, plus agressives, plus contrastées, moins palotes. Admirez donc le dernier gag du dernier opus: en plus d’être très bon, techniquement et graphiquement, c’est très fort ! Globalement, j’ai trouvé le second tome encore meilleur que le premier, qui avait pourtant mis la barre très haute. Ce dernier souffrait peut-être de gags inégaux, certains étant en effet plus convenus, moins iconoclastes… Mais le mal (très relatif, rassurez-vous) est réparé dans Gros pépins à Big Apple. De l’excellente BD que je conseille vivement…