Vathek

Note: 3.67/5
(3.67/5 pour 3 avis)

Adaptation de Mallet d'un récit du XVIIIè siècle écrit par William Beckford.


Adaptations de romans en BD Carrément BD Contes funèbres Mille et une nuits, l'orient doré...

Vathek, le calife de Samarah est prêt à toutes les folies pour parvenir au pouvoir ultime dont il rêve. Le Giaour, un étrange visiteur, lui promet de le conduire dans un pays souterrain où tout est fabuleux... Surtout ne lisez pas le résumé sur le site de BD.NET, car il dévoile toute l'histoire !

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 05 Octobre 2006
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Vathek
Les notes (3)
Cliquez pour lire les avis

31/03/2008 | Miranda
Modifier


Par PAco
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur PAco

Tout emballé par le récent avis de Sejy sur cet album que je me gardais au chaud depuis trop longtemps, je me suis enfin frotté à cette "lampe merveilleuse". Jusque là emballé par les différents albums de cette très bonne collection "carrément BD" de chez Glénat, j'ai un peu tiqué sur celui-ci pour un truc tout con : les yeux de merlan frits dont sont affublés les personnages de cette BD (Qui m'a parlé de merlans, mais qui m'a parlé de merlans frits... ???). Non mais franchement, "tout" est bon dans cette BD. Le format de la collection est pleinement exploité ; Patrick Mallet joue avec virtuosité des libertés qui lui sont ainsi allouées pour composer avec des découpages recherchés ; le trait est maîtrisé, dynamique, expressif et colle parfaitement à l'histoire ; les couleurs de Laurence Croix sont chaudes et bien choisies pour coller au récit ; l'adaptation du texte de William Beckford est bonne et la narration fluide... Reste ces yeux ridicules qui m'ont gâchés une partie du plaisir de cette lecture... Et c'est vraiment dommage, car le travail fait est remarquable, et ce conte oriental cruel à souhait est composé d'une galerie de terribles personnages : la soif de pouvoir et de richesse balaie tout sur son passage. Mais tout à un prix... Alors, pour ceux qui pourront faire abstraction de ces yeux éteints en forme de bouton de chemise, le plaisir sera au rendez-vous... Pour les autres, vous êtes prévenus, mais persévérez, cette BD vaut tout de même un bon détour pour toutes ses autres qualités. PS : Faites moi penser à rappeler à Patrick Mallet qu'on dit que le regard est le miroir de l'âme... Avec un récit tel que celui-là, c'est d'autant plus regrettable...

13/05/2011 (modifier)
Par sejy
Note: 4/5
L'avatar du posteur sejy

Ouvrez, contemplez, respirez… Vous sentez ces parfums ? Arômes mêlés de café et de pistache, de safran, de fleur d’oranger, de thé et de cardamome verte, de jasmin. Laissez l’éloquence graphique vous aspirer et plongez dans les âges de l’Empire ottoman. Cités pittoresques aux foules bigarrées et grouillantes, soleil ardent, désert insondable, féerie de nuits constellées et glacées, vent de sable dans le visage, faste des palais, sensualité des femmes des harems... Un orientalisme et ses stéréotypes, échappés de l’imaginaire d’un siècle des lumières abreuvé au merveilleux des légendes du monde musulman. Une immersion sensorielle exaltée par le souffle littéraire. L’élégance de l’écriture dans l’emploi, en fil narratif babillard, d’un matériau prodigieux : le texte originel du roman éponyme de William Beckford. Une œuvre qui insuffle l’enthousiasme de l’épopée et libère moult senteurs. Des vapeurs exotiques entêtantes aux notes opulentes, épicées ou fleuries, mais aussi l’odeur du soufre et les parfums de la luxure et du sang. Il était une fois, au pays des mille et une nuits, un tyran-roi, cruel et présomptueux, assoiffé de pouvoirs, de trésors, et prêt à n’importe quelle folie dans sa quête insatiable de tous les plaisirs. Péchés et blasphèmes. Occultisme et complicités méphistophéliques. Sacrifices infanticides. La fable aux atours luxuriants, exhibant de ses entrailles la sourde fascination d’un homme pour le Malin et ses friandises, joue le spectacle décadent d’un ensorcelant voyage au royaume des ombres. Ou comment un marquis de Sade enturbanné réinterprète le mythe de Faust. Alors, Conte arabe ? Parabole romantique fantastique ou odyssée gothique voluptueuse ? Délicat à caser dans un genre bien étiqueté. D’autant qu’il faut esquiver le piège du tout sérieux. Au-delà d’une lecture captivante, le récit trahit les indices d’une parodie subtile dans la démesure de ses abondances. Personnages excessifs (caprices enfantins violents, ires d’un sultan parfois ridiculement puéril), magnificence et somptuosité des décors, festins exagérément plantureux (trois cents plats !), péripéties emportées, grandiloquentes, outrance dans la vertu ou le vice, voire quelques allégories grossières entrevues dans les caricatures de la figure maternelle ou l’apologue religieux de la descente aux enfers : tout est exquisement énooorme ! Et malgré une ultime morale, point de manifeste prédicant preneur de tête. Un savoureux divertissement éclectique, grandiose et désinvolte, où je devine un Beckford, un brin potache, qui s’est bien éclaté (moi aussi). Tant mieux pour nous, il a dégoté des rejetons à sa dimension. Patrick Mallet s’est lâché. Son trait sympathique, enjoué, est à ravir et j’ai adoré sa manière de refléter le sentiment dans des regards si simplement croqués. La mise à profit du grand format est un modèle de virtuosité. Les cases sont souvent gigantesques. Étirées à l’horizontale, dans des allures d’écran ciné, elles ouvrent les champs et autorisent des panoramas démentiels. Dressées en verticales usant de toute la hauteur de page, elles dégagent une sensation de proximité, de capture dans le dynamisme de la scène. Son sens du cadrage, éployé dans les plans excentrés ou très rapprochés, dans l’exposition intimiste de bobines foisonnantes d’émotions, ainsi que son découpage original, jouant sur les formes ou la multiplication de vignettes apposées à l’image principale, finissent d’apporter à la narration cette impression constante de profusion. Il y a tellement à voir, à ressentir ou à entendre. Un écho visuel à la recherche de l’excès qui transparaissait dans les intentions de l’écrivain. Pour achever de nous étourdir, il restait à barioler le tout d’une palette en feu d’artifice. Curieux. Lorsque je m’enthousiasme des couleurs, c’est fréquemment le même nom qui refait surface. Laurence Croix. Une coloriste de talent qui maitrise l’art des tonalités et excelle dans la création d’ambiances. À l’aide de ses aplats uniques, elle forge des effets de lumière intenses, camaïeux inspirés ou harmonies de teintes éclatantes, et compose des atmosphères caressant l’imagination. Magie persane, vertige des passions, errance épique, stupre et immoralité, feux de la géhenne (et j’en oublie tant) ; une déferlante de sensations, une immersion absolue et jubilatoire. Attention, voilà une collection addictive. Bien qu'il me soit insupportable de voir sa large forme carrée saillir de ma biblio nordique, dévoilant impudiquement quelques centimètres offerts quotidiennement à la poussière (parenthèse grincheuse et exutoire), j’ai pris un pied de malade dans ce vaste « péplum à l’orientale ». Plus inquiétant, j’ai éprouvé un attrait particulier et inexplicable à sentir, à triturer cet énorme album entre mes mains (faudrait que je consulte…) Je frotte, je frotte… il finira bien par en sortir un Djinn.

19/04/2011 (modifier)
Par Miranda
Note: 4/5

C'est une fable sur la soif de pouvoir et de richesses, où les événements s'enchaînent presque sans répit, un long moment de lecture en perspective, avec une narration agréable et fluide. Voici quelques personnages, Le Giaour, étrange visiteur aux pouvoirs et formes diverses, Elbis le roi des Enfers, Carathis, la mère possessive de Vathek calife de Samarah et la belle Nouronihar. Tous réunis pour une aventure fantastique au final grandiose et surprenant. Il y a souvent des moments terribles, des crimes atroces sont perpétrés pour conquérir la puissance absolue et devenir le maître de toute chose. Le dessin est assez beau, coloré juste ce qu'il faut, associé à un découpage original, souvent en pleine page. Le grand format de la collection Carrément BD est parfait pour ce genre d'histoires où on est immédiatement immergé. En bref c'est une belle bête, à lire et à posséder.

31/03/2008 (modifier)