L'Accablante apathie des dimanches à rosbif

Note: 3.6/5
(3.6/5 pour 10 avis)

Je m'appelle Brice Fourrastier, avec deux « r », comme dans « marrant », mais à « mourant », y en a qu'un. J'ai quarante ans et j'irai pas plus loin…


La Mort Maladies et épidémies Nouveau Futuropolis

Bien qu’il soit légèrement narcissique, parfois cynique et franchement séducteur, Brice Fourrastier est adulé des foules. Son spectacle « L’accablante apathie des dimanches à rosbif » triomphe sur les scènes de France. La quarantaine venue, Brice termine la tournée de son spectacle avant de prendre une ou deux années studieuses pour écrire son prochain spectacle. Histoire de se ressourcer, et peut-être aussi, qui sait, enfin trouver l’âme sœur. Car, si son sketch le plus célèbre s’intitule « Le grand secret des femmes ! », il semble bien qu’il n’ait pas encore percé celui qui consiste à établir une relation durable (mais en a-t-il vraiment envie ?). La vie de Brice Fourrastier va basculer d’une façon imprévue. Un cancer le ronge. Il n’a plus que quelques mois à vivre. L’heure est venue pour lui de faire ses adieux. Artiste iconoclaste, il décide d’en faire son dernier spectacle…

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 07 Février 2008
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série L'Accablante apathie des dimanches à rosbif
Les notes (10)
Cliquez pour lire les avis

13/02/2008 | Steril
Modifier


Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

Ce qui fait l'originalité de ce récit, c'est le mélange entre sa thématique qui n'est autre que la mort et le ton humoristique tout en restant très réaliste du personnage principal qui n'est autre... qu'un humoriste. Le rendu est crédible et intéressant. Il y a pas mal de dialogues et de monologues réussis. Et le ton réussit à rester léger, sans pathos, malgré le triste sujet. Je n'ai cependant pas complètement accroché. La narration est fluide la plupart du temps mais présente aussi quelques scènes qui manquent de clarté. L'accumulation de personnages, leurs ressemblances graphiques et quelques transitions elliptiques ont entraîné un peu de confusion dans ma lecture. Et surtout j'ai trouvé que ça trainait trop en longueurs. Peut-être cela vient-il de ma fatigue au moment où je l'ai lu mais j'ai trouvé cet album trop bavard, avec une fin qui s'éternise. Des adieux, des adieux, encore des adieux, puis un épilogue et même un post-épilogue... Quand on en vient à se demander quand est-ce que ça va finir, c'est mauvais signe. C'est quand même un bon bouquin et, si je ne suis pas totalement convaincu par mon achat, je ne doute pas qu'il puisse vraiment plaire à certains.

03/10/2011 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

Il fallait sans doute le faire et c'était un pari sans doute difficile : comment mettre en scène les derniers moments d'un célèbre humoriste atteint d'un cancer incurable ? Devant l'inéluctable, chacun réagit différemment et les rapports avec les autres s'en trouvent totalement modifiés. On se rend compte des choses qu'on n'a pas faites, des choses qu'on aurait aimé encore faire et qu'on repousse toujours au lendemain. Puis un jour, arrive la terrible nouvelle et cela ne nous laisse que peu de temps. Le personnage de Brice est réellement touchant car plus vrai que nature. Il est certes narcissique mais c'est également un séducteur qui trouve toujours le bon mot pour épater son entourage. Cette oeuvre est une sorte de one man show d'un genre particulier qui nous laissera un goût de mélancolie. En même temps, c'est également une leçon de vie. Les auteurs ont sû allier un sujet difficile et douloureux à un ton humoristique d'une grande finesse. Oui, il fallait le faire !

07/08/2011 (modifier)
Par cac
Note: 3/5

Un bon album un peu longuet sur les affres d'un humoriste qui sent sa fin approcher très vite. Globalement je suis bien rentré dans l'histoire sans non plus ressentir aucune passion pour son protagoniste, ni vraiment rire malgré les extraits de one-man show. Côté dessin c'est simple, noir et blanc, un peu tristouille mais plaisant. Au-delà d'un titre déconcertant, cet album est plutôt bon et bien écrit sur le mode "je vais mourir bientôt, donc j'en profite à fond". Mais il manque néanmoins un petit quelque chose pour en faire une histoire vraiment émouvante se démarquant du lot.

04/12/2010 (modifier)
Par Ems
Note: 4/5

Excellente BD sortant des sentiers battus. (Une constante chez Futuropolis). Il est difficile de résumer ce volumineux one shot. On suit un personnage comique de profession auquel il ne reste que 3 mois à vivre. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, ce récit ne fait jamais dans l'humour. Même les sketchs sont hachés, les propos sont sortis des contextes enlevant l'humour mais appuyant la portée des paroles. Cette BD se ressent plus qu'elle ne se lit. Il vaut mieux rentrer dans le récit au risque de subir un calvaire sinon. Le dessin peut paraitre simple mais il m'a plu. La mise en page est travaillée comme si il s'agissait d'une mise en scène du spectacle du personnage principal. Je ne sais pas vraiment retranscrire cette lecture. J'ai adoré malgré le sujet difficile et le ton sérieux. C'est profond mais cela reste accessible. Le prix de cette BD va décourager plus d'un mais il est correct en raison de sa forte pagination et de la qualité du scénario, sans oublier la reliure toujours aussi belle chez cet auteur. Je conseille vivement ce pavé.

03/12/2009 (modifier)

Il ne suffit pas de tenir un sujet potentiellement fort en émotions pour réaliser un album émouvant. Que sait-on de Brice Fourrastier (avec 2 "r" comme marrant, ouaf ouaf) ? Pas grand-chose, 40 ans, humoriste, il a fait souffrir presque toutes les femmes avec lesquelles il est sorti et... puis voilà, c'est tout. Je sais pas vous, mais moi ça ne suffit pas à me le rendre attachant. Alors l'annonce assez brutale de la réduction drastique de son espérance de vie, ça m'a laissée de marbre. De même que tout ce qui s'ensuit. Un humoriste qui meurt prématurément en raison d'un cancer, il se trouve que j'ai déjà donné très récemment, ceci explique peut-être cela... mais pas forcément. Par ailleurs, un seul passage m'a fait rire, avec l'allusion aux cyclistes professionnels ; c'est peu pour un soit-disant professionnel de l'humour, je trouve. Et la seule réplique qui m'a émue, réellement émue, hé bien il semblerait qu'elle n'était pas destinée à le faire, au vu de la réaction des deux personnages qu'elle relie. Un comble ! Parvenue à cette page, j'ai été à deux doigts de refermer l'album et de le sanctionner d'un 1/5 bien senti. Finalement j'ai continué ma lecture ; la fin est assez belle, l'émotion arrive enfin, ce sera donc 2.

28/12/2008 (modifier)
Par iannick
Note: 4/5
L'avatar du posteur iannick

A y est ! J’ai enfin lu ce gros pavé de 250 pages ! En clair, si vous voulez apprécier pleinement « L'accablante apathie des dimanches à rosbif », prévoyez au moins deux bonnes heures devant vous et un bon fauteuil ! Pour avoir critiqué maintes fois les éditions Futuropolis de proposer des bd trop chères, je tiens cette fois-ci à préciser que 25 euros à investir pour cet album me semblent parfaitement justifiés (l’excellente qualité d’impression étant une constance chez cet éditeur) grâce à la richesse des dialogues de ce récit ! Bon, je ne vais pas redire que les autres bédéphiles ont pertinemment cité dans leurs avis ci-dessous, en gros, je suis parfaitement d’accord avec ce qu’ils ont écrit. Tout juste, je voudrais vous faire partager mon étonnement devant les commentaires incroyables du héros de cette BD, Brice Fourrastier. En fait, ce que je veux dire par là, c’est que je trouve étonnant que le scénariste Gilles Larher n’ait pas eu une carrière de comique ou de comédien (ou s’il le fait, qu’il ne soit pas plus connu !) ! En effet, il y a chez cet auteur un arrière-goût de cynisme, d’humour noir et jouant parfois sur les jeux de mots, de tendresse, de réflexions philosophiques qui m’a fait rappeler le regretté Pierre Desproges. Pour ceux qui ont des difficultés à entrer dans cette histoire à cause du dessin de Sébastien Vassant (sous-entendu, c’est un style lâché, épuré, un peu « sale »), je ne peux que leur conseiller d’oublier un peu leurs habitudes en matière de goût graphique et d’« apprendre » à apprécier le coup de crayon de ce dessinateur qui privilégie l’émotion. Sachez aussi que le noir et blanc m’est apparu parfaitement convenir à cette histoire qui met en place un homme qui va mourir sous peu… Le héros ? c'est-à-dire Brice Fourrastier ? Je l’envie ce personnage ! C’est paradoxal d’envier un mec qui va décéder non ? Oui mais, ce Brice, il va terminer sa vie en pleine forme ce malotru ! Et vous savez quelle est sa première réaction lorsqu’il apprend qu’il va mourir ? Je ne vous le dirai pas bande de curieux ! Je pense que vous avez compris, l’histoire est « grosse » ! Et c’est pour ça que j’ai apprécié cette bd, c’est parce que ce personnage principal nous donne, à mon avis, la « pêche » de vivre ! Incontestablement, par la richesse de son propos, "L'accablante apathie des dimanches à rosbif" est une bd à lire et à relire tant le propos y est riche et le thème de la mort y est abordé avec intelligence. Bref, j’ai eu le sentiment de lire une bd qui ne triche pas avec les émotions et ça, c’est suffisamment rare pour le signaler ! Encore un super album édité par Futuropolis… décidément (et pourvu que ça dure !) !

05/04/2008 (MAJ le 05/04/2008) (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Alix

Ca faisait longtemps qu’une BD ne m’avait pas retourné l’estomac de cette façon. Allez, je l’avoue carrément : un passage m’a fait pleurer (oh moquez-vous, je suis peut-être une chochotte, mais mon cœur d’artichaut a souffert sur certaines pages). Mais le plus fort, c’est que je ne qualifierai même pas cette histoire de sombre ou déprimante. Non, en refermant la BD je me suis retrouvé le cœur rempli d’une envie pressante de vivre, de profiter de la vie, de maintenant, des gens autours de moi. Une énième histoire sur le thème usé « profitez, la vie est trop courte » donc. Certes. Mais le ton est tellement juste, pas larmoyant pour un sou. Et surtout le fait que le personnage principal soit un comique, et que son talent et ses spectacles soient utilisés pour faire passer un tel message, moi je trouve ça super fort. J’imagine que le dessin épuré en noir et blanc risque de décourager les lecteurs qui donnent beaucoup d’importance à cet aspect d’une BD. Mais franchement si ce genre de récit vous tente, ne passez pas à coté de ce petit bijou.

30/03/2008 (modifier)
Par André
Note: 4/5

Parler de la mort par le biais de l'humour est une mission assez périlleuse; seuls quelques humoristes savent le faire (Desproges par exemple). De plus avec un titre aussi loufoque on ne pouvait s'attendre qu'a un bon résultat. Et le moins que l'on puisse dire c'est que le résultat est vraiment excellent. Un trait volontairement épuré pour mettre plus en valeur les émotions; un ton franchement touchant avec un mélange de cynisme, de sarcastique et de tendresse. On ne peut que s'attacher au personnage principal qui choisit de façon tantôt originale, tantôt de manière crue d'annoncer sa mort prochaine à ses proches. Une oeuvre remarquable !

28/03/2008 (modifier)
Par JAMES RED
Note: 4/5

Un livre qui ne laisse pas indemne. Le titre de cet ouvrage « l’accablante apathie des dimanches à rosbif » pourrait faire fuir le lecteur méfiant ; mais une nouvelle fois Futuropolis nous gratifie d’un album extraordinaire. Décidément, cet éditeur n’en finit pas de nous étonner en bien (hormis le prix de leurs ouvrages : 25 euros pour celui-ci !!!). Les deux jeunes auteurs Sébastien Vassant et Gilles Larher ont réalisé un livre bouleversant de véracité sur la mort annoncée de Brice, ce jeune auteur de one-man-show. Par moment, j’ai repensé au très beau film Comment j’ai tué mon père avec Michel Bouquet ; quand Stéphane Guillon ponctuait les scènes du film de répliques cinglantes sorties tout droit d’un spectacle imaginaire. C’est un peu le cas, ici, puisque les auteurs alternent les scènes où Brice annonce sa mort prochaine à ses proches, se retrouve sur des plateaux télé ou radio et celles où il est sur scène. Son humour est ravageur, réaliste, cynique... On se prend donc d’affection pour ce personnage condamné qui manie la rhétorique avec talent et on dévore chaque page. On oscille sans arrêt entre sourires et émotions réelles. Ce livre nous plonge dans nos propres interrogations : Brice incapable de s’attacher à une femme court vers un destin auquel il ne peut échapper et fait le point sur sa vie. Seul petit reproche (c’est pour ça que je n’ai pas mis 5 étoiles), je trouve que les 50 dernières pages sont un peu éprouvantes et que les auteurs ont tendance à faire durer l’agonie. Hormis cela, cet ouvrage est une grande réussite et les auteurs s’annoncent comme deux des plus belles découvertes de cette année 2008.

28/02/2008 (modifier)
Par Steril
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

Récit d'une fin annoncée, cette bédé est tout d'abord bouleversante, mais ça, on pouvait s'y attendre... Ce qui par contre m'a énormément surpris, c'est la qualité, la finesse des textes et l'humour (parfois noir, mais pas toujours) : Alternant entre "sketches" délicieux, clairement dignes de ce qu'un Desproges ou un Devos ont pu écrire au meilleur de leur forme, et scènes de la vie quotidienne très vivantes et colorées, puis encore de moments particulièrement puissants, où l'artiste doit annoncer à ses proches la nouvelle de son décès prochain, c'est à la fois un roman plein d'humour et de finesse et une réflexion très touchante sur le sens de la vie. Si Brice Fourrastier, le "héros" de ce one shot avait vraiment existé, sûr que j'aurais été un de ses plus grands fans. A la fin de la lecture, on ne peut que partager avec les personnages de la bédé (et, je suppose, ses auteurs) la tristesse et le tragique de cette disparition si brutale... Car, quand Brice Fourrastier meurt, c'est une splendide bande-dessinée qui touche également à sa fin et, par une certaine magie, on quitte celle-ci avec la sensation d'être en deuil. Le dessin, quant à lui, peut paraître quelconque, de prime abord. Mais au fil des pages, il parvient parfaitement à vous faire rentrer dans cette ambiance toute en contrastes (le noir et blanc est, il va de soi, le choix par excellence pour cette oeuvre pleine de lumière, mais également de moments très sombres). Bref, une découverte, choisie un peu par hasard chez mon libraire, et qui s'avère l'un des tous bons moments bédé de ce début d'année.

13/02/2008 (MAJ le 14/02/2008) (modifier)