J'adore les chats et donc la plupart des séries mettant en vedette des chats que j'ai lues jusqu'à maintenant. Au début, j'étais tout de même un peu sceptique car les histoires parlaient de la vie quotidienne d'un chaton (une femelle d'ailleurs) et de sa famille adoptive. J'ai eu peur que cela devienne vite banal, mais je me suis trompé.
Les histoires sont simples et efficaces. Chi est toute mignonne et vite attachante. Les humains manquent de personnalité, mais j'imagine que c'est pour permettre aux lecteurs de s'identifier à eux. J'ai bien aimé voir sa vie et j'ai bien hâte de voir la suite.
Un album absolument fantastique, qui nous emporte dès les premières images suivre ce petit orphelin dans sa vie de tous les jours, remplie de personnages hauts en couleurs mais toujours modestes. On vibre avec lui dans les rues de Lamu, on se désespère avec son frère qui tente désespérément de le ramener à la madrassa, et on mange le poisson avec "tantine" comme si on y était.
Graphiquement, l'album est vivant, chatoyant, les couleurs sont sublimes, et l'on n'a pas l'impression d'être dans une l'Afrique de Tintin (je vais m'attirer des ennuis je le sens !), mais véritablement au coeur de la communauté dans laquelle évolue Naïm.
On rit beaucoup en lisant cet album qui pour ma part m'a laissé de bonne humeur, et impatient de lire la suite. Autre point fort, l'album coute 20€, pour 140 planches de BD (calcul rapide, un Bidule de Troy de 45 pages coute 13.50, pour 140 planche comptez donc 40€, et pour une qualité souvent moindre (ce n'est pas le même genre il faut bien le reconnaitre, mais nous sommes ici en présence d'une véritable œuvre d'art)).
Bref, si l'on ajoute à cela le très bel objet qu'est ce livre, c'est un achat indispensable, à conseiller aux grands enfants qui rêvent d'évasion !
Un personnage central charismatique, un univers post apocalyptique merveilleux avec plein de petits clins d'oeil ou de petites surprises (je pense au mur d'écrasement sur l'autoroute, les poubelles pour restes de suicide....). C'est bien déjanté, une bonne critique de l'entertainment spectacle que l'on voit fleurir aujourd'hui (pourtant l'engin a 26 ans). Sexe, violence, médias....un bon mélange.
Le dessin est assez bon, un noir et blanc classique, trait un peu épais. Une grosse différence dans le traitement, une héroïne ultra sexy dont le trait est travaillé alors que la plupart des personnages secondaires vont être plus bâclés, flous, mais on sent une volonté de faire mieux ressortir Custer.
Un truc à lire...
Je rejoins l'avis de JetJet, c'est un véritable concentré d'adrénaline et de bonne trame déjanté à la Tarantino. Bien évidemment, on peut aborder la crédibilité ou le côté glauque et violent, mais on est là dans ce genre de polar urbain ultra régressif mais aussi jouissif car il prend le meilleur des codes de ce genre.
C'est graphiquement une pure merveille, les personnages sont expressifs, profonds, on s'y attache dès la première case. Les ambiances de guerilla urbaine, de crime désorganisé sont terribles, ce dessinateur est un grand, tout simplement. Le scénario est plutôt bon, quelques pistes de réflexion sur l'aliénation du crime mais aussi du libre arbitre, on rejoint un peu les postulats de Minority Report ou d'autres œuvres d'anticipations, même si ici la réflexion reste "vaporeuse" tourne vite à l'ultra bourrin bien maîtrisé.
Le volume à 15 euros est un peu cher, certes, mais pas plus qu'un IRS à 13 euros..... d'autant que l'édition est de qualité (couverture/papier/bonus).
A lire, à posséder.
Un très bon premier tome qui donne envie de connaitre la suite ! Je n'étais pas trop convaincu par le récit au début, mais très vite j'ai commencé à trouver l'histoire bonne. C'est un bon récit fantastique qui semble simpliste au début : un monstre habite le lac et il se sert d'une sirène pour attirer les gens dans le lac pour les manger (c'est vraiment un monstre pas gentil et je n'ai pas envie de devenir son ami), mais la fin réserve une surprise qui rend les choses plus compliquées !
Le récit contient de l'humour et si je n'ai pas ri, les blagues ont permis de rendre le récit plus chaleureux. Le seul truc que je peux reprocher est que les personnages sont génériques avec comme seule exception la sirène qui donne les meilleures répliques de l'album.
Il est à noter que la série est la suite d'une histoire parue dans l'album collectif Contes et légendes du Québec. Il n'est pas nécessaire d'avoir déjà lu l'histoire (qui est d'ailleurs en bonus à la fin du premier tome), mais c'est intéressant de voir que le dessinateur s'est grandement amélioré depuis !
Une BD que j'avais offerte à un ami parti en voyage de noces à Troie, et que j'ai fini par m'offrir après avoir visité moi-même le site d'Hissarlik. Elle est plus qu'à la hauteur de ce que j'attendais !
Eric Shanower a épluché patiemment tous les textes du corpus troyen (qui va bien au delà des seules Iliade et Odyssée), il en a relevé les incohérences chronologiques, comparé les versions pour aboutir à sa propre lecture du mythe, avec ses propres choix, comme le faisaient finalement les aèdes de l'époque.
Tout en respectant l'esprit des légendes antiques et toujours la lettre d'au moins l'une d'elles, il parvient à bâtir un récit au long court d'une parfaite cohérence, à la trame romanesque dense et charpentée, aux personnages complexes et évolutifs. En reprenant ce récit que tant d'autres avant lui ont raconté, il le réinvente si bien qu'il le respecte profondément. Et il s'inscrit dans cette immémoriale tradition de la transmission-réinterprétation qui a forgé ce mythe fondateur de la civilisation européenne.
Mais Shanower n'a pas travaillé que sur le mythe. Il a aussi choisi de replacer l'histoire dans le contexte du 13e siècle av. JC, où la véritable guerre de Troie a sans doute eu lieu. Loin de l'imagerie connue d'une Grèce classique bien plus tardive, on découvre toute une civilisation, celle de la Grèce mycénienne, reconstituée avec une exceptionnelle précision documentaire, à partir des vases et des bas-reliefs qui nous en sont parvenus.
Il s'est aussi nourri des toutes dernières recherches archéologiques sur Mycènes et Troie, jusqu'à celles, très récentes, du Dr Korfmann, pour représenter les villes et dépeindre le contexte socio-économique.
Graphiquement, la construction de chaque volume comme de chaque page démontre un art consommé de la construction visuelle et narrative, avec des innovations souvent étonnantes : changement de style lorsque Priam se souvient de la première guerre de Troie, contre Hercule, qu'il a vécue enfant, insertion du bruit lancinant de la mer lorsque les Achéens sont bloqués sur une plage, incrustation de la silhouette d'Hercule en pleine page lorsque ses fils se retrouvent...
Le dessin, très réaliste et très maîtrisé, magnifie les corps, même s'il est parfois un peu rigide ou si certains personnages secondaires peuvent être difficiles à discerner les uns des autres.
Je ne lâche pas ce somptueux roman graphique et je crois que je vais devoir attendre avec impatience que sortent les derniers tomes, non encore parus !
Publié en 1973 par les éditions de La Courtille et réédité aujourd'hui, la véridique histoire des compteurs à air est un récit véridique comme le titre l'indique d'une société où l'air est devenu rare et payant. Chaque humain devient asservi à une boîte à air portée sur le dos et ce peuple constitue une masse de bossus faisant tout pour économiser l'air. Ne surtout pas respirer une fleur ou courir pour être essoufflé.
Voici un postulat de départ qui me plaît et pourrait bien s'avérer devenir une réalité dans la mesure où nos ressources primaires que sont l'air et l'eau de qualité vont se raréfier dans les siècles à venir.
J'avoue que je connais peu Cardon, Jacques-Armand de son prénom, ne lisant que très épisodiquement les journaux dans lesquels ses dessins sont publiés. En tout cas j'adore son style ici, globalement en noir et blanc avec un court passage en couleur lors d'une petite promenade au parc. Ah, le parc une vraie bouffée d'air pur, les beaux quartiers au milieu d'une ville grise et terne. Mais y aller est un luxe, aussi rare qu'un parc d'attractions de nos jours car l'entrée est chère pour nos protagonistes qui viennent eux d'un quartier populaire.
On retrouve aussi un peu de couleur pour nous vanter les différents types de compteur, l'innovation se retrouve couplée au marketing pour toujours fournir un nouveau modèle de compteur démodant l'ancien. On peut le rapprocher en cela de beaucoup de produits de notre quotidien.
Cette édition est superbe, un grand format à l'italienne, mais assez chère elle aussi malheureusement, et pour un temps de lecture relativement bref. Dire que cette histoire a 40 ans et n'a pas pris une ride de part sa portée philosophique.
Un peu de Cinquième élément, une pointe de Judge Dread, une bonne cuillerée de Batman et d'Iron Man et un soupçon de I-Robot et nous voilà partis pour Nirvana. Pour ma part, c'est la grosse éclate, malgré quelques facilités scénaristiques, dont la fameuse armure qui avait attiré mon regard sur les rayons de la Fnac.
Ne nous y trompons pas, tous les éléments d'une série détonante sont bel et bien réunis, mais le tome 2 s'avèrera je pense décisif quant à savoir si nous sommes effectivement en présence d'une des séries les plus jouissives du genre, ou d'un horrible méli-mélo mystico-psychologique qui se cachait derrière un beau graphisme et des personnages plutôt sympathiques.
Tel un analyste politique de supermarché, je me risquerai à un pronostic hasardeux sur la première option. Divers éléments (tels le fameux androïde "Blaster" qui chasse les drogués au Nirvana, la présence d'intérêts financiers et éthiques contradictoires, la mystérieuse corporation des archivistes, et bien entendu le cliff-hanger final) me laissent présager une suite riche et complexe, où le héros devra évoluer dans le monde, plutôt qu'un repli de la série sur le héros et ses petits problèmes psychologiques, sans se préoccuper du reste de l'univers créé au préalable.
Pour ma part, j'attends donc le Tome 2 avec impatience et recommande l'achat du Tome 1 sans hésitation.
J'ai acheté les deux premiers tomes sur un coup de tête après avoir été séduit par le graphisme et je ne le regrette pas ! C'est beau, c'est puissant, et le mélange entre personnages et évènements réels et fiction est tout à fait subtil. J'aime beaucoup ! Petit bémol, parfois la lecture n'est pas aisée, il faut quelquefois s'y reprendre pour lire une planche dans le bon ordre.
J'ai pris un grand plaisir à cette lecture et je pense que je vais aller acquérir l'intégrale, même si je pense que le petit format nuira à la qualité graphique de l'ensemble.
Graphiquement, c'est assez déroutant de prime abord, que ce soit dans le dessin lui même (les proportions, certains traits de visage) ou la colorisation. Puis, après être passé outre ce désagrément, ces menus défauts se laissent apprivoiser et semblent coller à la trame, et à cette ambiance du Londres brumeux 19e.
Les scénari se révèlent riches, les enquêtes sont passionnantes. Certes ici ou là trainent quelques incohérences mais malgré tout, on est dans de la bonne enquête à l'intrigue maitrisée.
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Chi - Une vie de chat
J'adore les chats et donc la plupart des séries mettant en vedette des chats que j'ai lues jusqu'à maintenant. Au début, j'étais tout de même un peu sceptique car les histoires parlaient de la vie quotidienne d'un chaton (une femelle d'ailleurs) et de sa famille adoptive. J'ai eu peur que cela devienne vite banal, mais je me suis trompé. Les histoires sont simples et efficaces. Chi est toute mignonne et vite attachante. Les humains manquent de personnalité, mais j'imagine que c'est pour permettre aux lecteurs de s'identifier à eux. J'ai bien aimé voir sa vie et j'ai bien hâte de voir la suite.
Kililana Song
Un album absolument fantastique, qui nous emporte dès les premières images suivre ce petit orphelin dans sa vie de tous les jours, remplie de personnages hauts en couleurs mais toujours modestes. On vibre avec lui dans les rues de Lamu, on se désespère avec son frère qui tente désespérément de le ramener à la madrassa, et on mange le poisson avec "tantine" comme si on y était. Graphiquement, l'album est vivant, chatoyant, les couleurs sont sublimes, et l'on n'a pas l'impression d'être dans une l'Afrique de Tintin (je vais m'attirer des ennuis je le sens !), mais véritablement au coeur de la communauté dans laquelle évolue Naïm. On rit beaucoup en lisant cet album qui pour ma part m'a laissé de bonne humeur, et impatient de lire la suite. Autre point fort, l'album coute 20€, pour 140 planches de BD (calcul rapide, un Bidule de Troy de 45 pages coute 13.50, pour 140 planche comptez donc 40€, et pour une qualité souvent moindre (ce n'est pas le même genre il faut bien le reconnaitre, mais nous sommes ici en présence d'une véritable œuvre d'art)). Bref, si l'on ajoute à cela le très bel objet qu'est ce livre, c'est un achat indispensable, à conseiller aux grands enfants qui rêvent d'évasion !
Carnage+
Un personnage central charismatique, un univers post apocalyptique merveilleux avec plein de petits clins d'oeil ou de petites surprises (je pense au mur d'écrasement sur l'autoroute, les poubelles pour restes de suicide....). C'est bien déjanté, une bonne critique de l'entertainment spectacle que l'on voit fleurir aujourd'hui (pourtant l'engin a 26 ans). Sexe, violence, médias....un bon mélange. Le dessin est assez bon, un noir et blanc classique, trait un peu épais. Une grosse différence dans le traitement, une héroïne ultra sexy dont le trait est travaillé alors que la plupart des personnages secondaires vont être plus bâclés, flous, mais on sent une volonté de faire mieux ressortir Custer. Un truc à lire...
The Last Days of American Crime
Je rejoins l'avis de JetJet, c'est un véritable concentré d'adrénaline et de bonne trame déjanté à la Tarantino. Bien évidemment, on peut aborder la crédibilité ou le côté glauque et violent, mais on est là dans ce genre de polar urbain ultra régressif mais aussi jouissif car il prend le meilleur des codes de ce genre. C'est graphiquement une pure merveille, les personnages sont expressifs, profonds, on s'y attache dès la première case. Les ambiances de guerilla urbaine, de crime désorganisé sont terribles, ce dessinateur est un grand, tout simplement. Le scénario est plutôt bon, quelques pistes de réflexion sur l'aliénation du crime mais aussi du libre arbitre, on rejoint un peu les postulats de Minority Report ou d'autres œuvres d'anticipations, même si ici la réflexion reste "vaporeuse" tourne vite à l'ultra bourrin bien maîtrisé. Le volume à 15 euros est un peu cher, certes, mais pas plus qu'un IRS à 13 euros..... d'autant que l'édition est de qualité (couverture/papier/bonus). A lire, à posséder.
Le Mangeur d'âmes (La Bête du lac)
Un très bon premier tome qui donne envie de connaitre la suite ! Je n'étais pas trop convaincu par le récit au début, mais très vite j'ai commencé à trouver l'histoire bonne. C'est un bon récit fantastique qui semble simpliste au début : un monstre habite le lac et il se sert d'une sirène pour attirer les gens dans le lac pour les manger (c'est vraiment un monstre pas gentil et je n'ai pas envie de devenir son ami), mais la fin réserve une surprise qui rend les choses plus compliquées ! Le récit contient de l'humour et si je n'ai pas ri, les blagues ont permis de rendre le récit plus chaleureux. Le seul truc que je peux reprocher est que les personnages sont génériques avec comme seule exception la sirène qui donne les meilleures répliques de l'album. Il est à noter que la série est la suite d'une histoire parue dans l'album collectif Contes et légendes du Québec. Il n'est pas nécessaire d'avoir déjà lu l'histoire (qui est d'ailleurs en bonus à la fin du premier tome), mais c'est intéressant de voir que le dessinateur s'est grandement amélioré depuis !
L'Âge de Bronze
Une BD que j'avais offerte à un ami parti en voyage de noces à Troie, et que j'ai fini par m'offrir après avoir visité moi-même le site d'Hissarlik. Elle est plus qu'à la hauteur de ce que j'attendais ! Eric Shanower a épluché patiemment tous les textes du corpus troyen (qui va bien au delà des seules Iliade et Odyssée), il en a relevé les incohérences chronologiques, comparé les versions pour aboutir à sa propre lecture du mythe, avec ses propres choix, comme le faisaient finalement les aèdes de l'époque. Tout en respectant l'esprit des légendes antiques et toujours la lettre d'au moins l'une d'elles, il parvient à bâtir un récit au long court d'une parfaite cohérence, à la trame romanesque dense et charpentée, aux personnages complexes et évolutifs. En reprenant ce récit que tant d'autres avant lui ont raconté, il le réinvente si bien qu'il le respecte profondément. Et il s'inscrit dans cette immémoriale tradition de la transmission-réinterprétation qui a forgé ce mythe fondateur de la civilisation européenne. Mais Shanower n'a pas travaillé que sur le mythe. Il a aussi choisi de replacer l'histoire dans le contexte du 13e siècle av. JC, où la véritable guerre de Troie a sans doute eu lieu. Loin de l'imagerie connue d'une Grèce classique bien plus tardive, on découvre toute une civilisation, celle de la Grèce mycénienne, reconstituée avec une exceptionnelle précision documentaire, à partir des vases et des bas-reliefs qui nous en sont parvenus. Il s'est aussi nourri des toutes dernières recherches archéologiques sur Mycènes et Troie, jusqu'à celles, très récentes, du Dr Korfmann, pour représenter les villes et dépeindre le contexte socio-économique. Graphiquement, la construction de chaque volume comme de chaque page démontre un art consommé de la construction visuelle et narrative, avec des innovations souvent étonnantes : changement de style lorsque Priam se souvient de la première guerre de Troie, contre Hercule, qu'il a vécue enfant, insertion du bruit lancinant de la mer lorsque les Achéens sont bloqués sur une plage, incrustation de la silhouette d'Hercule en pleine page lorsque ses fils se retrouvent... Le dessin, très réaliste et très maîtrisé, magnifie les corps, même s'il est parfois un peu rigide ou si certains personnages secondaires peuvent être difficiles à discerner les uns des autres. Je ne lâche pas ce somptueux roman graphique et je crois que je vais devoir attendre avec impatience que sortent les derniers tomes, non encore parus !
La Véridique Histoire des Compteurs à Air
Publié en 1973 par les éditions de La Courtille et réédité aujourd'hui, la véridique histoire des compteurs à air est un récit véridique comme le titre l'indique d'une société où l'air est devenu rare et payant. Chaque humain devient asservi à une boîte à air portée sur le dos et ce peuple constitue une masse de bossus faisant tout pour économiser l'air. Ne surtout pas respirer une fleur ou courir pour être essoufflé. Voici un postulat de départ qui me plaît et pourrait bien s'avérer devenir une réalité dans la mesure où nos ressources primaires que sont l'air et l'eau de qualité vont se raréfier dans les siècles à venir. J'avoue que je connais peu Cardon, Jacques-Armand de son prénom, ne lisant que très épisodiquement les journaux dans lesquels ses dessins sont publiés. En tout cas j'adore son style ici, globalement en noir et blanc avec un court passage en couleur lors d'une petite promenade au parc. Ah, le parc une vraie bouffée d'air pur, les beaux quartiers au milieu d'une ville grise et terne. Mais y aller est un luxe, aussi rare qu'un parc d'attractions de nos jours car l'entrée est chère pour nos protagonistes qui viennent eux d'un quartier populaire. On retrouve aussi un peu de couleur pour nous vanter les différents types de compteur, l'innovation se retrouve couplée au marketing pour toujours fournir un nouveau modèle de compteur démodant l'ancien. On peut le rapprocher en cela de beaucoup de produits de notre quotidien. Cette édition est superbe, un grand format à l'italienne, mais assez chère elle aussi malheureusement, et pour un temps de lecture relativement bref. Dire que cette histoire a 40 ans et n'a pas pris une ride de part sa portée philosophique.
Nirvana
Un peu de Cinquième élément, une pointe de Judge Dread, une bonne cuillerée de Batman et d'Iron Man et un soupçon de I-Robot et nous voilà partis pour Nirvana. Pour ma part, c'est la grosse éclate, malgré quelques facilités scénaristiques, dont la fameuse armure qui avait attiré mon regard sur les rayons de la Fnac. Ne nous y trompons pas, tous les éléments d'une série détonante sont bel et bien réunis, mais le tome 2 s'avèrera je pense décisif quant à savoir si nous sommes effectivement en présence d'une des séries les plus jouissives du genre, ou d'un horrible méli-mélo mystico-psychologique qui se cachait derrière un beau graphisme et des personnages plutôt sympathiques. Tel un analyste politique de supermarché, je me risquerai à un pronostic hasardeux sur la première option. Divers éléments (tels le fameux androïde "Blaster" qui chasse les drogués au Nirvana, la présence d'intérêts financiers et éthiques contradictoires, la mystérieuse corporation des archivistes, et bien entendu le cliff-hanger final) me laissent présager une suite riche et complexe, où le héros devra évoluer dans le monde, plutôt qu'un repli de la série sur le héros et ses petits problèmes psychologiques, sans se préoccuper du reste de l'univers créé au préalable. Pour ma part, j'attends donc le Tome 2 avec impatience et recommande l'achat du Tome 1 sans hésitation.
Shanghaï
J'ai acheté les deux premiers tomes sur un coup de tête après avoir été séduit par le graphisme et je ne le regrette pas ! C'est beau, c'est puissant, et le mélange entre personnages et évènements réels et fiction est tout à fait subtil. J'aime beaucoup ! Petit bémol, parfois la lecture n'est pas aisée, il faut quelquefois s'y reprendre pour lire une planche dans le bon ordre.
Fog
J'ai pris un grand plaisir à cette lecture et je pense que je vais aller acquérir l'intégrale, même si je pense que le petit format nuira à la qualité graphique de l'ensemble. Graphiquement, c'est assez déroutant de prime abord, que ce soit dans le dessin lui même (les proportions, certains traits de visage) ou la colorisation. Puis, après être passé outre ce désagrément, ces menus défauts se laissent apprivoiser et semblent coller à la trame, et à cette ambiance du Londres brumeux 19e. Les scénari se révèlent riches, les enquêtes sont passionnantes. Certes ici ou là trainent quelques incohérences mais malgré tout, on est dans de la bonne enquête à l'intrigue maitrisée. A conseiller vivement.