"Le cri du peuple" c'est l'histoire d'un personnage à mi chemin entre Edmond Dantès et Jean Valjean. Condamné par erreur au bagne, un ancien notaire, tente de retrouver la trace de celui qui a assassiné sa fille adoptive plusieurs années auparavant. Réapparu en France au moment de la défaite de Sedan, et donc à la fin de Règne de NAPOLEON III, il croit enfin avoir trouvé le véritable coupable. L'histoire se déroule au cours de l'année 1871, au moment où le Gouvernement a fui à Versailles sous les ordres de THIERS et cherche à reconquérir la ville de Paris menée par la Commune. Le récit qui s'étend sur plus de 300 pages, est dense et reproduit fidèlement l'argot de l'époque ce qui ne le rend pas très facile à lire. Mais cela rend au moins l'histoire crédible, et les auteurs ont évité de faire s'exprimer les personnages du 19e avec un vocabulaire contemporain, ce qui est le cas dans beaucoup de séries historiques.
Tardi reste fidèle à son trait, simple, minimaliste, et restitue à merveille les faciès abimés du Paris des bas fonds, du Paris misérable qui criait sa soif de justice sociale. A conseiller pour tous les amateurs d'histoire, souhaitant bénéficier d'une piqure de rappel sur cette période un peu méconnue de notre histoire.
Les aventures d'un Ronin dans le Japon du 17e siècle formidablement mis en image par Mitchetz. De très belles couleurs et un dessin tout en mouvement pour des histoires originales inventées par Bosse fort bien documentées.
Sans doute une des meilleures séries parues dans le Journal "Spirou" de ces 25 dernières années
Tiens, j'attendais ce genre d'histoire avec impatience... Un récit qui retracerait la vie de l'une des méchantes les plus aimées de la littérature française...
C'est donc Agnès Maupré qui s'y colle, elle qui n'a qu'un seul album à son actif, mais qui a travaillé avec Joann Sfar pendant plusieurs années. Elle n'a peur de rien, se lançant de façon déjà très mature dans l'aventure. Dès les premières cases on est happé par le récit, on suit le destin de Milady et son point de vue sur l'histoire qui a donné le roman d'Alexandre Dumas. Son dessin, très inspiré par son mentor, est à la fois sensuel et débridé, et l'on suit avec grand plaisir les aventures de Milady, guerrière à la peau dure, vénéneuse et touchante...
Dans le second tome, le ton reste très dynamique, on en apprend plus sur la passé de Milady, et la fin est assez bien vue... Les Mousquetaires, hormis d'Artagnan, restent en retrait, et c'est tant mieux.
C'est frais, c'est fougueux, c'est malin, c'est séduisant, tout comme Milady. Allez, un petit 4/5. Je souhaite une belle carrière à Agnès Maupré, cette entrée en matière est vraiment pas mal.
Je ne connaissais pas du tout l’histoire du soldat inconnu vivant, en voyant cet ouvrage j’ai cru à un effet d’annonce ou à une fiction, eh bien pas du tout l’histoire est bien réelle et s’est déroulée sur plusieurs décennies.
Le titre n’est absolument pas racoleur, il faut même le prendre au pied de la lettre.
L’histoire de ce soldat complètement amnésique à la fin de la guerre 14-18 est décrite avec beaucoup de sensibilité et de justesse par Jean Yves Le Naour et Mauro Lirussi.
Il faut évidement se remettre dans le contexte de l’époque, des dizaines de milliers de familles ne savent pas ce que sont devenus un père, un fils, un frère ou d’autres et ce soldat amnésique représente l'ultime espoir pour beaucoup.
Tous le reconnaissent, lui ne reconnaît personne.
Au centre du récit il y a aussi cet admirable docteur Fenaryou, protecteur acharné du soldat inconnu qui va s’investir totalement pour la réhabilitation de son malade, un homme qui inspire beaucoup de respect.
Un récit de grande qualité qui pose beaucoup de questions sur la gestion de cette affaire finalement assez compliquée, une histoire à découvrir.
Le dessin noir et blanc de ce livre publié en dimension réduite est principalement constitué de vignettes petit format, un dessin très soigné et très détaillé, une véritable performance.
Si vous désirez un avant-goût de cette superbe histoire, tapez le titre du livre sous YouTube.
On ne peut que se rallier à l’avis général après la lecture de cet excellent album réalisé par Benjamin Flao, il faut bien du talent pour faire si beau si simplement. Une narration fluide servie par un dessin dynamique, un personnage principal au charisme fou et une foule de personnages secondaires si caractéristiques qu’on ne peut les oublier une fois le livre refermé.
L’intrigue n’est pas très fouillée, mais ce récit n’en n’a pas vraiment besoin, il suffit de se laisser transporter…
J'ai acheté Blast sur les conseils d'un ami bibliophile, qui m'expliquait que le titre résumait assez bien son sentiment à la lecture de ce récit fleuve (400 pages déjà sorties, en deux albums...).
Je n'étais pas forcément très fan du dessin de Manu Larcenet, dont j'ai cependant beaucoup aimé la plupart des histoires, du plus léger, comme le Retour à la terre, aux Ovnis psychanalytiques comme la Ligne de front. Mais j'avoue qu'ici, le dessin est magnifique. La couleur est utilisée avec parcimonie, pas pour colorier, mais pour ajouter du sens à l'histoire. Le dessin réaliste, rare, exprime toujours la violence du réel venant brutalement perturber le monde intérieur de Polza Mancini, le personnage principal.
Polza Mancini. Une énorme -au propre comme au figuré- boule d'angoisse, de haine de soi, de traumatismes d'enfant, qui décide un jour de quitter la vie confortable qu'il avait fini par réussir à se faire, pour se faire homme des bois et partir à la recherche du Blast, le choc existentiel, sorte de transe bouddhique, d'overdose spirituelle qu'il a expérimentée peu après la mort de son père.
L'écharde de ce récit, le détail dérangeant, irritant, inconfortable est là : ce Mancini est obscène. Trop laid, trop gros, trop franc : toute l'histoire est à la première personne puisqu'il raconte avec complaisance toute son odyssée à deux policiers convaincus qu'il a fini par tuer une jeune femme.
Il ne cache rien de ses états intérieur, de sa propre animalité qu'il a voulu redécouvrir, de son goût pour l'alcool. Le sentiment nauséeux qu'il inspire est d'autant plus gênant qu'au fond, il n'est pas antipathique. On s'identifie à lui malgré tout. Parce que nous avons tous eu envie de tout quitter, parce que nous avons tous un monde intérieur bien plus vaste que ce que nous montrons, parce que nous avons tous des pensées incongrues et des moments de relâchement quand on est seul avec soi même.
Mais lui s'en délecte, l'étale, s'y complait et nous renvoie à la fois une image peu glorieuse de l'humanité à laquelle nous appartenons, mais aussi, tout à la fois, le sentiment de notre propre lâcheté hypocrite.
Cette histoire ne peut pas laisser indifférent. Elle se lit comme sous hypnose, dans un état de jubilation morbide, et va chercher tout au fond du lecteur ce qu'il n'avait pas prévu de regarder.
Le tout meilleur Larcenet que j'ai pu lire. Et une BD qui pourrait mériter les 5 étoiles lorsque j'aurais achevé le tome 3, à paraître. Où l'on saura enfin si Polza Mancini a finalement tué, ou non, la jeune femme...
Moi j'aime pas le comic !! Mais j'aime Templesmith.
Je suis de nature à aimer plutot la bd francophone, bien que mes goûts penchent vers l'héroïc fantasy, je suis également un grand fan de fantastiques (Olivier Ledroit, Pontet, Grenier, Jean...).
Je n'ai eu que très peu d'expérience avec le comic : Marvel zombies (qui a fini par me gaver), Sláine (que j'adore pour les raisons évoquées précédemment) et "Lobo" (qui est pas mal).
J'ai rencontré l'oeuvre de Templesmith, comme beaucoup, lors de la sortie du film "30 jours de nuits" et j'ai été littéralement subjugué par ses dessins !
La bd pour moi c'est avant tout du dessin et son style est unique. Des personnages à peine esquissés réduits à un contour noir et puis des décors flous au possible. Et une palette graphique inimitable créant une ambiance glauque et malsaine.
La bd c'est avant tout du dessin mais c'est aussi un scénario. Et ici le scénario est on ne peu plus classique ! Dommage... Il est de bonne facture et offre une galerie de personnages fort "sympathique" du moins autant qu'un meurtrier psychopathe et totalement siphonné peut l'être.
En conclusion bien que l'histoire ressemble à une petite série B sans prétention, la palette de Templesmith donne une dimension supérieur au récit (3,5/5).
Une petite série B, un parfum d'été et une bière bien fraîche.... que demander de plus ?
Ensemble de petits récits au ton acerbe, une BD qui a gardé sa fraîcheur et sa crédibilité au fil du temps (1988 ).
Sept petites histoires qui dénoncent les dysfonctionnements de notre société, la connerie des bien-pensants, la lâcheté et déjà la téléréalité.
Les histoires ne sont pas d’égale valeur, mais certaines sont géniales.
Le dessin de Prado est assez caractéristique, une ligne claire et des personnages dont le faciès est très expressif.
Ajoutons à cela une très bonne colorisation.
3.5 que j’arrondis à quatre pour une BD avant-gardiste.
Moi qui n'était pas vraiment fan du travail de Ernst jusqu'ici, j'avoue que son association avec Zidrou pour ce "Boule à zéro" est une vraie réussite !
Traiter de façon aussi dégagée, avec humour, sans pour autant occulter le dur quotidien de ces jeunes malades, moi je dis bravo ! Cette joyeuse bande de 'bras cassés' nous donne une bonne leçon de vie et d'optimisme.
Les dialogues sonnent justes ; les envies, les problèmes et les rêves de chacun sont distillés avec intelligence et étayent la force de caractère des personnages. Quant à Ernst, son dessin rond et fluide soutient parfaitement le rythme narratif et insuffle à 'Boule à Zéro' l'énergie que cette gamine dégage !
Du tout bon cette série !
En tout cas ce n'est pas le plus mauvais album de la série Sept Saison 2, c'est même sans doute un des meilleurs de celle-ci.
Effectivement même si j'espère qu'il n'y aura pas de saison 3 je continue à acheter cette série et pour une fois je ne regrette pas mon achat, car les deux ou trois derniers albums n'étaient pas extraordinaires. Celui-là ne l'est pas non plus (il ne faut quand même pas exagérer) mais il se lit plutôt bien et même avec plaisir malgré quelques longueurs.
En ce qui concerne l'histoire, elle reste classique car il y a encore un roi, une quête (qui est d'exterminer les derniers dragons encore en vie pour que le roi puisse racheter son honneur) et bien sûr des guerriers.
C'est donc une histoire qui respecte les règles générales de la Fantasy (même s'il n'y a pas de nains, d'orcs ou d'elfes) et qui malgré tout réussi à nous intéresser au récit jusqu'à la fin de l'album. J'avoue que c'est sans doute le final hors du commun de ce one shot qui m' a fait augmenter ma note car au départ elle aurait due être de 3/5 , mais chut je n'en dirai pas plus pour que les futurs lecteurs n'hésitent pas à se lancer dans cette aventure.
En ce qui concerne le dessin on ne peut pas lui reprocher grand chose car il est très agréable. Les dragons sont d'une beauté effrayante et les décors sont très soignés.
Je rajouterai que le fait que les dragons soient totalement différents les uns des autres est un bon point à cette sympathique bd, que je conseillerai aux fans de Fantasy et aux lecteurs déçus par les épisodes précédents de la série Sept Saison 2.
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Le Cri du Peuple
"Le cri du peuple" c'est l'histoire d'un personnage à mi chemin entre Edmond Dantès et Jean Valjean. Condamné par erreur au bagne, un ancien notaire, tente de retrouver la trace de celui qui a assassiné sa fille adoptive plusieurs années auparavant. Réapparu en France au moment de la défaite de Sedan, et donc à la fin de Règne de NAPOLEON III, il croit enfin avoir trouvé le véritable coupable. L'histoire se déroule au cours de l'année 1871, au moment où le Gouvernement a fui à Versailles sous les ordres de THIERS et cherche à reconquérir la ville de Paris menée par la Commune. Le récit qui s'étend sur plus de 300 pages, est dense et reproduit fidèlement l'argot de l'époque ce qui ne le rend pas très facile à lire. Mais cela rend au moins l'histoire crédible, et les auteurs ont évité de faire s'exprimer les personnages du 19e avec un vocabulaire contemporain, ce qui est le cas dans beaucoup de séries historiques. Tardi reste fidèle à son trait, simple, minimaliste, et restitue à merveille les faciès abimés du Paris des bas fonds, du Paris misérable qui criait sa soif de justice sociale. A conseiller pour tous les amateurs d'histoire, souhaitant bénéficier d'une piqure de rappel sur cette période un peu méconnue de notre histoire.
Kogaratsu
Les aventures d'un Ronin dans le Japon du 17e siècle formidablement mis en image par Mitchetz. De très belles couleurs et un dessin tout en mouvement pour des histoires originales inventées par Bosse fort bien documentées. Sans doute une des meilleures séries parues dans le Journal "Spirou" de ces 25 dernières années
Milady de Winter
Tiens, j'attendais ce genre d'histoire avec impatience... Un récit qui retracerait la vie de l'une des méchantes les plus aimées de la littérature française... C'est donc Agnès Maupré qui s'y colle, elle qui n'a qu'un seul album à son actif, mais qui a travaillé avec Joann Sfar pendant plusieurs années. Elle n'a peur de rien, se lançant de façon déjà très mature dans l'aventure. Dès les premières cases on est happé par le récit, on suit le destin de Milady et son point de vue sur l'histoire qui a donné le roman d'Alexandre Dumas. Son dessin, très inspiré par son mentor, est à la fois sensuel et débridé, et l'on suit avec grand plaisir les aventures de Milady, guerrière à la peau dure, vénéneuse et touchante... Dans le second tome, le ton reste très dynamique, on en apprend plus sur la passé de Milady, et la fin est assez bien vue... Les Mousquetaires, hormis d'Artagnan, restent en retrait, et c'est tant mieux. C'est frais, c'est fougueux, c'est malin, c'est séduisant, tout comme Milady. Allez, un petit 4/5. Je souhaite une belle carrière à Agnès Maupré, cette entrée en matière est vraiment pas mal.
Le Soldat Inconnu vivant
Je ne connaissais pas du tout l’histoire du soldat inconnu vivant, en voyant cet ouvrage j’ai cru à un effet d’annonce ou à une fiction, eh bien pas du tout l’histoire est bien réelle et s’est déroulée sur plusieurs décennies. Le titre n’est absolument pas racoleur, il faut même le prendre au pied de la lettre. L’histoire de ce soldat complètement amnésique à la fin de la guerre 14-18 est décrite avec beaucoup de sensibilité et de justesse par Jean Yves Le Naour et Mauro Lirussi. Il faut évidement se remettre dans le contexte de l’époque, des dizaines de milliers de familles ne savent pas ce que sont devenus un père, un fils, un frère ou d’autres et ce soldat amnésique représente l'ultime espoir pour beaucoup. Tous le reconnaissent, lui ne reconnaît personne. Au centre du récit il y a aussi cet admirable docteur Fenaryou, protecteur acharné du soldat inconnu qui va s’investir totalement pour la réhabilitation de son malade, un homme qui inspire beaucoup de respect. Un récit de grande qualité qui pose beaucoup de questions sur la gestion de cette affaire finalement assez compliquée, une histoire à découvrir. Le dessin noir et blanc de ce livre publié en dimension réduite est principalement constitué de vignettes petit format, un dessin très soigné et très détaillé, une véritable performance. Si vous désirez un avant-goût de cette superbe histoire, tapez le titre du livre sous YouTube.
Kililana Song
On ne peut que se rallier à l’avis général après la lecture de cet excellent album réalisé par Benjamin Flao, il faut bien du talent pour faire si beau si simplement. Une narration fluide servie par un dessin dynamique, un personnage principal au charisme fou et une foule de personnages secondaires si caractéristiques qu’on ne peut les oublier une fois le livre refermé. L’intrigue n’est pas très fouillée, mais ce récit n’en n’a pas vraiment besoin, il suffit de se laisser transporter…
Blast
J'ai acheté Blast sur les conseils d'un ami bibliophile, qui m'expliquait que le titre résumait assez bien son sentiment à la lecture de ce récit fleuve (400 pages déjà sorties, en deux albums...). Je n'étais pas forcément très fan du dessin de Manu Larcenet, dont j'ai cependant beaucoup aimé la plupart des histoires, du plus léger, comme le Retour à la terre, aux Ovnis psychanalytiques comme la Ligne de front. Mais j'avoue qu'ici, le dessin est magnifique. La couleur est utilisée avec parcimonie, pas pour colorier, mais pour ajouter du sens à l'histoire. Le dessin réaliste, rare, exprime toujours la violence du réel venant brutalement perturber le monde intérieur de Polza Mancini, le personnage principal. Polza Mancini. Une énorme -au propre comme au figuré- boule d'angoisse, de haine de soi, de traumatismes d'enfant, qui décide un jour de quitter la vie confortable qu'il avait fini par réussir à se faire, pour se faire homme des bois et partir à la recherche du Blast, le choc existentiel, sorte de transe bouddhique, d'overdose spirituelle qu'il a expérimentée peu après la mort de son père. L'écharde de ce récit, le détail dérangeant, irritant, inconfortable est là : ce Mancini est obscène. Trop laid, trop gros, trop franc : toute l'histoire est à la première personne puisqu'il raconte avec complaisance toute son odyssée à deux policiers convaincus qu'il a fini par tuer une jeune femme. Il ne cache rien de ses états intérieur, de sa propre animalité qu'il a voulu redécouvrir, de son goût pour l'alcool. Le sentiment nauséeux qu'il inspire est d'autant plus gênant qu'au fond, il n'est pas antipathique. On s'identifie à lui malgré tout. Parce que nous avons tous eu envie de tout quitter, parce que nous avons tous un monde intérieur bien plus vaste que ce que nous montrons, parce que nous avons tous des pensées incongrues et des moments de relâchement quand on est seul avec soi même. Mais lui s'en délecte, l'étale, s'y complait et nous renvoie à la fois une image peu glorieuse de l'humanité à laquelle nous appartenons, mais aussi, tout à la fois, le sentiment de notre propre lâcheté hypocrite. Cette histoire ne peut pas laisser indifférent. Elle se lit comme sous hypnose, dans un état de jubilation morbide, et va chercher tout au fond du lecteur ce qu'il n'avait pas prévu de regarder. Le tout meilleur Larcenet que j'ai pu lire. Et une BD qui pourrait mériter les 5 étoiles lorsque j'aurais achevé le tome 3, à paraître. Où l'on saura enfin si Polza Mancini a finalement tué, ou non, la jeune femme...
Bienvenue à Hoxford
Moi j'aime pas le comic !! Mais j'aime Templesmith. Je suis de nature à aimer plutot la bd francophone, bien que mes goûts penchent vers l'héroïc fantasy, je suis également un grand fan de fantastiques (Olivier Ledroit, Pontet, Grenier, Jean...). Je n'ai eu que très peu d'expérience avec le comic : Marvel zombies (qui a fini par me gaver), Sláine (que j'adore pour les raisons évoquées précédemment) et "Lobo" (qui est pas mal). J'ai rencontré l'oeuvre de Templesmith, comme beaucoup, lors de la sortie du film "30 jours de nuits" et j'ai été littéralement subjugué par ses dessins ! La bd pour moi c'est avant tout du dessin et son style est unique. Des personnages à peine esquissés réduits à un contour noir et puis des décors flous au possible. Et une palette graphique inimitable créant une ambiance glauque et malsaine. La bd c'est avant tout du dessin mais c'est aussi un scénario. Et ici le scénario est on ne peu plus classique ! Dommage... Il est de bonne facture et offre une galerie de personnages fort "sympathique" du moins autant qu'un meurtrier psychopathe et totalement siphonné peut l'être. En conclusion bien que l'histoire ressemble à une petite série B sans prétention, la palette de Templesmith donne une dimension supérieur au récit (3,5/5). Une petite série B, un parfum d'été et une bière bien fraîche.... que demander de plus ?
Chienne de vie
Ensemble de petits récits au ton acerbe, une BD qui a gardé sa fraîcheur et sa crédibilité au fil du temps (1988 ). Sept petites histoires qui dénoncent les dysfonctionnements de notre société, la connerie des bien-pensants, la lâcheté et déjà la téléréalité. Les histoires ne sont pas d’égale valeur, mais certaines sont géniales. Le dessin de Prado est assez caractéristique, une ligne claire et des personnages dont le faciès est très expressif. Ajoutons à cela une très bonne colorisation. 3.5 que j’arrondis à quatre pour une BD avant-gardiste.
Boule à zéro
Moi qui n'était pas vraiment fan du travail de Ernst jusqu'ici, j'avoue que son association avec Zidrou pour ce "Boule à zéro" est une vraie réussite ! Traiter de façon aussi dégagée, avec humour, sans pour autant occulter le dur quotidien de ces jeunes malades, moi je dis bravo ! Cette joyeuse bande de 'bras cassés' nous donne une bonne leçon de vie et d'optimisme. Les dialogues sonnent justes ; les envies, les problèmes et les rêves de chacun sont distillés avec intelligence et étayent la force de caractère des personnages. Quant à Ernst, son dessin rond et fluide soutient parfaitement le rythme narratif et insuffle à 'Boule à Zéro' l'énergie que cette gamine dégage ! Du tout bon cette série !
Sept Dragons
En tout cas ce n'est pas le plus mauvais album de la série Sept Saison 2, c'est même sans doute un des meilleurs de celle-ci. Effectivement même si j'espère qu'il n'y aura pas de saison 3 je continue à acheter cette série et pour une fois je ne regrette pas mon achat, car les deux ou trois derniers albums n'étaient pas extraordinaires. Celui-là ne l'est pas non plus (il ne faut quand même pas exagérer) mais il se lit plutôt bien et même avec plaisir malgré quelques longueurs. En ce qui concerne l'histoire, elle reste classique car il y a encore un roi, une quête (qui est d'exterminer les derniers dragons encore en vie pour que le roi puisse racheter son honneur) et bien sûr des guerriers. C'est donc une histoire qui respecte les règles générales de la Fantasy (même s'il n'y a pas de nains, d'orcs ou d'elfes) et qui malgré tout réussi à nous intéresser au récit jusqu'à la fin de l'album. J'avoue que c'est sans doute le final hors du commun de ce one shot qui m' a fait augmenter ma note car au départ elle aurait due être de 3/5 , mais chut je n'en dirai pas plus pour que les futurs lecteurs n'hésitent pas à se lancer dans cette aventure. En ce qui concerne le dessin on ne peut pas lui reprocher grand chose car il est très agréable. Les dragons sont d'une beauté effrayante et les décors sont très soignés. Je rajouterai que le fait que les dragons soient totalement différents les uns des autres est un bon point à cette sympathique bd, que je conseillerai aux fans de Fantasy et aux lecteurs déçus par les épisodes précédents de la série Sept Saison 2.