Je m'en serais tenu aux 5 premiers tomes voire même jusqu'au tome 10 (ce dernier étant d'ailleurs exceptionnel), j'aurais mis 5 étoiles, mais la série semble s'être perdue dans son tournant final, celle-ci étant quasiment terminée maintenant.
Gunslinger Girl, c'est un concept un peu incongru -une organisation secrète du gouvernement italien qui transforme des petites filles en cyborgs pour faire son sale travail- sur lequel il faut passer pour découvrir un ensemble centré sur les personnages et leurs relations complexes.
Si, à terme, les tout derniers tomes se concentrent sur un ennemi précis et tombent un peu dans une surenchère d'action assez peu crédible, le concept d'origine de ce manga (qui couvre la majorité de ce dernier) est bien différent.
Le concept de base est comme stipulé plus haut incongru certes, mais dans la majeure partie du récit il y a recherche de vraisemblance sur tout ce qui a été construit autour: les événements, les personnages...
Il se dégage de certains chapitres une ambiance assez onirique, des réflexions sans paroles sur le conditionnement, sur cette paix apparente (symbolisée par l’innocence de ces jeunes filles) opposée à ce combat quotidien. L'affrontement est au départ général: le terrorisme dans sa globalité, de façon quotidienne. C'était un temps plus subtil du manga où on passait de situations en situations, découvrant diverses personnalités au travers d’ennemis assez peu caricaturaux. Tout camp avait ses aspirations, ses torts, chacun se battait pour ses colères, pour citer les paroles d'un des personnages. Accessoirement, on découvrait aussi l’Italie, on voyageait, on traitait de choses extérieures au récit telles que l’art, la littérature ou l’Histoire en les incorporant à l’histoire pour renforcer cette sensation onirique en découvrant les personnages. Jours après jours, missions après missions, Gunslinger Girl était un portrait de ces destins croisés, un manga qui mettait en avant des émotions contrastées.
J'ai beaucoup de mal à comprendre qu'il soit possible de mettre la note minimale à ce manga, encore plus qu'on puisse s'imaginer des objectifs fantaisistes au fait de mettre en scène des petites filles avec des armes à feu, ce qui avait bien évidemment pour but d'opposer leur innocence (pourtant mise en évidence mille fois dans le manga) à la violence dont elles font preuve. A moins d'avoir un sérieux souci je ne vois pas où on peut y voir avant tout autre chose.
Pour revenir à l'évolution même du manga, il a sensiblement changé de cap deux fois (tomes 6-8, et tomes 11-fin (15?) si l'on excepte la partie flash-back). Je n'aurais réellement à reprocher au premier virage qu'un léger manque de fidélité avec les sensations des débuts, car le récit reste très bon. Pas vraiment de regrets donc, surtout qu'il y a un retour par la suite.
Les tomes finaux sont une autre affaire, je pourrais décortiquer cette partie de l'histoire mais j'ai déjà beaucoup écrit donc je serai bref.
Dans l'absolu, c'est loin d'être mauvais, mais considérant ce qu'était Gunslinger Girl je ne pouvais qu'attendre autre chose. Certains passages précis m'ont contenté, mais l'ensemble est médiocre, tombant un peu dans la surenchère surtout dans la toute fin. C'est dommage et ça altère un peu mon jugement final pour ce qui était un coup de coeur tombé du ciel.
Je n'en reste pas moins marqué par cette série, par ses personnages, et je la relirai très probablement.
Amateurs d'art graphique tranché, cet album est fait pour vous !
C'est suite à la rencontre de l'auteur à Angoulême cette année que j'ai découvert son travail. Les stands des indé' fourmillent toujours de belles pépites !
Également tatoueur, le style d'Aurélio est très marqué graphiquement. Pour moi, l'univers qu'il décline à travers ses courtes histoires et ses illustrations me font penser à un heureux mélange entre Tim Burton, Guillaume Bianco dans Billy Brouillard et Run (pour le côté tatoo Hispano de Mutafukaz).
Son trait est saillant, d'un dynamisme impressionnant, et les planches qu'il produit explosent ! Fi des cadres figés ! Il joue avec les pages qui deviennent de "simples" cases où il s'exprime pleinement. Il alterne aussi bien le noir et blanc, le sépia que les couleurs pétantes, mais toujours de façon intelligente pour servir son propos.
C'est juste de ce côté que je mettrai un léger bémol. Comme tout recueil, certaines histoires sont un peu en dessous et pêchent par leur scénario.
A découvrir pour le plus grand plaisir des yeux !
Voilà une édition qui va surement susciter une scission au sein de la société.
Cet éditeur est quasi inconnu pour moi, mais je découvre coup sur coup, "Noir Tango", "Hector Humbra" et Whiteout et je suis impressionné par la qualité et l’originalité des œuvres !
Cet éditeur prend des risques apparemment et j’aimerais vraiment que cela paie pour lui. En tout cas, je vais suivre cela de plus près maintenant.
Cela dit, cet album comme je viens de le dire, sort des sentiers battus. Le scénariste nous livre un scénario rythmé aux pas du tango. Un album avec un fond axé sur la danse c’est rare. Prendre le tango, une danse pas si connue dans notre pays, c’est gonflé.
Le tango est une danse, physique et sensuelle, dans laquelle il faut serrer la partenaire sans la contraindre, la guider sans la brider. La partenaire alors en confiance peut se livrer et laisser exploser sa sensualité et sa grâce.
Cet aspect est très bien rendu tout au long des pages et pas seulement sur les pages purement Tango. Cette ambiance se reflète sur chaque page, chaque case. L’état d’esprit des personnages est baigné par cette danse et cela se voit dans leurs actes de tous les jours.
Miguel, l’antihéros, est un danseur merveilleux. Le meilleur en fait. C’est grâce à cela qu’il a su charmer la fille de Don Sendoval, le magnat local, tyrannique, omnipotent dans sa région.
Malheureusement pour Miguel, il vient des quartiers pauvres de la ville et sa relation avec sa belle famille est extrêmement tendue. D’ailleurs, lui, le bourlingueur, le voyageur, cela lui pèse de ne plus pouvoir partir, d’être retenu à terre auprès de son épouse qu’il délaisse pour tous les aspects qui ne sont pas liés au Tango.
Son épouse, elle, se languit de son mari qui n’apparait qu’à de trop rares occasions, lors des milonga, ces bals dédiés au Tango. Leur union parfaite est alors consommée sur les parquets et s’exprime au travers de la danse sous les yeux ébahis des spectateurs.
Cet album transmet cet amour de la danse, nous montre que la danse est universelle et touche toute les classes. Cet album nous montre aussi, que malheureusement, la lutte des classes et les oppositions sont aussi universelles.
Le scénario a été conçu au rythme du Tango, les mentalités des personnages sont calquées dessus. Surement caricatural, nous avons le danseur magnifique, mais macho.
Nous avons la belle magnifique, délaissée, mais soumise à son partenaire.
Le papa de la belle, fort, riche et franchement pas heureux de son gendre.
Le frère de la belle, hyper protecteur et franchement pas heureux de son beau-frère qui rend sa sœur triste.
Nous avons l’ensemble de la classe riche qui s’oppose à l’ensemble de la classe pauvre.
Il y a du Roméo et Juliette à dedans, il y a du Coppola là dedans, les codes de la tragédie amoureuse ne sont pas mon fort, mais quand je compare aux grands classiques, les ressemblances sont là.
Mais j’ai bien aimé cette opposition de style dans le fond et la forme, j’ai bien aimé ce macho rêveur qui aime aller au bord de la mère et rêver de partir vers d’autres horizons. Il y a de la poésie dans cet album, il y a de l’amour et il y a aussi de la haine.
Ce serait trop simple si l’histoire s’arrêtait là, nous avons donc comme dans toute bonne tragédie, de la tragédie. Avec des morts, des batailles rangées, des traitrises et des trahisons, de l’amour et de l’adultère.
On ne peut pas dire que le rythme soit haletant, mais le rythme est là, lancinant comme un air de Tango. J’ai aimé ce faux rythme qui nous emmène dans une belle histoire au contexte original.
Et j’en viens enfin à ce dessin lui aussi d’une originalité collant parfaitement à l’ambiance du scénario. En ouvrant l’album, j’ai failli le reposer cash. Le dessin est unique. Le trait sort des chemins battus et il m’a fallu un bon coup de volonté pour sauter le pas et rentrer dans cet album. Finalement, le mariage du dessin et du scénario est si bon que je me demande si autre chose pouvait être créer pour cette histoire.
Le trait est tout en rondeur, étiré, exagéré, déformé. Je suis nul en peinture, mais je suis sûr que l’auteur s’est inspiré de peintres célèbres. Ou en tout cas, son trait est tellement artistique que cela me semble évident. Je ne sais pas d’où sort Philibert, mais c’est un artiste, un vrai.
Les corps s’adaptent au message transmis, les corps se tordent au son du Tango, le mariage entre le dessin et la musique transpire de chaque case.
Personnellement, j’ai vraiment aimé, mais je comprendrai parfaitement que d’autres ne s’y fasse pas.
Je pourrais juste reprocher que malgré tout, les personnages ne sont parfois pas assez différenciés et que surtout sur la fin de l’album j’ai du revenir légèrement en arrière, comparer certaines cases afin de m’assurer des personnages en présence.
Enfin, la fin est elle aussi originale et belle. Un album qui se tient donc de bout en bout.
Noir tango c’est un album scénarisé, pensé, dessiné autour du tango. Son esprit, sa sensualité, son opposition hante chaque page de cet album. C’est un album au concept complètement personnel et qui s’assume.
Brillant.
"Mystère". Voilà le maître mot de ce manga.
Loin des éclats et du rythme tendu qu'imposent ses congénères, "Les enfants de la mer" prend son temps pour poser les jalons de son intrigue. Comme pour une apnée en eau profonde, la respiration est maîtrisée et chaque palier s'impose pour faire briller cet éclat qui chatouille notre curiosité.
Ruka, jeune collégienne un brin rebelle va croiser le chemin de Umi et Sora, deux frères plutôt étranges élevés par... des dugongs ! C'est là que fantastique et légende commencent à s'immiscer dans le récit, pour jeter petit à petit leurs filets. Le fil entre rêve et réalité reste mince et nous tient en haleine... Mais si des réponses se dessinent, d'autres questions apparaissent...
Ce premier tome est pour moi une vrai réussite. Le découpage du récit qui propose de courts témoignages en intro des différents chapitres est une très bonne idée qui ancre très fortement le récit dans le réel... pour mieux s'en échapper ensuite.
Le trait de Daisuke Igarashi est plutôt réaliste ne s’embarrasse pas de détails, mais joue plutôt sur l'expression des personnages ou les ambiances de ses décors.
Tout cela contribue à forger l'ambiance si particulière et réussie qui se dégage de ce manga
dont je recommande fortement la lecture ! Les amoureux de la faune marine y trouveront
plus que leur compte, et les autres peuvent y plonger également les yeux fermés - enfin presque ^^ -
Un très bon diptyque que voici ! L’histoire vraie de ce paysan normand qui cache un pilote américain est toute simple mais terriblement prenante.
Comme cela a été mentionné ci-avant, le récit est centré sur les personnages, leurs peurs, leur courage et leur détermination. Du coup, le petit manque de rigueur dans les détails historiques relevé plus bas m’est totalement passé inaperçu. Cette bd n’a sans doute pas la rigueur d’un Airborne 44 mais son récit me parait nettement moins forcé et artificiel. Au contraire, il se révèle d’une grande fluidité narrative. Pourtant, il ne fait pas état de grands faits de résistance. Juste un paysan qui essaie de vivre le plus normalement possible avec un ricain sous son toit. Cette résistance passive reste néanmoins héroïque. A noter que l’histoire s’ouvre avec un cahier documentaire fort intéressant et se referme avec la rencontre de Weston Lennox 63 ans après. Côté dessin, j’apprécie énormément le trait de Tefenkgi, à la fois souple et moderne. A souligner également le gros travail fait sur les couleurs qui s’accordent bien avec le dessin.
Une bd chaudement conseillée . . .
Une BD coup de poing comme je les aime !
Vous fermez votre BD et vous vous dites : Putain !!! Oui, la France est régulièrement pointée du doigt pour la gestion calamiteuse de ses prisons. Mais là, on nous met le nez dedans...
Reste à savoir quoi faire de cette lecture me direz-vous... Et bien commencez par aller voter puisque NOUS en avons le droit, à contrario de nos prisonniers. Rien ne nous empêche d'interpeler nos politiques sur notre système carcéral, bien au contraire même, en ce moment !
Car ici, pas question de nier la faute ni la responsabilité de Milan, le prisonnier que l'on va suivre. Non. On est juste dans la dénonciation d'un système carcéral obsolète et dégradant, qui au lieu de permettre à des personnes de "payer leur dette" et de se réinsérer ensuite dans notre société, fabrique des récidivistes, à coup d'humiliations, de brimades, de passes-droits et autres dégradations.
Le dessin de Nicoby sombre, épais, un brin rugueux, que je découvre à travers cette BD, est juste parfait pour ce récit. Son découpage de planche en 3 par 3 jusqu'aux deux dernières pages de l'album -enfin "libre" !- souligne la rigidité de cette institution, rappelant même les barreaux qui coupent constamment l'horizon de ces détenus.
Un album juste parfait pour remettre le débat sur ce sujet au centre de nos préoccupations, sur le sens profond et le rôle de nos prisons dans notre société.
Petit aparté pour commencer concernant la qualité de l'ouvrage. La couverture est de toute beauté. Le cadre rouge que vous voyez est mat, alors, que la forêt centrale est brillante. A première vue, j'ai cru qu'il y avait vraiment du relief ! Cette couverture donne une vraie impression de profondeur et on a envie de plonger par cette porte ouverte sur un autre monde. L'intérieur est tout aussi agréable avec des pages au papier épais sentant bon la qualité et au grain agréable sous les doigts. En gros, ça n'a pas l'apparence de Soleil, ça n'a pas l'odeur de Soleil, ça n'a pas la qualité de Soleil et pourtant, c'est bien sorti de chez Soleil Productions.
Je l'ai lu 2 fois pour être sûr de ce que j'allais écrire car malgré ma note élevée, j'ai longtemps hésité car je n'étais pas sûr de ce que j'avais compris et du message qui voulait potentiellement être transmis.
Alors, la première fois que j'ai lu cet album, j'ai immédiatement été charmé, conquis par le dessin d'Enrique Fernandez. Son trait est magnifique, graphique, hyper personnel, enchanteur, que du bonheur. Sa créativité et son univers sont réellement merveilleux et collent parfaitement au conte que nous avons entre les mains, à cette ambiance magique, poétique, légèrement onirique, quelque peu mystique qui baigne chaque page.
Mais sûrement cela ne serait rien sans des couleurs fabuleuses, toutes en contraste, en luminosité, en nuance. Ces couleurs posent les ambiances de manière magnifique. Chaque lieu prend vie et possède sa propre aura. C'est simplement superbe.
L'ensemble joue pleinement aussi sur l'humeur, sur les sensations transmises. Le dessin a son rôle propre dans la compréhension de l'histoire. Vokko, notamment personnage intriguant, sorte de méchant loup d'apparence, est finalement plutôt sage dans son comportement et sert de tuteur à Aurore. Le dessin et la couleur sont généralement assez neutres pour le représenter. En revanche, lors de l'une de ses interventions contre l'homme oiseau, sa représentation est terrifiante et pourtant tellement simple ! Une maitrise et une utilisation parfaite de l'outil graphique.
Le scénario en revanche est la partie qui m'a laissé le plus dubitatif. Tout d'abord, cette péronnelle m'a paru assez agaçante avec ses airs de "je n'en ai rien à faire de ce qui m'arrive, de ce qui arrive aux autres et puis de toute façon je ne comprends rien, je ne sais rien et je ne sais rien faire".
De plus, arrivant à la dernière page, je me suis posé des questions et je n'arrivais pas à trouver de réponse appropriée. Posant quelques questions sur les forums, je me suis rendu compte que, de toute évidence, cela n'était pas si évident même aux autres lecteurs puisque les réponses restaient somme toute évasives.
Alors, j'ai pris mon temps, j'ai laissé un peu d'eau couler sous les ponts pour essayer de reprendre cette lecture avec une vision neuve et objective.
La deuxième fois que j'ai lu cet album, j'ai immédiatement été charmé, conquis par le dessin d'Enrique Fernandez. Son trait est magnifique, graphique, hyper personnel, enchanteur, que du bonheur...Je me répète ? Sûrement parce que j'ai eu strictement le même bonheur que lors de ma première lecture à redécouvrir visuellement cet album. Je me demande même si je ne l'aurais pas encore apprécié plus. Si c'est possible.
Et coté scénario, j'ai pris cet album de manière plus détachée, sachant que le contenu était avant tout très poétique. J'ai essayé de vivre cet album comme un rêve, découvrant ce monde entre les mondes comme Aurore le fait. C'est à dire, arrivant de nulle part, ayant oublié son passé, ayant oublié qui je suis et d'où je viens, ne sachant comme un nouveau-né rien des sentiments et des êtres qui m'entourent.
Partant de ce constat, il devient plus évident qu'Aurore agit assez logiquement. Contrainte à écrire une chanson pour des personnes qu'elle ne connait pas et pour qui elle n'éprouve rien, on se buterait pour moins.
Son initiation va donc lui permettre par un voyage rapide lui faire rencontrer les êtres fabuleux qui peuplent l'entre deux monde. Ces êtres que les humains devraient vénérer mais qu'ils ont oubliés voire pire, salis.
Alors, oui, c'est rapide, mais pas illogique et cela permet de donner du rythme à cette promenade forcée.
La découverte et la leçon de morale passent vraiment bien, d'autant plus qu'elles restent légère et réaliste. Une petite leçon d'écologie et de religion qui fait plutôt du bien par les temps qui courent. Sans croyance, sans racine, l'homme perd ses repères, n'a plus la notion de sacrifice, n'a plus la notion de courage et d'abnégation et mène son peuple à sa perte.
Mais surtout, la fin est superbe, grandiose, de toute beauté, surprenante.
Je ne sais comment décrire cette fin sans l'expliquer complètement. On y trouvera la morale, ou pas, que l'on veut, personnellement, j'ai complètement occulté cet aspect pour n'en garder que la magie du conte poétique qui nous est offert.
Splendide.
Le mieux sûrement est encore que vous la découvriez par vous même !
J'ai découvert récemment cette série qui m'a replongé avec grand plaisir dans mes années d'enfance quand je découvrait l'anime du même nom, premier dessin animé qui nous arrivait gorgé de violence, d'humour et de sous entendus coquins, quel mélange, quel cocktail. Le dessin est excellent, on retrouve avec joie les aventures au long cours de ce pirate des temps futurs. C'est un grand bol de nostalgie et malgré tout, ça reste ultra mderne, on a l'impression d'une nouveauté, ça n'a pas pris une ride.
La déesse Aphrodite revient sur Terre de nos jours pour une remise à niveau en compagnie de Cupidon relooké en toucan érotomane. On suit donc, sous forme de strips (parfois même de strip-tease) ses mésaventures entre l'appart qu'elle partage avec ses trois collocs et son job de vendeuse dans un sex-shop.
Hilarante et joliment dessinée, cette BD n'est toutefois pas à mettre entre toutes les mains, tant de nombreux gags sont osés, mais sans jamais tomber dans la facilité du vulgaire ou de l'obscène.
En deux mots: chaudement recommandé!
Oh oh oh! Nous en voilà-t-y pas un truc de dingue !!! Z'ont bouffé ou fumé quoi Matthieu Donck et Benjamin d'Aoust pour partir dans un tel délire ???!!! Le prix de la croquette de crevette va exploser et les dealers se recycler à la pêche à pied à ce tarif là ! Mais bon, on va pas se plaindre, car qu'est-ce que c'est bon !!!
Il y a fort longtemps qu'une planche de BD ne m'avait pas surpris à un tel point !!! Et là, vous z'êtes tranquillement à vous faire à la cuisine de Môssssieur Albert, quand vous arrivez à la page 21... Et là, c'est le drame...
Enfin, pour Albert, parce que pour nous, le temps de se remettre les maxillaires en place et d'arriver à refaire un focus normal avec nos rétines pour qu'elles tiennent tant bien que mal dans nos iris, on jubile !!! C'est quoi c't'histoire de ouf !!! Complètement déjanté comme j'aime ce truc ! Mais je n'en dirais rien, je vous laisse la surprise totale...
Ajoutez à cela le dessin très expressif, fin, proche d'un Larcenet de Mathieu Burnat, et le tour est joué ! L'osmose se fait, et on part incrédule, de case en hachure sur les basques de notre Albert, aussi surpris que nous des aventures qui lui tombent dessus !
Espérons que la suite et la conclusion de cette série soit aussi bonne et puissante en surprises et rebondissements que ce premier opus !
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Gunslinger Girl
Je m'en serais tenu aux 5 premiers tomes voire même jusqu'au tome 10 (ce dernier étant d'ailleurs exceptionnel), j'aurais mis 5 étoiles, mais la série semble s'être perdue dans son tournant final, celle-ci étant quasiment terminée maintenant. Gunslinger Girl, c'est un concept un peu incongru -une organisation secrète du gouvernement italien qui transforme des petites filles en cyborgs pour faire son sale travail- sur lequel il faut passer pour découvrir un ensemble centré sur les personnages et leurs relations complexes. Si, à terme, les tout derniers tomes se concentrent sur un ennemi précis et tombent un peu dans une surenchère d'action assez peu crédible, le concept d'origine de ce manga (qui couvre la majorité de ce dernier) est bien différent. Le concept de base est comme stipulé plus haut incongru certes, mais dans la majeure partie du récit il y a recherche de vraisemblance sur tout ce qui a été construit autour: les événements, les personnages... Il se dégage de certains chapitres une ambiance assez onirique, des réflexions sans paroles sur le conditionnement, sur cette paix apparente (symbolisée par l’innocence de ces jeunes filles) opposée à ce combat quotidien. L'affrontement est au départ général: le terrorisme dans sa globalité, de façon quotidienne. C'était un temps plus subtil du manga où on passait de situations en situations, découvrant diverses personnalités au travers d’ennemis assez peu caricaturaux. Tout camp avait ses aspirations, ses torts, chacun se battait pour ses colères, pour citer les paroles d'un des personnages. Accessoirement, on découvrait aussi l’Italie, on voyageait, on traitait de choses extérieures au récit telles que l’art, la littérature ou l’Histoire en les incorporant à l’histoire pour renforcer cette sensation onirique en découvrant les personnages. Jours après jours, missions après missions, Gunslinger Girl était un portrait de ces destins croisés, un manga qui mettait en avant des émotions contrastées. J'ai beaucoup de mal à comprendre qu'il soit possible de mettre la note minimale à ce manga, encore plus qu'on puisse s'imaginer des objectifs fantaisistes au fait de mettre en scène des petites filles avec des armes à feu, ce qui avait bien évidemment pour but d'opposer leur innocence (pourtant mise en évidence mille fois dans le manga) à la violence dont elles font preuve. A moins d'avoir un sérieux souci je ne vois pas où on peut y voir avant tout autre chose. Pour revenir à l'évolution même du manga, il a sensiblement changé de cap deux fois (tomes 6-8, et tomes 11-fin (15?) si l'on excepte la partie flash-back). Je n'aurais réellement à reprocher au premier virage qu'un léger manque de fidélité avec les sensations des débuts, car le récit reste très bon. Pas vraiment de regrets donc, surtout qu'il y a un retour par la suite. Les tomes finaux sont une autre affaire, je pourrais décortiquer cette partie de l'histoire mais j'ai déjà beaucoup écrit donc je serai bref. Dans l'absolu, c'est loin d'être mauvais, mais considérant ce qu'était Gunslinger Girl je ne pouvais qu'attendre autre chose. Certains passages précis m'ont contenté, mais l'ensemble est médiocre, tombant un peu dans la surenchère surtout dans la toute fin. C'est dommage et ça altère un peu mon jugement final pour ce qui était un coup de coeur tombé du ciel. Je n'en reste pas moins marqué par cette série, par ses personnages, et je la relirai très probablement.
Histoires tordues et dessins bizarroïdes
Amateurs d'art graphique tranché, cet album est fait pour vous ! C'est suite à la rencontre de l'auteur à Angoulême cette année que j'ai découvert son travail. Les stands des indé' fourmillent toujours de belles pépites ! Également tatoueur, le style d'Aurélio est très marqué graphiquement. Pour moi, l'univers qu'il décline à travers ses courtes histoires et ses illustrations me font penser à un heureux mélange entre Tim Burton, Guillaume Bianco dans Billy Brouillard et Run (pour le côté tatoo Hispano de Mutafukaz). Son trait est saillant, d'un dynamisme impressionnant, et les planches qu'il produit explosent ! Fi des cadres figés ! Il joue avec les pages qui deviennent de "simples" cases où il s'exprime pleinement. Il alterne aussi bien le noir et blanc, le sépia que les couleurs pétantes, mais toujours de façon intelligente pour servir son propos. C'est juste de ce côté que je mettrai un léger bémol. Comme tout recueil, certaines histoires sont un peu en dessous et pêchent par leur scénario. A découvrir pour le plus grand plaisir des yeux !
Noir Tango
Voilà une édition qui va surement susciter une scission au sein de la société. Cet éditeur est quasi inconnu pour moi, mais je découvre coup sur coup, "Noir Tango", "Hector Humbra" et Whiteout et je suis impressionné par la qualité et l’originalité des œuvres ! Cet éditeur prend des risques apparemment et j’aimerais vraiment que cela paie pour lui. En tout cas, je vais suivre cela de plus près maintenant. Cela dit, cet album comme je viens de le dire, sort des sentiers battus. Le scénariste nous livre un scénario rythmé aux pas du tango. Un album avec un fond axé sur la danse c’est rare. Prendre le tango, une danse pas si connue dans notre pays, c’est gonflé. Le tango est une danse, physique et sensuelle, dans laquelle il faut serrer la partenaire sans la contraindre, la guider sans la brider. La partenaire alors en confiance peut se livrer et laisser exploser sa sensualité et sa grâce. Cet aspect est très bien rendu tout au long des pages et pas seulement sur les pages purement Tango. Cette ambiance se reflète sur chaque page, chaque case. L’état d’esprit des personnages est baigné par cette danse et cela se voit dans leurs actes de tous les jours. Miguel, l’antihéros, est un danseur merveilleux. Le meilleur en fait. C’est grâce à cela qu’il a su charmer la fille de Don Sendoval, le magnat local, tyrannique, omnipotent dans sa région. Malheureusement pour Miguel, il vient des quartiers pauvres de la ville et sa relation avec sa belle famille est extrêmement tendue. D’ailleurs, lui, le bourlingueur, le voyageur, cela lui pèse de ne plus pouvoir partir, d’être retenu à terre auprès de son épouse qu’il délaisse pour tous les aspects qui ne sont pas liés au Tango. Son épouse, elle, se languit de son mari qui n’apparait qu’à de trop rares occasions, lors des milonga, ces bals dédiés au Tango. Leur union parfaite est alors consommée sur les parquets et s’exprime au travers de la danse sous les yeux ébahis des spectateurs. Cet album transmet cet amour de la danse, nous montre que la danse est universelle et touche toute les classes. Cet album nous montre aussi, que malheureusement, la lutte des classes et les oppositions sont aussi universelles. Le scénario a été conçu au rythme du Tango, les mentalités des personnages sont calquées dessus. Surement caricatural, nous avons le danseur magnifique, mais macho. Nous avons la belle magnifique, délaissée, mais soumise à son partenaire. Le papa de la belle, fort, riche et franchement pas heureux de son gendre. Le frère de la belle, hyper protecteur et franchement pas heureux de son beau-frère qui rend sa sœur triste. Nous avons l’ensemble de la classe riche qui s’oppose à l’ensemble de la classe pauvre. Il y a du Roméo et Juliette à dedans, il y a du Coppola là dedans, les codes de la tragédie amoureuse ne sont pas mon fort, mais quand je compare aux grands classiques, les ressemblances sont là. Mais j’ai bien aimé cette opposition de style dans le fond et la forme, j’ai bien aimé ce macho rêveur qui aime aller au bord de la mère et rêver de partir vers d’autres horizons. Il y a de la poésie dans cet album, il y a de l’amour et il y a aussi de la haine. Ce serait trop simple si l’histoire s’arrêtait là, nous avons donc comme dans toute bonne tragédie, de la tragédie. Avec des morts, des batailles rangées, des traitrises et des trahisons, de l’amour et de l’adultère. On ne peut pas dire que le rythme soit haletant, mais le rythme est là, lancinant comme un air de Tango. J’ai aimé ce faux rythme qui nous emmène dans une belle histoire au contexte original. Et j’en viens enfin à ce dessin lui aussi d’une originalité collant parfaitement à l’ambiance du scénario. En ouvrant l’album, j’ai failli le reposer cash. Le dessin est unique. Le trait sort des chemins battus et il m’a fallu un bon coup de volonté pour sauter le pas et rentrer dans cet album. Finalement, le mariage du dessin et du scénario est si bon que je me demande si autre chose pouvait être créer pour cette histoire. Le trait est tout en rondeur, étiré, exagéré, déformé. Je suis nul en peinture, mais je suis sûr que l’auteur s’est inspiré de peintres célèbres. Ou en tout cas, son trait est tellement artistique que cela me semble évident. Je ne sais pas d’où sort Philibert, mais c’est un artiste, un vrai. Les corps s’adaptent au message transmis, les corps se tordent au son du Tango, le mariage entre le dessin et la musique transpire de chaque case. Personnellement, j’ai vraiment aimé, mais je comprendrai parfaitement que d’autres ne s’y fasse pas. Je pourrais juste reprocher que malgré tout, les personnages ne sont parfois pas assez différenciés et que surtout sur la fin de l’album j’ai du revenir légèrement en arrière, comparer certaines cases afin de m’assurer des personnages en présence. Enfin, la fin est elle aussi originale et belle. Un album qui se tient donc de bout en bout. Noir tango c’est un album scénarisé, pensé, dessiné autour du tango. Son esprit, sa sensualité, son opposition hante chaque page de cet album. C’est un album au concept complètement personnel et qui s’assume. Brillant.
Les Enfants de la Mer
"Mystère". Voilà le maître mot de ce manga. Loin des éclats et du rythme tendu qu'imposent ses congénères, "Les enfants de la mer" prend son temps pour poser les jalons de son intrigue. Comme pour une apnée en eau profonde, la respiration est maîtrisée et chaque palier s'impose pour faire briller cet éclat qui chatouille notre curiosité. Ruka, jeune collégienne un brin rebelle va croiser le chemin de Umi et Sora, deux frères plutôt étranges élevés par... des dugongs ! C'est là que fantastique et légende commencent à s'immiscer dans le récit, pour jeter petit à petit leurs filets. Le fil entre rêve et réalité reste mince et nous tient en haleine... Mais si des réponses se dessinent, d'autres questions apparaissent... Ce premier tome est pour moi une vrai réussite. Le découpage du récit qui propose de courts témoignages en intro des différents chapitres est une très bonne idée qui ancre très fortement le récit dans le réel... pour mieux s'en échapper ensuite. Le trait de Daisuke Igarashi est plutôt réaliste ne s’embarrasse pas de détails, mais joue plutôt sur l'expression des personnages ou les ambiances de ses décors. Tout cela contribue à forger l'ambiance si particulière et réussie qui se dégage de ce manga dont je recommande fortement la lecture ! Les amoureux de la faune marine y trouveront plus que leur compte, et les autres peuvent y plonger également les yeux fermés - enfin presque ^^ -
Tranquille courage
Un très bon diptyque que voici ! L’histoire vraie de ce paysan normand qui cache un pilote américain est toute simple mais terriblement prenante. Comme cela a été mentionné ci-avant, le récit est centré sur les personnages, leurs peurs, leur courage et leur détermination. Du coup, le petit manque de rigueur dans les détails historiques relevé plus bas m’est totalement passé inaperçu. Cette bd n’a sans doute pas la rigueur d’un Airborne 44 mais son récit me parait nettement moins forcé et artificiel. Au contraire, il se révèle d’une grande fluidité narrative. Pourtant, il ne fait pas état de grands faits de résistance. Juste un paysan qui essaie de vivre le plus normalement possible avec un ricain sous son toit. Cette résistance passive reste néanmoins héroïque. A noter que l’histoire s’ouvre avec un cahier documentaire fort intéressant et se referme avec la rencontre de Weston Lennox 63 ans après. Côté dessin, j’apprécie énormément le trait de Tefenkgi, à la fois souple et moderne. A souligner également le gros travail fait sur les couleurs qui s’accordent bien avec le dessin. Une bd chaudement conseillée . . .
20 ans ferme
Une BD coup de poing comme je les aime ! Vous fermez votre BD et vous vous dites : Putain !!! Oui, la France est régulièrement pointée du doigt pour la gestion calamiteuse de ses prisons. Mais là, on nous met le nez dedans... Reste à savoir quoi faire de cette lecture me direz-vous... Et bien commencez par aller voter puisque NOUS en avons le droit, à contrario de nos prisonniers. Rien ne nous empêche d'interpeler nos politiques sur notre système carcéral, bien au contraire même, en ce moment ! Car ici, pas question de nier la faute ni la responsabilité de Milan, le prisonnier que l'on va suivre. Non. On est juste dans la dénonciation d'un système carcéral obsolète et dégradant, qui au lieu de permettre à des personnes de "payer leur dette" et de se réinsérer ensuite dans notre société, fabrique des récidivistes, à coup d'humiliations, de brimades, de passes-droits et autres dégradations. Le dessin de Nicoby sombre, épais, un brin rugueux, que je découvre à travers cette BD, est juste parfait pour ce récit. Son découpage de planche en 3 par 3 jusqu'aux deux dernières pages de l'album -enfin "libre" !- souligne la rigidité de cette institution, rappelant même les barreaux qui coupent constamment l'horizon de ces détenus. Un album juste parfait pour remettre le débat sur ce sujet au centre de nos préoccupations, sur le sens profond et le rôle de nos prisons dans notre société.
Aurore (Fernandez)
Petit aparté pour commencer concernant la qualité de l'ouvrage. La couverture est de toute beauté. Le cadre rouge que vous voyez est mat, alors, que la forêt centrale est brillante. A première vue, j'ai cru qu'il y avait vraiment du relief ! Cette couverture donne une vraie impression de profondeur et on a envie de plonger par cette porte ouverte sur un autre monde. L'intérieur est tout aussi agréable avec des pages au papier épais sentant bon la qualité et au grain agréable sous les doigts. En gros, ça n'a pas l'apparence de Soleil, ça n'a pas l'odeur de Soleil, ça n'a pas la qualité de Soleil et pourtant, c'est bien sorti de chez Soleil Productions. Je l'ai lu 2 fois pour être sûr de ce que j'allais écrire car malgré ma note élevée, j'ai longtemps hésité car je n'étais pas sûr de ce que j'avais compris et du message qui voulait potentiellement être transmis. Alors, la première fois que j'ai lu cet album, j'ai immédiatement été charmé, conquis par le dessin d'Enrique Fernandez. Son trait est magnifique, graphique, hyper personnel, enchanteur, que du bonheur. Sa créativité et son univers sont réellement merveilleux et collent parfaitement au conte que nous avons entre les mains, à cette ambiance magique, poétique, légèrement onirique, quelque peu mystique qui baigne chaque page. Mais sûrement cela ne serait rien sans des couleurs fabuleuses, toutes en contraste, en luminosité, en nuance. Ces couleurs posent les ambiances de manière magnifique. Chaque lieu prend vie et possède sa propre aura. C'est simplement superbe. L'ensemble joue pleinement aussi sur l'humeur, sur les sensations transmises. Le dessin a son rôle propre dans la compréhension de l'histoire. Vokko, notamment personnage intriguant, sorte de méchant loup d'apparence, est finalement plutôt sage dans son comportement et sert de tuteur à Aurore. Le dessin et la couleur sont généralement assez neutres pour le représenter. En revanche, lors de l'une de ses interventions contre l'homme oiseau, sa représentation est terrifiante et pourtant tellement simple ! Une maitrise et une utilisation parfaite de l'outil graphique. Le scénario en revanche est la partie qui m'a laissé le plus dubitatif. Tout d'abord, cette péronnelle m'a paru assez agaçante avec ses airs de "je n'en ai rien à faire de ce qui m'arrive, de ce qui arrive aux autres et puis de toute façon je ne comprends rien, je ne sais rien et je ne sais rien faire". De plus, arrivant à la dernière page, je me suis posé des questions et je n'arrivais pas à trouver de réponse appropriée. Posant quelques questions sur les forums, je me suis rendu compte que, de toute évidence, cela n'était pas si évident même aux autres lecteurs puisque les réponses restaient somme toute évasives. Alors, j'ai pris mon temps, j'ai laissé un peu d'eau couler sous les ponts pour essayer de reprendre cette lecture avec une vision neuve et objective. La deuxième fois que j'ai lu cet album, j'ai immédiatement été charmé, conquis par le dessin d'Enrique Fernandez. Son trait est magnifique, graphique, hyper personnel, enchanteur, que du bonheur...Je me répète ? Sûrement parce que j'ai eu strictement le même bonheur que lors de ma première lecture à redécouvrir visuellement cet album. Je me demande même si je ne l'aurais pas encore apprécié plus. Si c'est possible. Et coté scénario, j'ai pris cet album de manière plus détachée, sachant que le contenu était avant tout très poétique. J'ai essayé de vivre cet album comme un rêve, découvrant ce monde entre les mondes comme Aurore le fait. C'est à dire, arrivant de nulle part, ayant oublié son passé, ayant oublié qui je suis et d'où je viens, ne sachant comme un nouveau-né rien des sentiments et des êtres qui m'entourent. Partant de ce constat, il devient plus évident qu'Aurore agit assez logiquement. Contrainte à écrire une chanson pour des personnes qu'elle ne connait pas et pour qui elle n'éprouve rien, on se buterait pour moins. Son initiation va donc lui permettre par un voyage rapide lui faire rencontrer les êtres fabuleux qui peuplent l'entre deux monde. Ces êtres que les humains devraient vénérer mais qu'ils ont oubliés voire pire, salis. Alors, oui, c'est rapide, mais pas illogique et cela permet de donner du rythme à cette promenade forcée. La découverte et la leçon de morale passent vraiment bien, d'autant plus qu'elles restent légère et réaliste. Une petite leçon d'écologie et de religion qui fait plutôt du bien par les temps qui courent. Sans croyance, sans racine, l'homme perd ses repères, n'a plus la notion de sacrifice, n'a plus la notion de courage et d'abnégation et mène son peuple à sa perte. Mais surtout, la fin est superbe, grandiose, de toute beauté, surprenante. Je ne sais comment décrire cette fin sans l'expliquer complètement. On y trouvera la morale, ou pas, que l'on veut, personnellement, j'ai complètement occulté cet aspect pour n'en garder que la magie du conte poétique qui nous est offert. Splendide. Le mieux sûrement est encore que vous la découvriez par vous même !
Cobra - The space pirate (Space adventure Cobra)
J'ai découvert récemment cette série qui m'a replongé avec grand plaisir dans mes années d'enfance quand je découvrait l'anime du même nom, premier dessin animé qui nous arrivait gorgé de violence, d'humour et de sous entendus coquins, quel mélange, quel cocktail. Le dessin est excellent, on retrouve avec joie les aventures au long cours de ce pirate des temps futurs. C'est un grand bol de nostalgie et malgré tout, ça reste ultra mderne, on a l'impression d'une nouveauté, ça n'a pas pris une ride.
Les Délices d'Aphrodite
La déesse Aphrodite revient sur Terre de nos jours pour une remise à niveau en compagnie de Cupidon relooké en toucan érotomane. On suit donc, sous forme de strips (parfois même de strip-tease) ses mésaventures entre l'appart qu'elle partage avec ses trois collocs et son job de vendeuse dans un sex-shop. Hilarante et joliment dessinée, cette BD n'est toutefois pas à mettre entre toutes les mains, tant de nombreux gags sont osés, mais sans jamais tomber dans la facilité du vulgaire ou de l'obscène. En deux mots: chaudement recommandé!
Shrimp
Oh oh oh! Nous en voilà-t-y pas un truc de dingue !!! Z'ont bouffé ou fumé quoi Matthieu Donck et Benjamin d'Aoust pour partir dans un tel délire ???!!! Le prix de la croquette de crevette va exploser et les dealers se recycler à la pêche à pied à ce tarif là ! Mais bon, on va pas se plaindre, car qu'est-ce que c'est bon !!! Il y a fort longtemps qu'une planche de BD ne m'avait pas surpris à un tel point !!! Et là, vous z'êtes tranquillement à vous faire à la cuisine de Môssssieur Albert, quand vous arrivez à la page 21... Et là, c'est le drame... Enfin, pour Albert, parce que pour nous, le temps de se remettre les maxillaires en place et d'arriver à refaire un focus normal avec nos rétines pour qu'elles tiennent tant bien que mal dans nos iris, on jubile !!! C'est quoi c't'histoire de ouf !!! Complètement déjanté comme j'aime ce truc ! Mais je n'en dirais rien, je vous laisse la surprise totale... Ajoutez à cela le dessin très expressif, fin, proche d'un Larcenet de Mathieu Burnat, et le tour est joué ! L'osmose se fait, et on part incrédule, de case en hachure sur les basques de notre Albert, aussi surpris que nous des aventures qui lui tombent dessus ! Espérons que la suite et la conclusion de cette série soit aussi bonne et puissante en surprises et rebondissements que ce premier opus !