Et bien je le dis franchement, j’ai adoré.
Les éléments qui décevront sans doute une partie du lectorat sont passés, de mon côté, comme une lettre à la poste. Le récit est un excellent moment de divertissement, avec de l’action, des rebondissements et tous ces éléments qui font d’une histoire – somme toute archi connue – très réussie. D’aucuns diront que c’est poussif et que le récit présente des très grosses ficelles. Ok, mais si ça marche ?
Le côté graphique m’a un peu déboussolé au début. Je ne voyais pas ce genre de dessin associé à ce genre de récit. Et puis, au fil des planches, la lecture est de plus en plus prenante et le trait est rapidement adopté.
Une vraie réussite, un bon vent de fraicheur dans mes lectures. Un coup de coeur!
Particulier cet album… D’un côté, j’ai vraiment apprécié la mise en scène de l’histoire, le background et surtout le point de vue narratif qui apporte au lecteur une vue « extérieure » au récit. Le pitch est des plus alléchants et de ce point de vue là, je ne suis absolument pas déçu.
D’un autre côté, certains passages m’ont semblé plus obscurs, moins prenant. J’ai trouvé que le récit perdait en clarté, que certains détails venaient un peu plomber, enliser le récit. Cela reste compréhensible mais je crois qu’une re-lecture pourrait permettre d’éclaircir la lecture, la rendre en tout cas plus fluide.
Les dessins, la mise en page et les couleurs relèvent du génie. C’est magnifique, chaque planche est réussie.
En conclusion, je suis très satisfait de cet album. Le lecteur assiste désœuvré à la chute d’un mythe pour en redécouvrir ses fondateurs ; en cela, c’est jouissif.
Ce sont les différents avis très positifs postés sur ce présent site qui m’ont donné l’envie de découvrir « Le Singe de Hartlepool ». Après lecture, je confirme tout le bien que les autres bédéphiles ont relevé sur cette bande dessinée.
« Le Singe de Hartlepool » est une histoire extrêmement loufoque qui s’est réellement déroulée au début du XIXème siècle pendant le règne de Napoléon 1er. Je ne vous raconterai pas davantage la trame de cette aventure. Sachez toutefois que ce récit nous conte la bêtise humaine dans toute sa splendeur ! A la décharge des protagonistes qui ont participé à cette anecdote, l’époque à laquelle se déroulait cette histoire n’était pas du tout propice à une belle information et par conséquent, la population n’était pas aussi instruite que nous le sommes de nos jours mais… quand même ! Je tombe des nues !
Vu son thème, cette histoire aurait pu être racontée d’une manière dramatique mais le scénariste nous la présente finalement avec des moments assez comiques grâce à la présence de personnages enfantins. Ce choix de la part de Wilfrid Lupano est assez justifié car ça dédramatise le récit sans pour autant que ça soit hilarant et ça nous permet de suivre les péripéties des principaux protagonistes avec intérêt et avec plaisirs malgré tout. Au final, le lecteur se retrouvera face à une histoire dynamique et très intéressante à suivre, bien aidée par le bon coup de crayon de Jérémie Moreau.
Je trouve que le style de ce dessinateur se rapproche énormément de David François, auteur de « De Briques & de Sang ». C’est un coup de patte qui j’apprécie beaucoup parce qu’il m’apparaît personnel et très expressif, ces qualités vont –à mon avis- très bien avec ce récit riche en scènes muettes. En plus, la narration m’est apparue irréprochable : je n’y ai ressenti aucun ennui de lecture et aucune incompréhension à son feuilletage. La mise en couleurs ne souffre d’aucun défaut, elle s’accroche avec efficacité à l’intensité dramatique de chaque scène.
« Le Singe de Hartlepool » est une anecdote historique telle que je les aime : intéressante historiquement et reflet des mœurs de l’époque. C’est le genre de récit qui peut être mis en avant dans un programme scolaire afin de nous faire comprendre à quel point l’homme peut en arriver à se ridiculiser et peut nous permettre à travers son exemple de mieux nous « comporter » si nous nous retrouvons devant ce même genre de situation à l’avenir. Cette bande dessinée s’inscrit dans la même veine que le one shot « Malet » de Nicolas Juncker qui utilise une anecdote pour nous plonger dans un passage de notre histoire avec gravité, humour et intérêt.
Bref, une réussite !
Toujours suite à mon périple messin, j’ai découvert cet album au format et au découpage inhabituels.
Avec un format à l’italienne de 33 x 23 cm, difficile de caser cet album dans une bibliothèque. En même temps, il ne passe pas inaperçu, outre la couverture qui interpelle. La narration repose sur des dessins pleine page dans lequel nos trois fuyards vagabondent. Ce choix narratif, déjà vu dans La Rumeur, laisse plus de libertés aux lecteurs curieux avides de détails insolites, osés ou amusants. Malgré un dessin minimaliste, chaque planche se révèle être d’une incroyable richesse. Elles fourmillent de détails sans pour autant nuire à leur lisibilité. Bref, c’est une nouvelle approche de la bd qui me plait. Le récit est quant à lui amusant à suivre. A travers le périple de nos 3 déserteurs dans un empire romain déliquescent, l’auteur aborde bien des thèmes sans que cela ne soit offusquant (esclavage, guerres, persécutions religieuses, sexe, galères, gladiateur, romains, germains, etc.).
Bref, un bon petit moment de lecture avec une fin qui lui va bien.
Une BD vraiment sympathique, fraîche, dynamique, drôle, et dont LA LECTURE EST FLUIDE (qualité ô combien plaisante et trop souvent manquante...).
L'héroïne n'est pas en reste, car on se prend vite de compassion pour elle.
Il s'agit d'une histoire d'amnésie, sujet déjà bien exploité, mais dont le dénouement n'est pas convenu et est bien amené, ce qui est rarement le cas avec ce sujet.
J'ai beaucoup aimé ces graphismes, certes enfantins, mais très gais, avec des couleurs "flashy" contrastant avec ce scénario assez triste.
Les séquences dans laquelle Eloïse se "fait des films" sont excellentes et très drôles (scènes où elle se demande ce qu'elle va retrouver chez elle, scène de la séparation avec "Chester"...)
De plus, certaines références ou piques subtilement glissées dans les dessins viennent parfaire le tout (comme une belle critique envers les émissions de téléréalité, bien sarcastique, comme je les aime).
Un album vraiment plaisant, et contrairement à ce que l'on pourrait penser à la vue de la couverture, qui n'est pas forcément destiné à un public jeune et féminin.
(169)
Je serais aussi enthousiaste que la plupart des précédents posteurs pour vanter les mérites de cette magnifique série. Il est clair que la grande majorité des avis postés avant le mien ont fait l'éloge de cette histoire policière sur fond de guerre des tranchées et en ont dit l'essentiel.
L'histoire est assez originale : un officier, ancien policier dans le civil et gendarme dans l'armée, se retrouve envoyé sur le front durant le premier hiver de la Première Guerre Mondiale, pour résoudre une bien étrange affaire , plusieurs femmes sont retrouvées assassinées dans les tranchées en première ligne.
Ceci le pousse à approcher une escouade de très jeunes soldats qui sont tous d'anciens délinquants, étrange n'est-ce pas ?
L'idée de départ m'a tout de suite fait penser au film La Nuit des Généraux mais avec des différences bien sûr car l'action se passait en Pologne durant la Seconde Guerre Mondiale.
C'était alors un officier allemand (joué par Omar Shariff) qui enquête sur le meurtre d'une prostituée dont l'assassin, d'après un témoin, serait un général allemand.
Bien sûr l'action de cette bd ne se déroule pas durant le même conflit, mais la trame pouvait paraître assez proche, puis finalement on s'aperçoit le long de notre lecture que l'on n'est pas du tout dans le même genre d'enquête .
Notre "gendarme" se doute bien que nos jeunes soldats de l'unité de Peyrac (qu'il a connu dans le civil) sont sans doute impliqués dans ces meurtres (même si ce sont plus des délinquants que des tueurs en série), mais à quel point, mais surtout lequel d'entre eux en particulier.
En ce qui concerne le contexte historique on ne peut qu'être admiratif sur le travail effectué par les auteurs. Maël et Kris réussissent à replonger le lecteur avec brio dans le plus meurtrier des conflits (en pertes militaires) que la France ait connu.
La terreur sur le visage des poilus est palpable tout au long de notre lecture. De plus il nous fait revivre toute la noirceur de cette guerre en nous dessinant magnifiquement un paysage dévasté par " Le Feu " comme le dirait si bien Henri Barbusse.
Les scènes se déroulent souvent de nuit, sous la pluie, ce qui renforce encore plus le sentiment d'horreur qui peut apparaître dans une guerre de cette ampleur.
Les scènes de combat sont époustouflantes et d'un réalisme rare.
Durant mon cursus universitaire j'ai eu l'occasion d'étudier la Première Guerre Mondiale et j'avoue que j'ai été conquis par le réalisme de ce récit, car on y retrouve de nombreuses anecdotes qui ont pu être racontées par les contemporains de cette guerre. On peut citer les insultes entre les soldats français et allemands d'une tranchée à l'autre, mais aussi l'utilisation "d'appâts "par les deux camps comme le signale le caporal Peyrac, le lynchage de deux gendarmes, le refus de certains combattants de retourner au combat et j'en passe.
Pour en venir au dessin, il est tout simplement très réussi et il nous permet de rentrer au coeur du récit et de nous inciter à dévorer les quatre tomes d'une seule traite.
Je ne peux donc que conseiller l'achat ou en tout cas la lecture de cette série qui nous replonge dans un conflit monstrueux qui malheureusement est encore ancré dans nos mémoires.
La recette est classique et connue de tous…
Un looser, une existence morne et puis un choix. Un choix crucial ou manifeste tentant d’améliorer son quotidien ou de réparer certaines choses…
Ed Brubaker nous rappelle dans Criminal comment il est facile de basculer dans l’illégalité, le vol, les meurtres ou essayer simplement de s’extraire de situations facheuses…
On a peut-être tous connu ça également dans notre existence. Un coup de foudre pour une belle inconnue, la facilité de profiter d’une situation, d’aller un cran trop loin puis de vouloir tout résoudre dans l’urgence…
Je vous souhaite sincèrement de ne pas vivre les évènements sombres que subissent les protagonistes de Criminal mais de vous délecter de leurs aventures parfaitement mises en scène par Brubaker et Philips.
A base d’actes crapuleux, de femmes fatales et de trahisons, ces portraits de gangsters se révèlent particulièrement jouissifs à suivre et à lire comme n’importe quel roman noir captivant.
Chaque tome pose une histoire pouvant être lue comme un one shot mais utilisant de multiples connections avec d’autres personnages à l’instar du travail de Frank Miller dans Sin City, le fantastique en moins et l’immersion réaliste en plus.
Ce qui rend ces gens tour à tour humains ou monstrueux, c’est la narration toute en souplesse et qui gagne en intérêt au fur et à mesure de la lecture et de l’appréhension générale de l’environnement.
La lecture devient donc ludique au fur et à mesure que les chapitres se succèdent en faisant se succèder un voleur prudent mais lache, une famille de brutes sanguinaires et un veuf pas si irréprochable. L’appât du gain ne constitue pas seulement la toison d’or de ces « hommes ordinaires » mais également l’espoir d’un monde idéal où une relation sensuelle n’est jamais à exclure.
Le trait réaliste et accessible de Philips (apprécié dans 7 psychopathes mais moins dans Marvel Zombies) aide à l’identification d’un cadre aussi attirant que glauque. La voix off propre aux vieux polars restitue une ambiance unique et on est vite alpagué dans un monde violent et accrocheur.
Criminal constitue une référence accessible et de qualité qui devrait toucher beaucoup d’amateurs et mériterait une adaptation cinématographique. Ce mélange de gueules cassées et de pinups mérite amplement que l’on s’y intéresse et donne diablement envie de voir les autres travaux de ce tandem.
Classique mais chaudement recommandé et recommandable !
Beau pavé.
Il n’est pas aisé de disserter sur l’histoire d’un banc public durant plus de 300 pages et sans paroles en plus ! On a l’impression d’être un spectateur privilégié enfermé dans une bulle. On suit les allées et venues d’anonymes et, petit à petit, c’est leur vie qu’on devine. Chabouté fait encore une fois montre de sa maîtrise du noir et blanc. L’absence de parole oblige d’avoir un dessin des plus expressifs pour laisser le soin au lecteur d’imaginer ce qui se dit. De plus, les angles de vue doivent être diversifiés, histoire de ne pas lasser le lecteur avec un plan fixe identique. Tous ces détails n’ont pas été négligés par l’auteur qui propose un récit bien construit et agréable à suivre. Enfin, le final permet de boucler la boucle de belle manière.
Yannick Marchat serait-il un apprenti cupidon fou ? Décochant ses traits fulgurants et totalement hallucinés au hasard des planches, au hasard des gens, au danger d’atteindre et de rapprocher les opposés les plus improbables :
Touché Albin !
Ce garçon imposant, trentenaire rondouillard, timide et solitaire, emplit son existence entre les diverses occupations routinières et son copain de bocal, Jacques Yves. Un étrange poisson rouge, complice de toujours, lui accordant, bon gré mal gré, une ouïe attentionnée quotidienne. Il n’est pas tout à fait malheureux Albin. Pas vraiment heureux non plus. Et derrière la lassitude des habitudes, nait le désir de transcender sa vie…
Touchée Zélie !
Jolie jeune fille pleine d’énergie, caractérielle rieuse et primesautière, elle croque le présent à pleines dents et n’a pas la langue dans sa poche. Célibataire déçue des hommes, elle ne veut plus prendre le risque d’aimer. Bien que peu encline à en recevoir les égards, elle se découvrira un faible pour le « gros nounours »…
Deux personnalités attendrissantes. Deux destins qui vont se heurter, se mêler, et basculer dans une autre dimension stupéfiante, invraisemblable. Si les premières pages dessinent les esquisses d’un coup de foudre archétype, découvrent les prémisses d’une histoire d’amour à la limite du cliché, mais tellement évidente qu’elle donne pourtant l’envie d’y croire, la magie resserre son étreinte lorsque Cupidon déploie les grands moyens. Une scénographie singulière, fantaisiste, camée à un irréel galactique convoquant extra-terrestres et vastes espaces inconnus.
Intriguant merveilleux où le réflexe premier force à dénicher de supposées métaphores malicieuses, avant de succomber à la romance et son invitation au lâcher-prise. Goûter simplement la poésie immanente. Poésie d’aujourd'hui. Tendre. Tamisée ou pétillante. Habile et détachée. Elle laisse évoluer les personnages dans un noir et blanc changeant, délicat, parfois violent ou flou, aussi ambigu que les sentiments de ses acteurs. L’imagination visuelle babillarde d’une sphère irrationnelle dont le retour sur Terre achèvera d’exposer les non-dits, effleurera des émotions indicibles, révélant l’essence des choses et des êtres.
À la fermeture de l’album persiste cette agréable sensation, comme un sourire épinglé au coin du cœur.
3.5
Quand il veut, Corbeyran prouve qu'il peut écrire des scénarios vraiment originaux ! Cela doit être la première fois que j'avais l'impression que la psychologie des personnages sonnait vrai. La plupart du temps, j'ai l'impression de ne voir qu'une suite de clichés sur les sentiments humains alors qu'ici cela me semblait naturel.
Cela commence tout doucement avec les pensées d'un écrivain raté qui ne m'intéressait pas trop, mais dès que Léa et son histoire sont arrivés j'ai accroché. Le récit est prenant et le dénouement est absolument remarquable. C'est vrai que les révélations finales sont un peu prévisibles, mais personnellement je n'avais pas du tout pensé à ça et donc ce fut une surprise.
Pour ce qui est du dessin, je le trouve très beau et l'auteur maîtrise très bien le noir et blanc. J'espère qu'il ira loin.
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La Grande Odalisque
Et bien je le dis franchement, j’ai adoré. Les éléments qui décevront sans doute une partie du lectorat sont passés, de mon côté, comme une lettre à la poste. Le récit est un excellent moment de divertissement, avec de l’action, des rebondissements et tous ces éléments qui font d’une histoire – somme toute archi connue – très réussie. D’aucuns diront que c’est poussif et que le récit présente des très grosses ficelles. Ok, mais si ça marche ? Le côté graphique m’a un peu déboussolé au début. Je ne voyais pas ce genre de dessin associé à ce genre de récit. Et puis, au fil des planches, la lecture est de plus en plus prenante et le trait est rapidement adopté. Une vraie réussite, un bon vent de fraicheur dans mes lectures. Un coup de coeur!
Kingdom Come
Particulier cet album… D’un côté, j’ai vraiment apprécié la mise en scène de l’histoire, le background et surtout le point de vue narratif qui apporte au lecteur une vue « extérieure » au récit. Le pitch est des plus alléchants et de ce point de vue là, je ne suis absolument pas déçu. D’un autre côté, certains passages m’ont semblé plus obscurs, moins prenant. J’ai trouvé que le récit perdait en clarté, que certains détails venaient un peu plomber, enliser le récit. Cela reste compréhensible mais je crois qu’une re-lecture pourrait permettre d’éclaircir la lecture, la rendre en tout cas plus fluide. Les dessins, la mise en page et les couleurs relèvent du génie. C’est magnifique, chaque planche est réussie. En conclusion, je suis très satisfait de cet album. Le lecteur assiste désœuvré à la chute d’un mythe pour en redécouvrir ses fondateurs ; en cela, c’est jouissif.
Le Singe de Hartlepool
Ce sont les différents avis très positifs postés sur ce présent site qui m’ont donné l’envie de découvrir « Le Singe de Hartlepool ». Après lecture, je confirme tout le bien que les autres bédéphiles ont relevé sur cette bande dessinée. « Le Singe de Hartlepool » est une histoire extrêmement loufoque qui s’est réellement déroulée au début du XIXème siècle pendant le règne de Napoléon 1er. Je ne vous raconterai pas davantage la trame de cette aventure. Sachez toutefois que ce récit nous conte la bêtise humaine dans toute sa splendeur ! A la décharge des protagonistes qui ont participé à cette anecdote, l’époque à laquelle se déroulait cette histoire n’était pas du tout propice à une belle information et par conséquent, la population n’était pas aussi instruite que nous le sommes de nos jours mais… quand même ! Je tombe des nues ! Vu son thème, cette histoire aurait pu être racontée d’une manière dramatique mais le scénariste nous la présente finalement avec des moments assez comiques grâce à la présence de personnages enfantins. Ce choix de la part de Wilfrid Lupano est assez justifié car ça dédramatise le récit sans pour autant que ça soit hilarant et ça nous permet de suivre les péripéties des principaux protagonistes avec intérêt et avec plaisirs malgré tout. Au final, le lecteur se retrouvera face à une histoire dynamique et très intéressante à suivre, bien aidée par le bon coup de crayon de Jérémie Moreau. Je trouve que le style de ce dessinateur se rapproche énormément de David François, auteur de « De Briques & de Sang ». C’est un coup de patte qui j’apprécie beaucoup parce qu’il m’apparaît personnel et très expressif, ces qualités vont –à mon avis- très bien avec ce récit riche en scènes muettes. En plus, la narration m’est apparue irréprochable : je n’y ai ressenti aucun ennui de lecture et aucune incompréhension à son feuilletage. La mise en couleurs ne souffre d’aucun défaut, elle s’accroche avec efficacité à l’intensité dramatique de chaque scène. « Le Singe de Hartlepool » est une anecdote historique telle que je les aime : intéressante historiquement et reflet des mœurs de l’époque. C’est le genre de récit qui peut être mis en avant dans un programme scolaire afin de nous faire comprendre à quel point l’homme peut en arriver à se ridiculiser et peut nous permettre à travers son exemple de mieux nous « comporter » si nous nous retrouvons devant ce même genre de situation à l’avenir. Cette bande dessinée s’inscrit dans la même veine que le one shot « Malet » de Nicolas Juncker qui utilise une anecdote pour nous plonger dans un passage de notre histoire avec gravité, humour et intérêt. Bref, une réussite !
Les Déserteurs
Toujours suite à mon périple messin, j’ai découvert cet album au format et au découpage inhabituels. Avec un format à l’italienne de 33 x 23 cm, difficile de caser cet album dans une bibliothèque. En même temps, il ne passe pas inaperçu, outre la couverture qui interpelle. La narration repose sur des dessins pleine page dans lequel nos trois fuyards vagabondent. Ce choix narratif, déjà vu dans La Rumeur, laisse plus de libertés aux lecteurs curieux avides de détails insolites, osés ou amusants. Malgré un dessin minimaliste, chaque planche se révèle être d’une incroyable richesse. Elles fourmillent de détails sans pour autant nuire à leur lisibilité. Bref, c’est une nouvelle approche de la bd qui me plait. Le récit est quant à lui amusant à suivre. A travers le périple de nos 3 déserteurs dans un empire romain déliquescent, l’auteur aborde bien des thèmes sans que cela ne soit offusquant (esclavage, guerres, persécutions religieuses, sexe, galères, gladiateur, romains, germains, etc.). Bref, un bon petit moment de lecture avec une fin qui lui va bien.
La Page blanche
Une BD vraiment sympathique, fraîche, dynamique, drôle, et dont LA LECTURE EST FLUIDE (qualité ô combien plaisante et trop souvent manquante...). L'héroïne n'est pas en reste, car on se prend vite de compassion pour elle. Il s'agit d'une histoire d'amnésie, sujet déjà bien exploité, mais dont le dénouement n'est pas convenu et est bien amené, ce qui est rarement le cas avec ce sujet. J'ai beaucoup aimé ces graphismes, certes enfantins, mais très gais, avec des couleurs "flashy" contrastant avec ce scénario assez triste. Les séquences dans laquelle Eloïse se "fait des films" sont excellentes et très drôles (scènes où elle se demande ce qu'elle va retrouver chez elle, scène de la séparation avec "Chester"...) De plus, certaines références ou piques subtilement glissées dans les dessins viennent parfaire le tout (comme une belle critique envers les émissions de téléréalité, bien sarcastique, comme je les aime). Un album vraiment plaisant, et contrairement à ce que l'on pourrait penser à la vue de la couverture, qui n'est pas forcément destiné à un public jeune et féminin. (169)
Notre Mère la Guerre
Je serais aussi enthousiaste que la plupart des précédents posteurs pour vanter les mérites de cette magnifique série. Il est clair que la grande majorité des avis postés avant le mien ont fait l'éloge de cette histoire policière sur fond de guerre des tranchées et en ont dit l'essentiel. L'histoire est assez originale : un officier, ancien policier dans le civil et gendarme dans l'armée, se retrouve envoyé sur le front durant le premier hiver de la Première Guerre Mondiale, pour résoudre une bien étrange affaire , plusieurs femmes sont retrouvées assassinées dans les tranchées en première ligne. Ceci le pousse à approcher une escouade de très jeunes soldats qui sont tous d'anciens délinquants, étrange n'est-ce pas ? L'idée de départ m'a tout de suite fait penser au film La Nuit des Généraux mais avec des différences bien sûr car l'action se passait en Pologne durant la Seconde Guerre Mondiale. C'était alors un officier allemand (joué par Omar Shariff) qui enquête sur le meurtre d'une prostituée dont l'assassin, d'après un témoin, serait un général allemand. Bien sûr l'action de cette bd ne se déroule pas durant le même conflit, mais la trame pouvait paraître assez proche, puis finalement on s'aperçoit le long de notre lecture que l'on n'est pas du tout dans le même genre d'enquête . Notre "gendarme" se doute bien que nos jeunes soldats de l'unité de Peyrac (qu'il a connu dans le civil) sont sans doute impliqués dans ces meurtres (même si ce sont plus des délinquants que des tueurs en série), mais à quel point, mais surtout lequel d'entre eux en particulier. En ce qui concerne le contexte historique on ne peut qu'être admiratif sur le travail effectué par les auteurs. Maël et Kris réussissent à replonger le lecteur avec brio dans le plus meurtrier des conflits (en pertes militaires) que la France ait connu. La terreur sur le visage des poilus est palpable tout au long de notre lecture. De plus il nous fait revivre toute la noirceur de cette guerre en nous dessinant magnifiquement un paysage dévasté par " Le Feu " comme le dirait si bien Henri Barbusse. Les scènes se déroulent souvent de nuit, sous la pluie, ce qui renforce encore plus le sentiment d'horreur qui peut apparaître dans une guerre de cette ampleur. Les scènes de combat sont époustouflantes et d'un réalisme rare. Durant mon cursus universitaire j'ai eu l'occasion d'étudier la Première Guerre Mondiale et j'avoue que j'ai été conquis par le réalisme de ce récit, car on y retrouve de nombreuses anecdotes qui ont pu être racontées par les contemporains de cette guerre. On peut citer les insultes entre les soldats français et allemands d'une tranchée à l'autre, mais aussi l'utilisation "d'appâts "par les deux camps comme le signale le caporal Peyrac, le lynchage de deux gendarmes, le refus de certains combattants de retourner au combat et j'en passe. Pour en venir au dessin, il est tout simplement très réussi et il nous permet de rentrer au coeur du récit et de nous inciter à dévorer les quatre tomes d'une seule traite. Je ne peux donc que conseiller l'achat ou en tout cas la lecture de cette série qui nous replonge dans un conflit monstrueux qui malheureusement est encore ancré dans nos mémoires.
Criminal
La recette est classique et connue de tous… Un looser, une existence morne et puis un choix. Un choix crucial ou manifeste tentant d’améliorer son quotidien ou de réparer certaines choses… Ed Brubaker nous rappelle dans Criminal comment il est facile de basculer dans l’illégalité, le vol, les meurtres ou essayer simplement de s’extraire de situations facheuses… On a peut-être tous connu ça également dans notre existence. Un coup de foudre pour une belle inconnue, la facilité de profiter d’une situation, d’aller un cran trop loin puis de vouloir tout résoudre dans l’urgence… Je vous souhaite sincèrement de ne pas vivre les évènements sombres que subissent les protagonistes de Criminal mais de vous délecter de leurs aventures parfaitement mises en scène par Brubaker et Philips. A base d’actes crapuleux, de femmes fatales et de trahisons, ces portraits de gangsters se révèlent particulièrement jouissifs à suivre et à lire comme n’importe quel roman noir captivant. Chaque tome pose une histoire pouvant être lue comme un one shot mais utilisant de multiples connections avec d’autres personnages à l’instar du travail de Frank Miller dans Sin City, le fantastique en moins et l’immersion réaliste en plus. Ce qui rend ces gens tour à tour humains ou monstrueux, c’est la narration toute en souplesse et qui gagne en intérêt au fur et à mesure de la lecture et de l’appréhension générale de l’environnement. La lecture devient donc ludique au fur et à mesure que les chapitres se succèdent en faisant se succèder un voleur prudent mais lache, une famille de brutes sanguinaires et un veuf pas si irréprochable. L’appât du gain ne constitue pas seulement la toison d’or de ces « hommes ordinaires » mais également l’espoir d’un monde idéal où une relation sensuelle n’est jamais à exclure. Le trait réaliste et accessible de Philips (apprécié dans 7 psychopathes mais moins dans Marvel Zombies) aide à l’identification d’un cadre aussi attirant que glauque. La voix off propre aux vieux polars restitue une ambiance unique et on est vite alpagué dans un monde violent et accrocheur. Criminal constitue une référence accessible et de qualité qui devrait toucher beaucoup d’amateurs et mériterait une adaptation cinématographique. Ce mélange de gueules cassées et de pinups mérite amplement que l’on s’y intéresse et donne diablement envie de voir les autres travaux de ce tandem. Classique mais chaudement recommandé et recommandable !
Un peu de bois et d'acier
Beau pavé. Il n’est pas aisé de disserter sur l’histoire d’un banc public durant plus de 300 pages et sans paroles en plus ! On a l’impression d’être un spectateur privilégié enfermé dans une bulle. On suit les allées et venues d’anonymes et, petit à petit, c’est leur vie qu’on devine. Chabouté fait encore une fois montre de sa maîtrise du noir et blanc. L’absence de parole oblige d’avoir un dessin des plus expressifs pour laisser le soin au lecteur d’imaginer ce qui se dit. De plus, les angles de vue doivent être diversifiés, histoire de ne pas lasser le lecteur avec un plan fixe identique. Tous ces détails n’ont pas été négligés par l’auteur qui propose un récit bien construit et agréable à suivre. Enfin, le final permet de boucler la boucle de belle manière.
Albin et Zélie
Yannick Marchat serait-il un apprenti cupidon fou ? Décochant ses traits fulgurants et totalement hallucinés au hasard des planches, au hasard des gens, au danger d’atteindre et de rapprocher les opposés les plus improbables : Touché Albin ! Ce garçon imposant, trentenaire rondouillard, timide et solitaire, emplit son existence entre les diverses occupations routinières et son copain de bocal, Jacques Yves. Un étrange poisson rouge, complice de toujours, lui accordant, bon gré mal gré, une ouïe attentionnée quotidienne. Il n’est pas tout à fait malheureux Albin. Pas vraiment heureux non plus. Et derrière la lassitude des habitudes, nait le désir de transcender sa vie… Touchée Zélie ! Jolie jeune fille pleine d’énergie, caractérielle rieuse et primesautière, elle croque le présent à pleines dents et n’a pas la langue dans sa poche. Célibataire déçue des hommes, elle ne veut plus prendre le risque d’aimer. Bien que peu encline à en recevoir les égards, elle se découvrira un faible pour le « gros nounours »… Deux personnalités attendrissantes. Deux destins qui vont se heurter, se mêler, et basculer dans une autre dimension stupéfiante, invraisemblable. Si les premières pages dessinent les esquisses d’un coup de foudre archétype, découvrent les prémisses d’une histoire d’amour à la limite du cliché, mais tellement évidente qu’elle donne pourtant l’envie d’y croire, la magie resserre son étreinte lorsque Cupidon déploie les grands moyens. Une scénographie singulière, fantaisiste, camée à un irréel galactique convoquant extra-terrestres et vastes espaces inconnus. Intriguant merveilleux où le réflexe premier force à dénicher de supposées métaphores malicieuses, avant de succomber à la romance et son invitation au lâcher-prise. Goûter simplement la poésie immanente. Poésie d’aujourd'hui. Tendre. Tamisée ou pétillante. Habile et détachée. Elle laisse évoluer les personnages dans un noir et blanc changeant, délicat, parfois violent ou flou, aussi ambigu que les sentiments de ses acteurs. L’imagination visuelle babillarde d’une sphère irrationnelle dont le retour sur Terre achèvera d’exposer les non-dits, effleurera des émotions indicibles, révélant l’essence des choses et des êtres. À la fermeture de l’album persiste cette agréable sensation, comme un sourire épinglé au coin du cœur.
Léa ne se souvient pas comment fonctionne l'aspirateur
3.5 Quand il veut, Corbeyran prouve qu'il peut écrire des scénarios vraiment originaux ! Cela doit être la première fois que j'avais l'impression que la psychologie des personnages sonnait vrai. La plupart du temps, j'ai l'impression de ne voir qu'une suite de clichés sur les sentiments humains alors qu'ici cela me semblait naturel. Cela commence tout doucement avec les pensées d'un écrivain raté qui ne m'intéressait pas trop, mais dès que Léa et son histoire sont arrivés j'ai accroché. Le récit est prenant et le dénouement est absolument remarquable. C'est vrai que les révélations finales sont un peu prévisibles, mais personnellement je n'avais pas du tout pensé à ça et donc ce fut une surprise. Pour ce qui est du dessin, je le trouve très beau et l'auteur maîtrise très bien le noir et blanc. J'espère qu'il ira loin.