« Quatre doigts » m’avait vraiment captivé lors de sa lecture, il y a de ça déjà quelques années.
Agréablement surpris de voir Milo Manara exceller dans un autre registre que le porno avec une belle histoire d’amour façon western. C’est beau quand il fait dans le romantisme mais celui-ci, loin d’être niais contient une bonne dose de douleurs. Plutôt réaliste et non-idéalisé donc. On retrouve cette cruauté vicieuse qu’il a de faire souffrir ses héros (et plus particulièrement les femmes). Les dessins sont comme à leur habitude superbes et la jeune indienne « Lapin Blanc » est d’une beauté sans nom (une Manara girl quoi !). J’aurais cependant préféré une version noir et blanc car je ne suis pas fan des couleurs « délavées » du maître de l’érotisme.
De bons dialogues, souvent caustiques et un scénario qui tient bien la route. Bel album et une belle histoire d’amour gâché qui m’a atteint.
« DIANTRE !!!* » me suis-je exclamé en voyant cette couverture d’album ! La plus crasseuse et choquante de l’année 2009, à mon sens.
Et les dessins de l’album de Lee Bermejo sont de la même trempe, une intensité des contrastes violente comme une patate de Mike Tyson, un tracé agressif et torturé, bref Bermejo m’en a foutu plein les yeux. Son style me fait irrémédiablement penser à Jae Lee mais il est plus brutal avec des lignes principalement anguleuses.
Les couleurs ainsi que l’encrage sont terribles et rendent totalement hommage au graphisme.
Le scénario de Brian Azzarello est bien ficelé et tient en haleine; sorte de thriller mafieux avec manipulations, traîtrise, règlements de compte et tout ce qui va avec dans les histoires de gangsters. On y retrouve avec plaisir les vilains les plus emblématiques de l’univers de l’homme chauve-souris : Le Joker (ah bon ??), Le Pingouin, Harley Quinn, Double-face, Croc, Le Sphinx.
La meilleure aventure de Batman (sans Batman ou très peu) avec le « Souriez » de Brian Bolland et Alan Moore, dans le même style.
Violent, malin, malsain. Joker ne plaisante pas.
* Auto-censure à propos d’un mot grossier.
Aïe aïe aïe, un album de Terreur Graphique qui va encore faire grincer pas mal de mâchoires.
Le ton est donné dès la vue de la couverture. Le style façon « cartoon » à la Chuck Jones contraste à merveille avec la violence de l’humour (Tom & Jerry, c’était pas si mignon que ça quand on y pense!).Les thèmes abordés ici touchent principalement aux meurtres en série et aux sexualités déviantes. Ça ne sera certainement pas du goût de tout le monde mais c’est salvateur dans ce politiquement correct ambiant étouffant.
Les histoires sont très courtes, la plupart ne sont juste que des « gaufriers » de 4 cases ou ne font que 6 ou 7 pages (toujours en gaufrier). Aucun rapport entre elles, si ce n’est le thème. Il y a certaines trouvailles narratives très bien pensées comme la mise en page de « Story of my life », l’histoire de Gurval racontant dans un groupe de parole, l’amour pour sa vie routinière bouleversée du jour au lendemain par une rencontre amoureuse.
L’histoire des deux amis tueurs en série m’a beaucoup fait rire également. Le « poucet » (qui sème des bouts de cadavre pour retrouver sa route lors de ses voyages) discute avec son pote qui lui avoue avoir tué sa femme Boulgour et ses enfants Riri, Fifi et Mollard, puis les avoir enterré sous la terrasse de sa maison. Ça discute maçonnerie par la suite.
Donc, album vivement conseillé aux amateurs d’humour noir et sans concessions. Les bien-pensants, passez votre chemin, ça pique les yeux.
Dur de rester objectif avec les séries de Milo Manara ; je vais faire mon maximum.
Car Manara, avec ses héroïnes à la beauté d’une autre planète et ses histoires d’une intense perversité ont chahuté ma testostérone durant mon adolescence.
Ici, la suggestion est autant efficace que les plans salaces. La mise en scène et le scénario sont aussi très importants dans l’excitation suscitée (la scène du cinéma dans le premier tome est inoubliable) dépassant par-là la pauvreté scénaristique d’un vulgaire film porno.
Les dessins sont superbes, avec une ligne aux déliés subtils et un tramage agréable si particulier à cet auteur.
Personnellement, je trouve le volume trois un peu moins bon.
Les femmes de Manara sont belles, divinement belles et l’innocence qu’elles dégagent naturellement est bien souvent maltraitée, satisfaisant ce petit désir masochiste qui sommeille en nous (les hommes).
Une bonne BD de cul qui comporte tous les ingrédients du porno moderne.
Les amateurs(trices?) du genre en seront satisfait(e)s.
On a droit à différents styles de jeunes femmes en action: la sainte nitouche, la nympho, la dominatrice...
Les personnages sont plutôt bien réussis et les scènes émoustillantes à souhait, par contre, les décors ne sont pas terribles, souvent minimalistes, parfois ratés, mais bon, évidemment dans ce genre d'ouvrage, ça n'est pas la priorité.
Une BD qui tient ses promesses !
(220)
Avis après lecture du tome 7.
Armé d'un dessin cartoon singulier, Jouvray & Jouvray nous délivrent une fable humaniste sur le bien et le mal en chacun, par l'intermédiaire de Lincoln, cow-boy aigri, irascible et blasé qui se voit proclamé éternel adjoint de dieu et du diable.
Lincoln revisite donc avec goût une série d'aventures toujours diversifiées dans leurs contextes socio-économiques et les thèmes moraux qu'il aborde, sur un ton caustique et corrosif des plus savoureux, sans jamais oublier le fond pas toujours des plus drôles mais qui amène la réflexion sur le propos. L'ennui ne guette à aucun moment car la profondeur est là, douce-amère.
Le tout est enrobé d'un trait de plus en plus détaillé et précis, bien que l'aspect enfantin ne pourrait laisser paraitre à la première lecture, un vrai régal dans le genre.
Une préférence probable pour "Châtiment corporel" et "Le fou dans la montagne", dernier titre paru. C'est dire si la série se renouvèle sans essoufflement.
Après une jolie série réaliste, Arnaud de Casteloup, puis des séries humoristiques comme Attila, Derib entame une durable collaboration avec le journal Tintin en s'immisçant dans le western avec cet excellent récit écrit par Greg et diffusé dans le journal entre 1971 et 1972. Un récit captivant dans lequel Greg imagine avec son brio habituel une caravane d'immigrants (sujet traité dans un épisode de Lucky Luke: la Caravane, en 1970), où évoluent une belle galerie de nombreux personnages bien typés, avec en tête Barnaby Bumper, comptable newyorkais sans travail; tous décident un jour de quitter la Côte-Est pour suivre le conseil célèbre: "Go West young man and grow up with the country". Un conseil qui fut suivi par des milliers de pionniers qui souhaitaient trouver une vie meilleure.
Bumper et ses amis s'élancent donc dans leurs chariots et sont confrontés à bien des périls et des épreuves, mais aussi des joies qui rendent la lecture de cette aventure vraiment attachante, illustrée par Derib avec son coup de crayon semi-réaliste très plaisant. Greg utilise toutes les ficelles de ce type de récit vues dans quantité de westerns à l'écran, et s'est inspiré d'ailleurs de quelques grands films pour certaines péripéties. Ici, les Indiens sont encore considérés comme des ennemis potentiels, mais Derib amorce un premier processus de réhabilitation de l'homme rouge, déja enclenché au cinéma, qu'il développera ensuite dans Buddy Longway.
Bref, un one shot très sympa, et en tant qu'admirateur de Greg et Derib, je ne peux qu'en conseiller l'achat.
Lorsque j’ai commencé ma lecture de Fatman, j’ai été interloqué par la petite scène présentant une femme au bord de la crise de nerf prête à tuer son mari mais qui refreine ses ardeurs meurtrières. On enchaîne sur la personne de Fatman, un gros lard qui se vautre sur son fauteuil en regardant des séries tv débiles tout en se goinfrant de chips ce qui ne confère pas à la sympathie. En outre, il fallait deviner que cette scène se passe en Angleterre.
On va lourdement insister sur le périple de ce personnage qui s’envole un peu forcé aux States pour accomplir un nouveau contrat en rapport avec le thème de l’évasion. J’ai senti alors une certaine lourdeur qui conférait à l’ennui. Il ne se passe pas grand-chose. Les scènes sont entrecoupées avec celles de la femme qui visiblement veut faire la peau du monde entier.
Pour autant, arrivé à mi-parcours alors que le décor est largement planté, il y a tout un mécanisme qui se met en place pour nous délivrer une fin magistrale. Bref, je me suis mis à apprécier cette bd. Notre Fatman se fait même voler la vedette. Il y a une part d’inattendu dans une mécanique pourtant parfaitement huilée d’où l’intérêt.
Une vraie belle surprise cet album ! J'ai découvert cette BD grâce au prix des libraires Canal BD, et je ne suis pas déçu d'avoir écouté le conseil de mon libraire ! J'avoue aussi ne pas connaitre les œuvres de Wilfrid Lupano, mais à force d'en entendre parler, je vais m'y pencher plus sérieusement...
Parlons de l'histoire, c'est tiré d'une légende et même si la moitié des faits est véridique, ça reste limite incroyable, mais ça rend l'histoire plus forte !
Ça montre bien la bêtise humaine, la cruauté qu'engendrent le nationalisme en temps de guerre et, aussi, le manque d'instruction (faut bien le dire : ce sont des bouseux :)).
Certains passages sont assez savoureux (le procès en autres), les dialogues sont excellents, les dessins un peu déroutants au départ, mais finalement agréables et servant bien l'ambiance de ce bled paumé et les personnages.
Vraiment une chouette lecture que je conseillerais à tous !
Profesor Furia a vu le jour dans le magazine (format comics) Lucha Libre, édité par Les humanoïdes associés entre 2006 et 2009 puis réédité en album ainsi que tous les protagonistes du magazine (Les Tikitis, Les Luchadores 5, Tequila, Les Luchadoritos,...).
L'humour de l'album ne sera forcément pas du goût de tout le monde car sans concession. Le Profesor ne fait pas dans la dentelle et c'est ça qui m'a fait rire.Sa phrase préférée "Ta gueule" est utilisée avec justesse et aux bons moments. Un pourri que l'on adore détester. Les dialogues sont savoureux, mêlés de philosophie manipulatrice et de grossièretés assez originales.
Le dessin est assez sympa sans être transcendantal (un mélange de Tardi et de Crumb).
J'ai vraiment accroché sur l'humour et le personnage du Profesor Furia ainsi que les réactions, les comportements et la naïveté de ses élèves.
Achat conseillé pour les amateurs d'humour vache.
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Quatre doigts - L'Homme de papier
« Quatre doigts » m’avait vraiment captivé lors de sa lecture, il y a de ça déjà quelques années. Agréablement surpris de voir Milo Manara exceller dans un autre registre que le porno avec une belle histoire d’amour façon western. C’est beau quand il fait dans le romantisme mais celui-ci, loin d’être niais contient une bonne dose de douleurs. Plutôt réaliste et non-idéalisé donc. On retrouve cette cruauté vicieuse qu’il a de faire souffrir ses héros (et plus particulièrement les femmes). Les dessins sont comme à leur habitude superbes et la jeune indienne « Lapin Blanc » est d’une beauté sans nom (une Manara girl quoi !). J’aurais cependant préféré une version noir et blanc car je ne suis pas fan des couleurs « délavées » du maître de l’érotisme. De bons dialogues, souvent caustiques et un scénario qui tient bien la route. Bel album et une belle histoire d’amour gâché qui m’a atteint.
Joker
« DIANTRE !!!* » me suis-je exclamé en voyant cette couverture d’album ! La plus crasseuse et choquante de l’année 2009, à mon sens. Et les dessins de l’album de Lee Bermejo sont de la même trempe, une intensité des contrastes violente comme une patate de Mike Tyson, un tracé agressif et torturé, bref Bermejo m’en a foutu plein les yeux. Son style me fait irrémédiablement penser à Jae Lee mais il est plus brutal avec des lignes principalement anguleuses. Les couleurs ainsi que l’encrage sont terribles et rendent totalement hommage au graphisme. Le scénario de Brian Azzarello est bien ficelé et tient en haleine; sorte de thriller mafieux avec manipulations, traîtrise, règlements de compte et tout ce qui va avec dans les histoires de gangsters. On y retrouve avec plaisir les vilains les plus emblématiques de l’univers de l’homme chauve-souris : Le Joker (ah bon ??), Le Pingouin, Harley Quinn, Double-face, Croc, Le Sphinx. La meilleure aventure de Batman (sans Batman ou très peu) avec le « Souriez » de Brian Bolland et Alan Moore, dans le même style. Violent, malin, malsain. Joker ne plaisante pas. * Auto-censure à propos d’un mot grossier.
La Rupture Tranquille
Aïe aïe aïe, un album de Terreur Graphique qui va encore faire grincer pas mal de mâchoires. Le ton est donné dès la vue de la couverture. Le style façon « cartoon » à la Chuck Jones contraste à merveille avec la violence de l’humour (Tom & Jerry, c’était pas si mignon que ça quand on y pense!).Les thèmes abordés ici touchent principalement aux meurtres en série et aux sexualités déviantes. Ça ne sera certainement pas du goût de tout le monde mais c’est salvateur dans ce politiquement correct ambiant étouffant. Les histoires sont très courtes, la plupart ne sont juste que des « gaufriers » de 4 cases ou ne font que 6 ou 7 pages (toujours en gaufrier). Aucun rapport entre elles, si ce n’est le thème. Il y a certaines trouvailles narratives très bien pensées comme la mise en page de « Story of my life », l’histoire de Gurval racontant dans un groupe de parole, l’amour pour sa vie routinière bouleversée du jour au lendemain par une rencontre amoureuse. L’histoire des deux amis tueurs en série m’a beaucoup fait rire également. Le « poucet » (qui sème des bouts de cadavre pour retrouver sa route lors de ses voyages) discute avec son pote qui lui avoue avoir tué sa femme Boulgour et ses enfants Riri, Fifi et Mollard, puis les avoir enterré sous la terrasse de sa maison. Ça discute maçonnerie par la suite. Donc, album vivement conseillé aux amateurs d’humour noir et sans concessions. Les bien-pensants, passez votre chemin, ça pique les yeux.
Le Déclic
Dur de rester objectif avec les séries de Milo Manara ; je vais faire mon maximum. Car Manara, avec ses héroïnes à la beauté d’une autre planète et ses histoires d’une intense perversité ont chahuté ma testostérone durant mon adolescence. Ici, la suggestion est autant efficace que les plans salaces. La mise en scène et le scénario sont aussi très importants dans l’excitation suscitée (la scène du cinéma dans le premier tome est inoubliable) dépassant par-là la pauvreté scénaristique d’un vulgaire film porno. Les dessins sont superbes, avec une ligne aux déliés subtils et un tramage agréable si particulier à cet auteur. Personnellement, je trouve le volume trois un peu moins bon. Les femmes de Manara sont belles, divinement belles et l’innocence qu’elles dégagent naturellement est bien souvent maltraitée, satisfaisant ce petit désir masochiste qui sommeille en nous (les hommes).
Les 4 Amies
Une bonne BD de cul qui comporte tous les ingrédients du porno moderne. Les amateurs(trices?) du genre en seront satisfait(e)s. On a droit à différents styles de jeunes femmes en action: la sainte nitouche, la nympho, la dominatrice... Les personnages sont plutôt bien réussis et les scènes émoustillantes à souhait, par contre, les décors ne sont pas terribles, souvent minimalistes, parfois ratés, mais bon, évidemment dans ce genre d'ouvrage, ça n'est pas la priorité. Une BD qui tient ses promesses ! (220)
Lincoln
Avis après lecture du tome 7. Armé d'un dessin cartoon singulier, Jouvray & Jouvray nous délivrent une fable humaniste sur le bien et le mal en chacun, par l'intermédiaire de Lincoln, cow-boy aigri, irascible et blasé qui se voit proclamé éternel adjoint de dieu et du diable. Lincoln revisite donc avec goût une série d'aventures toujours diversifiées dans leurs contextes socio-économiques et les thèmes moraux qu'il aborde, sur un ton caustique et corrosif des plus savoureux, sans jamais oublier le fond pas toujours des plus drôles mais qui amène la réflexion sur le propos. L'ennui ne guette à aucun moment car la profondeur est là, douce-amère. Le tout est enrobé d'un trait de plus en plus détaillé et précis, bien que l'aspect enfantin ne pourrait laisser paraitre à la première lecture, un vrai régal dans le genre. Une préférence probable pour "Châtiment corporel" et "Le fou dans la montagne", dernier titre paru. C'est dire si la série se renouvèle sans essoufflement.
Go West
Après une jolie série réaliste, Arnaud de Casteloup, puis des séries humoristiques comme Attila, Derib entame une durable collaboration avec le journal Tintin en s'immisçant dans le western avec cet excellent récit écrit par Greg et diffusé dans le journal entre 1971 et 1972. Un récit captivant dans lequel Greg imagine avec son brio habituel une caravane d'immigrants (sujet traité dans un épisode de Lucky Luke: la Caravane, en 1970), où évoluent une belle galerie de nombreux personnages bien typés, avec en tête Barnaby Bumper, comptable newyorkais sans travail; tous décident un jour de quitter la Côte-Est pour suivre le conseil célèbre: "Go West young man and grow up with the country". Un conseil qui fut suivi par des milliers de pionniers qui souhaitaient trouver une vie meilleure. Bumper et ses amis s'élancent donc dans leurs chariots et sont confrontés à bien des périls et des épreuves, mais aussi des joies qui rendent la lecture de cette aventure vraiment attachante, illustrée par Derib avec son coup de crayon semi-réaliste très plaisant. Greg utilise toutes les ficelles de ce type de récit vues dans quantité de westerns à l'écran, et s'est inspiré d'ailleurs de quelques grands films pour certaines péripéties. Ici, les Indiens sont encore considérés comme des ennemis potentiels, mais Derib amorce un premier processus de réhabilitation de l'homme rouge, déja enclenché au cinéma, qu'il développera ensuite dans Buddy Longway. Bref, un one shot très sympa, et en tant qu'admirateur de Greg et Derib, je ne peux qu'en conseiller l'achat.
La Grande évasion - Fatman
Lorsque j’ai commencé ma lecture de Fatman, j’ai été interloqué par la petite scène présentant une femme au bord de la crise de nerf prête à tuer son mari mais qui refreine ses ardeurs meurtrières. On enchaîne sur la personne de Fatman, un gros lard qui se vautre sur son fauteuil en regardant des séries tv débiles tout en se goinfrant de chips ce qui ne confère pas à la sympathie. En outre, il fallait deviner que cette scène se passe en Angleterre. On va lourdement insister sur le périple de ce personnage qui s’envole un peu forcé aux States pour accomplir un nouveau contrat en rapport avec le thème de l’évasion. J’ai senti alors une certaine lourdeur qui conférait à l’ennui. Il ne se passe pas grand-chose. Les scènes sont entrecoupées avec celles de la femme qui visiblement veut faire la peau du monde entier. Pour autant, arrivé à mi-parcours alors que le décor est largement planté, il y a tout un mécanisme qui se met en place pour nous délivrer une fin magistrale. Bref, je me suis mis à apprécier cette bd. Notre Fatman se fait même voler la vedette. Il y a une part d’inattendu dans une mécanique pourtant parfaitement huilée d’où l’intérêt.
Le Singe de Hartlepool
Une vraie belle surprise cet album ! J'ai découvert cette BD grâce au prix des libraires Canal BD, et je ne suis pas déçu d'avoir écouté le conseil de mon libraire ! J'avoue aussi ne pas connaitre les œuvres de Wilfrid Lupano, mais à force d'en entendre parler, je vais m'y pencher plus sérieusement... Parlons de l'histoire, c'est tiré d'une légende et même si la moitié des faits est véridique, ça reste limite incroyable, mais ça rend l'histoire plus forte ! Ça montre bien la bêtise humaine, la cruauté qu'engendrent le nationalisme en temps de guerre et, aussi, le manque d'instruction (faut bien le dire : ce sont des bouseux :)). Certains passages sont assez savoureux (le procès en autres), les dialogues sont excellents, les dessins un peu déroutants au départ, mais finalement agréables et servant bien l'ambiance de ce bled paumé et les personnages. Vraiment une chouette lecture que je conseillerais à tous !
Profesor Furia
Profesor Furia a vu le jour dans le magazine (format comics) Lucha Libre, édité par Les humanoïdes associés entre 2006 et 2009 puis réédité en album ainsi que tous les protagonistes du magazine (Les Tikitis, Les Luchadores 5, Tequila, Les Luchadoritos,...). L'humour de l'album ne sera forcément pas du goût de tout le monde car sans concession. Le Profesor ne fait pas dans la dentelle et c'est ça qui m'a fait rire.Sa phrase préférée "Ta gueule" est utilisée avec justesse et aux bons moments. Un pourri que l'on adore détester. Les dialogues sont savoureux, mêlés de philosophie manipulatrice et de grossièretés assez originales. Le dessin est assez sympa sans être transcendantal (un mélange de Tardi et de Crumb). J'ai vraiment accroché sur l'humour et le personnage du Profesor Furia ainsi que les réactions, les comportements et la naïveté de ses élèves. Achat conseillé pour les amateurs d'humour vache.