Un autre documentaire intéressant tiré de La Revue dessinée.
Ici, on parle d'un sujet politique et c'est un domaine qui m'intéresse. Le sujet est un historique sur le nationalisme corse. L'action commence dans le milieu des années 2010 lorsque les indépendantistes ont enfin obtenu le pouvoir politique en Corse après que les clans corses qui ont régné pendant des décennies ont fini complètement discrédité.
Pour expliquer comment le nationalisme corse a fini par s'imposer comme première force politique sur l'ile, on retourne aux années 70 et on va voir l'évolution politique de la Corse jusqu'à la victoire des indépendantistes dans les années 2010. On va voir que si les premières revendications des nationalistes pouvaient être justes (L’État français avait distribué des terres agricoles et privilégié les pieds noirs par rapport aux jeunes corses), cela va vite dégénérer lorsque le FLNC va se former et prendre les armes. Ce mouvement va finir par se déchirer et tomber dans le grand banditisme.
Si on connait déjà l'histoire de la Corse, je pense que les événements décrits dans la BD ne vont pas trop surprendre. Moi qui connait la Corse sur certains aspects (les attentats politiques et les règlements de compte), j'ai tout de même appris des choses et notamment sur les différents mouvements indépendantistes qui existent ou on existé en Corse. On peut regretter que certains aspects ne soient qu'effleurés, comme la mafia corse, qui a prospéré parce que la police était trop occupée avec le FLNC. Un truc que j'ai bien aimé est qu'on suit tout le long de l'album la statue de Pascal Paoli qui se promène à toutes les époques et fait des remarques intéressantes.
Le dessin est sympathique.
Je ne connais la légende d'Ys que de très loin (en tout cas suffisamment pour reconnaître des points clés), mais je dois dire que cet album m'a vraiment plu.
Déjà, le dessin est beau. Il colle parfaitement au cadre celte du récit, le côté très "crayonné" donne un cachet à l'aspect "légende ancienne".
Ensuite, il y a l'histoire. Simple dans sa forme, complexe dans ses enjeux (comme le sont souvent les mythes et légendes). La séparation des sœurs, leur lien qui les unis malgré tout, ce père autrefois aimant qui se révèle cruel, un sordide secret, des pouvoirs et des contrats, le tout prenant rapidement des aspects de tragédie. L'histoire est prenante, la narration vive et agréable, les personnages plus complexes qu'il n'y paraît, …
C'est du bon, vraiment.
L'album était rangé au rayon enfants de ma bibliothèque, j'avoue que je conseillerais quand même la lecture à des pré-ados au minimum.
Après cela, évidemment, j'invite toute personne de tout âge à tenter la lecture.
(Note réelle 3,5)
Ouh, j'ai beaucoup beaucoup apprécié cette lecture ! Je n'ai jamais lu l'original des trois mousquetaires, mais j'ai les grandes lignes du roman et j'ai déjà tenté de le lire une première fois (j'ai abandonné à un moment, frisant l'indigestion). Le récit ici me semble encore une fois aller dans un certain sens, la relecture d'histoires faisant partie de notre patrimoine pour en tirer de nouvelles visions et lectures (je pense à Eurydice, Le Feu de Thésée et autres réappropriations de contes et mythes).
Les auteurs décident de présenter ici le point de vue de l'une des rares femmes présentes dans le livre d'origine, en commençant avec un épisode que je me rappelle avoir lu dans le livre et qui est, rétrospectivement, bien violent ! Le personnage est présenté comme une intrigante pour le compte de Cardinal, mais cette fois-ci c'est franchement bien plus les mousquetaires qui deviennent des personnages détestables. D'Artagnan devient un petit con prétentieux et ses camarades ne font pas forcément meilleure figure. Il est intéressant de noter ce que le récit accorde comme place à la femme à l'origine, lorsqu'on remet bout-à-bout tout ce qu'il contient en essence. D'ailleurs j'ai trouvé que la façon de l'arranger finit par clairement faire ressortir ce qu'elle est : une femme qui tente de s'en sortir, intelligente et sachant user de ses charmes. La façon dont elle s'oppose aux mousquetaires devient finalement bien plus une opposition logique (et provoquée par leurs bêtises répétées aussi).
C'est le genre de BD qui est intéressante dès lors qu'on connait l'histoire des Mousquetaires. Servie par un dessin qui fonctionne très bien, on sent que les auteurs sont un peu à charge sur certains aspects du récit (la pauvre fille s'est quand même pris pas mal dans la figure dès le premier chapitre), tandis que l'introduction et la conclusion éclairent à la fois les motivations et la façon dont l'arrangement est rendu possible. C'est original et bien trouvé, je recommande la lecture !
Voila une excellente reprise qui apporte un intérêt certain au personnage lisse et trop propre sur lui de Lucky Luke. S'inscrivant dans la time-line de la série-mère entre le moment où Lucky Luke fume et le moment où il arrête, le premier tome est un hommage clair et assumé à l'homme qui tire plus vite que son ombre.
J'avais souvenir de l'avoir lu une première fois mais la relecture n'a rien perdu de son charme : l'histoire se dévoile petit à petit, entre foule excitée, coupables idéaux, méchants assez vite caractérisés ... Et puis tout change un peu, va plus loin que ce qui était supposé : Luke n'a plus de tabac est se sent irritable. La ville n'est pas idéal, et puis les méchants ne le sont peut-être pas tant que ça. L'histoire se tourne vers une critique sociale légère mais bien tenue. Et je suis assez surpris à la relecture du ton mélancolique et triste de la fin. C'est bien senti, inattendu mais franchement une bonne utilisation du personnage.
Le dessin de Mathieu Bonhomme convient tout à fait au récit, avec la part belle aux paysages magnifiques et retranscrivant la boue, la crasse, les personnages longilignes qui contrastent avec les décors. C'est parfaitement maitrisé, dans la couleur et dans le traitement. Je lirais le second volume dès qu'il me tombera sous la main, c'est de l'excellent travail !
Le deuxième tome m'a légèrement moins convaincu. Je dirais qu'il est un peu trop rapide et facile dans certaines exécutions. Luke est toujours dans sa situation de non-fumeur, rencontre trois femmes qui semblent très intéressées par lui tout en ayant des ennuis. L’exécution de l'histoire tourne autour de quelques figures mythiques des albums du cow-boy, mais j'ai trouvé sa résolution plus simple et facile avec l'arrivé de la cavalerie. Il manque cette petite part de retournement final bien tenu qui apporte une réflexion plus large. La dernière page par contre propose quelque chose de bien intéressant en terme de développement de personnage. Dommage, j'aurais voulu plus apprécier !
Avec pas moins de cinq albums sortis la même année pour adapter en BD le chef d’œuvre d’Orwell, aucun éditeur n’a semble-t-il voulu rater l’opportunité de profiter de l’arrivée dans le « domaine public » du roman. Ça fait donc un sacré embouteillage – et cela a sans doute dû poser quelques soucis de rentabilité à la plupart des albums !
Des trois que j’ai lus pour le moment, c’est avec le Nesti celle qui m’a le plus plu. Essentiellement par ses partis pris graphiques. En effet, Coste – qui utilise différentes bichromies – et, avec un dessin très sombre (parfois à la limite du lisible – sans franchir cette limite toutefois), il parvient à « montrer », autant que faire se peut, l’horreur du roman. Même si, il faut bien la reconnaitre, aucune adaptation ne donnera autant de force aux mots d’Orwell que lorsqu’ils sont jetés bruts pour nourrir l’imagination et les cauchemars des lecteurs.
En tout cas, dans les limites du médium BD, Coste s’en sort bien. Pour mettre en place ce système totalitaire froid et implacable, puis pour décrire ce qui arrive à Winston une fois celui-ci arrêté.
En lisant ce type d’œuvre, on ne peut que frémir en pensant à l’évolution des sociétés actuelles, qui se rapprochent par plusieurs aspects de celles qui avaient servi de « modèle » à Orwell (les dizaines de milliers de pages effacées des serveurs de certaines administrations américaines sou l’impulsion de Trump et de Musk récemment m’y ont fait penser.
En tout cas, pour revenir à l’adaptation de Coste, par-delà le texte lui-même, forcément réduit et moins impactant que le roman, j’ai trouvé que sa force visuelle compensait en partie cette infériorité du médium, et qu’elle méritait à elle seule de lire cet album, plutôt réussi.
Mon avis concerne l'opus Après la pluie de cette série un peu bancale avec deux albums très distants dans le temps, dans le scénario et dans les personnages.
Juillard propose un thriller au scénario bien ficelé à base de manipulation et avec une belle fausse piste qui provoque un final réaliste, intéressant mais un peu expéditif. Le personnages d'Abel est très attachant et très bien travaillé dans sa personnalité . J'ai aussi apprécié le personnage de Eve qui m'a renvoyé quelques années en arrière avec le personnage d'Elsa dans "Marathon Man".
Le trait de Juillard est toujours aussi précis et réaliste. Ses personnages sont bien dans leur rôle avec des expressions adéquates même si je pourrais reprocher une certaine fixité voire rigidité comportementale. Les extérieurs et paysages sont précis et très travaillés.Le rythme est assez lent mais cela convient bien au personnage d'Abel réfléchi et raisonnable.
La narration graphique est fluide avec un réalisme parfois brutal mais non voyeur dans la scène du viol.
Une lecture détente bien agréable dans un thriller au final classique mais bien construit. 3.5
Lorsque j'ai ouvert le premier tome de ce manga d’épouvante à huis-clos, au vu de la phrase d'accroche au verso ("Monstre ou humain.... qui sommeille au cœur des ténèbres ?"), je m'attendais à une histoire classique à la Alien, avec un monstre voire un extra-terrestre, décimant l'ensemble des membres du vaisseau. Il n'en est en fait rien : il s'agit ici d'un manga de style Battle Royale où l'ensemble des protagonistes, pour la plupart enfants, bloqués dans un vaisseau spatiale, vont être amenés à s'entretuer pour espérer intégrer la capsule monoplace de survie. Tout comme Highlander, il ne peut en rester qu'un... :)
Le manga entre très vite dans le sujet et laisse une large place à l'action. Si la réaction des passagers du vaisseau restent peu crédibles à mon goût (aucune tentative dans un premier temps de se sortir de la situation en coopérant), le premier tome instille ce qu'il faut de suspense pour que le lecteur ait envie de connaitre la suite. L'idée de dérouler l'histoire au travers de différentes périodes et du journal intime- et donc très subjectif - d'un des passagers est ainsi plutôt bien pensé. J'ai en revanche été moins conquis par le deuxième tome centré quasi exclusivement sur la guerre intestine se jouant entre tous les survivants. Malgré tout, le troisième tome achève de manière très honorable le triptyque avec plusieurs retournements de situation et une fin inattendue, mais bienvenue. Le fait de concentrer l'intrigue sur 3 tomes seulement est également à saluer, permettant d'avoir une histoire dense et rythmée, évitant ainsi le piège de la série à rallonge.
Côté graphisme, j'ai plutôt apprécié le trait de Shiro Kuroi malgré quelques expressions de visage ou postures parfois étranges. Les nombreux personnages présentent des styles et des morphologies relativement différentes permettant de les discerner les uns des autres en étant un peu concentré. Une mention spéciale également à l'édition soignée du manga avec des couvertures sombres du plus bel effet, des tranches noircies et des bonus intéressants à la fin de chaque tome (portraits des personnages, cahiers graphiques et interview).
Au final, malgré un tome 2 un peu en deçà, je ressors plutôt satisfait de ma lecture et je conseille tout de même l'achat aux aficionados du genre.
Histoire, originalité : 7/10
Dessin, Mise en couleurs : 7,5/10
NOTE GLOBALE : 14,5/20
Mais quelle bonne idée l’auteure a eue de se servir de ce point de départ donné par sa voyante.
Avec une bonne dose d’imagination, et certainement une documentation idoine, elle nous a concocté une bien belle histoire.
On pourrait y croire à la vie de ce pauvre Edin, gamin chétif enrôlé comme apprenti sur un bateau de pêche suédois. Et à sa famille, sa mère veuve et malade, sa tante, les gens du village… puis ses amoureuses et ses déboires sentimentaux. Les ambiances semblent bien rendues et on suit avec un certain attendrissement son chemin et celui de ses proches.
J’ai beaucoup aimé le dessin, très doux, avec des paysages de toute beauté qui évoquent bien ces contrées nordiques et leur lumière très spéciale.
Magnifique travail éditorial également, à un détail près déjà relevé, grrr… Mais la couverture est superbe, et l’ouvrage orne fièrement ma bibliothèque.
Beau travail.
Je n'avais aucune idée de ce que la BD allait me proposer, et franchement c'est étonnant. Une histoire "simple" de petite ville américaine, de gamins qui jouent ensemble, croisent les types chelous, ont des familles difficiles. Et puis progressivement arrivent les ennuis. Une disparition et la suite...
Cette BD a un faux air de Stephen King dans l'ambiance (petite ville, drame flirtant un tantinet avec le fantastique, considération sociale...) mais propose quelque chose de franchement bien réussi. On progresse entre la découverte des personnages et de leurs vies, glauque et triste, la misère qui pointe partout et le sordide qui va s'inviter lorsque les ennuis commencent. Des détails m'ont surpris, parce qu'ils sont si gros qu'ils paraissent vrai : la mère qui n'a même pas regardé sa cave, par exemple. J'ai été agréablement entrainé dans le récit et j'ai été étonné que parfois, ça semble gros mais finalement terriblement réaliste. Et le folklore hobo rajoute à l'ensemble, avec ses détails comme leur code graphique.
Et la finalité est tout à fait bien trouvée : une banale histoire, en somme. Sordide, horrible et terriblement banale. Je crois bien que l'explication du pourquoi est le plus triste de ce récit, encapsulant la thématique principale : l'abandon par l’État américain d'une partie de son peuple, laissé dans son coin. C'est terrible, c'est violent mais c'est malheureusement existant...
Accompagnée de son dessin en noir et blanc qui lui convient tout à fait, faisant ressortir des paysages et des gueules, la BD étire des cases, joue sur les rythmes et s'avère une lecture prenante, fluide et saisissante. Elle instille doucement son propos et son malaise jusqu'à faire éclater ce qu'on ne pensait pas voir. Excellent récit, parfaitement bien mené et à lire !
Ouch, cette BD n'est pas à lire lorsqu'on se sent mal. Elle est belle, mais elle est dure.
Je remercie sincèrement les autrices d'avoir fait un conte, parce qu'il est difficile de lire cette BD et je pense que la lecture sans ce prisme aurait été encore plus éprouvante. Parce que son sujet est horrible : les violences (ici sexuelles) envers les enfants.
Par le conte, les autrices parlent du silence qui entoure ces sujets. Le grand silence, c'est l'omerta, le fait de ne pas en parler, et la BD l'exploite par les bulle, ces silences bruyants qui transparaissent. Les autrices jouent aussi sur les couleurs, les représentations. Cette tête décapitée qu'on remet, ces couleurs qui explosent, ces piques qui sortent ... Le langage est visuel pour faire comprendre la souffrance, la violence, l'indescriptible.
La BD exploite le conte, mais pour autant elle n'oublie pas d'être bien terre-à-terre : il faut en parler et libérer la parole, des réseaux pédophiles exploitent les nouvelles technologies tout en bénéficiant de la protection de puissant (on l'a vu récemment avec notre premier ministre ...). Sa conclusion est très claire : il faut parler, laisser tout le monde le dire, le communiquer. Et la fin est très belle sur ce qu'on peut créer ensemble.
Sincèrement, la BD est magnifique, porteuse d'espoir et pleine de sens, tout en étant dure mais sensible. Honnêtement, je ne peux que vous enjoindre à la lire. Lorsqu'un enfant sur dix a été victime de ce qu'elle raconte, il est urgent, plus qu'urgent d'en parler.
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Une histoire du nationalisme Corse
Un autre documentaire intéressant tiré de La Revue dessinée. Ici, on parle d'un sujet politique et c'est un domaine qui m'intéresse. Le sujet est un historique sur le nationalisme corse. L'action commence dans le milieu des années 2010 lorsque les indépendantistes ont enfin obtenu le pouvoir politique en Corse après que les clans corses qui ont régné pendant des décennies ont fini complètement discrédité. Pour expliquer comment le nationalisme corse a fini par s'imposer comme première force politique sur l'ile, on retourne aux années 70 et on va voir l'évolution politique de la Corse jusqu'à la victoire des indépendantistes dans les années 2010. On va voir que si les premières revendications des nationalistes pouvaient être justes (L’État français avait distribué des terres agricoles et privilégié les pieds noirs par rapport aux jeunes corses), cela va vite dégénérer lorsque le FLNC va se former et prendre les armes. Ce mouvement va finir par se déchirer et tomber dans le grand banditisme. Si on connait déjà l'histoire de la Corse, je pense que les événements décrits dans la BD ne vont pas trop surprendre. Moi qui connait la Corse sur certains aspects (les attentats politiques et les règlements de compte), j'ai tout de même appris des choses et notamment sur les différents mouvements indépendantistes qui existent ou on existé en Corse. On peut regretter que certains aspects ne soient qu'effleurés, comme la mafia corse, qui a prospéré parce que la police était trop occupée avec le FLNC. Un truc que j'ai bien aimé est qu'on suit tout le long de l'album la statue de Pascal Paoli qui se promène à toutes les époques et fait des remarques intéressantes. Le dessin est sympathique.
Soeurs d'Ys - La malédiction du royaume englouti
Je ne connais la légende d'Ys que de très loin (en tout cas suffisamment pour reconnaître des points clés), mais je dois dire que cet album m'a vraiment plu. Déjà, le dessin est beau. Il colle parfaitement au cadre celte du récit, le côté très "crayonné" donne un cachet à l'aspect "légende ancienne". Ensuite, il y a l'histoire. Simple dans sa forme, complexe dans ses enjeux (comme le sont souvent les mythes et légendes). La séparation des sœurs, leur lien qui les unis malgré tout, ce père autrefois aimant qui se révèle cruel, un sordide secret, des pouvoirs et des contrats, le tout prenant rapidement des aspects de tragédie. L'histoire est prenante, la narration vive et agréable, les personnages plus complexes qu'il n'y paraît, … C'est du bon, vraiment. L'album était rangé au rayon enfants de ma bibliothèque, j'avoue que je conseillerais quand même la lecture à des pré-ados au minimum. Après cela, évidemment, j'invite toute personne de tout âge à tenter la lecture. (Note réelle 3,5)
Milady ou Le Mystère des Mousquetaires
Ouh, j'ai beaucoup beaucoup apprécié cette lecture ! Je n'ai jamais lu l'original des trois mousquetaires, mais j'ai les grandes lignes du roman et j'ai déjà tenté de le lire une première fois (j'ai abandonné à un moment, frisant l'indigestion). Le récit ici me semble encore une fois aller dans un certain sens, la relecture d'histoires faisant partie de notre patrimoine pour en tirer de nouvelles visions et lectures (je pense à Eurydice, Le Feu de Thésée et autres réappropriations de contes et mythes). Les auteurs décident de présenter ici le point de vue de l'une des rares femmes présentes dans le livre d'origine, en commençant avec un épisode que je me rappelle avoir lu dans le livre et qui est, rétrospectivement, bien violent ! Le personnage est présenté comme une intrigante pour le compte de Cardinal, mais cette fois-ci c'est franchement bien plus les mousquetaires qui deviennent des personnages détestables. D'Artagnan devient un petit con prétentieux et ses camarades ne font pas forcément meilleure figure. Il est intéressant de noter ce que le récit accorde comme place à la femme à l'origine, lorsqu'on remet bout-à-bout tout ce qu'il contient en essence. D'ailleurs j'ai trouvé que la façon de l'arranger finit par clairement faire ressortir ce qu'elle est : une femme qui tente de s'en sortir, intelligente et sachant user de ses charmes. La façon dont elle s'oppose aux mousquetaires devient finalement bien plus une opposition logique (et provoquée par leurs bêtises répétées aussi). C'est le genre de BD qui est intéressante dès lors qu'on connait l'histoire des Mousquetaires. Servie par un dessin qui fonctionne très bien, on sent que les auteurs sont un peu à charge sur certains aspects du récit (la pauvre fille s'est quand même pris pas mal dans la figure dès le premier chapitre), tandis que l'introduction et la conclusion éclairent à la fois les motivations et la façon dont l'arrangement est rendu possible. C'est original et bien trouvé, je recommande la lecture !
Lucky Luke vu par Mathieu Bonhomme
Voila une excellente reprise qui apporte un intérêt certain au personnage lisse et trop propre sur lui de Lucky Luke. S'inscrivant dans la time-line de la série-mère entre le moment où Lucky Luke fume et le moment où il arrête, le premier tome est un hommage clair et assumé à l'homme qui tire plus vite que son ombre. J'avais souvenir de l'avoir lu une première fois mais la relecture n'a rien perdu de son charme : l'histoire se dévoile petit à petit, entre foule excitée, coupables idéaux, méchants assez vite caractérisés ... Et puis tout change un peu, va plus loin que ce qui était supposé : Luke n'a plus de tabac est se sent irritable. La ville n'est pas idéal, et puis les méchants ne le sont peut-être pas tant que ça. L'histoire se tourne vers une critique sociale légère mais bien tenue. Et je suis assez surpris à la relecture du ton mélancolique et triste de la fin. C'est bien senti, inattendu mais franchement une bonne utilisation du personnage. Le dessin de Mathieu Bonhomme convient tout à fait au récit, avec la part belle aux paysages magnifiques et retranscrivant la boue, la crasse, les personnages longilignes qui contrastent avec les décors. C'est parfaitement maitrisé, dans la couleur et dans le traitement. Je lirais le second volume dès qu'il me tombera sous la main, c'est de l'excellent travail ! Le deuxième tome m'a légèrement moins convaincu. Je dirais qu'il est un peu trop rapide et facile dans certaines exécutions. Luke est toujours dans sa situation de non-fumeur, rencontre trois femmes qui semblent très intéressées par lui tout en ayant des ennuis. L’exécution de l'histoire tourne autour de quelques figures mythiques des albums du cow-boy, mais j'ai trouvé sa résolution plus simple et facile avec l'arrivé de la cavalerie. Il manque cette petite part de retournement final bien tenu qui apporte une réflexion plus large. La dernière page par contre propose quelque chose de bien intéressant en terme de développement de personnage. Dommage, j'aurais voulu plus apprécier !
1984 (Coste)
Avec pas moins de cinq albums sortis la même année pour adapter en BD le chef d’œuvre d’Orwell, aucun éditeur n’a semble-t-il voulu rater l’opportunité de profiter de l’arrivée dans le « domaine public » du roman. Ça fait donc un sacré embouteillage – et cela a sans doute dû poser quelques soucis de rentabilité à la plupart des albums ! Des trois que j’ai lus pour le moment, c’est avec le Nesti celle qui m’a le plus plu. Essentiellement par ses partis pris graphiques. En effet, Coste – qui utilise différentes bichromies – et, avec un dessin très sombre (parfois à la limite du lisible – sans franchir cette limite toutefois), il parvient à « montrer », autant que faire se peut, l’horreur du roman. Même si, il faut bien la reconnaitre, aucune adaptation ne donnera autant de force aux mots d’Orwell que lorsqu’ils sont jetés bruts pour nourrir l’imagination et les cauchemars des lecteurs. En tout cas, dans les limites du médium BD, Coste s’en sort bien. Pour mettre en place ce système totalitaire froid et implacable, puis pour décrire ce qui arrive à Winston une fois celui-ci arrêté. En lisant ce type d’œuvre, on ne peut que frémir en pensant à l’évolution des sociétés actuelles, qui se rapprochent par plusieurs aspects de celles qui avaient servi de « modèle » à Orwell (les dizaines de milliers de pages effacées des serveurs de certaines administrations américaines sou l’impulsion de Trump et de Musk récemment m’y ont fait penser. En tout cas, pour revenir à l’adaptation de Coste, par-delà le texte lui-même, forcément réduit et moins impactant que le roman, j’ai trouvé que sa force visuelle compensait en partie cette infériorité du médium, et qu’elle méritait à elle seule de lire cet album, plutôt réussi.
Le Cahier bleu
Mon avis concerne l'opus Après la pluie de cette série un peu bancale avec deux albums très distants dans le temps, dans le scénario et dans les personnages. Juillard propose un thriller au scénario bien ficelé à base de manipulation et avec une belle fausse piste qui provoque un final réaliste, intéressant mais un peu expéditif. Le personnages d'Abel est très attachant et très bien travaillé dans sa personnalité . J'ai aussi apprécié le personnage de Eve qui m'a renvoyé quelques années en arrière avec le personnage d'Elsa dans "Marathon Man". Le trait de Juillard est toujours aussi précis et réaliste. Ses personnages sont bien dans leur rôle avec des expressions adéquates même si je pourrais reprocher une certaine fixité voire rigidité comportementale. Les extérieurs et paysages sont précis et très travaillés.Le rythme est assez lent mais cela convient bien au personnage d'Abel réfléchi et raisonnable. La narration graphique est fluide avec un réalisme parfois brutal mais non voyeur dans la scène du viol. Une lecture détente bien agréable dans un thriller au final classique mais bien construit. 3.5
Léviathan (Ki-oon)
Lorsque j'ai ouvert le premier tome de ce manga d’épouvante à huis-clos, au vu de la phrase d'accroche au verso ("Monstre ou humain.... qui sommeille au cœur des ténèbres ?"), je m'attendais à une histoire classique à la Alien, avec un monstre voire un extra-terrestre, décimant l'ensemble des membres du vaisseau. Il n'en est en fait rien : il s'agit ici d'un manga de style Battle Royale où l'ensemble des protagonistes, pour la plupart enfants, bloqués dans un vaisseau spatiale, vont être amenés à s'entretuer pour espérer intégrer la capsule monoplace de survie. Tout comme Highlander, il ne peut en rester qu'un... :) Le manga entre très vite dans le sujet et laisse une large place à l'action. Si la réaction des passagers du vaisseau restent peu crédibles à mon goût (aucune tentative dans un premier temps de se sortir de la situation en coopérant), le premier tome instille ce qu'il faut de suspense pour que le lecteur ait envie de connaitre la suite. L'idée de dérouler l'histoire au travers de différentes périodes et du journal intime- et donc très subjectif - d'un des passagers est ainsi plutôt bien pensé. J'ai en revanche été moins conquis par le deuxième tome centré quasi exclusivement sur la guerre intestine se jouant entre tous les survivants. Malgré tout, le troisième tome achève de manière très honorable le triptyque avec plusieurs retournements de situation et une fin inattendue, mais bienvenue. Le fait de concentrer l'intrigue sur 3 tomes seulement est également à saluer, permettant d'avoir une histoire dense et rythmée, évitant ainsi le piège de la série à rallonge. Côté graphisme, j'ai plutôt apprécié le trait de Shiro Kuroi malgré quelques expressions de visage ou postures parfois étranges. Les nombreux personnages présentent des styles et des morphologies relativement différentes permettant de les discerner les uns des autres en étant un peu concentré. Une mention spéciale également à l'édition soignée du manga avec des couvertures sombres du plus bel effet, des tranches noircies et des bonus intéressants à la fin de chaque tome (portraits des personnages, cahiers graphiques et interview). Au final, malgré un tome 2 un peu en deçà, je ressors plutôt satisfait de ma lecture et je conseille tout de même l'achat aux aficionados du genre. Histoire, originalité : 7/10 Dessin, Mise en couleurs : 7,5/10 NOTE GLOBALE : 14,5/20
Moi, Edin Björnsson, pêcheur suédois au XVIIIe siècle coureur de jupons et assassiné par un mari jaloux
Mais quelle bonne idée l’auteure a eue de se servir de ce point de départ donné par sa voyante. Avec une bonne dose d’imagination, et certainement une documentation idoine, elle nous a concocté une bien belle histoire. On pourrait y croire à la vie de ce pauvre Edin, gamin chétif enrôlé comme apprenti sur un bateau de pêche suédois. Et à sa famille, sa mère veuve et malade, sa tante, les gens du village… puis ses amoureuses et ses déboires sentimentaux. Les ambiances semblent bien rendues et on suit avec un certain attendrissement son chemin et celui de ses proches. J’ai beaucoup aimé le dessin, très doux, avec des paysages de toute beauté qui évoquent bien ces contrées nordiques et leur lumière très spéciale. Magnifique travail éditorial également, à un détail près déjà relevé, grrr… Mais la couverture est superbe, et l’ouvrage orne fièrement ma bibliothèque. Beau travail.
Colorado train
Je n'avais aucune idée de ce que la BD allait me proposer, et franchement c'est étonnant. Une histoire "simple" de petite ville américaine, de gamins qui jouent ensemble, croisent les types chelous, ont des familles difficiles. Et puis progressivement arrivent les ennuis. Une disparition et la suite... Cette BD a un faux air de Stephen King dans l'ambiance (petite ville, drame flirtant un tantinet avec le fantastique, considération sociale...) mais propose quelque chose de franchement bien réussi. On progresse entre la découverte des personnages et de leurs vies, glauque et triste, la misère qui pointe partout et le sordide qui va s'inviter lorsque les ennuis commencent. Des détails m'ont surpris, parce qu'ils sont si gros qu'ils paraissent vrai : la mère qui n'a même pas regardé sa cave, par exemple. J'ai été agréablement entrainé dans le récit et j'ai été étonné que parfois, ça semble gros mais finalement terriblement réaliste. Et le folklore hobo rajoute à l'ensemble, avec ses détails comme leur code graphique. Et la finalité est tout à fait bien trouvée : une banale histoire, en somme. Sordide, horrible et terriblement banale. Je crois bien que l'explication du pourquoi est le plus triste de ce récit, encapsulant la thématique principale : l'abandon par l’État américain d'une partie de son peuple, laissé dans son coin. C'est terrible, c'est violent mais c'est malheureusement existant... Accompagnée de son dessin en noir et blanc qui lui convient tout à fait, faisant ressortir des paysages et des gueules, la BD étire des cases, joue sur les rythmes et s'avère une lecture prenante, fluide et saisissante. Elle instille doucement son propos et son malaise jusqu'à faire éclater ce qu'on ne pensait pas voir. Excellent récit, parfaitement bien mené et à lire !
Grand Silence
Ouch, cette BD n'est pas à lire lorsqu'on se sent mal. Elle est belle, mais elle est dure. Je remercie sincèrement les autrices d'avoir fait un conte, parce qu'il est difficile de lire cette BD et je pense que la lecture sans ce prisme aurait été encore plus éprouvante. Parce que son sujet est horrible : les violences (ici sexuelles) envers les enfants. Par le conte, les autrices parlent du silence qui entoure ces sujets. Le grand silence, c'est l'omerta, le fait de ne pas en parler, et la BD l'exploite par les bulle, ces silences bruyants qui transparaissent. Les autrices jouent aussi sur les couleurs, les représentations. Cette tête décapitée qu'on remet, ces couleurs qui explosent, ces piques qui sortent ... Le langage est visuel pour faire comprendre la souffrance, la violence, l'indescriptible. La BD exploite le conte, mais pour autant elle n'oublie pas d'être bien terre-à-terre : il faut en parler et libérer la parole, des réseaux pédophiles exploitent les nouvelles technologies tout en bénéficiant de la protection de puissant (on l'a vu récemment avec notre premier ministre ...). Sa conclusion est très claire : il faut parler, laisser tout le monde le dire, le communiquer. Et la fin est très belle sur ce qu'on peut créer ensemble. Sincèrement, la BD est magnifique, porteuse d'espoir et pleine de sens, tout en étant dure mais sensible. Honnêtement, je ne peux que vous enjoindre à la lire. Lorsqu'un enfant sur dix a été victime de ce qu'elle raconte, il est urgent, plus qu'urgent d'en parler.