Léviathan (Ki-oon)
Monstre ou humain… qui sommeille au cœur des ténèbres ?
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Au fin fond de la galaxie, le Léviathan, un immense vaisseau spatial, flotte à la dérive. Quand des pilleurs d’épaves s’y introduisent, ils découvrent le journal intime d’un collégien, Kazuma, relatant les événements qui ont eu lieu dans les entrailles du navire… À sa lecture, l’évidence s’impose : un survivant de la catastrophe se cache quelque part dans le dédale des ruines ! Des années plus tôt, le jeune Kazuma est en plein voyage scolaire vers la Terre. La fête tourne court quand des explosions d’origine inconnue détruisent une partie de la coque du vaisseau ! Voilà les passagers immobilisés au milieu de nulle part… L’adolescent et sa camarade Futaba surprennent alors une conversation entre leur professeur et un robot de maintenance : les réserves d’oxygène sont insuffisantes pour tenir jusqu’à l’arrivée des secours… Le seul espoir de survie est un caisson de cryogénisation niché au cœur du géant de métal. Or, il ne peut contenir qu’une personne… Malheureusement pour les élèves, l’enseignant comprend vite qu’il a été entendu. C’est le début d’une lutte sanglante pour préserver le secret !
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| Date de parution | 06 Janvier 2022 |
| Statut histoire | Série terminée 3 tomes parus |
Les avis
Ça n’est pas forcément le récit le plus original, et il y a quelques facilités scénaristiques auxquelles il faut s’habituer. Mais, globalement, ces trois albums procurent une lecture plaisante, rythmée, intéressante. On est dans un classique huis-clos dans l’espace (ici dans un vaisseau spatial endommagé/abandonné), dans lequel Kuroi (auteur que je découvre avec cette série) fait monter la tension (il y a un peu de « Sa majesté des mouches » dans cette lutte à mort entre gamins). Deux niveaux de narration s’entrecroisent – ce qui permet de varier les plaisirs, et de multiplier les sources d’angoisse/tension : quelques dizaines d’enfants/ados seuls survivants dans un vaisseau spatial où l’oxygène va commencer à manquer, et alors qu’une information (une capsule existe permettant à une seule personne de s’enfuir et d’être sauvée) entraine un déchaînement de violence pour être le/la survivant(e) (ceci est narré par l’un des gamins, qui tient un journal, et des pilleurs d’épaves, découvrant longtemps après ce drame le vaisseau abandonné – et le journal – et progressant de plus en plus difficilement dans celui-ci. Le huis-clos est bien utilisé, le côté survival désespéré des gamins, l’exploration dangereuse des visiteurs tiennent le lecteur en haleine. Le dessin de Kuroi est bon – même si les scènes de combats/massacres ne sont pas toujours très claires. Chaque début d’album voit quelques pages traitées différemment, avec une sorte de colorisation métallique donnant un rendu hyper réaliste pas désagréable, avant qu’on ne retourne au Noir et Blanc classique. Le troisième tome joue sur un autre registre que les précédents. Les derniers survivants éliminés, quelques révélations, rebondissements maintiennent le lecteur en haleine, même si le rythme baisse clairement. L’auteur a fait le choix d’un atterrissage en douceur, avec une fin plus lumineuse et optimiste que ne le laissait entrevoir les sanglants épisodes précédents. Quelques remarques bémols (les facilités évoquées plus haut). D’abord on peut être étonné en tant que lecteur que le jeune tenant à jour les événements dramatiques dans son journal le fasse de façon dépassionnée (alors que la priorité est de sauver sa peau, tout le monde s’entre tuant sauvagement). Ensuite le fait qu’il relate tous les événements se déroulant partout – y compris forcément ceux auxquels il n’a ni participé ni eu de témoignage direct. Ensuite, comme dans certaines séries télé se déroulant dans un lieu circonscrit, et dans lesquelles à chaque épisode apparaissent des protagonistes surgis d’on ne sait où – et qui vont évidemment être les victimes de l’épisode, Kuroi use parfois de personnages (ados/gamins) qu’on n’avait jamais vus auparavant, pour un court moment, avant qu’ils ne soient éliminés (je pense à ces deux adolescentes dans le deuxième tome). Enfin, je n’ai pas été convaincu par le cynisme absolu – et un peu trop caricatural de ceux qui étaient aux baguettes de cette struggle for life. Mais bon, malgré ces remarques, ça reste quand même une série prenante et qui, sans sortir des sentiers battus, n’ennuie jamais le lecteur, maintient toujours suffisamment de tension pour le captiver. Un bon divertissement, donc, noir et sanglant. Note réelle 3,5/5.
Lorsque j'ai ouvert le premier tome de ce manga d’épouvante à huis-clos, au vu de la phrase d'accroche au verso ("Monstre ou humain.... qui sommeille au cœur des ténèbres ?"), je m'attendais à une histoire classique à la Alien, avec un monstre voire un extra-terrestre, décimant l'ensemble des membres du vaisseau. Il n'en est en fait rien : il s'agit ici d'un manga de style Battle Royale où l'ensemble des protagonistes, pour la plupart enfants, bloqués dans un vaisseau spatiale, vont être amenés à s'entretuer pour espérer intégrer la capsule monoplace de survie. Tout comme Highlander, il ne peut en rester qu'un... :) Le manga entre très vite dans le sujet et laisse une large place à l'action. Si la réaction des passagers du vaisseau restent peu crédibles à mon goût (aucune tentative dans un premier temps de se sortir de la situation en coopérant), le premier tome instille ce qu'il faut de suspense pour que le lecteur ait envie de connaitre la suite. L'idée de dérouler l'histoire au travers de différentes périodes et du journal intime- et donc très subjectif - d'un des passagers est ainsi plutôt bien pensé. J'ai en revanche été moins conquis par le deuxième tome centré quasi exclusivement sur la guerre intestine se jouant entre tous les survivants. Malgré tout, le troisième tome achève de manière très honorable le triptyque avec plusieurs retournements de situation et une fin inattendue, mais bienvenue. Le fait de concentrer l'intrigue sur 3 tomes seulement est également à saluer, permettant d'avoir une histoire dense et rythmée, évitant ainsi le piège de la série à rallonge. Côté graphisme, j'ai plutôt apprécié le trait de Shiro Kuroi malgré quelques expressions de visage ou postures parfois étranges. Les nombreux personnages présentent des styles et des morphologies relativement différentes permettant de les discerner les uns des autres en étant un peu concentré. Une mention spéciale également à l'édition soignée du manga avec des couvertures sombres du plus bel effet, des tranches noircies et des bonus intéressants à la fin de chaque tome (portraits des personnages, cahiers graphiques et interview). Au final, malgré un tome 2 un peu en deçà, je ressors plutôt satisfait de ma lecture et je conseille tout de même l'achat aux aficionados du genre. Histoire, originalité : 7/10 Dessin, Mise en couleurs : 7,5/10 NOTE GLOBALE : 14,5/20
Un manga horrifique comme je l'aime. Dans le futur, un groupe d'étudiant sont en voyage dans l'espace et tout va bien jusqu'à ce que le vaisseau soit victime d'une catastrophe qui va l'endommager et il y a rien à faire sauf attendre et espérer que les secours arrivent avant le manque d'oxygène... On sait déjà que cela va mal se finir parce qu'on suit un groupe de pilleurs de vaisseaux qui sont tombés sur le journal d'un des étudiants, mais cela reste un scénario qui contient des surprises et des retournements de situations tout le long des 3 tomes. Le scénario est prenant et l'auteur explore bien ce qui peut arriver lorsque des ados sont laissé à eux-mêmes dans une situation où un seul a une chance de survivre. On va aborder plusieurs thèmes qui sont bien utilisés, j'ai aimé l'ambiance huis-clos du vaisseau et il y a une bonne ambiance qui se dégage du dessin. L'intrigue se passe dans un futur où la terre est dirigée par une dictature. On ne voit pas grand chose de ce qui se passe sur Terre et dans les colonies, mais l'auteur distille bien les informations et on comprend facilement la situation actuelle des humains dans cet univers. Je regrette toutefois que certains élèves soient un peu difficiles à différencier et aussi par moment on dirait qu'il y avait des nouveaux élèves qui semblaient sortir de nulle part. On tombe aussi sur le cliché du récit se passant dans le passé narré par une personne et il y a des scènes sans le narrateur !
Leviathan est un thriller dans l'espace développé en 3 tomes autour de la thématique de la survie. Si l'on compare à des films, il est clair que l'on s'éloigne aussi bien d'un "Alien" (menace extérieure) que d'un "Gravity" (menace liée à un problème technologique) comme l'on aurait pu s'y attendre ou l'espérer. L'auteur préfère nous inviter à un jeu de massacre, façon Battle Royale (ce qui parle bien davantage aux jeunes d'aujourd'hui, cela étant notamment devenu un sous-genre dans le jeu vidéo), pour tenir un discours pas si éloigné de "Sa majesté des mouches" sur la cruauté des enfants. L'on assiste donc à une foire d’empoigne avec multiples variantes : des alliances de circonstance, des stratégies défensives, des vengeances individuelles dans lesquelles s'expriment différentes cruautés. L'auteur a le bon goût de convier quelques thématiques importantes (harcèlement, féminisme, classes sociales...) mais n'engendrant aucun changement dans sa conception de l'intrigue, apportant au mieux une justification à telle organisation ou telle cruauté, permettant essentiellement de ne pas se lasser de la redondance à l’œuvre. Les chapitres s'attachent généralement à nous présenter un affrontement, dont l'enjeu narratif réside dans la découverte de celui y survivant, non sans adopter un malsain voyeurisme à l'égard d'une violence présentée comme fascinante, spectaculaire, voire amusante. Comme souvent, l'on se perd un peu dans tous ces personnages (malgré des illustrations de plutôt belle facture), et il est impossible de se représenter topographiquement les différents espaces du vaisseau, donc de ressentir toute l'horreur de cette partie de cache-cache. Le manga a la bonne idée de jouer sur les temporalités et d'apporter un point de vue extérieur. L'on découvre en effet l'intrigue tantôt selon les points de vue des enfants, tantôt celui d'un journal intime/de bord (dont on se demande bien comment il a pu être calmement rédigé étant donné la peur devant régner), tantôt celui d'une opération de secours arrivant plusieurs années après la bataille et tentant de comprendre ce qui s'est passé dans le vaisseau. Ce dernier point permet de mettre en doute ici ou là ce que nous avons jusqu'alors vu, et de préparer à l'habile et plausible retournement final.
Un grand oui pour cette courte série qui offre une histoire vraiment complète avec une fin surprenante. L'ambiance de huis clos se fait bien ressentir, on se prend vite au jeu de qui va faire quoi avec quel truc mais pourquoi et où. Côté graphique, les décors sont un peu basiques et malheureusement les personnages pas toujours reconnaissables et ayant parfois des poses étranges. L'auteur dessine très bien les personnages âgés mais a du mal avec les jeunes, dommage vu le contexte. Côté écriture, on a de la chance que cette tragédie SF ne s'étende que sur 3 volumes pour ne pas faire étirer les choses en longueur. En comparaison, Dragon Head propose 10 volumes pour moins. Un bon scénario qui lorgne du côté du Seigneur des mouches et de Sunshine, des influences qui vont de Satoshi Kon à Akira, des pages très joliment colorées, de beaux livres dont les tranches sont noircies collent au vide du vaisseau, vraiment il n'y a rien qui puisse freiner l'achat.
Cette nouvelle série est le nouveau pari des Editions Ki-oon. Elle a en effet quelques bons atouts : il s'agit d'un récit se situant dans un vaisseau presque détruit par une pluie de météorites, à bord duquel les seuls survivants sont des enfants, et l'approche d'une mort quasi certaine va révéler leur vraie nature... C'est aussi un récit dans le récit, par le biais du journal de Kazuma, trouvé par des pilleurs d'épaves quelques années plus tard. Comme eux, on a envie de savoir quel a été le destin de ces enfants dans ce piège mortel qu'est devenue l'épave... Il est à noter que leur comportement n'est pas forcément rationnel, mais sait-on comment on régirait dans une telle situation ? Le robot est utilisé par l'auteur à bon escient, avec parcimonie. Le personnage de Futaba est aussi plutôt inquiétant, alors que nous nous trouvons dans la peau de Kazuma, prototype du collégien naïf et gentil. Le dessin est un brin particulier. Alors que la partie dans le futur (avec les pillards) est clairement inspirée graphiquement par Otomo, la partie du passé est plus difficile à caser. Les personnages ont des visages disharmonieux, qui manquent de régularité dans le sens où il faut ausculter les situations ou les conversations pour comprendre de qui il s'agit. C'est le seul défaut de ce manga, qui se termine en trois volumes, pour un suspense déjà à la limite du supportable à la fin du premier. Je lirai donc la suite avec curiosité et plaisir.
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