Voilà... 19e tome achevé... et me revoilà relancé...
Je ne vais pas vous refaire le topo d'une histoire de zombie qui a su s'imposer aujourd'hui comme un des classique du genre ; je vais donc me contenter de vous en livrer mon impression, histoire d'ajouter aux avis précédents une petite touche personnelle.
Moi qui trouvait que cette série à rallonge commençait un peu à tourner en rond, ce dernier tome a su me raccrocher à la loco qu'Adlard et Kirkman ont su poser sur les rails bien huilés d'un récit qui rend vite dépendant. Un peu hypnotisé, lobotomisé, mode zombie [ON], j'ai enchaîné les tomes les uns après les autres... On découvre les personnages, le temps de s'attacher... et de les voir crever... Pas facile et marrante la vie en mode survie. C'est vrai ça ! Et nous, on ferait quoi à leur place ? On deviendrait lequel de ces personnages ? Un bon petit soldat résigné ? Une crevure de première ? Ou un meneur d'homme ?
Car c'est là tout l'intérêt de cette série. Découvrir face à l'adversité et l'ignominie des situations les réactions et évolutions de ces personnages confrontés au pire...
Le dessin de Charlie Adlard tout en noir et blanc rend à merveille les ambiances et les tensions qui font la colonne vertébrale de cette série, jouant comme il faut avec les planches pleines pages pour marquer les moments forts.
Ah, j'oubliais, vous trouverez aussi quelques zombies au fil des pages pour égayer le décor de cette tragique saga humaine...
Au final (enfin, s'il y en a un un jour...), une série qui se laisse dévorer malgré quelques flottements au cours de certaines tomes. Du très bon dont je ne peux que conseiller la lecture et l'achat si vous avez la place et le porte monnaie qui suit !
Le Chat de Geluck fait partie de notre patrimoine belge, du moins je le perçois comme cela. Les gags ne sont pas tous hilarants mais certains frappent juste et bien. À écrire l’avis, j’en ai encore quelques uns en tête. Les jeux de mots et l’absurde sont les maîtres-mots du travail de Geluck et personnellement, j’apprécie cet humour.
Que l’on ne s’y trompe pas, le travail graphique est recherché et s’harmonise avec justesse avec les jeux de mots. Minimaliste n’est pas synonyme de médiocre…
Alors certes, je ne lis pas les albums comme je lirais certaines séries cultes mais de temps en temps, j’apprécie ressortir un album et me relire quelques gags.
Difficile de rédiger une critique sur Trucs en Vrac quand on a déjà évoqué la Rubrique-à-Brac et les Dingodossiers, dont cette série est un mélange de restes.
Le plus amusant est peut-être de comparer, dans un même album, les planches relevant de ces deux périodes. L'humour potache et boy-scout des Dingodossiers voisinant avec l'absurde foutraque de la RàB.
Les trois séries sont indispensables pour tous les amateurs de Gotlib.
Une belle série qui m'a laissé à la première lecture une impression marquante d'étrangeté onirique. L'impression de se promener dans un rêve éveillé, où l'histoire, comme dans les rêves justement, n'est jamais écrite à l'avance mais s'invente au fur et à mesure.
Il me semble, c'est en tout cas l'impression que ça donne, que Moebius ne savait pas où il allait au départ. J'ai d'ailleurs lu qu'il avait démarré sur une histoire de commande qui n'avait pas forcément vocation à se poursuivre très loin.
A la manière d'un Jorodowsky, il se laisse emmener par son propre inconscient, à travers une histoire qui devient en réalité une parabole du passage à l'âge adulte. Les personnages, totalement asexués au début, devenant peu à peu plus libres et plus adultes, à la fois physiquement et moralement.
Le trait de Moebius lui-même évolue au fil de la série.
Une très jolie série, singulière et envoûtante, qui a lancé la carrière d'un grand et marqué toute une génération de suiveurs.
Incroyable ! Je n'avais jamais rédigé de critique sur cette série que je considère comme une des meilleures séries courtes de toute la bande dessinée. Le 5/5 n'est pas loin.
Joe Haldeman, ancien du Vietnam, a transposé dans un univers de science-fiction ses propres souvenirs de guerre et cette impression de revenir, après son service, dans un monde profondément changé, comme si des siècles s'étaient écoulés depuis son départ.
Dans cette histoire, c'est véritablement ce qui arrive aux deux héros, victimes, comme les autres soldats de cette guerre à très longue distance, de la relativité einsteinienne et de la différence d'écoulement du temps pour celui qui voyage à des vitesses très élevées.
Ces jeunes conscrits de la fin du 21e siècle se retrouveront vétérans 300 ans plus tard, après quelques campagnes seulement, sur une Terre qui n'a plus rien à voir avec celle qu'ils ont quitté.
Mais la guerre au fait ? Qui l'a déclenchée ? On ne sait pas très bien. Mais la rencontre soudaine entre deux civilisations intelligentes avait-elle une chance d'être amicale ? L'Autre est forcément un danger...
Et qui l'a gagnée ? Personne en réalité. Mais il aura fallu trois siècles d'affrontement sans pitié pour appprendre à se connaître, puis apprendre à se parler. Le premier échange diplomatique, qui met presque aussitôt fin au conflit, révèle l'ampleur du malentendu : "pourquoi nous avez vous attaqués ?" "Nous, mais c'est vous qui avez commencé...".
Ouf, je viens de venir à bout de ce gros pavé et je dois dire que malgré quelques difficultés à rentrer dans l'histoire, je suis content de cette lecture.
Hirata nous emmène dans le Japon du 17ème siècle, où les clans les plus puissants se disputent un record de tir à l'arc. La compétition dépasse largement le cadre « sportif » (désolé pour cet anachronisme) pour prendre une tournure éminemment politique. Les grandes familles mobilisent des moyens financiers et humains gigantesques pour avoir l'honneur de compter parmi leurs rangs le meilleur des archers.
Bien qu'étant une œuvre de fiction, l'album tire vers le documentaire. L'histoire est relativement simple mais l'intérêt est surtout dans la reconstitution minutieuse et très documentée du Japon de l'époque par le prisme du kyudo. Derrière la quête forcenée d'un jeune homme pour devenir le « premier sous le ciel », Hirata décortique une société féodale complexe et codifiée où le sens de l'honneur justifie toutes les dépenses, toutes les injustices et tous les sacrifices.
Graphiquement, c'est très réussi. Le trait est réaliste et beaucoup de soin est apporté à la reconstitution du Japon médiéval. Par contre, on s'y perd un peu dans la foule de personnages gravitant autour du héros. Beaucoup d'entre eux se ressemblent et cela nuit parfois à la parfaite compréhension de certaines scènes.
L'édition proposée par Delcourt est magnifique et proposent de nombreuses pages de notes très bien faites.
Monumental et passionnant, L'Âme du Kyudo est un album marquant que je conseille vivement.
D’emblée on est séduit par l’élégante ligne claire et les couleurs vives et chaudes de ce polar vintage, dont l’action se déroule entre Cuba et le sud des Etats-Unis dans les années 50. Le fait de situer l’histoire quelques mois avant l’arrivée de Fidel Castro confère à l’ouvrage un caractère historique sans pour autant en faire un plaidoyer politique, et ne peut s’expliquer que pour les besoins du scénario. En effet, Cuba à cette époque n’était encore que la poule de luxe exotique des Etats-Unis voisins, sorte d’appendice sulfureux du rêve américain. Fidel Castro n’avait pas encore tiré le rideau de fer qui allait mettre sous cloche le pays pendant plusieurs décennies, sans doute le prix à payer pour éradiquer toutes les tares d’un capitalisme queutard à pompes en croco, accro à la « perico » (la cocaïne en argot cubain). Quant aux rutilantes limousines, magnifiquement dessinées par Philippe Berthet, elles n’étaient pas encore devenues les reliques tenaces d’un passé clinquant et faussement glorieux.
Cette série noire, plutôt classique et très léchée dans la forme, bénéficie d’un scénario parfaitement huilé au suspense haletant. Signé du prolifique Régis Hautière, il joue sur le contraste entre le quasi tout-puissant baron de la drogue Señor Trafficante et le jeune Joaquin issu des quartiers pauvres, qui doit fuir avec une valise de biffetons aussi encombrante qu’émancipatrice, le faisant passer brutalement de l’adolescence à l’âge adulte. Preuve indéniable de l’objectif atteint, on referme le livre avec l’envie de connaître la seconde partie de ce diptyque.
J'ai beaucoup aimé cette série car je suis un grand amateur de légendes et de mythologie et j'ai trouvé qu'elle donnait une belle vie à la mythologie grecque et la rendait bien accessible à un lectorat jeunesse.
Car c'est une série jeunesse avant tout, avec des aventures mouvementées et gentillettes que je dirais destinées en priorité aux pré-ados ou jeunes adolescents, mais j'ai pris du plaisir à les lire.
J'ai aimé le dynamisme et la densité de ses histoires. Il s'y passe beaucoup de choses, c'est parfois légèrement confus, mais j'ai apprécié.
J'ai aimé le large panel de personnages mythologiques présentés, allant des très connus dieux de l'olympe et autres titans jusqu'aux bien plus rares moires, dryades et autres hécatonchires. J'ai trouvé cette représentation de la mythologie assez respectueuse tout en restant légère et parfois gentiment parodique. J'avais apprécié la plus ancienne série Valhalla pour les mêmes qualités.
J'ai bien aimé le graphisme moderne, un petit peu influencé par le manga. Je le trouve frais et je trouve les protagonistes féminines très mignonnes. Le changement d'encrage dans le second tome, très visible dès la couverture, m'a cependant un peu surpris. Cela donne l'impression que les planches sont encrées au feutre, ce qui les rend certes plus limpides mais donne un sentiment de plus grossier, trop peu détaillé. Heureusement, le rythme narratif et la mise en page efficace permet de passer outre et de conserver en ce qui me concerne le plaisir de lecture.
Quant aux intrigues en elles-mêmes, comme dit plus haut, j'aime leur densité même si elles manquent parfois un petit peu de structure, ayant légèrement tendance à s'éparpiller. Je trouve que le personnage d'Heraclès est un peu trop mis en avant, amenant parfois à se demander si c'est vraiment Prunelle l'héroïne et ce qu'apporte Totor le Taureau Astérios le minotaure à part servir de faire-valoir.
Bref, ce n'est pas une série parfaite et elle ne plaira probablement pas à tout le monde du fait de son graphisme, notamment à partir du second tome, du léger manque de tenue des scénarios et de son ton parfois un peu trop enfantin, mais moi je l'ai appréciée et je la conseillerais aux jeunes lecteurs pour avoir un aperçu dynamique et pas prise de tête d'une belle partie de la mythologie grecque.
J'avais déjà bien aimé Le Sourire de la babysitter. Voilà une reprise de ce même récit assez salutaire. En effet, le résultat final me plaît et m'a davantage convaincu. On ne lâche à aucun moment cette lecture assez fluide.
Il est vrai que ces deux filles sont de véritables garces dont il faudra se méfier. Cependant, j'ai bien aimé le final où l'on voit que les chemins parfois se séparent. La conclusion m'a rappelé de mauvais souvenirs avec l'amitié. Qui cesse d'être un ami ne l'a jamais été disait le proverbe. Je pense plutôt qu'il faut le voir comme l'auteur, c'est à dire comme une étape de sa vie qui nous permet d'acquérir de la maturité.
Il est vrai que cela se concentre sur le plaisir et sur le désir avec la tentation. On peut avoir une autre lecture sur le plan des relations amicales dans une compétition finalement assez malsaine. Bref, sous un aspect assez léger, il y a une profonde réflexion. La fin de ce récit ne sera pas si immorale que cela !
Cela fait des lustres que je n’ai plus lu Buck Danny, c’est une série que j’apprécie pour la solidité de ses scénarios et son dessin académique mais le monde de la BD évolue et ce type de série a tendance à glisser lentement mais sûrement vers la rubrique « souvenirs ».
C’est donc avec beaucoup de curiosité que j’ai découvert la série parallèle « classic » dont le but avoué est de rendre hommage aux créateurs V. Hubinon et J.M. Charlier et bien sûr assurer une certaine continuité avec la série mère. (Il y a évidemment l’aspect commercial).
Incontestablement ce premier tome de « Sabre sur la Corée » est une réussite et colle parfaitement avec l’ambiance de l’œuvre de Charlier Hubinon. Le duo Arroyo – Zumbiehl offre une nouvelle jeunesse à Buck Danny.
Le scénario est plus que correct, un scénario à la J.M. Charlier (peut être trop ?) qui nous emmène à l’époque de la guerre de Corée alors que les relations avec les Russes sont au plus mal.
Le dessin est bien modernisé, petit bémol pour les visages qui ne sont pas assez expressifs ou détaillés mais l’ensemble est bon. Mention spéciale pour la couverture et le dos de l’album.
J’espère une bonne suite à cette série qui pour l’instant se marie bien avec la série originelle, tout n’est peut être pas à garder car le pro USA n’est plus vraiment au goût du jour…, même si beaucoup de lecteurs en font abstraction.
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Walking Dead
Voilà... 19e tome achevé... et me revoilà relancé... Je ne vais pas vous refaire le topo d'une histoire de zombie qui a su s'imposer aujourd'hui comme un des classique du genre ; je vais donc me contenter de vous en livrer mon impression, histoire d'ajouter aux avis précédents une petite touche personnelle. Moi qui trouvait que cette série à rallonge commençait un peu à tourner en rond, ce dernier tome a su me raccrocher à la loco qu'Adlard et Kirkman ont su poser sur les rails bien huilés d'un récit qui rend vite dépendant. Un peu hypnotisé, lobotomisé, mode zombie [ON], j'ai enchaîné les tomes les uns après les autres... On découvre les personnages, le temps de s'attacher... et de les voir crever... Pas facile et marrante la vie en mode survie. C'est vrai ça ! Et nous, on ferait quoi à leur place ? On deviendrait lequel de ces personnages ? Un bon petit soldat résigné ? Une crevure de première ? Ou un meneur d'homme ? Car c'est là tout l'intérêt de cette série. Découvrir face à l'adversité et l'ignominie des situations les réactions et évolutions de ces personnages confrontés au pire... Le dessin de Charlie Adlard tout en noir et blanc rend à merveille les ambiances et les tensions qui font la colonne vertébrale de cette série, jouant comme il faut avec les planches pleines pages pour marquer les moments forts. Ah, j'oubliais, vous trouverez aussi quelques zombies au fil des pages pour égayer le décor de cette tragique saga humaine... Au final (enfin, s'il y en a un un jour...), une série qui se laisse dévorer malgré quelques flottements au cours de certaines tomes. Du très bon dont je ne peux que conseiller la lecture et l'achat si vous avez la place et le porte monnaie qui suit !
Le Chat
Le Chat de Geluck fait partie de notre patrimoine belge, du moins je le perçois comme cela. Les gags ne sont pas tous hilarants mais certains frappent juste et bien. À écrire l’avis, j’en ai encore quelques uns en tête. Les jeux de mots et l’absurde sont les maîtres-mots du travail de Geluck et personnellement, j’apprécie cet humour. Que l’on ne s’y trompe pas, le travail graphique est recherché et s’harmonise avec justesse avec les jeux de mots. Minimaliste n’est pas synonyme de médiocre… Alors certes, je ne lis pas les albums comme je lirais certaines séries cultes mais de temps en temps, j’apprécie ressortir un album et me relire quelques gags.
Trucs-en-Vrac
Difficile de rédiger une critique sur Trucs en Vrac quand on a déjà évoqué la Rubrique-à-Brac et les Dingodossiers, dont cette série est un mélange de restes. Le plus amusant est peut-être de comparer, dans un même album, les planches relevant de ces deux périodes. L'humour potache et boy-scout des Dingodossiers voisinant avec l'absurde foutraque de la RàB. Les trois séries sont indispensables pour tous les amateurs de Gotlib.
Le Monde d'Edena
Une belle série qui m'a laissé à la première lecture une impression marquante d'étrangeté onirique. L'impression de se promener dans un rêve éveillé, où l'histoire, comme dans les rêves justement, n'est jamais écrite à l'avance mais s'invente au fur et à mesure. Il me semble, c'est en tout cas l'impression que ça donne, que Moebius ne savait pas où il allait au départ. J'ai d'ailleurs lu qu'il avait démarré sur une histoire de commande qui n'avait pas forcément vocation à se poursuivre très loin. A la manière d'un Jorodowsky, il se laisse emmener par son propre inconscient, à travers une histoire qui devient en réalité une parabole du passage à l'âge adulte. Les personnages, totalement asexués au début, devenant peu à peu plus libres et plus adultes, à la fois physiquement et moralement. Le trait de Moebius lui-même évolue au fil de la série. Une très jolie série, singulière et envoûtante, qui a lancé la carrière d'un grand et marqué toute une génération de suiveurs.
La Guerre Eternelle
Incroyable ! Je n'avais jamais rédigé de critique sur cette série que je considère comme une des meilleures séries courtes de toute la bande dessinée. Le 5/5 n'est pas loin. Joe Haldeman, ancien du Vietnam, a transposé dans un univers de science-fiction ses propres souvenirs de guerre et cette impression de revenir, après son service, dans un monde profondément changé, comme si des siècles s'étaient écoulés depuis son départ. Dans cette histoire, c'est véritablement ce qui arrive aux deux héros, victimes, comme les autres soldats de cette guerre à très longue distance, de la relativité einsteinienne et de la différence d'écoulement du temps pour celui qui voyage à des vitesses très élevées. Ces jeunes conscrits de la fin du 21e siècle se retrouveront vétérans 300 ans plus tard, après quelques campagnes seulement, sur une Terre qui n'a plus rien à voir avec celle qu'ils ont quitté. Mais la guerre au fait ? Qui l'a déclenchée ? On ne sait pas très bien. Mais la rencontre soudaine entre deux civilisations intelligentes avait-elle une chance d'être amicale ? L'Autre est forcément un danger... Et qui l'a gagnée ? Personne en réalité. Mais il aura fallu trois siècles d'affrontement sans pitié pour appprendre à se connaître, puis apprendre à se parler. Le premier échange diplomatique, qui met presque aussitôt fin au conflit, révèle l'ampleur du malentendu : "pourquoi nous avez vous attaqués ?" "Nous, mais c'est vous qui avez commencé...".
L'Âme du Kyudo
Ouf, je viens de venir à bout de ce gros pavé et je dois dire que malgré quelques difficultés à rentrer dans l'histoire, je suis content de cette lecture. Hirata nous emmène dans le Japon du 17ème siècle, où les clans les plus puissants se disputent un record de tir à l'arc. La compétition dépasse largement le cadre « sportif » (désolé pour cet anachronisme) pour prendre une tournure éminemment politique. Les grandes familles mobilisent des moyens financiers et humains gigantesques pour avoir l'honneur de compter parmi leurs rangs le meilleur des archers. Bien qu'étant une œuvre de fiction, l'album tire vers le documentaire. L'histoire est relativement simple mais l'intérêt est surtout dans la reconstitution minutieuse et très documentée du Japon de l'époque par le prisme du kyudo. Derrière la quête forcenée d'un jeune homme pour devenir le « premier sous le ciel », Hirata décortique une société féodale complexe et codifiée où le sens de l'honneur justifie toutes les dépenses, toutes les injustices et tous les sacrifices. Graphiquement, c'est très réussi. Le trait est réaliste et beaucoup de soin est apporté à la reconstitution du Japon médiéval. Par contre, on s'y perd un peu dans la foule de personnages gravitant autour du héros. Beaucoup d'entre eux se ressemblent et cela nuit parfois à la parfaite compréhension de certaines scènes. L'édition proposée par Delcourt est magnifique et proposent de nombreuses pages de notes très bien faites. Monumental et passionnant, L'Âme du Kyudo est un album marquant que je conseille vivement.
Perico
D’emblée on est séduit par l’élégante ligne claire et les couleurs vives et chaudes de ce polar vintage, dont l’action se déroule entre Cuba et le sud des Etats-Unis dans les années 50. Le fait de situer l’histoire quelques mois avant l’arrivée de Fidel Castro confère à l’ouvrage un caractère historique sans pour autant en faire un plaidoyer politique, et ne peut s’expliquer que pour les besoins du scénario. En effet, Cuba à cette époque n’était encore que la poule de luxe exotique des Etats-Unis voisins, sorte d’appendice sulfureux du rêve américain. Fidel Castro n’avait pas encore tiré le rideau de fer qui allait mettre sous cloche le pays pendant plusieurs décennies, sans doute le prix à payer pour éradiquer toutes les tares d’un capitalisme queutard à pompes en croco, accro à la « perico » (la cocaïne en argot cubain). Quant aux rutilantes limousines, magnifiquement dessinées par Philippe Berthet, elles n’étaient pas encore devenues les reliques tenaces d’un passé clinquant et faussement glorieux. Cette série noire, plutôt classique et très léchée dans la forme, bénéficie d’un scénario parfaitement huilé au suspense haletant. Signé du prolifique Régis Hautière, il joue sur le contraste entre le quasi tout-puissant baron de la drogue Señor Trafficante et le jeune Joaquin issu des quartiers pauvres, qui doit fuir avec une valise de biffetons aussi encombrante qu’émancipatrice, le faisant passer brutalement de l’adolescence à l’âge adulte. Preuve indéniable de l’objectif atteint, on referme le livre avec l’envie de connaître la seconde partie de ce diptyque.
Prunelle
J'ai beaucoup aimé cette série car je suis un grand amateur de légendes et de mythologie et j'ai trouvé qu'elle donnait une belle vie à la mythologie grecque et la rendait bien accessible à un lectorat jeunesse. Car c'est une série jeunesse avant tout, avec des aventures mouvementées et gentillettes que je dirais destinées en priorité aux pré-ados ou jeunes adolescents, mais j'ai pris du plaisir à les lire. J'ai aimé le dynamisme et la densité de ses histoires. Il s'y passe beaucoup de choses, c'est parfois légèrement confus, mais j'ai apprécié. J'ai aimé le large panel de personnages mythologiques présentés, allant des très connus dieux de l'olympe et autres titans jusqu'aux bien plus rares moires, dryades et autres hécatonchires. J'ai trouvé cette représentation de la mythologie assez respectueuse tout en restant légère et parfois gentiment parodique. J'avais apprécié la plus ancienne série Valhalla pour les mêmes qualités. J'ai bien aimé le graphisme moderne, un petit peu influencé par le manga. Je le trouve frais et je trouve les protagonistes féminines très mignonnes. Le changement d'encrage dans le second tome, très visible dès la couverture, m'a cependant un peu surpris. Cela donne l'impression que les planches sont encrées au feutre, ce qui les rend certes plus limpides mais donne un sentiment de plus grossier, trop peu détaillé. Heureusement, le rythme narratif et la mise en page efficace permet de passer outre et de conserver en ce qui me concerne le plaisir de lecture. Quant aux intrigues en elles-mêmes, comme dit plus haut, j'aime leur densité même si elles manquent parfois un petit peu de structure, ayant légèrement tendance à s'éparpiller. Je trouve que le personnage d'Heraclès est un peu trop mis en avant, amenant parfois à se demander si c'est vraiment Prunelle l'héroïne et ce qu'apporte
Totor le TaureauAstérios le minotaure à part servir de faire-valoir. Bref, ce n'est pas une série parfaite et elle ne plaira probablement pas à tout le monde du fait de son graphisme, notamment à partir du second tome, du léger manque de tenue des scénarios et de son ton parfois un peu trop enfantin, mais moi je l'ai appréciée et je la conseillerais aux jeunes lecteurs pour avoir un aperçu dynamique et pas prise de tête d'une belle partie de la mythologie grecque.Une petite tentation
J'avais déjà bien aimé Le Sourire de la babysitter. Voilà une reprise de ce même récit assez salutaire. En effet, le résultat final me plaît et m'a davantage convaincu. On ne lâche à aucun moment cette lecture assez fluide. Il est vrai que ces deux filles sont de véritables garces dont il faudra se méfier. Cependant, j'ai bien aimé le final où l'on voit que les chemins parfois se séparent. La conclusion m'a rappelé de mauvais souvenirs avec l'amitié. Qui cesse d'être un ami ne l'a jamais été disait le proverbe. Je pense plutôt qu'il faut le voir comme l'auteur, c'est à dire comme une étape de sa vie qui nous permet d'acquérir de la maturité. Il est vrai que cela se concentre sur le plaisir et sur le désir avec la tentation. On peut avoir une autre lecture sur le plan des relations amicales dans une compétition finalement assez malsaine. Bref, sous un aspect assez léger, il y a une profonde réflexion. La fin de ce récit ne sera pas si immorale que cela !
Les Aventures de Buck Danny (classic)
Cela fait des lustres que je n’ai plus lu Buck Danny, c’est une série que j’apprécie pour la solidité de ses scénarios et son dessin académique mais le monde de la BD évolue et ce type de série a tendance à glisser lentement mais sûrement vers la rubrique « souvenirs ». C’est donc avec beaucoup de curiosité que j’ai découvert la série parallèle « classic » dont le but avoué est de rendre hommage aux créateurs V. Hubinon et J.M. Charlier et bien sûr assurer une certaine continuité avec la série mère. (Il y a évidemment l’aspect commercial). Incontestablement ce premier tome de « Sabre sur la Corée » est une réussite et colle parfaitement avec l’ambiance de l’œuvre de Charlier Hubinon. Le duo Arroyo – Zumbiehl offre une nouvelle jeunesse à Buck Danny. Le scénario est plus que correct, un scénario à la J.M. Charlier (peut être trop ?) qui nous emmène à l’époque de la guerre de Corée alors que les relations avec les Russes sont au plus mal. Le dessin est bien modernisé, petit bémol pour les visages qui ne sont pas assez expressifs ou détaillés mais l’ensemble est bon. Mention spéciale pour la couverture et le dos de l’album. J’espère une bonne suite à cette série qui pour l’instant se marie bien avec la série originelle, tout n’est peut être pas à garder car le pro USA n’est plus vraiment au goût du jour…, même si beaucoup de lecteurs en font abstraction.