Comme beaucoup de lecteurs, j’avoue être tombé sous le charme de « Ma révérence ».
Il faut reconnaître que l’album possède pas mal de qualités et ce n’est pas ce à quoi je m’attendais au départ. Je pensais qu’on aurait affaire à une simple histoire classique de braquage mais c’est plus que ça. C’est un polar mais aussi une chronique sociale bien proche de notre réalité avec une psychologie des protagonistes bien fouillée (c’est ça que j’aime avant tout quand je lis une BD)
Le personnage de Gaby est vraiment sympa et drôle, c’est un plaisir à chaque fois qu’il apparaît.
L’histoire est bien ficelée, dynamique, on rentre vite dedans pour ne plus lâcher jusqu’à la fin.
Le dessin, quant à lui, résolument moderne, est en parfait accord avec l'ambiance du récit.
A lire sans hésiter si ce n'est pas encore fait.
Je ne connais pas le roman d'origine donc je ne pourrais pas dire si l'adaptation est fidèle au bouquin. Par contre je peux dire qu'elle est réussie tant j'ai trouvé cette lecture agréable et prenante.
La double page initiale permettant de présenter tous les protagonistes est une très bonne idée. On peut facilement y jeter un coup d’œil en cours de lecture, lorsqu'on a un doute sur tel ou tel personnage. Après on rentre vite dans le vif du sujet pour ne plus lâcher l'album avant le dénouement.
On a vraiment une bonne histoire, qui pour ne rien gâcher est vraiment bien racontée ! Tout y est. L'ambiance, le petit village où bon nombre d'habitants ont quelque chose à cacher, un meurtre, une enquête prenante et pleine de mystères, des rebondissements, plusieurs suspects potentiels, des liens avec des événements passés... Je crois qu'il y a là absolument tous les éléments d'un bon polar. D’ailleurs cette BD se lit exactement comme un très bon roman policier, d'une traite.
Le dessin est également très agréable, on ne confond pas les personnages, malgré leur nombre. L’ambiance est bien rendue. Un album sans aucune fausse note.
Entre thriller et récit historique, une intrigue alambiquée imaginée par Convard qui retrouve le brio de Le Triangle Secret en utilisant comme personnage de façon inattendue Léonard de Vinci (et une peinture que je vous laisse découvrir) au milieu de meurtres atroces et d'énigmes, et le tout raconté brillamment par le roi François Ier, cette narration ne manquant pas d'audace.
Convard a recours adroitement à des ficelles éprouvées de polar historique ou moderne ; malgré cet aspect de déjà vu et le sentiment que la trame de l'histoire est vite suggérée, il ne reste au récit qu'à être suffisamment passionnant pour qu'on ait envie d'en connaître le dénouement (qu'on devine de plus en plus avant la fin).
J'ai particulièrement apprécié la précision toujours aussi légendaire de Chaillet, surtout dans les décors de Milan, Venise ou Florence, son dessin est irréprochable, son trait plus épais, sa mise en page plus moderne, de même qu'il adopte la technique du dessin en double page, qu'il avait très peu utilisée jusqu'ici, seulement à de rares exceptions sur Vasco. Son style n'est ici plus redevable à Jacques Martin, il a bien évolué, même s'il garde un air de famille fidèle à cette Ligne Claire que j'aime. Un diptyque de qualité.
La Princesse des Glaces est l’adaptation d’un roman policier nordique. Et qui dit roman policier nordique pense Millénium. A raison dans le cas présent puisque nous nous retrouvons un peu devant le même genre d’intrigue : un village paumé, un secret de famille, des notables, des ratés et des tordus… et bien sûr un cadavre.
La Princesse des Glaces exploite une multitude de personnages. Et qui dit personnages multiples pense risque de confusion. Ici, le risque est subtilement esquivé grâce aux deux premières pages de l’album qui nous présentent les différents protagonistes. Il est alors facile, en cours de lecture, de revenir sur ces deux pages pour bien visualiser les acteurs. C’est bien vu, très pratique et utile, surtout au début du récit lorsque les têtes de ces personnages ne sont pas encore bien ancrées dans notre esprit.
La Princesse des Glaces est un roman policier. Et qui dit roman policier pense codes. La majeure partie de ces codes sont bien présents. Fausses pistes, liens secrets entre certains protagonistes, suspense entretenu jusqu’à la fin, coupable tout désigné, ce sont des passages obligés pour un récit du genre. Et cette enquête tient toutes ses promesses ! J’ai vraiment eu du plaisir à suivre son déroulement jusqu’à sa résolution finale tout aussi logique que surprenante (du moins durant les deux premiers tiers de l’album, le faisceau d’indices permettant au fil des pages de cerner les tenants et aboutissants). J’ai grandement apprécié la cohérence de l’intrigue.
La Princesse des Glaces est un roman policier à dimension humaine. Et qui dit dimension humaine pense soin accordé aux profils psychologiques. Et c’est un fait que les multiples acteurs peuplant ce récit ont tous une personnalité propre. Certains sont plus intéressants que d’autres mais tous ont leur utilité. L’histoire est vraiment construite sur ces personnages, ce qu’ils sont et ce qu’ils furent. On s’attache facilement à certains d’entre eux (à raison, parfois). On se plait à en détester d’autres (à tort, parfois). De ce point de vue également, ce récit est une belle réussite.
Qui dit bon roman pense conclusion qui impacte son lecteur. Et c’est un fait que la toute fin du récit, qui apporte un dernier éclairage sur l’affaire en question, m’a vraiment bien plu. C’est hyper classique mais tout aussi efficace.
Qui dit bande dessinée pense dessin. Le style employé ici m’a ravi car il permet de facilement différencier les multiples acteurs. La colorisation est elle aussi agréable tant elle parvient à créer des atmosphères tantôt glaçantes (quoi de plus logique), tantôt plus chaudes.
En définitive, et même si le récit ne contient pas de grosses surprises, la Princesse des Glaces est un excellent roman policier. Et qui dit excellent roman policier pense que vous seriez vraiment trop cons de passer à côté.
… A bon entendeur…
Grand fan des dessins de Munuera, je n'ai pas pu m'empêcher de découvrir ce premier tome où il est présent en tant que scénariste et dessinateur.
Le dessin est toujours aussi beau. Côté scénario j'ai aimé cette particularité de découper les parties de l'histoire en mini-histoires. Ça se lit très bien et je ne peux qu'encourager cette série. elle est prévue entre 3 et 5 tomes selon sa réussite auprès du public.
Je lui mets la note de 4/5 pour son dessin et son découpage de scénario que je trouve original pour une histoire de piraterie.
Je viens de relire mon avis après un puis deux tomes… Je vous le laisse ici dessous car ce que j’y écris me semble révélateur à plus d’un niveau. Cette série a grandi… Au fil des tomes, elle s’est affirmée et a fini par me conquérir complètement.
Si le dessin fait immédiatement penser à Bastien Vivès par sa spontanéité et son aspect jeté, presque brouillon, si le sujet quelque peu bateau de trois jeunes femmes devant sortir de l’adolescence pour entrer dans l’âge adulte fera fuir les allergiques aux romans graphiques, la justesse des mots, la qualité des silences, les nuances, les non-dits, l’émotion qui se dégage au fil des planches m’ont définitivement charmé.
Et si le thème a déjà souvent été exploré, la qualité première est ici de nous en offrir une vision actuelle, moderne et sensible. J’ai aimé voir ces trois jeunes femmes grandir, s’interroger dans leurs envies, mûrir, s’affirmer.
Et ce qui me semblait être autant de défauts au départ (couvertures hideuses, personnages multiples) se sont révélés n’être en aucune manière des obstacles à mon appréciation. J’en viens même à trouver la maquette des couvertures originale, c’est dire !
Non, franchement, je suis charmé, séduit, touché, ému. Le propos est simple et juste, bateau, sans doute… mais tellement bien tourné. Et puis cette idée de la randonnée dans le dernier tome, ce moment durant lequel ces filles peuvent se recentrer sur elles-mêmes… Je suis un grand partisan de la randonnée comme parenthèse vouée à la pensée et j’ai trouvé cet emploi tellement juste que ce passage est certainement pour beaucoup dans mon appréciation finale.
Je suis conquis et m'érige aujourd'hui en fervent défenseur de ce triptyque. Et si le premier tome ne vous convainc pas vraiment, je ne peux que vous inviter à continuer votre lecture car la série progresse constamment.
Un très beau roman graphique, simple et moderne.
Point très négatif : les couvertures ! Moins engageant que ça, je vois pas… Enfin, il y en a surement à qui ça plait, sinon ce projet aurait été refusé mais franchement, ces couleurs tranchées, ce découpage agressif et sans nuances, cette composition d’une froideur quasi clinique, ce n’est pas très heureux.
D’autant plus que le sujet, lui, relève du roman graphique doux amer pour adolescentes. Le contraste entre les couvertures et le sujet est donc énorme. Mais, bon, en général, le traitement graphique de l’œuvre m’a laissé quelque peu dubitatif. Non que ce soit mal dessiné… mais c’est un style… et ce style n’est pas le mien. L’auteur s’attarde principalement sur les regards ou les attitudes et se moque un peu du reste. Le trait est brut, les décors sont négligés…
Ceci dit, je me connais : si l’histoire m’intéresse, je suis capable de passer outre le dessin pourvu que celui-ci serve celle-là (je ne suis pas sûr que vous me suiviez, mais je me comprends).
L’histoire ? Le destin croisé de trois jeunes femmes. Rien ne les unit de prime abord et ce n’est qu’à la fin du premier tome que l’on comprend enfin quel type de relation elles sont amenées à entretenir.
La grosse difficulté que j’ai rencontrée dans ce premier tome est que, avec trois personnages principaux évoluant dans trois histoires initialement différentes, on a droit à trois fois des personnages secondaires… et quand on connait mon problème pour retenir les prénoms et le rôle de chaque personnage même dans une histoire assez simple, et bien ici, ce ne fut pas du gâteau. Mais j’ai rapidement senti le coup venir, donc je me suis focalisé sur ces fameux prénoms, n’ai pas hésité à faire des retours en arrière pour être sûr de ne pas me gourer… et m’en suis finalement sorti plus facilement que je ne le craignais.
Le deuxième tome a la bonne idée de limiter le nombre de personnages secondaire. L’histoire y gagne en clarté et permet au lecteur que je suis de mieux se centrer sur les relations entre les trois personnages centraux.
Chaque héroïne possède un profil propre mais le premier tome se résume finalement à une présentation de celles-ci. Et, à la fin dudit tome, on a un peu l’impression que l’histoire peut enfin commencer. Ceci dit, je ne me suis pas spécialement ennuyé durant ma lecture. La narration est fluide et ces tranches vie (avec trois cas d’espèce assez symboliques) sont quelque part assez intéressantes (mais elles toucheront sans doute plus un lectorat féminin que moi-même).
Le deuxième tome affine ces profils psychologiques et n’épargne pas ces jeunes filles. Les défauts sont autant mis en avant que les qualités, ce qui nous donne des profils crédibles. J’avoue être de plus en plus attaché aux personnages, même si l’envie de les baffer me démange parfois.
Après deux tomes, je suis donc suffisamment pris par le récit pour en conseiller l’achat. Je dirai même que si vous êtes fan du style « Vivès » et que les romans graphiques vous attirent, cette série pourrait bien se révéler être un maître-achat. Pour ma part, j’en reste à un 3/5 mais si je ne conseillais pas l’achat après le seul premier tome, ce deuxième tome m’a fait changer d’opinion.
« Les Mohamed » est une adaptation du roman « Mémoires d’immigrés » de Yamina Benguigui, racontant le calvaire des immigrés maghrébins et de leurs familles dans les années 60, alors que le gouvernement français se lançait dans une campagne d’importation de main d’œuvre bon-marché.
Le constat est édifiant : déracinement de tout un peuple, séparation de familles, ségrégation des travailleurs maghrébins, confinés dans des dortoirs lacustres sans aucun contact avec le monde extérieur, travail éreintant (mines, métallurgie) 6 ou 7 jours par semaine payé au lance pierre. Que de rêves et de vies brisés, l’histoire de Mamoud (page 79) a bien failli me faire chialer. Le ton est pourtant juste et ne verse pas (trop) dans le misérabilisme. Certains passages font preuve d’un optimisme et d’un humanisme qui fait plaisir à voir (voir « marche des beurs » sur la fin).
Par contre je suis moyennement convaincu par le format BD. Ce genre d’histoires basées presque exclusivement sur des entretiens témoignages sont par nature très verbeux, et la mise en image n’apporte finalement pas grand-chose. On sent pourtant que le dessinateur souhaite s’exprimer plus abondamment au travers quelques passages remplis de symbolisme, mais de manière générale on enchaine surtout les planches « entretiens », cad quelques visages et beaucoup de texte.
L’ouvrage est aussi un poil long, les témoignages finissent par se ressembler, ce qui en dilue leur impact, un comble !
Je recommande cependant cet ouvrage (ou le roman dont il est tiré) malgré ces petits détails techniques. Le contenu est poignant et instructif, et à mettre dans toutes les bibliothèques scolaires, pour rappeler à toute une génération le calvaire des immigrés français.
Saveur coco, c’est d’abord un album de Renaud Dillies. Alors oui, vous retrouverez les ingrédients habituels qui font toute la qualité de ses albums : les personnages animaliers, la musique, le côté tragique et poétique qui nous emportent chaque fois. Mais Saveur coco est différent. Pas vraiment de récit structuré ici, mais plutôt une rêverie étrange et absurde.
Ce songe laisse aussi plus de liberté au dessinateur, qui joue vraiment sur les cadrages et les effets décoratifs. Alternance de petites cases, de pleines-pages, de médaillons, jeux sur les répétitions, il n’y a plus ici la rigidité des cases, mais simplement un espace blanc ouvert à toute possibilité. Les couleurs sont à la fois douces, chaudes et lumineuses. Renaud Dillies se fait plaisir et le résultat est tout simplement beau.
Alors, laissez-vous entraîner dans cette fantasmagorie poétique, laissez-vous aller à l’étrange absurdité des rêves et suivez Jiři et Pôlka dans leur quête.
Impossible de faire l’impasse devant cette trilogie mystérieuse avec ce titre ironique et cette couverture magnifique évoquant d’un coup d’œil les thèmes effleurés : du steampunk, une silhouette humanoïde menaçante et une jolie poupée effrayée.
Ignacio Noé fait très fort dès les premières pages qui correspondent en réalité au cauchemar de l’héroïne Ally, une jeune fille bien sous toutes les coutures comme le titre l’évoque et à l’avenir tout tracé dans une Angleterre victorienne.
Promise à un riche notable et bien éduquée pour devenir l’épouse docile parfaite dans les strates de la haute société, Ally va voir son destin tout tracé être complètement bouleversé par le meurtre de son père et la vérité sur ses propres origines.
En réalité, fruit d’une expérience digne de celles de Jean-Jacques Rousseau sur l’éducation, Ally est une enfant adoptée et s’en va répudier tous les mensonges pour mener sa propre enquête sur son passé. Pleine de bonne volonté mais désœuvrée face à ces évènements violents, sa rencontre avec Juan et l’annonce d’une sœur jumelle cachée et inconnue va lui redonner le souffle nécessaire pour reprendre sa revanche sur sa propre existence…
C’est un véritable festival de couleurs et de formes que Ignacio Noé nous offre là dans ce premier tome d’une trilogie qui s’avère en tous points rafraichissante et divertissante. En assénant une série d’uppercuts tel un challenger, l’auteur évite les temps morts et fonce à 100 km/h dans un récit adulte, sensuel et hautement jouissif.
Les dessins pastel sont de toute beauté et s’il est encore difficile de définir où le récit s’oriente, on ressort de cette lecture un peu désarçonné mais conquis. L’environnement Steampunk se retrouve surtout dans les rêves de la demoiselle, quelques scènes dénudées nous rappelle que Noé a fait ses armes dans la bd érotique voire porno mais ce qui ressort de tout cela sont ses dessins incroyablement jolis et détaillés dans un style rose et gris pastel toute en nuances.
Si l’histoire continue sur un tel rythme, on tient là une véritable petite pépite dans un univers graphique des plus chatoyants… Une excellente surprise qui se lit un peu trop vite à mon goût mais dont j’attends désormais la suite avec impatience et gourmandise.
Beau graphisme, belle colorisation, scénario sympathique et quelquefois émouvant, personnages attachants ; que demander de plus au terme de ces deux premiers opus. Un très belle surprise.
Et vivement que l'ensemble garde la même tenue pour les albums à suivre ...
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Ma révérence
Comme beaucoup de lecteurs, j’avoue être tombé sous le charme de « Ma révérence ». Il faut reconnaître que l’album possède pas mal de qualités et ce n’est pas ce à quoi je m’attendais au départ. Je pensais qu’on aurait affaire à une simple histoire classique de braquage mais c’est plus que ça. C’est un polar mais aussi une chronique sociale bien proche de notre réalité avec une psychologie des protagonistes bien fouillée (c’est ça que j’aime avant tout quand je lis une BD) Le personnage de Gaby est vraiment sympa et drôle, c’est un plaisir à chaque fois qu’il apparaît. L’histoire est bien ficelée, dynamique, on rentre vite dedans pour ne plus lâcher jusqu’à la fin. Le dessin, quant à lui, résolument moderne, est en parfait accord avec l'ambiance du récit. A lire sans hésiter si ce n'est pas encore fait.
La Princesse des Glaces
Je ne connais pas le roman d'origine donc je ne pourrais pas dire si l'adaptation est fidèle au bouquin. Par contre je peux dire qu'elle est réussie tant j'ai trouvé cette lecture agréable et prenante. La double page initiale permettant de présenter tous les protagonistes est une très bonne idée. On peut facilement y jeter un coup d’œil en cours de lecture, lorsqu'on a un doute sur tel ou tel personnage. Après on rentre vite dans le vif du sujet pour ne plus lâcher l'album avant le dénouement. On a vraiment une bonne histoire, qui pour ne rien gâcher est vraiment bien racontée ! Tout y est. L'ambiance, le petit village où bon nombre d'habitants ont quelque chose à cacher, un meurtre, une enquête prenante et pleine de mystères, des rebondissements, plusieurs suspects potentiels, des liens avec des événements passés... Je crois qu'il y a là absolument tous les éléments d'un bon polar. D’ailleurs cette BD se lit exactement comme un très bon roman policier, d'une traite. Le dessin est également très agréable, on ne confond pas les personnages, malgré leur nombre. L’ambiance est bien rendue. Un album sans aucune fausse note.
Vinci
Entre thriller et récit historique, une intrigue alambiquée imaginée par Convard qui retrouve le brio de Le Triangle Secret en utilisant comme personnage de façon inattendue Léonard de Vinci (et une peinture que je vous laisse découvrir) au milieu de meurtres atroces et d'énigmes, et le tout raconté brillamment par le roi François Ier, cette narration ne manquant pas d'audace. Convard a recours adroitement à des ficelles éprouvées de polar historique ou moderne ; malgré cet aspect de déjà vu et le sentiment que la trame de l'histoire est vite suggérée, il ne reste au récit qu'à être suffisamment passionnant pour qu'on ait envie d'en connaître le dénouement (qu'on devine de plus en plus avant la fin). J'ai particulièrement apprécié la précision toujours aussi légendaire de Chaillet, surtout dans les décors de Milan, Venise ou Florence, son dessin est irréprochable, son trait plus épais, sa mise en page plus moderne, de même qu'il adopte la technique du dessin en double page, qu'il avait très peu utilisée jusqu'ici, seulement à de rares exceptions sur Vasco. Son style n'est ici plus redevable à Jacques Martin, il a bien évolué, même s'il garde un air de famille fidèle à cette Ligne Claire que j'aime. Un diptyque de qualité.
La Princesse des Glaces
La Princesse des Glaces est l’adaptation d’un roman policier nordique. Et qui dit roman policier nordique pense Millénium. A raison dans le cas présent puisque nous nous retrouvons un peu devant le même genre d’intrigue : un village paumé, un secret de famille, des notables, des ratés et des tordus… et bien sûr un cadavre. La Princesse des Glaces exploite une multitude de personnages. Et qui dit personnages multiples pense risque de confusion. Ici, le risque est subtilement esquivé grâce aux deux premières pages de l’album qui nous présentent les différents protagonistes. Il est alors facile, en cours de lecture, de revenir sur ces deux pages pour bien visualiser les acteurs. C’est bien vu, très pratique et utile, surtout au début du récit lorsque les têtes de ces personnages ne sont pas encore bien ancrées dans notre esprit. La Princesse des Glaces est un roman policier. Et qui dit roman policier pense codes. La majeure partie de ces codes sont bien présents. Fausses pistes, liens secrets entre certains protagonistes, suspense entretenu jusqu’à la fin, coupable tout désigné, ce sont des passages obligés pour un récit du genre. Et cette enquête tient toutes ses promesses ! J’ai vraiment eu du plaisir à suivre son déroulement jusqu’à sa résolution finale tout aussi logique que surprenante (du moins durant les deux premiers tiers de l’album, le faisceau d’indices permettant au fil des pages de cerner les tenants et aboutissants). J’ai grandement apprécié la cohérence de l’intrigue. La Princesse des Glaces est un roman policier à dimension humaine. Et qui dit dimension humaine pense soin accordé aux profils psychologiques. Et c’est un fait que les multiples acteurs peuplant ce récit ont tous une personnalité propre. Certains sont plus intéressants que d’autres mais tous ont leur utilité. L’histoire est vraiment construite sur ces personnages, ce qu’ils sont et ce qu’ils furent. On s’attache facilement à certains d’entre eux (à raison, parfois). On se plait à en détester d’autres (à tort, parfois). De ce point de vue également, ce récit est une belle réussite. Qui dit bon roman pense conclusion qui impacte son lecteur. Et c’est un fait que la toute fin du récit, qui apporte un dernier éclairage sur l’affaire en question, m’a vraiment bien plu. C’est hyper classique mais tout aussi efficace. Qui dit bande dessinée pense dessin. Le style employé ici m’a ravi car il permet de facilement différencier les multiples acteurs. La colorisation est elle aussi agréable tant elle parvient à créer des atmosphères tantôt glaçantes (quoi de plus logique), tantôt plus chaudes. En définitive, et même si le récit ne contient pas de grosses surprises, la Princesse des Glaces est un excellent roman policier. Et qui dit excellent roman policier pense que vous seriez vraiment trop cons de passer à côté. … A bon entendeur…
Les Campbell
Grand fan des dessins de Munuera, je n'ai pas pu m'empêcher de découvrir ce premier tome où il est présent en tant que scénariste et dessinateur. Le dessin est toujours aussi beau. Côté scénario j'ai aimé cette particularité de découper les parties de l'histoire en mini-histoires. Ça se lit très bien et je ne peux qu'encourager cette série. elle est prévue entre 3 et 5 tomes selon sa réussite auprès du public. Je lui mets la note de 4/5 pour son dessin et son découpage de scénario que je trouve original pour une histoire de piraterie.
Le Bel Âge
Je viens de relire mon avis après un puis deux tomes… Je vous le laisse ici dessous car ce que j’y écris me semble révélateur à plus d’un niveau. Cette série a grandi… Au fil des tomes, elle s’est affirmée et a fini par me conquérir complètement. Si le dessin fait immédiatement penser à Bastien Vivès par sa spontanéité et son aspect jeté, presque brouillon, si le sujet quelque peu bateau de trois jeunes femmes devant sortir de l’adolescence pour entrer dans l’âge adulte fera fuir les allergiques aux romans graphiques, la justesse des mots, la qualité des silences, les nuances, les non-dits, l’émotion qui se dégage au fil des planches m’ont définitivement charmé. Et si le thème a déjà souvent été exploré, la qualité première est ici de nous en offrir une vision actuelle, moderne et sensible. J’ai aimé voir ces trois jeunes femmes grandir, s’interroger dans leurs envies, mûrir, s’affirmer. Et ce qui me semblait être autant de défauts au départ (couvertures hideuses, personnages multiples) se sont révélés n’être en aucune manière des obstacles à mon appréciation. J’en viens même à trouver la maquette des couvertures originale, c’est dire ! Non, franchement, je suis charmé, séduit, touché, ému. Le propos est simple et juste, bateau, sans doute… mais tellement bien tourné. Et puis cette idée de la randonnée dans le dernier tome, ce moment durant lequel ces filles peuvent se recentrer sur elles-mêmes… Je suis un grand partisan de la randonnée comme parenthèse vouée à la pensée et j’ai trouvé cet emploi tellement juste que ce passage est certainement pour beaucoup dans mon appréciation finale. Je suis conquis et m'érige aujourd'hui en fervent défenseur de ce triptyque. Et si le premier tome ne vous convainc pas vraiment, je ne peux que vous inviter à continuer votre lecture car la série progresse constamment. Un très beau roman graphique, simple et moderne.
Point très négatif : les couvertures ! Moins engageant que ça, je vois pas… Enfin, il y en a surement à qui ça plait, sinon ce projet aurait été refusé mais franchement, ces couleurs tranchées, ce découpage agressif et sans nuances, cette composition d’une froideur quasi clinique, ce n’est pas très heureux. D’autant plus que le sujet, lui, relève du roman graphique doux amer pour adolescentes. Le contraste entre les couvertures et le sujet est donc énorme. Mais, bon, en général, le traitement graphique de l’œuvre m’a laissé quelque peu dubitatif. Non que ce soit mal dessiné… mais c’est un style… et ce style n’est pas le mien. L’auteur s’attarde principalement sur les regards ou les attitudes et se moque un peu du reste. Le trait est brut, les décors sont négligés… Ceci dit, je me connais : si l’histoire m’intéresse, je suis capable de passer outre le dessin pourvu que celui-ci serve celle-là (je ne suis pas sûr que vous me suiviez, mais je me comprends). L’histoire ? Le destin croisé de trois jeunes femmes. Rien ne les unit de prime abord et ce n’est qu’à la fin du premier tome que l’on comprend enfin quel type de relation elles sont amenées à entretenir. La grosse difficulté que j’ai rencontrée dans ce premier tome est que, avec trois personnages principaux évoluant dans trois histoires initialement différentes, on a droit à trois fois des personnages secondaires… et quand on connait mon problème pour retenir les prénoms et le rôle de chaque personnage même dans une histoire assez simple, et bien ici, ce ne fut pas du gâteau. Mais j’ai rapidement senti le coup venir, donc je me suis focalisé sur ces fameux prénoms, n’ai pas hésité à faire des retours en arrière pour être sûr de ne pas me gourer… et m’en suis finalement sorti plus facilement que je ne le craignais. Le deuxième tome a la bonne idée de limiter le nombre de personnages secondaire. L’histoire y gagne en clarté et permet au lecteur que je suis de mieux se centrer sur les relations entre les trois personnages centraux. Chaque héroïne possède un profil propre mais le premier tome se résume finalement à une présentation de celles-ci. Et, à la fin dudit tome, on a un peu l’impression que l’histoire peut enfin commencer. Ceci dit, je ne me suis pas spécialement ennuyé durant ma lecture. La narration est fluide et ces tranches vie (avec trois cas d’espèce assez symboliques) sont quelque part assez intéressantes (mais elles toucheront sans doute plus un lectorat féminin que moi-même). Le deuxième tome affine ces profils psychologiques et n’épargne pas ces jeunes filles. Les défauts sont autant mis en avant que les qualités, ce qui nous donne des profils crédibles. J’avoue être de plus en plus attaché aux personnages, même si l’envie de les baffer me démange parfois. Après deux tomes, je suis donc suffisamment pris par le récit pour en conseiller l’achat. Je dirai même que si vous êtes fan du style « Vivès » et que les romans graphiques vous attirent, cette série pourrait bien se révéler être un maître-achat. Pour ma part, j’en reste à un 3/5 mais si je ne conseillais pas l’achat après le seul premier tome, ce deuxième tome m’a fait changer d’opinion.
Les Mohamed
« Les Mohamed » est une adaptation du roman « Mémoires d’immigrés » de Yamina Benguigui, racontant le calvaire des immigrés maghrébins et de leurs familles dans les années 60, alors que le gouvernement français se lançait dans une campagne d’importation de main d’œuvre bon-marché. Le constat est édifiant : déracinement de tout un peuple, séparation de familles, ségrégation des travailleurs maghrébins, confinés dans des dortoirs lacustres sans aucun contact avec le monde extérieur, travail éreintant (mines, métallurgie) 6 ou 7 jours par semaine payé au lance pierre. Que de rêves et de vies brisés, l’histoire de Mamoud (page 79) a bien failli me faire chialer. Le ton est pourtant juste et ne verse pas (trop) dans le misérabilisme. Certains passages font preuve d’un optimisme et d’un humanisme qui fait plaisir à voir (voir « marche des beurs » sur la fin). Par contre je suis moyennement convaincu par le format BD. Ce genre d’histoires basées presque exclusivement sur des entretiens témoignages sont par nature très verbeux, et la mise en image n’apporte finalement pas grand-chose. On sent pourtant que le dessinateur souhaite s’exprimer plus abondamment au travers quelques passages remplis de symbolisme, mais de manière générale on enchaine surtout les planches « entretiens », cad quelques visages et beaucoup de texte. L’ouvrage est aussi un poil long, les témoignages finissent par se ressembler, ce qui en dilue leur impact, un comble ! Je recommande cependant cet ouvrage (ou le roman dont il est tiré) malgré ces petits détails techniques. Le contenu est poignant et instructif, et à mettre dans toutes les bibliothèques scolaires, pour rappeler à toute une génération le calvaire des immigrés français.
Saveur coco
Saveur coco, c’est d’abord un album de Renaud Dillies. Alors oui, vous retrouverez les ingrédients habituels qui font toute la qualité de ses albums : les personnages animaliers, la musique, le côté tragique et poétique qui nous emportent chaque fois. Mais Saveur coco est différent. Pas vraiment de récit structuré ici, mais plutôt une rêverie étrange et absurde. Ce songe laisse aussi plus de liberté au dessinateur, qui joue vraiment sur les cadrages et les effets décoratifs. Alternance de petites cases, de pleines-pages, de médaillons, jeux sur les répétitions, il n’y a plus ici la rigidité des cases, mais simplement un espace blanc ouvert à toute possibilité. Les couleurs sont à la fois douces, chaudes et lumineuses. Renaud Dillies se fait plaisir et le résultat est tout simplement beau. Alors, laissez-vous entraîner dans cette fantasmagorie poétique, laissez-vous aller à l’étrange absurdité des rêves et suivez Jiři et Pôlka dans leur quête.
Douce, tiède et parfumée
Impossible de faire l’impasse devant cette trilogie mystérieuse avec ce titre ironique et cette couverture magnifique évoquant d’un coup d’œil les thèmes effleurés : du steampunk, une silhouette humanoïde menaçante et une jolie poupée effrayée. Ignacio Noé fait très fort dès les premières pages qui correspondent en réalité au cauchemar de l’héroïne Ally, une jeune fille bien sous toutes les coutures comme le titre l’évoque et à l’avenir tout tracé dans une Angleterre victorienne. Promise à un riche notable et bien éduquée pour devenir l’épouse docile parfaite dans les strates de la haute société, Ally va voir son destin tout tracé être complètement bouleversé par le meurtre de son père et la vérité sur ses propres origines. En réalité, fruit d’une expérience digne de celles de Jean-Jacques Rousseau sur l’éducation, Ally est une enfant adoptée et s’en va répudier tous les mensonges pour mener sa propre enquête sur son passé. Pleine de bonne volonté mais désœuvrée face à ces évènements violents, sa rencontre avec Juan et l’annonce d’une sœur jumelle cachée et inconnue va lui redonner le souffle nécessaire pour reprendre sa revanche sur sa propre existence… C’est un véritable festival de couleurs et de formes que Ignacio Noé nous offre là dans ce premier tome d’une trilogie qui s’avère en tous points rafraichissante et divertissante. En assénant une série d’uppercuts tel un challenger, l’auteur évite les temps morts et fonce à 100 km/h dans un récit adulte, sensuel et hautement jouissif. Les dessins pastel sont de toute beauté et s’il est encore difficile de définir où le récit s’oriente, on ressort de cette lecture un peu désarçonné mais conquis. L’environnement Steampunk se retrouve surtout dans les rêves de la demoiselle, quelques scènes dénudées nous rappelle que Noé a fait ses armes dans la bd érotique voire porno mais ce qui ressort de tout cela sont ses dessins incroyablement jolis et détaillés dans un style rose et gris pastel toute en nuances. Si l’histoire continue sur un tel rythme, on tient là une véritable petite pépite dans un univers graphique des plus chatoyants… Une excellente surprise qui se lit un peu trop vite à mon goût mais dont j’attends désormais la suite avec impatience et gourmandise.
La Guerre des Lulus
Beau graphisme, belle colorisation, scénario sympathique et quelquefois émouvant, personnages attachants ; que demander de plus au terme de ces deux premiers opus. Un très belle surprise. Et vivement que l'ensemble garde la même tenue pour les albums à suivre ...